Bilan de mon année télé 2011

Je tiens encore à m’excuser pour le manque de mise à jour ces derniers temps, et je vous remercie pour votre fidélité, le fait est que j’ai un peu de mal à me remotiver pour la suite, ma vie personnelle étant ce qu’elle est. Je me suis aperçu, en plus, que je n’avais même pas fêté le deuxième anniversaire du blog début décembre (!).

Mais je tenais quand même à évoquer – rapidement – cette année télé.

Commençons si vous le voulez bien, par les dramas asiatiques. L’année dernière j’avais formulé le souhait d’en regarder davantage, étant de plus en plus frustré par l’actualité et par certaines reviews élogieuses. Autant le dire tout de suite, ce ne fut pas le cas. Une fois de plus, je n’ai pas pu abandonner certaines séries américaines en cours, et je n’ai donc pas pu libérer plus de place sur mon agenda.

Pour autant, j’ai trouvé cette année dramas en demi-teinte.

Du côté japonais, j’ai définitivement abandonné toute tentative de regarder une ou deux séries de saison. Curieusement, cette année 2011 je n’ai pas vu beaucoup de dramas japonais en entier. Je n’avais pourtant pas pour habitude d’abandonner des dramas aussi facilement, mais avec les problèmes techniques (la généralisation d’un format que je ne peux lire dans des conditions de visionnage confortables), et un investissement moindre pour les personnages, je n’ai pas eu de véritable coup de cœur cette année, Jin saison 2 exceptée. J’ai même du mal à terminer la deuxième saison d’Hotaru no Hikari, moi qui avait pourtant adoré la première. La réalité, c’est que j’aurai du réserver plus de place à la découverte, ou laisser plus de chance à une série pour s’installer (comme Love Shuffle). C’est toujours frustrant de se dire qu’on passe à côté de plein de choses par manque de temps, et il va vraiment falloir que je ré-équilibre tout ça.

Du côté coréen, là aussi, j’ai été surpris par mon manque d’investissement à moyen terme. Le problème, c’est que je n’ai même pas le temps de commencer un drama que les prochains me font encore plus saliver. (C’est fou comme je suis devenu accroc aux annonces de casting, aux teasers, aux posters). Et puis, à force de lire des reviews, vient le doute. Aurais-je du continuer The Musical, Flower Boy Ramyun Shop, 49 days, Dream High, My Princess… (Pour Flower boy je crois qu’il va falloir me forcer, vu les critiques dithyrambiques) ? Aurais-je du tenter de visionner des dramas plus « girly » comme I need romance ? C’est souvent une question de cible, et cette année j’ai trouvé moins de dramas capables de me toucher, en tant qu’homme. Entre les k-pop idols et les flower boys, j’ai eu du mal à m’y retrouver. Après un hiver passé à me réjouir de certaines scènes de Secret Garden, j’attendais avec impatience le retour des comédies romantiques, lesquelles se sont révélées sympathiques (Baby-faced beautyThe Greatest Love) mais ne réussissant jamais à réunir l’intégralité des ingrédients requis. L’exemple parfait étant Lie to me. Avec un tel casting, une telle alchimie, j’ai pu vivre de belles scènes, mais l’ensemble manquait de liant pendant les 90 % du temps. Je peux d’ailleurs pleurer amèrement sur le retour de comédiennes que j’aime beaucoup : Yoon Eun Hye bien que convaincante, n’a pas choisi le meilleur drama avec Lie to Me. Quant à Kang Hye Jung, que j’attendais tellement depuis Flowers for my life, elle n’a quasiment aucun rôle dans Miss Ripley. Reste à m’investir, peut-être, sur la reine Kim Sun Ah et Scent of a woman. Mais ce que j’ai pu en lire laisse à penser que le drama n’a pas su aller au bout de son concept.

Heureusement, il y eut le drama City Hunter, qui malgré son nombre affolants de faux cliffhangers, a su rester passionnant. Et puis d’autres productions se sont révélées de très bonnes surprises, comme White Christmas et son ambiance, mais aussi Killer K dont l’action survitaminée, la tension ont permis de contrebalancer un scénario en tous points risible. Et puis, j’ai pu rattraper quelques dramas comme  l’épique The Legend, le déjanté Coffee House, le mystérieux Harvest Villa voire même quelques KBS Drama Special. De quoi oublier mon temps perdu devant Manny. Allez, l’année prochaine, je vais essayer de m’investir davantage dans un genre auquel j’ai toujours été réticent (les dramas historiques), et tenter par exemple Princess Man…Mais au final, c’est plutôt l’approche du drama coréen en tant que tel qui m’a plu cette année (collaborer à Critictoo pour essayer de trouver une liste de séries pouvant donner envie aux curieux, faire des dossiers sur la culture coréenne dans les séries (le korea special event va reprendre ne vous inquiétez pas), m’amuser avec les produits dérivés ou essayer de saliver devant la liste de dramas à venir…)

Enfin, venons-en aux séries américaines. La fin de saison précédente a déjà fait l’objet d’un billet, et comme je n’ai pas fait de réel bilan de la rentrée mis à part un article regroupant les critiques des pilotes, voici donc mes impressions. La saison précédente j’ai du dire adieu à Life Unexpected, V, Traffic Light, Chicago Code, Better with you, et Men of a certain age. Quelles séries allaient pouvoir combler ce vide ? Contre toute attente, et malgré le niveau plutôt moyen de la rentrée, je me suis surpris à accrocher à de nouvelles séries.

Parmi elles, Once upon a time signe le retour du fantastique à la télévision, et malgré des effets spéciaux au budget limité, et un enfant casse-pied, le récit est suffisamment bien tricoté avec notamment des flashbacks intéressants pour à la fois nous faire réfléchir via quelques puzzles et pour nous émouvoir sans niaiserie (ce qui n’est pas facile vu le sujet du conte de fée). Le casting est impeccable, et vu mes réactions aux premiers rebondissements, je suis attaché aux personnages. Bref, en 7 épisodes, à part un épisode en deçà, j’ai vraiment été conquis.

Je n’ai pas eu le temps de faire un bilan de la première saison, passée à la vitesse de la lumière, mais déjà je peux dire que j’ai adoré Boss. La petite Starz jouait gros, mais a réussi à diffuser une petite pépite. Bien sûr tout le monde ne va vous parler que de Kelsey Grammer, que j’adore (on ne dira jamais assez à quel point Frasier était une sitcom exceptionnelle), mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est le sens de la mise en scène. Ces détails qui cherchent à rendre grandiloquent la moindre prise de vue. Il y a là une approche qui permet à la fois une lecture réflexive et surtout, émotionnelle. Comment éprouver de la compassion pour un être abject mais malade, qui s’accroche désespérément à ce qui lui reste : le pouvoir, alors qu’il a tout perdu par sa faute. Il y aurait tant à dire sur l’irruption de la maladie, présente dans chaque processus de décision, mais niée autant que possible. Tant de choses à dire sur les nombreux rebondissements dans cette lutte de pouvoir, ces coups bas, cette distorsion de la réalité, cette chasse à l’homme médiatique et la corruption généralisée. La série de cette fin d’année, assurément. (La première partie étant réservée à Game of Thrones).

Je nuance mon appréciation sur Homeland, qui fait déjà les gros titres un peu partout. Si la série a d’indéniables qualités : d’excellents interprètes, du suspense, un joli puzzle à déchiffrer, certains rebondissements m’ont fait tiquer. Un peu comme 24, la série n’arrive pas à prolonger son thriller sans décrédibiliser l’intelligence des personnages et certaines facilités. De fait, beaucoup d’évènements sont prévisibles et, il faut bien le dire, rageants. Mais je n’ai pas boudé mon plaisir, ça faisait longtemps qu’on avait pas eu une série aussi passionnante.

Hormis ce trio de tête, deux autres séries dramatiques ont su m’accrocher : Pan Am et Ringer. Deux séries dont l’ambition démesurée se frotte aux dures réalités : la reconstitution politique pour l’une, le puzzle d’un thriller pour l’autre. Au final, on se retrouve avec deux séries superficielles, au charme limité.Une amère déception surtout pour Pan Am, qui à défaut, aurait pu être davantage passionnante si au moins les histoires de cœur n’étaient pas aussi ridicules.

Et puis il y a les séries dont on se lasse très vite. L’année dernière ce fut Hawaï 5-0, qui n’arrivait pas à donner un background intéressant à ses personnages. Cette année, c’est notamment le cas de Person of Interest. Oui,c’est un formula show, mais le concept aurait pu donner d’intéressants rebondissements. Une fois les personnages dessinés de manière minimaliste, il ne reste plus qu’à bailler. Si quelques épisodes se sont révélés plaisants, on tourne vite en rond. Autre show policier abandonné, Prime Suspect. La prestation de Maria Bello n’est pas en cause, mais l’évolution de la série laisse pantois. Sur un concept on ne peut plus basique, voilà que les scénaristes ont choisi d’affadir le personnage principal et ses relations difficiles dans un univers policier macho. Et comme les enquêtes policières n’en sont pas (aucun raisonnement, aucune astuce, juste la chance ou le hasard pour découvrir le coupable), j’ai jeté l’éponge.

Je passe volontairement sur les séries qui m’ont fait fuir, comme Terra Nova. Reportez-vous au billet concernant les pilotes si besoin.

Heureusement, cette rentrée est aussi le retour des séries comiques. Après avoir échappé à l’horripilante New Girl, à la soporifique Whitney ou aux improbables mâles en perte de repères (Last Man Standing, Man Up, How to be a gentleman), j’ai trouvé deux jolis couples : le premier, fauché, qui baigne dans les blagues sexuelles et les réparties agressives (2 Broke Girls), le deuxième, entre un père et une fille qui essayent de s’accommoder à leur nouvelle vie déjantée dans les suburbs (Suburgatory). Malgré tout, les épisodes sont assez inconstants, mais j’espère toujours une amélioration.

Et heureusement que les nouveautés sont là, car au niveau des reprises, c’est la catastrophe. Dexter (saison 6) réussit l’exploit de détruire à peu près tout ce qui restait de la série (la relation « familiale ») tout en sombrant dans la mise en scène ridicule. The Walking Dead (saison 2) m’a fait autant d’effet qu’une boîte de somnifères excepté la jolie scène finale. House (saison 8) n’a pas su rebondir après sa calamiteuse fin de saison dernière, proposant des épisodes sans aucune perspective intéressantes pour les personnages malgré un cast plaisant et des cas médicaux guère passionnants. How i met your mother (saison 7) n’a réussi à retrouver l’humour que le temps d’un épisode, juste avant de tout détruire à nouveau. Modern Family (saison 3) n’arrive pas à faire évoluer ses personnages, et ses gags sont archi-prévisibles. Grey’s Anatomy (saison 8) a certes donné de meilleurs épisodes que la saison passée avec un peu plus d’humour, mais on est encore loin du niveau acceptable pour me faire à nouveau apprécier les personnages.

Quelques séries réussissent peu à peu à se sortir de leur bourbier : The Good Wife (saison 3), d’abord (qui a développé une relation auquel je n’accroche pas au lieu de montrer un fil rouge et des enjeux intéressants), et The Mentalist (saison 4) qui après l’énorme gifle du season premiere a donné quelques épisodes plus sympathiques pour se faire pardonner. Enfin, le retour de Chuck (saison 5) fut très décevant, avec un manque flagrant d’imagination et d’intrigues efficaces. Les derniers épisodes ont heureusement su redresser la barre : il fallait retourner à la spécificité de la série.

Alors que reste-t-il comme moments forts dans cette semaine ? Nikita (saison 2) tout d’abord, qui a su densifier son univers sans perdre en cohérence ni en enjeux. Parenthood (saison 3), ensuite, malgré quelques maladresses de personnages et une émotion en dessous de la saison passée. Enfin, pour les séries comiques : deux constantes : The Big Bang Theory (saison 5), qui a développé avec délice le personnage d’Amy, et Raising Hope (saison 2) qui fait toujours preuve de créativité.

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[30 days drama challenge] Days 25-26 : premier et dernier drama visionné

Voilà des questions qui permettent d’entrevoir le parcours seriephile d’une personne. J’ai malheureusement déjà répondu en partie à ces deux questions lors de mon tag drama. Vous m’excuserez donc pour le copié-collé. Je n’avais pas vraiment envie de redire les choses d’une autre manière.

Et je vous avoue que ce drama challenge me prend beaucoup plus de temps que prévu…au point de m’empêcher de regarder la suite de mes séries ! (Je comprends mieux pourquoi Minalapinou a lâchement abandonné).

Mes premières séries et premiers dramas suivis de façon assidue :

Début 2005 fut un tournant dans ma sériephilie. Alors que ça faisait des années que j’explorais avec passion les séries américaines (je pense qu’on peut parler de véritable addiction à partir de Quantum Leap, diffusée en France en 1993, ce qui fait environ 18 ans de dépendance). En fait on peut dire que j’ai entamé ma révolution asiatique du petit écran (car c’en est une !) par un choc… cinématographique (My Sassy Girl). Le genre de film qui vous montre à quel point vous aviez un vide sans le savoir. Si vous me lisez régulièrement, vous savez que je peste souvent contre le manque d’émotion et le manque de développement psychologique des « nouvelles » comédies romantiques américaines. La rencontre avec la sensibilité coréenne fut donc une révélation. Après une telle incursion, et tout en enchaînant les classiques coréens du même genre en très peu de temps, j’ai fini par tomber sur des listes de fictions coréennes qui comportaient également des dramas. Full House était le carton du moment et n’en finissait pas d’avoir des éloges. Ce fut donc mon premier. Une expérience convaincante, même si j’ai du faire usage de l’avance rapide par moments. Mais j’étais charmé, ensorcelé (et quand on découvre un univers on est beaucoup plus patient). Il y avait là quelque chose d’unique, qui apaise les cœurs, rend joyeux ou triste. C’était trop tard. Il fallait que j’en vois d’autres.

Et très vite je me suis également penché sur les dramas japonais (si ma mémoire est bonne ça doit être Ichi Rittoru No Namida – One litre of tears).

Donc oui, on peut dire que le cinéma a été un tremplin, mais de très courte durée. Et contrairement à une écrasante majorité sur le web, je ne suis pas du tout passé par les mangas ou les animes, que je connais toujours très peu. On va dire que c’est dû à mon âge !

Dernier drama vu en entier :

J’ai entamé beaucoup de dramas coréens ces derniers temps. Mon tout dernier drama terminé doit être The Greatest Love. La critique est déjà écrite, elle sera postée prochainement, probablement à la fin du challenge drama. Sinon j’ai quasiment terminé Babyfaced beautyLie to me, et City Hunter et je suis à peu près à mi-chemin sur City Hall. Et les dramas qui me font de l’œil pour la suite sont malheureusement trop nombreux, j’envisage de terminer Miss Ripley et Mae Ri Dae Gu, de commencer Romance Town (à cause des éloges de minalapinou), Scent of a woman (à cause de Kim sun ah et de sa photographie), White Christmas (vu sa réputation), et le très long drama Life is beautiful. Je me tâte encore pour essayer I need romance (le côté sex and the city me fait un peu peur je crois), ou Spy myung wol. N’hésitez pas à me dire vos préférences.

Du côté japonais, ça fait un petit moment que je n’ai pas replongé. Le printemps a été exclusivement coréen, je n’arrive pas à le croire. Il faut retourner à Janvier (!) pour Seigi no Mikata. Pourtant je ne suis pas en manque de dramas japonais alléchants. J’envisage de regarder Unubore deka, ashita no kita yoshio, atami no sousakan, la saison 2 d’hotaru no hikari (mais vu que je veux la regarder avec mon épouse j’attends la fin du sous-titrage français), sunao ni narenakute, love shuffle, trouble man…. Mais je crois que mon prochain drama japonais sera en fait la saison 2 de Jin. Je n’en peux plus d’attendre !

Enfin, du côté américain, depuis la fin de saison des networks, je n’ai pas repris. Mon bilan arrivera lui aussi prochainement, il est toujours en cours de rédaction (il n’est jamais trop tard). C’est mon premier été sans nouvelle fiction américaine. Aucune nouveauté ne m’a donné envie. Dire que la saison passée il y avait Huge, Rubicon… Je ne sais pas si je vais regarder la suite de White Collar avant la rentrée, mais je compte bien regarder la fin de Men of a certain age. Je pensais également avoir le temps de reprendre et finir The Wire, mais ça ne sera pas pour cette fois-ci. La rentrée approche… Je vous ai déjà annoncé les prochaines nouveautés que j’attends impatiemment. Mais d’ici là peut-être aurais-je le temps de vous concocter un petit classement de mes attentes (nouveautés et reprises).

Dans l’ensemble mon temps de visionnage a sérieusement diminué ces derniers mois (à cause de mon mariage), et seuls les dramas coréens ont réussi à se caser… Ça devrait changer pour la rentrée !

Bilan de la saison automnale 2010 (USA)

J’ai un peu hésité avant de me lancer dans la rédaction de cet article, car par rapport à mon dernier bilan automnal (2009), j’ai un peu changé ma façon de faire. Je rédige chaque semaine un bilan de mes visionnages américains, ce qui fait qu’il est plus facile de lire mes impressions. En clair, j’ai un peu peur de faire redite, mais dans le même temps je ne voulais pas déroger à l’exercice.

Si globalement cette saison automnale (septembre à décembre 2010) est très morose, c’est en grande partie parce que les nouveautés n’ont pas du tout été à la hauteur.

Il y a bien sûr celles dont je n’attendais rien, et qui ne constituent donc pas une déception, comme Hellcats une série de cheerleader ni drôle ni sexy, Shit my dad says, une sitcom à base de répliques sans théâtralisation ni gestuelle adéquate, ou Mike et Molly, comédie lourdingue sur une romance sans romance.

Je cherchais un peu de fraicheur pour cette rentrée. J’ai déchanté quand j’ai vu le ratage que constitue No Ordinary Family. Un bon sujet, un bon cast, tout ça pour des effets spéciaux ? Outsourced, une sitcom qui devait travailler sur les différences culturelles entre les USA et l’Inde finit par être grossière, réductrice. Bref de quoi pleurer devant un aussi bon potentiel gâché. Autre idée ruinée, My generation, qui devait raconter le destin de lycéens 10 ans plus tard. Mais l’évolution est caricaturale et l’histoire ne sert que de prétexte à l’utilisation de clichés soap de mauvais goût, tandis que le montage achève toute envie de voir la suite. Et je passe sous silence les mauvais acteurs.

Lone Star, utilisant un vieux concept d’escroquerie, aurait pu être intéressante, car elle avait su développer une véritable émotion. Mais le couperet fatidique est tombé bien trop tôt.

Inutile de se tourner vers une énième série policière pour noyer son chagrin : Detroit 1-8-7 est juste un énième amassis de clichés du genre, le tout servi par des personnages apathiques ou insupportables.

Faire du conventionnel a ses limites, et elles sont malheureusement très vite atteintes. Beaucoup de séries sentent le pré-mâché, une fois l’effet de découverte passé. J’insiste, ce n’est pas un problème de format mais bien de capacité à dire quelque chose d’intéressant sur le long terme. Beaucoup critiquent l’omniprésence du non feuilletonnant à la télé, mais ce n’est qu’une partie du problème.

Prenons The Event par exemple. Alors que je ne tarissais pas d’éloges sur le pilote, déroutant, rafraichissant, je me suis vite rendu compte que j’avais affaire à du sous-24 feuilletonnant (pour moi qui ait toujours eu du mal avec 24, croyez moi c’est pas un compliment). D’ailleurs je ne pense pas reprendre à la mi-saison.

Autre exemple : Hawaï 5-0, qui m’avait beaucoup plu à ses débuts. Je pensais enfin revoir une certaine forme de duos d’action un rien blagueurs, et ressentir à nouveau les effluves des années 80. J’ai progressivement déchanté, puisque l’humour s’est dissout au profit des rebondissements de l’enquête. Je pensais me rabattre sur les personnages, mais au vu du background développé pour chacun des protagonistes je suis allé de désillusions en désillusions. Et la lassitude s’est installée.

Un autre exemple ? Undercovers. Blockbuster sans enjeu, sans âme. Un ressucé d’Alias sans le charisme de ses interprètes.

Ce fut une autre leçon de la rentrée. Ne pas s’appuyer sur des ténors qui ne savent pas se renouveler. Running Wilde en est l’illustration parfaite. Le concept d’Hurwitz est si cloisonné qu’on finit par détester ces personnages qui vivent sur une autre planète. L’effet rebours de la crise, peut-être.

Fallait-il pour autant se tourner vers le câble pour trouver des nouveautés enthousiasmantes ? C’est récurrent chez moi, j’ai beaucoup de mal à m’attacher sur le long terme à des séries de HBO. Prenez The Boardwalk Empire : un concentré de savoir-faire, de moyens, pour un résultat soporifique en terme de narration. Non, le cinéma ne fait pas tout. Alors que certains rêvent d’une meilleure réalisation (cinématographique,donc), moi je rêve de meilleurs scénarios. Je rêve d’émotions, de rythme, pas d’une scène clé tous les 3 épisodes.

Un problème de format ? Si je ne veux pas d’un cinéma « étiré » sur de multiples épisodes, je ne veux pas non plus que le support télévision soit à ce point si mal compris. Avait-on, au fond, besoin d’adapter un comic à la télé par un réalisateur de cinéma ? The Walking Dead n’a pas su développer ses personnages, encore moins trouver son ton.

Alors quelles furent les nouveautés valables de cette rentrée ? S’il y a bien un point positif dans l’histoire, c’est qu’il y a toujours un effet surprise lors d’une rentrée de seriephile. C’est du côté des comédies qu’il faut s’orienter. Je mets volontairement de côté le cas de Rubicon, qui a commencé cet été, mais qui reste une vraie réussite, sans oublier Men of a certain age qui vient de reprendre mais qui mérite aussi beaucoup d’éloges.

La grande gagnante est… Raising Hope. Je pensais que le créateur de My Name is Earl, série comique très réussie mais qui s’était essoufflée, n’arriverait pas à se renouveler. J’avais tort. Raising Hope est encore plus drôle, et contrairement à son prédécesseur, vraiment attachante. Au programme, toujours un mélange d’humour trash et de satire sociale. Irrésistible !

Et puis il y a également une série, certes pas extraordinaire de prime abord, mais qui a fait son chemin, petit à petit, pour me convaincre. Better With you réunit également un cast sensationnel, et même si ses mécaniques de jeu sont conventionnelles, ça fonctionne très bien, et je me suis attaché à ces personnages. Preuve que la sitcom n’est pas morte.

Enfin, sur le podium, qui l’eut cru, une série de la CW. Si avec ça je perds pas toute crédibilité… Et pourtant, Nikita est une série dramatique qui a su développer ses personnages en même temps qu’elle nous a donné notre lot de rebondissements et d’action bien calibrée. Voilà un exemple de divertissement qui me remémore un peu ce qu’on savait faire dans les années 90. Pas prétentieuse comme une série du câble, pas ratée comme The Event, Nikita a su construire peu à peu tout ce que j’attendais d’elle. (Et puis j’ai découvert Lyndsy Fonseca, en plus).

Voilà donc pour les nouveautés, au final peu satisfaisantes. On aurait pu penser que les séries habituelles allaient compenser ce manque. Eh bien non. Je vais essayer de classer les séries du pire au meilleur, même si je n’aime pas particulièrement cet exercice…

Commençons d’emblée par la plus grosse désillusion de cette saison automnale : la saison 5 de Dexter. Alors qu’elle devait être celle du renouveau, elle a été celle qui a ridiculisé la série. Dexter se sort tous les 2 épisodes de situations inextricables avec la complicité de scénaristes qui transforment les personnages au gré des besoins. Autant dire que le suspense est mort, un choix d’autant plus affirmé que la seule possibilité d’évolution nous revient violemment dans la figure à la fin de la saison.

Autre déception, celle de ce début de saison 2 de Community. J’avais misé beaucoup d’espoir en elle, étant donné que j’avais finalement été conquis par la fin de la première saison lors d’un rattrapage. Mais cette fois c’est la bonne, j’arrête les frais. A part un épisode d’Halloween très drôle car parodique, le reste est dans une médiocrité affligeante. J’attendais de l’humour, pas une débauche de créativité qui ne fait même pas sourire. Et puis le développement des personnages est toujours aussi incohérent.

J’ai également été déçu par la 7ème rentrée de Grey’s anatomy. D’abord tristounette (compréhensible vu les évènements), elle n’a pas su me ré-attacher à ses personnages. Je voulais une évolution, pas une révolution. Rendez-moi Christina ! En plus, de trop vieilles ficelles ont été utilisées, ça sent un manque flagrant d’imagination. J’espère un revirement pour la suite et des personnages mieux exploités (j’étais si content de l’arrivée d’April).

Modern Family a également eu un démarrage très difficile, avec une perte sensible d’inspiration, un manque d’enchaînement dans les gags. (Le côté apocalyptique, où tous les évènements concordent à une grande catastrophe, ça me manque). Ils ont même réussi à me rendre Claire détestable. Heureusement quelques bons épisodes ont su relever le niveau.

How i met your mother m’a beaucoup surpris. Je voulais arrêter la série l’année dernière, mais la présence de Jennifer Morrison m’en a dissuadé. Alors certes, il y a beaucoup de déchets dans les gags, mais je me suis surpris à aimer à nouveau la série. Ce n’est pas du à l’actrice (même si j’aurai aimé le lui accorder), mais plutôt à quelques (très) bons épisodes disséminés ça et là. Je n’avais pas ri depuis très longtemps dans la série. Espérons que ce soit de bonne augure pour la suite.

Ça me fait mal de le dire, mais Chuck m’a beaucoup déçu. Le renouvellement de scénaristes a finalement été préjudiciable au ton de la série, qui est devenue trop comique, au point d’être en parodie permanente, rendant certaines scènes entre Chuck et Sarah complètement surréalistes au lieu d’être émouvantes. Malgré un foisonnement de guests, la série a eu du mal à redevenir palpitante. Et il faut bien le dire, à deux fois je me suis exclamé : « tout ça pour ça ! ». Signe que la série a l’air d’être en roue libre. Je ne perds pas espoir cependant, puisque la début de la saison 3 avait aussi été un peu laborieux. Et puis il reste Yvonne. (Non ma chérie, pas taper !).

Je commence à me lasser de The Mentalist. J’ai trouvé que les loners n’étaient pas particulièrement bien écrits (sauf l’épisode 7). Mais bizarrement, alors que je n’étais pas passionné par le fil rouge sur Red John, j’ai à deux fois trouvé le récit palpitant. Au final la série reste sympathique mais bien en deçà de ses saisons précédentes.

Quant à Life Unexpected, qui devrait s’achever prochainement, j’ai cru à un moment l’avoir perdue. En effet, ça avait très mal commencé, avec une surabondance de clichés soap. Ce n’est qu’en fin de saison que la série m’a à nouveau convaincu. Les personnages étaient à nouveau exploités, en s’assurant de leur cohérence psychologique, et les derniers épisodes m’ont beaucoup ému. C’est vraiment dommage, je me suis rabiboché avec la série juste au moment où son annulation a été annoncée.

Pour Parenthood ce fut l’effet inverse. Alors que j’ai apprécié son retour, j’ai malheureusement déchanté par la suite. La surexposition de Crosby m’a finalement beaucoup ennuyé. Tout comme celle de l’arrivée de Baldwin (insupportable). Mais en fait c’est l’ensemble des histoires qui m’a déplu. Mis à part certaines scènes de Julia, ce n’était pas très passionnant. J’attendais peut-être aussi davantage des enfants de Sarah. Si les personnages restent attachants, il faut quand même leur donner un discours un peu plus intéressant sur la parentalité.

The Good Wife, qui ne m’avait pas encore déçu jusque là, a eu également son lot de loupés. Certes, deux épisodes, ce n’est pas grand chose, mais quand même.  D’une manière générale, j’ai également trouvé que les implications politiques étaient en deçà de mes attentes. Restent donc les cas juridiques, toujours aussi captivants même s’il y a moins d’efforts sur la forme. Le point positif, c’est que j’ai enfin pu apprécier Panjabi. Je reste confiant, j’ai vraiment l’impression qu’on aura à nouveau cet effet puzzle en fin de saison.

The Big Bang Theory aura beau été moins constant que la saison passée, j’ai quand même passé d’excellents moments. Je sais que la présence de nouveaux personnages féminins fait débat, donc je ne rentrerai pas (trop) dans ce jeu. Il est certain que les meilleurs moments ne proviennent pas de cet ajout au cast, mais dans le même temps c’est le prix à payer pour éviter la saturation et l’épuisement des ressorts comiques des personnages principaux.

Enfin, j’ai vraiment aimé ce début de septième saison de House. C’était pas gagné, puisque la nouvelle dynamique était surprenante. Difficile de s’y habituer ? Pas tant que ça, puisque c’est fait avec suffisamment d’intelligence pour poser les problèmes au fur et à mesure. Maintenant, pour que cela tienne sur le long terme, c’est un autre défi, et les derniers épisodes me rendent assez pessimistes. Mais plus encore que cette nouvelle relation, j’ai vraiment adoré l’arrivée d’Amber Tamblyn. Son personnage est particulièrement bien pensé et donne beaucoup de fraîcheur au show. Quelle dommage de ne pas pouvoir la conserver et de vouloir faire revenir Thirteen !

[Classement de mes attentes pour la rentrée américaine] 4 – Men of a certain age saison 2 (TNT)

Je ne vais pas refaire ici l’éloge de cette superbe série. Pourtant elle le mériterait bien, tant elle est snobée par les amateurs de série. Pour ma part, j’ai vraiment très hâte de retrouver Ray Romano, Scott Bakula et Andre Braugher dans cette chronique tendre humoristique et attachante de quadragénaires qui ressentent les premiers inconvénients du vieillissement. Et comme je ne lui ai trouvé aucun défaut, me voilà bien embêté pour savoir quelle direction j’aimerai que la série prenne en seconde saison. J’ai envie de dire : surtout qu’elle ne change rien ! Qu’elle ne rende pas ses personnages pitoyables, qu’elle ne s’en moque pas non plus. Le risque à vouloir prolonger une histoire est d’accumuler les tares sur un personnage, or cela déséquilibrerait et décrédibiliserait le show. Je ne veux pas d’une énième histoire de famille dysfonctionnelle avec des personnages au fond du gouffre.

Bref, vivement le retour d’une fiction profondément humaine. Vivement le retour de Men of a Certain Age. Et vivement que j’entende à nouveau les Beach Boys…