Bilan de semaine 25

Awake 1.02 Un peu déçu que les dialogues avec les psys n’aient pas plus d’ampleur. Et comme prévu, la partie policière prend le pas sur le reste. Forcément, mon enthousiasme n’est plus le même. Du côté familial également ça manquait d’intensité, malgré une belle idée (la moto que son fils lui cachait). Reste la scène finale qui essaye de nous parler d’une conspiration qui serait à l’origine du drame (comme si c’était un passage obligé, pfff…), et puis l’idée bizarre et confuse qui relie cet accident orchestré au décryptage d’un meurtrier dans une des deux réalités. C’est d’ailleurs dommage que ce puzzle ne soit pas plus cohérent, car là on a vraiment l’impression que l’auteur peut écrire ce qu’il veut sans se justifier.  J’espère quelque chose de plus élaboré, que l’on peut rationaliser pour la suite de la série.

Once Upon A Time 1.14 J’espérais bien mieux pour la venue d’Amy Acker. Si la romance avec le nain Dreamy (futur Grumpy) avait été un peu plus élaborée, et non appliquée sans émotions, j’aurai aussi pu m’investir dans l’épisode. Ce n’était pas catastrophique, mais ça manquait de réel rebondissement. Quant à l’enquête sur la disparition de Kathryn, elle prend un tournant un peu trop « facile ».

Raising Hope 2.16 Un épisode extrêmement délirant, qui fait la part belle aux nouveaux personnages, à commencer par la maire et la gardienne de prison. Bizarrement, j’ai trouvé qu’ils en faisaient un peu trop, notamment sur les panneaux de signalisation pour arrêter les véhicules. Mais je suis content de voir Sabrina prendre de plus en plus d’importance dans la série. Il faudrait juste veiller à ne pas trop déséquilibrer ce petit monde auquel je suis attaché.

Ringer 1.16 J’ai plutôt apprécié l’épisode, parce qu’il revient aux principes de la série, c’est à dire le trio Andrew/Siobhan/Bridget, sans Juliet. Mieux encore, les flashbacks sur Machado étaient utiles pour comprendre son acharnement. Le récit ne perd pas pour autant en complexité, puisqu’il n’est pas toujours facile de se rappeler ce que sait le personnage sur autrui. Le problème, c’est qu’on se perd un peu aussi dans les motivations de chacun. L’ensemble souffre toujours d’une certaine cohérence, mais ce semblant de puzzle est toujours aussi plaisant.

Smash 1.05 Comme toujours c’est le duo des interprètes principales qui font le show. Avec ce coup-ci la vanité d’Ivy qui dépasse les bornes. Mon regret se situe plutôt du côté des histoires secondaires, et de la romance Michael/Julia qui manque sensiblement d’alchimie, malgré des efforts côté chant. Et que dire de la scène finale ridicule où le fils de Julia les découvre ? Du côté des numéros musicaux, je suis content de voir davantage d’essais avant de voir le numéro finalisé, même si musicalement je trouve ça en deçà des précédents. Bref, un peu déçu par la manière dont les thèmes sont exploités cette semaine, notamment parce qu’on veut absolument opérer un parallèle un peu lourd entre Marilyne et son interprète. Et d’après le trailer de la semaine prochaine, ça ne va pas en s’arrangeant.

The Big Bang Theory 5.19 On retourne à la base de la série, avec nos geeks qui essayent d’avoir un weekend de gaming tout en ne froissant pas leurs femmes. C’est plutôt bien vu, y compris pour Amy/Sheldon. Ça manquait juste un peu de finition sur les runnings gags, comme celui du lasso, qui a fini par me lasser. Il y avait moyen de faire mieux avec un sujet pareil, dommage.

The Good Wife 3.16 J’attendais du changement, et en fait j’assiste simplement à la mise en place des thèmes pour la fin de saison : la guerre au cabinet, Peter en campagne, Alicia qui voit d’un mauvais œil la promotion de Caitlin… Mais au lieu d’en savoir plus sur le travail de Kalinda il y a quelques années, on a le droit à Will qui voit débarquer ses sœurs envahissantes, et pas très charismatiques pour le moment. Quant à l’affaire au tribunal, elle n’était guère passionnante. Bref, un épisode de transition, sans grande tension ni grands enjeux.

The Mentalist 4.17-4.18 Deux épisodes plutôt satisfaisants. Depuis quelques temps nous avons droit à deux intrigues en même temps, et ça rajoute indéniablement du rythme à l’ensemble. D’ailleurs si les manipulations du héros sont prévisibles, j’ai été surpris par les révélations des meurtriers. Pour le premier épisode, on a même droit à un fil rouge sur Red John, mais j’avoue être agacé par le comportement de Jane qui ne cherche pas à se défendre, alors que jusqu’alors il maquillait la vérité. A moins qu’il ne s’agisse d’un vrai tour de sa part, j’ai bien peur qu’il ne s’agisse encore que d’une grossière astuce pour menacer notre héros. Quant au second épisode, j’avoue être content que Cho continue à être exploré. Alors ok, l’addiction c’est tout sauf original, mais c’est déjà ça.

The Walking Dead 2.11 On continue sur la discussion sur ce qui fait notre humanité, et je me surprends à nouveau à aimer l’épisode. Et puis patatras, Carl fait n’importe quoi, la discussion tourne en rond sans arguments, pour finir par une conclusion décevante, sur la transmission générationnelle (on ne tue pas devant un enfant). Mais le pire est à venir, voilà que Dale fait une promenade de nuit en plein champ, armé, et ne voit pas venir un zombie dans son dos. Et là on a envie de gifler le scénariste. On y était presque…

Une semaine américaine sans temps fort, comme l’atteste le manque d’images illustratives. En bonus, mes impressions sur deux séries européennes : la première saison de Borgen et les 8 premiers épisodes d’Äkta Människor.

Borgen méritait-elle ses éloges ? C’est la question que je me suis posé lorsque s’est achevé cette semaine cette saison. La vie politique et familiale d’une femme d’État, c’était un bon concept. Mais la série n’a pas su l’exploiter de manière habile jusqu’au bout. Du point de vue politique les sujets sont traités de manière un peu trop superficielle et l’on ne perçoit pas vraiment de stratégies de communication élaborées. La série n’est pas assez fine ou plutôt pas assez roublarde, peut-être. Il manquait ce facteur qui permet de se dire qu’on a devant nous de vrais hommes et femmes d’Etat, rompues aux combines. Et si progressivement j’ai pu raviser mon jugement sur cette femme trop passive, mon jugement reste le même en ce qui concerne ses convictions minimalistes. On échappe heureusement au manichéisme, pour faire de plus en plus place au pragmatisme dans ce qu’il a de plus froid. Néanmoins si la partie politique n’était pas assez étoffée à mon goût, cela restait suffisamment passionnant et bien rythmé. Je n’ai pas fait la fine bouche, c’était bien raconté, et les thématiques intéressantes au départ.En fait, ce qui a sauvé la série, pour moi, c’était paradoxalement le traitement caricatural de la journaliste qui ne se donne aucune limite pour révéler sa vérité. Car cette fougue contrebalançait plutôt joliment sa vie affective et sociale désastreuse. Bref, un personnage aux facettes intéressantes. Kasper est d’ailleurs presque du même tonneau, l’aspect séducteur en sus. J’ai en revanche beaucoup plus de mal avec la volte face du mari de Birgitte. Disons-le simplement, la fiction a perdu en crédibilité lorsque les auteurs ont cherché à victimiser l’héroïne pour montrer que le pouvoir lui a fait tout perdre. Une démonstration forcée, manquant singulièrement de subtilité. La fin de saison manque alors de souffle, et j’ai terminé l’aventure légèrement déçu. Pour relativiser, je tiens quand même à dire que j’ai pourtant beaucoup aimé le milieu de saison. J’espère voir la suite. Fin 2012, Arte ?

Äkta Människor, en revanche n’a pas cessé de m’étonner par ses intrigues et  sa qualité d’écriture concernant les relations secrètes entre les personnages. Je n’étais pas foncièrement emballé par toute cette histoire de hubot libérés, mais je le suis désormais, les révélations se succèdent et la fiction prend vraiment de l’ampleur. Au bout de 8 épisodes je suis vraiment impressionné par ce puzzle géant. Et la série continue d’explorer en parallèle quelques notions éthiques, quitte à donner beaucoup plus de libre-arbitre et de « caractère » à ces hubots. On va donc également parler d’amour, de religion, … Un bémol toutefois, le huitième épisode en fait beaucoup trop, et je suis surpris de voir Roger s’accommoder de sa nouvelle situation, cela ne correspondait pas à ce qu’on avait entrevu jusque là. Mais c’est de loin la fiction la plus enthousiasmante de cette année. Rien que ça.

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[Pilote] Äkta Människor

Une fois n’est pas coutume, je n’ai pas résisté à l’envie de visionner le pilote d’une série suédoise, Äkta Människor. Je tiens avant tout à rendre hommage à Ladyteruki, pour cette découverte qui vaut vraiment le détour. Sous son titre anglais Real Humans, la série nous parle d’un futur proche, où la robotisation avancée de la société n’est pas sans conséquences.

C’est tout simplement passionnant, notamment pour moi qui aime beaucoup le questionnement éthique, parce que la série ne se contente pas d’imaginer une substitution de l’homme pour certains actes de la vie courante, avec un positionnement manichéen excessif comme dans de très nombreuses fictions. Non, la série, malgré un discours démonstratif, pose de vrais sujets qui ne vont pas tarder à faire leur entrée. Et tente de parler de beaucoup de pans de la société.

Vous ne le savez peut-être pas, mais le marché de la robotisation est le prochain marché de ce siècle. Les japonais ont déjà commencé à réfléchir sur des moyens de remplacer les hommes jeunes par des robots, notamment pour s’occuper des personnes âgées. Un questionnement légitime quand on pense que la démographie au Japon et en Corée du Sud est catastrophique (la fécondité y est la plus basse au monde). Le modèle traditionnel des aînés qui restent vivre avec leurs enfants est en train de voler en éclat en même temps que la dépendance des séniors demande une présence 24h/24. Dans ce contexte, il était temps d’imaginer une fiction qui parle de ces enjeux.

Äkta Människor évoque donc un futur où le robot rentre dans les foyers. Certes, l’exemple évoqué est celui d’un senior faiblement dépendant qui se fait assister par un robot (« hubot » dans la série), mais il permet de bien comprendre l’impact. On substitue une présence humaine par une aide technique à apparence humaine chez des personnes qui ont de plus en plus de mal à distinguer ce qui est humain, et qui développent une affection, une tendresse pour ces machines qui va bien au-delà d’un rapport patron-employé (ou maître-esclave). Même si les tâches données au hubot sont « ingrates », il est amusant de voir une relation entre époux vieillissants se reconstruire sous nos yeux. La démonstration n’est certes pas subtile (la femme hubot a le physique d’une mégère qui tient tête à son mari), mais le message passe : à force de donner des missions de prévention au hubot (concernant l’hypertension, le café, etc…), on finit par reproduire une relation de contraintes, de secrets, là où a priori on aurait pu penser à une relation froide, impersonnelle mais fondée sur l’entière liberté du propriétaire. Et à mon avis, le fait que cet homme regrette son ancien robot, d’apparence plus jeune, n’est pas innocent : peut-être recherchait-il à travers lui un autre type de relation comme celle d’un père à son fils ?

Bien sûr la série ne fait pas non plus l’économie des questions habituelles dans ce type de fiction, comme le positionnement sur notre humanité. Voir des corps de hubot partir en charpie n’a rien de réjouissant. Évoquer leurs fonctions sexuelles non plus.Et dans le même temps le discours ne se résume pas à montrer les gentils robots épris de liberté d’un côté et les méchants esclavagistes qui ont peur d’eux. Non, le robot « libre » semble être un danger mortel pour l’homme (le sang va couler). Quant à l’homme intolérant, il se réfugie dans une sorte de racisme anti-robot, en apposant à sa porte le sigle « real humans ». Pourrait-on lui en vouloir, quand il voit sa femme fricoter avec un robot ? Ou peut-être est ce de sa faute, à trop négliger celle-ci ? On le voit, la série cherche à argumenter, à poser le pour et le contre, sans verser dans une idéologie sectaire.

L’épisode est particulièrement bien rythmé, jouant avec nos idées, nos peurs, et l’effet de surprise. Parmi les intrigues intéressantes, la recherche d’une hubot volée puis revendue. Si on ne connait pas encore vraiment bien les motivations de celui qui la recherche, cette quête permet d’évoquer également la marchandisation et la délinquance rampante. Je suis en revanche beaucoup moins intéressé par le volet « hubots libres », qui souffre sans doute d’un manque d’approfondissement de ses personnages. Mais vu tout ce qu’il y avait à exposer dans cet épisode d’une heure, c’est facilement pardonnable.

Ce qui m’a surpris, finalement, c’est que devant un sujet aussi ambitieux, on se rend compte qu’il n’y avait pas forcément besoin de tonnes d’effets spéciaux numériques. Avec une bonne dose de maquillage, et des bruitages, on croit vraiment voir des robots à apparence humaine (notez bien que je n’emploie pas le terme humanoïde). Après, c’est une question de vision. Doit-on imaginer des robots « rigides » ou si peu expressifs ? (sans demander une fluidité à la Bae Doo Na dans Air Doll, par exemple, mais là il s’agissait d’une poupée gonflable). J’ai également beaucoup aimé la mise en scène qui sait s’attarder sur les bons plans, et utilise ses filtres de couleur de façon astucieuse.

Au final, voilà donc une histoire originale, du fantastique avec une vraie réflexion sur nos sociétés à venir. Mais pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps pour voir ça à la télé ? Ne manquez surtout pas ce petit bijou.