V saison 2

L’année dernière, lorsque j’ai écrit le bilan de la première saison de V, je pensais que cette deuxième saison serait celle où tout devrait se jouer. Je n’avais pas complètement tort.

Mais on ne peut écrire un bilan sur cette saison sans mentionner le fait qu’elle a été largement raccourcie (10 épisodes en tout), ce qui présente ses avantages et ses inconvénients.

Cette diminution du nombre d’épisodes a permis d’améliorer la série sur le plan du rythme. C’était déjà son point fort l’année passée, mais désormais nous sommes passés au niveau supérieur : la plupart des scènes font avancer les intrigues (même si au final on fait souvent du surplace), les rebondissements sont nombreux, bref, pas le temps de bailler. Pour autant la série ne joue pas la carte de la sophistication : tout est pré-mâché, impossible de ne pas comprendre ce qui se passe à l’écran, même si on a loupé un quart d’heure.

Et si je salue les nombreuses surprises du scénario, je reste quand même déçu par le manque d’exploitation des nombreuses pistes laissées de ci de là. Un exemple parmi d’autres : déjà l’an passé, la piste religieuse avait du potentiel pour décrire autre chose qu’une suite de complots, et amener la série à se référencer, à réfléchir. Cette année, on nous a refait le coup. Avant que l’on ne comprenne qu’il ne s’agissait là encore que d’un simple rebondissement sans conséquences sur l’orientation de la série. Il faut prendre V pour ce qu’elle est : un simple divertissement.

Ce manque d’approfondissement s’explique, il est vrai, par le nombre réduit d’épisodes, mais tout de même…A force de survoler leur sujet, les scénaristes n’ont montré que des personnages girouettes qui n’existent qu’au travers de leur action. Et pour essayer de les rendre attachants, leur réponse a toujours été la même : leur famille est menacée. Ouch! Autant dire que l’essentiel du show tient sur le charisme des interprètes. Et là pas de miracle, une fois encore Morena Baccarin enfonce le clou : elle est de loin la meilleure figure de la série. On passera sous silence la grande majorité du cast restant. Dire qu’ils ont failli intégrer de nouveaux personnages bien plus emblématiques…

Mais s’il y a bien une chose que l’on doit reconnaître, c’est qu’elle ose. Avec des effets spéciaux un peu moins kitsch, avec un récit de plus en plus noir, la série veut se prendre au sérieux. Cette ambition, au lieu de me faire ricaner, m’a plu. J’ai fermé les yeux sur le peu de moyens accordés à une histoire qui cherchait du spectaculaire et de la symbolique. Il faut bien le dire, j’ai pris du plaisir devant le machiavélisme des Visiteurs et la lutte inégale entre les humains et les extra-terrestres. C’est dans ce désespoir, ce côté apocalyptique, ces massacres, que la série tire son épingle du jeu. Quitte à se ridiculiser sur d’autres plans. Le final est à cet égard, culte. Rien que ça. Je n’ai pas beaucoup d’exemples en tête de séries qui osent une telle débauche de violence à l’égard de leurs propres faiblesses. Chapeau bas !

Oh bien sûr, ça ne rattrape pas le reste (je pourrai m’attarder des heures sur les innombrables défauts de la série qui use de ficelles scénaristiques énormes, de personnages inconsistants ou incohérents), mais c’est suffisant pour moi, pour avoir envie d’une troisième saison. Un nanar, peut-être, mais un bon nanar assurément. Si tant est qu’une telle définition puisse exister…

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V – saison 1

Il était temps de faire un petit bilan sur cette série fantastique qui vient d’être renouvelée il y a quelques jours. Plutôt que d’en parler dans le bilan généraliste de la saison télévisuelle américaine (bilan qui viendra début juin), j’ai préféré en toucher 2 mots dans un article à part.

Il faut dire que je connais la série originelle, pur produit 80’s, avec ses effets spéciaux kitsch et ses coupes tendances. Les deux premières miniseries m’avaient d’ailleurs particulièrement marqué à l’époque, avec notamment la révélation sur l’identité des visiteurs, et leur mode d’alimentation (hum !). Et Diana, bien sûr, la big boss de l’espace qui par sa cruauté inspirait le respect. La série qui a suivi m’avait beaucoup moins marqué, la faute à un budget insuffisant et des histoires insipides.

Forcément, je les attendais au tournant lors de l’annonce du remake de la série. Comment retrouver le charme de cette série ?

Après visionnage du pilote, j’avais espéré une lecture politique ou religieuse. Prendre un prêtre comme résistant c’était assez osé. Inutile de dire que j’ai été déçu.

La série à ses débuts reposait sur un handicap de taille : tout le monde connaissait l’histoire. Alors plutôt que de donner aux personnages un vrai traitement psychologique, une critique de notre société, les créateurs ont choisi de foncer. L’histoire se déroule donc très rapidement. Et c’est probablement la grande qualité de la série. On a pas le temps de s’ennuyer. Le corollaire étant : on a pas le temps de réfléchir. On peut pas gagner à tous les coups.

Une série d’action fantastique, donc ? Presque. Ca tire pas dans tous les sens, mais les évènements se précipitent, donnant une certaine tension à l’ensemble. Le problème, c’est qu’on a tout de même des personnages qui ne sont pas très charismatiques, et dont on se contrefout. Voilà donc pour la tension qui retombe.

Ca n’aurait pas du être un problème d’acteurs puisqu’il y en quelques uns qui méritent le détour : Joël Gretsch (Taken, The 4400), Elisabeth Mitchell (Lost),  Scott Wolf (Party of five), et surtout l’incroyable Morena Baccarin (Firefly). Morena reprend le rôle de Diana avec un aplomb, un charisme, qui valent le détour. Je ne l’aurai pas cru (bien qu’étant fan incodntionnel de Firefly), mais Morena Baccarin EST la raison pour laquelle j’ai continué à regardé la série.

N’attendez pas des effets spéciaux un raison de regarder  le remake au lieu de la série originelle. Vous aurez peut-être un effort sur le design, mais l’intégration des décors en image de synthèse fait peine à voir. Rien de dramatique pour la série, mais peut-être qu’avec un budget plus conséquent ça aurait pu donner plus de crédibilité à l’ensemble.

Evidemment plus la série avance, plus elle s’éloigne un peu des histoires originelles, même si elle en respecte les grandes lignes jusqu’à présent. Et pour le coup, j’ai hâte de savoir comment sera écrite la saison 2. Car il ne reste plus beaucoup  d’éléments de la série originelle à exploiter. La série va enfin pouvoir naviguer en plus grande indépendance. Un pari risqué, car aucun élément (mis à part Morena Baccarin et le rythme de l’intrigue) ne s’est montré suffisamment convaincant jusque là.

Néanmoins, à défaut d’une série fantastique d’envergure, (et vu les upfronts ça semble confirmé), je continuerai à regarder V la saison prochaine. V fut dans l’ensemble une meilleure surprise que prévue, même s’il’ y avait toujours moyen de faire mieux. La saison 2 sera la saison où tout se jouera.