Prime Minister and I [Pilote – Corée]

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J’entame un petit rattrapage du mois de décembre avec la nouvelle comédie romantique de KBS, Prime Minister and I.

Après autant de dramas qui ont cherché à complexifier une recette sans jamais parvenir à un meilleur résultat, il était peut-être temps de revenir à la base du genre, avec le fameux système du contrat qui oblige un homme et une femme à se faire passer pour un couple, et donc à vivre ensemble.

Faisons donc connaissance avec nos personnages, comme bien souvent 2 mois dans le futur (un flashforward dispensable). Lui (Lee Bum Soo, History of a salaryman) est devenu premier ministre. Il est marié à une femme (Yoona de Girls Generation, Love Rain) qui le considère comme un être froid…

prime minister and i lee bum soo

Au tout début de l’histoire donc, notre héros est dans la liste des nominés pour le poste de Premier Ministre. C’est le plus jeune candidat. Il est veuf avec enfants. Et son beau-frère ministre et candidat écarté le soupçonne d’être pour quelque chose dans la mort de sa sœur. On ne va donc pas chercher bien loin les trames dramatiques pour la suite de l’aventure. Les auteurs ne s’embarrassent pas de fioritures. Tout est annoncé et limpide.

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Notre héroïne, quant à elle est journaliste dans la presse à scandale. Elle n’arrête pas de se faire refouler lorsqu’elle cherche à voir notre héros (elle cherche à savoir si ce dernier n’a pas une liaison avec son assistante, jouée par Chae Jung Ahn (Your Noir, Coffee Prince)).

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Ces deux là vivent dans des mondes bien séparés. Lui est un homme strict, rigoureux, droit dans ses bottes et sûr de ses principes, considérant que la politique ne doit pas se mêler de la vie privée. Elle, vit dans le mensonge des stars, ce qui rend son quotidien bien plus tumultueux. Leurs rencontres provoquent forcément des étincelles, mais nous ne sommes pas dans un registre loufoque, avec gags énormes. Ici, on essaye de jouer avec la complicité de nos personnages, ou sur quelques détails (comment notre héroïne arrive à savoir si le premier ministre porte des slips ou des caleçons). C’est plutôt un humour gentillet, avec quelques sympathiques parodies à l’appui (films d’action, drames sentimentaux).

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D’où mes premiers problèmes avec la série : son casting, bien qu’extrêmement sympathique semble avoir été composé à l’envers : Lee Bum Soo est un acteur extrêmement drôle lorsqu’il est expressif, alors que Yoona est bien plus limitée. Voir le premier jouer un rôle sérieux et la seconde un rôle délibérément comique est plutôt déroutant. Mais on s’y fait.

Notre futur premier ministre n’est étrangement pas un homme détestable, loin d’être hautain, il est d’une morale irréprochable, même s’il délaisse ses 3 enfants au profit d’une vie politique agitée. C’est plutôt bien vu, et rassurant. Et de son côté notre héroïne n’est pas excentrique non plus. S’ils répondent tous deux aux codes habituels, le maître mot semble être la mesure. Ouf.

prime minister and i lee bum soo yoona

L’histoire peut se résumer ainsi : notre journaliste enlève des griffes d’un paparazzi le plus jeune fiston du futur premier ministre, mais son sauvetage fait l’objet d’un quiproquo. Notre héros la croit responsable de ce « kidnapping » et se rapproche d’elle pour exprimer sa colère. Cette scène fait l’objet d’un cliché, qui laisse supposer que ces deux là ont une relation sulfureuse. Obligé de s’expliquer, notre candidat décide de renoncer à son poste pour préserver la jeune femme (!). Cette dernière découvrant sa loyauté décide finalement de l’aider… en se faisant passer pour sa petite amie aux yeux du monde. On aura vu plus retors en terme de scénario, mais il faut quand même avoir bu quelques verres de vodka pour mieux digérer tout ça.

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De toute manière, ces types d’histoire, au demeurant très simples nécessitent de fermer les yeux sur leurs rafistolages et grosses ficelles. Ça n’enlève rien au charme désuet et simplet de ces deux premiers épisodes. Même si on pourrait reprocher une trop grande discrétion dans l’ensemble.

La bande sonore est en effet plutôt mesurée, sans esbrouffe, et aurait gagné à soulever davantage l’émotion.

De fait le show repose beaucoup sur la prestation des acteurs, ce qui motive un avis légèrement moins enthousiaste que prévu, mais tout de même positif. Parfois ça fait du bien d’avoir un show plus old school et repose-méninges.

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IRIS 2 [Pilote – Corée]

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Il aura fallu attendre plus de 3 ans pour enfin avoir une suite au blockbuster d’action IRIS. Entre-temps, nous avons eu droit au spin-off Athena Goddess of War, et autant le dire tout de suite, ni l’un ni l’autre n’avaient réussi à me convaincre, malgré le buzz énorme dont elles ont bénéficié. Mais malgré tout, entre visionner les débuts calamiteux d’Ad Genius Lee Tae Baek ou avoir ma dose d’action à défaut d’un scénario et de personnages attachants, j’ai choisi IRIS 2.

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Et j’ai du m’accrocher, tant l’introduction est overzetop. Comme souvent, à force de vouloir rendre leurs héros « cool » dans les séquences d’action, les réalisateurs en font de trop. J’avais déjà précisé que je n’étais pas fan des ralentis coréens, qui au lieu de donner une tension, donnent l’impression que les acteurs bougent dans le vide, sans arriver à donner un quelconque impact aux coups qu’ils donnent. C’est également le cas ici. Mais il y a bien pire : une course poursuite qui s’achève en un face à face alors que le truand aurait tout loisir de s’échapper, des gunfights qui se terminent avec des personnages qui se jettent littéralement sous les poings de leurs ennemis, lesquels avancent tout fièrement en dézinguant à tout va sans se couvrir, ou tout simplement une séance d’entraînement de paintball dans la neige, avec nos héros habillés entièrement … en noir !

Ouch. Ça fait beaucoup.  Et j’ai été gentil, j’ai fermé sur les yeux sur d’autres détails scénaristiques gênants (une porte secrète, une balle moins rapide qu’un corps qui bouge, etc…). Même l’identité du traître dans l’organisation anti-terroriste du NSS ne fait aucun doute, vu le raisonnement invalide qu’on essaye de nous vendre.

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Pour autant le second épisode, bien que bourré de défauts a le mérite de faire monter la tension (et d’avoir de meilleures scènes d’action), avec l’exploitation du personnage de Baek San qui cache bien son jeu, et la perspective d’avoir enfin un rapport de forces potable à Prague. Comme souvent dans ce genre de production, les personnages les plus importants sont les méchants, qui se doivent d’être charismatiques. Et de ce côté là, j’ai de l’espoir. Outre la stature de David Mc Innis, c’est bien entendu de Lee Bum Soo (History of a salaryman) dont je veux parler, car la construction de son personnage laisse entendre que nous n’aurons pas d’emblée une opposition avec une grande figure du mal. Yoo Joong Won est  un simple gars qui survit en volant au Cambodge, et qui ne rêve que d’avoir un petit commerce pépère en Corée. Évidemment nous n’en sommes qu’au stade des suppositions, vu qu’il n’est recruté par IRIS qu’à la fin du deuxième épisode, mais s’il y a bien un acteur qui est capable donner un tout autre relief à ses personnages, c’est bien Lee Bum Soo.

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Et l’histoire dans tout ça ? Pour éviter tout spoiler, disons simplement qu’on va encore nous parler de nucléaire, de la Corée du Nord et d’IRIS qui tire les ficelles au milieu. Rassurez-vous, le récit ne s’adresse pas forcément aux fans de la première heure, puisqu’un petit récapitulatif nous est proposé au tout début de la série.

Mais une fois encore je fais le même reproche à la franchise : elle ne sait pas développer d’attachement avec ses personnages, elle nous impose sa romance. Nous sommes forcés d’accepter ce qui se passe. Que la production ait jugé bon de nous rajouter un petit clip à la fin du deuxième épisode pour montrer la romance en dit long sur l’habileté des scénaristes. Ça ne prend pas. Je n’ai pas de griefs concernant les prestations de Lee Da Hae (Miss Ripley) et Jang Hyuk (Windstruck), mais leurs personnages sont limités, et extrêmement fades. On se demande toujours quels sont leurs caractères et ce qui a poussé ces deux là à s’aimer. Un comble.

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Si le deuxième épisode sauve les débuts catastrophiques de la série en développant un peu plus ses intrigues et en nous montrant le potentiel de certains personnages, cela ne suffira malheureusement pas pour moi. Cela dit, les amateurs de la franchise ne seront pas dépaysés, ils y trouveront peut-être leur compte (bien qu’il y ait finalement très peu d’acteurs « survivants » d’IRIS). Le cocktail de violence et de glamour est toujours là. Mais il a un goût amer.

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[Pilote – Corée] Time Slip Dr Jin

Fan de la série japonaise Jin, j’étais forcément curieux de voir son adaptation sur le petit écran coréen. Curieux, et un peu anxieux, vu que les séries japonaises et coréennes n’ont pas du tout la même façon de voir les choses.

Jin, rappelons-le, est un monument de la télévision japonaise et nous raconte l’histoire d’un neurochirurgien « humaniste » qui se retrouve transporté dans le passé, à l’époque d’Edo (l’ancienne Tokyo). Là, il va tenter de se rendre utile, d’adapter ses outils, de transmettre son savoir médical, et il va se demander si ses actions vont changer le cours de l’histoire (il rencontre des personnage politiques importants dans cette période de transition). Enfin, c’est aussi son histoire personnelle et sentimentale qui prend un nouveau tournant.

Encore renommé Dr Jin, le drama coréen va essayer de nous raconter sensiblement la même histoire, mais de manière nettement plus romancée. C’était à prévoir, les coréens raffolent des triangles amoureux, il fallait donc en créer un de toutes pièces, et donc rajouter une portion plus importante d’intrigues dramatiques. A vrai dire ce n’est pas sur ce point qu’il y a lieu de s’inquiéter, c’est une formule certes usée jusqu’à la corde, car elle permet parfois d’exacerber le sentiment amoureux, et donc de mieux l’exprimer. Au regard de l’œuvre initiale, vous me direz que la sobriété lui allait plutôt bien. Certes, mais c’était aussi parfois légèrement frustrant (comme bon nombre de dramas japonais).

Mais revenons à l’histoire. Notre Jin Hyuk (Song Seung Hun, Autumn Tale), alias Dr Jin est sur le point de se fiancer avec Yoo Mi Na (Park Min Young, City Hunter). Contrairement à son homologue japonais, Dr Jin n’est pas un humaniste : pas de raisons pour lui de s’acharner avec le sourire pour ranimer les morts, il se contente de faire son travail et sans être orgueilleux ou condescendant (ouf !), il n’hésite pas à envoyer balader ceux qui l’abordent. On peut donc supposer que la réécriture coréenne de la série japonaise va passer par une évolution plus importante du personnage principal.

Il opère un patient méconnaissable, souffrant d’ un hématome épidural, et en profite pour enlever une tumeur cérébrale…de la forme d’un fœtus. Ce dernier détail a son importance, et l’explication nous est donnée dans les deux versions : il existe des cas de fœtus retrouvés chez certaines personnes, résultat de l’absorption d’un jumeau pendant la vie embryonnaire. Mais si ces cas sont rares, ils n’ont jamais été décelés chez des adultes.

Le problème, c’est que la crédibilité du discours médical en prend tout de même un coup. La version japonaise bénéficiait de bien meilleurs effets spéciaux, et les scènes d’opérations coréennes sont assez ridicules. S’agissant d’une série médicale qui repose sur des actes chirurgicaux « désespérés », ceci est donc fortement préjudiciable.

La petite amie de Dr Jin (avec qui il vient de se disputer) subit alors un grave accident de voiture (son homologue japonaise souffrait d’un cancer apparemment inopérable) et son état reste préoccupant. La encore cette réécriture n’est à mon avis pas sans arrière pensée, mais je ne veux pas aller plus loin dans mes théories sans spoiler l’histoire.

Et sur le toit de l’hôpital, il croise son patient précédent, qui vient de voler le bocal contenant la tumeur-fœtus, ainsi que des fournitures médicales. Une altercation s’en suit, et notre docteur tombe dans le vide, ce qui le transporte en 1860. Cette scène, là encore, est très mal réalisée : on croit que notre médecin est idiot de se jeter dans le vide pour rattraper le flacon, et la scène de téléportation est digne d’une série Z, avec un gros plan sur le rictus mi-horrifié de l’acteur, rendant la scène irrésistiblement drôle au lieu d’être dramatique ou angoissante.

Cette médiocre réalisation donne une approche second degré qui donne envie de pleurer. La musique notamment, dessert la plupart des scènes, désinvestissant complètement le téléspectateur. A une jolie composition orchestrale qui s’alliait à merveille avec les thèmes humanistes et épiques de la série originelle s’est substituée des violons ou quelques accents pseudo-rocks anachroniques et déplorables. Même en considérant un point de vue différent ( la série coréenne va moins nous parler d’humanité que de romance ), on se demande comment ils ont pu rater la bande son à ce point.

La romance, parlons-en, puisqu’il devrait s’agir du point fort de la série, selon toute logique. Les auteurs ont choisi de modifier les « incarnations » des personnages. Dans la version japonaise, Jin est amoureux de sa petite amie, Miki, et il la retrouve en tant que courtisane dans le passé. Et c’est là qu’il va peu à peu tomber sous le charme de celle qui va l’aider, Saki, la fille d’un clan de samourai. Dans la version coréenne, Jin Hyuk retrouve directement Yoo Mi Na sa petite amie dans le passé (Hong Young Rae, qui prend la place de Saki), il peut donc continuer d’être amoureux de la « même personne », en quelque sorte. La gisaeng (courtisane), de fait, se retrouve encore plus comme un personnage accessoire, n’ayant aucun lien avec le temps présent (du moins pour l’instant). Les auteurs vont choisir de greffer un triangle amoureux, comme annoncé plus tôt, avec le jeune ministre de la justice Kim Kyung Tak (Kim Jaejoong, Protect the boss), ami d’enfance de Hong Young Rae. Avec une histoire aussi dense, il n’y a que peu de place pour le couple principal, et les personnages se retrouvent mal cadrés, et un peu froids. Je pensais que Song Seung Hun s’en sortirait bien mieux vu son expérience, et sa prestation est pour le moins ratée, même si j’ai eu des espoirs d’amélioration vers la fin du second épisode. Contrairement à d’autres, en revanche, je n’ai pas de reproche à formuler envers Park Min Young, qui fait merveille quand elle est enjouée.

La version originelle de Jin comportait un background historique plus que conséquent, avec le personnage de Sakamoto Ryoma, figure clé de la modernisation japonaise. Dr Jin nous ramène aussi dans cette période capitale du positionnement de l’Asie face au monde occidental, en 1860. Exit Sakamoto Ryoma, bienvenue à l’une des plus grands personnages politiques de la Corée : Daewongun. Ou plus précisément, de son vrai nom Yi Ha Eung, le futur régent (Daewongun, père du roi). Le fils de Yi Ha-Eung fut en effet nommé roi suit à la mort de Chojong, lequel n’avait pas d’héritier, et Yi Ha-Eung devient donc régent en attendant que son fils grandisse. Le Daewongun fut un partisan de l’isolationnisme, opposé aux étrangers (il exécuta des missionnaires catholiques dans un contexte de persécution du catholicisme dont on nous parle dès le deuxième épisode, et repoussa les assauts des occidentaux ce qui lui valut la gloire). Mais en 1860, Yi Ha Eung n’est pas encore Daewongun, il n’a même aucune idée de ce que le destin lui réserve et nous verrons s’il sera influençable et conquis par la médecine occidentale. C’est ainsi qu’on nous présente un personnage à la langue bien pendue, exubérant, filou, accroc aux jeux d’argent et pourtant éminemment sympathique grâce au talent de Lee Bum Soo (History of a salaryman).

Avoir vu Jin en version originale avant de s’attaquer à Dr Jin est à la fois une malédiction et un cadeau. Une malédiction, parce qu’on se rend vite compte que ce qui nous plaisait n’est plus là  : l’aspect humaniste (et un brin philosophique) a disparu, l’aspect médical est ridiculisé, la réalisation est effroyable et le jeu des acteurs passable.  Mais c’est aussi un cadeau, car on connait tout le potentiel de l’œuvre, de l’explication du voyage dans le temps aux positions politiques futures, de la possibilité d’aborder de multiples thèmes pour en faire une série à la fois cérébrale et émouvante. Je n’ai à vrai dire pas beaucoup d’espoir pour que tout cela se réalise vu le peu de talent derrière la caméra, mais j’ai tout de même envie de continuer un peu pour voir si la romance, le discours médical et historique  pourront vraiment s’étoffer et se crédibiliser. J’ouvre là une longue parenthèse, mais il faudra m’expliquer comment il est possible de réaliser une trachéotomie puis une manœuvre de Heimlich dans la minute qui suit ? En toute logique, il y a peu de chance d’y parvenir (l’air que l’on comprime pendant la manœuvre pour expulser l’objet se retrouve à « fuiter » par la trachéotomie, non ?), mais bon, je ne suis pas urgentiste et quelqu’un me contredira j’espère. Pour l’aspect humaniste, philosophique, sur la valeur de la vie, je vais faire mon deuil, vu que la vie n’est évoquée que sur le plan dramatique.  Jamais je n’ai été aussi frustré en voyant un drama coréen (merci les irruptions pendant les opérations, aussi !). Je n’aurai pas vu Jin, jamais je n’aurai continué Dr Jin.

[Pilote – Corée] History of a salaryman

history of a salarymanVéritable surprise de ce mois de Janvier décidément riche en bonnes séries, History of a salaryman vaut largement le détour. A condition de pouvoir passer sans arrêt entre le premier et le second degré, de pouvoir comprendre les clins d’œil du réalisateur, bref, à condition de regarder cet étrange objet télévisuel pour ce qu’il est.

Ce dernier challenge n’est pas facile. En raison d’un montage excessif, l’épisode tente de faire le grand écart entre loufoquerie et drame humain de façon trop abrupte. Habitué à m’impliquer avec les personnages d’une série coréenne, j’ai donc mis un peu de temps avant de trouver la bonne distance. En effet, je n’avais absolument pas eu de problème avec Harvest Villa, par exemple, qui oscillait entre mystères, meurtres, romance et comédies loufoques ou décalées. Et pour les fictions des soeurs Hong, comme The Greatest Love, la pop-culture et le symbolisme à outrance m’avait empêché de vraiment apprécier la romance. History of a salaryman ne perd pas de temps à passer d’un élément à un autre, même si la comédie burlesque l’emporte largement.

C’est évidemment dans ce registre comique que la série suscite mon adhésion pleine et entière. Des scènes comiques en arrière-plan (plutôt rare dans les dramas coréens), du burlesque, des personnages décalés, une mise en scène délicieusement emphatique (merci la musique classique), et un goût pour l’outrancier : du passage de chewing gum au destin de la poule aux œufs d’or, le réalisateur s’est fait plaisir, et moi j’ai ri aux éclats… sans aucune honte.

Mais comment aurai-je pu m’attacher à ces personnages aussi vite, quand le drama force brusquement ma porte d’entrée et me demande de pleurer ou de prendre peur ? L’inconvénient des comédies burlesques, c’est qu’elles laissent difficilement de la place pour le développement des personnages. Les deux premiers épisodes pêchent donc sur cet aspect là, mais je n’ai à vrai dire pas trop d’inquiétude pour la suite, puisque ce n’est qu’une question de temps.

Le personnage principal, Yoo Bang, interprété par l’excellent Lee Bum Soo (Giant, My wife is a gangster 3) nous apparaît au départ comme l’idiot de service, le naïf qui ne se rend pas compte de ce qui se trame. Mais il va se révéler bien plus utile qu’il n’en a l’air. Il va s’inscrire dans un programme d’expérimentation d’un nouveau médicament promettant une longévité extraordinaire, et tenter de le voler (via un moyen hilarant dont je salue l’inventivité). Un tel médicament est également l’objet de convoitises d’une entreprise concurrente, laquelle envoie un espion particulièrement doué et malin : Cho Sang Hoo. De péripéties, en péripéties, Yoo Bang subit les effets indésirables du médicament (notamment une hilarité en cas de douleur), réduisant à néant toute possibilité de commercialisation du produit.

La guerre qui oppose ces deux entreprises est très drôle, à l’image de leurs chefs, bouffis d’orgueil et de suffisance, des exploiteurs mégalomaniaques, délicieusement détestables. C’est aussi l’occasion de donner une autre image de ces corporations toutes puissantes vénérées en Corée, en versant légèrement dans la satire d’un système, et c’est suffisamment audacieux pour le souligner. De plus, les scénaristes se sont largement inspirés de personnages historiques chinois, comme vous pouvez le voir ici.

Cho Sang Hoo décide alors d’utiliser Yoo Bang, en lui faisant croire qu’il est un agent secret chargé d’inspecter l’entreprise. Il lui permet donc de passer haut la main le processus de recrutement. Arrivé dans l’entreprise comme salarié (le rêve de son père), Yoo Bang va devoir gravir les échelons. Mais pour s’imposer, il va falloir faire attention à Baek Yeo Chi, la fille du président, une enfant gâtée irascible qui se retrouve obligée de travailler dans l’entreprise suite à une dispute avec son père.

Le rythme est particulièrement relevé, et les deux premiers épisodes se suivent avec plaisir, alternant rebondissements, gags, et prestations d’acteurs jubilatoires, sans jamais compliquer inutilement les liens et les secrets entre les individus. Le réalisateur a décider de verser dans l’efficacité, quitte à en faire trop (notamment dans le montage pour amener l’émotion). La bande-son multiplie les références (musique classique, la panthère rose ou la version « She » de Elvis Costello dans Notting Hill) et permet de donner beaucoup d’ampleur aux scènes.

Côté acteurs, mis à part Lee Bum Soo, j’ai plaisir à retrouver Jung Ryu Won (dont le jeu est beaucoup plus enjoué depuis My name is Kim Sam Soon) et Hong Soo Hyun (Lie to me, Princess Man), sans compter le désopilant Park Sang Myung (Can’t live without robbery) dans un rôle plus méchant cette fois ci. Les acteurs ont l’air de beaucoup s’amuser sur le plateau (il faut dire qu’une bonne partie de l’équipe de Giant est devant et derrière les caméras, ils se connaissent donc) et l’alchimie est instantanée.

Le scénario est rafraichissant et alléchant, il laisse beaucoup de pistes ouvertes. Étant vraiment convaincu par  sa comédie et sa légère dimension sociale, je continue. Ce qui a fait pencher la balance définitivement ? La scène bonus pendant le générique, un gag irrésistible. Encore, encore !