The Americans [Pilote]

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The Americans, nouvelle série de la chaîne FX, avait beaucoup de potentiel pour me plaire. Revenir sur la guerre froide, qui a tant fait couler d’encre et au passage forgé des scénaristes télé dans les années 70-80, c’était en soi une bonne idée. Parce que nous avons aujourd’hui le recul nécessaire sur cette partie de l’histoire, et que le monde a radicalement changé depuis. La preuve : les personnages russes à la télévision américaine ne sont plus que des chefs de gang ou des prostituées, les espions ont disparu (excepté un épisode récent d’Elementary).

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On pourrait donc parler de la guerre froide, « à froid », sans être clivant, et pourquoi pas, imaginer que nos héros ne soient pas américains. Enfin, pas encore de « vrais » américains. Nos espions russes – qui ont fondé une famille – devront avoir envie de se rallier au camp du Bien, hein parce que c’est quand même la plus belle nation au monde, et parce que c’est normal d’être ému en entendant le Star Spangled Banner. Et si notre héroïne résiste, et désire rester fidèle à la Mère Russie, on va tenter de nous l’expliquer : elle est pas tout à fait normale dans la tête. La preuve, elle s’est faite violer pendant son entrainement soviétique et ne s’est pas rebellée pour autant. Hein, c’est bien ça qu’il fallait comprendre ?

Hum. Je critique, mais j’apprécie quand même le fait que ce ne soit pas la femme/mère qui veut le meilleur pour ses enfants, qui tombe sous le charme des USA et le père, un être bourru qui ne croit qu’en sa mission. Ouf.

Il y avait pourtant là une belle occasion de mettre de côté le nationalisme américain, et d’avoir, non pas des anti-héros, mais des personnages avec une vision différente. Force est de constater qu’aucun sentimentalisme envers la Russie ne sera toléré. Tout juste un regard mitigé lorsqu’il s’agit d’applaudir les exploits d’astronautes américains alors que la Russie avait son Gagarine. Pas étonnant, alors, qu’on préfère obliger nos personnages à ne pas parler de leur passé russe avant leur embrigadement. (deux phrases arrachées vers la fin, c’est plutôt pauvre !).

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Tout n’est pas raté pour autant. Si la fiction ne peut s’empêcher d’en faire des tonnes sur la Grande Amérique qui possède des climatiseurs et vend des bottes de cowboy qui font pâlir de jalousie tous les moscovites, elle essaye au moins de nous attacher à ses personnages, soit en transformant notre espion en redresseur de torts, soit en victimisant notre héroïne. Ça fonctionne bien, ou en tous cas suffisamment pour avoir peur que le voisin qui travaille au FBI découvre le pot-aux-roses.

L’ennui, c’est que c’est à peu près la seule chose que l’on conserve du récit, lequel s’avère prodigieusement lent et plutôt avare en informations et en twists. Et surtout, c’est parfois très maladroit. Surtout au premier visionnage.

On comprend en effet le but recherché lors de certaines scènes impliquant notre espionne russe : montrer sa répulsion à l’égard des hommes, et parallèlement montrer que l’espion russe en pince vraiment pour elle. Mais pour y arriver, on nous montre de multiples revirements de position de cette héroïne, passant alternativement de la violence à l’égard de son « mari » (merci la scène surjouée de la cuisine), à la passivité soudaine lorsqu’il s’agit de régler une bonne fois pour toutes son compte avec le passé (la scène violente dans le garage, pas très cohérente).

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Je m’attendais également à une bien meilleure mise en scène pour une série de ce registre. Entre les poursuites mollassonnes et un découpage fainéant, le téléspectateur avide d’action peut s’assoupir facilement. Et j’ai beau aimer Fleetwood Mac, c’est bien quand ça s’arrête aussi, surtout quand il ne se passe rien à l’écran. Ou presque. Restent quelques jolis plans, comme la séquence finale, ou le regard de Keri Russell, particulièrement bien saisi par moments. C’est une chose de choisir la voie du drame, c’en est une autre de savoir maintenir le suspense.

Du côté des acteurs, Keri Russell s’en sort plutôt bien, j’avais peur de ne pas la trouver suffisamment convaincante. Le registre dramatique lui va mieux (cf Running Wilde). A ses côtés, Matthew Rhys a un physique plus passe-partout pour qu’on croit vraiment à son activité d’espionnage.

Dans l’ensemble tout cela manque donc de punch, d’affinage, que ce soit dans le traitement des personnages comme dans la mise en scène de l’action Pour réellement m’impliquer dans l’aventure, il m’en fallait un peu plus. Je ne désespère pas pour autant. En corrigeant ces défauts, et en exploitant un peu mieux son potentiel thématique, la série peut décoller. Reste à savoir quelle voie va être empruntée par la suite…

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[Pilote US] Running Wilde

Running Wilde faisait partie de mes attentes pour cette rentrée. Une comédie avec des relents d’Arrested Development, l’une des meilleures jamais réalisées, c’était forcément immanquable. Pensez donc : Hurwitz est aux commandes, et Will Arnett et David Cross sont dans des rôles qui leur vont comme des gants.

On sent tout de suite le côté loufoque dans la série, avec ces fameux gags en arrière plan dignes des ZAZ. L’absurdité est poussée à son paroxysme, et c’est tant mieux. Parce qu’un milliardaire stupide, imbu de lui-même, en temps de crise, c’est pas vraiment un personnage attachant. Qu’importe, Arrested Development avait parfaitement fonctionné sans rendre ses personnages « humains ». Même s’il n’est pas un mauvais bougre , Steve Wilde, à côté de ses pompes, se fait escroquer par ses subalternes et ne trouve d’intêret que pour la compétition avec son voisin aussi richissime que lui. Il y a un regard tellement décalé sur le personnage qu’on ne peut le prendre au sérieux.

C’est là le problème de la série. Arrested Development n’aurait jamais pu devenir une comédie romantique avec ses personnages. De la même manière, Running Wilde va avoir toutes les peines du monde à nous vendre une histoire d’amour entre ce milliardaire et cette écolo. Parlons-en de cette fameuse Emmy Kadubic : au vu du trailer, j’avais beaucoup de mal à imaginer Keri Russell incarner ce personnage. Le fait est que sur le pilote c’est moins catastrophique que je ne l’aurai cru, mais pour autant j’ai encore plus de mal à ressentir une quelconque alchimie entre les deux acteurs. Il me faudra sans doute du temps pour m’y habituer. Son personnage est d’ailleurs trop mis en retrait, mais j’ai apprécié le fait qu’elle ait elle aussi des défauts : elle est tellement obnubilée par sa cause qu’elle délaisse sa fille.

Si sur le plan de la romance ça va être dur d’y croire, en revanche, sur le plan humoristique, le pari est gagné. C’est très drôle, la narration va à 200 à l’heure, on a même du split screen, j’aime quand ça fourmille d’idées. Je ne vais pas citer les nombreux gags, mais outre ceux qui se passent en arrière plan, j’ai beaucoup aimé le comportement du majordome/chauffeur Migo qui couvre la voix du serveur pour empêcher son patron de connaître le vrai prix de ce qu’il commande.

Du point de vue des personnages secondaires, ils sont tous impeccables, à l’exception de la fille d’Emmy, un rien tête à claques. N’est pas Alia Shawkat qui veut.

En résumé : la série est bancale (la romance ne fonctionne pas), mais les gags sont très bons. Un Arrested Development maladroitement mixé, peut-être, mais une série très drôle sûrement. J’espère juste qu’ils arriveront à rendre le personnage d’Emmy plus drôle et qu’ils s’appuieront moins sur Steve. Il y a un problème d’équilibrage, mais sur le long terme ça peut s’aplanir. Et qui sait  ? En donnant plus d’importance à Emmy, ils arriveront peut-être à donner de la profondeur à ces personnages délurés, on croira peut-être alors à leur histoire d’amour. Une autre solution consisterait à ne parler que d’attirance, comme les cousins maudits Maeby et George Michael.

En l’état, je continue, le potentiel est réellement enthousiasmant, mais les prochains épisodes seront déterminants.

[Classement de mes attentes pour la rentrée américaine] 14 – Running Wilde (FOX)

Cette sitcom attise vraiment ma curiosité. Le gros problème, finalement, n’est pas du à son pitch (un riche héritier milliardaire qui a le bégin pour une écolo altermondialiste). Après tout les contraires s’attirent, ça a le goût d’un Dharma et Greg,c’est un des concepts les plus éculés de la sitcom mais c’est aussi pour ça que ça fait rire. Non, ce qui détonne, c’est le choix du cast. J’adore Will Arnett (Mais bon quand on a vu Arrested Development comment pourrait-il en être autrement ?), j’aime bien Keri Russell (Felicity), mais à force de vouloir trouver deux personnes à l’opposé l’une de l’autre, je trouve que l’alchimie entre les deux est quasi inexistante. Le style d’humour et le jeu des acteurs n’ont rien à voir, et au vu du trailer, ça me met particulièrement mal à l’aise d’imaginer une romance entre eux deux.

Mais j’attends cette série, parce que finalement j’ai l’impression que je veux y croire. Avec le créateur d’Arrested Developpment (Mitch Hurwitz) derrière la série, avec ce casting extra-terrestre, et ce pitch, je veux au moins voir le pilote.

Upfronts 2010 : ma sélection

Il est toujours hasardeux de faire des pronostics sur la base de trailers, de pitchs, de casting ou de réalisateurs. Mais quand on est fan de séries, ça fait partie du plaisir, de se dire que peut-être cette série-ci ou cette série-là sera une de mes grandes joies télévisuelles la saison prochaine.

Je ne vais donc pas vous parler des upfronts en totalité, mais juste de ce qui est susceptible de m’intéresser. Je suis prêt à me renier la saison prochaine, ne vous inquiétez pas.

On commence avec la CW, qui nous offrira un remake de Nikita, avec Maggie Q. Pour ceux qui ont vu Naked Weapon, je pense qu’il y a là de quoi fantasmer un peu sur une série d’action sexy. Et puis il y a aussi Shane West (Once and Again), un acteur que j’aime beaucoup, et Melinda Clarke (The OC), Xander Berkeley (24). Évidemment il faut relativiser, on est sur la CW, comme le prouve ce trailer mal monté. Mais peut-être aura-t-on une belle surprise ?

On continue avec ABC, qui nous offre une comédie avec Matthew Perry, qui incarne le manager quadragénaire d’une arène sportive. Ça s’appelle Mr Sunshine, et on y trouve également la talentueuse Allison Janney (The West Wing) et la jolie Andrea Anders (Better Off Ted). Le trailer donne un aperçu du potentiel comique, mais comme toujours difficile de juger. A tester, donc.

Sur ABC toujours : Happy endings semble être une comédie plus conventionnelle sur un groupe d’amis de longue date qui a vécu dernièrement la séparation d’un de leur couple. Les gags ont l’air vus et revus, mais je trouve que ça reste sympathique. On y retrouve notamment Elisha Cuthbert (24) et Eliza Coupe (Scrubs).

Du côté drama, chez ABC, je retiens 2 nouveautés. La première ne surprendra personne, No ordinary Family semble être la série qui fait le plus de buzz actuellement. Mais je tempère cet enthousiasme, parce que si le cast est plus qu’alléchant (Michael Chiklis (The Shield), Julie Benz (Buffy,Angel, Dexter), Autumn Reeser (The OC)), je trouve malheureux qu’on nous raconte encore une histoire de super-héros qui découvrent des pouvoirs, qui vont devoir se cacher et qui vont lutter contre le crime. Tout ça dans l’objectif de nous montrer avant tout des effets spéciaux (d’après la bande-annonce en tous cas). (Peut-être que The Cape, une autre série de super-héros sur NBC, sera meilleure, mais la bande annonce ne donne pas du tout envie, malgré la présence de Summer Glau)

Enfin, je retiens aussi Off The Map. Soyons clairs, j’ai pas adhéré à Private Practice. Alors quand Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy) nous a proposé encore une nouvelle série médicale, j’étais un peu circonspect. Mais la présence de l’excellente Caroline Dhavernas (Wonderfalls) a suffi à me redonner de l’intérêt. Et le reste du cast n’est pas mal non plus : Jason George (what about Brian), Enrique Murciano (Without a trace). Reste à voir si transporter de jeunes médecins dans la jungle au milieu de nulle part a un véritable intérêt scénaristique.

Du côté de NBC, je retiens également la série comique Friends with Benefits. Oui, je sais encore une série sur des amis qui ont couché, couchent, ou coucheront ensemble. Il n’empêche, la série a du potentiel : l’extraordinaire Ryan Hansen (Veronica Mars, Party Down), Danneel Harris (One Tree Hill), et aussi Fran Kranz qui retrouve un joli rôle après sa révélation dans Dollhouse. Et quand on sait qu’il y a derrière tout cela les personnes à l’origine d’Arrested Development et du film 500 Days of Summer, il y a de quoi être curieux.

Toujours au rayon des séries comiques, Outsourced nous promet une fois encore le décalage entre une société occidentale et orientale. Ca a l’air assez drôle, et rafraichissant. A voir sur la longueur, évidemment, en espérant qu’on ne tombe pas dans une déferlante de clichés. Mais le pitch de base est vraiment intéressant : un américain est obligé d’aller en Inde pour diriger une équipe dans un Call-Center. Il est juste dommage que l’acteur principal soit un peu transparent, mais ça n’est qu’une première impression, bien sûr. En tous cas j’ai hâte de voir le résultat. La série bénéficie d’un bon buzz pour l’instant.

Du côté drama, la série que j’attends le plus cette saison est The Event. Jason Ritter au coeur d’un complot gouvernemental, ça me botte bien. Bien sûr rien de bien original sur le fond, mais j’adore Jason Ritter, génial dans tous ses rôles (Joan of Arcadia, The Class, Parenthood). Et puis les séries feuilletonnantes se font de plus en plus rares. La bande-annonce est particulièrement soignée et efficace. Vous rajoutez à cela Laura Innes (ER), un Scott Patterson méconnaissable (Gilmore Girls), Zeljko Ivanek (Heroes)… Je suis impatient de voir ça.

Enfin, alors que les rumeurs d’un remake d’Alias non feuilletonnant font grand bruit, JJ Abrams propose sur NBC Undercovers un cocktail à la Mr & Mrs Smith. Une série d’action-espionnage autour d’un couple d’espions qui assument vouloir le grand frisson. Des inconnus en tête du casting, des explosions, en bref, du savoir-faire. J’espère que Chuck n’a pas du souci à se faire.

Passons maintenant à la Fox, qui pour le coup, n’a que des séries comiques qui m’intéressent.

Vous y avez cru ? Mais non ! Bien sûr, Ride Along le nouveau drama de Shawn Ryan (The Shield) figure en tête de liste de mes priorités. Avec un tel savoir-faire aux commandes, on se dit qu’on ne peut pas être déçu, même si la bande-annonce n’en montre pas trop. Et puis Jennifer Beals (Flashdance) à la tête de la police, voilà de quoi être curieux.

J’en arrive maintenant aux comédies de la FOX :

Raising Hope est en quelque sorte la résurrection de My Name is Earl. Normal, avec Greg Garcia aux commandes. On y retrouve le même humour un rien redneck et trash, le même genre de caractères, dans une histoire sur un père qui doit s’occuper de son bébé tout seul… et à l’aide de sa famille pas très coopérative. Ca me fait très plaisir de voir Garrett Dillahunt dans un rôle à contre-emploi (il m’avait épaté dans Terminator : the sarah connor chronicles), et de revoir Shannon Woodward (the Riches). La bande-annonce parle d’elle-même :  c’est vraiment très drôle, mais ils risquent de mettre les services sociaux et les associations familiales en colère.

Enfin, dernière série à avoir attiré mon attention sur la FOX : Running Wilde. Forcément, c’est écrit Arrested Development en gros, je ne pouvais passer à côté. L’excellent Will Arnett incarne un riche playboy qui tombe amoureux d’une alter-mondialiste , jouée par Keri Russell (Felicity). Si sur le papier ça semble très bon, je trouve que le trailer qui a été diffusé ne montre pas beaucoup d’alchimie entre les deux protagonistes. Difficile d’intégrer Will Arnett tant son jeu est « à part ». Mais nous verrons bien, ça peut être une des surprises de la saison.

Pour terminer, un petit tour du côté de CBS :

Même si Bleep my dad says bénéficie de beaucoup de buzz avec cette histoire inspirée d’un compte Twitter, j’ai trouvé ça trop plat pour me donner envie de regarder, William Shatner ou non. Enfin, alors que Chuck Lorre est aux commandes, je m’attendais à un meilleur « Mike and Molly » dont la preview n’est pas du tout drôle.

Du coup, la seule nouveauté un tant soit peu attirante est le remake d’Hawai police d’Etat : Hawaii Five O. Je sais, remake + Alex O’ Loughlin, ça donne de quoi avoir peur. Mais la bande annonce est particulièrement efficace. Si, si, vous n’avez pas l’air d’y croire, j’étais moi-même circonspect, mais ça l’air d’être de bonne tenue : Et puis j’aime beaucoup Daniel Dae Kim (Lost) et Grace Park, (Battlestar Galactica) donc je ne pense pas les louper.

Au final, mes 5 plus grandes attentes seraient donc The Event, Off The Map, No ordinary family, Undercovers, Ride Along. Mais si ça se trouve, j’ai écarté dans cette sélection une série qui va me faire chavirer. Suspense !