[Pilote – Corée] City Hunter

Vous ne rêvez pas. L’adaptation tant attendue du manga City Hunter est enfin arrivée sur le petit écran coréen. La plupart d’entre vous connaissez sûrement l’anime Nicky Larson ?

Ne vous réjouissez pas trop vite, le drama coréen n’a finalement plus grand chose à voir avec l’original. Les différentes previews montraient différentes tonalités, ce qui soulevait déjà une légère suspicion chez les amateurs.

Mais au lieu de m’attarder sur des comparaisons incessantes (ce dont je ne serai honnêtement pas capable, je ne suis pas du tout calé en matière d’animation japonaise ou de manga), j’ai pris le parti de regarder les deux premiers épisodes sans a priori. Et je conseille aux fans de la série de faire de même, sous peine de passer à côté des qualités du drama.

Car sans être trop optimiste, j’ai de l’espoir pour la série. Malgré un premier épisode très orienté action, dénué d’humour, et se voulant trop sérieux (avec quelques maladresses mais suffisamment explosif pour attirer le chaland), le deuxième épisode entre dans le vif du sujet en nous présentant enfin la plupart des protagonistes, et c’est là que j’ai été charmé.

L’histoire commence ainsi : A la suite d’un attentat en Birmanie, 5 dirigeants haut placés de Corée du Sud décident de se venger et de fomenter une attaque envers quelques gradés de Corée du Nord. Dans l’escouade d’assaut se trouvent deux amis, dont l’un vient de devenir père. Mais entre temps la diplomatie fait son effet, et pour ne pas rendre difficile les relations avec les USA, l’opération est reniée. Pour ne pas laisser de preuves, l’escouade est massacrée à son retour. Seul survivra l’ami du père, qui décide alors de kidnapper l’enfant. Il fuit son pays, élève alors celui qu’il fait passer pour son fils. Devenu chef d’un réseau du fameux triangle d’or en Birmanie (en gros, parrain de la drogue), il entraîne l’enfant (Lee Yoon Sung) pour qu’il puisse se venger un jour et éliminer les 5 personnes qui l’ont trahi.

C’est ainsi que Lee Yoon Sung revient en Corée avec comme identité celle d’un professeur émérite du MIT, ayant donc fait ses études aux USA. Il s’installe ainsi dans le service des communications internationales à la Maison Bleue (où séjourne le Président de la Corée du Sud, sa femme, et sa fille, une adolescente qui montre les premiers signes d’une rébellion).

J’ai un peu de mal avec la construction psychologique du héros. Celui-ci  grandit en l’absence d’une mère et se cherche une mère de substitution. Lorsqu’il apprend la vérité et revient à Séoul, il ne cherche pas sa mère, alors que ça aurait du être l’un de ses premiers gestes. De même, il accepte sans broncher d’être un instrument de vengeance et ne se doute pas que son « père » lui cache bien des choses sur la suite de sa mission. Mais peut-être en saura-t-on davantage dans les prochains épisodes.

En revanche, sur le plan du caractère, le personnage est éminemment sympathique. Il a bien sûr ce côté « jerk » commun à une grande majorité de dramas coréens. Il manipule la gente féminine pour parvenir à ses fins (il a ce côté tombeur, coureur de filles) mais il a du cœur, et finit par s’impliquer pour sauver des personnes en danger. En outre, malgré sa maîtrise du combat, il n’hésite pas à perdre lors de ses entraînements d’arts martiaux, afin de ne pas éveiller les soupçons.

Si j’avoue être emballé par l’histoire d’une vengeance et la connexion des nouveaux personnages avec les 5 dirigeants, je ne pensais pas être aussi positif par le reste du show, et principalement la relation entre le héros et Kim Na Na.

Car c’est un personnage féminin particulièrement fort qui nous est proposé, capable de tenir tête à Yoon Sung. Elle est criblée de dettes mais finit par décrocher un emploi de garde du corps à la Maison Bleue, au service de la fille du Président. Comme le héros (voire même davantage), elle veut lutter contre les injustices et, têtue, elle ne se laisse pas faire. On ne la verra donc pas bouder ou pleurnicher sans raisons, et ma foi c’est plutôt rafraichissant.

Le « couple » fonctionne à merveille, en grande partie grâce au charisme de Lee Min Ho (Boys over Flowers, Personal Taste) et Park Min Young. On voit tout de suite leurs ressemblances, et il ne fait nul doute que l’un est l’alter-ego de l’autre. Leur rapprochement n’en est que plus prévisible, et n’apparaît donc pas monté de toutes pièces. Enfin, pris séparément, chacun est crédible.

Lee Min Ho assure dans son rôle de charmeur et d’homme d’action, aidé par une mise en scène efficace qui n’en fait pas des tonnes pour rendre son personnage « cool », contrairement à d’autres séries d’action récentes (ouf !). Il n’apparaît ni fragile ni désinvolte, et je tiens à saluer cet équilibrage qui permet à la fiction d’être réussie autant dans les scènes sérieuses que légères. Et contrairement à son précédent rôle dans Personal Taste, cette lattitude de jeu lui permet d’exploiter son charisme à son maximum. Bref, Lee Min Ho est incontestablement l’un des grands atouts du drama.

Park Min Young est également parfaite pour son rôle. Ni optimiste ni pessimiste, c’est une combattante. Et comme Lee Min Ho, elle a des nuances dans son jeu qui lui permet d’être à l’aise dans tous les registres. Elle arrive à être sympathique sans que l’on se sente le devoir de pleurer pour elle (à l’exception du cas de son « père », dans le coma depuis des années, décidément un cliché que l’on aurait pu éviter).

J’ai donc beaucoup aimé le ton équilibré de cette relation, qui ne verse ni dans les chamailleries adolescentes ni dans l’idéalisme romantique (bien que les affiches laissent le croire).

Mais le drama souffre quand même d’un certain manichéisme. Par exemple, dans les scènes nous montrant les ravages de la corruption. Avait-t-on vraiment besoin de nous montrer des enfants affamés et abandonnés qui, au péril de leur vie, mangent des petits pains malgré leur allergie, et qui manquent de se faire écraser par l’un de ces corrompus ? Avait-on besoin du père de Kim Na Na dans le coma à l’hôpital ? Oui, ce côté démonstratif m’a particulièrement agacé, au lieu de m’émouvoir.

Il est encore bien trop tôt, par contre, pour évaluer le potentiel des autres personnages. Le procureur qui essaye de faire tomber l’un des corrompus n’est encore que trop peu présent et trop peu caractérisé. Tandis que l’adolescente rebelle, fille du Président, a ce côté tête à claques qui va, je le pense, me donner du mal dans les prochains épisodes.

Sur le plan de la réalisation, c’est plus que correct. On pourrait pinailler sur un ralenti ou un saut au-dessus d’un mur, mais tout le reste est convaincant. Mais ce qui permet au drama de s’élever, c’est sa BO. Sans être extraordinaire, elle insuffle une certaine tension.

Bref, en dépit de quelques maladresses (notamment un côté démonstratif trop appuyé), l’ensemble est tout de même prenant : ni trop dramatique, ni trop léger, tout en réussissant à rendre ses personnages attachants (ce qui n’est pas une mince affaire). Même si l’histoire n’a plus rien à voir, on sent qu’on est dans une fiction inspirée d’un manga, et non un thriller dramatique ou une comédie romantique. C’est rythmé, sympathique, et même s’il est trop tôt pour se prononcer, je savoure déjà à l’avance les potentiels rebondissements. Ah, et j’aime décidément beaucoup le couple principal et le thème musical. Et comme vous le savez, c’est la base d’un drama coréen.

Vous l’aurez compris, je continue ! (Et ça n’arrange pas mes affaires !). Il ne reste plus qu’à espérer que Ms Ripley soit mauvais car ce mois de Mai est particulièrement bien fourni en productions coréennes enthousiasmantes.