[Pilote-Corée] Big

La nouvelle comédie romantique des sœurs Hong (You’re Beautiful, The Greatest Love) a débarqué sur le petit écran il y a quelques jours. Et je suis plutôt content de l’évolution de leur écriture.

J’ai un problème avec leurs séries, c’est qu’au fil du temps leur symbolisme à outrance a fini par empêcher une réelle émotion avec leurs personnages. En d’autres termes, si les clins d’œil, les allégories, les parodies, sont légion, cela donne un discours certes amusant et référencé, mais cela ne doit pas empiéter sur l’essentiel : le sentiment amoureux qui se développe dans le couple.

Les sœurs Hong ont revu leur copie, nous proposant des épisodes au rythme nettement plus calme, reposant davantage sur leurs acteurs (et sur leurs mimiques) que sur leur fameux symbolisme. Oh, il y en a encore, dans de nombreux plans, avec les anges qui se tendent la main, mais cela est bien peu devant l’orgie de leurs précédentes productions.

Le rééquilibrage a-t-il eu lieu ? On pourrait le penser, puisque nos personnages disent plus clairement les choses, sans passer par de multiples métaphores. De même pour l’intrigue, qui ne prend aucun détour pour avancer : les secrets tombent rapidement. On en profite donc pour rester avec nos personnages et explorer leurs situations, leurs comportements, et leurs décalages avec le monde.

Ainsi, notre héroïne Gil Da Ran (Lee Min Jung, Smile You) est désormais une apprentie professeur (elle doit encore réussir ses examens) qui pense être très chanceuse dans la vie. Il y a plusieurs mois alors qu’elle faisait un petit boulot, à la suite d’une mauvaise livraison de fleurs à un mariage, elle tente de récupérer le bouquet de la mariée en plein vol et … se brise le bassin devant un séduisant médecin, pédiatre hospitalier, Seo Yoon Jae (Gong Yoo, Coffee Prince). Une demande en mariage plus tard, la voilà fiancée et heureuse. Mais ce médecin ne semble pas décidé pour aller au bout de son engagement, et l’évite depuis.

Elle croise sur le chemin de son école un élève de 18 ans, Kang Kyung Joon (Shin Won Ho, Bachelor’s vegetable store) impertinent, immature, orphelin, et – croit-elle – pauvre (alors qu’en fait il attend de profiter de l’héritage de ses parents décédés). Son comportement lui cause quelques problèmes, mais le jeune homme est sensible à sa détresse, et tente de l’aider à se faire respecter par son fiancé. Kang Kyung Joon et Seo Yoon Jae vont alors tragiquement se rencontrer sur les lieux d’un accident, et plonger au même instant dans la mer en contrebas. Le médecin tente de sauver le jeune homme dans l’eau en lui tendant la main… Et un échange de corps se produit.

A l’hôpital, l’âme du jeune  Kang Kyung Joon prend le contrôle du corps du médecin Seo Yoon Jae, tandis que l’autre reste dans le coma. Comme dit plus haut, on aurait pu penser que ce secret allait perdurer un bon nombre d’épisodes, mais en fait Gil Da Ran finit par comprendre et accepter ce coup du sort. Il va falloir « gérer » les ennuis que provoque ce jeune de 18 ans dans le corps de son fiancé adulte et musclé. C’est là le premier intérêt de la série, car Gong Yoo, est comme prévu, phénoménal dans ses mimiques, incarnant à merveille cet esprit immature, ce gaffeur gentil mais jamais rebelle, cynique ou à claquer (ouf !). C’est dit, on est dans le plaisir le plus basique, mais avec moi ça fonctionne parfaitement. C’est pour ça que j’avais adoré Coffee Prince, parce que c’est dans ce jeu d’acteurs que l’on ressent une certaine innocence, une joie de vivre, une désinvolture qui vous donne la pêche pour la journée.

Malheureusement ce jeu de mimiques « au naturel » n’est pas facile à demander chez les acteurs, et Lee Min Jung surjoue nettement au début de la série, donnant un personnage limite caricatural, et forcé. Je peux comprendre le choix qui a été fait : donner à son personnage adulte un peu d’enfance (en lui faisant dessiner des cœurs en rêvassant, par exemple) mais le dosage n’était pas à mon goût. Rien de catastrophique, heureusement, puisque ça s’arrange un peu une fois la dimension dramatique et les premiers enjeux établis.

L’arrivée de la mort et des émois amoureux est plutôt bien réalisée, et je tiens à souligner l’accompagnement musical, réussi, même si la caméra a tendance à s’attarder un peu trop longuement sur les scènes. La transition s’est faite sans dommage, c’est pourquoi je suis plus optimiste par rapport à the greatest love par exemple, parce qu’on arrive à ressentir les sentiments de nos personnages, sans image, sans esbrouffe ni métaphore, directement dans les yeux de nos acteurs. C’est plus old school sans doute, mais plus efficace selon moi.

Et puis même si l’on ne rit pas tout le temps, la comédie est bien là, même sans les mimiques des héros. Quelques situations inconfortables, ridicules, sans être humiliantes dont une à l’image disons osée. Rien de sophistiqué ni d’original, la série ne révolutionne rien dans le genre, mais on se laisse prendre au jeu facilement, car nos personnages sont sympathiques.

C’est donc drôle, il y a de l’émotion bien amenée, Gong Yoo est parfait et fait le show à lui tout seul (c’est fou comme il m’avait manqué !), et ça prend le temps de positionner les choses sans partir dans des délires. Je vais peut-être me réconcilier avec les sœurs Hong. On nous promet d’ailleurs un Gong Yoo tiraillé entre Lee Min Jung (la fiancée du médecin), Jang Hee Jin (son ex), et Suzy de Miss A (la copine de notre jeune homme). Comment va-t-il gérer tout ça ? Sans parler de l’hôpital, de l’oncle et de la tante du jeune homme, du mariage dans un mois et de la belle-famille du médecin !

Et maintenant, à moi la pizza congelée (mais moi je ne vais pas oublier d’ôter son emballage plastique).

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[Pilote] Dream High

Nous avons déjà évoqué ici la K-pop, et sa progression jusque dans nos contrées. Il faut pourtant bien comprendre que pour certains artistes, la voie royale reste la conquête des USA après celle de l’Asie. Boa ou Rain par exemple s’y cassent les dents. Mais l’ambition perdure. C’est un peu comme si la Corée du Sud avait le besoin de se faire reconnaître musicalement par les USA.

Tout cela explique donc l’introduction toute particulière de la série Dream High, qui nous annonce qu’à l’horizon 2018, pour les 60è grammy awards, un artiste coréen , K, sera récompensé, notamment pour son meilleur album. Mais pour en arriver là, la série va nous montrer les débuts de différents artistes. Le postulat de la série semble donc simple : faire les paris sur l’identité de cette future star internationale (l’un des 6 artistes présents sur une photo), artiste que l’on va voir grandir, mûrir devant nos yeux.

Oui, la série musicale est à la mode. Ce n’est d’ailleurs pas un concept novateur, mais il fonctionne suffisamment pour attirer du monde devant les écrans. D’ailleurs, après You’re Beautiful (dont la review ne devrait plus trop tarder sur ce blog), le filon va être particulièrement exploité cette année, entre Dream High, What’s up et The musical.

Dream High est produit par Bae Yong Joon, qui veut utiliser sa popularité exceptionnelle au profit de la série. Il apparaît donc lui-même dans la série comme le producteur / narrateur de cette success story et directeur d’une école pour artistes. Sa présence, pour autant n’apporte pas grand chose à la série. Même s’il est charismatique, il est vraiment trop calme et inexpressif pour qu’on aime son personnage.

L’histoire nous présente donc Go Hye Mi (Suzy du groupe Miss A), une étudiante douée pour le chant classique. Imbue d’elle-même, ayant, il faut bien le dire, un caractère de chien, elle est admirée par son amie Yoon Baek Hee (Ham Eun Young, du groupe T-ARA, Coffee House), ingénue, qui ne pense qu’à lui ressembler en oubliant de s’affirmer. Go Hye Mi, malheureusement pour elle, voit son rêve s’écrouler. Son père, criblé de dettes, est en fuite pour éviter que les usuriers mafieux ne s’en prennent à lui. Go Hye Mi va donc devoir trouver une solution pour trouver un toit pour elle et sa petite sœur. Pour rembourser cette dette, elle est contrainte de signer un engagement pour réussir l’audition à l’école pour artistes, et donc devenir riche et célèbre. Cela doit être une formalité pour Go Hye Mi, vu sa maîtrise des vocalises.

Mais l’audition est un échec. Pire encore, elle sonne le glas de l’amitié entre Go Hye Mi et Yoon Baek Hee : Go Hye Mi est prête à enfoncer son amie pour avoir sa place, mais c’est finalement Yoon Baek Hee, trahie, qui renaît, s’affirme et obtient son ticket d’entrée.

Alors que tout semble perdu pour Go Hye Mi, le directeur semble vouloir donner une seconde chance à quelques artistes, sans vraiment s’expliquer (une ficelle scénaristique très déplaisante). 3 personnes peuvent rejoindre le groupe : elle, mais aussi Jin-Gook (TaecYeon, du groupe 2PM), un garçon qui essaya à maintes reprises de la sauver des griffes des usuriers et un solide gaillard resté à la campagne, Song Sam Dong (Kim Soo Hyun)…

Vous comprenez très vite que le casting issu du monde de la K-Pop est ce qu’il peut y avoir de plus attrayant avec une telle histoire. Car en plus d’être conventionnelle, la mise en scène est médiocre, grandiloquente au point de croire à une parodie, et le rythme de l’intrigue est suffisamment haché pour y perdre de l’intérêt: on se perd dans des apparitions de personnages caricaturaux (mention spéciale au danseur mystérieux qui parle en anglais – trop la classe – et à la fille qui chante très bien mais qui est moche et grosse, remake de 200 pounds beauty, avec en plus mauvais maquillage).Ce n’est ni drôle, ni dramatique, c’est juste… sans âme.

Pour autant, la série trouve sa force dans quelques personnages. Il aurait été facile de présenter l’héroïne comme quelqu’un de foncièrement gentil, qui subit malheureusement différents coups du sort. Il n’en est rien. Un peu comme dans le début de The Vineyard man, l’héroïne est tête à claques, rien n’est fait pour qu’on l’aime. Même sa situation précaire n’inspire pas beaucoup de pitié (et c’est un comble dans un drama coréen). C’est donc dans l’évolution de son caractère et de celui de sa Némésis que réside l’intérêt du programme. En effet, à l’inverse, Yoon Baek Hee est présentée comme la fille trop aimable, et le clash lors de l’audition révèle une seconde nature qui apporte beaucoup à un personnage jusqu’alors trop lisse.

Au niveau des parties musicales, malheureusement, je n’ai pas trouvé de performances émouvantes ou enthousiasmantes (une remarque qui vaut également pour le jeu de ces « acteurs »). Ce qui est dommage quand on parle de découverte de talents. Il est évidemment trop tôt pour juger de la qualité de l’OST, mais on est loin de You’re beautiful par exemple.

Bref, la série, présentée ainsi, a un gros manque de finition, c’est un ensemble de pièces qui unes à unes sont de mauvaises qualité, mais dont on se prend à espérer que leurs interactions donneront un peu d’émotion (pourvu que les personnages aient des affinités intéressantes !). Le double épisode n’a fait qu’effleurer ces possibilités. Ce potentiel, à vrai dire, relève davantage de l’incantation que de la certitude. La série semble susciter un peu d’engouement en ce moment, mais j’ai tendance à me méfier, d’autant que la présence de chanteurs issus du monde de la K-pop n’y est sans doute pas étrangère.

En tous cas au vu des 2 premiers épisodes, difficile d’être enthousiaste. Il est vrai que je suis loin de la cible visée. Je préfère passer mon tour pour le moment.