Faith [Pilote – Corée]

Après le décevant Dr JIN, remake de la série japonaise Jin, voilà que Faith nous propose un autre voyage dans le temps pour un médecin. Au casting, de quoi raviver les passions avec Lee Min Ho (City Hunter).

Faith commence par nous exposer une légende en dessins, celle de Hwata, un homme capable de guérir de tels maux que sa renommée finit par attirer le dirigeant Jojo, qui lui propose de travailler exclusivement pour lui. Or Hwata a conscience qu’il peut aider beaucoup de personnes. En refusant cette offre, Hwata est pourchassé par les sbires de Jojo avant de disparaître en passant à travers une porte magique.

Lorsque cette introduction plutôt plaisante et originale (bien qu’un peu longue) se termine, nous voilà plongé au temps de Goryeo, où, à la manière de The Legend, la magie est encore vivace. Prenez notre héros, le général Choi Young (Lee Min Ho) : il peut maîtriser une sorte d’énergie électrique au bout de ses doigts. Choi Young est chargé d’escorter le retour du roi Gong Min, en exil chez les étrangers de la province de Yuan. Ce roi plutôt calme ramène avec lui sa reine née Yuan, laquelle semble lui en vouloir de l’arracher aux siens.

Ce groupe se réfugie dans une bâtisse avant d’être attaqué. La reine est durement blessée, et semble perdue. C’est alors que le roi charge son général de trouver et ramener le dieu Hwata ou un de ses disciples pour sauver son épouse. La fameuse porte se trouve en effet tout près d’eux, et elle s’illumine temporairement. N’écoutant que son courage, notre général traverse… et se retrouve dans les années 2000.

Le pilote a alors le bon goût d’accentuer la méprise de Choi Young, lequel se croit dans le domaine des dieux. Sa discussion avec un moine est irrésistible, et il finit par croire qu’on le met à l’épreuve. Il arrive enfin à un congrès médical et finit par dénicher une chirurgienne plastique, Yoo Eun Soo (Kim Hee-Sun), qu’il s’empresse de vouloir enlever après avoir vérifié ses compétences. La jeune femme ne comprend absolument pas ce qui lui arrive, ce qui accentue l’effet comique, et après plusieurs péripéties, se retrouve propulsé dans le passé avec Choi Young, lequel lui promet de la ramener une fois la reine sauvée.

Croyant être dans un lieu de tournage, Yoo Eun Soo refuse de soigner la reine, ayant peur de se faire retirer sa licence. Puis elle accepte, et l’opère, provoquant la stupéfaction de son entourage avec ses techniques modernes. Le médecin oriental (Philip Lee) est abasourdi, car il croyait sa magie la plus forte. On verra cependant qu’il n’est pas tout à fait inutile, ce qui permet une meilleure intégration de son personnage.

En sauvant la reine, Yoo Eun Soo suscite bien des convoitises, et le roi hésite lorsqu’il s’agit de la ramener chez elle. Pour notre général, il en va de son honneur, il a promis sur sa vie qu’elle repartirait. Mais les conseillers font obstacle, et la porte disparaît avant que notre chirurgienne puisse la traverser…

Ce qui frappe le début de ce drama, c’est son inconsistance. Il arrive parfois à être convaincant (dans ses moments comiques), mais le manque de soin porté à la réalisation saborde toute la dramaturgie. Le côté épique tant attendu n’est pas une réussite, et on a du mal à s’impliquer devant ce spectacle. Là encore, la série fait pâle figure en comparaison de The Legend, que ce soit les décors, les costumes, ou le soin porté aux effets spéciaux. La musique s’en sort un peu mieux et permet parfois de redonner un peu de souffle à l’aventure, mais le décalage visuel est bien trop frappant. Les scènes d’action, pour tout dire, font un peu pitié.

Lee Min Ho est impeccable et charismatique, comme d’habitude, même s’il lui manque encore un peu de subtilité, il est parfois trop rigide, mais son personnage est destiné à s’ouvrir davantage, donc je ne me fais pas de soucis de ce côté là. Je suis moins emballé par la prestation de Kim Hee Sun, un peu trop fragile alors qu’elle incarne une femme médecin ambitieuse. En revanche le calme et la subtilité dont font preuve le couple royal me laisse penser qu’il y a de belles choses à venir.

Le drama nous propose en effet un complot politique, avec assassinats, et des méchants charismatiques au visuel très manga. Si les choses sont encore floues à ce stade, on sent que la province du Yuan n’a pas l’intention de céder du terrain au Goryeo. J’espère donc quelques rebondissements à venir, car ces deux premiers épisodes ne sont pas vraiment surprenants et peinent à impliquer le téléspectateur dans le destin de ses personnages. Il y a un problème de montage : le mélange sérieux/comédie ne prend pas, et certaines scènes sont bien trop longues, ce qui finit par endormir le téléspectateur. Néanmoins, les échos des personnes qui suivent la série sont plutôt positifs et la série s’améliorerait. Je veux bien laisser le bénéfice du doute, mais ça sera pour plus tard.

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[Pilote – Corée] Secret Garden

On peut facilement critiquer les dramas coréens parce qu’ils appliquent des recettes toutes faites, mais il faut aussi parfois accepter que si ces recettes fonctionnent, il n’y a pas de raison pour bouder son plaisir. Secret Garden ne déroge pas à la règle.

Quand le drama commence on nous présente donc encore un fils richissime un peu imbu de lui-même, Kim Joo Woon (Hyun Bin), qui n’agit que par intérêt financier, et qui n’accepte de se marier qu’avec une jeune femme digne de son rang, avec une bonne éducation et une famille aisée. Lui qui ne veut surtout pas un mariage d’amour parce que l’amour ne peut rien remplacer, va à la suite d’un malentendu, rencontrer Gil Ra Im (Ha Ji Won)  une jeune cascadeuse, sportive, à la fois combattante impressionnante, sûre d’elle-même et fragile. Cette rencontre va l’obséder, au point qu’il finisse par la voir partout.

Le premier intérêt de la série est bien sûr l’alchimie réussie entre les deux acteurs principaux (Hyun Bin et Ha Ji Won). Hyun Bin récupère ainsi un rôle proche de celui qui l’avait rendu célèbre dans My Name Is Kim Sam Soon. A noter d’ailleurs que la série ne se prive pas de clins d’œils envers le fan de drama, en racontant que le personnage de Ha Ji Won a été la doublure de Kim Sun Ah (l’actrice qui a joué avec Hyun Bin dans My Name is Kim Sam Soon). Pour autant, le personnage de Hyun Bin dans Secret Garden est quand même moins méchant et moins arrogant. C’est une bonne chose, finalement. Car s’il y a un cliché qu’il faut utiliser avec prudence dans les dramas coréens, c’est bien celui du garçon qui se dispute avec la fille parce qu’il l’aime en réalité.  J’apprécie le fait de rendre Kim Joo Woon complètement dingue de Gil Ra Im, au point qu’il s’inquiète de sa transformation. Dès le départ il est conscient qu’il s’éloigne de ses préjugés sur l’amour. C’est cette partie du récit qui donne à Hyun Bin une certaine profondeur. On est ainsi pas loin du mécanisme de Coffee Prince quand le personnage interprété par Goong Yoo lutte contre ses sentiments envers le personne de Yoon Eun Hye. Le personnage masculin n’est plus cet homme viril et sûr de lui : il doute,  il est profondément chamboulé, et cela donne souvent de très bons gags qui ridiculisent la prestance du héros. Le fait qu’il ne soit pas sportif, peureux, et qu’il prétend avoir un bon goût en matière vestimentaire, par exemple. Je rends hommage à Hyun Bin qui a évidemment un rôle taillé sur mesure.

Ha Ji Won incarne également un personnage peu éloigné de ses plus grands rôles. Sa stature de femme d’action lui donne une parfaite crédibilité. Et je reconnais aisément la fille de Damo qui cache ses sentiments et sa fragilité parce qu’elle évolue dans un monde d’hommes. Evidemment, sans Ha Ji Won au casting, je n’aurai peut-être pas suivi la série.

La gente féminine sera aussi ravie de voir la présence de Lee Philip, qui décidément enchaine les bonnes séries (The Legend, Story of a Man). Son rôle a l’air de se limiter à un carré amoureux, mais je suis sûr que ce sera suffisant pour en faire venir quelques unes devant l’écran.

Les deux premiers épisodes de la série prennent leur temps pour présenter les personnages et leurs interactions respectives. Il y a tout de même un nombre important de personnages, ce qui fait qu’il n’est pas toujours très facile de comprendre au début, le pilote aimant bien cacher les intentions et les liens de chacun. Il n’y a pas de problème de rythme, l’ensemble est vraiment intéressant.

Mais la série semble avoir été créée pour délivrer d’autres dynamiques, grâce notamment à un twist fantastique majeur d’ici quelques épisodes. Or nous ne sommes pas dans une série américaine comme no ordinary family qui plonge directement dans son aspect fantastique, en oubliant de caractériser ses personnages et de leur donner des enjeux. Secret Garden veut vraiment exploiter ses personnages principaux avant qu’il ne leur arrive quelque chose. J’adhère complètement à ce choix. Sans vouloir révéler ce twist, on sent évidemment que les défauts de chacun des protagonistes vont se révéler encore plus hilarants.

Vous l’aurez compris la série se suit avec grand plaisir. Le contexte, un peu plus adulte, façon Kim Sam Soon, évite les scènes comiques trop légères si souvent présentes dans les séries typées adolescents. Comme toujours il est dur de savoir ce que ça va donner au bout de 2 épisodes seulement, d’autant que le twist majeur qui fonde le synopsis de la série n’est pas encore arrivé. Mais pour l’instant je reste optimiste. Une série qui commence par une musique orchestrale et de beaux paysages ça suffit pour que j’ai la foi. (ou alors c’est ma nostalgie de Flowers for my life, peut-être). J’ai hâte de voir la suite.

NOTE MODIFIEE EN MARS 2011 : Vous trouverez mon bilan de la série complète ici