Analyse des dramas coréens (2ème partie) : le couple, le statut de la femme et de l’homme

Quand on débute dans les dramas coréens, on est immergé par une foule de thématiques et d’aspects propres à la culture de ce pays. Cette deuxième partie d’analyse des dramas coréens vous propose humblement d’en décoder et d’en approcher quelques uns, à commencer par le couple et le statut de la femme et de l’homme.

Les relations sociales en Corée : un pays machiste ? Du confucianisme au pragmatisme…

La Corée, comme aiment le rappeler ses habitants, a 5000 ans d’histoire de non-aggression de ses voisins. Elle n’a jamais été pionnière, et a toujours fonctionné comme une éponge. (On pourrait disserter longuement sur ce mélange de fierté victimaire et cette volonté actuelle d’expansionnisme culturel). La Corée est le résultat d’un syncrétisme, un mélange culturel et religieux qui, contrairement aux apparences, n’est pas figé.

Le confucianisme (500 ans avant JC) puis le néo-confucianisme (14è siècle) sont nés en Chine, pourtant ce courant philosophique a particulièrement brillé en Corée du Sud, et figure encore aujourd’hui de modèle dans les relations sociales. C’est un héritage davantage transmis à travers les comportements au fil des générations qu’à travers des lectures de texte. Et la société coréenne est en double mouvement par rapport à ce néo-confucianisme dont elle n’a pas toujours conscience : d’une part elle est fière de certaines valeurs qu’elle transporte, d’autre part la place de plus en plus prenante des femmes dans la société est en train de faire sauter un à un ces verrous, par pragmatisme plutôt que par de longs débats.

Rappelons que le confucianisme institue la piété filiale, le modèle de la famille patriarcale, avec le dévouement et le respect des jeunes vis à vis des anciens. Vous avez sans doute remarqué dans les dramas que  les parents ont souvent une figure redoutable, et que rares sont les fictions qui permettent aux tourtereaux de finir heureux sans obtenir l’accord des parents (comme Secret Garden). Autre scènes récurrentes, les enfants qui fuient ou évitent leurs parents parce qu’ils veulent vivre leur vie, ou qui à l’inverse prennent soin de leurs parents irresponsables (Marry me Mary). Vous aurez aussi remarqué l’importance du respect dû à l’âge qui s’insinue dans toutes les relations entre les personnages : quoi qu’il se passe, un jeune doit respecter son aîné, même si celui-ci a tort. Les dramas peuvent s’en amuser (Baby-faced beauty) ou en faire de véritables obstacles à franchir.

Cette différenciation des relations liées à l’âge (cf glossaire) se retrouve également au sein du couple. La société coréenne voyait d’un meilleur œil les relations entre un homme âgé et une femme jeune, mais cela est en train d’évoluer rapidement. Les dramas eux-mêmes reflètent cette évolution, aidés il est vrai par l’audience des femmes plus âgées qui rêvent d’être en couple avec des hommes plus jeunes qu’eux. On ne compte plus les dramas qui accentuent cette tendance commencée il y a quelques années (What’s up Fox, Cinderella sister, Personal taste, …) et initiée par le drama My name is Kim Sam Soon.

Ce modèle patriarcal fait bondir nombre de féministes. Nous, occidentaux, avons l’image de la femme asiatique soumise. La réalité diffère quelque peu. Pour expliquer ceci, je vais me permettre de résumer la réflexion de Martine Prost, maitre de conférences à l’Université Paris-Diderot, dans son merveilleux livre (« Scènes de vie en Corée », aux éditions l’Asiathèque, livre que je recommande plus que chaudement car il analyse les comportements coréens. Un vrai régal quand on regarde des dramas coréens, tant on ne peut s’empêcher de faire des allers et venues entre la fiction et la réalité décrite. Faites vous plaisir pour Noël, vous ne le regretterez pas)

Si dans la sphère publique la femme a un devoir de réserve (elle ne contredira jamais quelqu’un et n’imposera pas non plus ses idées), il s’agit surtout d’un jeu dans lequel personne n’est dupe. Une femme volubile n’attire pas sur elle les regards des hommes, lesquels considèrent la discrétion comme une forme d’intelligence. Tout est une question d’apparence : les hommes cherchent à maintenir leur statut en conservant la main mise sur la sphère publique, et en compensation donnent tous les pouvoirs à leur femme dans la sphère intime. Au foyer, la femme gère tout, et l’homme donne la totalité de son salaire à son épouse qui gère comme elle veut cet argent. C’est encore elle qui choisira le logement, les vacances, l’école pour les enfants, le montant de l’épargne, sans en référer à son mari. Les apparences sont trompeuses, y compris au moment des repas familiaux : si la femme sert son mari, c’est aussi une façon d’imposer son choix. C’est elle qui va décider ce que son mari va manger ou boire. Il ne s’agit pas non plus d’une forme d’autoritarisme, mais plutôt de connaissance approfondie des goûts de l’autre. Le mari ne discutera jamais les choix de son épouse. Les femmes prennent le pouvoir par petites touches, et demandent désormais à leurs compagnons de s’investir à la cuisine, et d’être plus expressifs, plus tendres.

La femme coréenne jouit en réalité d’une liberté immense si elle répond correctement à ses deux devoirs : ne pas tromper son mari, et s’occuper de l’éducation des enfants. Elle n’a pas à justifier son emploi du temps, son mari ne le lui demandera jamais en dehors de formules floues et polies n’appelant aucune réponse précise. La femme coréenne peut donc passer tout son temps avec ses amies, des bains chauds aux activités sportives, faire du farniente ou du shopping, ou déjeuner dans des restaurants chics si le budget le lui permet (cf. l’amie de Yoon Eun Hye dans Lie to me, par exemple). Cette situation change, évidemment, si la femme travaille. Dans ce cas sa liberté d’action sera plus réduite du fait du temps restant.

En Corée, il n’y a pas d’individualisme mais le sentiment d’appartenance à une communauté. Cette communauté passe avant. Et si la femme travaille quotidiennement avec des hommes, souvent elle préfère sortir entre femmes à la fin de la journée. Car là, elles ne sont plus obligées d’être aussi attentives à leurs gestes. Cette liberté n’est pourtant pas acquise avec la famille. Même les féministes coréennes qui revendiquent leur indépendance ont du mal à l’assumer pleinement, du fait du poids de la famille, de l’interventionnisme de la belle-mère ou de leur mère poule. Être indépendante signifie sortir de la communauté et se retrouver isolée. Pour être libre, au fond, la femme coréenne doit ménager ses espaces et contourner le système avec intelligence.

Quelques faits peuvent accompagner cette réflexion. Il n’est guère étonnant, au fond, de voir les divorces augmenter de manière spectaculaire, car les mentalités des hommes n’arrivent pas à évoluer aussi vite que les jeunes femmes. Plus de la moitié des femmes de 20 à 40 ans estiment que le divorce est nécessaire si elles ne sont pas heureuses. Pour une femme sur 5 c’est même une option viable tant qu’elles n’ont pas d’enfants. Ces taux sont largement supérieurs aux réponses des hommes. Les causes de divorce sont majoritairement les conflits entre époux (plus de la moitié des cas), suivis de problèmes économiques, de l’infidélité du partenaire et enfin des conflits familiaux. A noter que selon une récente étude sur l’infidélité, autre tabou en Corée, 68 % des hommes et 12 % des femmes auraient des relations sexuelles hors mariage.

De tabou, le divorce est devenu un phénomène en moins de 10 ans. La pression familiale est encore forte, obligeant les enfants à se marier avant leurs 30 ans. Les rencontres sont organisées par les parents, et les mariages précipités, parfois à peine 3 mois après la rencontre. Si les fictions coréennes décrivent très bien cette pression familiale et les rendez-vous arrangés (Coffee Prince), en revanche, le happy ending, comme dit précédemment dans mon premier article, est toujours de rigueur. Les jeunes couples ne vivent que très rarement ensemble avant de se marier. Et les taux de divorce explosent 2-3 ans après le mariage. Le divorce des jeunes commence de plus en plus à être accepté, et fait même des émules auprès des ménagères de plus de 65 ans. Plus que jamais les femmes prennent le leadership dans leur couple, s’imposent face à leur maris et décident du divorce. Et les remariages commencent à prendre de l’ampleur. A noter également, l’augmentation du nombre d’unions mixtes, entre asiatiques du sud-est, mais également entre occidentaux et coréens, unions qui se terminent de plus en plus fréquemment par des séparations difficiles. Ces statistiques ne sont pas sans inquiéter les dirigeants, qui voient s’effondrer la natalité du pays (à peine un enfant par femme, ce qui menace la démographie du pays), alors que dans les années 70 le discours était de réduire la natalité pour « réduire la misère ».

La thématique du divorce (et encore moins celle de l’adultère) n’est pas très courante dans les dramas récents, où mariage et enfants font toujours figure d’aboutissement. Dans ce contexte difficile, ne vous étonnez donc pas si par exemple The Vineyard Man montre le couple avoir de nombreux enfants. Pourtant, ces thématiques plus « modernes » reviennent après avoir été délaissées (elles figuraient notamment dans les daily dramas au début des années 2000). Peu de couples mariés occupent une place prépondérante, ou alors leur séparation n’est que ponctuelle (Lie to me, City Hall). On citera Alone in love, bien sûr, ou plus récemment Can’t Lose pour ce qui est des conflits entre couples mariés. Mais généralement on évoque le divorcé comme quelqu’un qui cherche à se remarier, comme dans Love Mariage. First Wives Club ou Dal Ja Spring évoqueront quant à elles l’infidélité, lorsque pour cette dernière série l’héroïne se rend compte qu’un de ses prétendants est marié. La thématique de l’infidélité est encore moins évidente à la télévision coréenne, puisqu’il s’agit encore d’un délit condamné par la loi, qui veut « protéger la moralité dans la société ». Hypocrisie latente, évidemment, puisqu’une femme infidèle a été condamnée à 6 mois avec sursis alors que son mari couchait avec des prostituées depuis 10 ans. Dans les faits, heureusement, l’infidélité est rarement condamnée par les tribunaux, mais cela arrive encore et suscite une certaine indignation. Mais c’est ainsi que la société coréenne se réforme, en faisant sauter ces verrous, et en passant à autre chose dès qu’un phénomène de société prend de l’ampleur et que l’on ne peut plus le cacher (nous y reviendrons en parlant de l’homosexualité lors d’un prochain article).

Qu’en est-il alors de la femme ?

Nous avons vu précédemment comment la jeune femme moderne était présentée dans les fictions : combative, courageuse, et … innocente.

Cette candeur, naïveté dans les relations qui nous paraît parfois si exagérée, s’explique avec quelques faits troublants. Tout d’abord, le fait que la sexualisation de la femme n’existe qu’en surface. On se moque souvent des héroïnes effrayées à l’idée de franchir le cap alors qu’elles ont 30 ans révolues (la peur du baiser, les « réveils » aux côté d’un homme, sont de grands classiques dans les fictions, comme dans My name is kim sam soon, alors que l’héroïne est pourtant trentenaire). Et pourtant, il n’est pas rare de voir les femmes n’avoir aucune idée de la chose. On comprend mieux quand on lit que les publicités pour les contraceptifs ont eu du mal à être diffusées. L’éducation sexuelle des femmes est en retard, et jusqu’à il y a peu il était difficile d obtenir une information à destination des femmes sur l’usage du préservatif en dehors de la protection envers le HIV. Les hommes, en revanche, sont au fait des choses et ce sont eux qui parlent ou choisissent la contraception.

Les mœurs évoluent : plus d’un homme sur 4 a eu des relations sexuelles avant ses 18 ans (8 % pour les femmes). (Comparativement, un français sur 4 a des relations sexuelles avant 16 ans). Mais la société coréenne met toujours l’accent sur l’initiation sexuelle de la femme … par son mari.

Il ne faudrait cependant pas généraliser aussi facilement. Si les fictions coréennes restent dans l’ensemble très prudes, la question de la sexualité féminine fait peu à peu son chemin dans les médias. J’ai évidemment plaisir à citer le film My Wife got Married, où Son Ye Jin incarne une femme mariée qui veut avoir… un deuxième homme en plus dans sa vie. Un ménage à trois pas forcément facile à accepter pour le premier mari, complètement dépassé par cette requête, où tous ses repères sociaux s’écroulent.

Je n’aborderai pas ici la sexualisation de la femme dans la K-pop, mais il est assez frappant de constater le décalage entre l’image d’un clip et l’image d’un drama.

Pour terminer, une petite statistique sur la violence sexuelle faites aux femmes : une coréenne sur 4 aurait été victime d’agression sexuelle ou d’attouchements dans les transports en commun. Parfois, un simple chiffre en dit long.

L’homme dans les dramas

Nous avions vu précédemment les caractères stéréotypés, l’arrogance du héros, souvent… riche et séducteur. Notez bien que là aussi l’arrogance a une base « culturelle ». Beaucoup de femmes coréennes interrogées sur leur perception des hommes coréens déclarent ainsi que dans la vie les hommes leur semblent égoïstes et immatures. Bien que dépendant de leurs mères et de leurs femmes (comme nous l’avons vu précédemment), ils ne veulent cependant pas le montrer, par fierté. Et ainsi, ils tenteraient, selon l’analyse féminine, de masquer cette dépendance en contrôlant les femmes.

L’ apparence masculine a elle aussi beaucoup bougé ces dernières années. Alors qu’il y a peu c’était la femme qui se travestissait en homme (Coffee Prince, Sungkyunkwan scandal, Painter of the Wind), c’est désormais la métrosexualisation de l’homme qui fait fureur. Si le baume à lèvres violet porté par Bae Yong joon dans Winter Sonata était assez surprenant à l’époque, ce n’est rien quand on regarde l’apparence des Flower boys (Boys over Flowers, Flower boys ramyun shop…)

Ah, Flower boys. Certains sociologues avancent la thèse selon laquelle la métrosexualisation des héros est en fait une réponse des femmes vis à vis de la société patriarcale. Ne pouvant critiquer ouvertement l’emprise de l’homme, la femme coréenne s’est mise à attaquer le modèle de l’homme « traditionnel », toujours présenté comme solide jusqu’alors. Ainsi le héros masculin a ses tares : que ce soit celui de Secret Garden, ou celui de You’re Beautiful, par exemple ils cachent tous les deux une faiblesse. (On peut d’ailleurs rapprocher cette tendance avec celle décrite plus haut, de former un couple entre un homme jeune et une femme plus âgée, comme dans The Manny où le héros prend soin de lui, fait du sport, fait craquer sa patronne plus âgée en plus d’être un excellent babysitter !).

Le terme Flower boys dérive bien sûr de certains types de mangas. Mais cela traduit surtout une nette différenciation entre la culture asiatique et la culture occidentale. Chez nous, la représentation du mâle viril est celui d’un type musclé, bronzé, brun, si possible poilu/mal rasé. La métrosexualisation se traduit essentiellement par l’apparition d’hommes prenant soin de leurs visages, de leurs corps, ou faisant particulièrement attention à la mode (on citera David Beckham en exemple). En Asie, les traits masculins recherchés ne sont pas les mêmes : d’une part parce que la pilosité naturelle n’est pas comparable, mais aussi parce que la pâleur fait partie des critères de beauté. On évite le soleil pour ne pas être un paysan, on se protège avec n’importe quoi, un journal, un portefeuille.. Exit donc les séances de bronzage. La Corée, qui a été une nation de paysans, ne veut plus voir ces visages burinés par le soleil, elle veut montrer qu’elle est une société moderne, avec des visages clairs, purs, des peaux lisses frottées avec entrain sous l’eau. On ne craint que les UV (et les lunettes de soleil sont davantage des accessoires de mode que des objets utiles car les pupilles des coréens sont moins réactives au soleil). La chaleur, au contraire, on la recherche brûlante.

De la même façon qu’il y a des critères de beauté pour les femmes (la S-Line pour le profil du corps et la V-line pour la forme du visage de face – un critère qui nous paraît ridicule à nous occidentaux), il y a des critères de beauté pour l’homme, qui se doit non seulement de faire attention à son corps via de multiples soins et pommades mais aussi d’avoir une taille minimale. Un homme fort, c’est un homme grand. Et les japonais sont méprisés pour leur petite taille. Le flower boy est donc typiquement un jeune de grande taille (donc fort), riche (ce qui lui permet de prendre soin de son corps), avec une peau de porcelaine, des yeux ronds, et un sourire éclatant…

Le culte de l’apparence en Corée a donc permis l’éclosion de nouveaux fantasmes pour les jeunes femmes. Suivre la mode est un impératif si on veut faire partie de la société. La mode coréenne n’est pas l’affirmation de soi, (il n’y a pas d’individualisme en Corée), c’est l’affirmation d’appartenir à un groupe. Il faut donc ressembler à tout le monde. Et comme les riches suivent au plus près les tendances, il faut suivre en dépensant tout son argent. Car être beau permet d’exister, d’être reconnu, bien plus que de savoir parler. Dans cette société confucianiste, l’apparence est primordiale, et on engagera sans aucun remord un homme beau plutôt qu’un homme moins beau mais plus qualifié. Ainsi depuis les années 2000, la chirurgie esthétique ne s’attaque plus seulement à la création de doubles paupières, mais à la réfection totale du visage et de la silhouette féminine. Ce qui suscite des remous pour les stars qui en font usage. Non pas parce qu’elles l’ont fait, mais parce qu’elles ne l’avouent pas toujours. Eh oui, faire croire que l’on est naturellement parfait, ça fait rêver. Dans le film 200 Pounds Beauty, l’héroïne est une chanteuse obèse qui n’arrive pas à percer. Elle perd ses kilos, recourt à la chirurgie esthétique, rencontre le succès sous une nouvelle identité et lorsque le public apprend la vérité sur son opération, cela ne lui pose aucun problème. Et le phénomène touche également les stars masculines, qui se font refaire le nez (comme l’un des chanteurs de Super Junior). 15 % des hommes sont passés par le bistouri, tout comme 50 à 70 % des jeunes femmes. Des chiffres époustouflants.

Dans une troisième partie, nous parlerons des thèmes que je n’ai pas encore pu aborder, comme la place faite aux étrangers et  à l’homosexualité dans les dramas, et certains autres aspects culturels déjà aperçus dans de nombreuses fictions (comme la religion). Merci pour tous vos commentaires, ce fut un travail particulièrement intense et fatigant vu mon état de santé, mais ce fut une fois encore très intéressant de mettre en lumière ce qui se laissait déjà deviner au fil des dramas. J’espère vous écrire la suite la semaine prochaine si tout va bien.

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Mon année 2010

Tout le monde y va de son petit bilan en cette fin d’année, alors j’avais envie de parler de ce qui m’avait marqué cette année, moi aussi. Je vais tâcher d’être concis, car malheureusement ça fait un peu redite (et puis je vous avoue que mon état de santé ne me permet pas d’en faire plus). Pour le bilan américain de mi-saison, il viendra plus tard. Notez également que j’ai préféré ne pas parler de cinéma asiatique ici.

Mon année fut beaucoup moins consommatrice de séries (et de cinéma) que les années précédentes. Je n’ai pas eu de véritable période boulimique. La faute à un rythme de vie qui a beaucoup changé (et qui changera encore). Et puis il faut bien le dire, l’engouement de la découverte culturelle s’est un peu estompé. Je ne suis plus surpris par les codes narratifs coréens et japonais. Dit comme ça, ça pourrait être triste. En revanche, je sais désormais ce que je recherche. J’espère à l’avenir moins m’éparpiller, mais je me connais : j’aime toujours lire des avis passionnés sur des séries, et je finis toujours par craquer.

L’envie est donc toujours là. Mais le choix devient de plus en plus frustrant. J’en reparlerai, mais jamais je n’ai été autant frustré que cette année. Trop de choses à voir, pas assez de temps.

-2010 : une petite année de découvertes et de rattrapages

J’aurai évidemment voulu voir davantage de choses cette année. Mais je retiendrai parmi mes rattrapages : the good wife, someday, mousou shimai, gaiji keisatsu, quelques kbs drama special. The good wife fut rattrapé en quelques jours, j’ai vite été happé par la série qui m’a redonné goût aux séries judiciaires. A vrai dire, j’étais curieux de savoir si ses éloges étaient mérités. Ils l’étaient. Someday c’est un peu mon arlésienne. Ça fait des années que je voulais regarder cette série coréenne « immanquable », j’avais même réussi à regarder le début dans des conditions très peu confortables. Mais cette année fut la bonne. Du côté japonais, grâce à des téléphages avertis, j’ai eu le bonheur de me plonger dans deux séries d’exception. Et puis quelques épisodes de drama special m’ont parfois replongé avec délice dans la base du mélodrame coréen.

-2010 : peu de nouveautés américaines marquantes

Men of a certain age et white collar étant apparues fin 2009, il ne reste donc dans ma besace que life unexpected, huge, rubicon, et raising hope. Eh oui dans cette liste, seule une série aura réussi à survivre. C’est chaque année pareil, les séries que j’aime sont de plus en plus écourtées. Je crois que je ne m’y habituerai jamais.

Si ma capacité à m’enthousiasmer pour des nouveautés avant leur diffusion reste intacte, cette année j’ai été plus déçu que d’autres: boardwalk empire, the walking dead, treme, autant de séries « travaillées » qui n’ont pas réussi à me captiver par leur rythme de narration.

-2010 : des séries américaines qui laissent un vide

Cette année fut surtout la fin de Lost. A l’époque sa fin fut tellement décriée, mais aujourd’hui, que nous reste-t-il comme série réellement captivante à la télévision ? (ne me parlez pas de The Event, il est loin le pilote prometteur).

Ce fut également la fin de 24, série aux innombrables défauts mais qui avait au moins le mérite d’avoir un peu de suspense. Quelle série d’action pour la remplacer ?

Enfin, beaucoup de monde l’a déjà oubliée, et pourtant Dollhouse s’en est allée fin janvier. La montée en puissance de la série m’a rappelé à quel point Joss Whedon savait raconter ses histoires.

Depuis la fin de ces 3 séries, la paysage télévisuel américain a bien changé.

-2010 : pas encore assez de place pour le visionnages de séries asiatiques

C’est ma grande frustration de l’année. Chaque année je loupe des séries que je voulais absolument voir, mais je me promets à chaque fois d’y remédier l’année suivante. Cette année fut encore plus terrible. Puisque, désormais, j’ai cédé à la tentation de regarder des pilotes, et que je n’ai pas pris le temps de terminer ce que j’ai entamé. Mes grands regrets sont notamment secret garden et my girlfriend is a gumiho. En revanche, j’ai pris grand plaisir à visionner personal taste, qui est mon coup de cœur de l’année. Bon ok, mon admiration pour Son Ye Jin n’est peut-être pas étranger à ma fascination pour ce drama, mais tout de même, ce fut drôle, émouvant, bien rythmé. Et j’en garde un excellent souvenir.

– 2010 : les moments marquants

Il est assez difficile de se souvenir des meilleurs moments d’une année téléphagique quand on a une mémoire de poisson rouge comme moi, mais voilà à quoi je pense quand je ferme les yeux… La mort, l’amour, la renaissance, le rire, le souvenir…

– la fin tragique de personnages dans Lost 6.14.

– la scène shipper tant attendue par les fans dans Chuck 3.13

– House, brisé, trouve son salut dans House 6.22

-L’explication de l’ascenseur dans The Big Bang Theory 3.22

-Un souvenir enfoui resurgit et révèle le mystère de Sanggojae dans Personal Taste épisode 12.

Au final cette année 2010 fut une petite année en terme de contenu, mais suffisamment riche en émotions. Et puis, surtout, ce fut une année d’échanges d’expériences télévisuelles. Ma plus grande joie ? Voir Alone in love critiqué ailleurs qu’ici, suscitant enfin l’envie irrépressible de visionnage (Livia et Ageha je compte sur vous pour propager la bonne parole ^^). Espérons que l’année 2011 fera mieux !

Personal Taste

Personal Taste (encore appelé Personal Preference) est une série coréenne diffusée ce printemps 2010.

Avec Son Ye Jin (Alone in Love) en actrice principale, je ne pouvais pas éviter cette comédie romantique prometteuse. Et j’avoue que je voulais la voir dans un rôle plus léger. Après quelques minutes d’adaptation (pas forcément facile de la voir faire des mimiques quand on a l’habitude de la voir jouer dans des rôles dramatiques), j’étais conquis. Voire même épaté. Elle sait jouer du regard, et ses grimaces sont irrésistibles. Non, vraiment, Son Ye Jin est une excellente actrice.

La grande question de la série était de savoir si elle arriverait à faire la paire avec Lee Min Ho (Boys before flowers), 22 ans au moment du tournage, alors que Son Ye Jin avait 28 ans. Finalement, la différence d’âge ne se voit pas trop à l’écran, et une certaine alchimie nait très vite entre ces deux acteurs. Lee Min Ho, longiligne, réservé, face à une Son Ye Jin hilarante et éternelle optimiste, qui se camoufle derrière des oripeaux. Pourtant, nous allons le voir, ils ont la même générosité.

Mais revenons à l’histoire. Jeon Jin Ho (Lee Min Ho) est un architecte en graves difficultés financières. Cependant, généreux, il n’hésite pas à aider ses employés. Opposé depuis toujours à un autre jeune architecte nommé Han Chang Ryul (son père a notamment détruit la famille de Jeon Jin Ho), il perd régulièrement les marchés qui sont malheureusement truqués. Alors quand le marché de la Galerie d’Art DAN, somptueux projet, va s’ouvrir, c’est sa dernière chance de réussir et de se venger. Pour ça, il va falloir qu’il réussisse à comprendre le secret de l’architecture de Sanggojae, une maison à première vue traditionnelle (Hanok). Malheureusement, Park Gae In (Son Ye Jin) la fille bizarre qui vit dans ces lieux n’accepterait jamais de l’héberger. Mais une opportunité s’ouvre à lui : Park Gae In, trahie, vient de découvrir que son petit ami Han Chang Ryul se marie dans son dos avec sa meilleure amie Kim In Hee, qu’elle hébergeait jusque là. Une place se libère donc à Sanggojae. Mais pour devenir locataire et vivre au quotidien près de Park Gae In, Jeon Jin Ho accepte de ne pas lever un malentendu, et se fait passer pour homosexuel.

La série démarre donc très fort, avec d’un côté Jeon Jin Ho qui a du mal à jouer un gay, tandis que Park Gae In lui raconte ses malheurs. C’est ma foi très drôle, et très vite on sent venir cette fameuse alchimie si indispensable à la réussite d’une comédie romantique. Mieux encore, il y a ce côté « cute » qui me manquait tant dans les derniers dramas coréens (n’est pas Coffee Prince qui veut). C’est frais, léger, sans overdose, mais on s’attache très vite à ce vrai faux couple. Car oui, il y a là tous les caractères d’un couple amoureux, la taquinerie, la puérilité, la générosité, le don de soi, l’inquiétude vis à vis de l’autre, on sent très bien ces deux cœurs palpiter. C’est vraiment la partie la plus réussie de la série. Et ça justifie amplement son visionnage.

Mais si la comparaison avec Coffee Prince est valable pour les 3/4 de la série, le dernier quart déroge à la règle. Là où Coffee Prince avait compris qu’il ne servait à rien de multiplier les obstacles à la réalisation d’un couple si charismatique, et qu’il valait mieux célébrer l’humour et l’amour, Personal Taste s’obstine à accumuler les déceptions amoureuses, comme au temps des dramas d’il y a quelques années.

C’est en effet la qualité et la tare de Personal Taste : être très classique. Beaucoup de clichés des dramas coréens sont là, dont certains, plus anciens, auraient mieux fait d’être mis de côté. En effet, pourquoi avoir voulu créer une Kim In Hee aussi diabolique ? On est heureusement pas toujours dans une caricature, mais on en est parfois très proche. Heureusement le personnage de Han Chang Ryul est beaucoup mieux équilibré, et il peut même s’avérer touchant par moments.

Heureusement également, il y a d’excellents sidekicks, No Sang Jun (Jung Sung Hwa, Love Phobia) est excellent à vouloir se faire passer pour gay, et il y a une vraie complicité qui se développe avec une autre amie de Park Gae In, la très sympathique Lee Young Sun (Jo Eun Ji, My Scary Girl). Bon, on se serait bien passé d’un autre cliché, celui de la copine d’enfance éternellement amoureuse de Jeon Jin Ho, mais fort heureusement, si elle est très casse-pieds, elle a un temps d’antenne très limité.

Je rajoute une mention spécifique pour le directeur Choi, dont l’humanité et la gentillesse sont très touchants.

Mais si les obstacles commencent à s’accumuler, au moins les scénaristes ne font pas traîner chaque obstacle pendant des heures, c’est vraiment vite résolu, ce qui renforce davantage la conviction que ce couple est solide. Et ça, ça fait très plaisir.

J’ai aussi particulièrement apprécié certains rebondissements, dont certains vraiment imprévisibles, donnant ainsi à la série beaucoup de rythme. C’est un fait, les épisodes s’enchainent très vite. Si vous avez besoin d’un témoignage supplémentaire pour me croire, une très jolie jeune femme peut en témoigner (oui chérie, vas-y lance toi !).

L’OST de la série est très recommandable, avec des chansons pop qui se retiennent facilement. Pour tout dire, l’OST tourne en boucle chez moi. J’en profite pour annoncer que je ferai prochainement un article au sujet des OST de films et de dramas coréens.

Enfin, pour en terminer avec les défauts de la série, il faut vraiment virer celle qui s’est occupée des costumes. Je sais que les coréens aiment parfois habiller les jeunes hommes de manière bizarre, mais là on a battu des records. Bon ça n’a pas entaché le visionnage, mais ça méritait d’être dit. Heureusement Son Ye Jin n’a pas trop été touchée, même si elle aurait pu être un peu plus féminine, voire sexy.

Il faut aussi savoir que la fin est trop conventionnelle et constitue une petite déception. Certes, la série a des circonstances atténuantes : elle n’a pas obtenu des épisodes de prolongation qu’on lui faisait miroiter, elle aurait même subi une grève surprise. Mais quand même, après nous avoir fait tant aimer ce couple, on s’attendait à mieux. Et puis quel besoin, vraiment, de vouloir mettre ensemble d’autres personnages qui n’ont visiblement rien en commun ?

Si je pointe du doigt tous les défauts de la série, c’est aussi parce que sans cela, la série aurait pu être la meilleure comédie romantique coréenne. J’ai vraiment adoré, dussè-je me répéter, tous ces moments de complicité, et Son Ye Jin était parfaite (même si son meilleur rôle restera celui d’Alone In Love, drama que je vous recommande fortement). C’était drôle, frais, attachant, la romance était bien amenée. A défaut, elle restera juste dans le haut du panier (voire la moyenne haute, pour les plus sévères).

Enfin, je termine par deux remarques. La première, c’est que ça m’a fait quelque chose de voir Yoon Eun Hye en cameo, assise à côté de Son Ye Jin. Je ne les avais jamais vues ensemble. Ma seconde remarque est plutôt anecdotique, elle concerne les fans : la maison traditionnelle Sanggojae a été refaite par des passionnés dans les Sims. Il est vrai que la maison a son charme. Ça change des loft blancs modernes de la plupart des dramas coréens.

En conclusion, si vous n’avez vu encore que peu de comédies romantiques coréennes, foncez, ses intrigues classiques vous raviront au plus haut point. Et si vous avez besoin d’un peu de bonheur dans votre vie, Personal Taste saura vous l’apporter au moins sur 12 des 16 épisodes. C’est déjà pas mal, non ? Ne boudez donc pas la série, elle vaut le détour.

Acteurs et actrices coréennes : Yoon Eun Hye

Comme prévu je complète un peu ma présentation des acteurs et actrices coréens à la télé.

Yoon Eun Hye (Yun Eun Hye) est l’une des actrices les plus populaires en Corée du Sud. Elle a commencé très tôt dans l’entertainment puisqu’elle a remplacé un des membres du groupe de K-Pop Baby V.O.X. dès l’âge de 15 ans.

C’est en fait l’une des victimes du star système coréen. Comme j’en parlais dans mon article sur les suicides, accidents et maladies en Corée, elle a subi des pressions de la part de la presse et des fans du groupe. Son surpoids (tout relatif) lui a valu bien des critiques (elle aurait bien tort de ne pas se venger aujourd’hui, voyez plutôt), et un fan lui a même abîmé sa cornée à l’aide d’un pistolet à eau vinaigrée.

Pour autant, Yoon Eun Hye s’accroche. Elle quitte le groupe pour se lancer dans une carrière d’actrice. C’est le jackpot.

Goong (Princess Hours) est, en 2006 le drama le plus vu à la télévision, derrière Jumong. Tiré d’un manhwa   (pour simplifier : manga coréen), l’histoire de Goong est pour le moins originale. Elle se situe dans un univers alternatif où la Corée est dirigée de nos jours par une famille royale. (Tiens, si ça donne pas des idées à des scénaristes français : imaginez une monarchie française en 2010 !). L’idée est excellente, les téléspectatrices sont férues d’histoires de princesse. Le reste est une sorte de Sissi impératrice, version adolescence coréenne. Une lycéenne, jouée par Yoon Eun Hye devient princesse à la suite de circonstances particulières (un pacte entre ancêtres). Elle doit donc pour cela épouser le prince, suivre les coutumes ancestrales de la Cour, etc… Mais le prince et la princesse ne s’entendent pas du tout. Sans compter qu’un complot se trame pour destituer le prince. Yoon Eun Hye essuie quelques critiques (pas forcément très justes) sur son jeu, mais l’audience suit, la série devient un phénomène. A titre personnel, cependant, je dois quand même signaler que je n’ai pas du tout aimé le drama, qui s’étire sur 24 épisodes. C’est long, très long. La bouille sympathique de Yoon Eun Hye n’a pas suffi. Et ne me demandez pas pourquoi, mais un spin-off Goong S a été réalisé l’année suivante.

Profitant de sa popularité, la jeune actrice se lance la même année dans le drama The Vineyard Man. L’histoire d’une fille passionnée de mode qui va devoir vivre à la campagne pour hériter d’une parcelle de vignoble qui vaut de l’or. Sans forcément être incontournable, le drama est sympathique, et montre déjà que l’actrice a du potentiel dans le registre de la comédie romantique classique.Malgré une forte concurrence, cette histoire d’amour (entre un vigneron bourru au coeur d’or et une fille qui découvre la vie rurale) fait de très bonnes audiences. L’actrice est « bankable ».

Mais c’est l’année suivante que sa popularité (et son talent) va exploser. L’excellent drama The First Shop of Coffee Prince (Coffee Prince) explose les charts dans toute l’asie (Japon, Thailande, Chine, Taiwan, Singapour) et devient culte. Je ne reviens pas sur le drama, il est tout simplement incontournable. Vous pouvez en lire ma critique ici.

Devenue l’une des stars les mieux payées du petit écran, elle change de managers suite à de sombres histoires de contrats (dont elle n’était pas responsable). Elle en profite pour se lancer dans la mode, avec réussite, avant de retourner au petit écran avec le drama My Fair Lady. Problème : tout le monde voulait retrouver un personnage espiègle et adorable. Yoon Eun Hye se retrouve coincée dans un rôle qui n’était pas taillé pour elle, sans compter que le scénario et la réalisation ne l’aident pas vraiment. Si artistiquement c’est un demi-échec, les audiences, par contre, continuent de suivre.

Après quelques apparitions dans la musique (Salad song), ou des caméos (personal taste), Yoon Eun Hye devait reprendre le chemin des studios télés pour jouer dans Love Song, au côté de Park Yong Ha, qui s’est suicidé récemment.

Je passe volontairement sur sa carrière au cinéma (elle a notamment joué dans le navet The legend of seven cutter/Escaping of charisma).

En 2011, elle a repris le chemin des dramas avec Lie to me, où elle se fait passer pour la femme de Kang Ji Hwan. Le drama est un échec critique, à cause de scénariis incohérents, mais il permet à l’actrice d’avoir de très belles scènes (dont le fameux cola kiss).

Yoon Eun Hye est une actrice vraiment irrésistible (so cute !). Malgré quelques fictions de mauvaise qualité, son public la suit. A raison.