Once upon a time [Pilote]

La voilà donc enfin la nouveauté que j’attendais le plus cette rentrée. Et le moins que je puisse dire c’est que je ne suis pas déçu. Il y avait de quoi être inquiet, tout de même, en écoutant le pitch de cette série. Suite à un sort très puissant lancé par l’Evil Queen, Les personnages de conte de fée se retrouvent transportés dans le monde réel, ignorant leur véritable identité. Leur salut devrait venir de l’enfant de Snow White, Emma Swan. Mais Emma Swan n’est guère convaincue lorsque son fils, qu’elle a abandonné, vient toquer à sa porte pour lui parler de contes de fées…

On pourra saluer la prise de risques, car il n’est pas évident de parler de contes de fée sans tomber dans un univers niais. Le concept mélangeant réalité et fable est casse-gueule, car il faut parvenir à susciter de l’empathie pour des personnages de prime abord on ne peut plus caricatural. Le film Enchanted (il était une fois) a prouvé si besoin était que ces registres sont difficilement conciliables et qu’il va falloir choisir son camp.

Once upon a time a pourtant réussi, trouvant le chemin très étroit entre ridicule et imaginaire, fable et modernité. Les personnages ne sont pas trop développés pour casser l’illusion, mais ne sont pas non plus des marionnettes reproduisant à l’identique les contes de notre enfance. Le ton reste grand public, mais bourré de clins d’œil à toutes ces histoires.

Et ça fonctionne très bien. Car avec ce petit ajout, on assiste pas à un spectacle d’effets spéciaux, mais on essaye de trouver des indices. D’autant que l’ambiance mystérieuse est déjà là, et que l’on essaye de faire coller le passé et le présent de nos différents protagonistes.

Le casting est d’ailleurs très réussi. Je ne vous cacherai pas que j’aime beaucoup Jennifer Morrison et que depuis son départ de House j’attendais de la revoir sur le petit écran. Elle n’est pas aussi à l’aise que j’aurai voulu, mais son capital sympathie n’est guère entamé. Autre bonne surprise Lana Parilla n’est pas qu’une méchante unidimensionnelle, elle arrive à insuffler à son rôle ce petit plus qui fait qu’on ne sait pas si elle est vraiment sincère quant à l’amour qu’elle porte à son fils adoptif. Ginnifer Goodwin est également parfaite dans le rôle de l’innocente Snow White. Mais le bonus de la série est assurément la présence de Robert Carlisle, dans un rôle opportuniste qui lui va comme un gant.

Faire vivre cet imaginaire n’était pas chose facile, et les effets spéciaux quoiqu’inégaux, sont suffisamment travaillés pour qu’on y croit. De même les décors et le soin apporté aux costumes et à la « reconstitution « donne vraiment envie de suivre ces aventures.

La narration est correcte, apporte son lot de révélations à rythme soutenu, même si évidemment ce n’est qu’une mise en bouche.

Est ce que le show va arriver à insuffler une telle énergie en respectant un cahier des charges aussi strict, pas sûr. On ne peut pas apporter davantage d’épaisseur aux caractères sans briser la magie des contes de fée. Mais devant un tel vent de fraicheur, je ne vais pas faire le difficile.

J’espère juste que nous aurons notre content de rebondissement, de clins d’œils et de mystères. Je ne veux pas un autre Lost à cause des créateurs de la série, mais je veux une aventure riche et prenante.

Je croise les doigts. Pour l’instant cette longue introduction à l’univers de la série m’a beaucoup plu.