Dramas coréens à venir (édition Novembre 2011)

Après un long break dans mes présentations, voici donc les dramas coréens à venir (et ceux qui viennent tout juste de commencer). Il faut évidemment prendre tout ceci avec précaution, puisque ça bouge toujours… Les « general service channels », avec l’explosion du câble, sont en train de changer la donne, notamment parce que les plus grandes stars sont appelées en renfort. On peut les comprendre puisqu’ils y bénéficient de meilleures conditions de travail pour la plupart.

Me too, Flower (MBC), le drama fait déjà parler de lui de la plus mauvaise manière : remplacement à la dernière minute de l’acteur principal pour cause de blessures, et planning extrêmement serré pour arriver à filmer la série à temps pour la diffusion. L’histoire est celle d’une jeune policière qui tombe amoureuse de son patron, lequel cache bien des choses. On retiendra dans le cast la présence de Lee Ji Ah (The Legend), et celle de Seo Hyo Rim (Scent of a woman). Mais tout cela n’augure rien de bon. (diffusion commencée le 9 novembre).

Ce drama sera suivi en Janvier sur la même chaîne par The Moon embracing the Sun, un fusion sageuk romance, inspiré du roman écrit par celui qui a donné Sungkyunkwan Scandal. Kim Soo Hyun (Dream High) y jouera un roi de la dynastie Joseon, amoureux d’une shaman, interprétée par Han Ga In (Bad Guy). Un projet à suivre si vous avez aimé Sungkyunkwan Scandal.

Lights and Shadow (MBC) fait circuler de charmantes photos rétro. Une histoire vraie qui va nous plonger pendant 50 ans dans les débuts du showbiz coréen, de la guerre du Vietnam en 1959 à nos jours (le coup d’état du 16 Mai 1961, l’assassinat de Park Chung Hee en 1979, etc..). Le drama va-t-il pouvoir reconstituer toutes ces années ? En tous cas le contexte est original, et je suis curieux de voir comment on va parler de l’extrême censure de l’époque. A noter qu’il va faire 50 épisodes, c’est un investissement… mais pour les passionnés d’histoire, peut-être que cela vaut le coup. , Le cast est assez intéressant : le vétéran Kim Min Jong, l’impeccable Lee Pil-Mo (du très beau film Dance with the wind) la jolie Nam Sang Mi (Time between Dog and wolf), et l’équipe est celle qui a donné le mythique Jumong (un très grand dramas qui a contribué à l’Hallyu, avec plus de 80 épisodes). Ça débute le 28 Novembre, préparez vos soirées…

Just Like Today ou Be like today (MBC) est un drama familial qui devrait raconter les aspirations et les déboires de la génération baby-boom. Nous y verrons leurs difficultés financières, leurs quêtes pour donner un sens à leur vie. C’est notamment le retour de la petite nouvelle Han Groo après le tonitruant Killer K (je suis admiratif  car elle a sacrifié son enfance pour son rêve – en enchainant les heures après sa journée scolaire, un exemple parmi d’autres de l’extrême pression que se mettent les élèves coréens) mais le reste du casting est essentiellement composé d’acteurs dans la cinquantaine. C’est un daily drama (donc au moins une centaine d’épisodes) et ça commence le 21 Novembre.

Strangers 6 (MBC), une collaboration entre le Japon, la Chine et la Corée pour une histoires d’experts protégeant les intérêts économiques de leurs pays. 22 épisodes diffusés en 2012 si tout va bien. Je suis curieux de voir le résultat même s’il n’y a pas de grands noms associées au projet. Ce n’est pas la première initiative de ce genre, mais c’est une démarche intéressante.

Pas de news  concernant Onjo Biryu, encore rien sur le mystérieux Triptaka (un recueil de textes bouddhistes sacrés pendant l’époque de Goguryeo). Après l’orgie de sageuks ces derniers mois, je ne vais pas m’en plaindre.

Absolutely Him (MBC), où la prochaine comédie romantique qui fait déjà du buzz malgré sa sortie programmée en 2012, en raison du casting réunissant TOP aka most wanted korean male, et Kim Ha Neul. C’est tiré du manga du même nom, c’est à dire qu’il s’agit d’une femme qui achète un robot pour devenir son parfait petit ami. Top, en robot… un rôle sur mesure.

Brain (KBS) est un médical drama prévu pour la mi-novembre. L’histoire d’une lutte pour le pouvoir au sein d’un service de neurochirurgiens, où notre héros deviendra peu à peu meilleur. Côté casting, je retiens surtout Shin Ha Kyun (je l’avais adoré dans Harvest Villa). On essaiera surtout d’oublier le remplacement entier du casting alors que les acteurs avaient déjà commencé leur promo !

Wild Romance (Agressive Romance) (KBS), prévu pour Janvier prochain est décidé à nous raconter comment un joueur de baseball et une garde du corps, championne de judo, tombent amoureux. Décidément la femme coréenne est bien représentée dans les disciplines d’arts martiaux. Lee Dong Wook et Yoon Eun Hye ne sont pas envisagées malgré la rumeur, mais on devrait retrouver Lee Si Young (Poseidon), une actrice qui a pratiqué de la boxe. Mais ce qu’il faut retenir surtout, c’est la grande nouvelle concernant la scénariste, puisqu’on retrouvera la talentueuse Park Yeon Seon (Alone in love, Evasive Inquiry Agency, White Christmas) à l’écriture, en collaboration avec le réalisateur de Women in the sun. J’ai hâte d’en savoir plus, c’est déjà le drama que j’attends le plus.

Dream High (KBS) aura une deuxième saison, prévue pour Janvier également. Même format, nouveau cast… Même histoire ? Les ados vont en raffoler.

Autre projet de KBS pour 2012, celui de porter devant le petit écran Doll Mask, l’histoire d’un combattant en arts martiaux luttant contre l’invasion japonaise dans les années 30. Le réalisateur devrait être celui de Story of a man.

Enfin, le projet qui fait le plus de buzz sur KBS pour l’année prochaine est Love Rain. Un évènement, puisqu’il s’agit du retour des personnes qui ont mis au monde Autumn my heart et Winter Sonata. Attendez-vous donc à du mélo larmoyant : l’histoire d’un couple qui n’a pas réussi à être ensemble dans les années 70, mais qui verra peut-être leurs propres enfants s’aimer dans notre temps. Le casting fait l’effet d’une bombe pour ados, avec Jang Geun Suk (You’re Beautiful) et Yoona des Girls Generation (dont les qualités d’actrice sont bien éloignées de ses qualités de chanteuse malheureusement).

Des fois en lisant le pitch d’une série on mesure le décalage avec nos pensées occidentales. Je cite celui d’If tomorrow comes‘ : une jeune fille au bon cœur pense que respecter ses parents contribue à son propre bonheur. Hmm. Je relis. Hmm. Ok, je savais que le respect des aînés prenait une part importante en Corée, mais là ils poussent le bouchon un peu loin… C’est sorti fin Octobre sur SBS, avec Seo Woo (Cinderella Sister).

Je passe sur le daily drama My Daughter the flower qui narre les aventures d’une fille et de sa mère qui n’est pas sa mère biologique.

Autre concept, Take Care of us captain, prévu pour fin décembre. Histoire de varier les approches, nous voilà à l’aéroport. Ça vous dit une histoire d’amour entre pilote, co-pilote et contrôleur aérien ? Gu Hye Sun (the greatest love, the musical), elle, a répondu présent. Pas sûr que j’en fasse autant, tant le reste du casting m’indiffère.

Prévu pour Janvier 2012, History of a salaryman (SBS) va nous raconter l’histoire d’un salarié moyen qui lutte contre la solitude. Les producteurs de Giant sont derrière, donc le projet est à suivre. Le casting est désormais bouclé, avec côté masculin Lee Bum So (Giant), Jung Gyu Woon (Romance Town) et côté féminin Jung Ryu Won (My name is Kim Sam Soon) et Hong Soo Hyun (l’amie jalouse dans Lie To Me).

Pour les projets situés bien plus loin, signalons le drama Beautiful life qui devrait être le retour de la star Moon Geun Young (The Painter of the wind, Cinderella Sister, Marry me Mary). Il s’agit d’une histoire d’amour entre une infirmière et un neurochirurgien. On a encore le temps d’en savoir plus, c’est prévu pour septembre 2012.

Hanbando ou Korean Peninsula (à ne pas confondre avec le film de 2006) devrait réunir l’excellent Hwang Jung Min et Kim Jung Eun (I am Legend) bien que l’on parlait de Ha Ji Won et Jang Dong Gun pendant un moment. C’est un drama politique ambitieux, véritable blockbuster traitant d’une Corée unifiée, où les ressources naturelles sont rares. On y voit un scientifique devenir président. Un drama post-apocalyptico-écologico-scientifique ? Le synopsis est en tous cas très alléchant. Décidément le câble apporte d’intéressantes idées. Il faudra attendre Janvier pour la voir sur la nouvelle chaîne CSTV/TV Joseon. J’ai hâte.

Et si Jang Dong Gun change son fusil d’épaule, peut-être va-t-il se rabattre sur A gentleman’s dignity, le nouveau drama du scénariste de Secret Garden. On sait peut de chose pour le moment si ce n’est qu’il s’agit d’une histoire d’amour entre trentenaires.

Pour les amateurs de séries policières la chaine câblée OCN nous promet Ten dans quelques jours (le 18 Novembre pour être précis). Le pitch n’a rien de passionnant : l’histoire d’une unité spéciale chargée de résoudre des affaires classées. Le héros devrait être la star de Giant, Joo Sang Wook.

Prévu pour la nouvelle chaîne JTBC, voilà un nouveau drama qui va faire du bruit : Padam padam the sound of his and her heartbeats. Le casting fait rêver : le talentueux Jung Woo Sung (Athena, A moment to remember), le charismatique Kim Bum (Boys Before Flowers), et la jolie Han Ji Min (Capital Scandal). Il s’agit d’une histoire d’amour entre un prisonnier et une femme, avec l’intervention d’un ange gardien.Ça devrait arriver début décembre.

Vous en voulez encore, des titres bizarres ? Voilà Fermentation Family. Est ce que ça sent bon ? On a quelques indices : la scénariste de Devil et Revenge, une histoire mystérieuse d’un gangster orphelin qui pour retrouver son passé, travaille dans un célèbre restaurant qui prépare le fameux kimchi (plat fermenté). On retrouvera notamment Park Jin Hee (The Woman who still wants to marry). Pourquoi pas… C’est pour mi-décembre, toujours sur la nouvelle chaine jTBC.

Pour les amateurs de sageuk (dramas historiques), qui sont nombreux, jTBC a également pensé à vous en vous proposant Queen In Soo. Situé dans la période Joseon, le drama vous racontera les habituelles intrigues politiques et les conflits entre les 3 femmes les plus influentes de cette période. Dans le rôle titre, Chae Si Ra, vétéran du genre. C’est prévu pour décembre.

Saving Madame Go Bong Shil (ou Go ! Mrs Go !) mise sur la popularité des korean idols. Au programme, les premiers débuts de Luna de F(x), et de Kim Kyu Jong (SS501), encadrés par des acteurs expérimentés comme Chun Ho Jin (City Hunter). Enfin, le réalisateur de The Legend et Bicheonmu devrait donner un peu de cachet à l’ensemble. Réservez vos soirées à partir de décembre sur CSTV pour une trentaine d’épisodes. L’histoire ? Une femme âgée d’une cinquantaine d’années s’installe à Séoul après la perte de son mari, et écrit des best seller.

A l’heure où j’écris ces lignes, le mini-drama Bang Ja Chronicles (The Servant) (CGV) devrait bientôt se terminer après 4 épisodes nous racontant une histoire d’amour inspirée du film The Servant. Ce film réécrivait avec audace le célèbre conte de la fidèle Chun-Hyang, qui préféra mourir plutôt que trahir son fiancé. Dans cette nouvelle version, c’est le serviteur qui séduit la belle à la place de son maître, et enchaine les leçons de séduction. On nous promet beaucoup de scènes dénudées, ce qui explique peut-être sa popularité dans les recherches sur internet. En tous cas le premier épisode a été un joli succès d’audience.

Grand nouvelle pour les fans de K-pop, What’s up devrait enfin arriver sur le petit écran le 3 décembre sur MBN. Pour rappel, cette série située dans le monde de la musique (et dont les premiers trailers faisaient penser à Fame), n’avait pas réussi à trouver sa place sur la grille. L’explosion récente des chaines de télé a changé la donne.

Diffusé également au début du mois de décembre sur MBN (le 5 décembre) , Vampire Idol a un pitch complètement délirant : un jeune vampire veut devenir une star de la pop. Il s’agit d’une sitcom qui devrait faire plus de 100 épisodes. Les amateurs de No Min Woo (My girlfriend is a gumiho) vont être ravis.

Et si l’univers des sitcoms coréennes vous plait, voici You’re here, you’re here, you’re really here (Come, Come, Absolutely Come), débutant au même moment sur la même chaine pour un nombre d’épisodes impressionnant (120). L’histoire est celle de trois personnes (un jeune homme et deux jeunes  femmes) qui décident de vivre sous le même toit. L’objectif avoué est de s’inspirer de la sitcom américaine Friends. Une tentative d’américanisation qui sera intéressante à visionner. Mais pourquoi je vous en parle ? Parce qu’il y a la sublime actrice de Soulmate, Lee Soo Kyung, bien sûr. Elle était parfaite dans cette « fausse » sitcom.

Enfin, si vous ne voulez pas vous engager dans une longue sitcom, MBN a également pensé à vous, avec Bolder by the day, l’histoire d’une famille de militaires. La série ne devrait compter qu’une cinquantaine d’épisodes.

Je passe sur Heaven’s garden, qui nous parle de réconciliation familiale à la campagne. Prévue sur Channel A pour le mois de décembre, la série n’a pour l’instant pas grand chose pour elle.

Channel A devrait également nous proposer une vraie success story, celle de Lee Young Suk qui a commencé à vendre des légumes dans un petit magasin et qui possède plus d’une trentaine de magasins dans le monde aujourd’hui. Ca s’appelle Bachelor’s vegetable store (ou Veggie Store) et c’est prévu pour fin décembre, avec le duo Wang Ji Hye (insupportable dans Personal Taste mais parait-il géniale dans Protect the boss) et Ji Chang Wook (Warrior Baek Dong Soo). Autant dire que le casting suscite de l’intérêt. Mais au final j’espère qu’on va suivre l’ascension du jeune homme, pour éviter le cliché du prétentieux riche et arrogant.

Au rayon des projets de la chaine pour décembre, le retour d’Eugene (Wonderful life, Baker King) avec le drama Color of woman est finalement compromis, l’actrice ayant préféré s’occuper de sa sœur victime d’un grave accident. Le héros sera interprété par Jae Hee (Three Dads, One Mom), qui revient de son service militaire obligatoire. Signalons surtout qu’il s’agit d’un drama qui aura la chance d’avoir une vraie équipe de scénaristes. Fini le scénariste qui travaille seul. On espère fortement que cela aura un impact positif dans l’écriture de cette romance.

On attend toujours des nouvelles de Jeon Woo Chi, le drama inspiré du film du même nom. Probablement abandonné, mais j’ai pas lu de confirmation.

Le projet de Choi Ji Woo, Medical College, ne semble pas avancer non plus.

Évidemment parmi les projets qui enflamment le net figure en bonne place Full House 2. Non, vous ne rêvez pas, le drama qui est à l’origine de la vague coréenne va avoir une suite. Enfin… on nous promet une nouvelle histoire, un casting différent, donc vous pouvez voir à quel point le produit est bien labellisé. Mais un tel nom fait encore vendre malgré sa qualité assez déplorable par rapport aux standards d’aujourd’hui (abus de flashbacks, longueurs, répétitions). Néanmoins c’est quand même le drama qui aura connu de multiples clones pendant des années. C’est prévu pour être diffusé en Mars au Japon, mais le casting n’arrête pas de bouger. Je suis plus que dubitatif, vous l’aurez compris.

Enfin, signalons le projet de drama Speed pour CSTV, situé dans l’univers des courses automobiles, et qui devrait réunir 3 chanteuses du groupe Girls Generation (Yoona, Yuri et Soo young). Le réalisateur d’Iris serait partant.

Au final, qu’en retenir ? Pour ma part ça sera probablement Hanbando, Padam Padam, Wild Romance, Lights and shadow.

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The Legend

Au détour de pages web, à force de lire des superlatifs exprimés avec conviction et – mieux encore – avec de la passion, j’ai fini par céder, et plonger à nouveau dans un univers que je n’appréciais guère, celui des dramas historiques. J’ai un grand problème, et ce, depuis toujours, avec les critiques qui tendent toujours à surévaluer une œuvre selon le soin apporté à la reconstitution historique. Sur un film d’une durée de 2 heures, ça ne me pose pas de problème, car l’émerveillement et la découverte suffisent. Mais pour une série… une fois immergé dans les décors et les costumes, moi tout ce qui m’intéresse, ce sont les intrigues et l’émotion qui doivent rapidement prendre le pas sur le reste. Bref, une série se mesure sur la durée.

C’est donc avec un sentiment mêlant appréhension et espoir que j’ai débuté le visionnage de cette série coréenne vieille de 4 ans déjà. Une chose pouvait à la fois sauver la série (ou la massacrer si elle était ridiculement mis en scène), pensais-je : la fantasy car, on y parle beaucoup de magie et de pouvoirs divins). Mais autant couper court au suspense tout de suite, The Legend est une belle et grande série.

Encore appelé the story of the first king’s four gods, ce drama commence par nous raconter la légende selon laquelle le fils du ciel Hwanwoong serait venu sur Terre pour stopper les conflits incessants entre les tribus humaines et pour unir la nation de Jooshin. Il apporta avec lui 3 divinités : le dragon bleu, le tigre blanc, la tortue serpent. Il déposséda la prêtresse du Feu de son pouvoir qui ne servait qu’à la mort et à la destruction. Puis il la soigna lorsqu’elle fut blessée. La prêtresse Kajin finit par tomber amoureuse de lui, mais lorsqu’elle s’aperçut qu’une fille d’une tribu ennemie, Saeoh, avait eu un enfant de lui, sa jalousie fut telle qu’elle enleva l’enfant et le précipita dans les abîmes.

Saeoh, folle de rage, et incontrôlable, ravagea le monde en se révélant Phoenix noir. Hwanwoong fut alors obligé de la tuer, les autres dieux ne pouvant l’arrêter. Hwanwoong dépité, enferma chaque divinité dans des artefacts avant de revenir au ciel. Ces 4 artefacts furent éparpillés à travers le royaume. Il est écrit  que ces artefacts ne se réveilleront que lorsque le roi de Jooshin reviendra sur Terre.

2000 ans plus tard, les hommes se combattent toujours, se disputant différentes régions. Les descendants des tribus anciennes rejouent les mêmes partitions. L’étoile de Jooshin apparaît dans le ciel, annonçant le retour du futur roi de la Nation de Jooshin. Mais qui est donc ce futur dirigeant désigné par les cieux ? Qui pourra rassembler les différentes provinces dans la paix et la prospérité (Goguryeo au centre, Malgal et Buyeo au nord, Baekje, Gaya et Shilla au sud, Khitan à l’ouest et le royaume des Yan à l’est)  ?

La première partie de l’histoire va ainsi nous montrer l’ascension du futur roi de Goguryeo, tandis qu’il faudra décrypter les indices envoyés par les cieux pour savoir qui est le futur roi de JooShin. On verra d’abord l’enfance des différents protagonistes : Dam Deok ( fils du roi de Goguryeo), Yeon Ho Gae (fils d’un des hauts membres de la Cour), Sujini (une orpheline recueillie par les moines de Guh Mool), et enfin Kiha (une jeune apprentie prêtresse).

Rapidement, il ne fait nul doute au téléspectateur que la légende est en train de renaître, les traits des personnages de cette mythologie étant empruntés aux mêmes acteurs. C’est dans cette première partie que se forge toute la dramaturgie de la série, et notamment les évènements qui vont petit à petit donner aux personnages leur ampleur. L’idée de destin est en effet au cœur du drama, et on sent tous ces personnages fléchir sous son poids. Pour autant les rebondissements sont tellement fréquents qu’on ne peut reprocher au drama d’être prévisible. C’est aussi le moment où la plupart des personnages secondaires apparaissent, et ils sont nombreux.

A contrario des personnages principaux, ceux-ci se révèleront un peu moins travaillés. Citons par exemple le grand méchant de l’histoire, une vraie caricature de jeu vidéo japonais, doigts effilés et crochus, voix grave et lente, rire  énervant, se déplaçant à deux à l’heure tout en posant devant les caméras. Mais ne fuyez pas, malgré son statut de caricature, on finit par s’y faire et se concentrer sur son charisme, car le bougre en a à revendre. Autre personnage qui ne dépareillerait pas dans un Street Fighter, Jumuchi le mercenaire hirsute, affreusement timide quand il s’agit de parler aux femmes, ou le maître de Sujini, avec son look de moine affublé d’un bâton. Mais comme tout bon drama coréen, on a énormément de tendresse pour ces personnages en apparence « simples » et pourtant si humains.

L’émotion est donc au rendez-vous, et l’histoire n’oublie pas de nous parler un peu d’amour, même si on en verra peu à l’écran. Comme on n’arrive pas à s’ extirper de son destin,  il s’agit presque toujours d’amours impossibles. C’est à mon sens le défaut de la série. Si l’intensité des sentiments, la mise en scène, ou le jeu des acteurs n’est pas à remettre en cause, j’ai toujours du mal avec les scenarii qui déchirent les couples et qui se complaisent dans leur malheur alors qu’il suffirait tout simplement… de s’expliquer. Heureusement, et c’est ce qui rattrape le tout, ce misérabilisme ne s’accompagne pas de larmes excessives. Bref, vous l’aurez compris, le comportement d’un personnage principal m’a un peu exaspéré. C’est d’autant plus dommage que la série n’est pas avare en justifications psychologiques, mais ça manquait de cohérence globale. Notez bien qu’on peut faire ce reproche à beaucoup de dramas coréens, malheureusement.

En deuxième partie, le récit se concentre sur les conquêtes des territoires, l’unification de Jooshin. Cette épopée est particulièrement prenante, non seulement parce qu’elle est bien réalisée (j’y reviendrais), mais parce qu’elle continue d’entretenir le mystère, cette fois-ci non pas sur le roi de Jooshin, mais sur l’identité des gardiens des artifacts. En effet, pour que ces artifacts s’activent, il faut réunir différentes conditions. Une colère sombre pour la tortue serpent, un acte de sang froid pour le dragon bleu, un courage innocent pour le tigre blanc, etc… Enfin, c’est l’occasion de voir le dirigeant s’affirmer, autant dans ses choix tactiques qu’éthiques. Il n’y a là pas de manichéisme, malgré les idéaux affirmés, et ça renforce d’autant la stature de la série.

Le point fort du drama, outre son goût pour les rebondissements et les mystères, c’est sa réalisation. Soyons justes, le budget est énorme et ça se voit à l’écran.

Les scènes d’action, tout d’abord, sont étonnamment bien réalisées : nerveuses, n’évitant pas le sang, elles donnent une vraie crédibilité aux reconstitutions de batailles. Que ce soient avec de multiples intervenants, avec des chevaux ou bien en utilisant des cascades de type projection en l’air. J’aime particulièrement le montage des armes qui s’entrechoquent ou qui atteignent leur cibles. C’est travaillé, ça a le sens du rythme, ça donne une certaine grandeur aux héros sans en faire trop, bref, on est dedans.

Il faut dire aussi qu’au niveau visuel, la reconstitution, les décors, et les costumes sont impressionnants. Je ne peux évidemment rien dire quant au respect de la réalité historique, mais j’ai apprécié le soin porté aux costumes. Les généraux ont des armures de généraux, qui leur donnent une vraie présence sur le terrain.

Et puis il faut saluer les effets spéciaux, jamais ridicules. Leur omniprésence m’avait fait peur au début, mais c’était parce qu’il s’agissait de montrer la légende. Dès la reprise historique, un rééquilibrage s’opère, et c’est tant mieux, je ne voulais pas une série de super-héros ! Il y a de l’ambition : les modélisations et les textures sont poussées, les effets de flamme ou de fumée s’intègrent parfaitement. Bref, les effets spéciaux participent de belle manière au spectacle.

Enfin, la série ne serait tout simplement pas la même sans son exceptionnelle bande-sonore. Elle insuffle une vraie dimension épique, renouvelant sans cesse l’intérêt aux scènes, apportant la pointe d’émotion ou la gravité nécessaire. En parler en deux lignes ne lui rend malheureusement pas justice. Mais c’est l’une des plus belles BO de séries coréennes, c’est sûr.

Quant aux acteurs, ils sont très crédibles. Bae Yong Jun (Winter Sonata), en tête, forcément, par sa capacité à incarner un personnage intelligent, sûr de lui et bienveillant. Ma préférence ira naturellement pour Lee Ji Ah dont ce fut le premier rôle : elle fut espiègle en garçon manqué mais également sensible et touchante. Moon So Ri, plus âgée, a su maîtriser ses émotions pour incarner une femme forte et volontaire brisée ou forgée par les évènements. Yoon Tae Young avait un rôle difficile car évoluant beaucoup, et il a su insuffler à son personnage beaucoup de charisme. Signalons aussi la présence de Lee Philip (Secret Garden) qui n’en finit plus de faire tomber les demoiselles dans les pommes.

On est ainsi embarqué dans un drama aux multiples rebondissements et aux nombreux mystères, on suit le développement des personnages principaux avec plaisir, et alors qu’on le croit trop long (24 épisodes quand même), le final apparaît malheureusement un peu précipité. La faute à un accident de tournage, dit-on. Il n’empêche, si j’ai aimé le sens de l’histoire (elle a une vraie portée) je n’ai pas aimé avec quelle facilité on résout tous les conflits, ne laissant que peu de place à l’émotion et à la disparition de certains personnages.

Mais oui, ce voyage reste incontournable, en tous points supérieurs à Damo par exemple. Oui, malgré ce final sabordé, la caricature de rares personnages (fort heureusement charismatiques) et un personnage ne suscitant pas autant d’émotion que souhaité. Même moi qui suis plutôt allergique aux drames historiques, j’ai réussi à apprécier. Il n’y a en effet pas de baisse de rythme, c’est suffisamment bien écrit pour que le téléspectateur ait non seulement envie de connaître le destin de ces héros, mais aussi de savoir toute la vérité sur les liens entre les personnages, leur fonction dans la légende, et j’en passe… C’est captivant, et on ressort de cette expérience avec des étincelles dans les yeux.

A mon tour, maintenant, de vous encourager à vous lancer dans cette aventure pleine de surprises, de moments forts, tendres et émouvants !