Shitsuren Chocolatier [Pilote – Japon]

Shitsuren Chocolatier

Le nouveau drama de Fuji TV est un peu sur toutes les lèvres en ce moment, et il me tardait de voir comment le manga du même nom allait être adapté.

Pour les plus japonisants d’entre vous, Shitsuren signifie « cœur brisé ». Autrement dit, c’est l’histoire d’un chocolatier qui ne se remet pas de son histoire d’amour.

shitsuren chocolatier matsumoto jun ishihara satomi

Malheureusement, difficile de s’apitoyer sur son sort, tant ce jeune homme a du mal à ouvrir les yeux. Il est tombé follement amoureux de sa « fée », une nymphette courte vêtue qui sort avec tous les beaux gars de son lycée et des lycées environnants. Le malheureux s’est obstiné, allant jusqu’à faire du crochet pour être dans la même classe qu’elle. Pire encore, il rendra service à ses petits copains juste pour se faire remarquer. Peine perdue, elle ne retient même pas son nom !

shitsuren chocolatier ishihara satomi matsumoto jun

Mais l’obstination, pense-t-il, finira par payer. Miracle ! Avant Noël, il finit par l’embrasser. Il apprendra par la suite qu’elle ne le considère pas comme son petit copain car elle n’a pas couché avec lui, contrairement à ses aventures précédentes… Bref vous voyez le genre. Le gars n’a aucune fierté, allant jusqu’à accepter d’être le petit copain de secours au cas où… Autant dire que là, j’avais des sérieuses envie de baffer le scénariste et le héros en question. Non sérieusement, vous voulez vraiment que je le plaigne ce type qui n’a aucune estime de lui et qui n’est même pas capable de faire la distinction entre un fantasme et une copine valable ? On notera au passage les baisers passionnés (oui vous avez bien lu !) qui sont là pour booster l’audience, évidemment. Et malheureusement les auteurs abusent du procédé des rêves…

shitsuren chocolatier kiss

Encore un petit exemple ?

shitsuren chocolatier erotism

Et pourquoi donc le drama s’appelle chocolatier, me direz-vous ? Tout simplement parce que le jeune homme s’est mis au chocolat car sa « fée » en est folle. Heureusement pour lui, il est plutôt doué, au point de pouvoir partir à Paris.

Oui ça continue à se gâter.

Paris, donc. La ville où tous les français ont « tellement de chance de pouvoir manger toutes sortes de chocolat à tout moment ». Bon, ma petite, il faudrait d’abord avoir le budget. Parce que c’est la crise, ici, et que les chocolats d’un vrai chocolatier, ça demande un bras. Et pas de bras, pas de chocol… Ok, on vous l’a déjà faite celle là.

shitsuren chocolatier vive la france

Plus sérieusement, le vrai point fort de la série, ce n’est pas que les français sont décrits comme des rustres, que la boutique s’appelle « L’atelier DE bonheur » ou que le future magasin de notre héros s’appellera – ne riez pas j’ai déjà du mal à me retenir – « Choco la vie ». Hum.

shitsuren chocolatier chocolats

Non, non, le point fort de la série, disais-je, c’est la présentation de ces chocolats, dans des séquences affolantes, érotisées pour certaines d’entre elles grâce à notre lolita ingénue. Avec ça, vous êtes sûr que vos bonnes résolutions pour 2013 viennent de s’envoler. On plissera tout de même les yeux sur le Forêt Noire qui n’en est pas un, mais dans l’ensemble le contrat est rempli. Juste un mot pour terminer sur la question, je plains vraiment la comédienne, elle donne vraiment de sa personne pour avaler tous ces somptueux chocolats ! Ça c’est du métier !

shitsuren chocolatier encore des chocolats

C’est juste dommage que l’histoire soit à ce point plate, avec un héros vraiment tête-à-claques. Il m’a été impossible de m’attacher à un type pareil. De plus la série ne cherche pas vraiment l’originalité (on nous annonce déjà un méchant concurrent chocolatier, et une collègue amoureuse de notre héros). Difficile de « shipper » le couple. Ça partait plutôt bien, le début de l’histoire était assez drôle, il y avait du rythme, des effets « manga », bref, un côté délirant qui m’aurait fait avaler le praliné.

shitsuren chocolatier matsumoto jun

Les fans seront évidemment ravis de revoir Matsumoto Jun (Hana Yori Dango) dont la popularité exceptionnelle n’est plus à démontrer. Quant à Ishihara Satomi (Rich Man, Poor Woman), elle incarne bien le fantasme du héros, mais reste bien trop unidimensionnelle. Le casting comporte également Mizukawa Asami (Last Friends). C’est clairement l’autre point fort du drama, mais malheureusement ça ne suffira pas pour moi.

shitsuren chocolatier eclairs

Bref, je passe sans trop de regrets, je me contenterai des captures d’écran, ça sera mieux pour ma ligne. Ou pas.

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Share House no Koibito [Pilote – Japon]

share house no koibito

Les histoires de cohabitation sont courantes dans les dramas asiatiques (pour ne pas dire omniprésentes au Japon),  et Share House no Koibito en est la dernière mouture. Il va falloir oublier pas mal de références (Long Vacation, Hotaru no Hikaru…) pour essayer de s’investir, et croyez-moi c’est pas facile.

L’idée de base est évidemment de faire vivre ensemble des personnes aux comportements opposés, et de voir ce qui peut en sortir (et bien souvent c’est de l’amour). Dans notre cas, c’est plutôt la solitude et les problèmes personnels de chacun qui les forcent à vivre sous le même toit.

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Ainsi notre héroïne est une jeune femme qui se force à sourire et à répondre positivement à toutes les nouvelles alors qu’elle n’en peut plus. (Au passage c’est plutôt rare au Japon de nous montrer les pensées d’un personnage en plein comportement hypocrite, vu les conventions sociales plutôt lourdes). Elle profite d’une mutation pour changer de vie : après tant d’années de solitude, elle veut avoir du monde à qui parler le soir. Et pour ce faire, elle tente la colocation d’une maison avec une cabane dans un arbre.

Si cette cabane peut servir de point d’exploration des étoiles, vous pensez bien que les auteurs vont s’en servir pour y amener un personnage étrange : un extra-terrestre à forme humaine, rien que ça. C’est là que le bât blesse. En grand héritier des personnages comiques secondaires, ce dernier a pour mission de vous faire rire par son comportement aberrant. Mais mis à part quelques mimiques, tout cela est bien trop fade, et notre personnage s’intègre trop au restant du monde, sans pour autant parvenir à être touchant.

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Et c’est plutôt du côté du troisième colocataire qu’il faudra chercher l’émotion. Ce dernier est un père de famille de 40 ans, déprimé, qui a quitté son job, sa femme et son enfant et qui manque de se suicider par deux fois. Ne parlant quasiment pas, il va falloir le faire sortir de sa coquille et lui faire reprendre goût à la vie.

La musique et la réalisation servent plutôt bien ces scènes dramatiques, ce qui rend d’autant plus rageant le manque de considération des auteurs pour la partie humoristique. Disons-le simplement, on s’ennuie. Nos personnages ne sont ni assez excentriques ni assez touchants pour soulever l’enthousiasme, ce qui combiné à une thématique vue et revue m’a posé problème.

J’adore les séries qui veulent parler de la solitude, de la solidarité, mais il manque clairement une direction à cet épisode. Au bout d’une heure, on ne sait toujours pas où on veut en venir. Une histoire d’amour entre l’extra-terrestre et notre héroïne ? la réhabilitation d’un père de famille ?  les joies de la colocation ? Il y a sans doute un peu de tout ça à la fois et ce mélange peine à prendre. Mizukawa Asami s’en sort avec les honneurs, mais j’ai eu beaucoup de mal avec Oizumi Yo. L’affiche promettait beaucoup, le résultat déçoit.

Reste la dernière scène, très surprenante, qui pourrait expliquer beaucoup de choses. Mais cela ne suffira pas.

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