Nouvelle sélection des dramas coréens à venir (fin 2010-début 2011)

Il était temps de faire une nouvelle sélection des nouveaux dramas coréens qui s’apprêtent à envahir le petit écran. Comme vous les savez sûrement, il n’y a pas de saison particulière en Corée du Sud, les séries se succèdent indéfiniment. L’occasion pour moi de faire une petite mise au point.

Par rapport à la sélection précédente, beaucoup de choses ont changé. Je ne veux pas parler des nombreuses déceptions (souvent proportionnelles au buzz), mais de certaines séries qui ont été reportées/modifiées.

Ainsi, depuis le décès de Park Yong Ha, le drama Love Song est en hiatus. La comédienne Yoon Eun Hye étudie certaines propositions de films comme my black minidress en attendant. Je croise les doigts pour que le drama arrive enfin en production, j’attends toujours les dramas de Yoon Eun Hye avec impatience. Rappelons que la série est inspirée du film hongkongais Comrades almost a love story, un film de 1996 avec Maggie Cheung qui narre une histoire sur 10 ans.

What’s up, l’une des 3 séries musicales à venir, est désormais prévue pour 2011 sans date précise. Si vous pensez à Fame en regardant un des premiers trailers, c’est normal. Je ne suis pas forcément très friand du genre, mais pourquoi pas. Im Joo Hwan (boys over flowers) a ses fans. Mais pour moi le casting a deux arguments : Oh Man Suk, qui m’était très sympathique dans Vineyard man, incarnerait l’un des profs, et Im Joo Eun (Soul, Mae Ri Dae Gu’s attack and defense battle) l’une des élèves. Et pour ceux qui aiment la K-Pop, vous apprécierez peut-être la présence de Daesung.

The Musical, qui comme son nom l’indique est une autre série musicale, a également été repoussée à 2011. La désormais convoitée Gu Hye Sun (Boys over flowers) faisant partie du casting, ainsi que le surprenant Park ki woong (Story of a man), voilà peut-être un projet intéressant.

Mais assez parlé des modifications, passons aux nouveautés. A noter que dans la liste qui suit, j’ai volontairement omis les dramas courts et épisodes spéciaux comme what do you really want.

Au rayon des séries à venir, j’en profite pour présenter le troisième projet musical : Dream High. Produit  en partie par la boite de Bae Yong Joon, cet autre série qui s’inspire de Fame mettra davantage de vrais talents musicaux devant les écrans. Un pari ambitieux, puisqu’un musicien ou un chanteur n’est pas forcément un bon acteur. C’est prévu pour Janvier 2011, il est donc fort probable que Dream High soit la première des 3 séries musicales à être diffusée.

La sélection est particulièrement difficile, puisque peu de projets se détachent vraiment, que ce soit par un casting attractif ou une histoire innovante, ou à défaut, intéressante.

Parmi les séries d’action à venir, évidemment, en attendant un probable Iris 2 pour fin 2011, on pense de suite à Athena goddess of war qui devrait arriver d’ici quelques jours devant les écrans. Le spin-off d’Iris bénéficie depuis plusieurs mois d’une campagne publicitaire imposante. A noter d’ailleurs, en parlant d’Iris que la série se prolonge désormais par un film (Iris : the movie) qui pourrait venir en Europe. Athena, tout comme Iris, bénéficie d’un casting de premier choix. Nul ne peut contester le charisme de Jung woo Sung, (A moment to remember, Le bon la brute et le cinglé), un de mes acteurs coréens préférés. Il incarnera sans nul doute un parfait agent du contre-terrorisme, chargé d’éliminer la menace qui pèse sur la Corée du Sud : le groupe Athena qui enlève également la fille du président. Le reste du casting est impeccable : je pense notamment à Soo Ae qui était impressionnante dans le film A family, et à Lee Ji Ah reconnue depuis The Legend. Reste à voir si l’actualité dramatique en Corée du Sud ne va pas mettre un frein à la diffusion du drama.

Poseidon commence aussi à faire du bruit. Même si le doute persiste sur son contenu comique, cette histoire devrait avoir son lot de scènes d’action. Le pitch ? L’équipe de garde-côtes Poseidon est chargée de lutter contre le terrorisme. Le point fort du cast est certainement le talentueux Kim Kang Woo (Story of a man). Verdict en 2011.

Autre série d’action, mais située dans le passé, Yaksha, sur le papier, emprunte beaucoup à Gladiator. C’est l’histoire d’un ami d’enfance du roi, loyal à celui-ci. Suite à la trahison de son frère, le voilà devenu esclave puis gladiateur et rêve de vengeance. La série dispose d’un bon budget, passe sur OCN, ce qui est plutôt de bonne augure. Yaksha débute début décembre.

A noter également que le film d’action et blockbuster Jeon Woo chi devrait faire l’objet d’une adaptation en drama l’année prochaine. L’histoire d’un jeune homme qui, en avalant une perle d’un gumiho, obtient des pouvoirs et devient un héros, protégeant les faibles.

Autre projet ambitieux, qui fait déjà beaucoup parler de lui, c’est évidemment City Hunter. Adapté du manga du même nom, ce drama permettra à Lee Min Ho (Boys over flowers, Personal taste) d’endosser le rôle du détective Ryo Saeba, qui ne combattra plus le crime à Tokyo mais … à Seoul évidemment. Les fans commencent déjà à fantasmer, mais il va falloir patienter.

Il faut croire que les adaptations de mangas sont à la mode, puisque celui de Kaiji Kawaguchi, Eagle, va donner un drama intitulé tout simplement President. Avec des acteurs autour de la cinquantaine, c’est sûr, le drama ne va pas faire des étincelles auprès des ados. Pourtant cette histoire mêlant vie privée et professionnelle du président peut donner quelque chose d’intéressant. A noter que dans un second rôle on trouve Byun Hee Bon, un abonné des rôles de grand-père (My Girl, le film The Host, God of Study, My Girlfriend is a gumiho). Ca arrive devant les écrans début décembre.

Tiens, en parlant des ados, le drama Birdy Buddy, ne m’inspire guère. Déjà à la base j’ai du mal avec les histoires de réussite autour du sport, mais une histoire autour d’une fille de la province qui devient championne de golf, très peu pour moi . Et puis il faut bien le dire, le casting ne m’attire pas du tout. Désolé pour les amoureux de ce sport. Il n’y a guère que Lee Da Hee qui est susceptible de m’intéresser, même s’il peut y avoir de bonnes surprises parmi les nouveaux venus. Ca devrait sortir au mieux fin de l’année, au pire début de l’année prochaine. EDIT 6/12/10 : Le drama n’arrivera pas devant les écrans, par décision de MBC.

Le cas de Paradise Ranch est plus ambigu.  Vous allez me dire que je me fais avoir avec des descriptions comme « lumineux, avec de très belles musiques », ou à cause de son cadre (l’île de Jeju), mais en fait c’est davantage une question de pitch. J’aime beaucoup les histoires de couples divorcés qui doivent gérer le résidu de leurs liens affectifs (Alone in love). Je croise les doigts, le script vient du scénariste de Coffee Prince. vous me direz que le scénario de Coffee Prince n’était pas extraordinaire. Si, justement, il a compris que parfois en arrêtant de se fourvoyer dans des carrés amoureux ça peut radicalement changer l’atmosphère d’un drama. D’un autre côté, il faut aussi se rendre à l’évidence : mis à part un des acteurs qui a joué dans My wife got married, les autres acteurs sont soit peu expérimentés soit viennent du monde de la K-Pop, ce qui n’est pas très rassurant. Le drama aurait du sortir depuis longtemps, mais il a pris du retard (l’acteur principal devant prendre des cours !) et devrait enfin sortir en Janvier. Gloups.

Il arrive aussi parfois que le casting soit un peu plus intéressant mais que le pitch ne m’attire pas du tout. Par exemple, le drama Sign a pour lui des acteurs expérimentés (avec notamment l’actrice de 200 Pounds beauty), mais non ça ne m’intéresse pas plus que ça de voir une série médico-légale coréenne. On est pas à l’abri de surprises, cependant. Les coréens savent très bien mixer les genres pour en faire quelque chose de très éloigné de ce à quoi on aurait pu s’attendre. Vu les premières photo, en tous cas, ça l’air un peu sombre. Réponse début Janvier.

My Princess suscite beaucoup plus d’intérêt : le réalisateur de Pasta, le scénariste de Secret Garden, le retour de l’acteur d’Autumn Tale (Song Seun Hun), l’actrice d’Iris (Kim Tae Hee).. Ca sent le savoir-faire, et puis même si le pitch est ridicule (une étudiante devient princesse en une nuit), ça a au moins le mérite d’attirer la curiosité. En espérant que ce ne soit pas un Goong-like, bien sûr. Mais j’ai vraiment envie de voir ce que ça peut donner. Ça devrait arriver en Janvier.

Il m’est bien difficile de juger ce que pourrait donner Midas. Ok, le drama se situe dans les milieux financiers. Le casting réunit deux stars : Jang Hyuk (connu pour son rôle dans le film Windstruck), et Lee Min Jung (connue pour le fameux remake moderne de Cyrano de Bergerac :  Cyrano Agency). Mais pour le reste, il va falloir attendre d’autres informations sur le ton du drama, prévu pour le printemps.

Un autre drama est en train de faire le buzz : Faith. Un drama historique au budget de 2,5 millions de dollars, filmé en 3D. Je ne suis pas, comme vous le savez peut-être, un fan des reconstitutions historiques. Mais son approche sur la médecine orientale de la période Goreyo (approximativement dans les années 1000-1400) m’intéresse beaucoup. L’histoire de la médecine, qui mêle croyance et savoir millénaire, est passionnante. (Ça explique d’ailleurs en partie pourquoi j’avais aimé le drama japonais Jin). Faith a bien d’autres atouts dans sa manche : le très populaire Kang Ji Hwan (Coffee House), le retour de la vétérane Kim Hee Sun (Smile Again), le tombeur de filles Lee Philip (The Legend, Story of a man, Secret Garden) accompagné d’ un autre acteur de The Legend, Choi Min Soo. Oui, je connais déjà certaines personnes pour qui ce drama sera immanquable. Et sauf surprise, je compte bien replonger dans les dramas historiques avec Faith, l’occasion est trop belle. Pas de date précise pour le moment.

Autre drama historique, A tree with deep roots, basé sur le livre écrit par le même auteur que Painter of the Wind, se situe au 15è siècle, début de l’écriture moderne coréenne. Une histoire de conspiration et de meurtres qui devrait ravir les fans du genre. Le drama ne sera probablement pas diffusé avant ce printemps.

Enfin, un autre drama historique est en préparation, basé sur le mythe fondateur de Baekje (région ouest de la péninsule) avec les deux fils du roi, Onjo et Biryu. (d’où le nom du drama Onjo Biryu, évidemment). Baekje est un royaume qui se développa pendant la fameuse période des trois royaumes (premiers siècles après J.C.).Date de sortie inconnue pour le moment

Peu d’informations circulent à propos de To the Emperor/For emperor, à part le fait qu’il pourrait réunir Lee Min Jung (Midas), et Lee Seo Jin (soul).

Il est également encore un peu tôt pour parler de Love Hurt and showers puisque l’acteur principal n’a pas encore été choisi. Le concept est également des plus vagues : une famille entre amour et douleur. Han Ji Min (All In) incarnerait la fille aînée.

A noter que j’ignore où en est le projet Could it be fruit candy/Perhaps fruit Candy qui devrait réunir la jeune beauté Go Ah Ra et Jin Tae Hyun, deux acteurs que je connais assez mal. Le drama a l’air d’être sans cesse repoussé.

Ceci n’est évidemment qu’une liste d’impressions totalement subjectives, et je me fourvoie assez souvent dans les résultats, mais, c’est ce qui fait le charme de l’exercice. Les previews de dramas coréens sont très difficiles, les pitchs ne donnant aucune indication sur l’alchimie des acteurs, le rythme, le ton, l’humour, l’ambiance générale, autant de points déterminants dans l’appréciation d’un drama coréen.

En résumé, mes plus fortes attentes sont : Love Song, Athena, City Hunter, Paradise Ranch (en croisant très fort les doigts), My Princess, Faith

Et pour vous ?

Note modifiée en avril 2011 : Pour une sélection du printemps 2011, vous pouvez vous rendre ici.

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Acteurs et actrices coréennes : Yoon Eun Hye

Comme prévu je complète un peu ma présentation des acteurs et actrices coréens à la télé.

Yoon Eun Hye (Yun Eun Hye) est l’une des actrices les plus populaires en Corée du Sud. Elle a commencé très tôt dans l’entertainment puisqu’elle a remplacé un des membres du groupe de K-Pop Baby V.O.X. dès l’âge de 15 ans.

C’est en fait l’une des victimes du star système coréen. Comme j’en parlais dans mon article sur les suicides, accidents et maladies en Corée, elle a subi des pressions de la part de la presse et des fans du groupe. Son surpoids (tout relatif) lui a valu bien des critiques (elle aurait bien tort de ne pas se venger aujourd’hui, voyez plutôt), et un fan lui a même abîmé sa cornée à l’aide d’un pistolet à eau vinaigrée.

Pour autant, Yoon Eun Hye s’accroche. Elle quitte le groupe pour se lancer dans une carrière d’actrice. C’est le jackpot.

Goong (Princess Hours) est, en 2006 le drama le plus vu à la télévision, derrière Jumong. Tiré d’un manhwa   (pour simplifier : manga coréen), l’histoire de Goong est pour le moins originale. Elle se situe dans un univers alternatif où la Corée est dirigée de nos jours par une famille royale. (Tiens, si ça donne pas des idées à des scénaristes français : imaginez une monarchie française en 2010 !). L’idée est excellente, les téléspectatrices sont férues d’histoires de princesse. Le reste est une sorte de Sissi impératrice, version adolescence coréenne. Une lycéenne, jouée par Yoon Eun Hye devient princesse à la suite de circonstances particulières (un pacte entre ancêtres). Elle doit donc pour cela épouser le prince, suivre les coutumes ancestrales de la Cour, etc… Mais le prince et la princesse ne s’entendent pas du tout. Sans compter qu’un complot se trame pour destituer le prince. Yoon Eun Hye essuie quelques critiques (pas forcément très justes) sur son jeu, mais l’audience suit, la série devient un phénomène. A titre personnel, cependant, je dois quand même signaler que je n’ai pas du tout aimé le drama, qui s’étire sur 24 épisodes. C’est long, très long. La bouille sympathique de Yoon Eun Hye n’a pas suffi. Et ne me demandez pas pourquoi, mais un spin-off Goong S a été réalisé l’année suivante.

Profitant de sa popularité, la jeune actrice se lance la même année dans le drama The Vineyard Man. L’histoire d’une fille passionnée de mode qui va devoir vivre à la campagne pour hériter d’une parcelle de vignoble qui vaut de l’or. Sans forcément être incontournable, le drama est sympathique, et montre déjà que l’actrice a du potentiel dans le registre de la comédie romantique classique.Malgré une forte concurrence, cette histoire d’amour (entre un vigneron bourru au coeur d’or et une fille qui découvre la vie rurale) fait de très bonnes audiences. L’actrice est « bankable ».

Mais c’est l’année suivante que sa popularité (et son talent) va exploser. L’excellent drama The First Shop of Coffee Prince (Coffee Prince) explose les charts dans toute l’asie (Japon, Thailande, Chine, Taiwan, Singapour) et devient culte. Je ne reviens pas sur le drama, il est tout simplement incontournable. Vous pouvez en lire ma critique ici.

Devenue l’une des stars les mieux payées du petit écran, elle change de managers suite à de sombres histoires de contrats (dont elle n’était pas responsable). Elle en profite pour se lancer dans la mode, avec réussite, avant de retourner au petit écran avec le drama My Fair Lady. Problème : tout le monde voulait retrouver un personnage espiègle et adorable. Yoon Eun Hye se retrouve coincée dans un rôle qui n’était pas taillé pour elle, sans compter que le scénario et la réalisation ne l’aident pas vraiment. Si artistiquement c’est un demi-échec, les audiences, par contre, continuent de suivre.

Après quelques apparitions dans la musique (Salad song), ou des caméos (personal taste), Yoon Eun Hye devait reprendre le chemin des studios télés pour jouer dans Love Song, au côté de Park Yong Ha, qui s’est suicidé récemment.

Je passe volontairement sur sa carrière au cinéma (elle a notamment joué dans le navet The legend of seven cutter/Escaping of charisma).

En 2011, elle a repris le chemin des dramas avec Lie to me, où elle se fait passer pour la femme de Kang Ji Hwan. Le drama est un échec critique, à cause de scénariis incohérents, mais il permet à l’actrice d’avoir de très belles scènes (dont le fameux cola kiss).

Yoon Eun Hye est une actrice vraiment irrésistible (so cute !). Malgré quelques fictions de mauvaise qualité, son public la suit. A raison.

Suicides, accidents et maladies en séries au pays du matin calme

Si vous suivez un peu l’actualité de la fiction coréenne, vous êtes sans doute au courant du récent suicide de l’acteur Park Yong-Ha. J’avoue avoir pris la nouvelle très à coeur, étant donné que c’était un acteur brillant, qui avait fait merveille dans la série Story of a man (aka Slingshot). Quand on sait qu’il y jouait un homme dont le frère se suicide et bouleverse ainsi toute la famille, c’est d’autant plus troublant. Il avait aussi joué dans Winter Sonata et On Air, et juste avant l’annonce de son décès, je me réjouissais de voir son nom accolé à celui de la délicieuse Yoon Eun Hye dans la future série Comrades/Love Song dont je vous parlais dans mon article sur les séries coréennes à venir. Le projet avait tout du hit (bien qu’il faille se méfier du buzz, puisque beaucoup de projets se sont finalement révélés décevants, comme le dernier Road Number one, avec Kim Ha Neul.)

Il s’avère que Park Yong Ha était très dévoué envers son père, malade d’un cancer de l’estomac en phase terminale. Ayant de plus une forte tendance à la dépression (ce qu’il reconnaissait de lui-même dans plusieurs interviews), il aurait donc choisi de mettre fin à ses jours.

Adieu Park Yong Ha, ton absence va créer un vide.

Outre le drame humain personnel (qui montre d’ailleurs à quel point les liens familiaux sont encore importants en Corée du Sud), j’avais envie de revenir sur le nombre impressionnants de suicides, d’accidents et de maladies dans le petit monde des acteurs coréens.

C’est un fait, en Corée, comme le dit Ladyteruki dans sa très brillante présentation de la télévision coréenne, (même si je ne suis pas tout à fait d’accord lorsqu’elle dit que passé le service militaire les acteurs font plus difficilement carrière, bien sûr beaucoup sont oubliés mais la plupart rebondissent grâce à la grande quantité d’oeuvres produites chaque année, et le public a de la mémoire, par exemple Gong Yoo de Coffee Prince est sorti de son service, acclamé par les fans), c’est un fait, disais-je, les suicides d’acteurs font régulièrement la une de la presse. Ce petit monde n’est pas épargné et subit une vraie pression. Il faut voir par exemple à quel point une simple affaire de consommation de drogue (cannabis, ecstasy) est devenue un scandale brisant la carrière de ceux qui y sont impliqués (Joo Ji Hoon), ou bien comme les harcèlements de la presse sont éreintants. On se souvient par exemple de Choi Jin Shil, qui s’est suicidée car ne pouvant plus supporter les fausses accusations qu’on lui portait (elle aurait profité du suicide d’un autre acteur Ahn Jae Hwan pour prêter de l’argent avec intérêts). D’une manière générale, la presse people et le comportement des internautes, prompts à lancer toutes sortes de rumeurs, semblent vraiment scandaleux. Mais outre les rumeurs, ce sont beaucoup de jugements et de critiques sur la moindre action, la moindre apparence des stars (critiques sur le poids, la chirurgie esthétique omniprésente là-bas). Je trouve aussi que les fans sont particulièrement dangereux (on se souviendra de la pauvre Yoon Eun Hye qui aura subi des jets d’eau vinaigrée dans son oeil, ce qui a abîmé la cornée de l’actrice).

Parmi les suicides, on peut ainsi nommer celui de l’actrice Jung da Bin ou de l’actrice Lee Eun Ju (Bungee Jumping of their own, Lover’s concerto) qui s’est suicidée suite à la scène de nue qu’elle avait tourné dans The Scarlett Letter.

Mais c’est peut-être aussi du côté des mentalités qu’il faut chercher une explication. La dépression n’est pas considérée comme une maladie comme chez nous, mais comme une faiblesse honteuse, et le seul moyen de réparer sa fierté et son honneur semble être le suicide.

Cette mort n’est pas la seule malédiction frappant les acteurs coréens. Je pense notamment à des accidents ou des maladies graves, phénomènes plutôt fréquents là-bas.

Ainsi, la Corée aura perdu le très sympathique acteur de Coffee Prince (Lee Eon) par un accident de moto, tandis que l’actrice Jang Jin Young est morte d’un cancer de l’estomac juste après son mariage.

Ce sont à chaque fois des évènements qui bouleversent le pays, mais rien ne change. Il faut croire que ces tragédies contribuent à ce que ce pays reste le roi de la fiction mélodramatique.

Les remakes de séries télé

Je me suis souvent posé la question, si au fond, je n’étais pas un peu trop nostalgique. Ou si tout bonnement j’avais une profonde aversion contre le système américain, qui n’est bien souvent qu’une usine de recyclage. En d’autres occasions, je parlerai des remakes américains de films asiatiques, mais pour le moment, j’avais juste envie de faire un petit tour du côté des séries.

Faire un remake, ça a souvent été le moyen de faire revivre d’anciennes séries. Et le moins qu’on puisse dire c’est que le résultat n’a pas été très concluant, ce qui n’a pas empêché bien sûr les nouvelles vagues de remakes que l’on connait aujourd’hui.

On se souviendra particulièrement de la franchise Mission Impossible. Non je ne parlerai pas des films dans lequel joue un scientologue, mais bien de la série originelle, diffusée entre 1966 et 1973 sur CBS. La série est devenue culte en 7 saisons. Tout le monde connait je pense cette série, nul besoin de la présenter. J’en profite pour rendre hommage à Peter Graves qui nous a quitté cette année et qui représente un pan entier de la culture télé américaine. Il avait réussi à ressusciter la série en 1988 (Mission impossible, 20 ans après), pendant 2 saisons. Un remake qui était davantage axé sur des gadgets malheureusement un peu invraisemblables (comme la création de masques). Cela n’a duré que 2 ans.

Dans un autre pays, ce fut aussi le remake de Chapeau Melon et Bottes de Cuir (The Avengers) : The New Avengers. Exit le duo entre John Steed et  Gale, Peel ou King, voilà qu’on nous mettait en scène un trio sans sex-appeal, composé de John Steed, Purdey et Gambit. Là aussi cela ne dura que 2 saisons.

Je pourrai aussi citer The Addams Family, dont la franchise perdurera en couleurs avec The New Addams Family et pour quaisment le même nombre d’épisodes : 2 saisons.

Des tentatives plus récentes ont rapidement avorté : fallait-il vraiment ressusciter K2000 ? Les téléfilms qui ont suivi la fin de la série ne montraient-ils pas déjà à quel point la série n’avait plus rien à dire ? Knight Rider n’aura même pas une saison complète : elle sera rapidement écourtée.

On nous avait aussi promis un remake de Super Jaimie, (elle-même déjà spin-off de the Six Million Dollar Man – dont la conversion en français coûte 3 milliards). Une héroine optimisée, ça avait du potentiel en ces temps de féminisation des personnages. Et pourtant, quelle déception : Bionic Woman est un remake sans âme, qui ne sait même pas ce qu’elle doit raconter. 8 épisodes dont la série originelle n’avait vraiment pas besoin.

Alors pourquoi ne pas tenter de faire revivre des soap ? J’avoue, que sur le papier, revoir Jennie Garth (Beverly Hills), ça suscitait au moins ma curiosité (j’ai aussi été ado). Mais a quoi bon ? L’esprit n’est définitivement plus le même, et le décalage entre les moeurs de l’époque et celles d’aujourd’hui ne donne vraiment pas envie de s’investir. Pour autant, la CW a persisté et elle devrait obtenir une 3è saison. Notez bien que la recette n’a pas fonctionné pour le remake de Melrose place, qui n’aura eu qu’une saison. Là aussi je n’ai pas tenté.

Au rayon des remakes réussis, bien sûr, il y a Battlestar Galactica. Un reboot intelligent de la franchise, un discours politique et humaniste, des effets spéciaux modernes, des révélations, tout était en place pour attirer le fan de SF. Avant que la série ne se fourvoie dans des triangles amoureux insipides, des épisodes sans histoire et sans rythme, pour se finir dans un grand n’importe quoi. Mais c’est dit : BSG fut une très grande série pendant 2 saisons. Et l’une des très rares séries qui a su apporter quelque chose à partir d’une série au concept limité.

En parlant de concept, c’est bien beau de l’exploiter et de vouloir apporter une autre version, encore faut-il que la forme suive. Ce n’est pas du tout le cas par exemple du remake du Prisonnier, série culte par excellence. Soporifique et délirante,la minisérie remake d’AMC se voulait pourtant intelligente en apportant un degré de lecture supplémentaire. Au bout de 6 douloureux épisodes, la déception est belle et bien là.

Enfin, le dernier remake a voir su tirer temporairement son épingle du jeu est V. Sans arriver à convaincre complètement, elle a au moins le mérite de booster le rythme de l’originale et d’avoir un personnage charismatique. Reste à voir si elle survivra une deuxième saison.

J’avais parlé en tout début d’article des adaptations de films étrangers. La tendance aujourd’hui est d’aller chercher les idées qui marchent en matière de séries. Est-ce le signe d’une pauvreté créatrice ou de la main mise du marketing sur les créateurs ? (il est plus facile de faire parler d’une série quand on peut déjà dire qu’elle est l’adaptation d’une autre) : Ugly Betty, Coupling, Eleventh hour, The Office… Ne connaissant pas les originaux je me garderai bien de tester leur pertinence. Mais dans les faits, aucune n’a réussi à me convaincre. Par exemple Ugly Betty n’était pour moi qu’une mise en scène astucieuse pour camoufler la pauvreté des intrigues, tandis que The Office n’a du sa survie qu’à la présence de Jim et Pam, avant que je ne me lasse des gags pas drôles (et souvent méchants) du restant des intervenants. J’avais pourtant cru comprendre qu’à l’origine ça devait être une satire du monde du travail…

Enfin, il semblerait que les USA commencent à regarder d’un peu plus près les productions coréennes (les droits de diffusion du futur drama Comrades/Love song auraient été accquis par Warner, ce qui à ma connaissance, est une première). J’ai le droit d’être suspicieux après l’immonde histoire de My Sassy Girl (En occident, seule la France a pu éditer le DVD du film asiatique, car les américains avaient acheté les droits partout ailleurs pour en faire un immonde remake et ne voulaient pas de concurrence avec l’original)…

Alors quel avenir pour nous les téléphiles ?

C’est malheureux à dire, mais les remakes sont un vrai atout pour les networks dans une guerre de communication. Nikita et Hawai police d’Etat sont les remakes de la saison à venir. Si évidemment je ne peux me prononcer sur leur qualité, je peux en revanche m’inquiéter sur cette tendance à privilégier la forme au fond. Les échecs cuisants qui se sont succédés ces dernières années n’ont pas refoidi les ardeurs des décisionnaires. Mais à force de jouer sur la fibre nostalgique, on va vite manquer de franchises valables. Et moi ça me fait peur qu’on ose envisager un remake d’Alias à peine 4 ans après sa fin.