Bilan de la saison 2010-2011 (USA)

Avec beaucoup de retard, voici donc mon bilan de la saison télévisuelle américaine passée. Un bilan qui m’a posé beaucoup de problèmes. D’une part, parce que ça fait maintenant plusieurs mois que les séries des networks ont achevé leur diffusion. Je pensais écrire ce bilan bien plus tôt, mais ma vie personnelle a pris le dessus. Du coup, j’ai du faire avec mes souvenirs et mes notes.

D’autre part, parce que, comme le soulignaient beaucoup de mes confrères, la saison n’a pas été très enthousiasmante. Verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Enfin, j’avais l’impression de vous avoir déjà dit l’essentiel de mes impressions pendant la saison écoulée. Et pour une fois, j’ai écrit beaucoup moins de bilans pour les différentes séries (n’hésitez pas à cliquer sur les liens des séries ci-dessous, ils vous amèneront vers ma critique). Je vais donc tâcher de vous dire mes impressions.

  • Pas convaincu par le pilote :

Hellcats, shit my dad says,Mike and molly, no ordinary family, my generation, detroit 1-8-7, undercovers, the cape, perfect couples, harry’s law, mad love.

Dans la liste de mes attentes la saison passée, aucune de ces série n’était dans le top 20. No ordinary family avait un pilote tellement désastreux (et heureusement vu en avance) qu’il est sorti du classement, celui-ci à peine terminé. Je ne vais pas revenir sur les raisons de leurs échecs à mes yeux, il suffit de lire les critiques correspondantes. Ce ne fut pas l’année des super-héros, en tout cas.

  • Je suis allé plus loin mais j’ai abandonné :

Outsourced, Lone Star, Episodes, Mr Sunshine, Happy Endings.

J’ai essayé de donner leurs chances à quelques séries comiques, mais j’ai constaté là aussi un manque flagrant d’écriture. Mr sunshine en est le parfait exemple, il ne s’y passe rien de drôle. Happy Endings a choisi la voie du délire entre amis, ce qui aurait pu être rigolo si j’étais encore en âge d’errer sur les campus américains (centrer un épisode sur le paintball je veux bien, mais Community a prouvé qu’on pouvait utiliser cette « arme » pour en faire des parodies). Enfin j’ai désespérément tenté de m’accrocher à Outsourced mais rien à faire, le choc multiculturel n’était pas aussi drôle que prévu, se moquer de la cuisine indienne et des gadgets débiles américains, bof, bof…  Lone Star est un cas à part puisque j’ai vraiment aimé, mais vu son annulation précoce, j’ai décidé de ne pas poursuivre l’expérience. Le syndrôme du cœur brisé, non merci. Enfin Episodes n’a pas su décoller, avec de gros problèmes de rythme et de contenu.

  • Une moitié de saison :

The Event, Hawaï 5-0, Running Wilde, The Boardwalk empire, Community s2.

Commençons par le cas de Community. Suite à un rattrapage, et convaincu finalement par certains excellents épisodes parodiques, j’avais décidé de donner une seconde chance à la série, en espérant que la deuxième saison soit mieux écrite au niveau des personnages, et surtout plus drôle. Il n’en a rien été. Community excelle parfois dans les parodies, mais le reste est à jeter : le développement des personnages vire au n’importe quoi, la créativité masque difficilement un mauvais scénario, bref, le délire créatif a ses limites, et Community le démontre trop souvent. Du coup je ne suis revenu que pour le paintball (en deux épisodes), très sympathique cela dit.

The Event était l’une de mes séries les plus attendues en début de saison. J’étais très enthousiaste, même, au vu du pilote. Et puis le scénario a préféré se focaliser sur les rebondissements improbables façon 24 plutôt que de construire une mythologie efficace. Du coup on se désintéresse progressivement du sort des personnages qui agissent sans raison valable (la palme revenant à Thomas), et je ne suis pas revenu après la coupure en début d’année.

Hawaii 5-0 m’a beaucoup plu… au début. J’ai adoré revoir un duo à l’ancienne, qui cabotine, s’engueule, s’envoie des piques en permanence, l’action était au rendez-vous, et le cast sympathique. Malheureusement tout s’effondre quand le show cherche à développer ses personnages en leur inventant un passé inintéressant au possible. Le cabotinage parti lui aussi, il ne restait plus que des enquêtes policières menées tambour battant, et la promesse d’un Némésis charismatique. Je n’ai pas eu le courage de continuer après la pause hivernale.

Running Wilde, malgré toute la sympathie que j’avais pour le cast et la prod’, n’a pas fonctionné. L’alchimie était bancale, les gags et le schéma de l’épisode répétitif, et quand tout devient prévisible, le rythme apparait bien trop lent. Un beau gâchis.

Enfin, Boardwalk Empire. Si j’ai été charmé par la reconstitution, le casting, je me suis aussi assoupi plus d’une fois devant les épisodes. Un manque d’action et de rebondissements assez flagrant, un manque d’attachement aux personnages aussi, ce qui fait que les enjeux de pouvoir me sont passés par dessus la tête. Je comptais reprendre, mais finalement j’ai eu d’autres priorités.

  • Une saison décevante :

The Walking Dead, Dexter s5, Off The Map, Grey’s Anatomy s7.

J’ai déjà dit beaucoup de choses sur Walking dead : cast bancal et peu attachant (développement des personnages nullissime), ambiance apocalyptique et pessimiste qui n’apparait que rarement, inconstance du ton de la série héritée d’une réalisation cinématographique, et discours scientifique réduisant à néant toute possibilité de questionnement métaphysique. Je regarderai tout de même le début de la deuxième saison, pour voir si les derniers changements opérés à la réalisation et au budget vont faire des miracles (car, parfois des coupes budgétaires peuvent forcer des huis-clos angoissants).

La saison 5 de Dexter a été un beau ratage. La fin de saison 4 aurait du être un vrai bouleversement pour la série. Il n’en a rien été. Pire, les scénaristes se sont embourbés en jouant la surenchère : mettre Dexter dans des situations les plus dangereuses possibles pour qu’il s’en sorte in extremis, au mépris des lois de la physique, et de l’intelligence de ses collègues. Dexter n’est plus méticuleux mais juste horriblement chanceux. Et encore ce ne sont pas des miracles qui lui permettent de sauver sa peau, mais des entorses à la réalité des personnages, qu’ils soient tueurs ou flics. La seule bonne nouvelle aura été l’apparition de Lumen, mais l’idée n’aura pas été exploitée correctement, et comme toujours il a fallu faire un reset à la fin de la saison. De quoi jeter sa télécommande…

J’ai voulu croire en la nouvelle série Off the Map, je l’admets. Seuls certains personnages avaient du potentiel, et encore, ils ont mis du temps à nous le faire deviner. Mais pire encore que le développement des personnages, je crois que ce qui a coulé la série c’est la surenchère, ce besoin de faire du spectacle au milieu de la jungle au lieu de profiter de son thème : soigner avec les moyens du bords, replonger dans les débuts de la médecine, ça ça m’aurait plu !

La saison 7 de Grey’s anatomy a été une grande désillusion. Après un final aussi percutant en saison 6, j’attendais des conséquences. Au lieu de cela, les personnages choqués ont tous un déclic salutaire et improbable qui leur permet de retourner à leur vie sans dommages. Tous, sauf Christina, et son long, très long rétablissement (inexplicable encore à ce jour) me fut insupportable. Christina la compétitrice, c’est l’âme du show, la seule vraie raison de revenir chaque semaine. Christina absente, il a fallu se focaliser sur les autres intrigues, et les scénaristes ont réussi en peu de temps à me faire détester le couple Arizona/Callie, dont les rebondissements sont dignes des plus mauvais soaps (et l’épisode musical est une véritable aberration). Et, ce qui est bien pire finalement, c’est que j’ai eu l’impression cette saison d’avoir perdu tous les personnages de la série : Grey qui était intelligente agit n’importe comment, Christina ne sait pas ce qu’elle veut, et évidemment on nous invente de nouvelles romances coucheries… Ma seule maigre consolation : voir April prendre peu à peu un peu de place dans la série, mais pour quelles minables intrigues !! Autant dire que je n’attends plus rien de la série désormais.

  • En dents de scie :

How i met your mother s6. J’ai été surpris d’apprécier quelques épisodes de la série cette saison. Certains sont vraiment drôles, (eh oui, j’ai eu peine à y croire). Mais ma plus grande déception vient de l’histoire entre Ted et Zoey. On nous présente cette dernière comme idéale (et possible réelle « mother »), l’alchimie vient enfin malgré un scénario centré sur un combat entre la démolition et la conservation d’un taudis, et … patatras, on nous dit que non, mais que si, et puis finalement on nous montre la rupture. Tout ça pour ça ? Une fois de plus le show tire sur la corde. Seule évolution des personnages : celles de Lily et Marshall pour une histoire de procréation bien prévisible, et un décès bien peu émouvant. Quant à Barney, si on l’a partiellement récupéré cette saison, les dernières images font assez peur…

  • Pas mal :

Modern Family s2, The mentalist s3, V saison 2, Fairly legal s1.

La deuxième saison de Modern Family a été sur la même lignée que la précédente : lorsque les intrigues font croiser les différentes familles pour une catastrophe imminente, le show est jubilatoire, sinon, il faut se contenter de tranches de vie pas toujours très drôles, mais l’ensemble est suffisamment sympathique pour qu’on s’attache aux personnages. Excepté Claire qui cette saison, une fois encore, m’a passablement énervé.

The Mentalist a eu une assez bonne saison, remplie à la fois par un arc passionnant et quelques épisodes plutôt bien trouvés. Malheureusement la résolution des intrigues est de plus en plus figée : Simon fait toujours peur au coupable pour qu’il soit obligé de se démasquer. Restent les personnages, et j’ai été plutôt content : la romance Rigsby/Grace est toujours d’actualité, Lisbon a également des scènes inattendues,… Bref, ce fut plaisant, jusqu’au coup de théatre final. Et là, je dois dire que je suis épaté par les scénaristes, non pas sur la manière bien trop facile et prévisible de résoudre l’affaire, mais sur le geste final de Patrick Jane. J’ai vraiment envie de voir comment la série va continuer.

Dois-je revenir la deuxième et dernière saison de V ? Raccourcie, rythmée, avec de nombreux rebondissements, la série a su redevenir intéressante malgré ses personnages girouettes. On demandait un peu plus de noirceur, on en a eu. Mieux que ça, le final est tout simplement jouissif, les scénaristes se sont lâchés, et la je me souviendrai longtemps de certaines scènes. La série ne volait pas haut c’est sûr, mais j’aurai bien voulu avoir une troisième saison juste pour voir où ils auraient pu aller. Dommage.

Fairly Legal fut une agréable surprise. Alors que les séries judiciaires ne nous montrent que des affaires pénales, la série se focalise sur la médiation. Mais au lieu d’être plus humaniste, le divertissement se cantonne au registre de la légèreté. Les affaires se règlent au dernier moment, sans parvenir à être émouvants. En fait l’essentiel du charme de la série, c’est Sarah Shahi, qui pétille et emporte tout sur son passage. On regrettera le manque d’approfondissement de l’arc principal sur son père, ainsi que le manque d’épisodes évoquant le statut de sa belle-mère, personnage pourtant très intéressant. On verra si cette série rafraichissante pourra mieux développer ses atouts la saison prochaine.

  • Une saison qui va crescendo :

Chuck s4, Parenthood s2.

Chuck a commencé sa saison en changeant de ton, ce qui m’a fortement destabilisé. Je ne retrouvais plus l’efficacité du cocktail action/romance/humour de la série. L’humour était devenu lourd, comme l’hommage à Freddy Krueger. Et puis, peu à peu, l’esprit de la série est revenu, en même temps que les arcs de la saison prenaient place. Et quels arcs ! Je dois dire que j’ai particulièrement apprécié ces histoires autour de la maman de Chuck et de Volkoff. L’occasion d’avoir les deux meilleures guest de la série (mis à part Scott Bakula bien sûr) : Linda Hamilton et Timothy Dalton. Ce dernier a su cabotiner pour mon plus grand plaisir. Et sans parvenir au niveau des premières romances de la série, le couple Sarah/Chuck a su rester lui-même. Moins d’émotions, plus de rebondissements, certes, mais dans l’ensemble j’ai été ravi de l’arc sentimental de la saison. Enfin, les autres personnages ne sont pas oubliés, et j’ai beaucoup aimé le trio Morgan/Casey/Alex. Et pour la seconde partie de la saison, j’ai été entendu : Jeffster, devenu pénible, a été moins présent. Enfin, je suis très heureux du sort réservé à tous ces personnages en fin de saison (y compris pour Morgan, je trouve que c’est une riche idée), et j’ai vraiment hâte de les retrouver.

La saison 2 de Parenthood a également mis un peu de temps pour démarrer. Il n’était pas évident de retrouver des histoires intéressantes pour la famille Braverman. Mais peu à peu, une fois encore, la justesse du ton l’a emporté. Et j’ai été conquis par la sincérité dégagée lors des difficultés de Julia, par exemple. Rien d’innovant, évidemment, mais le travail des acteurs et leur approche font de cette série un véritable petit moment de bonheur à partager le soir. J’ai été touché par Haddie qui essaye d’avoir une vie adulte, par Amber qui échoue lamentablement, et même Crosby a su emporter mon adhésion. Ce n’était pas gagné, vu son comportement, mais la série a vu juste : il n’y a pas qu’un seul fautif. Enfin, sa quête pour reconquérir sa belle fut à la fois émouvante et agaçante. Et si Jabbar et Max sont énervants, au moins Max a le mérite d’amener de vraies questions au sein du couple parental. Bref, cette saison, comme la précédente, a su devenir indispensable dans la grille hebdomadaire.

  • Une saison qui va decrescendo :

House s7.

La septième saison de House fut très bonne…globalement. J’étais plutôt dubitatif quand Cuddy a fini par ravir le coeur de House, mais les intrigues ont été à la hauteur. Les cas étaient passionnants, et Thirteen aux abonnées absents, j’étais ravi. Dès l’arrivée d’Amber Tamblyn, j’ai espéré qu’elle reste. Sa hantise du mensonge était un parfait contrepoids à House. Parce que du côté des autres collègues, c’est pas folichon : Foreman ne sert plus à rien, et Taub s’embourbe dans des histoires extraconjugales. Pour ce dernier cependant, malgré le rabachage de ses « problèmes », il fut tout de même touchant par moment (quant à l’issue de son histoire, j’en ai pleuré… de rire !). Le tournant qualitatif a eu lieu lorsque les scénaristes ont décidé de revenir en arrière et d’enfoncer le personnage de House, devenu de plus en plus inquiétant et pathétique. Tout d’abord, cela apporta de bons épisodes, ce qui me fit penser que les scénaristes, au fond, avaient raison. Mais la fin de saison fut calamiteuse quant à la gestion des intrigues. Un énorme coup de fatigue ou de lassitude ? Revoir plonger House m’a un peu énervé. Au fil des saisons, on a tout tenté pour qu’il s’améliore : opération, médicaments, thérapie, même l’amour s’en est mêlé, le voilà au bout du rouleau. Que va-t-on trouver désormais ? D’autant que la scène finale est effrayante et présage de moments encore plus durs pour le personnage. Je ne parlerai pas du départ de Lisa Edelstein, des rumeurs de départ d’une partie du cast, qui montrent une certaine fébrilité. Cette huitième saison va-t-elle être la dernière ? Même si j’adore la série, je le souhaite désormais.

  • Une bonne saison :

The good wife s2, The big bang theory s4.

Mis à part quelques épisodes, la deuxième saison de The Good wife a su donner des orientations intéressantes. Non, je ne parle pas du fil rouge Will/Alicia, je n’ai jamais vraiment été shipper de leur couple. La campagne pour faire élire Peter Florrick,  ou les stratagèmes politiques dans la firme ont été autant de ressorts très bien utilisés pour accroître la tension et le suspense. Déjà que les affaires (traitées ou non au tribunal) sont, comme toujours, passionnantes, surprenantes, et amenées avec originalité, vous imaginez le bonheur lors de mon visionnage. Et puis, les derniers épisodes apportent leur lot de révélations, ce fut l’occasion de voir enfin autre chose que le visage froid et imperturbable de Julianna Margulies. Vivement la troisième saison !

Pour The Big Bang Theory, la quatrième saison fut l’heure de la prise de risques, en introduisant de façon régulière de nouveaux personnages féminins. Et ça a parfaitement fonctionné. Même si la plupart des grands épisodes sont réussis grâce à Sheldon, une nouvelle dynamique s’est mise en place, et finalement chaque personnage a son utilité. La série est toujours drôle, très drôle même, et elle fut de l’un de mes rendez-vous préférés. Pourvu que ça continue ainsi !

  • Des nouveautés réussies … non renouvelées :

Huge, Rubicon, Better with you, The Chicago code, Traffic Light.

L’été dernier fut l’occasion de voir deux séries aux thèmes et à l’approche radicalement différentes, mais réussies toutes les deux. Huge, par son approche humaniste et sensible du problèmes des ados obèses. Rubicon, pour son ambiance et son puzzle paranoiaque. Je ne reviens pas dessus, il suffit de lire leurs fiches.

Du côté des séries comiques, deux nouveautés m’ont fait forte impression. Better with you, parce qu’elle a su rendre sympathique une sitcom traditionnelle, à base de répliques, de gags visuels et de rebondissements. Mieux elle a su rendre ses personnages extrêmement attachants, grâce à un casting fabuleux. Traffic Light a su également toucher la corde sensible en dépeignant la vie de couple, avec intelligence, sincérité et humour. Ne la manquez surtout pas.

Enfin, Chicago Code aura été une belle série policière, portée par un duo d’épatants incorruptibles et un némésis charismatique. Si seulement l’intrigue principale avait avancé plus rapidement, avec davantage de rebondissements, peut-être que la fiction aurait eu de meilleures chances…

  • Je la regretterai quand même :

Life Unexpected.

Oui, Life unexpected a perdu une grande partie de son charme en deuxième saison en versant davantage dans le soap que dans les problématiques d’adoption, mais je regretterai quand même son annulation, parce qu’elle était un divertissement sympathique, qui savait allier douceur et amertume. Le casting était parfait, avec notamment d’anciennes gloires de la WB, et j’en garde un bon souvenir.

  • Les bonnes surprises… renouvelées :

Raising Hope, Nikita.

Voilà finalement les deux séries qui auront su tirer leur épingle du jeu cette saison, en donnant à la fois un spectacle de qualité, et la satisfaction du renouvellement. Je vous encourage, là aussi à lire les fiches correspondantes.

Du côté de Raising Hope, j’ai tout de même peur que cette série comique tourne en rond avec ses personnages et son univers. On verra si les scénaristes sauront apporter un peu de fraicheur, en faisant évoluer les personnages. En tous cas, Raising hope est la preuve qu’on peut être créatif, drôle et avoir un regard sur la société.

Enfin, Nikita a été mon coup de cœur de la saison. Je ne le redirai sans doute jamais assez, et l’étiquette CW aura certainement fait tourner les talons à bon nombre d’entre vous, mais oui, Nikita c’est un peu un bain de jouvence, le retour du feuilletonnant. Avec ses multiples rebondissements, son sens du suspense et du spectacle, la série a su peu à peu me conquérir. Elle n’est évidemment pas dénuée de défauts mais avec le peu de moyens dont elle dispose, elle m’a assurée d’excellents moments cette saison. Oui, on peut encore faire du divertissement de qualité, ni élitiste ni cheap. Oui, oui, oui, je dis oui à une seconde saison que j’attends avec une très grande impatience !

Je n’ai pas parlé dans ce bilan de Men of a certain age, dont la dernière saison a été découpée (pour la simple raison que je dois la terminer), ni même de White Collar (dont la saison 3 me fait de l’oeil). Je prévois également un rattrapage de Game Of Thrones d’ici la rentrée. Mais je ne peux reculer la publication de cet article plus longtemps.

Reste à répondre à cette fameuse question… Alors, une bonne saison ? Oui, dans l’ensemble grâce à des shows vieillissants, même si j’ai connu mieux évidemment. J’espère que la saison prochaine apportera son lot de vraies nouveautés. On en reparlera bientôt.

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[Pilote US] Mad Love

Si vous me lisez régulièrement, vous savez que je peste fréquemment envers les comédies romantiques américaines actuelles, parce qu’elles n’arrivent plus à développer des personnages et à expliquer pourquoi deux êtres sont attirés l’un envers l’autre.

Et bien, Mad Love, ou en tous cas son pilote, me prouve une fois de plus que ce savoir-faire s’est définitivement perdu. Pourtant, c’était pas bien compliqué.

En 20 minutes, on avait le temps de montrer un peu les personnages, leurs attentes, leurs points communs. De nos héros nous ne saurons rien. A part qu’ils se sentent attirés l’un l’autre, chose qui nous est répété ad nauseam durant tout le pilote.

On avait le temps de faire un peu de symbolique à la Sleepless in Seattle, et de faire croire que leur rencontre allait échouer. Mais au lieu de ça, nous avons droit à un tour de magie, où les objets disparaissent et réapparaissent dans leurs mains, au mépris de toute loi physique. Non, ce qui rendait ce moment romantique dans le film de Meg Ryan, messieurs les scénaristes, c’est que l’objet était ramené à la dernière minute. Une seule fois, c’est crédible. Plusieurs fois, c’est pathétique. Et puis surtout, quand on veut montrer à quel point ces deux êtres sont destinés l’un à l’autre, on a ni besoin de le répéter, ni le besoin de les voir s’embrasser par deux fois. Un simple travail d’acteurs, un échange de regard vaut 10 000 baisers.

Au lieu de ça, on a droit à des scènes téléphonées (un faux-baiser avec une inconnue, l’ex qui débarque) et des acteurs qui semblent croire que leur seule présence peut rendre la sitcom intéressante. Malgré toute la sympathique que je peux avoir pour Sarah Chalke (Scrubs), je voulais autre chose qu’une parodie grossière d’un film culte. Dans le même temps avec l’acteur d’American Pie dans le rôle titre, j’aurais du m’attendre à ce que ça ne soit pas très fin.

Quant aux sidekicks, comme souvent dans les sitcoms, ce sont les plus intéressants. Non pas parce qu’ils forment un couple impossible (leur non-romance me laisse indifférent), mais parce qu’on leur a donné suffisamment de temps d’antenne pour leur donner une personnalité. Tyler Labine (Reaper) et Judy Greer (Arrested Development) en ont à revendre, même si je me serai bien passé des blagues sur les rots, décidément, toujours d’un goût exquis.

C’est d’ailleurs le principal problème de ce pilote. On ne rit pas. Si un effort est fait pour avoir des dialogues, ils n’ont rien de percutant. L’essentiel du show est de l’ordre de la gestuelle.

Au final même si on est loin du désastre de Perfect Couples, je ne m’y attarderai pas.

Party Down saison 2

Party Down avait été la bonne surprise de l’année dernière. Une comédie trash et désespérée sur des wannabe acteurs qui organisent des réceptions dans le milieu d’Hollywood (mais pas seulement), c’était déjà une riche idée. Mais avec Rob Thomas (Veronica Mars) aux commandes, on s’était vite aperçu que la série non seulement avait du potentiel, mais était réjouissante, avec son humour débridé.

Cette seconde saison a malheureusement montré les limites du show. On prend toujours du plaisir à voir comment les situations se goupillent les unes aux autres jusqu’au final explosif (le côté théatral du comique de situation est impeccable et force le respect), mais que de gags vus et revus pour en arriver là. Je sais bien que la drogue, le sexe sont les éléments principaux de la série, mais encore faudrait-il trouver autre chose à dire que « machin est défoncé », ou « machin se fait l’autre dans l’arrière salle ». Parce que ça arrive dans quasiment tous les épisodes, mine de rien !

En fait, pour s’apprécier, la série doit vraiment se voir à petite dose. J’ai fait l’erreur de rattraper mon retard en regardant 3 épisodes à la suite, et ça saute aux yeux.

Pour autant, le charme opère toujours, grace à des acteurs formidables. La saison 2 est cependant en retrait, car substituer Jane Lynch par Megan Mullaly (Glee oblige), c’est pas vraiment une réussite. Megan Mullaly est vraiment irritante à faire son sketch dans son coin, et jamais elle n’a réussi à s’intégrer complètement.

Heureusement le show décolle un peu plus quand il se recentre à nouveau sur Adam Scott et Lizy Caplan. Que voulez-vous, je suis shipper dans l’âme, et puis il est très difficile de résister à Lizzy Caplan (The Class, True Blood). Ca m’a plu de retrouver cette connivence et cette dynamique. Même chose pour Ken Marino qui était paradoxalement en début de saison parfois trop à côté de ses pompes pour incarner le loser idéal.

Du côté des guests, par contre j’ai été déçu par rapport à la première saison. Kristin Bell n’a pas vraiment brillé, à mon grand regret. Steve Guttenberg est méconnaissable mais pas assez drôle, et Patrick Duffy joue dans une scène inutile de quelques secondes. Du gâchis.

Pour autant, je n’ai pas  boudé mon plaisir pendant cette saison, même si une certaine lassitude s’est installée.

De toutes manières, il n’y aura pas de troisième saison. C’était déjà mal parti avec le départ d’Adam Scott tandis qu’une très forte incertitude planait sur Ryan Hansen (qui joue la saison prochaine dans Friends with Benefits sur NBC). Et ça a failli encore plus mal tourner puisque Lizzy Caplan a tourné le pilote de Tru Love (CBS). La série, finalement renommée Mad Love ne se fera pas avec elle. (La série de mi-saison sur CBS est la reine des désistements). La nouvelle est tombée hier : faute d’audience, Rob Thomas voit encore une de ses séries se terminer précipitamment, sans véritable « fin ».

Même si ça tournait en rond, je l’aimais bien, cette série comique.