Nine : Nine time travels [Pilote – Corée]

nine time travels

Les responsables du très sympathique Queen In Hyun’s Man vous invitent à nouveau à de multiples voyages dans le temps. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas pressés de faire avancer leur sujet.

Nine : Nine time travels débute par le décès du frère de notre héros, bloqué dans les hauteurs de l’Himalaya. Un an après cette disparition, Park Sun Woo vient récupérer ses affaires, avant de repartir présenter le journal de la nuit en Corée du Sud.

Il a en effet des choses bien plus importantes à régler, et c’est malheureusement sur ces deux sujets que le drama s’embourbe.

nine time travels lee jin wook

Park Sun Woo veut venger sa famille, détruite par un chercheur sans foi ni loi. A cause de lui, son père est mort, sa mère est malade et en état de choc dans une maison de retraite, et son frère est tombé malade avant de mourir dans la montagne, obnubilé par son envie de »revenir dans le passé ». Alors quand une interview se présente, Park Sun Woo n’hésite pas ternir la réputation de cette homme, qui aurait abusé de dizaines d’hommes et de femmes pour faire avancer sa recherche sur les cellules-souches.

A ce stade, cette thématique de la vengeance est assez maladroite, car on ne perçoit pas vraiment notre héros comme particulièrement brillant et revanchard. Tout au plus apprendra-t-on qu’il a enquêté pendant des mois pour réunir suffisamment d’informations pour faire tomber cet homme.

Mais il y a bien pire pour le drama, qui décide d’en rajouter une couche avec notre héros qui aurait – roulement de tambours – une tumeur au cerveau incurable. Non seulement l’artifice est usé jusqu’à la moelle, mais il ne permet jamais de rendre le personnage sympathique. C’est aussi dû à la manière dont on nous présente cette épée de Damoclès, sans réelle émotion, et on a pas vraiment l’impression que notre héros soit très perturbé par son destin funeste.

nine time travels lee jin wook jo yoon hee

Excepté, bien sûr quand il est avec l’amour de sa vie, et qu’il lui propose un mariage « pour 3 à 6 mois de vie commune ». Le scénariste essaye de rendre son personnage arrogant et sensible, mais ne parvient pas non plus à lui donner de l’épaisseur. Quelles que soient les motivations du héros (préserver sa bien aimée), on arrive jamais à croire qu’il soit réellement impliqué dans sa relation. L’émotion ne vient pas.

On saura pourtant remercier les auteurs pour un baiser dans les premières minutes (!) et un doigt d’honneur (tellement rare à la télé coréenne que ça m’a choqué). L’histoire se veut plus vraiment plus moderne, c’est vrai, et avec ces détails on pourrait espérer une histoire plus rafraichissante.

Qu’en est-il alors des surprises ? Forcément, le voyage dans le temps a ses règles, et on les découvre – avec bonheur – peu à peu. Mais notre héros est bien long à comprendre ce qui lui arrive (il lui faudra quand même 3 voyages pour réaliser !), ce qui fait qu’on a un peu l’impression que les auteurs tirent sur la corde.

nine time travels 2

Car le potentiel est bien là. Grâce à de l’encens magique, notre héros peut revenir en 1992, et modifier sa propre existence. On espère donc le voir sauver sa famille, condamner le méchant, se marier avec sa bien aimée, et pourquoi pas sauver sa peau (mais j’ai un doute, on est dans un drama coréen, hein).

On se demande donc pendant 2X50 minutes pourquoi les auteurs n’arrivent pas à faire avancer correctement les intrigues. Déjà que la base est mal en point (l’implication émotionnelle du téléspectateur frise le zéro), pourquoi ne pas davantage créer une ambiance mystérieuse ? La mise en scène est correcte, mais je m’attendais à bien mieux pour une fiction du câble.

Et puis il y a ces quelques incohérences scénaristiques qui entachent la crédibilité de certaines scènes, comme celle d’un médecin qui avoue l’état de santé de son ami à sa copine (et le secret médical alors ?), ou les communications en direct de l’Himalaya…

Le plus préoccupant, au fond, c’est que malgré un démarrage plaisant, l’intrigue n’arrive pas à développer l’alchimie du couple. Les comportements de chacun sont à la limite du rationnel (repousser quelqu’un parce qu’on est mourant c’est un grand classique, certes, mais se mettre à détester l’autre parce qu’on ne lui a pas annoncé la nouvelle c’est encore plus aberrant). J’ai aussi, comme je le craignais, beaucoup de mal avec les acteurs. Lee Jin Wook (Alone in love) n’est pas un acteur très expressif. Ça s’est confirmé sur ces deux premiers épisodes. Quant à Jo Yoon Hee (Lie to Me) elle m’a laissé sur ma faim.

Alors, une déception ? Oui, car j’espérais bien mieux pour la maîtrise de la narration. Est-ce du à un allongement du nombre d’épisodes (il y en aura 20 au total) ? Vu que les voyages dans le temps ne font que commencer, ma curiosité est tout de même piquée sur la façon dont notre héros va modifier le présent. J’attends donc d’en savoir un peu plus. Mais on est loin du coup de cœur.

feu_clignotant1

Publicités

Someday

Qu’il m’aura été difficile de visionner cette série coréenne! Entre les coffrets dvd asiatiques interdits à la vente en Europe, les coffrets pirates qui remanient l’image, le streaming de médiocre qualité et la quête du Saint Graal sur Internet, le remaniement à la main des sous-titres, j’aurai mis plusieurs années pour finir ce drama. Forcément, quand on regarde une série dans ces conditions, le jugement qu’on en a n’est pas le même.

Someday est pourtant une très belle série coréenne. J’aurai voulu qu’elle soit bien plus, elle a frôlé la perfection, mais quelques défauts m’ont gâché la fête. Jamais une série n’aura été pour moi aussi difficile à critiquer.

Sur le fond,  l’histoire est très bien ficelée.  Hana Yamaguchi (Bae Doo Na) vit au Japon, elle a été abandonnée très jeune par ses parents qui ne voulaient pas s’embarrasser de leur enfant pour vivre leur amour. Elevée par sa grand-mère, elle est traumatisée, a peu de contacts avec les autres et se réfugie dans le dessin pour s’exprimer. Pour elle, l’amour n’existe pas, ce n’est qu’un phénomène hormonal. Alors quand on lui demande de dessiner des mangas qui expriment un peu plus d’amour, elle refuse. Elle ne sait pas beaucoup sourire, et elle est traitée comme un « alien ».

Un soir, le balayeur de nuit – qui regardait étrangement sa voisine – tombe foudroyé par une crise cardiaque. Hana surprendra la voisine qui s’enfuit en Corée avec les cendres du balayeur.Elle va ainsi comprendre que derrière cette tragédie se cache une véritable histoire d’amour. A travers cette histoire, c’est son coeur qui va peu à peu s’ouvrir. Pourra-t-elle comprendre ce qu’est l’amour ? Pourra-t-elle pardonner ? Pourra-t-elle aimer ?

Les autres personnages gravitent autour d’Hana. A commencer par le Dr Go Jin Pyo (Kim Min Joon), un psychiatre gérontologue, fan de la dessinatrice, qui croit rencontrer l’amour lorsqu’il croise Hana. En effet, Hana, intriguée par l’histoire de sa voisine, part en Corée et fait appel à Seok Man (Lee Jin Wook, Alone in love) pour la retrouver. S’agit-il vraiment d’une histoire d’amour ? Enfin, dernier membre du carré, Hye young (Oh Yoon Ah, Alone in love) est à la tête d’un pôle de développement dans l’animation et les mangas. Elle prétend être l’amie de Go Jin Pyo, alors qu’elle est secrètement amoureuse de lui.

Tout ceci ressemble fort à un carré amoureux, un classique des séries coréennes. Pour autant, Someday s’en éloigne quelque peu. Ici, pas de coups bas, pas de personnage détestable ou jaloux. De même la série évite autant que possible les schémas habituels des rebondissements tragiques. Nous sommes dans une série beaucoup plus réflexive, à la manière d’Alone in love, elle prend son temps pour dépeindre ses personnages, qui ont un vrai background, une vraie personnalité, des sentiments qui crèvent l’écran.

On pourrait presque parler de série philosophique, puisque nombre de répliques tournent autour de l’amour. Qu’est ce que l’amour ? Someday explore ainsi de très intéressantes pistes de réflexion pour démêler les faux sentiments des vrais,  tant ces personnages semblent perdus. Mieux encore, l’histoire du balayeur et de la voisine japonaise trouve écho dans les vies des personnages, à commencer bien sûr par Hana. Magistral.

Et s’il y a un domaine où la série est encore très forte, c’est pour mettre en scènes ces réflexions, ces histoires. Rappelons-le, Hana est dessinatrice. On verra donc ses sentiments prendre forme à travers le récit dessiné par ses mains. La présence de Seok Man à ses côtés va influer sur son point de vue, et sur son art. Tout ceci est parfaitement mis en scène, touchant, émouvant. De plus, chaque fin d’épisode opère un arrêt sur images puis une transition sur papier.

Si j’insiste sur la mise en scène, c’est qu’elle permet vraiment à l’émotion de décoller. La musique aide beaucoup, d’ailleurs. J’adore le générique, léger, frais, il m’a beaucoup fait penser à Alone in Love pour les tonalités. D’ailleurs le réalisateur de l’un est le producteur de l’autre. Quand aux chansons, je crois que je vais longtemps entendre Boo Hwal chanter The Fog.

Malheureusement, comme je le disais tout à l’heure, si la série a de nombreux moments de grâce, sur d’autres, je l’ai trouvé un peu pénible. C’est évidemment totalement subjectif, je suis apparemment l’un des rares à ressentir ça, mais je tiens à le signaler. Le personnage de Seok Man est par moment trop larmoyant, et ça m’a énervé qu’il ne prenne pas son destin en main. Avait-on besoin d’ un personnage victime pour inspirer autant de compassion ?

De plus, le rythme particulièrement lent de l’histoire fait que l’on a du mal à accrocher avant d’avoir vu 5 ou 6 épisodes. J’avais pas eu ce problème avec Alone In love, qui partage pourtant aussi ce côté feutré.

Evidemment, du côté des acteurs j’étais ravi. Bae Doo Na est encore une fois géniale, même si j’avais hâte qu’elle sorte de ce jeu inexpressif. C’est un peu ça Someday, la récompense ne vient qu’à la fin. Et quelle récompense d’ailleurs, la fin bien que conventionnelle est magnifique.

Au final, bien sûr je conseille ce drama, mais aux amateurs avertis. Ceux qui n’aiment pas prendre le temps, réfléchir, soupirer, souffrir, passez votre chemin.  Pour ceux qui restent, c’est une très belle expérience audiovisuelle, une production de très haute qualité comparable aux meilleurs dramas, mais pas le joyau auquel je m’attendais. Emouvante, mélancolique sans être déprimante, réfléchie, Someday est une pierre précieuse d’émotion brute qui vous marquera longtemps. Elle vous apprendra à mieux reconnaître et apprécier l’amour.