Récapitulatif des nouveautés hors USA (1er semestre 2013)

récapitulatif television hors usa

A force d’avoir le nez dans le guidon, je me suis dit qu’il serait peut-être utile de faire un petit bilan des séries non américaines. Vous trouverez donc ici tout ce qui m’a enthousiasmé (ou non) depuis Janvier, au rayon des séries occidentales et asiatiques. Les séries américaines sont exclues de ce récapitulatif car elles ont leur propre bilan saisonnier (lequel arrivera dès que possible).

L’exercice est intéressant parce qu’il permet de confirmer que le jugement sur pilote est loin d’être infaillible (cf Orphan Black). Mais je l’ai surtout conçu comme un moyen rapide de répondre à la question : qu’est ce qui m’a plu pendant la première moitié de l’année (hors USA) ? L’idée, c’est surtout de vous donner envie d’aller voir ailleurs, et la période estivale est idéale pour cela.

Vous trouverez donc la liste des critiques de pilotes selon leur appréciation (feu vert, orange ou rouge) et leurs origines (occidentales ou asiatiques), et le cas échéant une recommandation si j’ai continué le visionnage de la série. Pour les séries occidentales cette recommandation dépend tout simplement du ratio de bons épisodes (notés toute la saison pendant les bilans hebdomadaires).

Les présentations sont volontairement tranchées pour faciliter la lisibilité et le choix (il y a quand même plus de 50 séries !). Et je vous encourage vivement à lire les critiques complètes pour avoir un avis plus nuancé. De même, les notes ne sont là qu’à titre indicatif.

occident

  • Séries occidentales :

A titre d’information, voici quelques critiques publiées ce semestre et portant sur des rattrapages des années précédentes : Hellfjord, Miranda saison 1 à 3the hour s1 à s2,

Ce n’est pas une nouveauté, et pourtant, elle mérite qu’on parle d’elle : la deuxième saison de la fiction britannique Call the midwife continue son exploration du progrès médical dans les années 50, en orientant de plus en plus son propos sur la condition féminine : de la maltraitance conjugale à l’employabilité des femmes enceintes, en passant par les méthodes barbares d’avortement. Incontournable. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 14/20]

Quelques séries ont été visionnées sans avoir de pilote critiqué :

Broadchurch s1, Une enquête policière britannique sur la mort d’un enfant dans une petite localité côtière. Une intrigue prévisible et pleine de ficelles, mais parfaitement rythmée, dotée d’une très bonne ambiance et qui sait se rendre émouvante. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 14/20]

Complicit, La traque du terrorisme vue par nos amis britanniques ne se réduit pas à un jeu du chat et de la souris. Elle nous rappelle à chaque instant les valeurs que l’on cherche à défendre. Un dilemme éreintant, une brillante introspection, une mise en scène exemplaire. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 14/20]

Dancing on the edge Londres, les années 30, la percée d’un groupe de jazz, la discrimination raciale. Une très bonne ambiance, une excellente bande sonore, malheureusement gâchées par une intrigue policière sans twists satisfaisants et des épisodes bouche-trou. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 12/20]

Vikings. Série irlando-canadienne réécrivant l’histoire de ces guerriers. Plutôt inhomogène, alternant de jolies scènes de combat avec d’autres complètement ratées. L’aspect théologique là aussi oscille entre découverte et incohérence. Le souffle épique est dilué par des personnages pas du tout attachants, ce qui pose problème pour une dramaturgie déjà prévisible. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 12/20]

feu_vert3

Feu vert (les séries qui vous font de l’œil dès le premier épisode) :

A place to call home   Une fiction australienne située après la seconde guerre mondiale, où une femme mystérieusement débrouillarde côtoie une richissime famille. Une saga aux trames simplifiées, mais avec des personnages attachants. Émotion garantie. [Statut : suivie, et en cours de diffusion ; Recommandation : 14/20]

Dates

Dates Une fiction britannique au concept original, racontant un premier rendez-vous entre deux personnes apparemment opposées. Non seulement c’est fin parce que ça décortique parfaitement les modes de pensée de chacun, c’est brillamment joué, mais en plus certains personnages reviennent par la suite faire d’autres rencontres. Un sujet inépuisable et émouvant. Un petit bijou [Statut : suivie, et en cours de diffusion ; Recommandation 17/20]

the Fall Une fiction irlandaise sur un tueur en série, père de famille aux pulsions perverses qui cache bien son jeu. Avec Gillian Anderson en enquêtrice affirmée. Retourne l’estomac. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 16/20 ]

utopia

Utopia Une fiction britannique paranoïaque mettant en danger un groupe d’individus. Mise en scène magnifique, twists diaboliques, violence décapante. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 18/20]

the Village Une fiction britannique qui raconte l’évolution d’un village de la première guerre mondiale à nos jours. Une première saison poignante [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 13/20]

In the flesh Une fiction britannique qui nous propose de revisiter le mythe des zombis, en leur donnant une chance de s’intégrer à la population via un traitement. Beaucoup de pistes de réflexion mais trop court dans son développement. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 13/20]

my mad fat diary

My Mad Fat Diary Une fiction britannique avec pour héroïne une adolescente obèse qui essaye de se reconstruire. Délicieusement drôle et touchante.  [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation : 17/20]

feu_clignotant1

Feu orange (les fictions dont les pilotes peinent à convaincre):

Family Tree  Mockumentary en coproduction HBO-BBC qui raconte comment un homme s’imagine un autre destin en cherchant dans sa généalogie. Décalée sans être humiliante pour ses personnages, mais manquant de vivacité. [Statut : arrêtée ]

The Politician’s husband Une fiction britannique sur un couple politique pris dans l’engrenage de l’ambition de chacun, la dureté du milieu, et leurs enfants. A la fois peu subtile et oubliant de développer ses personnages. [Statut : arrêtée]

feu-rouge4

Feu rouge : (les fictions dont les pilotes ne donnent pas envie de continuer)

orphan black

Orphan Black Une fiction canadienne sur une jeune femme qui prend l’identité d’une flic qui lui ressemble. Une intrigue conspirationniste sur le clonage humain, drôle, rythmée mais incohérente et peu attachante. [Statut : finalement suivie, et terminée – critique complète ; Recommandation : 12/20]

Top of the lake Coproduction anglo-australo-américano-néozélandaise racontant la violence masculine dans un univers où une jeune fille enceinte disparaît. Née de la vision militante de Jane Campion, manipulatrice, grossière, écœurante. [Statut : arrêtée]

Bluestone 42 Comédie britannique sur une troupe militaire en Afghanistan. Lourdingue, simpliste. [Statut : arrêtée]

south korea

  • Séries coréennes :

Du point de vue des séries coréennes, le début d’année a eu un démarrage très lent, avec peu de fictions convaincantes. Ça s’est fort bien rattrapé depuis, ouf !

Pour information, j’ai également critiqué le Drama Special : A culprit among Friends

feu_vert3

Feu vert :

cruel palace war of flowers

Cruel Palace – War of flowers Sageuk de JTBC sur une période noire d’une Corée asservie, où les conflits de pouvoir au palais permettent l’ascension d’une concubine ambitieuse. Textes et interprétation classique, mais mise en scène léchée et mature, dramaturgie lourde mais efficace, évolution très intéressante des personnages féminins. [Statut : suivie, et en cours de diffusion ; Recommandation : 16/20]

Shark Drame basé sur le mythe d’Orphée, une histoire de vengeance qui prend son temps. Avec de solides acteurs, une bonne mise en scène et une intrigue captivante. [Statut : suivie, et en cours de diffusion ;  Recommandation : 15/20]

Childless Comfort poster

Childless Comfort un drama familial qui donne astucieusement beaucoup de clés pour comprendre l’évolution de la société coréenne. S’ajoute à cela une peinture attachante des caractères de chacun et des thématiques qui prennent le temps de se développer. [Statut : suivie ; Recommandation 16/20]

Monstar Un highschool drama musical sur une popstar retournant à l’école. Avec des passages musicaux vraiment émouvants, la sensation d’une déclaration d’amour à la musique, et une interprète charmante, on en oublierait presque la simplicité des intrigues. [Statut : suivie, et en cours de diffusion ; Recommandation : 14/20]

that_winter_the_wind_blows

That Winter the wind blows l’histoire d’une jeune héritière aveugle qui se fait duper par quelqu’un qui se fait passer pour son frère. Un drama habile, qui maintient à merveille l’ambiguïté des personnages, et développe son sujet avec suffisamment de twists pour être haletant. Réalisation impeccable, acteurs formidables, il n’y a guère que la fin bâclée qui vient gâcher le plaisir. [Statut : suivie, et terminée ; Recommandation 16/20]

I hear your voice Drama sympathique sur une avocate  flemmarde au caractère bien trempé qui rencontre un jeune homme capable de lire dans les pensées. Bien équilibré, malgré quelques scènes manquant de finition, avec de bons personnages et un background convaincant. [Statut : suivie et en cours de diffusion ; Recommandation 14/20]

heartless city

Heartless City Drama sombre et complexe dans l’univers de la pègre, avec son lot de twists savamment planifiés, à la mise en scène léchée et mature. Une ambition qui impressionne. [Statut : suivie et en cours de diffusion ; Recommandation 16/20]

feu_clignotant1

Feu orange :

Dating Agency Cyrano Le 4ème volet des Flower Boys tente de mêler les rebondissements d’une fiction d’espionnage à des affaires de coeur, mais échoue à présenter des personnages attachants. Tellement superficiel que le rythme fait penser à une fiction américaine. [Statut : arrêtée]

Jang ok Jung Living in love Un sageuk qui démarre un peu dans tous les sens, donnant le sentiment d’avoir une fiction mal écrite, brouillonne, mais dont les thématiques restent intéressantes. [Statut : arrêtée]

Queen of the office un remake d’un drama japonais, qui essaye de reprendre tous ses codes déjantés et transgressifs, omettant de nous donner des personnages sympathiques. Un délire à prendre pour ce qu’il est, mais guère plus. [Statut : arrêtée]

The End of the World

The End of the world Lente, trop lente plongée dans l’univers d’une épidémie mortelle. Souci de réalisme, ambiance oppressante, mais personnages à peine dessinés. [Statut : en pause ; Recommandation : 13/20]

The Virus Profitant de mêmes thèmes médicaux, le drama n’arrive jamais à décoller, préférant des rebondissements peu crédibles au développement de ses personnages. [Statut : arrêtée]

Nine : Nine Time Travels Remonter dans le temps pour changer le présent ? Voilà une fiction qui aurait du mieux exploiter le registre du fantastique. De la réalisation aux acteurs, l’ensemble est résolument plat. [Statut : arrêtée]

incarnation of money

Incarnation of Money Recyclage des auteurs du fabuleux History of a salaryman pour une fiction qui démarre bien trop mollement pour lui prêter attention, même avec Kang Ji Hwan au générique. L’argent n’achète pas tout. [Statut : arrêtée, mais sera peut être reprise vu certains échos]

Lee Soon Shin is the best Un weekend drama qui ne réinvente pas la roue, mais profite plutôt bien du charme de son interprète féminine. Demande malheureusement un investissement horaire trop important par rapport à ce qu’elle apporte.[Statut : arrêtée]

feu-rouge4

Feu rouge :

Mandate of heaven Sageuk simplifié, lissé, unidimensionnel, sans enjeux intéressants, sur un médecin oriental qui veut sauver sa fille. Tellement prévisible qu’il en est soporifique. [Statut : arrêtée]

All about my romance Gags surjoués dans l’univers politique coréen, burlesque rendant les personnages détestables, sans aucune pointe de créativité. Dommage pour les acteurs. [Statut : arrêtée]

Gu Family Book Drama un peu trop prémâché, limite manipulateur, et surtout incohérent, qui reprend à sa sauce le mythe du gumiho. [Statut : arrêtée]

When a man loves drame sans surprises sur un chef de gang qui tombe amoureux. Caractères poussés aux extrêmes, rythme bien trop lent, et un manque flagrant d’implication. [Statut : arrêtée]

gu am heo joon poster

Gu Am Heo Joon Très long sageuk (120 épisodes) sur le fameux médecin royal ayant écrit une encyclopédie de la thérapeutique orientale. Manquant peut-être un peu de personnalité pour avoir le courage de s’y mettre. [Statut : arrêtée]

Iris 2 Suite au fameux blockbuster, véritable condensé d’incohérences, avec une mise en scène calamiteuse et « cheap ». A réserver aux amateurs de la franchise. [Statut : arrêtée]

Level 7 Civil Servant Modifiant le concept du sympathique film d’espionnage My girlfriend is an agent, le drama loupe le coche, et nous propose un festival de clichés horripilants noyé dans une intrigue poussive. [Statut : arrêtée]

Queen of Ambition (Yawang) Une histoire de vengeance sans réelle personnalité, servie par de bons acteurs, mais au récit bancal, affadissant des enjeux déjà présentés dans les premières minutes. [Statut : arrêtée]

Flower Boy next door troisième volet des flower boys qui fait du surplace et n’arrive jamais à toucher le téléspectateur, la faute à un humour délavé, et au sujet (la solitude) très mal exploité. Même si Park Shin Ye peut se révéler touchante. [Statut : arrêtée]

japon

  • Séries japonaises :

feu_vert3

Feu vert :

saikou no rikon

Saikou no rikon Description jubilatoire d’un couple qui se déchire, trouvant le ton idéal pour parler des défauts de chacun sans verser dans la caricature. Incontournable [Statut : suivie ; Recommandation : 16/20]

Itsuka Hi no Ataru Basho de Drame humain sur la rédemption après la prison, avec des personnages simples et attachants qui cherchent à se reconstruire. Parfois un peu longuet, et ne bénéficiant pas d’une réalisation suffisamment soignée, mais le propos, qui ne cherche pas la pitié, est vraiment touchant. [Statut : suivie , Recommandation : 14/20]

feu_clignotant1

Feu orange :

Shotenin Michiru no Mi no Uebanashi

Shotenin Michiru no Mi no Uebanashi Une jeune femme égoïste découvre qu’elle a gagné à la loterie, alors que dans le même temps sa vie bascule peu à peu dans l’horreur. Le virage incohérent qui survient après des épisodes « vides » m’a convaincu de ne pas continuer. [Statut : arrêtée]

Biblia Koshodou no Jiken Techou Une plongée dans les livres et la promesse d’un récit romantique malheureusement complètement détruites par une bande sonore electro. Amis de la poésie, abstenez-vous. [Statut : arrêtée]

feu-rouge4

Feu rouge :

kumo no kaidan

Kumo no kaidan Le drama plutôt longuet, fait l’impasse de son sujet intéressant (l’exercice illégal de la médecine) pour se vautrer dans des mystères sans imposer son ambiance. Soporifique. [Statut : arrêtée]

Mahoro Ekimae Bangaishi Une histoire décalée autour de deux personnages glandeurs. Effarant par son humour complètement raté et son propos vide de sens. A fuir. [Statut : arrêtée]

Share House no Koibito Une jeune femme agacée par sa solitude, un alien un peu excentrique et un dépressif vont vivre sous le même toit. On rêve d’un truc chaleureux, drôle, on obtient une série sans propos, ennuyeux et pas très originale. [Statut : arrêtée]

Nobunaga no chef Croisement improbable de Jin et d’un food drama, la série évoque un cuisinier moderne qui se retrouve dans les guerres d’unification du Japon. Dépourvue de toute émotion, filmée sans moyens, sans ambition, voire sans script. [Statut : arrêtée]

Publicités

Queen of the office [Pilote – Corée]

queen of office

Queen of the office, remake du drama japonais Haken no Hinkaku (Pride of the temp), est une petite surprise. J’avais entraperçu l’original à l’époque de sa diffusion en 2007, et je n’avais pas pu continuer l’expérience, mais sa thématique était vraiment intéressante. Je pensais que les coréens ne sauraient pas reprendre la comédie japonaise avec ses délires. J’avais tort.  Ils en ont repris tous les ingrédients, même si le dosage est nettement moins fin.

En effet, les premières minutes sont catastrophiques, les gags ont du mal à s’imposer, tout comme les personnages. Cette mauvaise introduction, surjouée, et peu drôle, permet de s’acclimater avec le ton loufoque de la série, et cache un peu trop longtemps son sujet : on va parler travail en entreprise. Et plus particulièrement de ces intérimaires, dont le nombre ne cesse d’augmenter depuis la crise financière asiatique de 1997.

queen of office oh ji ho

Sans approfondir son sujet – comédie oblige – la fiction aborde quand même certaines notions : les entreprises exploitent ces femmes sous-diplômées, le recrutement se fait sur des critères douteux, on va parler harcèlement sexuel, et surtout des rapports entre les employés « permanents » et les temporaires. Ainsi notre héros Jang Gyu Jik (jeu de mots signifiant employé permanent) (Oh Ji Ho), manager à l’égo surdimensionné, pense vraiment être supérieur à tous ces petites mains, toutes ces tâches subalternes. S’il a la confiance de son patron, il a également l’admiration de ses pairs. Mais on se demande bien pourquoi, tant la moindre de ses actions est ridicule. Le personnage est dans la droite lignée des types qui ne supportent pas de ne pas avoir le dernier mot, mais dans le même temps a un net penchant pour les femmes dominatrices. Bref, c’est un peu contradictoire, et il va falloir s’y faire.

queen of office kim hye soo

L’atout maître de la série est l’arrivée d’une intérimaire (Kim Hye Soo) qui a choisi son statut, contrairement à toutes ses collègues. Quelques indices laissent à penser que celle-ci a eu un traumatisme qui lui a changé sa vision de la vie (en rapport avec un incendie). Elle cache son prénom, ses activités extra-professionnelles, et ne semble vivre que pour la paye et son lunch quotidien. Elle a le privilège de respecter à la lettre le contrat, qui lui donne le droit de partir à 6 heures tapantes, de ne répondre qu’aux ordres de son supérieur… En échange de quoi, elle se transforme en superwoman. Rien ne lui fait peur, elle accomplit toutes ses missions à grande vitesse, que ce soit le ménage, le café (qu’elle améliore), le tri, ou la saisie informatique. Et comme ça fait des années qu’elle fait ça, elle a beaucoup d’expérience dans tous les domaines : de la tauromachie à la pelleteuse en passant par le métier de caissière, elle suscite l’admiration de tous. On pousse ainsi la logique de la comédie à son maximum, et par bien des aspects, le personnage rappelle un peu la sœur aînée de Seigi no Mikata.

queen of office oh ji ho kim hye soo

En effet, son caractère est très fort. Extrêmement froide, elle n’est pas sociable, et semble indifférente au sort des autres. Sa vision de la vie va à l’opposé de notre héros, qui considère que tout salarié permanent fait partie d’une grande famille. Et il va d’ailleurs tout faire pour reprendre la main sur Miss Kim, qui ne cesse de le ridiculiser. Ces deux là vont donc enchaîner les compétitions, pour notre plus grand plaisir.

queen of office sexual harassment

Le premier constat que l’on fait une fois passée la lourde introduction, c’est que la série a su reprendre les codes narratifs japonais, jusque dans la mise en scène. Ça surprend beaucoup. Les scènes sont certes exagérées et plus étirées que dans l’original, mais l’esprit comique reste le même. Le délire est là, et plus d’une fois on se croirait au pays du soleil levant. Au point que je me suis demandé si je ne ferai pas mieux de me revisionner la série originelle.

queen of office jung yoo mi

En effet, drama coréen oblige, les aspects romantiques ne tardent pas à montrer leur bout du nez. Que ce soit une salariée temporaire qui en pince pour le patron (Jung Yoo Mi, The Great Gye Choon Bin), ou tout simplement une de ses ex… Mais là encore, ces mécanismes ne sont pas mis en avant. Difficile de s’attacher aux personnages, au fond. Ce sont des individualités loufoques qui font resurgir des thématiques réelles, mais pas encore des individus capable de susciter une quelconque émotion. Là encore, la prédominance de la narration japonaise ne permet pas beaucoup de latitude. Il faudra sans doute quelques épisodes pour s’en détacher et construire ces personnages.

queen of office kim hye soo jung yoo mi

Ça ne veut pas dire qu’on passe un très mauvais moment devant sa télévision. Le côté décalé typiquement japonais a vraiment bien fonctionné par moments. C’est drôle, bien rythmé, la mise en scène surjoue mais utilise très bien des thèmes musicaux archi-connus (et j’aime beaucoup la chanson de 10 cm – Maybe). Bref, c’est plutôt rafraichissant par rapport aux autres dramas coréens. J’aime beaucoup la dynamique de l’ensemble, le fait que notre héroïne surclasse aisément son supérieur hiérarchique et que ça le rende fou. Je suis plus sceptique pour les personnages secondaires, j’espère qu’ils ne vont pas nous transformer l’ex du patron en méchante jalouse pour se conformer aux règles du drama coréen. J’ai poussé un soupir de soulagement en la voyant être gentille avec sa collègue, et j’espère que cela va en rester là.

queen of office kim hye soo oh ji ho

Au fond tout ceci n’est pas très cohérent, et on voit mal comment on va passer d’une comédie japonaise délirante, où le patron pète les plombs, à un drama plus centré sur l’évolution psychologique de nos personnages. On part de très loin. Si on cherche un drama coréen, c’est franchement loupé, le héros misogyne, immature, colérique, est tellement antipathique qu’il est impossible d’avoir envie de continuer l’aventure. Si en revanche on est attiré par les rouages d’une comédie japonaise, et donc qu’on arrive à passer outre ces personnages caricaturaux, on peut peut-être prendre du plaisir devant sa télévision.

Les deux premiers épisodes reprennent la plupart des scènes de l’original, arrivent à sublimer les effets comiques en surjouant sans agacer, mais je ne pense pas que le drama saura évoluer pour rendre ses personnages plus sensibles et attachants. On part de très très loin cette fois-ci. Dans le même temps, à ma grande surprise, j’ai vraiment ri devant l’absurdité de certains gags, j’ai adoré certains délires, je ne vais pas vous le cacher. Et puis j’ai toujours aimé les dramas qui mettent un making of ou un bêtisier dans le générique de fin, ça donne une bonne idée de l’ambiance, et ça rend la série nettement plus sympathique.

On en reparle au prochain bloc-notes.

feu_clignotant1