Defiance [Pilote]

Defiance

Décidément. Au bout d’une heure et demi de scènes insipides, Defiance a réussi l’exploit de me laisser sans voix. J’ai beau avoir tenté de ré-écrire cette critique plusieurs fois, j’en suis arrivé à la même conclusion : quand une œuvre de science-fiction est à ce point si peu inspirée, on se demande si les priorités n’ont pas été revues à l’envers.

Non, une œuvre de science-fiction ou de fantastique ne se résume pas à ses effets spéciaux. Elle doit proposer un degré de lecture : ironique, philosophique, délirante, complexe ou humaine. Defiance n’a rien pour elle. Elle tente de nous raconter comment un valeureux soldat devient le sauveur d’une ville en proie à de méchants extra-terrestres. Une ville remplie de clichés, du Roméo et Juliette revisité (avec deux clans qui s’affrontent) à une vague histoire de prostitution (même pas assumée), en passant par l’étoile d’un shérif au multiculturalisme exemplaire (la preuve, il a adopté une alien orpheline).

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C’est lourd, très lourd, alors on prie pour que la série de Rockne S. O’ Bannon (Farscape, quand même !) ait le bon goût d’avoir un peu de recul sur ses histoires prévisibles. Mais tout l’épisode, de la première à la dernière seconde, enfile les lieux communs, et surtout se prend au sérieux. Passe encore que notre héros soit invincible et courageux, donnez lui de l’esprit ! Un peu d’humour que diable ! J’ai du noter une seule réplique comique en tout et pour tout. On a donc le prototype du gars bourrin, qui devient l’homme de la situation tout en séduisant la maire et une prostituée, avec son air viril et ses répliques minimalistes.

Ok, donc c’est une mauvaise série de SF. Mais est-ce que les effets spéciaux au moins valent le coup ? La réponse est en deux temps. Il y a des efforts indéniables pour essayer de plonger le téléspectateur dans l’ambiance, mais l’intégration avec les acteurs n’est pas du meilleur goût. On a du mal à y croire, d’autant plus lorsque notre acteur plutôt bavard, secoue le volant dans tous les sens alors que la voiture file en ligne droite. Et ce dès les premières minutes de l’épisode. Mais plus encore que les effets spéciaux en eux-mêmes (j’ai plutôt tendance à rester indulgent), c’est surtout la pauvreté du design qui fait pleurer le téléspectateur. Rien, absolument rien n’est travaillé. Des costumes aux décors en passant par les races d’extra-terrestres, le moindre jeu vidéo de seconde zone met la pâté à Défiance. C’est dire. Cela étant, la série essayant de se vendre sur ce support (le concept de multimédias semble décidément cher à O’ Bannon depuis Cult), on peut comprendre leurs difficultés.

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Entre les personnages tout sauf attachants, le naufrage du script, l’absence de toute créativité, croyez moi, j’ai senti passer les 90 minutes. Même pour Julie Benz et Mia Kirschner, ça sera sans moi.

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A gifted man [Pilote]

J’attendais cette série avec impatience, pensant enfin trouver de l’émotion à la télé américaine. Le trailer laissait supposer une bonne ambiance et de solides acteurs pour cette histoire paranormale qui malheureusement ne sort pas de l’ordinaire.

En effet, à la lecture du pitch, il y avait de quoi déprimer. Un neurochirurgien (Patrick Wilson) voit le fantôme de son ex-femme (Jennifer Ehle), laquelle lui demande d’accomplir certaines choses. Ce faisant, il va un peu plus s’ouvrir à la détresse humaine et moins à la rentabilité de son cabinet.

Pour autant, le pilote oscille entre les bons … et les mauvais moments. La prestation des acteurs est plus que convaincante, la mise en scène minimaliste aide parfois (et parfois seulement) à se plonger dans l’ambiance, mais il manque ce petit plus pour vraiment s’attacher à ce petit monde. On peut se tourner vers la sœur du chirurgien (Julie Benz, Dexter), qui a des problèmes avec son fils, ou les cas médicaux, mais il n’y a rien qui laisse transparaître une certaine humanité, un certain regard. Presque comme son personnage, on dirait que la série ne veut pas nous impliquer, et jette un regard très distant sur ses intrigues.  Ces enfants ont des problèmes ? On ne sait pas comment on va les gérer, on va se contenter de phrases vides ou de regards pour faire croire qu’on s’en préoccupe. C’est un choix respectable, mais pas du tout adapté au sujet, qui je le rappelle parle d’une personne qui doit s’ouvrir aux autres. On ne perçoit pas suffisamment cette ouverture progressive.

Alors bien sûr, la série a ses moments, quand l’ex-couple se parle, quand cette femme décédée maintient son sourire en permanence et perturbe notre héros. Mais même là, au moment où on sent poindre l’émotion et où les acteurs délivrent un très bon jeu, j’ai encore ressenti une certaine distanciation que je n’arrive pas à expliquer. Peut-être parce que je les avais déjà vues dans le trailer ? Peut-être parce que j’en attendais plus dans la mise en scène (je suis trop habitué à la sensibilité coréenne, je m’attendais au déluge de larmes et à la musique symphonique de X-Japan façon Windstruck ?). En tous cas c’est étrange. Ce n’était ni romantique, ni angoissant, juste … fade.

Le pilote est loin d’être irréprochable, aussi. Quand un neurochirurgien, qui opère tous les jours des tumeurs, se met à avoir des visions, est-il obligé d’aller sur internet pour penser à ce diagnostic ?  La crédibilité du personnage en prend un coup.

Autre point négatif : les dialogues. Il y a un gros manque d’écriture non seulement dans les échanges entre nos personnages principaux mais aussi avec le reste du cast. Je ne m’attendais pas à quelque chose de profond, de sensible, mais à ce point, c’est beaucoup trop minimaliste, encore une fois.

Me voilà bien embêté pour la critique de ce pilote qui il faut bien le dire oscille entre curiosité et découragement. Chaque fois que je pensais que l’épisode allait me proposer quelque chose de neuf ou de fort, j’ai été déçu. Bref, voilà un pilote qui d’un sujet banal aurait pu donner quelque chose d’émouvant, poétique, humain mais qui manque totalement de finition. Tant pis, j’y aurai cru le temps d’un rêve.

[Pilote US] No ordinary family

Je ne l’attendais pas si tôt (j’ai même pas fini mon classement de mes attentes pour a la rentrée, c’est malin), et à vrai dire je ne l’attendais pas beaucoup (bon dernière sur ma liste). Mais voilà, le pilote de No Ordinary Family s’est dévoilé.

No Ordinary Family narre les aventures d’une famille dont les membres obtiennent subitement des pouvoirs. Bon, c’est à la faveur d’un crash dans une rivière au Brésil, il fallait mettre des effets spéciaux.

Dans cette famille, le père (Michael Chiklis, The Shield) regrette que sa famille ne soit pas très rassemblée. Mais depuis qu’il arrête les balles avec sa main et fait des bonds de géant à travers la ville, il est heureux. Bon, il fallait mettre des effets spéciaux, quand même.

La mère (Julie Benz, Angel, Dexter) travaille trop (enfin ça dépend du point de vue apparemment mais je veux pas polémiquer ici), et du coup n’est pas au courant de ce qui se trame dans sa famille. Mais depuis qu’elle court à plus de 1000 miles par heure et voit les automobilistes au ralenti, ça va mieux. Bon, il fallait…. Vous commencez à comprendre ?

On continue. La fille a des problèmes avec son petit ami qui n’arrête pas de sa faire draguer ? Qu’importe, depuis qu’elle est devenue télépathe en lisant l’électricité qui se dégage des yeux, elle sait maintenant que son boyfriend la trompe. Bon, il fallait… Grrmmm….

Ah, on me susurre que le fiston en retard scolaire n’a rien développé. Ouf ! Mais voilà que… ah mais non…. le voilà devenu un génie, qui voit des équations s’inscrire en lettre d’or au tableau. Bon il fallait… Vraiment, il fallait ?

Comprenez moi donc. Sur le papier, une série avec une famille découvrant des pouvoirs, c’est intéressant. Mais quand la série expose davantage ses effets spéciaux que la profondeur psychologique de ses personnages, surtout quand à la base on veut parler de famille, ça n’a rien de très emballant. Parce qu’il suffit pas de montrer un couple qui s’embrasse ou fait l’amour, encore moins une fille railler son frère pour prétendre explorer des thèmes familiaux. Le clip qui montre la famille jouer au football américain en rigolant est ce qu’il y a de plus cliché. Oui, même quand le ballon est envoyé trop loin et qu’il faut utiliser des super-pouvoirs pour le ramasser, on avait compris merci.

Alors que reste-t-il du naufrage ? De l’humour ? J’ai pas le souvenir d’une seule note d’humour qui n’ait été distillée sans la présence d’effets spéciaux. Ah si, quand la collaboratrice de Julie Benz (Autumn Reeser) croit qu’elle va se faire virer. Ca me fait d’autant plus regretter cette pauvre Autumn Reeser (The OC).

En soi, le pilote n’est qu’un condensé de blockbuster américain. Le problème, c’est qu’il s’agit d’une série, pas d’un film. Là où un film peut très bien fonctionner par l’avalanche d’effets spéciaux, une série se plante complètement (la leçon d’Heroes, la série où « c’est trop cool de voir de nouveaux pouvoirs », n’a t-elle donc pas suffi ?). A moins de repartir de zéro, et de laisser du temps à ces personnages unidimensionnels et extrêmement fades, la série est condamnée. Permettez moi d’être pessimiste à la vue du pilote.

Ah, j’oubliais. Comme en plus la série aime explorer des territoires nouveaux, figurez-vous qu’il y a des méchants qui ont aussi des super-pouvoirs !

D’habitude je laisse une une seconde chance si le pilote est moyen. Mais là, il est désastreux. Bref, une attente de moins sur ma liste. Hop, feu rouge !

[Classement de mes attentes pour la rentrée américaine] 20 – No ordinary family (ABC)

Je commence aujourd’hui un petit classement de mes attentes en matière de séries américaines. Ca ne concerne que la rentrée (donc toute série débutant en 2011 en est exclue). J’ajoute que ces séries peuvent être anciennes comme nouvelles. Vous vous demandez sûrement la raison d’un tel classement. J’ai plusieurs réponses : une réponse enjouée : « parce que ça me permet de faire monter un peu la pression sur une rentrée pas très excitante », et une réponse pragmatique : « parce que pendant ce temps ça me permet d’avancer plus rapidement dans mon visionnage de dramas ». Choisissez celle qui vous convient le mieux !

Le numéro 20 est une nouvelle série prévue à la rentrée sur ABC : No Ordinary Family. Difficile de passer à côté, tant le buzz est énorme autour de la série. Il faut dire qu’elle a côté cast d’excellents atouts dans sa manche : Michael Chiklis (The Shield), Julie Benz (Angel, Dexter), Autumn Reeser (The OC), Tate Donovan (The OC) (même si sa participation serait finalement très réduite),… Enfin  à la création deux hommes rodés qui n’ont plus besoin de faire leurs preuves : Greg Berlanti (Everwood) et John Harmon Feldman (Tru Calling).

Le pitch : une famille ordinaire obitent des pouvoirs suite à la crash d’un avion dans l’océan… Encore une série de super-héros ? Je pensais qu’on avait eu notre dose avec Heroes, voilà que le thème de la rentrée sera les super-héros (The Cape, NBC).

Les premières reviews confirment mes craintes : ça reste un Indestructibles, du divertissement bourré d’effets spéciaux, qui se veut léger. Même le pilote de Heroes était plus noir que celui de No Ordinary Family. Ouch.

Je l’ai quand même mis dans mes attentes à cause du cast. Et puis on est jamais à l’abri d’une bonne surprise.

Pour le trailer, c’est ici.