Gaiji Keisatsu

Gaiji Keisatsu est une petite pépite parmi les dramas japonais. Il y a là un niveau d’exigence qui fait plaisir à voir, tant sur le fond que sur la forme. Merci encore à Livia pour cette découverte.

Gaiji Keisatsu, c’est l’histoire du bureau des affaires étrangères, sorte d’unité spéciale chargée du contre-terrorisme. Autant dire qu’au Japon l’unité est loin d’être prioritaire dans les différents budgets de l’Etat. En effet, le Japon n’a jamais connu de menace extérieure, et ne dispose donc même pas d’agence de renseignement.

Pourtant Sumimoto Kenji (Watabe Atsuro, méconnaissable par rapport à son rôle dans Koi Ga Shitai) est sur une piste : on dirait que des terroristes préparent un attentat sur le sol japonais. Toute l’enquête qui va suivre est habilement menée, et contrairement à de nombreuses fictions traitant de ce thème, les motivations des terroristes ne sont jamais expliquées. Ce qui nous fait plonger encore plus dans une histoire délicieusement tortueuse.

Il faut dire qu’en plus de l’enquête, nous aurons l’occasion d’en savoir un peu plus sur ce mystérieux Sumimoto, qui semble agir sans vraiment se soucier des égats collatéraux, et encore moins de la vie d’innocents. C’est le personnage phare de la série, au centre de toutes les manipulations successives.

Car des rebondissements, il va y en avoir un paquet en l’espace des 6 épisodes de Gaiji Keisatsu. Jouant sur les faux-semblants, les révélations, et quelques non-dits, ils sont tous extrêmement bien mis en scène. Quelle vérité en surgira ? Le téléspectateur est tenu en haleine de façon magistrale, aidé il est vrai par une prise de vue exceptionnelle. On sent bien vite ses certitudes s’écroûler, à peine se demande-t-on la signification de ce que l’on vient de voir que le montage nous propose une autre scène à l’éclairage extrêmement bien travaillé. Ca donne à la série une certaine personnalité mais ça lui donne surtout une très bonne ambiance mystérieuse voire paranoiaque. Pour autant on est jamais perdu dans le récit, preuve que la réalisation fonctionne parfaitement. C’est réellement bluffant de voir une telle maitrise. Bloody Monday peut aller se rhabiller.

Mieux encore, alors que je ne taris pas d’éloges sur la forme, le fond est aussi extrêmement bien ficelé avec une partie d’échec politique qui se laisse entrevoir rapidement. De querelles de bureaux jusqu’aux plus hautes sphères de décision, ces intrigues rajoutent de l’épaisseur au récit. Manipulations, trahisons, enjeux de pouvoir, défense des intérêts de chacun, rien ne sera épargné au téléspectateur qui ne saura même plus pour qui prendre parti, les personnages ayant tous un côté sombre. De ce jeu sanglant y aura-t-il un vainqueur ? La fin est à cet égard, magnifique.

Je termine en faisant l’apologie de la bande son, particulièrement efficace. Il faut le répéter, mais sans une excellente bande son un polar ou thriller perd beaucoup de son ambiance.

En l’état c’est une plongée dans la noirceur qui détonne vraiment des autres dramas japonais. Même Keizoku, qui avait subitement changé de ton vers la fin de la série pour devenir plus sombre ne m’avait pas fait cet effet. Il ne s’agit pas là de gore ou de visions sanglantes, juste de visions pessimistes sur la noirceur de l’âme humaine.

Vous l’aurez compris, ce joyau n’attend qu’une chose, que vous le regardiez !

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