[Pilote – Corée] The Marriage Plot

La série s’est déjà achevée, et il est donc peut-être un peu tard pour vous en parler, mais je tenais à le faire, car The Marriage Plot méritait un peu plus d’avis sur la toile.

Diffusée sur tvN, cette comédie romantique de 20 épisodes de 45 minutes chacune ne révolutionne rien dans le genre, mais sait distiller efficacement entrain et bonne humeur.

Tout n’est pas parfait : les gags sont parfois médiocres  (avec l’héroïne qui s’en prend plein le visage), mais le rythme est tel qu’on a guère le temps de s’attarder. En 45 minutes au lieu d’une heure, tout paraît effectivement beaucoup plus dense, y compris au niveau des dialogues et des enchaînements de situation. L’inconvénient, c’est que ça crie un peu – beaucoup – en permanence, ne laissant pas de répit au niveau émotions.

Les dramas coréens essayent souvent de réinventer le prototype de la femme forte, et The Marriage Plot fait plutôt plaisir à voir. Car si notre futur couple s’entend comme chien et chat, c’est aussi parce que l’un et l’autre ont des visions radicalement opposées sur la place de la femme. Le contexte est exemplaire : il n’est pas facile pour une femme de travailler dans l’entreprise, entre les cafés obligatoires que l’on doit servir aux hommes « parce que c’est une tradition », ou des supérieurs qui vous rabaissent à chaque instant à cause de votre sexe. Le drama l’indique clairement, sans détour, les femmes doivent apprendre à se faire respecter, et doivent donc prendre le pouvoir.

C’est exactement ce qui va se passer pour notre héroïne Yoo Gun Hee (Kang Hye Jung, Flowers for my life) qui jusqu’alors n’en pouvait plus de son chef de service. Notons bien que le bougre n’est pas un macho irrécupérable comme on pourrait le penser, et bien moins irritant  ou imbu de sa personne que le héros de Secret Garden. Ce chef de service, Lee Kang Jae (Lee Kyu Han, Que Sera Sera), est en fait secrètement le fils du grand patron de cette gigantesque entreprise agro-alimentaire. Notre héros charge donc sa subordonnée Yoo Gun Hee de faire une présentation critique, ce qu’elle ne réussit pas à faire à cause de circonstances particulières (sa famille lui met involontairement des bâtons dans les roues). Mais au lieu d’êtres « punis » et mutés ailleurs, ces deux là vont avoir une deuxième chance. Il se trouve que notre héroïne est l’une des filles de la dirigeante d’une société produisant du kimchi traditionnel (le meilleur au monde), et Lee Kang Jae propose alors à son ex-subordonnée d’être promue et de travailler dans une nouvelle branche de la société, pour préparer une fusion avec son entreprise de kimchi. Ce qu’il ignore, c’est que son père n’entend pas lui laisser le pouvoir, qu’il donne … à Yoo Gun Hee, son ex-subordonnée. Ainsi, notre héroïne vit un renversement de situations : la voilà supérieure hiérarchique de son boss, et elle est bien décidée à prouver ce qu’elle vaut, et accessoirement… se venger un peu.

En plus de cette intrigue principale, on s’aperçoit que la mère de Yoo Gun Hee prépare un plan machiavélique. Cette veuve se rend compte de l’était pitoyable de sa famille : ses 4 filles n’en font qu’à leur tête. L’aînée est une geek distraite et maladroite, la seconde est notre héroïne et s’oppose à sa mère sur la façon de voir le kimchi (est-ce un produit de consommation courante ou un plat traditionnel fait avec le cœur et ne pouvant être industrialisé ?), sa sœur suivante ne fait que dépenser de l’argent dans les boutiques de mode et la dernière née ne fait que dormir. Lorsque ses filles oublient son anniversaire, cette mère comprend qu’il est temps de prendre les choses en main, falsifie ses comptes de façon à faire croire à une banqueroute, coupe les vivres de ses filles, et transforme la maison familiale en pension, où elle se charge de choisir comme locataires de séduisants jeunes hommes… dont le fameux Lee Kang Jee, bien décidé à se venger et à se rapprocher de la mère pour cette histoire de kimchi.

Si ces caractères comiques semblent exagérés, il n’en est rien et malgré cette histoire de mariage-traquenard, on comprend plutôt bien les motivations de la mère : la famille, c’est tout ce qui lui importe désormais.

L’ensemble est très sympathique. Le casting impeccable (c’est le retour tant attendu de l’excellente Kang Hye Jung dans un premier rôle depuis Flowers for my life (Elle a été délaissée dans Miss Ripley) et elle possède une réelle alchimie avec son partenaire masculin !). Il règne une telle ambiance bonne enfant qu’il est difficile de résister malgré certaines scènes typiques de l’humour coréen. La bande son, sans être prodigieuse, n’en est pas moins efficace pour donner encore plus d’entrain à ce qui se passe devant nos yeux.

Si vous êtes lassé des comédies romantiques coréennes, ce n’est pas avec cette série que vous y reviendrez, mais derrière l’efficacité il y a aussi une bonne dose de charme, et je n’y suis pas resté insensible. J’ai néanmoins lu quelques critiques concernant la suite du programme et si cette histoire de machination est alléchante, elle ne correspond pas à l’orientation donnée au drama. Il en résulterait une histoire sympathique, mais oubliable. Mais j’ai tout de même envie de poursuivre l’aventure. Ce feu vert est peut-être donné trop facilement, mais Kang Hye Jung m’avait trop manqué.

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Bilan de mon année télé 2011

Je tiens encore à m’excuser pour le manque de mise à jour ces derniers temps, et je vous remercie pour votre fidélité, le fait est que j’ai un peu de mal à me remotiver pour la suite, ma vie personnelle étant ce qu’elle est. Je me suis aperçu, en plus, que je n’avais même pas fêté le deuxième anniversaire du blog début décembre (!).

Mais je tenais quand même à évoquer – rapidement – cette année télé.

Commençons si vous le voulez bien, par les dramas asiatiques. L’année dernière j’avais formulé le souhait d’en regarder davantage, étant de plus en plus frustré par l’actualité et par certaines reviews élogieuses. Autant le dire tout de suite, ce ne fut pas le cas. Une fois de plus, je n’ai pas pu abandonner certaines séries américaines en cours, et je n’ai donc pas pu libérer plus de place sur mon agenda.

Pour autant, j’ai trouvé cette année dramas en demi-teinte.

Du côté japonais, j’ai définitivement abandonné toute tentative de regarder une ou deux séries de saison. Curieusement, cette année 2011 je n’ai pas vu beaucoup de dramas japonais en entier. Je n’avais pourtant pas pour habitude d’abandonner des dramas aussi facilement, mais avec les problèmes techniques (la généralisation d’un format que je ne peux lire dans des conditions de visionnage confortables), et un investissement moindre pour les personnages, je n’ai pas eu de véritable coup de cœur cette année, Jin saison 2 exceptée. J’ai même du mal à terminer la deuxième saison d’Hotaru no Hikari, moi qui avait pourtant adoré la première. La réalité, c’est que j’aurai du réserver plus de place à la découverte, ou laisser plus de chance à une série pour s’installer (comme Love Shuffle). C’est toujours frustrant de se dire qu’on passe à côté de plein de choses par manque de temps, et il va vraiment falloir que je ré-équilibre tout ça.

Du côté coréen, là aussi, j’ai été surpris par mon manque d’investissement à moyen terme. Le problème, c’est que je n’ai même pas le temps de commencer un drama que les prochains me font encore plus saliver. (C’est fou comme je suis devenu accroc aux annonces de casting, aux teasers, aux posters). Et puis, à force de lire des reviews, vient le doute. Aurais-je du continuer The Musical, Flower Boy Ramyun Shop, 49 days, Dream High, My Princess… (Pour Flower boy je crois qu’il va falloir me forcer, vu les critiques dithyrambiques) ? Aurais-je du tenter de visionner des dramas plus « girly » comme I need romance ? C’est souvent une question de cible, et cette année j’ai trouvé moins de dramas capables de me toucher, en tant qu’homme. Entre les k-pop idols et les flower boys, j’ai eu du mal à m’y retrouver. Après un hiver passé à me réjouir de certaines scènes de Secret Garden, j’attendais avec impatience le retour des comédies romantiques, lesquelles se sont révélées sympathiques (Baby-faced beautyThe Greatest Love) mais ne réussissant jamais à réunir l’intégralité des ingrédients requis. L’exemple parfait étant Lie to me. Avec un tel casting, une telle alchimie, j’ai pu vivre de belles scènes, mais l’ensemble manquait de liant pendant les 90 % du temps. Je peux d’ailleurs pleurer amèrement sur le retour de comédiennes que j’aime beaucoup : Yoon Eun Hye bien que convaincante, n’a pas choisi le meilleur drama avec Lie to Me. Quant à Kang Hye Jung, que j’attendais tellement depuis Flowers for my life, elle n’a quasiment aucun rôle dans Miss Ripley. Reste à m’investir, peut-être, sur la reine Kim Sun Ah et Scent of a woman. Mais ce que j’ai pu en lire laisse à penser que le drama n’a pas su aller au bout de son concept.

Heureusement, il y eut le drama City Hunter, qui malgré son nombre affolants de faux cliffhangers, a su rester passionnant. Et puis d’autres productions se sont révélées de très bonnes surprises, comme White Christmas et son ambiance, mais aussi Killer K dont l’action survitaminée, la tension ont permis de contrebalancer un scénario en tous points risible. Et puis, j’ai pu rattraper quelques dramas comme  l’épique The Legend, le déjanté Coffee House, le mystérieux Harvest Villa voire même quelques KBS Drama Special. De quoi oublier mon temps perdu devant Manny. Allez, l’année prochaine, je vais essayer de m’investir davantage dans un genre auquel j’ai toujours été réticent (les dramas historiques), et tenter par exemple Princess Man…Mais au final, c’est plutôt l’approche du drama coréen en tant que tel qui m’a plu cette année (collaborer à Critictoo pour essayer de trouver une liste de séries pouvant donner envie aux curieux, faire des dossiers sur la culture coréenne dans les séries (le korea special event va reprendre ne vous inquiétez pas), m’amuser avec les produits dérivés ou essayer de saliver devant la liste de dramas à venir…)

Enfin, venons-en aux séries américaines. La fin de saison précédente a déjà fait l’objet d’un billet, et comme je n’ai pas fait de réel bilan de la rentrée mis à part un article regroupant les critiques des pilotes, voici donc mes impressions. La saison précédente j’ai du dire adieu à Life Unexpected, V, Traffic Light, Chicago Code, Better with you, et Men of a certain age. Quelles séries allaient pouvoir combler ce vide ? Contre toute attente, et malgré le niveau plutôt moyen de la rentrée, je me suis surpris à accrocher à de nouvelles séries.

Parmi elles, Once upon a time signe le retour du fantastique à la télévision, et malgré des effets spéciaux au budget limité, et un enfant casse-pied, le récit est suffisamment bien tricoté avec notamment des flashbacks intéressants pour à la fois nous faire réfléchir via quelques puzzles et pour nous émouvoir sans niaiserie (ce qui n’est pas facile vu le sujet du conte de fée). Le casting est impeccable, et vu mes réactions aux premiers rebondissements, je suis attaché aux personnages. Bref, en 7 épisodes, à part un épisode en deçà, j’ai vraiment été conquis.

Je n’ai pas eu le temps de faire un bilan de la première saison, passée à la vitesse de la lumière, mais déjà je peux dire que j’ai adoré Boss. La petite Starz jouait gros, mais a réussi à diffuser une petite pépite. Bien sûr tout le monde ne va vous parler que de Kelsey Grammer, que j’adore (on ne dira jamais assez à quel point Frasier était une sitcom exceptionnelle), mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est le sens de la mise en scène. Ces détails qui cherchent à rendre grandiloquent la moindre prise de vue. Il y a là une approche qui permet à la fois une lecture réflexive et surtout, émotionnelle. Comment éprouver de la compassion pour un être abject mais malade, qui s’accroche désespérément à ce qui lui reste : le pouvoir, alors qu’il a tout perdu par sa faute. Il y aurait tant à dire sur l’irruption de la maladie, présente dans chaque processus de décision, mais niée autant que possible. Tant de choses à dire sur les nombreux rebondissements dans cette lutte de pouvoir, ces coups bas, cette distorsion de la réalité, cette chasse à l’homme médiatique et la corruption généralisée. La série de cette fin d’année, assurément. (La première partie étant réservée à Game of Thrones).

Je nuance mon appréciation sur Homeland, qui fait déjà les gros titres un peu partout. Si la série a d’indéniables qualités : d’excellents interprètes, du suspense, un joli puzzle à déchiffrer, certains rebondissements m’ont fait tiquer. Un peu comme 24, la série n’arrive pas à prolonger son thriller sans décrédibiliser l’intelligence des personnages et certaines facilités. De fait, beaucoup d’évènements sont prévisibles et, il faut bien le dire, rageants. Mais je n’ai pas boudé mon plaisir, ça faisait longtemps qu’on avait pas eu une série aussi passionnante.

Hormis ce trio de tête, deux autres séries dramatiques ont su m’accrocher : Pan Am et Ringer. Deux séries dont l’ambition démesurée se frotte aux dures réalités : la reconstitution politique pour l’une, le puzzle d’un thriller pour l’autre. Au final, on se retrouve avec deux séries superficielles, au charme limité.Une amère déception surtout pour Pan Am, qui à défaut, aurait pu être davantage passionnante si au moins les histoires de cœur n’étaient pas aussi ridicules.

Et puis il y a les séries dont on se lasse très vite. L’année dernière ce fut Hawaï 5-0, qui n’arrivait pas à donner un background intéressant à ses personnages. Cette année, c’est notamment le cas de Person of Interest. Oui,c’est un formula show, mais le concept aurait pu donner d’intéressants rebondissements. Une fois les personnages dessinés de manière minimaliste, il ne reste plus qu’à bailler. Si quelques épisodes se sont révélés plaisants, on tourne vite en rond. Autre show policier abandonné, Prime Suspect. La prestation de Maria Bello n’est pas en cause, mais l’évolution de la série laisse pantois. Sur un concept on ne peut plus basique, voilà que les scénaristes ont choisi d’affadir le personnage principal et ses relations difficiles dans un univers policier macho. Et comme les enquêtes policières n’en sont pas (aucun raisonnement, aucune astuce, juste la chance ou le hasard pour découvrir le coupable), j’ai jeté l’éponge.

Je passe volontairement sur les séries qui m’ont fait fuir, comme Terra Nova. Reportez-vous au billet concernant les pilotes si besoin.

Heureusement, cette rentrée est aussi le retour des séries comiques. Après avoir échappé à l’horripilante New Girl, à la soporifique Whitney ou aux improbables mâles en perte de repères (Last Man Standing, Man Up, How to be a gentleman), j’ai trouvé deux jolis couples : le premier, fauché, qui baigne dans les blagues sexuelles et les réparties agressives (2 Broke Girls), le deuxième, entre un père et une fille qui essayent de s’accommoder à leur nouvelle vie déjantée dans les suburbs (Suburgatory). Malgré tout, les épisodes sont assez inconstants, mais j’espère toujours une amélioration.

Et heureusement que les nouveautés sont là, car au niveau des reprises, c’est la catastrophe. Dexter (saison 6) réussit l’exploit de détruire à peu près tout ce qui restait de la série (la relation « familiale ») tout en sombrant dans la mise en scène ridicule. The Walking Dead (saison 2) m’a fait autant d’effet qu’une boîte de somnifères excepté la jolie scène finale. House (saison 8) n’a pas su rebondir après sa calamiteuse fin de saison dernière, proposant des épisodes sans aucune perspective intéressantes pour les personnages malgré un cast plaisant et des cas médicaux guère passionnants. How i met your mother (saison 7) n’a réussi à retrouver l’humour que le temps d’un épisode, juste avant de tout détruire à nouveau. Modern Family (saison 3) n’arrive pas à faire évoluer ses personnages, et ses gags sont archi-prévisibles. Grey’s Anatomy (saison 8) a certes donné de meilleurs épisodes que la saison passée avec un peu plus d’humour, mais on est encore loin du niveau acceptable pour me faire à nouveau apprécier les personnages.

Quelques séries réussissent peu à peu à se sortir de leur bourbier : The Good Wife (saison 3), d’abord (qui a développé une relation auquel je n’accroche pas au lieu de montrer un fil rouge et des enjeux intéressants), et The Mentalist (saison 4) qui après l’énorme gifle du season premiere a donné quelques épisodes plus sympathiques pour se faire pardonner. Enfin, le retour de Chuck (saison 5) fut très décevant, avec un manque flagrant d’imagination et d’intrigues efficaces. Les derniers épisodes ont heureusement su redresser la barre : il fallait retourner à la spécificité de la série.

Alors que reste-t-il comme moments forts dans cette semaine ? Nikita (saison 2) tout d’abord, qui a su densifier son univers sans perdre en cohérence ni en enjeux. Parenthood (saison 3), ensuite, malgré quelques maladresses de personnages et une émotion en dessous de la saison passée. Enfin, pour les séries comiques : deux constantes : The Big Bang Theory (saison 5), qui a développé avec délice le personnage d’Amy, et Raising Hope (saison 2) qui fait toujours preuve de créativité.

[30 days drama challenge] days 19-20-21-22 : meilleur(e) et pire acteur (actrice)

Encore une fois je regroupe les articles autant que possible.

Aime-t-on toujours les « meilleurs » acteurs ? Grande question. Mes acteurs préférés ne sont pas forcément ceux qui maîtrisent leur art. Il y a toujours un lien « unique » qui s’établit entre le téléspectateur et l’acteur, qui fait appel à sa mémoire, à son vécu.

Du coup pour répondre à la question, j’ai essayé de me positionner. J’aurai pu me draper derrière les récompenses ou les séries « élitistes » du câble américain par exemple (le choix de ce terme lui-même incite au débat, un débat que je préfère ne pas évoquer ici, Mad Men oblige). A contrario, j’aurai pu citer mes coups de cœur, ceux qui ne brillent pas par leurs compétences mais qui disposent d’une aura forte ou disons le plus clairement, de qualités esthétiques. J’ai choisi d’être à mi-chemin.

Et puis, je n’aime pas (plus) être méchant envers les acteurs. J’ai aussi conscience qu’un acteur ne s’épanouit que dans de bonnes conditions, et il appartient au scénariste de lui donner quelque chose d’intéressant à dire, au réalisateur de savoir le mettre en scène (et en tirer parti). Si tout le monde s’est mis à cracher sur Mischa Barton lors de ses passages sur The OC (y compris des attaques sur son physique – ce qui à mon sens est aussi nul, méchant et dangereux que des attaques qui visent des personnes sur leur obésité), pour ma part je n’avais pas oublié cette fébrilité particulièrement bien jouée lors de son rôle dans Once and Again. Idem pour Robin Tunney dans Prison Break qui pourtant est une  bonne actrice du cinéma indépendant. ( Cherish, Niagara niagara, voire même Runaway).

Voilà pourquoi j’ai eu du mal à nominer certaines personnes.

J’ai donc opté pour un up/down, une manière pour moi de dire que tout cela n’est pas figé, et que chaque acteur peut surprendre, dans un rôle comme dans un autre.

  • Actrices coréennes :

up : Son Ye Jin, Bae Doo Na, ou Kang Hye Jung. Son Ye Jin pour l’émotion qu’elle sait transmettre, Bae Doo Na pour sa palette de jeu dramatique, Kang Hye Jung pour son interprétation de rôles décalés et touchants. Difficile de trancher. Comme je vous ai déjà beaucoup parlé de Son Ye Jin et de Bae Doo Na, voilà l’occasion de déplorer le manque de présence télévisuelle de la fantastique Kang Hye Jung (Old Boy, Welcome to dongmakgol, Why did you come to my house) dans le drama Miss Ripley.

down : le surjeu de certaines actrices comme Choo Sang Mi dans City Hall (Oui je suis en plein visionnage de la série). Dans le même temps le surjeu est sans doute voulu pour accentuer les effets, mais c’est vrai que parfois c’est agaçant.

  • Actrices japonaises :

up : Ueno Juri ou Ayase Haruka. Ueno Juri est tout simplement épatante car elle peut interpréter une très grande variété de personnages, tandis qu’Ayase Haruka est – de façon surprenante – à la fois convaincante et attachante (Jin, Hotaru no hikari), même si elle n’a pas toujours des rôles à la hauteur de son talent (hum, Happy Flight !). Et comme Ueno Juri a du être nominée un bon million de fois sur les autres blogs, j’ai mis Ayase Haruka en photo, même si objectivement elle n’est pas au même niveau !

down : ? Aucun nom ne me vient à l’esprit.

  • Acteurs coréens :

up : Cha Tae Hyun, Lee Byung Hun, Hwang Jung Min. Cha Tae Hyun est tout simplement bluffant car il st capable d’exceller sur le plan comique et dramatique. Lee Byun Hun est nommé pour son charisme et son jeu qui peut se révéler très nuancé. Enfin Hwang Jung Min est un acteur dont le jeu ne cesse de progresser en même temps que mon admiration. D’acteur passe-partout il a peu à peu su voler la lumière, et j’ai encore en tête ses magnifiques prestations dans les films You are my Sunshine, Happiness ou A man who was superman. Mon seul regret : il ne fait que débuter en matière de dramas (That Fool en 2009).

down : les acteurs inexpressifs. Jung Yong Hwa ? (Non, je n’ai pas encore regardé Heartstrings).

  • Acteurs japonais :

up : Abe Hiroshi. S’il y a bien un acteur qui est capable de sauver un drama, c’est lui. Il a tout pour lui : du charisme, de l’expression, une variété de rôles tout simplement impressionnante…

down : Désolé, aucun ne me vient à l’idée.

  • acteurs américains :

up : Hugh Laurie, Andre Braugher, Peter Krause, … Non, il y en a vraiment trop. Pour la peine j’ai mis une photo d’Andre Braugher du temps d’Homicide, histoire de vraiment prendre un coup de vieux si vous regardez la seconde et dernière saison de la regrettée Men of a certain age. J’avais déjà parlé de la vieillesse en évoquant Scott Bakula. Mais bon que voulez-vous, le temps défile. Et je ne dis pas ça parce que je vais bientôt prendre un an de plus. Non, non, vraiment, les grands acteurs sont peut-être aussi ceux qui arrivent à durer et à marquer chaque génération.

down : Amaury Nolasco. Il y a du boulot pour qu’il remonte la pente. Et oui, j’ai vu la preview catastrophique de sa série comique pour la rentrée. J’en dis pas plus, j’avais promis de ne pas être méchant.

  • actrices américaines :

up : Evan Rachel Wood, Mae Whitman. Et comme j’arrête pas de vous bassiner à propos d’Once and Again et de mon admiration envers Evan Rachel Wood, j’ai décidé de compenser en mettant en avant Mae Whitman, qui ne cesse de me surprendre.

down : pour évoquer une première mauvaise impression : celle d‘Aly Michalka dans le pilote d’Hellcats. Un jeu fade, sans aucune lueur dans ses yeux. J’ai pas tenté l’aventure plus loin, j’espère qu’elle s’est améliorée.

[Pilote – Corée] Miss Ripley

Ce mois de Mai a été particulièrement dense en matière de comédies romantiques coréennes, alors l’arrivée d’un mélodrame comme Miss Ripley sur MBC est un réel – hum – rafraichissement (?). Finies les situations légères, nous voilà plongés d’emblée dans des scènes dures et poignantes.

Vous voilà prévenus !

Miss Ripley (anciennement Good Bye Miss Ripley) s’inspire d’un vrai scandale qui a défrayé les chroniques (et qui continue de le faire, puisque la responsable aurait participé à l’élaboration de ce drama). Shin Jeong Ah est une femme qui a gravi tous les échelons professionnels – jusqu’au sommet – en ayant falsifié (et totalement inventé) des études américaines prestigieuses (Université du Kansas et Ph.D à Yale). Lorsqu’elle a été repérée, le scandale était si fort qu’elle a fait 18 mois de prison. Un tel mensonge n’a pas été pardonné dans un pays qui met à ce point l’accent sur le sacrifice et le travail d’un élève dans ses parcours scolaires et universitaires. Il suffit de voir les idées de suicides des lycéens (pour 40 % d’entre eux). Ou alors on peut aussi parler des cours dans des écoles privées – les  fameux hakwons qui ne servent pas de soutien mais qui permettent l’acquisition d’un savoir supplémentaire et aussi parfois d’accéder à des universités plus prestigieuses. Il me semble d’ailleurs qu’elles sont désormais « obligées » de fermer un peu plus tôt que 23h.

Miss Ripley nous raconte donc l’histoire d’une jeune femme, Jang Mi Ri (Lee Da Hae, My Girl, Chuno). Dès les premières minutes, nous sommes plongés dans une atmosphère pesante. Jang Mi-Ri a un lourd passé : une mère qui l’abandonne, un père qui décède, elle est confiée à un orphelinat. On la retrouve adulte, des années plus tard, obligée d’être hôtesse au Japon, où elle subit les avances des clients. Un soir, elle touche enfin au but et pense pouvoir payer la dette de son beau-père et racheter sa liberté (avec son passeport). Mais le gangster qui la détient ne veut pas la lâcher. Sur le point d’être violée, Jang Mi Ri parvient à s’enfuir et rentre en Corée du Sud. Elle n’a que 30 jours pour trouver un travail, sans cela elle sera expulsée. Mais trouver un job quand on a pas atteint l’université relève de l’impossible, et les recruteurs coréens pensent pouvoir profiter d’elle.

Il est à noter que la peinture des hommes dans la série laisse songeur. On aurait pu croire que l’histoire de Jang Mi Ri au Japon était utilisée pour raviver une vieille blessure dans le cœur des coréens (le viol de milliers de femmes coréennes par les japonais pendant l’Occupation), mais cela va bien au delà, puisque Jang Mi Ri subit aussi le harcèlement sexuel en Corée. C’est d’ailleurs un des points forts du drama, celui de nous plonger dans la détresse de cette femme traitée comme un objet sexuel, et d’essayer de nous montrer comment elle va reprendre l’ascendant.

Avait-elle le choix ? Telle est la question qui oriente le drama. Quand elle a l’opportunité d’obtenir un job d’intendante dans le service VIP d’un hôtel, elle ne corrige pas le malentendu avec son employeur Jang Myung Hoon (Kim Sung Woo, How to meet a perfect neighbor), lequel la croit diplômée de l’Université de Tokyo. Il lui faut maintenant créer de faux diplomes, et pour cela, retrouver son ancienne amie de l’orphelinat Na Hee Joo (Kang Hye Jung, Flowers for my life), qui a justement fini ses études là-bas.

Si évidemment le personnage joué par Lee Da Hae est central et omniprésent (un peu trop à mon goût d’ailleurs), l’intérêt de la série ne repose pas entièrement sur ses épaules. Ça pourrait donc attirer ses détracteurs, dont je ne fais pas partie (Lee Da Hae est vraiment très convaincante et a gagné en épaisseur malgré les scènes larmoyantes).

Tout d’abord j’ai beaucoup aimé le personnage masculin directeur d’hôtel. Un homme froid apparemment insensible, mais qui est en fait plutôt stoïque. Il ne doit sa position que par son mariage avec la fille du président, laquelle le trompe allègrement depuis qu’il l’a délaissée. On perçoit chez ce personnage beaucoup de nuances malgré son masque, et je me suis surpris à être vraiment touché par ce qui lui arrive (il se sépare de sa femme).

Ensuite, Kang Hye Jung insuffle le parfait contrepoids à toute cette noirceur. Cette fraîcheur, cette jovialité me manquait. Et même si elle n’a que de très maigres scènes, elle permet au mélodrame de ne pas s’enfoncer dans le pathos. Mais là encore je sais que je ne serai pas bien objectif, je suis son fan depuis bien trop longtemps. J’espère juste que son rôle va prendre de l’importance et qu’elle ne sera pas seulement l’amie manipulée, elle illumine vraiment tous les scènes où elle est présente. L’occasion pour moi de vous rappeler, si cela n’était pas encore fait, de courir voir Flowers for my life.

Mais hum, je m’égare.

J’ai plus de réserves concernant l’autre personnage masculin, joué par Micky Yoochun (Sungkyunkwan Scandal). Oui j’avoue que le rôle du chevalier blanc effacé commence à m’agacer un peu dans les dramas. Un peu de caractère que diable ! Quand quelqu’un vous trempe votre chemise alors que vous êtes en rendez-vous professionnel, c’est normal de manifester un tant soit peu d’énervement, non ?

J’ai donc beaucoup aimé le cast, mais je ne peux m’empêcher de m’interroger sur l’orientation prise par le drama. En effet, Jang Mi Ri aurait pu être une parfaite anti-héroïne mais tout est fait pour qu’on la prenne en pitié et qu’on excuse ses actions. C’est louable, puisque c’est suffisamment bien fait pour que l’émotion arrive sans la sensation de s’être fait avoir par de grosses ficelles. Mais pourtant j’en attendais autre chose au vu des previews, j’ai presque cru à cette révolution dans les dramas où la bad girl prend la première place. Rien n’est perdu cependant, puisque la route que suit Jang Mi Ri est longue et mène à sa déchéance.

Je regrette aussi la prévisibilité de l’histoire à venir. Car si en effet mon cœur bat pour connaître le sort réservé à l’héroïne (et jusqu’où ce mensonge va l’amener), je ne peux m’empêcher d’être déçu par un puzzle bien trop facile à assembler, les scènes révèlent bien trop de choses.

Contrairement à ce que j’ai pu lire, par contre, je n’ai pas beaucoup de reproches à faire à la réalisation tout à fait dans la moyenne des dramas coréens, c’est à dire allant à l’essentiel, sans un montage appuyé. Et curieusement, je n’ai pas non plus détesté la musique orchestrale classique, jugée totalement déplacée pour certains. Je n’ai qu’un regret, celui du manque de thèmes, car au bout de quelques minutes on a l’impression d’avoir déjà tout entendu.

Bref, me voilà bien embêté pour jauger le drama. Si j’aime l’intrigue principale, son sujet prometteur, son cast (miam !), et l’émotion réelle qui s’en dégage (c’est poignant, prenant mais pas trop larmoyant non plus pour un mélodrame), je suis un peu déçu par le manque d’ambition qui transparait dans le reste : un puzzle bien trop évident qui va ternir l’effet de surprise et un personnage principal un peu trop présent qui aurait gagné à être plus machiavélique dès ses débuts. Bref, de bonnes bases mais de solides interrogations sur la suite de l’aventure et donc pas de quoi être prioritaire dans mon visionnage avec le nombre de bons dramas coréens qui sont diffusés en ce moment. A regarder dans un deuxième temps… même si je sais que je suis très curieux de voir la suite.