[Pilote – Corée] A Gentleman’s Dignity

A gentleman’s dignity n’était pas une des séries coréennes que j’attendais le plus, et j’appréhendais le visionnage des 2 premiers épisodes, au vu des informations et du trailer. Qu’en est-il réellement ?

A gentleman’s dignity nous raconte les péripéties amoureuses de quatre hommes, dans la quarantaine. Un concept qui sur le papier m’enchantait. Je ne me faisais guère d’illusions sur un éventuel contenu plus mâture, mais j’espérais au moins trouver une certaine originalité, une approche un peu plus différente des dramas habituels, ou à défaut, plus nuancée. Ce fut le cas, du moins en partie.

Car oui, ça fait du bien de parler des interrogations d’une autre tranche d’âge (surtout quand on va bientôt la rejoindre). Nos 4 compères ont l’apparence de la maturité quand ils sont seuls, mais en groupe ils savent s’amuser, se titiller, s’engueuler, comme de vrais adolescents. C’est aussi un âge où on a besoin de se rassurer (de se mentir ?) : besoin de prouver qu’on est encore séduisant (et qu’on peut obtenir le numéro de téléphone d’une fille en 30 secondes), qu’on est jeune ou qu’on est capable de mettre une raclée à des mineurs délinquants. Il ne faut surtout pas montrer la moindre faille, et respirer la confiance en soi. Entre eux, ils peuvent se railler (et en soi on retrouve des similitudes avec Men of a certain age), mais devant le sexe dit faible, pas de compromis, il faut toujours garder la tête haute.

Une fierté mal placée ? Si on reconnait certaines mécaniques du fait de la parenté avec Secret Garden (même scénariste), on s’aperçoit vite que l’arrogance a ses limites, et surtout qu’elle est explicable. Exit notre Hyun Bin qui en faisait des tonnes sans autre explication que l’arrogance des riches. Bienvenue à Jang Dong Gun (Taegukgi), lequel interprète un architecte qui aime manipuler/ torturer une prof (Kim Ha Neul, My tutor friend). On sent qu’il désire garder l’ascendant, se trouver irrésistible et inaccessible, mais on sent aussi qu’il n’y a guère de méchanceté en lui. Il veut juste se prouver qu’il peut encore être « cool ». Du reste, comme pour Secret Garden, notre héros se retrouve maintes fois ridiculisé : son apparence vestimentaire ne souffre pas de défauts (sauf pour son jogging), mais ses qualités de combattant, elles, ont disparu.

Ce qui change aussi dans la formule, outre un héros orgueilleux nettement moins cruel et plus sympathique, c’est sa partenaire. Ce n’est plus une femme forte, mais une femme plus fragilisée, qui subit plus qu’elle ne réagit. Et quand elle prend le dessus dans ses échanges, c’est de façon involontaire. Non, elle n’arrive pas à se souvenir de lui. Désolé. Non. Vraiment. Elle est également beaucoup plus gaffeuse, et en cela elle rejoint l’écrasante majorité d’héroïnes de dramas coréens.

C’est là le problème du show. Si son postulat est sympathique (enfin des héros plus posés, bien habillés et coiffés, je n’y croyais plus), ses mécanismes restent encore trop conventionnels. On sent un manque d’approche, et le premier épisode, plutôt pauvre en gags, est particulièrement longuet. Pire, certains artifices comiques sont carrément copiés sur d’autres dramas (comme la fameuse scène du détricotage de robe rouge dans History of a salaryman). Ce rythme lent m’a fait peur, car le drama est particulièrement dépourvu d’ambition sur le plan de la réalisation. Si la musique est sympathique, elle n’arrive pas à transcender les scènes, et les rencontres de nos futurs tourtereaux paraissent décalés par rapport au récit, sans réelle transition, une emphase plutôt abrupte qui m’a fait tiquer. Ce n’est pas un problème d’alchimie puisque les dialogues sont bien menés, et les acteurs irréprochables. Ça m’a d’ailleurs fait plaisir de retrouver Kim Ha Neul, qui fut il n’y a pas si longtemps encore une des reines de la comédie romantique au cinéma. Et Jang Dong Gun est parfait dans son rôle, campant un personnage impressionnant dans la majorité des scènes.

Parmi les points positifs, j’ai particulièrement aimé le fait qu’il n’y ait pas une rencontre « magique », mais bien plusieurs, et que nos protagonistes n’arrivent pas à faire le lien : Oui, c’était bien la même fille, et oui, cet homme, tu l’as déjà rencontré. Un peu comme si le destin trouvait tous les prétextes pour que cela ne se fasse pas, alors que toutes les conditions sont réunies : ils partagent le même cercle d’amis !

Ces amis, d’ailleurs sont un des atouts de la série : leur connivence, leur amitié fait plaisir à voir. On comprend peu à peu qu’ils se retrouvent en mauvaise posture. Leurs relations amoureuses sont compliquées : l’un ne supporte pas l’exhibitionnisme dragueur de sa compagne, (laquelle lui indique bien que c’est ce qui lui avait plu  en premier lieu !). L’autre, marié avec une femme plus âgée que lui, essaye d’éviter de se faire prendre en flagrant délit d’adultère.  Et enfin le dernier semble avoir craqué pour la petite sœur de son ami… Cette dernière insuffle d’ailleurs un joli brin de fraicheur et d’impétuosité dans le deuxième épisode, me réveillant de l’ennui qui me gagnait peu à peu.

En effet, plus le récit avance, plus j’ai commencé à m’attacher à ces personnages, et l’humour s’est aussi nettement amélioré. Il ne s’agit pas de comédie trépidante, ou référencée (mis à part le clin d’œil à Secret Garden), mais d’un humour un peu plus malin, avec des échanges de sms où l’on prétend ne pas s’être trompé de destinataire, ou des faux aveux pour éviter la honte.

Au final, la série s’en sort de justesse après des débuts laborieux. Le casting masculin est impeccable (j’ai oublié de mentionner Kim Soo Roo, Kim Min Jong et Lee Jong Hyuk, tous trois parfaitement à l’aise pour incarner des personnages bien plus profonds qu’il n’y parait). Et les différentes intrigues sont du coup, plus sympathiques que prévues. Dommage que l’on sente venir un passé plus dramatique, via un jeune homme et une photo de groupe.

La question est maintenant de savoir si je vais continuer ou pas, car il manque toujours ce petit plus. Et vu le nombre de nouveaux dramas plutôt alléchants (cf sélection été 2012), il va falloir faire un choix…

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