Flower Boy Next Door [Pilote – Corée]

Flower Boy Next Door

Le troisième volet des Flower Boy n’était pas une de mes priorités pour ce début d’année. Il faut dire que je n’ai jamais réussi à accrocher aux précédentes aventures, tranche d’âge oblige. J’avais même un contentieux avec tvN, mais ça s’est bien réglé depuis Answer me 1997 et Queen In Hyun’s Man, la preuve qu’on peut faire de bons dramas en visant un public un peu plus large.

Alors si je me suis quand même lancé dans le visionnage, c’était pour deux raisons. La première, c’est la présence de Park Shin Ye (You’re Beautiful), que je n’avais plus revu depuis le drama special Don’t worry i’m a ghost. Sans être brillante, l’actrice a du charisme, et je la voyais plutôt bien dans cette histoire de jeune femme ayant une phobie sociale, et vivant recluse dans son appartement. La deuxième raison de tenter ce drama, vous l ‘aurez deviné, c’est donc le synopsis.

flower boy next door park shin ye

Notre héroïne Go Dok Mi (Park Shin Ye) a peur du monde, cela fait des mois qu’elle n’est pas sorti de chez elle, elle survit en étant mal payée (elle est écrivain), et ne supporte pas les sonnettes, les appels téléphoniques, bref, tout ce qui lui demande d’entrer en contact avec les personnes. On comprendra en partie que ce sont les brimades scolaires et un « accident » qui sont la cause de ses tourments.

flower boy next door yoon shi yoon

Pour autant, notre héroïne rêvasse, et tombe amoureuse du médecin qui vit dans l’appartement d’en face. Cela fait des mois qu’elle l’épie, scrute ses journées, ses habitudes, avec des jumelles. Cela aurait pu continuer longtemps si le frère du médecin, Enrique Geum (Yoon Shi Yoon, King of Baking), un célèbre créateur de jeu vidéo, n’était pas revenu d’Espagne pour vivre chez lui. Car Enrique est l’opposée de Go Dok Mi : extraverti, n’ayant peur de rien mais ayant le cœur sur la main, il possède également une sorte de sixième sens quand on l’épie.. (Après Jean-Thierry, les prénoms européens sont de plus en plus tendance chez nos amis coréens on dirait !).

flower boy next door cast kim ji hoon

Se rajoute à cette histoire d’autres voisins (dont l’un deux est interprété par Kim ji hoon). Ces créateurs de dessins animés voient leur projet échouer pour cause de ressemblance avec le jeu vidéo développé par Enrique. Pour rebondir, ils trouvent l’idée d’un mélodrame où une jeune fille isolée qui a peur des autres finit par s’ouvrir au monde grâce à l’amour que lui porte son voisin. Eh oui, il semblerait bien que Go Dok Mi fasse craquer tous les flower boy autour d’elle.

Heureusement, la série est diffusée par tvN, et son format court de 40 minutes par épisode lui permet de rattraper partiellement les grosses lacunes en écriture. J’ai hésité à employer le mot paresse, parce que l’histoire n’avance quasiment pas de son postulat initial, en rejouant les scènes du premier épisode au second épisode, et en utilisant des flashbacks. C’est certes courant sur le Big Three, mais quand l’épisode est déjà court, on a plutôt envie que ça avance, et là j’ai vraiment l’impression d’avoir eu du remplissage.

park shin ye flower boy next door

C’est dommage, parce que la thématique est intéressante, et quand les éléments dramatiques ou mélodramatiques se mettent en place, on arrive à s’impliquer dans la vie de notre héroïne, on la soutient autant que possible lorsqu’elle essaye d’économiser la facture d’eau,  on arrive à la supporter malgré son mutisme, et on la plaint pour sa phobie sociale. Bref, Park Shin Ye arrive à se montrer touchante.

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Ce n’est malheureusement pas le cas pour notre héros, Enrique Geum, dont les excentricités dignes de personnages secondaires comiques japonais finissent par irriter. Je ne suis pas dans le public-cible, et une fois encore, il m’est difficile de m’attacher à ce genre de personnages masculins. Le côté loufoque de la série est également en cause, car je n’ai pas pu sourire à l’éditrice qui manque de sommeil et crie pour un rien, tout comme j’ai vu mieux qu’un flower boy habillé en panda et sans pantalon… C’est vraiment une question d’humour, certes, mais les ressorts comiques sont loin d’être recherchés, privilégiant un visuel paresseux ou un simple effet de surprise. Ce n’est ni hilarant ni tendre, c’est juste très moyen.

En revanche, la mise en scène est un peu plus dynamique, incorporant de ci de là des split-screens, des gros plans, ce qui, avec une très bonne bande sonore, empêche de ronronner tranquillement.

Malgré ses promesses, les deux premiers épisodes sont donc bien trop pauvres en contenu pour soulever mon enthousiasme. Il n’y a vraiment rien à faire, quand on est pas dans la cible, on est pas dans la cible…

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L’Hallyu, ou vague culturelle coréenne

La vague culturelle que nous connaissons aujourd’hui n’est pas née par hasard.

Elle est l’une des conséquences involontaires de la pression américaine à la fin des années 1980 pour pénétrer le marché culturel coréen et distribuer directement les films américains, sans passer par une compagnie coréenne importatrice. Cette libéralisation massive a eu pour conséquence de fermer nombre de cinémas « importateurs », certes, mais ça a surtout eu pour conséquence d’affaiblir la production cinématographique locale. Dans le même temps, l’offre télévisuelle américaine connaissait un grand essor via le satellite.

Ce n’est qu’à la suite de la grande crise financière de 1997 que la Corée du Sud comprit l’intérêt de ne pas laisser mourir peu à peu sa culture. Sopyonje, dernier film d’Im Kwon Taek, cinéaste vétéran prolifique, franchit pour la première fois la barre du million de spectateurs à Séoul. Ce succès phénoménal pour l’époque interrogea le pouvoir en place, qui se mit à étudier sérieusement l’impact de la production culturelle sur l’économie du pays. Une autre stratégie allait voir le jour.

La censure s’arrête ainsi en 1988. Aidé par de talentueux nouveaux réalisateurs qui ont vécu jusqu’alors l’oppression, (comme Park Chan-Wook, marqué extrême-gauche) le cinéma coréen va s’épanouir. En 1999, Shiri marque une nouvelle étape : le film d’action et de suspense de Kang Je-Gyu, qui s’inspire des blockbusters hollywoodiens mais ajoute la dose mélodramatique propre à la culture coréenne, domine largement les films américains. Et chaque nouveau blockbuster fera encore plus fort, écrasant Titanic, Harry Potter, Matrix, Star Wars ou Le seigneur des Anneaux, : JSA (Joint Security Area) , Friend, Silmido, Taegukgi (frères de sang)… pour atteindre 11 millions d’entrées, soit presque la quart de la population de la Corée du Sud. A ce jour, le record est tenu par The Host (13 millions). En 10 ans, plus d’une trentaine de films feront plus de 5 millions de spectateurs. Et les films deviendront des succès internationaux, comme My Sassy Girl qui fut numéro un dans toute l’Asie du Sud-Est, éclipsant toutes les autres productions. La reconnaissance vint assez rapidement à Cannes, Berlin, Venise, Deauville, Gerardmer : Old Boy, Poetry, Locataires, 2 sœurs

Outre le cinéma, la vague culturelle coréenne va s’étendre grâce à un autre média : la télévision. Les dramas coréens trouvent leur public non seulement dans leur pays d’origine, mais s’exportent facilement. On citera bien entendu Winter Sonata, véritable phénomène en Corée et au Japon, et source de revenus plus que juteux pour les tour-opérateurs qui effectuent des circuits autour des lieux de rencontre des héros de cette fiction. Un an après la diffusion de la série au Japon, le tourisme japonais en Corée du Sud avait augmenté de 40 %. Mieux encore, beaucoup de fictions coréennes rencontrent le succès ailleurs que dans leur pays d’origine, comme Tamra the Island, plébiscitée là aussi au Japon. La plupart des pays du Sud-Est asiatique diffusent d’ailleurs régulièrement les dramas coréens, qui sont les fictions étrangères les plus populaires en Chine, au Vietnam, en Thailande, à Hong Kong, aux Philippines, au Japon… La popularité de ces dramas va même bien au delà de l’Asie du Sud-Est, pour atteindre les USA via des DVD sous-titrés, ou des services VOD comme Netflix, ou encore du streaming gratuit et légal via DramaFever (un site de VOD qui collabore avec Withs2, une équipe amateur de sous-titrage). Enfin, signalons la popularité grandissante des dramas coréens au Moyen-Orient, ainsi que le début d’une percée en Europe (diffusion dans les pays de l’Est, et depuis peu en France).

Le phénomène prend tellement d’ampleur qu’il réveille des réflexes nationalistes. En Août dernier, 300 puis 6000 japonais ont protesté devant le siège de FujiTV, parce que la chaine japonaise diffuse, selon eux, trop de dramas coréens. « No more Korean Wave », ont-ils brandit.

Comment expliquer le succès de ces dramas ?

Kim Youna, Professeur à l’Université américaine de Paris, essaye de l’expliquer. Tout d’abord les dramas ont une puissance émotionnelle incomparable, capables de capturer une large palette de nuances en adoptant différentes techniques. Ensuite, ils présentent une vie urbaine moderne qui fait rêver les jeunes asiatiques, tout en montrant que cette modernisation s’accompagne du respect des traditions et de la culture : respect de la vie familiale, respect des aînés, et amour fraternel. Enfin, il y a la dimension politique et historique de la Corée, son passé tragique, sa propension à l’émotion et la nature non agressive de ses habitants.

Il ne faudrait cependant pas oublier que si la Corée s’exporte, c’est parce qu’elle a dans ses gênes le culte de l’apparence. Paraître est toujours mieux vu que savoir parler. Suivre la mode en Corée du Sud est une quasi-obligation quelle que soient les moyens financiers d’une famille. Il faut savoir se vendre. Le corollaire étant évidemment la chirurgie esthétique… et l’industrialisation des stars. Si les dramas ont du succès, c’est parce qu’ils sont portés par des stars. Toute l’émotion – et donc en grande partie ce qui fera  le succès de la fiction – repose sur ces acteurs et leur alchimie. C’est pourquoi le casting d’une série est toujours plus mis en avant que son scénario.

La popularité des stars coréennes est absolument énorme en Asie du Sud-Est. On citera évidemment Bae Yong Joon, l’acteur de Winter Sonata, renommé Yon-sama au Japon (« sama » étant un titre honorifique équivalent à la royauté). Mais il serait réducteur d’assimiler les fans de stars coréennes à des femmes japonaises d’âge moyen (comme a pu le laisser sous-entendre un reportage télévisé). Bien au contraire, les dramas rassemblent plusieurs générations. En témoignent par exemple la popularité de jeunes acteurs comme Jang Geun Suk, Lee Min-ho, Kim Bum, Hyun Bin, ou Park Shin Ye. On ne compte plus les fan-clubs d’acteurs et de chanteurs, fan-clubs des Philippines, de Malaisie, d’Indonésie, des USA, de Singapour, de Turquie, d’Arabie Saoudite, de Brunei, d’Égypte…

Et au delà du phénomène des dramas, c’est bien la K-Pop qui est le nouveau fer de lance de l’Hallyu. Ces chansons coréennes s’exportent très bien, et auraient un poids économique de bientôt 3 milliards d’euros. Les groupes et chanteurs de Super Junior, SHINee, Girls Generation, 2PM, Big Bang sont les dignes représentants de l’Hallyu, version K-Pop. En 3 ans, la croissance de la K-pop dans les pays d’Asie, et d’Amérique du Nord varie entre 30 et 60 %. Le groupe TVXQ a rapporté plus de 80 millions d’euros au Japon, Kara et Girls Generation près de 20 millions.

Comment la K-Pop a-t-elle pu pénétrer aussi massivement le marché japonais ?

Les artistes coréens ne se contentent pas de faire des visites ponctuelles, ils restent invités pendant des semaines dans les émissions télévisées japonaises, et adaptent leur répertoire : Girls Generation chante en japonais ses plus grands succès. Et leurs titres s’inspirent résolument de la musique occidentale (electro house européenne, R&B américaine), ce qui apporte un vent de fraicheur au Japon. Quant à l’image véhiculée, les chanteuses agissent davantage comme des jeunes femmes adultes et sexy, montrant davantage d’anatomie, contrairement aux mignonnes adolescentes japonaises. Enfin, l’outil internet est parfaitement exploité, entre teasers, introductions, clips vidéos diffusés largement sur Youtube, tandis que la censure japonaise rode (Lady Gaga en a fait les frais récemment).

Et depuis Juin 2010, la K-Pop étend son influence en Europe. Le SM Town, concert parisien  réunissant les plus grandes stars de la maison de disque SM Entertainement, démontre que le public est là aussi présent : 1,3 million d’euros rapportés. Après une tentative l’an passé de mettre de la K-pop au menu de la radio NRJ, voilà que les maisons de disque françaises comprennent cet engouement. Le dernier album du groupe Girls Generation sera vendu par Polydor, filiale d’Universal Music. C’est une avancée historique. et les fans de Jpop sont un peu amers, car ils n’ont jamais obtenu ce que la K-pop est en train d’obtenir en à peine quelques années.

L’ Hallyu est largement soutenue et reprise par l’État et les médias coréens, véhiculant des valeurs positives et dynamiques. Et la population sud-coréenne elle-même y puise une très grande fierté. Pourtant, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un business lucratif, aux dépends des intéressés. Par exemple, dans la K-Pop, les rythmes d’entrainement sont épuisants, et les interprètes, qui se lancent à cœur perdu dans leurs rêves, ne gagnent que très peu d’argent. Tandis que le rythme de tournage de nombreux dramas (quasi-live) occasionne de plus en plus souvent accidents et épuisements.

Sélection de dramas coréens à venir (printemps 2011)

Il était temps que je refasse une sélection, histoire d’y voir un peu plus clair parmi les nombreux dramas à venir. Ce coup-ci, ma présentation respectera un semblant d’ordre chronologique…

Comme souvent, ce sont les castings qui déterminent en grande partie l’attrait de la série, ne vous fiez donc pas trop aux pitchs qui manquent d’originalité.

A noter que je compte vous parler prochainement de Manny, la série de TvN, qui vient de débuter. L’histoire d’une nanny, qui est un homme (man + nanny = manny). Je suis curieux de voir le résultat, les premières critiques semblent plutôt bonnes. Dès que possible, le pilote sera critiqué ici.

The Greatest Love (MBC, 4 mai) : anciennement nommé the discovery of affection, ce nouveau drama des sœurs Hong devrait nous plonger dans l’univers d’un groupe de musique au sommet de leur talent, avec une chanteuse qui prétend être dans une relation avec une autre star. Le casting est intriguant, puisqu’il réunit Cha Seung Won (City Hall, Athena) et Gong Hyo Jin (Pasta). On devrait y trouver la colocataire d’Ha Ji Won dans Secret Garden, Yoo In Na, ainsi qu’une ex-chanteuse du groupe Baby V.O.X  (dont est issue Yoon Eun Hye), Lee Hee Jin. Les dramas des sœurs Hong font souvent des hits (cf. You’re Beautiful), ce drama est donc à surveiller de très près.

Baby-faced beauty signera le grand retour de Jang Nara après tant d’années passées en Chine. Ce drama sera diffusé sur KBS le 2 Mai et racontera l’histoire d’une trentenaire qui paraît très jeune, et qui se retrouve embauchée dans une société de design de vêtements. Pas de quoi être emballé…

KBS prévoit de diffuser le 8 Mai le mini drama (4 épisodes) Perfect spy ou l’histoire d’un homme que l’on prend à tort pour un espion et un meurtrier. Le casting ne me dit rien du tout, mais on n’est pas à l’abri de bonnes surprises dans ce genre de projets. En effet, si ça peut se rapprocher de la qualité de certains drama special de KBS, ça peut tout de même se révéler intéressant.

Romance Town (ex Maids) prévu pour le 11 Mai sur KBS parle d’une domestique fière et travailleuse. Ce n’est évidemment pas sur l’histoire qu’il va falloir se pencher, mais davantage sur le cast, avec Sung Yu Ri (Hong Gil Dong) et notamment Kim Min Joon (Someday).

Mais le véritable évènement de ce mois de Mai sera sans conteste le drama Lie To Me (à ne pas confondre avec la série américaine du même nom), qui devra arriver le 9 Mai sur SBS. Avec de tels acteurs, impossible de lui dire non. Yoon Eun Hye (Coffee Prince) revient enfin à la télévision et Kang Ji Hwan (Coffee House) sera son partenaire. Yoon Eun Hye incarnera une jeune femme qui prétend être mariée avec lui. Je croise les doigts pour une comédie romantique à la hauteur de leurs talents !

Je passe sur les dramas de plus de 100 épisodes comme the women of our home (kbs) ou while you were sleeping (sbs)…

L’autre drama attendu avec fébrilité est prévu pour le 25 Mai sur SBS, c’est City Hunter. Oui, vous ne rêvez pas, j’en avais déjà parlé lors de ma précédente sélection, c’est bien l’adaptation « live » du célèbre manga. Ryô Saeba (« traduit » par Nicky Larson en français) sera interprété par Lee Min Ho (Personal Taste, Boys over Flowers). Les fausses affiches – en attendant la vraie – pullulent sur le net, j’en ai mis une que j’aime beaucoup. Lee Min Ho aura pour partenaire Park Min Young qui a pris du galon depuis Sungkyunkwan Scandal. Les premières photos de tournage montrent le héros à dos … d’éléphant !

Peu de choses filtrent pour un autre drama du mois de Mai sur KBS, Sweet Palpitations  (ex Sweet Pitapat). Tout juste sait-on qu’il s’inspirerait du très long drama Glad to love you (où des familles qui se détestent doivent apprendre à vivre ensemble après le mariage de leurs enfants).

Sur MBC le 30 Mai, nous devrions avoir une autre histoire de menteuse, avec Ripley. L’histoire est inspirée du cas réel d’une professeur ayant fait croire qu’elle était diplômée de Yale. Lee Da Hae a le rôle titre. Je n’ai jamais été fan de l’actrice même si j’ai aimé My Girl à l’époque. Non, ce qui m’intéresse, surtout, c’est le retour de Kang Hye Jung (Flowers for my life, Welcome to Dongmakgol, Old Boy). Un an après la naissance de son enfant, elle revient enfin dans le monde des dramas. Bon ce n’est qu’un second rôle, mais c’est mieux que rien. Autre atout du drama, la présence de Micky Yoochun, après son carton dans Sungkyunkwan Scandal.

A côté Miss Ajumma et son histoire de femme divorcée paraît bien plus fade, avec son maigre cast et les premières armes du réalisateur. Pourtant c’est un sujet encore bien trop rare à la télévision coréenne. C’est prévu pour le 30 Mai sur SBS pour les plus curieux et les plus courageux. Pour info, une Ajumma est une femme en âge d’être mariée.

You’ve Fallen for me ( ex Festival), le 29 Juin sur MBC m’intéresse davantage. Certes, c’est encore un drama dans le domaine de la musique, mais il s’agit surtout, semble-t-il,  d’une rencontre amoureuse de deux genres musicaux différents (traditionnel et moderne). Le casting est aussi la réunion de deux acteurs de You’re Beautiful (la sympathique Park Shin Ye et et le fade Jung Yong Hwa) ce qui en fait tout de même un drama à surveiller. C’est pour le 29 juin sur MBC.

Le 30 Juin sera l’occasion de tester la nouvelle série de TvN, I need romance. L’histoire de femmes libérées, à la Sex and the City. Le casting ne me dit pas grand chose, mais si le ton est à la hauteur de son ambition, vu que nous ne sommes pas sur les chaînes traditionnelles, ça peut donner quelque chose.

En Juillet sur SBS nous devrions pouvoir voir un fusion sageuk (un drama historique avec un « jeune » cast, comme Damo). Honorable Baek Dong Soo est issu d’un manhwa (manga coréen). Au programme, donc, arts martiaux et conspiration pendant la période Joseon. Des rumeurs laissent penser que Kim Bum (Boys over flowers) pourrait remporter le premier rôle. De quoi s’assurer une bonne audience ?

Autre sageuk en préparation pour le mois de Juillet sur KBS, King Gwanggaeto the great, qui devrait donc parler de ce personnage historique célèbre roi de goguryeo qui réussit à unifier les 3 royaumes de Corée (en l’an 400 après JC).

Toujours pour le mois de Juillet, le retour d’Han Ye Seul (Tazza, Will it snow at christmas) dans le drama de KBS Spy Myung Wol. Elle y incarnera une espionne nord-coréenne chargée d’enlever une star de l’Hallyu. Mais évidemment, les choses ne sont jamais si simples. Elle va tomber amoureuse… de sa victime. Oui le pitch rappelle un peu le sympathique film Spy Girl, sorti en 2004 avec Kim Jung Hwa (Life is beautiful) et Gong Yoo (Coffee Prince). En fonction du casting du lead in masculin, ça pourrait donc se révéler intéressant. Et pourquoi pas un acteur qui jouerait son propre rôle ? Je croise les doigts.

Prévu désormais pour le 14 septembre sur SBS, Tree with Deep Roots a désormais les scénaristes de Queen Seon Duk. Encore un drama historique, cette fois basé sur le roi Sejong qui inventa l’alphabet coréen moderne. Au programme de l’adaptation de ce bestseller : une sombre histoire de meurtres d’universitaires. On peut raisonnablement penser que le drama sera fastueux comme l’était Queen Seon Duk. D’ailleurs, les chaînes se sont battues pour obtenir le projet, preuve de la confiance dans les capacités des auteurs. Le casting est en cours mais Jang Hyuk (Windstruck) est fortement pressenti. C’est une bonne nouvelle, j’aime beaucoup l’acteur. Peut-être aura-t-il un rôle à la mesure de son talent.

Octobre sera le retour d’ Ha Ji Won, qui décidément n’arrête pas de tourner. Le nom du projet ? Hanbando, ou Korean Peninsula. Tournage prévu cet été pour ce drama à fort budget -9 millions de dollars- qui parle d’une Corée… réunifiée ! S’agit-il d’un univers alternatif ? Décidément les coréens aiment bien modifier le régime politique de leur pays (par exemple, Goong rétablissait une monarchie au pays du matin calme). Le très bon Jang Dong Gun (Taegukgi) sera le président de ce nouvel état et je ne doute pas une seconde de ses capacités, Ha Ji Won sera sa partenaire, et JaeJoong (Sunao ni narenakute) le chef de la National Intelligence Service. On peut déjà prévoir de nombreuses scènes d’action et de coûteux effets spéciaux. Échappera-t-on aux défauts d’autres blockbusters d’action comme Iris ? Espérons-le…

God’s Quizz aura droit à une seconde saison en Octobre. Pour rappel, cette série médico-légale avait été diffusée l’année dernière sur OCN.

Pour le reste, d’autres dramas pré-produits attendent désespérément une date de diffusion. Birdie Buddy, What’s up, The Musical (cf ma dernière sélection) ne réussissent pas à trouver de la place dans les grilles. Une situation pour le moins énervante quand on sait à quel point les deux derniers dramas sont attendus par les fans.

Certaines productions se sont même arrêtées, comme Poseidon à cause des conditions de tournage, mais également à cause du manque de confiance dans le résultat à l’écran. Il est probable que ce drama soit finalement annulé lui aussi car impossible de tourner en « live ».

On attend toujours des nouvelles de Could it be fruit Candy annoncé il y a maintenant 2 ans (!!), ce qui inquiète les fans de Go Ah Ra.

Ca n’avance pas non plus pour le sageuk de MBC, Onjo Biryu, ou la superproduction Jeon Woo Chi – tiré du film et sans diffuseur pour le moment.

Toujours pas de nouvelles du retour d’Han Ji Min (Capital Scandal) devant l’écran pour le drama familial de KBS, Shower, annoncé en fin d’année dernière.

Le sort de Faith est également incertain, après les départ successifs des lead in. (Kang Ji Hwan a finalement rejoint Yoon Eun Hye pour Lie To Me). Le budget de cette série médicale historique est colossal (28 millions de dollars). Le coût serait du essentiellement aux effets spéciaux. J’avoue être curieux de voir si ça se rapproche d’un Jin. Il reste quelques noms pour porter le projet  : le producteur de The Legend, ou Lee Philip. Ce qui n’est pas rien. Mais le tournage aurait du commencer au mois d’Avril et plus rien ne bouge faute de casting. Je crois qu’il vaut mieux ne rien dire de plus pour ne pas transmettre la poisse. En tous cas je sais que cette nouvelle ne fera pas plaisir à quelqu’un…

Entre temps, un nouveau projet a vu le jour : Medical College, qui comme son nom l’indique est un mélodrame dans l’univers des étudiants en médecine. Ce drama marque le retour de la superstar Choi Ji Woo (Winter sonata). On ne sait pas encore quelle chaîne va le diffuser.

Au final,  je retiens 5 dramas vraiment alléchants : Lie To Me (loin devant), The Greatest Love, You’ve fallen for me, Ripley, City Hunter…  De quoi oublier ces derniers mois plutôt décevants ? En tous cas l’incertitude qui plane sur de très nombreux projets n’est pas très rassurante. Sans parler de crise dans le monde des dramas coréens, il y a là matière à réflexion sur le mode de production et de diffusion actuelle, les sommes mises en jeu étant de plus en plus importantes. Doit-on sacrifier le polissage de la série en tournant « live » et en faisant les effets spéciaux à la dernière minute ? Ou risquer le tout pour le tout en produisant entièrement un drama soigné mais qui ne verra peut-être jamais son public ?

EDIT : Pour retrouver une sélection des dramas à venir cet hiver 2011, vous pouvez aller ici.

You’re Beautiful

Si vous vous intéressez un peu aux dramas coréens, vous avez certainement du entendre parler de You’re beautiful, véritable phénomène de l’année 2009. Ce drama orienté ado a en effet suscité un très fort engouement (sans que l’audience ne fasse des chiffres faramineux cependant). Un drama écrit par les sœurs Hong (My Girl, Hong Gil Dong, My Girlfriend is a gumiho), forcément, ça aiguise les appétits.

Cet engouement est-il justifié ?

Ce drama raconte l’histoire d’une orpheline et future nonne Go Mi Nyu, encore appelée Gemma, qui se déguise en homme pour rejoindre l’un des boys band les plus connus, A.N.J.E.L.L. La raison de ce travestissement est simple : son frère jumeau Go Mi Nam doit rejoindre le groupe mais en est empêché pour des raisons médicales, et Gemma espère que sa notoriété lui permettra d’apprendre qui est sa mère. Seul le manager Ma et la coordinatrice sont au courant de ce secret, secret qui va vite être éventé auprès de quelques membres du groupe.

Avant l’arrivée de Go Mi-Nam, ce groupe était constitué de 3 garçons aux passés mystérieux : Hwang Tae Kyung, le leader compositeur et chanteur, Kang Shin Woo à la guitare, et Jeremy à la batterie. Et lorsque le faux Go Mi Nam arrive, la dynamique du groupe va être perturbée.

Il m’a fallu un épisode pour accrocher  à la série. Je me suis vite habitué au surjeu de cette production orientée ado. On nous montre en effet une héroïne gaffeuse très nunuche, et le leader du groupe avec son look de méchant garçon (qui n’est pas sans rappeler Domyoji de Hana Yori Dango, lequel n’a jamais su se rendre sympathique à mes yeux). Ce leader qui cachait ses yeux noirs sous sa coiffure était tellement arrogant que j’ai cru que je ne ressentirai rien pour ce futur couple. Respirez, il n’en est rien.

D’abord parce que le coup du cross dressing (une fille qui s’habille en garçon), ça a toujours fonctionné chez moi. Ensuite, parce que Park Shin Hye a quelques ressemblances avec Yoon Eun Hye avec sa coupe garçonne dans Coffee Prince. Enfin, parce que pour faire exister une romance, il n’y a rien de mieux que la symbolique et les petits détails (chose que semble avoir oublié Hollywood). Rien de foncièrement original, My Name is kim sam soon avait déjà utilisé une peluche cochon pour symboliser la relation entre Kim Sun Ah et Hyun Bin. You’re Beautiful pousse la logique un peu plus loin avec sa peluche … cochon-lapin, animal mythique s’il en est. Sa phase de création est d’ailleurs très drôle. Enfin, le héros ne pouvant voir dans l’obscurité (il est nyctalope), les étoiles vont être un autre symbole de leur amour. Oh bien sûr je pourrais pester contre le manque d’originalité du couple, avec la fille pauvre, gaffeuse, sensible et naïve, qui tombe sous le charme du gars riche et arrogant. Mais l’alchimie entre ces deux là fonctionne suffisamment pour qu’on ferme les yeux sur ce défaut. C’est mignon, tendre, drôle, romantique, mais malheureusement ça va se gâter au delà des 12 premiers épisodes (sur les 16 que compte la série).

L’humeur versatile de Hwang Tae Kyung m’a un peu fait tiquer. Son orgueil, son immaturité, son manque de communication s’expliquent par ses blessures d’enfance, mais j’avoue avoir été fatigué par la sur-utilisation de ces arguments pour expliquer les multiples volte-face dans le dernier tiers de la série.

Ce léger « décrochage » m’a fait du tort, je me suis moins impliqué émotionnellement (et ce n’est jamais bon signe quand on se met à analyser avec une certaine distance les scènes d’un drama coréen). Comme un déclic, les obstacles au couple me sont apparus beaucoup trop « fabriqués ». Ce n’est pas tant le problème des obstacles eux-même qui sont les rouage de bien des dramas coréens, mais plutôt que jamais ils n’ont réussi à être crédibles, ou justifiés à mes yeux, la solution étant tellement évidente.

Du côté des personnages, pourtant j’ai bien apprécié Hwang Tae Kyung, sa moue caractéristique, ses élans soudains, mais c’est comme si le personnage ne pouvait expliciter ses émotions sans faire de longs monologues qui trahissent une certaine candeur voire bêtise (disons le carrément). C’est franchement irritant de le voir sans cesse réfléchir à voix haute pour essayer de donner du sens à ses actions. Ce n’est certes pas l’apanage des dramas coréens, là encore, mais c’est la sur-utilisation du procédé que je pointe du doigt. Heureusement, on a parfois droit à des scènes où le héros s’exprime.. d’une certaine manière !

A l’inverse, Kang Shin Woo m’a laissé de glace. Il ne dit rien, et avec son air de chien battu, il souffre en silence. Disons-le carrément : à part rendre jaloux l’espace d’une seconde Hwang Tae Kyung, son personnage n’avait pas le moindre intérêt.

Le cas de Jeremy est un peu plus intéressant. Sous son allure de gars extraverti se cache un jeune homme sensible qui se révèlera au cours d’une seule scène. Clairement un personnage sous-utilisé.

Bref, ces deux autres membres du groupe n’apportent pas grand chose, et ce n’est que dans la romance du couple principal que l’histoire se développe, ne laissant aucun arc secondaire comme on aurait pourtant pu s’y attendre. La fin de la série le démontre d’ailleurs clairement, je n’en dirai pas plus.

Faut-il pour autant espérer quelque chose de la part des deux méchantes de la série ? Pour la première, Yoo He Yi, difficile d’être satisfait. Son rôle se borne à jouer les trouble-fêtes et elle est plutôt crispante. Pour la deuxième, Mo Hwa Ran, et ses secrets, elle amène beaucoup d’émotion, et j’avoue avoir beaucoup apprécié ses scènes.

Autre attrait de la série, l’aspect comique et loufoque. Si on a droit aux habituelles gaffes, la série ne se prive pas non plus pour parodier quelques œuvres coréennes (Old Boy, par exemple). On a droit à quelques mimiques irrésistibles. C’est évidemment indescriptible, il faudra donc me croire sur parole, ou alors regarder les centaines de captures d’écran disponibles sur la blogosphère. Et puis j’ai adoré de nombreux gags récurrents, comme le fameux « point de pression », destiné à être un grand classique. Mais je ne le dévoilerai pas ici.

Je ne veux pas oublier de mentionner la très bonne OST de la série, non seulement du point de vue mélodique, mais du côté du sens donné à ses chansons. Certaines paroles reflètent parfaitement les émotions de différentes personnes (mention spéciale à la chanson « que puis-je y faire »). Sachez également que des concerts ont eu lieu avec le groupe fictif, et qu’il a tout de même attiré 2500 personnes, ce qui n’est pas rien.

Quant aux acteurs, je l’ai déjà partiellement dit. Park Shin Ye m’a agréablement surprise, elle a su être drôle et émouvante, malgré un jeu restreint par le script. Concernant Jang Geun Suk, je comprends parfaitement comment il a pu conquérir son public féminin. Quand il sourit, il se révèle charmant, enjoué. Et il a su parfaitement interpréter ce garçon maladroit au grand cœur. Je regrette juste que le script ne lui ai pas permis de s’exprimer davantage. A noter, les deux autres membres du groupe sont interprétés par de vrais chanteurs issus de la K-Pop (FT Island et C.N. Blue).

Au final, You’re beautiful est un drama qui m’a plu car ses défauts (son aspect un peu trop balisé en fin de parcours, et un peu trop « ado ») ont largement été contrebalancés par sa bonne humeur, ses fous rires, et ses jolis moments romantiques. Disons le carrément, les deux tiers de la série rendent accroc. Il ne lui manquait pas grand chose pour la hisser tout en haut du panier des dramas coréens. (Il faudrait peut-être que je fasse un classement, tiens).