Two Weeks [Pilote – Corée]

Two Weeks

Ils auront été rares, cette année, les dramas coréens aux coups de foudre instantanés. Au point que je me suis réellement demandé si je ne devenais pas trop difficile. Merci à Two Weeks de me prouver qu’un bon thriller sait avant tout donner du rythme à ses intrigues.

Après quelques égarements dans la présentation de notre bad boy (Lee Jun Ki accusant au début du drama de sérieuses déficiences d’acteur – désolé pour les fans), c’est bien l’engrenage bien huilé qui soulève l’enthousiasme. On ne perd pas de temps, et en quelques minutes le téléspectateur est immergé.

A cause de sa construction, nombreux sont ceux qui font l’analogie avec la série américaine 24. A mon sens, cela n’a pas beaucoup d’intérêt, la série disposant d’autres atouts. Certes, chaque épisode nous raconte le déroulement d’une journée (le tout durant donc deux semaines, comme le titre du drama l’indique), mais on ne nous met jamais en rappel le minutage précis des évènements. La tension ne provient pas du temps qui passe. Même si on se demande comment notre héros va faire pour s’en sortir en deux semaines, nous ne sommes pas constamment sur le fil (vite, vite !). Drama coréen oblige, les flashbacks seront là non seulement pour nous expliquer les tenants et les aboutissants, mais aussi pour augmenter les enjeux et l’impact. Les américains ont leurs terroristes et leurs bombes nucléaires, les coréens mettent en avant la corruption généralisée et la leucémie d’une petite fille. Chacun ses fléaux.

two weeks lee jun ki

Ainsi notre héros Jang Tae San (Lee Jun Ki, Arang and the magistrate) est une crapule qui se retrouve obligé de quitter sa petite amie Seo In Hye (Park Ha Sun, Ad Genius Lee Tae Baek), enceinte. Menacé par le redoutable chef de gang Moon Il Suk, il doit prendre sa place en prison. Jang Tae San ira même jusqu’à forcer son amour à avorter (un spectacle déchirant et horrifiant). Impossible de prendre parti pour un type pareil, et c’est là que l’acteur va faire sensiblement évoluer son jeu, au point de m’étonner.

two weeks cancer

Si d’autres fictions parlent beaucoup de la rédemption, celle-ci va être longue à obtenir. Jang Tae San trouve le moyen, 8 ans plus tard, non pas de se faire pardonner, mais d’être un peu plus humain. Il apprend ainsi que Seo In Hye a finalement accouché d’une petite fille. Désormais atteinte d’une leucémie, son seul espoir est une greffe de moelle osseuse, et  Jang Tae San, son père, est un miraculeux donneur potentiel.

two weeks lee jun ki blood

Jang Tae San n’aura pas le temps de saisir cette occasion. Moon Il Suk (et sa députée complice qui cache bien son jeu), pour éviter d’être pris, vont lui poser un piège. Accusé de meurtre, et échappant de peu à la mort, Jang Tae San a deux semaines pour faire éclater la vérité, sachant que la moindre blessure (et infection) risque d’empêcher l’opération de sa fille.

Les enjeux sont bien là, et si j’ai pris des raccourcis pour expliquer l’histoire, sachez que les rebondissements sont bien amenés, cohérents, et suffisamment crédibles (pour l’instant). Le puzzle qui prend forme est assez jubilatoire, même si l’issue ne fait aucun doute.

J’insiste donc sur l’absence de temps morts. Ce n’est pas une course, mais bien un parcours d’obstacles et pour le coup, on a vraiment envie de savoir comment il va s’en sortir. Les codes du thriller sont bien exploités tout en laissant de la place à l’émotion. On sent que l’écriture du drama est soignée, et ça fait plaisir de voir un aussi bon dosage. On rentre ainsi facilement dans l’histoire.

two weeks lee jun ki park ha sun

J’aime aussi le fait que même si la fiction évoque la romance entre nos deux protagonistes, elle est au passé. Seon In Hye a refait sa vie, a trouvé un père aimant sincèrement sa fille. Cela change de la plupart des pitchs. On ne devrait donc pas voir ces deux là ensemble avant un long moment. Bref, il était important de connaître ce passé, mais jamais cela ne prend le dessus sur le thriller. Ouf !

On regrettera juste une bande son correcte, un peu trop minimaliste et une réalisation dans la moyenne des productions qui empêche de donner un côté épique à ces aventures. De même les « méchants » de l’histoire manquent un peu de charisme, mais ça devrait s’arranger.

Bien ficelé, globalement correctement joué, le drama prend de l’ampleur au fur et à mesure. Je n’avais pas ressenti ce côté palpitant dans les fictions coréennes depuis de longs mois. Alors qu’elle passe inaperçue dans les audiences, la série est pourtant fortement recommandable aux amateurs du genre.

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Arang and the magistrate [Pilote – Corée]

Arang and the magistrate a fait beaucoup de buzz sur la toile avant sa diffusion. Un épisode spécial a même été lancé pour préparer le téléspectateur à la découverte de ce monde, et je dois dire qu’après mes récentes déconvenues (Faith), je suis content de voir un drama coréen qui réussit à nous transporter dans un univers fantastique, avec ses lois et son atmosphère particulière.

La nouvelle caméra y est pour beaucoup. Bien qu’elle ait du mal avec les mouvements rapides (une sorte de doublon fantôme assez agaçant), elle fait ressortir les couleurs donnant à certaines scènes un aspect onirique. Les décors sont travaillés, contrastés ou brumeux, les costumes et le maquillage sont soignés, et quelques plans magnifiques m’ont rappelé à quel point les coréens étaient capables de capturer la lumière.

La mise en scène n’est pas en reste : les chorégraphies utilisent beaucoup les harnais pour donner de la voltige et un effet planant tout à fait adapté pour évoquer les fantômes. La musique orchestrale accompagne parfaitement les scènes même si je ne suis pas encore arrivé à retenir le thème principal. Enfin, les effets spéciaux de type magie ne font pas dans l’esbroufe et se limitent au minimum, rendant les scènes crédibles.

Bref, sur le plan de la technique, aucune faute majeure, et un vrai plaisir pour les yeux et les oreilles. Avec un tel appui, il devient beaucoup plus facile de se prendre au jeu et de rentrer dans l’histoire, qui met pourtant un peu de temps à démarrer.

Le pitch de ce fusion sageuk (situé pendant l’ère Joseon) repose sur Arang (Shin Min Ah), une jeune fille fantôme poursuivie par des chasseurs de fantômes. Ces anges de la mort envoyés par le Ciel sont impitoyables envers les fantômes qui s’attaquent aux humains. Il faut donc que je vous explique les lois de la physique dans la série. Un fantôme peut bousculer des humains mais il peut aussi flotter et passer à travers les murs. Il doit manger, mais il ne peut manger que ce que les humains offrent aux fantômes. Enfin, les fantômes ne peuvent être vus par les humains. Des shamans peuvent les entendre, mais jusqu’ici personne n’avait réussi à voir ces entités.
Or ce jeune homme (Lee Jun Ki) qu’elle vient de croiser est capable de la voir et de l’entendre, et Arang va saisir cette occasion pour lui demander d’enquêter sur son nom et son origine. La pauvre a perdu la mémoire, et se rappelle juste avoir échappé à un ange de la mort. Qui était-elle ? Pourquoi est-elle morte ? Elle a bien essayé de demander à chaque nouveau procureur d’enquêter sur sa disparition, mais les humains sont tous morts de peur en la voyant (ces scènes de vie à trépas sont d’ailleurs irrésistiblement comiques). Cela cause de grands soucis à la communauté, car plus personne ne veut postuler pour devenir magistrat.

Arang n’arrive pas à convaincre ce jeune homme de lui rendre service. Indifférent au sort des autres, et repoussant tous les fantômes qui le supplient de l’aider, ce dernier n’a qu’un seul but : retrouver sa mère qui l’a rejeté.Mais Arang est maline, elle lui fait promettre que s’il devient magistrat il enquêtera pour elle. Notre fantôme utilisera alors un savant stratagème (et une shaman adorablement torturée) pour que ce jeune homme devienne magistrat et respecte sa promesse.

Lorsqu’il aperçoit la broche que porte Arang, celui-ci comprend qu’elle a du rencontrer sa mère quand elle était vivante, et il décide alors d’enquêter sur son passé. Il espère que lorsque ses souvenirs reviendront, il aura une piste pour dénicher sa mère…

Ce mélange d’enquête, de romance et de surnaturel fonctionne très bien. Et j’avoue avoir apprécié qu’on nous montre la partie de Go entre Hadès et l’empereur de Jade, l’idée que les forces du destin sont en marche. Mieux encore, il semble y avoir un puzzle avec les différents protagonistes de l’histoire, y compris l’un des chasseurs de fantôme pourchassant Arang.

La romance, justement prend forme avec de jolies scènes (Arang voulant s’habiller avant de « rencontrer » son ex fiancé – qui pourtant ne peut la voir -, ce qui force notre héros à mesurer son anatomie et à se rapprocher d’elle). On sent de suite une vraie alchimie entre ces deux là, et le duo d’acteurs superstars (Shin Min Ah et Lee Jun Ki) est une vraie réussite. Je ne m’attendais pas à être charmé aussi vite. Shin Min Ah est comme à son habitude très à l’aise dans ces personnages supernaturels (cf My girlfriend is a gumiho). Le personnage de Lee Jun Ki respecte à la lettre les conventions du genre, son courage et sa détermination contrebalancent son indifférence à la souffrance de ceux qui l’entourent.

Un reproche néanmoins, dans ce tableau un rien idyllique : la volonté de ne pas égarer le spectateur rend les épisodes un peu trop faciles à suivre, et du coup on est un peu refroidi par la lenteur des scènes. C’est fluide, certes, mais ça a l’avantage de rendre le monde parfaitement cohérent car explicité. On sent que le puzzle a été écrit à l’avance, et j’espère qu’on aura pas trop d’épisodes tirant en longueur sur le rapprochement impossible entre ces deux là (un mortel et une fantôme, je vous le rappelle).

Au final, le drama est très agréable à regarder, drôle, et sans être captivant par son intrigue, il s’en dégage une histoire suffisamment complexe (et romantique) pour avoir envie d’en savoir plus. Un petit coup de cœur.