Super Fun Night [Pilote]

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Super Fun Night reprend point par point les codes des comédies romantiques où l’héroïne au physique particulier finit par conquérir l’homme de ses rêves (Miranda, Ugly Betty, et bien sûr Bridget Jones)

Ainsi, Kimmie Boubier (Rebel Wilson), jeune femme obèse qui n’a pas la langue dans sa poche, un rien naîve, mais gentille, est aussi très gaffeuse et maladroite. Au boulot elle rentre involontairement en compétition avec une femme cruelle au physique plus avantageux, laquelle vise le fils du boss de la firme.  La générosité et la simplicité de Kimmie, et quelques points communs (un goût pour les taquineries et les puérilités) vont donc finalement lui permettre de vaincre…

Enfin, ça, c’est pour la suite, puisque tout dans le pilote est prémâché, jusqu’aux gags simplistes annoncés bien trop tôt (Kimmie s’évanouit en public). On se retrouve avec une comédie qui manque de personnalité, et qui compte s’appuyer entièrement sur la popularité de Rebel Wilson.

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Hélas, tout le long je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Miranda la gaffeuse, extrêmement attachante, et drôle. Kimmie réplique ses gags sans la moindre originalité, mais n’arrive jamais à devenir sympathique. Elle joue le rôle d’un bouffon, et s’y tient. Qui peut encore rire pendant 5 longues minutes devant une héroïne qui n’arrive pas à enfiler des bas trop petits ? Il manque des rebondissements, du rythme, une petite pointe de fantaisie. Il n’y a pas beaucoup d’imagination dans les gags visuels, et le pilote a des séquences bien trop longues pour faire mouche (en particulier le duel de chansons).

Il m’en aurait fallu bien plus pour me convaincre. L’auto-dérision sur l’obésité ne fait pas tout, hélas. Et je plains la pauvre Liza Lapira à nouveau coincée dans une série sans intérêt.

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[Pilote] Dont trust the B**** in Apartment 23

La saison se termine bientôt, et pourtant les nouveautés continuent d’affluer. Dernière en date, la comédie Don’t trust the B**** in apartment 23, qui m’a donné envie de reprendre le clavier. Pourtant à l’instant où je tape sur ses touches, j’ignore où j’en suis encore avec le pilote. Parce qu’il faut bien le dire, plusieurs aspects m’ont fortement irrité.

On nous raconte donc en une vingtaine de minutes l’histoire de June, venue tenter sa chance à New York, et qui suite à plusieurs revers, se retrouve en colocation avec Chloé, une jeune femme qui cachait bien son jeu. Elle est odieuse, et a pour habitude de faire fuir celles qui osent habiter avec elle. Évidemment, on s’en doute dès le départ, ces deux là vont finir par s’apprécier à leur façon. Et pour remplir le quota des personnages secondaires délirants, nous avons droit à James Van Der Beek dans son propre rôle, un voisin voyeur et pervers, et une voisine obsédée par Chloé.

Avant toute chose, je vais reprendre une réflexion que j’ai malheureusement déjà faite plusieurs fois cette saison : si on veut faire dans la provoc’, il faut assumer. Il n’y a rien de pire qu’un titre de série qui s’autocensure. « Ah vous voyez toutes les choses qu’on pourrait raconter mais qu’on ne va pas vous montrer ? » Si les créateurs se sentent censurés par le network, qu’ils changent de chaîne pour avoir la liberté qu’ils désirent et ne s’en servent pas comme un argument marketing ! La censure peut certes amener un regain de créativité quand il s’agit de contourner des règles, mais pour cela il faut une écriture parfaite, chose extrêmement rare que ce pilote n’a évidemment pas réussi à atteindre. Lorsque Krysten Ritter apparaît nue à l’écran, son corps est tellement flouté qu’on se demande l’intérêt de la montrer. Il aurait été plus amusant de se servir du pouvoir de suggestion comme certaines scènes célèbres d’Austin Powers. L’effet comique est ici proprement inexistant.

Ce qui m’amène à une autre reproche : les gags. Si l’épisode a un rythme trépidant, et qu’on sent une bonne dose de délire dans la plupart des scènes, la majeure partie de ces gags utilisent très mal l’effet de surprise. Un gag qui ne surprend pas n’est pas un gag. Et je me pose encore la question de l’efficacité du flashforward dans le registre comique, étant donné qu’il dévoile dès les premières secondes la quasi intégralité de l’intrigue de l’épisode.

Enfin, vous constaterez aussi ma complète subjectivité : j’en veux énormément aux créateurs de la série d’utiliser Liza Lapira ainsi. C’est un crève-cœur de voir cette actrice qui avait su interpréter si brillamment une femme forte dans un couple (Traffic Light) devenir une binoclarde recluse, revancharde et obsédée par sa voisine, avec un temps d’antenne n’excédant pas les 20 secondes. Un rôle on ne peut plus limité et tout sauf drôle. Le cas de James Van der Beek me laisse de marbre, où plutôt me laisse à penser que là aussi la série a voulu faire du buzz sans penser à écrire des scènes efficaces. Ce n’est pas la première fois qu’un acteur s’autoparodie dans une série, et j’ai été complètement hermétique à un James Van Der Beek tombeur, acteur raté qui tourne des pubs ratées (merci Joey Tribbiani).

On finit donc par se demander si derrière la forme et le plaisir certain de la nouveauté se cache vraiment un potentiel comique. Fort heureusement il est là, mais il faut pour cela contourner les limites du concept. On est pas encore comme dans 2 Broke Girls où l’alchimie entre les actrices est immédiate, mais Krysten Ritter est formidable et assure une vraie présence tandis que sa consœur Dreama Walker (Becca dans The Good Wife) est prometteuse. J’espère juste que les raccourcis opérés lors du pilote pour des raisons de rythme et de présentation ne seront plus là par la suite, car au final j’ai eu du mal à comprendre le lien de sympathie de Chloé envers June (il aurait fallu autre chose qu’une explication de James van Der Beek !). C’est là la limite du procédé. Chloé ne pouvait pas rester méchante, mais on ne peut expliquer d’une manière « humaine » qu’elle peut être gentille, parce que ça détruirait le cœur du show : son côté « osé » sévèrement buzzé.

Difficile au final de savoir comment le show va équilibrer ses personnages sans faire perdre l’atout du show, Krysten Ritter. Mais malgré la sensation d’un buzz créé de toutes pièces, j’ai tout de même eu du plaisir à découvrir ce pilote : il y a du rythme, certains gags fonctionnent plutôt bien, le duo a du potentiel pour être attachant. Ça vaut le coup de tenter quelques épisodes de plus…

Traffic Light

Traffic Light a été l’une des perles de cette saison 2010-2011 aux USA. Une série comique injustement boudée par le public n’a malheureusement aucune chance d’être renouvelée, sauf encensement des critiques. C’est le sort qui lui a donc été réservé, dans l’indifférence la plus totale.

Pour l’apprécier, encore eut-il fallu passer outre les nombreuses critiques négatives, qui rien qu’à la vue du pitch (une comédie sur trois couples), ont mis cette perle dans le sac des productions sans âme.

Et pourtant. Ça faisait des années que je recherchais non seulement des couples qui paraissent suffisamment réels (et là je ne parle pas d’alchimie, mais bien de personnages qui ne sont pas creux et qui ont de vraies personnalités sans être caricaturaux). Je cherchais également une vision masculine qui soit autre chose que celle de l’éternel college boy. Et surtout, je voulais une grille de lecture sur le fonctionnement d’un couple sans tomber dans les clichés.

Traffic Light a comblé tous mes espoirs. Oui il était encore possible de dire quelque chose sur les couples, et mieux encore, sur l’homme dans un couple. Et ça forcément, ça détonne dans le contexte actuel où la sitcom est devenue une avalanche de gags sans la moindre réflexion sur les personnages.

Traffic Light tient peut-être son originalité du fait qu’il s’agisse d’un remake de la série israélienne Ramzor, série acclamée par la critique (elle a notamment un international emmy award en 2010 comme meilleure série comique).

Ne vous limitez donc pas à la lecture de ce pitch, qui ne rend pas hommage à ces personnages qui je le répète, ont une vraie personnalité, une vraie présence.

La série nous présente 3 hommes, copains depuis des années, qui sont tous à un stade différent de leurs vies. Ces 3 là cherchent leur identité d’homme tout en disant adieu à leur passé de garçon. Ce qui leur donne une certaine sensibilité.

Mike (David Denman, l’ex de Pam dans The Office) est marié à Liza (Liza Lapira) et ensemble ils élèvent leur enfant. Dans cette vie, Mike se rend compte qu’il perd peu à peu ce qu’il avait. Fini le temps libre, finies les décisions simples, il est mené à la baguette par sa femme qui fait tout mieux que lui. Et il va se battre pour récupérer sa dignité d’homme mâle. Sont en jeu : sa liberté, sa virilité, sa position dans le couple, autant d’un point de vue sentimental que financier.

Adam (Nelson Franklin) vient d’emménager avec sa copine Callie (Aya Cash), et cherche les clés qui lui permettront de rester ce qu’il est sans perdre sa copine. Il est un peu le type naïf, pataud, qui ne sait pas comment s’y prendre pour aborder sereinement le virage de la vie à deux.

C’est un engagement que refuse de faire Ethan (Kris Marshall), qui continue d’enchaîner les conquêtes. Évidemment il s’agit du personnage le moins intéressant des trois. Il sert en quelque sorte de point zéro pour placer chacun par rapport aux divers problèmes de couple. Pour autant il n’est pas un dragueur « lourdingue » comme Barney dans How i met your mother. C’est un chasseur, séducteur, mais qui traite les femmes avec beaucoup plus de respect.

La raison de la réussite de la série tient donc dans le portrait de ces hommes attachants, mais aussi dans celui des femmes, avec en tête, Liza Lapira, absolument parfaite en femme à poigne, non pas dominatrice, mais qui sait comment manipuler son homme tout en étant encore très amoureuse de lui.

Ainsi, la série fonctionne très bien quand il s’agit d’aborder des questions de couple, son rapport de force entre l’homme et la femme, et toutes les questions peuvent mettre en péril celui-ci. C’est assez fin, généralement très bien vu, et ça contribue à rendre les personnages encore plus sympathiques. Il ne s’agit pas là d’un humour délirant, au rythme frénétique, mais bien d’une peinture douce et sucrée. C’est drôle parce que c’est vrai, parce que ça nous touche, et pas parce que c’est un festival de gags.

La série n’évitera pas, bien sûr les situations abracadabrantes, pour la plupart très réussies et suffisamment drôles pour se rappeler que nous somme bien dans une série comique. En revanche j’ai quelques réserves sur l’apparition de personnages bien trop délirants pendant quelques épisodes, qui cassent ce si précieux et fragile équilibre tenu jusqu’à alors.

13 épisodes, et rien de plus. On se retrouve ainsi terriblement frustré à la fin de cette saison, qui a heureusement le bon goût de ne pas entamer un fil rouge. Pas de cliffhanger, donc. Mais l’envie de revoir tous ces épisodes, pour se dire, que parfois, avec une vraie écriture, et de bons acteurs, on peut arriver à faire revivre la magie télévisuelle, celle où les séries sont touchantes et sincères.

Traffic Light, tu vas me manquer. (Et Liza aussi !)

[Pilote US] Traffic Light

Traffic Light (ex Mixed Signals), est une énième sitcom nous parlant de 3 amis à différents stades de leurs relations avec leurs copines respectives. Oui, le divertissement est de plus en plus calibré. Ce n’est pas tant le fait de parler d’amitié et d’amour qui soit redondant, c’est plutôt l’idée de s’adresser à un spectre le plus large possible, en montrant à travers différents couples l’évolution graduelle de leurs relations, et de leurs problèmes. Donc plutôt que de la comparer à l’ignoble Perfect Couples, je pense qu’il faut plutôt la comparer à Better With You, qui narre également 3 couples (le jeune couple qui démarre, le couple de 10 ans, et le vieux couple usé jusqu’à la corde).

Dans Traffic Light, avec une analogie aux feux de circulation, on nous présente donc Ethan (Kris Marshall), celui qui n’arrive pas à se stabiliser et qui profite de la vie (le feu vert), mais aussi Adam (Nelson Franklin, The Office) qui vient tout juste de s’installer avec sa copine (feu orange), et enfin Mike (David Denman, The Office) qui est marié à Lisa (Liza Lapira, Dollhouse, Huff) et est contraint de s’adapter à son nouveau statut de père (le feu… rouge, évidemment !).

Alors que Better with you attaquait les deux maillons du couple, dans Traffic Light, ce sont plutôt les hommes qui en prennent pour leur grade, à fuir leurs responsabilités car ils veulent avoir du temps libre « pour eux ». Et j’avoue que c’est plutôt bien vu, et finement dessiné.

Car Traffic Light n’est pas une grosse farce avec des gags en pagaille, elle veut avant tout qu’on s’attache à ses personnages. Ce qui fait sourire, c’est davantage la façon dont ils se font prendre à leur jeu. Eux qui semblaient tout faire pour trouver un nouvel équilibre dans leur couple, les voilà confrontés à plus fort qu’eux : les femmes, qui prennent en main la domestication de leurs compagnons.

Inutile de dire que j’étais ravi de revoir Liza Lapira (elle est LA raison pour laquelle j’ai quand même essayé ce pilote). Son personnage de femme à la poigne forte est réjouissant, et elle n’a pas encore suffisamment de temps d’antenne à mon goût, mais c’est un bon début.

Alors oui Traffic Light, à la lecture de ces lignes peut vous sembler tout sauf original, mais il s’en dégage quelque chose, une atmosphère légère entre sincérité et sarcasme. Et ces deux tons sont suffisamment équilibrés pour rendre la sitcom attachante. Les personnages ne paraissent pas caricaturaux. Et puis c’est vraiment drôle par moment, on ne sent pas que le gag est « forcé ». Et ça, ça fait du bien. Ne vous étonnez pas si ce léger vent de fraicheur s’explique par le fait que la série est adaptée de son modèle israélien.

Moi qui comptait ne pas allonger ma liste de séries, me voilà bien verni. Mais Traffic Light est un jolie surprise.