[Pilote – Corée] I do, I do

Kim Sun Ah fait partie des actrices que j’affectionne le plus, et elle a à son palmarès de jolis dramas (My Name is Kim Sam Soon, City Hall). J’étais donc forcément partant quand j’ai su qu’elle s’engageait dans une nouvelle comédie romantique. Hélas, le résultat est bien trop fade pour susciter mon adhésion.

Pourtant par petites touches, le drama veut donner un semblant de modernité et d’occidentalisation. Je note par exemple les échanges professionnels où on se serre – touche – la main (!), et où l’on va manger dans un restaurant (français ?) après le boulot. On retrouve donc une héroïne trentenaire qui a réussi dans la vie, mais qui a loupé sa vie personnelle, un schéma typique des comédies romantiques américaines. Ces indices se confirment lorsqu’un matin après une soirée trop arrosée, elle se réveille nue sous les draps en compagnie d’un jeune homme désœuvré. Notre héroïne est passée à l’acte, sans relation sérieuse. Évidemment, tout cela est nuancé : le jeune homme a un discours appuyé avec son père parce qu’il n’est pas rentré de la nuit et qu’il a été vu avec une femme. Il a l’autorisation de rester dehors avec une femme, mais il ne doit pas « franchir la ligne » et doit être prudent. A défaut d’une liberté des mœurs, le drama se charge de « recadrer » les comportements.

Un peu comme dans Wonderful Life, on nous laisse penser que ces deux là ont fait une (jolie) bêtise qu’ils vont devoir assumer. Le deuxième épisode ne laisse que peu de place au doute : on va parler grossesse. Premier indice : notre héroïne reçoit de mauvaises nouvelles de son médecin, elle est sur le point d’entrer en ménopause de manière précoce, ce qui lui vaut quelques cinglantes phrases avec sa nouvelle – et jeune – chef. Deuxième indice : lors d’un rendez-vous arrangé elle rencontre un séduisant gynécologue.

Ces thématiques n’étaient sans doute pas suffisantes aux yeux des scénaristes, qui ont voulu nous mixer cela avec l’univers de la mode, et celui des chaussures pour femme  en particulier. Dans ces moments-là, évidemment, difficile de m’impliquer dans le récit. Et si je comprends les remarques de certaines téléspectatrices devant la chambre de l’héroïne mettant en valeur une collection impressionnante de chaussures, comprenez que cela ne provoque en moi qu’un ennui profond. Si Babyfaced Beauty nous a déjà fait le coup des concours de designers, elle avait au moins le mérite d’être plus drôle et plus inventive que ces épisodes. Non mais sérieusement, des chaussures à talon avec un foulard et des paillettes que voulez-vous que ça me fasse ?

Ce discours sur la mode n’était déjà pas original, mais la façon dont notre jeune homme rentre dans la firme de notre héroïne ne laisse guère de doute : c’est fortement inspiré de l’intrigue de Babyfaced beauty (avec un concours d’entrée permettant à un inconnu de faire ses preuves).

Le show, heureusement, peut s’appuyer sur un duo d’acteurs en forme. Comme à son habitude Kim Sun Ah est impeccable mais la surprise vient de son compagnon de scène, Lee Jang Woo, suffisamment expressif dans le registre de la comédie. Ces deux personnages ont en commun de grandes difficultés relationnelles avec leurs pères qui les « renient ». Mais ce qui oppose nos futurs tourtereaux est bien sûr l’âge (ce qui suit la grande tendance du moment, où la femme plus âgée tombe amoureuse d’un jeune homme) mais aussi l’expérience professionnelle (le héros a abandonné les études et n’est bon qu’à vendre des chaussures dans la rue alors que notre héroïne dispose d’une solide aura dans son milieu), et aussi un certain positionnement moral sur l’enrichissement (pour survivre le héros  ne vend pas n’importe quelles chaussures, ce sont des copies de marque fabriquées par son père. Et notre héroïne va tout faire pour lutter contre la contrefaçon et protéger son gagne-pain).

L’ensemble, vous l’aurez compris, ne réserve que peu de surprises et suit beaucoup trop la recette pour rendre les choses palpitantes. Le script est mou, sans rebondissements ni situations intensément comiques ou dramatiques. Les personnages ont bien du caractère, mais jamais je ne les ai trouvés attachants. On a donc bien du mal à s’impliquer, malgré le travail des acteurs et une bande son satisfaisante. La modernité affichée est bien trop subtile au milieu de scènes rigoureusement conventionnelles. Ce n’est pas foncièrement mauvais, c’est juste sans âme, et le drama souffre de la comparaison avec les autres séries du moment. Et au moment de faire le choix de laisser la porte entrouverte ou non, c’est ce dernier point qui compte le plus. Je ne ressens pas grand chose en visionnant ces deux épisodes.

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Bilan de mon année télé 2011

Je tiens encore à m’excuser pour le manque de mise à jour ces derniers temps, et je vous remercie pour votre fidélité, le fait est que j’ai un peu de mal à me remotiver pour la suite, ma vie personnelle étant ce qu’elle est. Je me suis aperçu, en plus, que je n’avais même pas fêté le deuxième anniversaire du blog début décembre (!).

Mais je tenais quand même à évoquer – rapidement – cette année télé.

Commençons si vous le voulez bien, par les dramas asiatiques. L’année dernière j’avais formulé le souhait d’en regarder davantage, étant de plus en plus frustré par l’actualité et par certaines reviews élogieuses. Autant le dire tout de suite, ce ne fut pas le cas. Une fois de plus, je n’ai pas pu abandonner certaines séries américaines en cours, et je n’ai donc pas pu libérer plus de place sur mon agenda.

Pour autant, j’ai trouvé cette année dramas en demi-teinte.

Du côté japonais, j’ai définitivement abandonné toute tentative de regarder une ou deux séries de saison. Curieusement, cette année 2011 je n’ai pas vu beaucoup de dramas japonais en entier. Je n’avais pourtant pas pour habitude d’abandonner des dramas aussi facilement, mais avec les problèmes techniques (la généralisation d’un format que je ne peux lire dans des conditions de visionnage confortables), et un investissement moindre pour les personnages, je n’ai pas eu de véritable coup de cœur cette année, Jin saison 2 exceptée. J’ai même du mal à terminer la deuxième saison d’Hotaru no Hikari, moi qui avait pourtant adoré la première. La réalité, c’est que j’aurai du réserver plus de place à la découverte, ou laisser plus de chance à une série pour s’installer (comme Love Shuffle). C’est toujours frustrant de se dire qu’on passe à côté de plein de choses par manque de temps, et il va vraiment falloir que je ré-équilibre tout ça.

Du côté coréen, là aussi, j’ai été surpris par mon manque d’investissement à moyen terme. Le problème, c’est que je n’ai même pas le temps de commencer un drama que les prochains me font encore plus saliver. (C’est fou comme je suis devenu accroc aux annonces de casting, aux teasers, aux posters). Et puis, à force de lire des reviews, vient le doute. Aurais-je du continuer The Musical, Flower Boy Ramyun Shop, 49 days, Dream High, My Princess… (Pour Flower boy je crois qu’il va falloir me forcer, vu les critiques dithyrambiques) ? Aurais-je du tenter de visionner des dramas plus « girly » comme I need romance ? C’est souvent une question de cible, et cette année j’ai trouvé moins de dramas capables de me toucher, en tant qu’homme. Entre les k-pop idols et les flower boys, j’ai eu du mal à m’y retrouver. Après un hiver passé à me réjouir de certaines scènes de Secret Garden, j’attendais avec impatience le retour des comédies romantiques, lesquelles se sont révélées sympathiques (Baby-faced beautyThe Greatest Love) mais ne réussissant jamais à réunir l’intégralité des ingrédients requis. L’exemple parfait étant Lie to me. Avec un tel casting, une telle alchimie, j’ai pu vivre de belles scènes, mais l’ensemble manquait de liant pendant les 90 % du temps. Je peux d’ailleurs pleurer amèrement sur le retour de comédiennes que j’aime beaucoup : Yoon Eun Hye bien que convaincante, n’a pas choisi le meilleur drama avec Lie to Me. Quant à Kang Hye Jung, que j’attendais tellement depuis Flowers for my life, elle n’a quasiment aucun rôle dans Miss Ripley. Reste à m’investir, peut-être, sur la reine Kim Sun Ah et Scent of a woman. Mais ce que j’ai pu en lire laisse à penser que le drama n’a pas su aller au bout de son concept.

Heureusement, il y eut le drama City Hunter, qui malgré son nombre affolants de faux cliffhangers, a su rester passionnant. Et puis d’autres productions se sont révélées de très bonnes surprises, comme White Christmas et son ambiance, mais aussi Killer K dont l’action survitaminée, la tension ont permis de contrebalancer un scénario en tous points risible. Et puis, j’ai pu rattraper quelques dramas comme  l’épique The Legend, le déjanté Coffee House, le mystérieux Harvest Villa voire même quelques KBS Drama Special. De quoi oublier mon temps perdu devant Manny. Allez, l’année prochaine, je vais essayer de m’investir davantage dans un genre auquel j’ai toujours été réticent (les dramas historiques), et tenter par exemple Princess Man…Mais au final, c’est plutôt l’approche du drama coréen en tant que tel qui m’a plu cette année (collaborer à Critictoo pour essayer de trouver une liste de séries pouvant donner envie aux curieux, faire des dossiers sur la culture coréenne dans les séries (le korea special event va reprendre ne vous inquiétez pas), m’amuser avec les produits dérivés ou essayer de saliver devant la liste de dramas à venir…)

Enfin, venons-en aux séries américaines. La fin de saison précédente a déjà fait l’objet d’un billet, et comme je n’ai pas fait de réel bilan de la rentrée mis à part un article regroupant les critiques des pilotes, voici donc mes impressions. La saison précédente j’ai du dire adieu à Life Unexpected, V, Traffic Light, Chicago Code, Better with you, et Men of a certain age. Quelles séries allaient pouvoir combler ce vide ? Contre toute attente, et malgré le niveau plutôt moyen de la rentrée, je me suis surpris à accrocher à de nouvelles séries.

Parmi elles, Once upon a time signe le retour du fantastique à la télévision, et malgré des effets spéciaux au budget limité, et un enfant casse-pied, le récit est suffisamment bien tricoté avec notamment des flashbacks intéressants pour à la fois nous faire réfléchir via quelques puzzles et pour nous émouvoir sans niaiserie (ce qui n’est pas facile vu le sujet du conte de fée). Le casting est impeccable, et vu mes réactions aux premiers rebondissements, je suis attaché aux personnages. Bref, en 7 épisodes, à part un épisode en deçà, j’ai vraiment été conquis.

Je n’ai pas eu le temps de faire un bilan de la première saison, passée à la vitesse de la lumière, mais déjà je peux dire que j’ai adoré Boss. La petite Starz jouait gros, mais a réussi à diffuser une petite pépite. Bien sûr tout le monde ne va vous parler que de Kelsey Grammer, que j’adore (on ne dira jamais assez à quel point Frasier était une sitcom exceptionnelle), mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est le sens de la mise en scène. Ces détails qui cherchent à rendre grandiloquent la moindre prise de vue. Il y a là une approche qui permet à la fois une lecture réflexive et surtout, émotionnelle. Comment éprouver de la compassion pour un être abject mais malade, qui s’accroche désespérément à ce qui lui reste : le pouvoir, alors qu’il a tout perdu par sa faute. Il y aurait tant à dire sur l’irruption de la maladie, présente dans chaque processus de décision, mais niée autant que possible. Tant de choses à dire sur les nombreux rebondissements dans cette lutte de pouvoir, ces coups bas, cette distorsion de la réalité, cette chasse à l’homme médiatique et la corruption généralisée. La série de cette fin d’année, assurément. (La première partie étant réservée à Game of Thrones).

Je nuance mon appréciation sur Homeland, qui fait déjà les gros titres un peu partout. Si la série a d’indéniables qualités : d’excellents interprètes, du suspense, un joli puzzle à déchiffrer, certains rebondissements m’ont fait tiquer. Un peu comme 24, la série n’arrive pas à prolonger son thriller sans décrédibiliser l’intelligence des personnages et certaines facilités. De fait, beaucoup d’évènements sont prévisibles et, il faut bien le dire, rageants. Mais je n’ai pas boudé mon plaisir, ça faisait longtemps qu’on avait pas eu une série aussi passionnante.

Hormis ce trio de tête, deux autres séries dramatiques ont su m’accrocher : Pan Am et Ringer. Deux séries dont l’ambition démesurée se frotte aux dures réalités : la reconstitution politique pour l’une, le puzzle d’un thriller pour l’autre. Au final, on se retrouve avec deux séries superficielles, au charme limité.Une amère déception surtout pour Pan Am, qui à défaut, aurait pu être davantage passionnante si au moins les histoires de cœur n’étaient pas aussi ridicules.

Et puis il y a les séries dont on se lasse très vite. L’année dernière ce fut Hawaï 5-0, qui n’arrivait pas à donner un background intéressant à ses personnages. Cette année, c’est notamment le cas de Person of Interest. Oui,c’est un formula show, mais le concept aurait pu donner d’intéressants rebondissements. Une fois les personnages dessinés de manière minimaliste, il ne reste plus qu’à bailler. Si quelques épisodes se sont révélés plaisants, on tourne vite en rond. Autre show policier abandonné, Prime Suspect. La prestation de Maria Bello n’est pas en cause, mais l’évolution de la série laisse pantois. Sur un concept on ne peut plus basique, voilà que les scénaristes ont choisi d’affadir le personnage principal et ses relations difficiles dans un univers policier macho. Et comme les enquêtes policières n’en sont pas (aucun raisonnement, aucune astuce, juste la chance ou le hasard pour découvrir le coupable), j’ai jeté l’éponge.

Je passe volontairement sur les séries qui m’ont fait fuir, comme Terra Nova. Reportez-vous au billet concernant les pilotes si besoin.

Heureusement, cette rentrée est aussi le retour des séries comiques. Après avoir échappé à l’horripilante New Girl, à la soporifique Whitney ou aux improbables mâles en perte de repères (Last Man Standing, Man Up, How to be a gentleman), j’ai trouvé deux jolis couples : le premier, fauché, qui baigne dans les blagues sexuelles et les réparties agressives (2 Broke Girls), le deuxième, entre un père et une fille qui essayent de s’accommoder à leur nouvelle vie déjantée dans les suburbs (Suburgatory). Malgré tout, les épisodes sont assez inconstants, mais j’espère toujours une amélioration.

Et heureusement que les nouveautés sont là, car au niveau des reprises, c’est la catastrophe. Dexter (saison 6) réussit l’exploit de détruire à peu près tout ce qui restait de la série (la relation « familiale ») tout en sombrant dans la mise en scène ridicule. The Walking Dead (saison 2) m’a fait autant d’effet qu’une boîte de somnifères excepté la jolie scène finale. House (saison 8) n’a pas su rebondir après sa calamiteuse fin de saison dernière, proposant des épisodes sans aucune perspective intéressantes pour les personnages malgré un cast plaisant et des cas médicaux guère passionnants. How i met your mother (saison 7) n’a réussi à retrouver l’humour que le temps d’un épisode, juste avant de tout détruire à nouveau. Modern Family (saison 3) n’arrive pas à faire évoluer ses personnages, et ses gags sont archi-prévisibles. Grey’s Anatomy (saison 8) a certes donné de meilleurs épisodes que la saison passée avec un peu plus d’humour, mais on est encore loin du niveau acceptable pour me faire à nouveau apprécier les personnages.

Quelques séries réussissent peu à peu à se sortir de leur bourbier : The Good Wife (saison 3), d’abord (qui a développé une relation auquel je n’accroche pas au lieu de montrer un fil rouge et des enjeux intéressants), et The Mentalist (saison 4) qui après l’énorme gifle du season premiere a donné quelques épisodes plus sympathiques pour se faire pardonner. Enfin, le retour de Chuck (saison 5) fut très décevant, avec un manque flagrant d’imagination et d’intrigues efficaces. Les derniers épisodes ont heureusement su redresser la barre : il fallait retourner à la spécificité de la série.

Alors que reste-t-il comme moments forts dans cette semaine ? Nikita (saison 2) tout d’abord, qui a su densifier son univers sans perdre en cohérence ni en enjeux. Parenthood (saison 3), ensuite, malgré quelques maladresses de personnages et une émotion en dessous de la saison passée. Enfin, pour les séries comiques : deux constantes : The Big Bang Theory (saison 5), qui a développé avec délice le personnage d’Amy, et Raising Hope (saison 2) qui fait toujours preuve de créativité.

City Hall

City Hall fut diffusé en 2009 sur SBS, et constitue, à mes yeux, une belle réussite.

Ce n’était pourtant pas gagné. J’ai failli lâcher prise aux premiers épisodes qui manquaient d’émotion. Mais rentrons plutôt dans le vif du sujet.

Le casting de la série réunit Kim Sun Ah (My name is kim sam soon, Scent of a woman) pour qui j’ai toujours eu beaucoup d’admiration, et Cha Seung Won (The Greatest Love), un acteur pour le moins charismatique.

Kim Sun Ah est comme toujours parfaite pour incarner l’image de la coréenne moyenne, qui travaille dur, n’est pas particulièrement jolie ou intelligente, et qui possède un caractère bien trempé. A une différence près, par rapport à Kim Sam Soon, son personnage, Shin Mi Rae n’est pas naïve quand il s’agit de parler d’amour. Shin Mi Rae a déjà connu des histoires sentimentales. Si son personnage conserve une certaine pudeur comme tout drama coréen, elle n’ira pas s’enfuir lorsque son prétendant veut l’embrasser. La nuance est de taille, car elle permet au final d’avoir une héroïne adulte sympathique, et non pas une trentenaire au comportement d’une adolescente vierge effarouchée. Shin Mi Rae, amoureuse, embrasse passionnément, et n’hésitera pas à passer une nuit dans les bras de l’homme qu’elle aime.

Shin Mi Rae, fonctionnaire de dernier grade dans la petite bourgade d’Inju, rend beaucoup de services à ses amis, ses voisins, sa mère, des commerçants qui essaient de joindre les deux bouts, car cette ville côtière est pauvre. Alors que tout le monde la traite comme une moins que rien à la Mairie où elle travaille (café, photocopies, …), elle sourit à la vie. Naïve, simplette ? Un peu. Elle trouve la force d’avancer dans les sourires qu’elle reçoit, et a finalement bien trop de choses à faire pour se formaliser. Malheureusement son ex-petit ami a abusé de sa gentillesse, et elle se retrouve avec une dette qu’elle ne peut rembourser. A moins, évidemment, qu’un pactole lui tombe du ciel… Et si elle gagnait le concours de Miss Baendaengi (Miss poisson) organisé par le nouveau Maire-Adjoint ? Malgré ses rondeurs, elle est déterminée à gagner…

Cha Seung Won incarne Jo Gook, ce Maire-adjoint au passé mystérieux. Il a brillamment réussi des études politiques, et est extrêmement ambitieux (il vise la Présidence de la Corée du Sud, rien que ça). Son intelligence, son charme naturel, son bagout, son sens tactique devraient lui permettre de grimper les échelons. Mais au lieu de viser directement un siège de député, son mentor mystérieux lui ordonne de prendre la place de maire adjoint dans la petite ville d’Inju. A lui de se débrouiller pour éjecter le maire corrompu et  pour manipuler son successeur. Quand il voit cette idiote de Shin Mi Rae se présenter à un concours de Miss dont il se contrefout, il se dit qu’il a peut-être trouvé la parfaite marionnette…

Vous l’aurez compris, le drama a pour thème la politique. En 20 épisodes, il va nous raconter comment une femme va réussir à surmonter tous les obstacles pour non seulement prendre le pouvoir, mais aussi assumer ses nouvelles responsabilités, tout en restant fidèle à ses valeurs. Car ce qui nous est dépeint est un monde politique impitoyable, corrompu, avec ses coup-bas, ses traitrises, ses calculs, ses mensonges éhontés à une population qui se désintéresse complètement de ses élus et de ses candidats. Arriver dans un tel milieu n’est pas facile, surtout quand on ne connait pas le système politique d’un pays. Pour un téléspectateur occidental, pas évident de savoir ce qu’est un Shijangnim (maire), un Bushijangnim (maire-adjoint), un président de conseil (municipal), … Ajoutez à cela beaucoup de dialogues et des personnages assez méprisables au début, et vous comprendrez ma difficulté à me laisser entraîner dans la série.

En effet, il est assez difficile de s’attacher à ce petit monde, et comme souvent dans les dramas coréens, le héros est un peu trop hautain pour vraiment s’impliquer. Cha Seung Won utilisera d’ailleurs plus d’une fois son rire forcé (ré-utilisé à outrance plus tard dans Greatest Love), ce qui fait que j’ai eu peur de ne jamais adhérer au personnage. J’avais heureusement tort, car malgré son détachement et ses manoeuvres politiques, on comprend bien vite que Jo Gook est en train de tomber amoureux. Son évolution est d’ailleurs très crédible tout le long. Voilà un homme qui ne vit que pour la politique, qui en maitrise toutes ses subtilités, et qui sait comment gagner des élections. Et puis sa rencontre avec la sincère Shin Mi Rae va le bouleverser. Il y a évidemment un côté très idéaliste dans la façon dont elle surmonte les obstacles, mais ce n’est pas pour autant d’une naïveté désolante. On se prend vite de passion pour son combat, on la soutient, on rit et on pleure (un peu ) avec elle. Shin Mi Rae n’a pas une ambition dévorante ni de rêves grandioses, elle rentre dans ce jeu politique pour améliorer le quotidien des gens qu’elle aime, et c’est tout.

Cette gentillesse ne peut  être comprise par ses adversaires. Mais malgré tout, le drama réussit à ne pas rentrer dans le jeu du manichéisme. Oui, le drama a ses « méchants », mais s’ils agissent ainsi, c’est parce qu’ils croient en ce qu’ils font, et ne se rendent pas compte qu’ils sont eux-mêmes les pièces d’un autre échiquier politique. Leurs rédemptions n’en sont que plus belles.

Autre louange à faire vis à vis du drama, c’est le soin porté aux intrigues. Si on ne nous épargne pas quelques rebondissements dont on aurait pu se passer en fin de série (probablement à cause de la rallonge d’épisodes), leurs dénouements sont suffisamment crédibles et émouvants pour se passionner pour les aventures de Shin Mi Rae et Jo Gook.

En effet, peu à peu, le drama devient de plus en plus passionnant, et ce n’est qu’en seconde partie que le charme se dévoile. Si les intrigues politiques sont toujours là, une belle place est désormais réservée au couple de personnages principaux. Et quel couple ! Souvent dans les dramas coréens les chamailleries ne vont que dans un sens, mais là, chaque personnage a du répondant. Leurs joutes verbales (matures ou immatures) sont un régal. Mieux encore, la série réussit à être très romantique, l’évolution de Jo Gook étant sincère, malgré ses stratégies politiques. Moi qui m’attendait à avoir du mal avec la froideur des débuts de Cha Seung Won, j’ai été subjugué. Le couple rayonne : la mise en scène excelle dans les échanges de regards et le cadrage de leurs rapprochements passionnés. La série ajoute la bonne dose de symbolisme amoureux tout en concrétisant nos rêves, ce qui fait que j’ai regardé les dix derniers épisodes… en une journée. Ça ne m’était pas arrivé depuis… Je crois que ça ne m’était jamais arrivé. J’ai été happé, ensorcelé par ce couple magique.

Les scénaristes ont également eu l’intelligence de ne pas créer de véritable carré amoureux. En effet, si le directeur Lee est fasciné par Shin Mi Rae, c’est davantage parce qu’il ne retrouve plus chez sa femme cette honnêteté, cette simplicité. Sa femme ne peut pas lui donner d’enfant, et aigrie, elle s’est peu à peu investie en politique, maitrisant tous les coups tordus possibles. Et si ce personnage féminin est très agaçant, il finit par être très drôle, malgré le surjeu des premiers épisodes. En outre, les difficultés de leur couple deviennent de plus en plus touchantes.

Autre originalité du drama : le héros est déjà.. fiancé. Mais on sent très tôt qu’il n’y a pas d’amour entre ces deux là, juste une histoire d’intérêt. Ce qui fait que Shin Mi Rae n’apparaît pas vraiment comme une briseuse de couples. Mais on pourra tiquer sur le fait que nos personnages ne semblent pas trop se soucier du qu’en dira-t-on.

Le drama pourrait aussi agacer : les valeurs de Shin Mi Rae feront sourire toute personne un tant soit peu passionnée par la politique. Mais qu’importe, il est permis de rêver, à la manière d’un Mr Smith au sénat, que les hommes politiques se mettent réellement au service de leurs électeurs et non de leurs propres ambitions.On notera au passage que le peuple est représenté dans sa diversité, et que l’héroïne comprendra qu’elle ne peut plaire à chacun.

Pour autant, la série ne donne jamais de leçon politique, elle se concentre vraiment sur son héroïne juste, simple, honnête. Il serait donc réducteur d’assimiler City Hall à une fable idéaliste, car bien qu’il s’agisse d’un doux rêve, cela reste avant tout une comédie romantique dans un cadre politique.

Et à ce titre, elle mérite vraiment d’être regardée, car elle figure sans problème dans le haut de sa catégorie, malgré quelques facilités scénaristiques. Tout y est : l’alchimie, les acteurs (mention spéciale pour Kim Sun Ah, bluffante de sincérité), les costumes (et les chemises !), les dialogues, les scènes, l’évolution lente et crédible des personnages, sans oublier une chanson magnifique. Et j’aime de plus en plus cette mode qui consiste à placer des pas de danse de la k-pop dans les fictions (même si je ne suis pas fan des Super Junior, Sorry sorry !).

Si vous arrivez jusqu’à mi-série, croyez-moi, vous ne le regretterez pas.

My name is Kim Sam Soon

Je continue mon petit tour des dramas coréens moins récents avec My name is Kim Sam Soon (encore appelé My lovely Sam-Soon). Cette série a été un tournant dans l’écriture des dramas coréens. Diffusée en 2005 sur MBC, elle aura transformé le paysage féminin télévisuel. Comme Bridget Jones, dont Kim Sam Soon est le pendant coréen, elle a su enfin donner un caractère fort et indépendant à la femme célibataire. Balayé le complexe de Cendrillon, finie la demoiselle en détresse attendant son prince charmant (Winter Sonata, Autumn Tale).

Kim Sam Soon n’est pas vraiment heureuse en amour. Il faut dire que son physique et son franc-parler n’attire pas des masses. Sans compter son nom de famille qui sonne ridicule en coréen. Un jour, elle découvre que son petit ami la trompe ouvertement. Dévastée, elle finit par trouver un job de pâtissière dans un restaurant tenu par un gars capricieux. Ils vont s’entendre comme chien et chat. Le « prince charmant », pour éviter un conflit avec sa famille, décide de faire croire qu’il est fiancé à cette dernière. Ça ne va pas plaire à tout le monde…

Mieux rythmée que Full House, moins répétitif, aussi drôle, mais plus touchante, My Name is Kim Sam Soon est un très bon drama coréen, mais qui malheureusement a pris de l’âge (le rythme, encore lui, a sensiblement progressé dans les dernières productions).

Pour autant, la série n’est  pas excessivement délirante comme les plus récentes, elle est plutôt centrée sur les rapports avec les personnages et sur la psychologie de l’héroïne. Mais elle ose le détail « kawai » (mignon en japonais), avec un cochon en peluche emblématique. C’est le genre de détail excentrique qui donne une visibilité au drama.

Kim Sam Soon a eu beaucoup de succès, car cette héroïne « banale », « moyenne », avec ses coups de gueule et ses larmes est extrêmement attachante. Le public s’est rapidement identifiée à ce personnage alcoolique, rêveur, qui ne peut enfiler le dernier truc à la mode, qui ne se fait remarquer par personne et qui doit se battre pour y arriver. Kim Sun Ah est devenue la porte parole de ces femmes coréennes, ni moches, ni belles, mais qui mettent toutes leurs énergies dans leurs vies professionnelles et amoureuses. Et puis côté casting masculin, on y trouve le sympathique Hyun Bin, et le fameux Daniel Henney, parti se fourvoyer aux USA cette saison dans le médiocre Three Rivers (voir mon bilan de la saison, ou le bilan de mi-saison).

Bien que l’histoire ne soit pas particulièrement mouvementée, on devient vite accroc à ce petit univers.  Et lorsque tout se termine, il est vraiment difficile de dire adieu à la série.

Avec le recul, peut-être la série est-elle un brin surestimée de nos jours. Difficile d’oublier son schèma très classique aujourd’hui (alors qu’à l’époque c’était le symbole du renouveau des personnages féminins) . Mais elle reste quand même un des piliers de la télévision coréenne, drôle, et émouvante.