Bilan de mon année télé 2011

Je tiens encore à m’excuser pour le manque de mise à jour ces derniers temps, et je vous remercie pour votre fidélité, le fait est que j’ai un peu de mal à me remotiver pour la suite, ma vie personnelle étant ce qu’elle est. Je me suis aperçu, en plus, que je n’avais même pas fêté le deuxième anniversaire du blog début décembre (!).

Mais je tenais quand même à évoquer – rapidement – cette année télé.

Commençons si vous le voulez bien, par les dramas asiatiques. L’année dernière j’avais formulé le souhait d’en regarder davantage, étant de plus en plus frustré par l’actualité et par certaines reviews élogieuses. Autant le dire tout de suite, ce ne fut pas le cas. Une fois de plus, je n’ai pas pu abandonner certaines séries américaines en cours, et je n’ai donc pas pu libérer plus de place sur mon agenda.

Pour autant, j’ai trouvé cette année dramas en demi-teinte.

Du côté japonais, j’ai définitivement abandonné toute tentative de regarder une ou deux séries de saison. Curieusement, cette année 2011 je n’ai pas vu beaucoup de dramas japonais en entier. Je n’avais pourtant pas pour habitude d’abandonner des dramas aussi facilement, mais avec les problèmes techniques (la généralisation d’un format que je ne peux lire dans des conditions de visionnage confortables), et un investissement moindre pour les personnages, je n’ai pas eu de véritable coup de cœur cette année, Jin saison 2 exceptée. J’ai même du mal à terminer la deuxième saison d’Hotaru no Hikari, moi qui avait pourtant adoré la première. La réalité, c’est que j’aurai du réserver plus de place à la découverte, ou laisser plus de chance à une série pour s’installer (comme Love Shuffle). C’est toujours frustrant de se dire qu’on passe à côté de plein de choses par manque de temps, et il va vraiment falloir que je ré-équilibre tout ça.

Du côté coréen, là aussi, j’ai été surpris par mon manque d’investissement à moyen terme. Le problème, c’est que je n’ai même pas le temps de commencer un drama que les prochains me font encore plus saliver. (C’est fou comme je suis devenu accroc aux annonces de casting, aux teasers, aux posters). Et puis, à force de lire des reviews, vient le doute. Aurais-je du continuer The Musical, Flower Boy Ramyun Shop, 49 days, Dream High, My Princess… (Pour Flower boy je crois qu’il va falloir me forcer, vu les critiques dithyrambiques) ? Aurais-je du tenter de visionner des dramas plus « girly » comme I need romance ? C’est souvent une question de cible, et cette année j’ai trouvé moins de dramas capables de me toucher, en tant qu’homme. Entre les k-pop idols et les flower boys, j’ai eu du mal à m’y retrouver. Après un hiver passé à me réjouir de certaines scènes de Secret Garden, j’attendais avec impatience le retour des comédies romantiques, lesquelles se sont révélées sympathiques (Baby-faced beautyThe Greatest Love) mais ne réussissant jamais à réunir l’intégralité des ingrédients requis. L’exemple parfait étant Lie to me. Avec un tel casting, une telle alchimie, j’ai pu vivre de belles scènes, mais l’ensemble manquait de liant pendant les 90 % du temps. Je peux d’ailleurs pleurer amèrement sur le retour de comédiennes que j’aime beaucoup : Yoon Eun Hye bien que convaincante, n’a pas choisi le meilleur drama avec Lie to Me. Quant à Kang Hye Jung, que j’attendais tellement depuis Flowers for my life, elle n’a quasiment aucun rôle dans Miss Ripley. Reste à m’investir, peut-être, sur la reine Kim Sun Ah et Scent of a woman. Mais ce que j’ai pu en lire laisse à penser que le drama n’a pas su aller au bout de son concept.

Heureusement, il y eut le drama City Hunter, qui malgré son nombre affolants de faux cliffhangers, a su rester passionnant. Et puis d’autres productions se sont révélées de très bonnes surprises, comme White Christmas et son ambiance, mais aussi Killer K dont l’action survitaminée, la tension ont permis de contrebalancer un scénario en tous points risible. Et puis, j’ai pu rattraper quelques dramas comme  l’épique The Legend, le déjanté Coffee House, le mystérieux Harvest Villa voire même quelques KBS Drama Special. De quoi oublier mon temps perdu devant Manny. Allez, l’année prochaine, je vais essayer de m’investir davantage dans un genre auquel j’ai toujours été réticent (les dramas historiques), et tenter par exemple Princess Man…Mais au final, c’est plutôt l’approche du drama coréen en tant que tel qui m’a plu cette année (collaborer à Critictoo pour essayer de trouver une liste de séries pouvant donner envie aux curieux, faire des dossiers sur la culture coréenne dans les séries (le korea special event va reprendre ne vous inquiétez pas), m’amuser avec les produits dérivés ou essayer de saliver devant la liste de dramas à venir…)

Enfin, venons-en aux séries américaines. La fin de saison précédente a déjà fait l’objet d’un billet, et comme je n’ai pas fait de réel bilan de la rentrée mis à part un article regroupant les critiques des pilotes, voici donc mes impressions. La saison précédente j’ai du dire adieu à Life Unexpected, V, Traffic Light, Chicago Code, Better with you, et Men of a certain age. Quelles séries allaient pouvoir combler ce vide ? Contre toute attente, et malgré le niveau plutôt moyen de la rentrée, je me suis surpris à accrocher à de nouvelles séries.

Parmi elles, Once upon a time signe le retour du fantastique à la télévision, et malgré des effets spéciaux au budget limité, et un enfant casse-pied, le récit est suffisamment bien tricoté avec notamment des flashbacks intéressants pour à la fois nous faire réfléchir via quelques puzzles et pour nous émouvoir sans niaiserie (ce qui n’est pas facile vu le sujet du conte de fée). Le casting est impeccable, et vu mes réactions aux premiers rebondissements, je suis attaché aux personnages. Bref, en 7 épisodes, à part un épisode en deçà, j’ai vraiment été conquis.

Je n’ai pas eu le temps de faire un bilan de la première saison, passée à la vitesse de la lumière, mais déjà je peux dire que j’ai adoré Boss. La petite Starz jouait gros, mais a réussi à diffuser une petite pépite. Bien sûr tout le monde ne va vous parler que de Kelsey Grammer, que j’adore (on ne dira jamais assez à quel point Frasier était une sitcom exceptionnelle), mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est le sens de la mise en scène. Ces détails qui cherchent à rendre grandiloquent la moindre prise de vue. Il y a là une approche qui permet à la fois une lecture réflexive et surtout, émotionnelle. Comment éprouver de la compassion pour un être abject mais malade, qui s’accroche désespérément à ce qui lui reste : le pouvoir, alors qu’il a tout perdu par sa faute. Il y aurait tant à dire sur l’irruption de la maladie, présente dans chaque processus de décision, mais niée autant que possible. Tant de choses à dire sur les nombreux rebondissements dans cette lutte de pouvoir, ces coups bas, cette distorsion de la réalité, cette chasse à l’homme médiatique et la corruption généralisée. La série de cette fin d’année, assurément. (La première partie étant réservée à Game of Thrones).

Je nuance mon appréciation sur Homeland, qui fait déjà les gros titres un peu partout. Si la série a d’indéniables qualités : d’excellents interprètes, du suspense, un joli puzzle à déchiffrer, certains rebondissements m’ont fait tiquer. Un peu comme 24, la série n’arrive pas à prolonger son thriller sans décrédibiliser l’intelligence des personnages et certaines facilités. De fait, beaucoup d’évènements sont prévisibles et, il faut bien le dire, rageants. Mais je n’ai pas boudé mon plaisir, ça faisait longtemps qu’on avait pas eu une série aussi passionnante.

Hormis ce trio de tête, deux autres séries dramatiques ont su m’accrocher : Pan Am et Ringer. Deux séries dont l’ambition démesurée se frotte aux dures réalités : la reconstitution politique pour l’une, le puzzle d’un thriller pour l’autre. Au final, on se retrouve avec deux séries superficielles, au charme limité.Une amère déception surtout pour Pan Am, qui à défaut, aurait pu être davantage passionnante si au moins les histoires de cœur n’étaient pas aussi ridicules.

Et puis il y a les séries dont on se lasse très vite. L’année dernière ce fut Hawaï 5-0, qui n’arrivait pas à donner un background intéressant à ses personnages. Cette année, c’est notamment le cas de Person of Interest. Oui,c’est un formula show, mais le concept aurait pu donner d’intéressants rebondissements. Une fois les personnages dessinés de manière minimaliste, il ne reste plus qu’à bailler. Si quelques épisodes se sont révélés plaisants, on tourne vite en rond. Autre show policier abandonné, Prime Suspect. La prestation de Maria Bello n’est pas en cause, mais l’évolution de la série laisse pantois. Sur un concept on ne peut plus basique, voilà que les scénaristes ont choisi d’affadir le personnage principal et ses relations difficiles dans un univers policier macho. Et comme les enquêtes policières n’en sont pas (aucun raisonnement, aucune astuce, juste la chance ou le hasard pour découvrir le coupable), j’ai jeté l’éponge.

Je passe volontairement sur les séries qui m’ont fait fuir, comme Terra Nova. Reportez-vous au billet concernant les pilotes si besoin.

Heureusement, cette rentrée est aussi le retour des séries comiques. Après avoir échappé à l’horripilante New Girl, à la soporifique Whitney ou aux improbables mâles en perte de repères (Last Man Standing, Man Up, How to be a gentleman), j’ai trouvé deux jolis couples : le premier, fauché, qui baigne dans les blagues sexuelles et les réparties agressives (2 Broke Girls), le deuxième, entre un père et une fille qui essayent de s’accommoder à leur nouvelle vie déjantée dans les suburbs (Suburgatory). Malgré tout, les épisodes sont assez inconstants, mais j’espère toujours une amélioration.

Et heureusement que les nouveautés sont là, car au niveau des reprises, c’est la catastrophe. Dexter (saison 6) réussit l’exploit de détruire à peu près tout ce qui restait de la série (la relation « familiale ») tout en sombrant dans la mise en scène ridicule. The Walking Dead (saison 2) m’a fait autant d’effet qu’une boîte de somnifères excepté la jolie scène finale. House (saison 8) n’a pas su rebondir après sa calamiteuse fin de saison dernière, proposant des épisodes sans aucune perspective intéressantes pour les personnages malgré un cast plaisant et des cas médicaux guère passionnants. How i met your mother (saison 7) n’a réussi à retrouver l’humour que le temps d’un épisode, juste avant de tout détruire à nouveau. Modern Family (saison 3) n’arrive pas à faire évoluer ses personnages, et ses gags sont archi-prévisibles. Grey’s Anatomy (saison 8) a certes donné de meilleurs épisodes que la saison passée avec un peu plus d’humour, mais on est encore loin du niveau acceptable pour me faire à nouveau apprécier les personnages.

Quelques séries réussissent peu à peu à se sortir de leur bourbier : The Good Wife (saison 3), d’abord (qui a développé une relation auquel je n’accroche pas au lieu de montrer un fil rouge et des enjeux intéressants), et The Mentalist (saison 4) qui après l’énorme gifle du season premiere a donné quelques épisodes plus sympathiques pour se faire pardonner. Enfin, le retour de Chuck (saison 5) fut très décevant, avec un manque flagrant d’imagination et d’intrigues efficaces. Les derniers épisodes ont heureusement su redresser la barre : il fallait retourner à la spécificité de la série.

Alors que reste-t-il comme moments forts dans cette semaine ? Nikita (saison 2) tout d’abord, qui a su densifier son univers sans perdre en cohérence ni en enjeux. Parenthood (saison 3), ensuite, malgré quelques maladresses de personnages et une émotion en dessous de la saison passée. Enfin, pour les séries comiques : deux constantes : The Big Bang Theory (saison 5), qui a développé avec délice le personnage d’Amy, et Raising Hope (saison 2) qui fait toujours preuve de créativité.

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Manny

Cela fait un petit moment que j’avais terminé cette série au pitch plutôt original dans l’univers des dramas coréens. Depuis mes impressions positives sur les deux premiers épisodes, de l’eau a coulé sous les ponts. Qu’en est-il vraiment de cette série qui n’est pas issue du network traditionnel ?

Rappelez-vous. Manny est un homme « nounou », chargé à la suite de circonstances particulières, de garder les deux enfants d’une femme divorcée. Les deux enfants sont plutôt mignons, même si leurs bouderies et leurs caprices ne nous sont pas épargnés. Comme Manny est un professionnel (et vient des USA – c’est bien connu, les pros ont tous un CV en partie américain), les problèmes d’éducation, de maladie, sont réglés assez facilement et les épisodes s’enchaînent rapidement jusqu’à ce que l’ensemble paraisse répétitif.

Voilà en effet le premier écueil de la série. Passé l’aspect rafraichissant, la série n’a pas su inventer d’histoires passionnantes. Pour cela il aurait fallu écrire autre chose que des routines : un enfant a un problème – Manny le remarque – la mère comprend rien – Manny agit à son insu – tout le monde est heureux. Si encore les problèmes évoqués étaient complexes…. Mais non, on devra se contenter d’une solution pour chaque problème traité dans chaque épisode.

Pour autant, je le redis, les enfants font bien leur boulot, malgré l’avalanche de scènes plutôt niaises, mon cœur a fondu plus d’une fois. Mais au bout d’un moment, on finit par se désintéresser de ce petit monde à la mécanique trop bien huilée.

Alors pourquoi suis-je resté passé les premiers épisodes ? Deux raisons à cela :

La première est la promesse sans cesse renouvelée de la formation d’un couple entre le Manny et son employeuse. J’aurai du me méfier, mais je voulais tellement croire que ça allait enfin décoller. Comme je l’ai dit lors de mon article sur les couples dans le drama challenge, il est rare que les coréens n’arrivent pas à insuffler une vraie dynamique de couple dans une fiction. Manny a lamentablement échoué. Déjà, c’était mal parti, j’aurai du le voir. La mère des enfants est beaucoup trop lisse, limite infantile, naïve, et disons-le sotte et pleurnicheuse, pour que l’on puisse s’attacher à elle. Bref, elle n’avait rien pour elle, mais elle n’inspirait ni pitié ni attendrissement, juste une très nette indifférence. Et en la liant avec un homme parfait sous tous rapports (et lui-même, à force, irritant), j’avais la nette sensation de voir une fiction rêvassée par un public féminin qui s’ennuie de sa triste vie à la maison et qui attend désespérément l’homme providentiel qui fera tout a sa place. Autant le dire, c’est pas ma vision d’un couple : les choses doivent se régler ensemble, et on se soutient mutuellement. Enfin, pour pallier au manque d’alchimie entre ces personnages creux, très peu d’efforts seront faits pour donner un peu de romanesque à l’ensemble. On retiendra une scène (et une seule) : le fil rouge placé dans l’appartement, un « piège » qui les conduit à se rapprocher. Une belle idée mais malheureusement là encore il manquait des étincelles dans leurs yeux.

Heureusement, pour sauver temporairement le drama du naufrage et rester devant l’écran, il y eut Janice. Janice est la sœur de l’héroïne, qui dirige une société de mannequinat. Prétentieuse, imbue d’elle-même, elle est surtout très maladroite (et malchanceuse) pour réussir à conquérir l’homme de ses rêves. Cette passion qui la dévore et l’incite à se remettre partiellement en cause est à l’origine de beaucoup de rires.  Janice a son idée sur la façon dont les choses doivent se régler, et pour une femme ambitieuse comme elle, il n’y a pas de place pour la concurrence : elle est naturellement la meilleure. C’est donc un régal de la voir se prendre des gadins. Malheureusement, cela n’a qu’un temps. Passé la première moitié du drama, la série essaye d’enclencher la deuxième vitesse (l’aspect dramatique), et c’est là que tout s’effondre. Janice redevient irritante, et on arrive plus à se soucier de son sort.

Le drama tentera bien de nous montrer une autre histoire d’amour entre un mannequin et une fille dévoreuse d’hommes, mais là aussi le schéma est très répétitif et la fille qui ne veut pas choisir, qui devient jalouse, et puis qui change d’avis, et puis qui… ça a fini par me taper sur le système. Et puis bon, les intrigues dans un milieu de mannequinat, ça n’avait pour but que de rincer l’œil des téléspectatrices… (Jamais vu autant de torses nus dans un drama !)

Bref, la série tourne à vide dès la seconde moitié. Ne réussissant plus à m’attacher au sort des personnages, l’aspect dramatique répétitif et peu fouillé m’a irrité. Et il a fallu que je me force pour terminer la série en espérant au moins que la porte de sortie soit romanesque.

Autant vous le dire tout de suite si vous avez encore envie de voir ce drama après tout ça : n’espérez même pas un joli final. Les rebondissements sont écrits avec les pieds et la dernière scène achève de me convaincre sur le ratage de ce drama : il n’y a décidément aucune alchimie entre les personnages principaux !

Concernant la réalisation, n’espérez pas non plus une jolie B.O., la musique au piano n’a pas vraiment de thème accrocheur. Elle ne fait donc que soutenir les scènes, mais n’arrive jamais à susciter un élan supplémentaire. Enfin, mis à part Janice et les enfants, les acteurs ne sont pas très convaincants, y compris le Manny qui reste encore trop figé.

Il est donc vraiment dommage de voir une série avec un joli potentiel se noyer dans ses routines au lieu d’approfondir ses personnages et de les rendre attachants. Il est vrai que je n’étais pas le public cible, mais je n’ai rien contre les dramas légers, et j’avais quand même accroché à ses débuts. Un essai raté

[30 days drama challenge] days 23-24 : meilleurs et pires couples

Voilà un article qui va enflammer les shippers.

Je ne cesse de rétorquer que l’alchimie entre les personnages est essentielle pour passer un bon moment devant son petit écran.

Alors quelles sont mes préférences ?

Note : comme je n’aime pas les termes (« meilleurs » et « pires »), j’ai opté pour un système up/down.

  • Corée :

up : A la télévision coréenne, il y a plusieurs manières d’aborder le couple. Il peut s’agir d’un couple classique d’une rom-com, d’une vision douce-amère de couples séparés comme Alone in love, d’une tragédie, ou plus récemment d’une vision plus célibattante et « moderne ». Et puis il y a aussi des ovnis, comme Soulmate, qui berce le téléspectateur dans ses illusions romanesques. Le couple qui n’existe pas, mais pour lequel la réalisation emploie les grands moyens : rencontres ratées, rêves partagés, musique omniprésente, sentiment magique d’assister à quelque chose d’irréel et pourtant si « confortable ». Alors oui, Soulmate est naïf, nunuche même, mais, c’est un spectacle rare qu’il ne faut pas louper. Le couple en question est Shin Dong Wook et Lee Soo Kyung. Ces deux là sont des âmes sœurs, et ma foi pour peu qu’on soit un rêveur romantique comme moi, on y croit dur comme fer.

down : Le couple principal de Manny, Kim Yi Han et Seo Do Young. Je n’ai pas espéré qu’un autre couple se forme, mais contrairement à une écrasante majorité de dramas coréens, il n’y a que très peu de construction d’un rapprochement entre ces deux là. On nous montre une attirance entre une femme sans personnalité et un homme « parfait », sorte de fantasme féminin qui a toujours les bonnes réponses et se conduit de manière irréprochable. Si au départ on salue cette fraicheur, on s’aperçoit bien vite qu’on a été trompé. Il ne s’agit pas d’un couple. C’est tellement lisse que ce n’est ni crédible ni romantique.

  • Japon :

up : Le couple que forme Naoko et Yuki dans Summer Snow. Parce que comme tout couple, ils apprennent les difficultés et les passions de l’autre. C’est un couple qui se découvre, s’apprivoise, fait des concessions, se déchire temporairement. Et si évidemment on retiendra le drama pour sa fin magnifique, je n’oublie pas qu’il s’agit là d’un couple solide, amoureux, qui sait compter l’un sur l’autre. C’est la définition d’un couple, non ?

down : Le couple de Seigi no mikata qui se forme entre Makiko et Naoki. On se demande encore comment ces deux là peuvent sincèrement s’aimer, Makiko ayant davantage un besoin de possession et de reconnaissance que d’amour. Quant à Naoki, il est juste le naïf de service qui ne voit pas plus loin que la beauté plastique et la supposée bienveillance de sa compagne. Bref, on y croit pas, mais ça ne dessert pas le drama, bien au contraire, ça fait partie de son charme, de son humour décalé.

  • USA :

up : J’ai cherché des couples qui durent, et qui ont une histoire mouvementée, et finalement le couple Sun/Jin de Lost m’est apparu comme une évidence. Ces deux là ont traversé bien des épreuves pour retrouver la flamme originelle, leurs blessures sont vives, et leur destin particulièrement émouvant. Ce qu’il y a de bien dans la série, c’est qu’on nous dit qu’il n’y a pas de Sun sans Jin, et vis versa, ces deux là répondent aussi au concept d’âme soeur ! Et puis j’aime cette volonté de s’inspirer des drames coréens.

down : Il y a tellement de faux couples, construits sur du vent dans le but unique de faire revenir le téléspectateur… C’est une des raisons qui font que je me détache peu à peu des séries américaines. Je prends un exemple d’une série comique : Running Wilde, où l’alchimie était bancale, et où aucune construction des personnages n’a permis de créer cette fameuse attirance. Sans romance crédible, le concept de la série s’est écroulé comme un château de cartes. Mais puisqu’il faut citer un drama, mettons la pseudo-romance de Prison Break entre Sara la médecin et Michael l’éternel prisonnier en fuite. L’exemple parfait d’une attirance montée de toutes pièces, où rien ne se passe à l’écran, et pour cause : on ne cesse de nous dire qu’ils s’aiment. Mais pourquoi, comment, en quoi sont-ils complémentaires ou opposés… pas le temps de nous le dire. On préfèrera jouer sur les images, et le volte-face suite à la grossesse de l’actrice montre bien qu’on se fichait complètement du téléspectateur (pour rester poli).

[30 days drama challenge] Day 3 : Héroïne de drama favorite

Il va être difficile de parler d’héroïne de fictions télévisuelles sans parler féminisme ou girl power. Un sujet maintes fois évoqué sur Internet, et qui est un peu l’arbre qui cache la forêt. Car au-delà du statut de la femme à la télévision, de l’évolution de la société (chose éminemment passionnante, surtout quand on parle de séries asiatiques), ce qui va finalement départager mes choix, c’est l’attachement que j’ai eu à travers les aventures de cette femme, l’émotion qu’elle aura su me transmettre. Et là, évidemment, on pourra me taxer de machiste, de réac’ ou que sais-je, mais j’aime la dualité femme forte/femme sensible. Les filles, il faut que vous compreniez qu’on a envie/besoin de vous protéger. Et nous, il nous faut comprendre que vous êtes désormais assez fortes pour pouvoir le faire vous-même. Hmm, pas facile tout ça.

Au pays du matin calme, la femme doit faire le grand écart entre une tradition confucianiste (à domination masculine) et  des avancées sociétales fulgurantes. Ainsi, le mariage arrangé est chose courante … et les divorces aussi ! Les femmes ont désormais une quasi-égalité en terme d’accession aux études supérieures et elles commencent à acquérir une certaine autonomie financière mais après le mariage, elles peinent à retrouver un emploi. On peut situer l’arrivée de personnages féminins modernes à… 2005 avec My Name is Kim Sam Soon. Eh, oui, c’est très récent ! Pour plus d’informations, je vous encourage à lire l’excellent article de Dramabeans. De même, être divorcée n’est plus une tare, et la femme peut envisager de reconstruire sa vie (Manny).

Alors pour quelle héroïne vais-je me décider ? Je ne vais choisir ni une femme modèle ni une femme victime, mais juste… une femme coréenne d’aujourd’hui, qui doit se reconstruire après son divorce, et trouver un nouveau sens à sa vie. C’est bien de Yoo Eun Ho (interprétée par Son Ye Jin) dans Alone in Love que je veux vous parler. Parce que finalement, la vie est déjà assez dure au quotidien, et que je voulais lever mon chapeau à toutes ces femmes qui survivent, se cassent la figure, se relèvent, assument jusqu’au bout leur désir d’autonomie et d’amour. C’est peut-être megalo, sirupeux ou condescendant de dire ça, mais une héroïne c’est ça aussi.

Au Japon, la tâche n’est pas aisée non plus. Mais dans ce registre de femme moderne professionnelle, qui « se relâche » à la maison, l’héroïne de Hotaru no Hikari, Amemya Hotaru (interprétée par Ayase Haruka), est fantastique. Elle n’est pas non plus un modèle de femme parfaite et c’est ça qui la rend attachante. Ca me rappelle qu’il faut faire le ménage de temps en temps, tiens…

Enfin pour terminer cette sélection, allons faire un tour du côté des Etats-Unis, où, pour le coup, je suis nostalgique du girl power. Buffy m’a évidemment marqué, même si son évolution en fin de série est critiquable. Je pourrai également citer la récente et déjà regrettée Teresa Colvin (The Chicago Code) qui préfère sacrifier sa vie personnelle pour sauver son éthique professionnelle. Mais j’en reviens toujours à l’attachement, à l’émotion. Comment ne pas craquer pour ces jeunes femmes qui jettent un regard désabusé sur leur monde et s’en sortent par des réflexions cinglantes (les héroïnes de Dead Like Me, Wonderfalls, voire Veronica Mars) ? Oui, vous l’aurez compris, j’ai choisi cette dernière. Veronica, tu as laissé un vide à la télévision.