Pilotes de la semaine : The Mysteries of Laura, Red Band Society, Madame Secretary, Gotham, Forever, Scorpion

The Mysteries of Laura

mini feu rouge 2The Mysteries of Laura (USA, NBC) : Je trouve les critiques un peu dures avec cet énième whodunnit familial. Certes, comme prévu c’est mauvais, et je vais m’en expliquer juste après, mais de là à la qualifier de « pire nouvelle série », il y a un pas que je me refuse à franchir (ou alors il faut croire que le niveau a exceptionnellement monté cette année). L’idée de base n’est pas très originale : une flic (divorcée) jongle avec son divorce et les enfants à charge, et le ton rappelle aisément USANetwork. Bref, ça manque d’ambition, et c’est trop paramétré. A force de jouer sur le décalage entre son métier de flic et son statut de mère, chaque scène devient extrêmement prévisible, et agaçante. Mais au moins les traits d’humour ont le mérite d’être présents, à défaut de rendre les dialogues plus fins. Hélas, beau nombre de répliques passent complètement à la trappe, et certains gags d’arrière plan cherchent trop le consensus. Et trop de consensus, tue le consensus ! Un peu de personnalité, que diable !

red band society

mini feu vert 2Red Band Society (USA, FOX) J’avais eu un gros coup de cœur pour la série lors de sa présentation il y a quelques mois, et si le pilote est loin d’être parfait, il emporte largement mon adhésion. C’est vraiment une riche idée que de parler des jeunes hospitalisés, sans tomber dans le larmoyant, en évoquant leurs problèmes et la façon dont la vie à l’hôpital va finalement les construire. Après tant de séries médicales, il était temps que l’on nous présente un établissement pour ce qu’il est : un lieu de vie. Je comprends mieux pourquoi Octavia Spencer n’est pas restée dans Mom. Elle est formidable en infirmière qui pose des limites à ces jeunes. Il est trop tôt pour savoir si le casting des patients est à la hauteur de la tâche, mais je reste optimiste. Surtout, on ne définit pas ces jeunes par leur maladie : on leur donne une identité, une personnalité. On ne les rend pas victimes, ou bien trop courageux, on les voit aussi user de leurs handicaps pour en faire des passe-droits. Et ça, ça fait rudement plaisir. L’handicapé ou le malade est une personne comme une autre. Et à ce titre, il peut être ignoble, mesquin, dangereux, égoïste, et j’en passe… (Ce qui m’amène à faire le rapprochement sur les rôles LGBT qui tendent à devenir des « modèles » pour donner du courage aux téléspectateurs). Il n’est pas facile d’évoquer la maladie sans effleurer le sentiment de pitié, et j’ai trouvé remarquable ces moments où le pilote reste sobre. A côté de ça malheureusement, il y a beaucoup de défauts : une voix off comateuse sans grand intérêt, le délire fantastique sur les dialogues entre gens dans le coma ou sous anesthésie, quelques scènes qui tombent à côté de la plaque, des dialogues manquant de finition… Mais une fois le décor planté, on a vraiment très envie de retourner dans ce remake d’une série catalane. Le souffle de la vie, partout, encore… Il n’y a rien de plus beau.

Madame secretary

mini feu orange 2Madam Secretary (USA,CBS) Téa Leoni incarne plutôt bien cette Secretary of State, ex-CIA qui ne se laisse pas compter. Sur le fond, on pourrait argumenter sur la vision très américaine imposée au reste du monde (c’est vraiment très limite parfois !). Mais sur la forme, le pilote est surtout très ennuyeux. Là où The West Wing arrivait à rendre les débats intéressants (et éthiques), on se projette ici sur sur des enjeux politiques et stratégiques sans envergure, et on sent que le tout est mal ficelé. Pire, on nous rajoute une couche de conspiration pour essayer de nous faire revenir. En s’éparpillant, le show devient moyen sur toutes ses thématiques, et s’essoufle rapidement. Je suis plus que dubitatif pour la suite.

gotham

mini feu orange 2Gotham (USA, FOX) Avec le créateur de Mentalist aux commandes, j’avais peur de voir un procédurier classique sous un habillage comic, et le résultat est vraiment mitigé. Si la perspective de voir les débuts des grandes figures des DC Comic est alléchante, on est vite déçu tant les scènes se réduisent à des clichés sans envergure. Le casting est également inhomogène : Bullock, le collègue de Ben Mc Kenzie surjoue à mort. D’ailleurs cela va de pair avec la musique emphatique qui accompagne une action molle et ralentie. Le pilote a aussi de gros problèmes de rythme, noyé par des dialogues sans intérêts. Bref, on veut nous vendre un projet ambitieux, mais le packaging ne suffit pas. Une deuxième chance ?

Forever

mini feu rouge 2Forever (USA, ABC) Un énième procédural avec un médecin-légiste, sauf que cette fois il est immortel en plus d’avoir un sens de l’observation prodigieux. Ça facilite la tâche des scénaristes, qui ne se sont pas trop fatigués à boucher les trous béants de leurs scripts :ainsi chaque fois que notre héros « meurt », il devrait laisser obligatoirement des traces de son passage, notre héros démontre au détour d’un raisonnement erroné son innocence, et il a le droit d’inspecter dans une affaire où il est le suspect. Bref, c’est sans grand intérêt, sans vision sur l’humanité, sans humour percutant. Et c’est pas le pseudo adversaire d’Ioan Gruffud qui va changer la donne. Pouah !

scorpion

mini feu orange 2Scorpion (USA, CBS) Je n’attendais rien d’un show comme Scorpion, qui me paraissait beaucoup trop basique pour moi : une équipe de génie, un temps limite, beaucoup d’esbroufe… Mais le pilote, à ma grande surprise, fonctionne un peu mieux que prévu. Oui, le scénario est rocambolesque et le concept irréaliste. Oui c’est macho (la pauvre Katherine McPhee sert à rien d’autre que d’appeau à geeks). Mais alors que tout est fait pour hurler à la crétinerie devant une série parlant de génies, on ferme vite les yeux sur l’énormité des propos pour se concentrer sur l’action. Et le leitmotiv des scénaristes c’est : « plus c’est gros, plus ça passe ». Résultat, c’est un des rares pilotes où on ne sent vraiment pas le temps passer. Alors évidemment, je ne suis pas dupe, on aura pas droit chaque semaine à des bolides hors de prix faisant des cascades avec un avion, mais j’espère que le show arrive à maintenir un certain sens du suspense, avec surtout une certaine originalité (pitié pas de conspiration ou d’équipe de hackers concurrents, pour une fois !). Je ne tiendrai pas une saison entière, mais pour quelques épisodes, ça pourrait suffire. Crétin, mais fun au second degré. Il enn faut aussi.

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Les pilotes de la rentrée américaine 2013 (régulièrement mis à jour)

pilotes rentrée 2013

Comme l’an passé, je vous propose un article bilan, édité au fur et à mesure, pour couvrir les pilotes de cette rentrée. Ils sont donc classés selon mon envie de continuer (du feu vert coup de cœur au feu rouge en passant par le feu orange qui laisse une porte ouverte). En cliquant sur leurs titres, vous retrouverez leurs critiques correspondantes.

Je croise les doigts pour que de vraies bonnes surprises arrivent bientôt… (pour l’instant c’est plutôt catastrophique mais on a encore beaucoup de nouvelles séries à découvrir, ne désespérons pas)

Feu vert :

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Betrayal (ABC) Une histoire d’adultère jouée avec une grande sensibilité, prenant son temps pour explorer l’attirance, la culpabilité. Une romance qui se complexifie par une intrigue judiciaire opposant les deux familles. Une très jolie surprise qui ne conviendra pas à tout le monde, mais que j’attendais depuis des années sur le network américain.

Lucky 7 (ABC) Une fiction feuilletonnante au pitch rafraichissant (des gagnants au loto), au casting d’inconnus, aux personnages loin d’être stéréotypés. Un pari fou. Un poil prévisible, mais un petit miracle quand même vu la diversité télévisuelle actuelle.

Marvel’s Agents of SHIELD (ABC) la nouvelle série de Joss Whedon multiple les personnages et manque d’enjeux. Fonctionnant davantage par clins d’œils pour les initiés que pour un public plus large, elle a néanmoins beaucoup de potentiel avec son casting, ses dialogues, son envie de renverser certains codes. Trust the whedon ?

Masters of Sex (Showtime) Évoquant la recherche sur la sexualité à la fin des années 50, ce drama étonne par son équilibre. Pas d’excès dans la sociologie ni dans le voyeurisme, mais une place pour la nuance, pour le questionnement du rapport entre le sexe et l’amour.  Bien interprété, intelligent, que demander de plus ?

Once upon a time in Wonderland (ABC) Spin off d’Once Upon a Time manquant de charisme et d’effets spéciaux réussis mais qui se révèle suffisamment coloré et imprévisible pour être enthousiasmant.

The Blacklist (NBC) James Spader incarne à merveille ce criminel pseudo-repenti qui aide le FBI, aidé par une jeune agent qui découvre son passé. Des révélations, beaucoup de rythme, de bons acteurs, et un arrière-goût d’Alias qui n’est pas pour me déplaire. En espérant que le côté procedural n’affadisse pas la série…

The Michael J. Fox Show (NBC) Arrivant à rire plutôt habilement de la maladie de Parkinson de l’acteur, cette comédie en fait peut-être trop dans le registre de la sympathie, et pourrait éviter de nous mettre des séquences mockumentary sans intérêt. Mais elle est drôle, rythmée sans être frénétique, possède de bons dialogues et un casting réjouissant – enfants exceptés.

Feu orange :

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Brooklyn Nine-Nine (FOX) Une comédie dans l’univers de la police, c’est une bonne idée, à condition de ne pas tomber dans les blagues potaches et de bien équilibrer les rôles. Du potentiel, à défaut d’être convaincant.

Mom (CBS) La nouvelle comédie de Chuck Lorre a un casting sympathique, et beaucoup de moments de flottements, mais avec son ton plutôt sage pour évoquer les « mauvaises » mères, en ces temps d’excès, c’est plutôt rassurant.

Sleepy Hollow (FOX) Les créateurs de Fringe reboostent le mythe en affublant le cavalier sans tête d’un fusil mitrailleur, rendant un pilote bourrin qui part un peu dans tous les sens. Hélas, pas franchement convaincu par l’essentiel : les personnages, et l’histoire. Mais avec des visuels impressionnants, le fun est au rendez-vous.

The Millers (CBS) Un excellent casting, un très bon créateur de comédies, mais une fiction qui se cherche encore au niveau du rythme et des gags, et commet plusieurs fautes difficilement pardonnables (pourquoi en faire des tonnes sur les pets ?)

Feu rouge :

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Back in the game (ABC) Au menu de cette comédie ratée sur la confrontation père-fille : clichés néanderthaliens, gags sans aucune finesse, discours idéaliste sur le base-ball, et humour consistant à pointer du doigt les « loosers » : gros, gays… Tout ce que vous détestez à Hollywood résumé en 20 minutes.

Dads (FOX) 20 minutes de facepalm devant cette comédie où s’enchaînent gags douteux et stéréotypes, sans aucune ligne de dialogue un tant soit peu fonctionnelle. L’histoire  ? Nos deux jeunes créateurs de jeux vidéos voient débarquer leurs insupportables pères. Et effectivement, la série est bien insupportable.

Hello Ladies (HBO) Un homme célibataire au physique particulier se prend des râteaux, sans arriver à se rendre sympathique. Parfois drôle mais surtout prévisible, ça tourne en rond en quelques minutes.

Hostages (CBS) Paresseuse, prévisible, remplie de clichés, cette prise d’otage finit par endormir. En montrant des preneurs d’otages sensibles, le drama perd toute la tension nécessaire. Et sans background convaincant, on se fiche de ce qui peut arriver aux personnages. Décevant.

Ironside (NBC) Remake de l’homme de fer, porté par un mauvais casting et des rôles sans personnalité. Voulant jouer dans le registre de l’émotion en passant à côté de son sujet. L’intrigue policière trop faiblarde ne convaincra que les insomniaques.

Sean Saves The World (NBC) Sitcom traditionnelle fainéante, sans le moindre travail d’écriture. Pas drôle du tout.

Super Fun Night (ABC) Rebel Wilson en fait des tonnes dans le registre de la femme obèse gentille qui arrive à vaincre ses méchantes concurrentes. La comédie est longue, prévisible, manque de folie, et surtout ne tient pas une minute devant Miranda. Complètement dispensable.

The Crazy Ones (CBS) Robin Williams en père de Sarah Michelle Gellar, ou plutôt Robin Williams qui en fait des tonnes pendant 20 longues minutes. Pas d’histoire, pas de gags, pas de personnages, et beaucoup trop de téléspectateurs (endormis, sûrement).

The Goldbergs (ABC) Comédie beuglante, jouée de façon médiocre, située dans les années 80.

Trophy Wife (ABC) Comédie étrangement consensuelle malgré son titre, qui se contente de mettre en scène le chaos d’une famille avec une femme, 2 ex-femmes, une nounou, et des hamsters qui ne feront pas long feu. Bien que portée par un sympathique casting, le pilote manque de personnalité et finit par faire bailler.

We Are Men (CBS) Sans véritable regard sur la masculinité, cette soi-disante comédie à propos d’hommes laissés tombés par leurs femmes se révèle beaucoup trop plate pour avoir envie de continuer l’aventure. A quoi bon ?

Welcome to the family (NBC) Comédie peu inspirée sur deux familles opposées (l’une latino, l’autre blanche) et obligées de s’unir à cause de leurs enfants respectifs. Avec un casting plutôt moyen s’appliquant au strict minimum, elle est très facilement oubliable.

Witches of East End (Lifetime) Du sous-Charmed truffé de mauvaises idées. A fuir même pour les adeptes du genre.

Pilotes de la rentrée USA 2012 : récapitulatif

Je regroupe ici les liens vers les critiques des pilotes de la rentrée américaine. Comme l’année dernière, je classe ainsi les séries selon que je compte continuer (feu vert), que je teste probablement pour quelques épisodes (feu orange), ou que j’abandonne (feu rouge). N’hésitez pas à cliquer sur les liens. Cet article sera édité au fur et à mesure de la diffusion des pilotes.

Elementary (CBS) : cop show efficace, à l’intrigue et aux personnages subtiles et maîtrisés

Last Resort (ABC) : nouvelle réussite de Shawn Ryan. Prenant, avec un casting impeccable, une mise en scène soignée et énormément de potentiel.

Arrow (CW) : une bonne surprise pour une série d’une certaine noirceur, avec un super héros crédible, et de très bonnes scènes d’action. Quelques lacunes dans le jeu, et des enjeux pas vraiment excitants. A surveiller.

Go On (NBC) : bon équilibre drame/comédie, du potentiel avec Matthew Perry, mais une histoire bien trop cliché.

Nashville (ABC) : un soap avec des personnages principaux suffisamment nuancés et complexes et une mise en scène qui prend son temps pour exprimer le ressenti de l’héroïne.

666 Park Avenue (ABC) : drama fantastique au casting bancal mais sympathique, plus mystérieux qu’effrayant mais qui fonctionne néanmoins. Sur le long terme, j’ai comme un doute…

The Mindy Project (FOX) : Une comédie romantique aux relents acides avec une héroïne insuffisamment attachante.

Animal Practice (NBC) : gags animaliers lamentables, personnages secondaires horripilants, alchimie impossible pour le couple principal

Beauty and the beast (CW) : remake honteux d’une série fantastique, où on substitue le fantastique par une thématique de  superhéros. Mal joué, et sans aucune alchimie.

Ben and Kate (FOX) : une tentative pour un humour plus attendrissant que loufoque, mais surtout une grande sensation de vide.

Chicago Fire (NBC) : une série de secouristes sans identité, sans originalité, sans point de vue. Interchangeable, donc oubliable.

Emily Owens M.D. (CW) : rip-off de Grey’s Anatomy en version ado, avec une bonne Mamie Gummer mais une analogie lycéenne insupportable.

Guys with kids (NBC) : sitcom familiale embarrassante au titre mensonger.

Made In Jersey (CBS) : Legal drama démonstratif jusqu’à l’écœurement, avec une héroïne antipathique incapable de compassion.

Malibu Country (ABC) : sitcom consternante, aux mimiques placées à chaque fin de phrase, à l’écriture retro mais surtout ratée. (pas d’article prévu, désolé)

Partners (CBS) : Affligeante sitcom reprenant le postulat de Will and Grace par des créateurs ayant perdu tout sens comique. Et en plus c’est mal joué. Pire sitcom de la saison ?

Revolution (NBC) : sans ambition, sans but, peu crédible, à la réalisation bâclée et aux personnages génériques.

The Mob Doctor (FOX) : un drama basé sur une idée intéressante (une femme médecin travaillant pour la mafia) malheureusement sans aucune ambiguïté et sans suspense, avec une partie médicale peu crédible.

The New Normal (FOX) : malhonnête, manipulatrice, et surtout ni drôle ni attachante.

The Neighbors  (ABC) : Comédie familiale lourdingue. Le délire, ça va 5 minutes, pas plus.

Vegas (CBS) : une énième série policière soporifique cachée sous un mauvais mélange retro-mafieux, avec un héros cowboy insupportable.

Pilotes de la rentrée américaine 2011

Dans un souci d’ergonomie, j’ai décidé de regrouper les liens vers les critiques correspondantes. Cet article sera donc édité au fur et à mesure. Pour rappel :

Feu vert : je pense continuer au moins pour quelques épisodes ;

Feu orange : les prochains épisodes ont intérêt à être convaincants ;

Feu rouge : j’arrête là.

2 Broke Girls

Boss

Free Agents (annulée)

Homeland

Once upon a time

Person of interest

Pan Am

Prime Suspect

Ringer

Suburgatory

A gifted man

American Horror Story

Charlies’Angels (annulée)

Enlightened

Grimm

Hart of Dixie

How To Be a Gentleman (annulée)

Last Man Standing

Man Up !

New Girl

Revenge

The Playboy Club (annulée)

Terra Nova

The Secret Circle

Unforgettable

Up All Night

Whitney

Edition du 27 Octobre 2011 : Une rentrée bien moins maussade que prévue, avec l’arrivée de bonnes séries, et de quelques autres en net progrès depuis leur pilote. On en reparlera lors du bilan fin décembre.