Three Days [Pilote – Corée]

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Three Days veut s’imposer chez SBS en tant que thriller blockbuster à la sauce 24. On ne saurait dire après les deux premiers épisodes si le pari est en train d’être gagné, car de nombreux détails viennent gâcher la fête.

En effet, l’histoire qui nous est contée demande un puzzle rigoureux, et si dans l’ensemble les pièces s’ajustent sans peine, au niveau de la finition il y a encore du boulot. A vouloir trop créer du suspense, on risque de saboter la crédibilité de l’ensemble. Comment ne pas être agacé par certaines répliques, ou certaines situations (quand on pêche un corps, bien sûr, on a une housse mortuaire avec soi, et on la ferme pour que personne ne puisse l’identifier ?). Et comment ne pas sursauter à la mention d’une clé USB qui n’a jamais été évoquée jusque là ?

park yoochun three days

Notre héros, Han Tae Kyung (YooChun, Rooftop Prince), est un garde du corps chargé de la protection du Président de la Corée du Sud. Alors qu’il est en service, il apprend que son père, un célèbre économiste, est mort au volant de sa voiture. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que son père a été tué pour récupérer une lettre qui fait mention d’un drame qui a fait beaucoup de morts et de blessés en 1998. Cette lettre, beaucoup de monde semble s’y intéresser, y compris le président, une policière (Park Ha Sun, Two Weeks) qui était présente sur les lieux de l’accident, et de mystérieux individus prêts à tout.

La piste de l’enquête conduit notre héros chez un général, lequel agonise à son chevet et lui annonce que le président mourra le 5 Mars. On apprendra plus tard que ce général avait orchestré une distraction pour se rapprocher du président et lui tendre un mot codé indiquant que l’assassinat était planifié.

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Persuadé de la mort imminente du président, notre héros se rend sur les lieux de villégiature du Président, juste à temps pour assister à l’assassinat. Une bombe EMP suivie de trois coups de fusil à lunette, et c’est la panique dans le corps de protection de la Maison Bleue.

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Notre héros n’est pas dupe : il devine qui est l’auteur des coups de feu (et le plan astucieux), mais faussement accusé, il doit fuir. Un dernier rebondissement, de taille, va compliquer les choses. Au lieu d’être mort, le Président a tout simplement disparu.

En fuyant, notre héros va rencontrer la policière qui l’a aidé pour enquêter sur les circonstances de l’accident de son père. Cette dernière s’est retrouvée sur les lieux de l’explosion de la bombe EMP et est poursuivie par des étrangers.

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Si le premier épisode peine à convaincre avec son rythme un peu lent et une mise en place peu efficace, le deuxième épisode va au cœur des évènements fondateurs de la série, et le puzzle est suffisamment tarabiscoté pour intriguer et captiver le téléspectateur. On essaye de confirmer certaines théories, on suspecte différentes personnes… et on y prend plaisir. Pas de mention romanesque pendant ces deux heures d’introduction, ce qui devrait satisfaire les amateurs du genre, et est plutôt conforme avec ce que la scénariste a produit jusque là.

Autre bon point, YooChun est particulièrement convaincant dans le rôle de cet agent pourchassé. Il a parfaitement la carrure pour assumer ce rôle d’action, et c’est une petite surprise. Oui, j’étais un peu sceptique vu l’ambition du projet.

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Le drama hélas, n’est pas sans défauts. Non seulement la crédibilité de certaines situations et de quelques dialogues empêche de s’investir pleinement dans l’aventure, mais le drama manque singulièrement de personnalité. La réalisation est un peu trop plate, trop détachée, et on suit l’ensemble avec beaucoup trop de recul. Seule la bande sonore viendra essayer de relever un peu le plat, mais elle est parfois un brin pompeuse, en décalage avec l’image.

Bref, il manque au drama un peu de finition. Si on sent que dans les grandes lignes les rebondissements sont à la hauteur, au niveau de l’exécution, il y a trop de ratés pour ressentir la tension indispensable à tout bon thriller. Rien de rédhibitoire, le drama peut largement s’améliorer, mais il souffre clairement de la comparaison avec d’autres grands thrillers, comme Two Weeks. L’association entre une très bonne scénariste comme Kim Eun Hee (Ghost, Sign, Harvest Villa) et deux réalisateurs inconstants a logiquement tendance à tirer l’ensemble vers le bas. Peut-être que j’en attendais trop.

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Two Weeks [Pilote – Corée]

Two Weeks

Ils auront été rares, cette année, les dramas coréens aux coups de foudre instantanés. Au point que je me suis réellement demandé si je ne devenais pas trop difficile. Merci à Two Weeks de me prouver qu’un bon thriller sait avant tout donner du rythme à ses intrigues.

Après quelques égarements dans la présentation de notre bad boy (Lee Jun Ki accusant au début du drama de sérieuses déficiences d’acteur – désolé pour les fans), c’est bien l’engrenage bien huilé qui soulève l’enthousiasme. On ne perd pas de temps, et en quelques minutes le téléspectateur est immergé.

A cause de sa construction, nombreux sont ceux qui font l’analogie avec la série américaine 24. A mon sens, cela n’a pas beaucoup d’intérêt, la série disposant d’autres atouts. Certes, chaque épisode nous raconte le déroulement d’une journée (le tout durant donc deux semaines, comme le titre du drama l’indique), mais on ne nous met jamais en rappel le minutage précis des évènements. La tension ne provient pas du temps qui passe. Même si on se demande comment notre héros va faire pour s’en sortir en deux semaines, nous ne sommes pas constamment sur le fil (vite, vite !). Drama coréen oblige, les flashbacks seront là non seulement pour nous expliquer les tenants et les aboutissants, mais aussi pour augmenter les enjeux et l’impact. Les américains ont leurs terroristes et leurs bombes nucléaires, les coréens mettent en avant la corruption généralisée et la leucémie d’une petite fille. Chacun ses fléaux.

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Ainsi notre héros Jang Tae San (Lee Jun Ki, Arang and the magistrate) est une crapule qui se retrouve obligé de quitter sa petite amie Seo In Hye (Park Ha Sun, Ad Genius Lee Tae Baek), enceinte. Menacé par le redoutable chef de gang Moon Il Suk, il doit prendre sa place en prison. Jang Tae San ira même jusqu’à forcer son amour à avorter (un spectacle déchirant et horrifiant). Impossible de prendre parti pour un type pareil, et c’est là que l’acteur va faire sensiblement évoluer son jeu, au point de m’étonner.

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Si d’autres fictions parlent beaucoup de la rédemption, celle-ci va être longue à obtenir. Jang Tae San trouve le moyen, 8 ans plus tard, non pas de se faire pardonner, mais d’être un peu plus humain. Il apprend ainsi que Seo In Hye a finalement accouché d’une petite fille. Désormais atteinte d’une leucémie, son seul espoir est une greffe de moelle osseuse, et  Jang Tae San, son père, est un miraculeux donneur potentiel.

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Jang Tae San n’aura pas le temps de saisir cette occasion. Moon Il Suk (et sa députée complice qui cache bien son jeu), pour éviter d’être pris, vont lui poser un piège. Accusé de meurtre, et échappant de peu à la mort, Jang Tae San a deux semaines pour faire éclater la vérité, sachant que la moindre blessure (et infection) risque d’empêcher l’opération de sa fille.

Les enjeux sont bien là, et si j’ai pris des raccourcis pour expliquer l’histoire, sachez que les rebondissements sont bien amenés, cohérents, et suffisamment crédibles (pour l’instant). Le puzzle qui prend forme est assez jubilatoire, même si l’issue ne fait aucun doute.

J’insiste donc sur l’absence de temps morts. Ce n’est pas une course, mais bien un parcours d’obstacles et pour le coup, on a vraiment envie de savoir comment il va s’en sortir. Les codes du thriller sont bien exploités tout en laissant de la place à l’émotion. On sent que l’écriture du drama est soignée, et ça fait plaisir de voir un aussi bon dosage. On rentre ainsi facilement dans l’histoire.

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J’aime aussi le fait que même si la fiction évoque la romance entre nos deux protagonistes, elle est au passé. Seon In Hye a refait sa vie, a trouvé un père aimant sincèrement sa fille. Cela change de la plupart des pitchs. On ne devrait donc pas voir ces deux là ensemble avant un long moment. Bref, il était important de connaître ce passé, mais jamais cela ne prend le dessus sur le thriller. Ouf !

On regrettera juste une bande son correcte, un peu trop minimaliste et une réalisation dans la moyenne des productions qui empêche de donner un côté épique à ces aventures. De même les « méchants » de l’histoire manquent un peu de charisme, mais ça devrait s’arranger.

Bien ficelé, globalement correctement joué, le drama prend de l’ampleur au fur et à mesure. Je n’avais pas ressenti ce côté palpitant dans les fictions coréennes depuis de longs mois. Alors qu’elle passe inaperçue dans les audiences, la série est pourtant fortement recommandable aux amateurs du genre.

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