[Pilote US] Episodes

Episodes est une série qui fait beaucoup de buzz sur le web. Une diffusion programmée à la fois sur Showtime et sur BBC Two, des acteurs anglais et le grand retour de Matt Leblanc à la télévision, où il incarne… son propre rôle.

J’avais beaucoup d’a priori sur cette série. Tout fan de Friends que je suis, Matt Leblanc n’a jamais été pour moi un grand acteur, et le spin-off de Friends, Joey, a montré ses limites. Et puis, retrouver l’univers des coulisses d’un show, ça ne m’a jamais passionné. C’est d’ailleurs le reproche que je faisais à une époque à quelques anciens acteurs de Friends. Pour retrouver de nouveaux rôles, ils se sentaient obligés d’investir l’univers du show-biz (Matthew Perry dans Studio 60 on the sunset strip, Lisa Kudrow dans The Comeback).

Autant le dire tout de suite je n’ai pas franchement été convaincu par le pilote qui répète le même schéma pendant la majorité de son temps d’antenne. On peut ainsi facilement résumer l’histoire : un couple de scénaristes, couronnés par le dernier BAFTA, est engagé pour en faire le remake à Hollywood. Seulement là-bas, les choses ne se passent pas du tout comme on le leur avait promis. C’est Hollywood, rien n’est figé dans le roc. Et au lieu d’avoir le même acteur anglais, on va leur imposer… Matt Leblanc dans un rôle qui n’est pas du tout fait pour lui.

L’humour de l’épisode tient donc davantage de cette situation que des gags. A elle seule, la scène de lecture de répliques est emblématique de ce que j’ai ressenti : de l’ennui. On avait compris la situation, on savait comment elle allait se terminer, ce n’était vraiment pas la peine de la faire durer autant de temps. Un problème de rythme ? Peut-être. Le gag du spa qui met des plombes à se remplir, il n’y avait pas de quoi le faire durer… des plombes, justement.

Tout n’est pas si mauvais. Les acteurs Tamsin Greig et Stephen Mangan sont très sympathiques et leur décalage avec Hollywood est bien utilisé.

Pour le reste, difficile d’être émerveillé quand le pilote ne fait qu’annoncer la couleur concernant l’histoire et concernant la présence de Matt Leblanc (on ne le voit quasiment pas).

Bref, je reste dubitatif non pas sur l’intérêt de la série (pour ceux qui aiment les coulisses et la satire d’Hollywood, pourquoi pas), mais plutôt sur les gags et le rythme de l’histoire.

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Mes séries comiques de référence (3/5) : Friends

Pour une écrasante majorité de téléphiles avertis, la sitcom de référence, c’est Friends. Mais le temps passe vite, et je n’aurai jamais cru dire ça un jour, il existe des jeunes qui n’ont pas vécu Friends comme les autres. Car Friends, série phare de NBC, diffusée de 1994 à 2004, est la série générationnelle par excellence.

Qui aurait pu croire à l’époque, qu’une série basée sur 6 jeunes amis, interprétés par des inconnus ou presque (Seule Courteney Cox était connue) , allait devenir un phénomène  de pop-culture au niveau mondial ? On avait pu sentir les prémices de la révolution télévisuelle, avec Cheers : les amis sont en passe de remplacer le cercle familial. Finies les Cosby Show, Madame est servie ou la nounou d’enfer. La famille va progressivement se cloisonner dans les dramas et les amis vont faire exploser les sitcoms.

Mais pour arriver à une telle identification, il fallait que la série parle de problèmes communs à tous les jeunes qui ont débuté leur vie active : les relations amoureuses, la carrière, et l’avenir. Pour éviter que la série ne se focalise sur un ou deux personnages, les scripts vont uniformément développer les 6 caractères, et leur donner le même temps d’antenne.

Phoebe (après avoir chanté) : If you want to receive e-mails about my upcoming shows, then please give me money so I can buy a computer.

Il y a donc Monica Geller (Courteney Cox), un chef cuistot obsessive et compétitive. Elle a eu des problèmes de poids dans son adolescence. Son frère Ross Geller (David Schwimmer), paléontologue, marié, avec un enfant, s’aperçoit qu’il a de graves problèmes de couple (sa femme est lesbienne). Il a toujours été secrètement amoureux de Rachel Green (Jennifer Aniston) qui vient de rompre avec son futur mari. Rachel est une enfant gâtée, qui a toujours vécu grâce aux aides financières de sa famille, et elle va devoir apprendre à faire sa vie seule.  Joey Tribbiani (Matt LeBlanc) est un acteur raté, simple d’esprit, glouton, mais dragueur né (son personnage donnera lieu à un spin-off raté qui dura quand même deux saisons). Son meilleur ami est Chandler Bing (Matthew Perry), le blagueur du groupe, beaucoup trop difficile avec les filles pour être un séducteur. Enfin Phoebe Buffay (Lisa Kudrow) est la chanteuse excentrique, décalée, qui a été abandonnée par sa mère mais qui a une sœur jumelle Ursula Buffay (dont le rôle apparaît dans la sitcom Mad about you).

Ross : We were on a break!

Chandler: Oh, my God! If you say that one more time, I’m going to break up with you!

C’est vers la seconde saison que le succès est venu, même si tout était déjà en place pour être très drôle. Les répliques fusent, notamment avec Chandler, on s’amuse de l’ébouriffante Phoebe, de l’agaçante Monica, ou du stupide Joey, et on veut savoir où va nous mener le rapprochement Rachel-Ross. Le couple phare de la série n’aura heureusement jamais pris l’ascendant sur les autres histoires : par exemple sur l’amitié si forte entre Joey et Chandler.

Ross : You know, you probably didn’t know this, but back in high school, I had a major crush on you.

Rachel : I knew.

Ross : You did. Oh… I always figured you just thought I was Monica’s geeky older brother.

Rachel : I did.

Joey : Why do you have to break up with her? Be a man. Just stop calling.

Le phénomène d’identification, l’affectif joue à plein. Le générique est chanté par des fans. Les scènes rejouées. Des mimiques sont reprises un peu partout (les guillemets avec les doigts, les poings qui se balancent l’un contre l’autre). Et le merchandising suit. Les acteurs deviennent les stars que l’on connait, et la série est prolongée jsuqu’à une 10ème et dernière saison. Malgré une baisse de régime, la série conserve toute sa magie. Et lorsque le final est diffusé en 2004, il constitue la 4è audience de show télévisé (les trois premiers dans l’ordre étant MASH, Cheers, et Seinfeld). Le spin-off sur Joey ne sera pas une réussite, et depuis les rumeurs vont bon train sur un épisode spécial, voire un film, mais une page est tournée.

Désormais culte, la série continue d’être diffusée partout dans le monde.

C’est là qu’on se rend compte qu’il est très dur de parler d’une série auquelle on est attaché sentimentalement. Grâce à tous ces moments forts, drôles, émouvants, elle fait partie des meilleurs moments de ma vie de téléphile, tout simplement. Et je souhaite à tout le monde de découvrir un jour une série remplie de singe, de canards, de bébés qui restent dans le bus, d’échanges d’appartement, de secrets entre amis, de pantalon en cuir trop serré, de nudiste, de coupe Geller, de Gunther, de « 7 – 7 – 7 ! », de piqûre de méduse, de crâne sexy, de demandes en mariage, de divorces, d’histoire de premier baiser dans le noir, … « oh my eyes, ! my eyes ! ».