Analyse des dramas coréens (1ère partie) : présentation, historique et structure

Il n’est pas facile de rédiger un tel article, mais j’espère que cette analyse synthétique servira aux débutants et aux amateurs de dramas coréens. Encore une fois n’hésitez pas à me corriger, compléter…

  • Courte présentation

Les dramas coréens se répartissent en plusieurs genres : espionnage, action, thrillers, dramas historiques (sageuk), histoires d’amour ou récits de guerre …

Par exemple, il existe toute une palette de nuances dans les histoires d’amour : les comédies romantiques, les mélodrames, les romances « positives », les romances plus réalistes… Toutes montrent l’amour selon un ou plusieurs angles. En effet, les croisements entre différentes thématiques (et sous-thématiques) sont légion.

Autre genre prédominant, le drama historique (sageuk) peut très bien raconter le passé du pays, mais il a su se moderniser tout en modifiant des réalités historiques (mais nous allons y revenir), comme la place de la femme. Ainsi on peut très bien avoir des sageuk à destination d’un public jeune, des drama fusion sageuk romance ou fusion sageuk fantasy, etc… Les sageuk ont généralement des personnages plus ambivalents, plus fouillés que dans les comédies romantiques ou les mélos.

Cette variété des genres ne masque cependant pas certains traits communs à de multiples dramas. Ceux-ci sont en effet conçus selon certaines recettes, qui de prime abord peuvent sembler rédhibitoires, mais dont l’efficacité n’est plus à prouver.

  • Les comédies romantiques, les mélos, une formule usée ?

Il y a encore 5 ans, il était facile de généraliser sur les ficelles de ces séries, d’en faire une liste et de s’en moquer. Cette moquerie, souvent reprise par de nombreux blogs de fans de dramas coréens doit être comprise : le public n’est jamais dupe. Mais nous allons y revenir. Par exemple :

– à la fin de la série, l’héroïne meurt d’un cancer en phase terminale ou tout est bien qui finit bien.

– le riche héros gagne le cœur de la pauvre héroïne

– le personnage secondaire masculin, riche, lui aussi, est le prototype de l’amoureux silencieux qui finira meilleur ami.

– un triangle amoureux est créé entre le héros, l’héroïne et un personnage féminin malfaisant.

– de nombreux flashbacks montrent les héros rentrer saouls, à califourchon, ou sur la plage.

– une partie conséquente de la série se déroule dans un hôpital, suite à des accidents ou maladies.

Derrière cette formule, pourtant, il y a un but : faire rêver. Les dramas s’adressent aux masses laborieuses, et leur montrent des portraits de réussite : des travailleurs acharnés qui parviennent à leurs fins en surmontant des obstacles. Ils montrent également un prototype de luxe, (généralement la maison, les costumes du riche héritier) pour donner un but à atteindre. Pour ne pas rendre l’héroïne ennuyeuse dans sa quête, on la dote souvent dans les comédies romantiques de traits de caractères ambivalents : elle est rebelle/combative mais innocente. C’est d’ailleurs cette dualité qui fait le charme du personnage pour le téléspectateur masculin. Et sans être délibérément aegyo, l’héroïne dévoile peu à peu ses charmes et sa complexité. Nous reviendrons sur quelques uns des clichés utilisés dans la formule ci-dessus pour évoquer l’aspect culturel (notamment la consommation de boissons alcoolisées).

  • L’origine des dramas coréens : la danse dramatique ?

Certains auteurs aiment penser que les dramas sont la suite logique du goût pour la dramaturgie, développé par les danses Ch’oyong, nées au Royaume de Silla (pendant l’époque des 3 royaumes, une centaine d’années avant JC). Ces danses racontaient déjà des histoires dramatiques, même si l’emphase portait sur la gestuelle. Les danses Cho’yong étaient étaient des danses lentes destinées à la cour.

Lors de la dynastie Goryeo (918-1392), les danses sont faites pour des hommes portant des masques. Un véritable script est utilisé, avec des chants, et quelques paroles. Le mélange prend la forme d’un sandae.

Ce sandae devient un des rouages essentiels du fonctionnement de la cour pendant la dynastie Joseon (1392-1910), avant de devenir un divertissement pour le peuple paysan, avec des histoires drôles, satiriques, qui tournaient en ridicule les classes supérieures, des prêtres bouddhistes aux aristocrates yangban.

D’autres divertissements voient le jour, des spectacles de marionnette, d’acrobatie, voire des dérivés de rituels shamaniques. Mais en 1900, l’influence du monde occidental les fera disparaître.

  • Les premiers dramas (1960-1970)

Le tout premier sageuk fut diffusé en 1964, intitulé A Far Away Country. Ce fut une romance tragique qui s’inspirait davantage de légendes que de réalités historiques, les légendes étant bien plus dramatiques (et l’histoire écrite bien plus difficile à consulter et à traduire) . Cette fiction était une sorte de Roméo et Juliet où le  prince Hodong du Goguryeo tombait amoureux d’une femme ennemie.

Jusque dans les années 70, les réalisateurs étaient confinés dans des studios, ce qui limitait d’autant leur capacité à reconstituer des batailles ou des évènements d’envergure.

  • Les dramas dans les années 1980

Ces dramas mettaient l’accent sur l’aspect historique, comme l’ensemble de séries 500 years of Joseon Dynasty, soit 11 séries diffusées de 1983 à 1990. Les acteurs étaient pour la plupart âgés et l’objectif était de montrer de longs dramas familiaux.  Les années 80 sont d’ailleurs souvent considérés comme l’âge d’or des sageuks.

  • Les dramas dans les années 1990

Dans les années 1990, la popularité des sageuks va nettement s’amoindrir pour laisser place à des dramas modernes, qui ciblent leur casting, pour plaire à un public plus jeune. Ainsi arrivèrent Jealousy en 1992, Feelings en 1994. On remarquera d’ailleurs que les titres de ces séries donnent le ton : Ambition, Challenge, Lover, Star, Crush, Memories,… On retiendra par exemple Happy Together (1999), qui réunit un casting impressionnant de stars alors débutantes : Lee Byung Hun, Kim Ha Neul, Cha Tae Hyun, Jun Ji Hyun, Han Go Eun, Song Seung Hun,… Toutes ces stars sont encore là.  Autre drama emblématique de l’époque : Sandglass (1995), qui relate l’histoire de la Corée des années 70 aux années 80, et permit notamment aux coréens qui sortaient à peine de la censure de découvrir la vérité sur le massacre de Gwangju (qualifié à l’époque de révolte communiste par les dirigeants alors qu’il s’agissait d’une révolte démocratique).

  • Les dramas coréens de 2000 à 2010 : une transition vers le happy ending

Les années 2000 permettent au genre sageuk de ressusciter… sous une forme plus contemporaine : les fusion sageuks, qui mélangent ainsi  l’histoire et le mélodrame moderne, sont de très grands succès d’audience, comme Damo (2003), Dae Jang Geum (2003) ou plus récemment Queen Seon Deok (2009). Les réalités historiques sont de moins en moins respectées au profit de l’aspect mélodramatique (exemple : une jumelle inventée dans Queen Seon Deok). Et à l’inverse certaines légendes se voient transformées pour paraître plus réalistes, comme dans Jumong.

Les premiers dramas modernes du second millénaire étaient quant à eux pour la plupart des mélodrames larmoyants, avec en figures de proue Autumn Tale (Autumn in my heart) et Winter Sonata. Ce sont ces dramas immensément populaires en Corée et en Asie qui ont usé et abusé de techniques redoutables : les flashbacks, d’une part, et des éléments scénaristiques d’autre part.

Les flashbacks, il faut le dire, ont été une plaie pour de nombreux dramas. Longs, répétitifs (au point parfois d’avoir des flashbacks utilisant les mêmes scènes dans un même épisode) ils avaient cependant plusieurs atouts. Le premier, c’est de rallonger la durée d’un épisode sans augmenter la durée du tournage. Rappelons quand même que les moyens financiers mis en œuvre ne sont pas du même niveau que les américains. Le deuxième atout, concernait le public visé : les ménagères, les ajummas. Le récit, parfois complexe dans ses révélations, avait besoin d’être entendu par des personnes qui n’avaient pas forcément le temps d’être attentives. Et les séquences d’émotions répétées en boucle insufflaient parfaitement le message.

Les thématiques employées n’avaient qu’un but : faire pleurer. Échanges de bébés à leurs naissances, histoire d’amour impossibles à cause de relations incestueuses, secrets de famille, pertes de mémoire, accidents, leucémies foudroyantes, la liste est longue. Les évènements se suivaient les uns à la suite des autres pour prolonger la tristesse. Les mélodrames coréens, sachez-le, ne font pas de cadeaux. Mais comme tout mélo, c’est dans la tristesse que l’on trouve le plaisir.

Il faut donc bien distinguer les mélos des comédies romantiques. Les mélos restent l’apanage des daily dramas, pour un public de ménagères. Mais on en trouve encore parfois en soirée. Car le mélo est un genre dont les coréens sont très friands. La structure même a évolué également. Il est loin le temps des histoires de Winter Sonata ou Autumn in my heart. Les mélos sont moins lourds, moins larmoyants. Souvent, des indices nous sont donnés au fur et à mesure pour comprendre les liens entre les personnages (secrets de naissance bien souvent). Et certaines thématiques disparaissent comme la perte de mémoire, l’inceste…

Avec la popularité grandissante des dramas, il fallait donner de nouvelles histoires et élargir le public. Parmi ces dramas, le plus emblématique fut certainement Full House.  La tragédie allait peu à peu prendre une place un peu moins importante à la télévision coréenne. Après tant de drames, tant de larmes versées, le happy ending devenait (enfin) de rigueur.

Ce happy ending n’était pas évident pour les producteurs, les réalisateurs et les scénaristes, pour qui la tragédie était une forme d’art majeure. Mais cette tragédie s’adressait à un public. Un public qui versait des torrents de larmes à chaque épisode, qui soutenaient autant que possible leurs héros au travers de leurs épreuves. Ce public là réclamait sa récompense et le fit savoir. La pression fut trop grande. Le public avait gagné. Et pour des questions d’alignement avec les réactions du public, les dramas allaient de plus en plus être tournés dans des conditions « Live » (script parfois donné quelques minutes avant le tournage, lui-même à quelques jours de la diffusion).

Ainsi, la fin de certains mélodrames allait être modifiée (pour des raisons de spoiler, je ne nommerai pas ces séries).

Les techniques utilisées, cependant, n’allaient pas changer aussi vite. Full House est rempli de longueurs, de flashbacks, au point que le visionnage de la dernière partie de la série peut s’effectuer sans remords, en accélérant la vitesse. Mais le genre de la comédie romantique avait trouvé son premier succès international.

Cela explique d’ailleurs pourquoi la série fut maintes fois copiée dans les années à venir, au point de susciter beaucoup d’interrogations, à l’époque, sur l’avenir des dramas coréens. Ne vous étonnez pas si dans les scenarii de dramas, vous trouvez des histoires de cohabitation d’une femme et d’un homme sous un même toit, régi par un contrat. C’est l’effet Full House qui perdure.

En 5 ans, de 2005 à 2010, les choses vont donc évoluer…Les dramas deviennent plus légers en soirée pour plaire aux jeunes, alors que les drames restent très prisés par les ménagères.

Le rythme des évènements s’accroit, les schémas se diversifient….et le câble commence à prendre de l’ampleur. Fin 2011 de nombreuses chaînes câblées vont voir le jour, et les thématiques, les réalisations, les ambitions commencent à se diversifier. Les moyens financiers augmentent également, permettant de nombreux effets spéciaux dans des dramas historiques ou des thrillers d’action (Iris). Les triangles amoureux ne sont plus systématiques depuis 2007 et les flashbacks disparaissent peu à peu. Nous reparlerons des aspects culturels contemporains dans un prochain article.

  • Comment regarder les dramas ?

La bonne façon finalement d’aborder les dramas est de s’imprégner de son atmosphère, mais de ne pas rester dupe. Les amateurs de k-dramas raffolent des listes de clichés, comme nous l’avons vu précédemment. Même si celles-ci collent de moins en moins aux récents dramas, ils sont parfaitement conscients de ce qu’ils regardent et s’en amusent. On ne regarde pas un drama coréen pour être surpris, mais pour être « réconforté ». Peu importe si l’histoire est familière et peu originale, ce qui compte c’est le charme qu’on a su donner à l’ensemble. A travers l’expression d’une grande palette d’émotions, les personnages deviennent très attachants. Le réalisme a moins de prise, c’est l’émotion qui prime. On veut donc suivre ces personnages familiers jusqu’au bout de leur aventure, les voir heureux, épanouis.

Il en résulte une véritable addiction pour le public, et même s’il y a encore 5 ans les séries américaines commençaient à percer via Internet, c’est moins le cas aujourd’hui. Car la série coréenne fait encore et toujours partie du décor quotidien. En Corée on suit la mode, on suit les acteurs avec frénésie.

Cette addiction est également due à la réalisation, qui essaye autant que possible de montrer ce que les personnages pensent ou ressentent. Parfois, c’est très lourd, avec l’abus de monologues explicatifs. Parfois ce sont de longs moments de cadrage. Mais à cause de ces techniques de réalisation, on ressent souvent une très forte implication envers les personnages.

La musique aide aussi beaucoup. Les OST de dramas contiennent de nombreuses chansons, répétées au fil des scènes, dont chacun a son utilité pour exprimer toute une palette d’émotion : l’amour, la gaieté, la tristesse… Une OST réussie contribue indéniablement à impliquer le téléspectateur et par là-même contribue au succès de la série. L’OST coréenne est bien plus indispensable à une série qu’un « simple » générique américain.

Enfin, les dramas coréens sont nettement plus orientés star-system. Ce qui fait la réussite d’un drama, c’est l’alchimie entre les protagonistes. Cela ne dépend pas seulement de la popularité des stars (comme dans Lie to me, qui réunit Kang Ji Hwan et Yoon Eun Hye), mais bien du couple qu’ils arrivent à former.

Dans une deuxième partie j’espère aborder des aspects culturels comme le féminisme et le néo-confucianisme, le statut de la belle fille et la place des aînés, l’évolution récente vers des histoires d’amour entre une femme plus âgée et un homme plus jeune, la place des étrangers dans les dramas, et bien d’autres choses… Mais afin de mieux préparer cet article sans cesse réécrit, je vais prendre quelques jours de pause dans ce Korea Special bien chargé.

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[30 days drama challenge] Day 6 : Chanson favorite tirée d’un OST

Voilà typiquement le genre de défi impossible à relever pour moi, car j’attache une très grande importance aux OST de série. Comme beaucoup de passionnés de série, je suppose, je considère que la musique est essentielle pour « rentrer » dans une fiction. Et la plupart des grands moments télévisuels sont magnifiés par la mélodie adéquate.

J’avais déjà longuement parlé des OST de séries coréennes en particulier, mais j’avais mis l’accent sur les orchestrations. Ne vous étonnez pas de trouver beaucoup de chansons douces, c’est pour pallier à la déferlante de rythmes k-pop qui petit à petit commence à rentrer dans la pièce, au grand dam de mon épouse.

Corée : Comment choisir parmi toutes ces excellentes chansons ? The Fog de Boo Hwal (Someday), what if we la chanson phare d’Alone in love, The Stuff de Lasse Lindh (Soulmate), l’OST de Coffee House ou dernièrement la chanson don’t forget me de l’ost de The Greatest Love. Je vais opter pour quelque chose de léger, qui donne la pêche : LaLaLa It’s Love de The Melody (Coffee Prince), ou Polly de The Melody. Non, finalement ça sera … Go Go Chan . Il faut dire que l’OST de Coffee Prince est exceptionnelle. (J’en profite pour ajouter une MV sooo lovely ^^ – Attention spoiler !). Si avec ça vous avez toujours pas compris que Coffee Prince est LE drama coréen idéal pour sourire bêtement à la vie….

Japon : Là aussi, la liste est longue, l’ending de Nobuta wo produce, Voyage de Ayumi Hamasaki qui sert aussi de générique de fin de My Little Chef, Wanderin’ Destiny de Globe dans Aoi Tori, Twilight d’Electric Light Orchestra dans Densha Otoko ou l’ending de My boss my hero par Sorafune, mais il y a une chanson qui a tourné en boucle pendant plusieurs mois : Prisoner of Love de la talentueuse Utada Hikaru pour le drama Last Friends.

USA : Récemment j’ai eu un coup de foudre pour le générique de Chicago Code chanté spécialement pour l’occasion par Billy Corgan. Et puis il y a certaines chansons qui restent associées à des séries, comme Teddybears feat. Cobra : Cobrastyle (pour Chuck), voire même le fameux Here with me de Dido pour Roswell. Qui pourrait oublier également les chansons interprétées par Vonda Shepard dans Ally Mc Beal : I only want to be with you, the end of the world, walk away Renee, et évidemment les danses sur Barry White  (qui inspirent encore aujourd’hui) ou le générique ? Comment ne pas penser à ces petits frissons de bonheur en écoutant Where you lead de Carole King pour Gilmore Girls ? Oui, la nostalgie passe à plein régime dès que vous écoutez les génériques de Veronica Mars (We used to be friends des Dandy Warhols), De Friends (évidemment). Comment ne pas résister au clap clap, ou au C’mon, C’mon du générique de Rescue Me ? Moi je chante sur le générique de Wonderfalls (merci Andy Partridge), where everybody knows your name (Cheers), le haha inimitable du générique jazzy Tossed salad and scrambled eggs de Frasier… Ok, là on s’éloigne déjà plus du concept de chanson. Dur dur de départager tous ces excellents titres. Alors je vais désigner une chanson de circonstance : Forever Young, de Bob Dylan dans Parenthood. (La musique vidéo officielle n’est pas interprétée par Bob Dylan)

Le pire, c’est que je suis sûr qu’après avoir rédigé cet article, je vais penser à plein d’autres chansons…

Les OST de séries et de films coréens

Comme je l’avais annoncé, voici un article sur un des points les plus réussis des dramas et des films coréens : leurs musiques. Il me sera impossible d’être exhaustif sur ce sujet, je me contenterai donc de vous donner les tendances, ainsi évidemment qu’une très longue liste de coups de cœur. Vous vous apercevrez d’ailleurs bien vite que ces musiques sont très éclectiques.

J’espère que vous me pardonnerez parce qu’il est particulièrement difficile de retrouver les auteurs des compositions originales, surtout quand on ne sait pas lire le coréen. La rédaction de cet article n’a pas été chose aisée, énoncer des titres peut vite s’avérer ennuyeux, j’espère que vous le lirez tout de même jusqu’au bout.

Vous aviez déjà pu vous en rendre compte dans un précédent post, j’ai vraiment un faible pour les BO, a fortiori si elles sont orchestrales. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les mêmes noms reviennent ici.

  • La volonté de remettre à leur sauce des grands classiques :

Il peut s’agir de musique classique, comme l’utilisation de Chopin (prélude op.28 n°7) dans A moment to remember.

Ou encore de l’air de Puccini (Nessun dorma) dans ce même film.

Le canon de Pachelbel est aussi très utilisé (dans My Sassy Girl, mais aussi dans The Classic). Pour quiconque a vu la fameuse scène de la rose dans My Sassy Girl, vous n’écouterez plus jamais le canon de Pachelbel de la même manière.

Vous pourrez aussi entendre Vivaldi (Cello Concerto RV424 B minor) dans  The Classic.

Et pour ceux qui n’aiment pas la musique classique, après quelques films coréens, vous pourrez peut-être changer d’avis.

  • Une influence hispanique croissante :

    Des exemples ? El dia que me quieras, ou La paloma dans A moment to remember. On trouve aussi Volare ou Cucurucucu paloma dans My wife got married.

    Mais je pense surtout à If We, de Jin Ho dans la série Alone In Love, dont la Bossa Nova est délicieusement langoureuse et émouvante. Il existe également une autre version de ce morceau, au rythme de Samba beaucoup plus soutenu, plus légère, célébrant la simplicité. C’est d’ailleurs très fréquent d’entendre des chansons à base de bossa nova/samba, les voix et la prononciation coréennes y font merveille. Pour voir une interprétation live de Jin Ho, allez . Mais ne tombez pas amoureux, hein. Je vous aurai prévenu.

    Même la mélodie de Jeux Interdits figure dans l’OST d’Autumn Tale/ Autumn in my heart.

    • Un regard sur les classiques de la chanson française.

    Il n’est en effet pas rare d’entendre des chansons françaises dans une série coréenne.

    Par exemple dans My name is Kim Sam Soon, vous entendrez « parole, parole », le duo Dalida/Alain Delon. Soulmate a également un beau palmarès.

    Tiens, si vous allez … ça ne vous rappelle rien ?

    • Une influence anglo-saxonne majeure

    Comment imaginer une autre intro à Sex is zero sans le tube des 70’s des Go Go’s girls (we got the beat) ?

    Parfois, c’est carrément à une réorchestration que vous aurez droit. Sacrilège diront ceux qui écouteront la version orchestrale de Knockin on Heaven’s Door dans Windstruck. Et pourtant, si évidemment on ne peut oublier Bob Dylan ou les Guns n’ roses, cette réorchestration est vraiment très émouvante. La chanson est aussi chantée plutôt joliment dans ce même film par Youme. Bon il faut dire aussi que la chanson se prête bien aux réorchestrations comme le prouve cette liste de personnes qui l’ont accommodé à leur sauce.

    Car oui Bob Dylan est bien apprécié. Un autre exemple ? Vous pourrez retrouver « Don’t think twice it’s allright » ainsi qu’une version orchestrale dans My Wife got married.

    • Quelques ajouts japonais :

    Il est finalement assez rare d’entendre des groupes japonais. Pourtant, le titre Tears de X-Japan est sublime dans Windstruck. (je vous recommande d’ailleurs plus que fortement la sublime version orchestrale de Tears, plus difficile à trouver).

    • Des groupes habitués à être dans des OST :

    Boo Hwal ( un groupe crée en 1986 et dont les membres ne cessent de changer depuis) . Par exemple ils ont participé au film A moment to remember et au drama Someday.

    J’en reparlerai plus bas, mais vraiment, The Fog est une très belle chanson. L’interprétation du chanteur vaut le détour.

    Loveholic, mon groupe coréen préféré, qui s’est malheureusement transformé en Loveholics depuis le départ de sa chanteuse Jisun. C’est bien simple, on les retrouve très fréquemment : Wonderful Life, Loveholic, My Name Is Kim Sam Soon, le film 200 Pounds Beauty, Que Sera Sera, Coffee Prince, You’re Beautiful et j’en passe. J’aime aussi leur Outing dans April Snow. J’en profite pour recommander l’écoute de leur double best-of (dramatic cinematic sorti en 2008).

    Clazziquai (encore appelé Classiquai Project) est un groupe mélangeant musique électronique, acid jazz et house. Il  a notamment participé à la BO d’April Snow (c’est la fameuse chanson du concert), du drama My Name Is Kim Sam Soon (Be my love, She is sont deux titres qui les ont rendus célèbres). Clazziquai est un groupe dont Alex est le membre le plus connu, il a notamment participé à des multiples OST (200 Pounds Beauty, Seducing Mr Perfect) et a aussi collaboré avec Jisun, l’ex-chanteuse de Loveholic.

    On pourra aussi citer Sweet Sorrow, assez peu connus malgré leurs multiples participations (film Love Me Not, drama Alone in love).

    • Le piano, instrument de musique numéro un :

    s’il y a bien un instrument de musique plébiscité dans les musiques de films, c’est bien celui-là. Comme les mélodies sont vraiment magnifiques, les partitions sont d’ailleurs souvent reprises par des amateurs sur youtube.

    Quelques idées :

    A moment to remember (min seol)

    Mais je vous invite aussi à écouter l’OST de My Sassy Girl (Lullaby, Lost Memory, ou Love and Longing).

    Ou encore la version piano de Goodbye dans l’OST de Sad Movie.

    Souvent  des réorchestrations piano sont faites pour les thèmes des séries. On pense notamment à l’OST de Winter Sonata, qui s’est énormément vendue, sous toutes ses versions (chansons, instrus, ou même orgue/xylophone eh oui !).

    Bien qu’elles ne soient pas du même niveau que mes précédents exemples, je n’oublie pas non plus les quelques notes de piano dans Alone in Love (sarang ee sarang eh ge mood da, ou bo nae ji mot han ma eum). Ces notes expriment bien plus qu’elles ne semblent le dire. Et elles font partie du cœur de la série.

    • Des partitions mélancoliques

    Après les magnifiques mélodies piano, il était temps de parler des compositions orchestrales.

    Dans un registre discret et dramatique, Cho Sung Woo en est un maître incontesté, fidèle collaborateur des films de Hur Jin Ho (Christmas in august, musique d’April Snow). Je n’ai pas réussi à trouver un lien audible pour la version instrumentale de the road (April Snow), dommage.

    Mais je vous conseille plus particulièrement l’OST de Taegukgi (Frères de sang) par Lee Dong-Jun. L’Epilogue vous donnera des frissons.

    Je recommande également la musique de fin de Marathon, où on sent la musique prendre corps dans l’athlète autiste , lui redonner du souffle, le pousser vers l’avant, et le faire rêver. (Piano et violons). Une vraie merveille, impossible à trouver en streaming sur la toile, désolé.

    L’ost de The Classic (par Jo Yeong-Wook) est très belle aussi (le morceau At the riverside).

    Au rayon séries, bien sûr, je recommande la discrète et simple mélodie d’Alone In love (bo nae ji mot han ma eum (Piano & Guitar With Strings) de Choi Woo Hyuk.

    Sinon, parmi les grands classiques il y a bien sûr Autumn Tale.

    Parfois c’est un peu moins mélancolique, comme Close to you de l’OST de Vineyard Man. On ne peut mieux décrire une journée ensoleillée qui redonne vigueur et espoir.

    • Les chansons pop langoureuses

    L’impact varie effectivement selon que vous avez regardé la série ou non…

    Personnellement j’ai un faible pour:

    ah moo ri saeng gak hae do nan nuh reul par Sweet Sorrow (Alone In Love), dont je vous ai déjà parlé.

    Dois-je le répéter ? j’aime beaucoup  The Fog de Boo Hwal (Someday).

    Plus joyeuse, Lee Sun Hee chante Fox Rain pour l’OST de My Girlfriend is a gumiho, c’est un de mes derniers coups de cœur. Le refrain fait vraiment penser à un conte pour enfants.

    • Les chansons pop un peu plus toniques :

    Impossible de ne pas faire mention de l’OST de Coffee Prince, qui est tout simplement incontournable, avec The Melody, qui chante Lalala, it’s love (ou un autre titre, encore plus « enfantin » comme Polly). Ou encore Tearliner qui chante Go Go Chan. De quoi vous redonner le sourire !

    Autre excellente BO, celle de Personal Taste (je vous ai déjà dit qu’elle tournait en boucle chez moi ?) : maldo andwae (it can’t be) par Younha, Gaseumi mungkeul (touched my heart) par SeeYa, Sarang mandeulgi (making love) par 4minute.

    Beaucoup plus douce mais baignant dans la joie de vivre : Someday de Yoong Jin. (Someday)

    Au rayon film j’aime beaucoup la chanson phare du film My girl and i.

    Dans un registre plus enfantin, vous pouvez aussi écouter l’actrice Moon Geun Young chanter dans l’OST du film Innocent Steps.

    Parfois on quitte carrément la pop : le groupe Gloomy 30’s a réalisé un excellent titre Change pour le drama Chuno. Même si au début on peut s’interroger sur leur pertinence à l’écran (ça détonne un peu).

    • Soulmate, un cas à part :

    L’OST de Soulmate est vraiment extraordinaire, et nécessitait un petit aparté. La musique est au cœur de la série pour faire naître l’émotion,  et vous trouverez ainsi Corinne Bailey Rae, Fiona Apple, Everything but the girl, Jason Mraz, Lisa Loeb, Bananarama, John Lennon, sachant que les très belles chansons thèmes sont C’mon Through et The Stuff de Lasse Lindh et This is not a love song des français de Nouvelle Vague. Une OST culte, tout simplement, qui permet à la série de prendre une toute autre dimension.

    • De très bonnes ventes :

    Parfois les BO font d’excellente ventes. On ne peut ainsi passer sous silence les nombreuses chansons de You’re Beautiful, la BO de Winter Sonata ou du film 200 Pounds Beauty (grâce à la performance de l’actrice Kim Ah Joong lors du remake de la chanson de Blondie « Maria »). Je crois aussi que la BO de Full House avait cartonnée en son temps (il est vrai que la chanson un myeong de Why rentrait dans la tête à force d’être répétée tous les quart d’heure. C’est ça aussi la malédiction des OST coréennes). Je n’oublie pas non plus Goong dont la chanson phare a tourné en boucle à la télé.

    • Encore, encore !

    Et ma chanson coréenne la plus écoutée ? Je crois que c’est Shin Seung Hun qui chante « I Believe » de l’ost de My Sassy Girl (prestation live ici). (Même si avec le temps je préfère la version piano instrumentale).

    Bref, on pourrait en parler encore très longtemps. Par exemple je suis sûr que Livia vous donnera prochainement d’autres conseils (The Legend, ou la musique d’I am the legend par exemple ? ;). (Le premier qui me dit « it’s gonna be legendary » sort..).

    Je pourrai aussi vous dire que j’adore le générique et le thème de Flowers for my life (introuvable) (drama que je recommande très très fortement), ou la musique de Story of a man qui distille efficacement la tension.

    Pour ma part, j’ai volontairement zappé les productions boys ou girl band kpop qui ne correspondent pas à ma sensibilité (enfin est ce qu’un homme peut rester insensible au clip Gee des Wonder Girls, je vous le demande), mais sachez qu’il en existe plein (comme Dash Girl dans l’OST de My Fair Lady).

    Besoin d’idées ? Allez voir ici (attention ce sont apparemment des réorchestrations, mais ça vous donne une idée d’autres titres à écouter).

    La production d’OST est très riche en Corée. Je suis sûr que vous avez des centaines d’autres suggestions (il faut bien arrêter cet article à un moment donné), alors n’hésitez pas à les mentionner dans vos commentaires.