Marvel’s Agents of SHIELD [Pilote]

marvels agents of shield

La voilà enfin la nouvelle série de Joss Whedon située dans l’univers des comics Marvel. Après avoir travaillé sur le film Avengers, le créateur de Buffy s’essaye donc à nouveau au genre télévisuel. Pour quel résultat ?

agents of shield

La première chose qui vient à l’esprit en regardant le pilote, c’est qu’il est vraiment agréable de retrouver la patte de l’auteur, son envie de renverser les clichés dans les situations et les dialogues, et de multiplier les clins d’œil. C’est cette connivence avec son public qui l’a rendu si populaire. Et Agents of SHIELD ne démérite pas de ce point de vue.  C’est drôle, surprenant (sans être renversant), et nous rappelle à quel point la série télévisée est avant tout un divertissement.

agents of shield cobie smulders

Seulement voilà. Si Joss Whedon maîtrise la forme, il en a oublié cette fois-ci que tout le monde n’est pas geek et amateur de comics. En multipliant les références, il court le risque de restreindre son public. Je ne suis pas un grand amateur de l’univers MARVEL, et j’ai eu plus d’une fois l’impression que l’épisode, s’il pose bien les préceptes de la série, ne s’adressait pas toujours à moi. Vous me direz : à quoi bon regarder une série basée sur des comics si on ne maîtrise pas un tant soit peu leur univers ? Certes, mais il s’agit d’un pilote qui aurait du être moins « fouilli », d’autant que le nombre de personnages est important (N’a-t-il pas compris la leçon de Firefly ?)

agents of shield annoying scientists

Cela heureusement ne dénature pas le plaisir de voir une galerie de personnages sympathiques (les deux scientifiques mis à part, un brin trop excités et énervants, et Brett Dalton manquant pour le moment singulièrement de charisme). L’épisode, très dense, se limite d’ailleurs à une trop brève présentation, et laisse un goût d’inachevé. Si Whedon utilise les trucs et astuces habituels pour rendre ses acteurs « cool » (en n’ayant jamais peur du danger), il n’a pas le temps de nous décrire leurs caractères. Dommage.

agents of shield j august richards

Quel plaisir, tout de même, de revoir Ming Na Wen (ER), Chloe Bennett (Nashville),  mais aussi Cobie SMulders (How i met your mother) et Clark Gregg (du film les Avengers). Sans compter quelques acteurs du whedonverse comme J August Richards (Angel) ou Ron Glass (Firefly).

agents of shield ming na wen

L’action avant tout ? Les effets spéciaux sont conséquents, réussis, la mise en scène dynamique, et la bande sonore de qualité (même si elle est, comic oblige, un brin trop emphatique). Cela participe à l’immersion, mais heureusement, contrairement à d’autres séries fantastiques qui utilisent la peur et le danger uniquement à travers les effets spéciaux, je pense qu’il y a moins de risque qu’on ressente les futures coupes dans le budget.

agents of shield guest

Le pilote sert avant tout de vaste présentation du SHIELD, cette organisation gouvernementale qui « protège » la population des super-héros, et manque sérieusement d’enjeux dramatiques pour avoir envie de voir la suite. En ce sens, on a presque l’impression que le pilote se suffit à lui-même, et c’est peut-être ce qui m’a le plus déstabilisé. Les rebondissements ne servent hélas qu’une intrigue plutôt minimaliste (un super-héros qui maîtrise mal ses pouvoirs), et le ton aurait gagné à être plus noir et mature (le speech de fin n’ayant aucun effet).

agents of shield dont touch lola

Au final, si on a de bonnes raisons d’être optimistes (la touche de Whedon, l’univers riche, le casting sympathique), on peut tout de même s’interroger sur ce que peut devenir la série, tant cela manque d’enjeux, et peut paraître finalement qu’un ensemble bien huilé de clins d’œil, mais de clins d’œils seulement.

Bref, j’en espérais plus. Mais je reste suffisamment enthousiaste pour avoir envie de me lancer dans la série.

feu_vert3

Publicités

L’usure des séries américaines

On en est tous conscients, au fil des saisons, une écrasante majorité de séries finit par lasser. Cette usure est principalement due au système américain, qui par le jeu des renouvellements, oblige la série à … mourir à petit feu sans terminer son histoire une bonne fois pour toutes ( a contrario de la plupart des séries asiatiques) : afin d’éviter toute répétition, la série se doit d’évoluer, et ce faisant, risque de perdre les fans de la première heure. Dans le même temps, si la série n’évolue pas, elle suscite de moins en moins l’intérêt.

En matière d’évolution, c’est très souvent l’amour qui prime. Exemple : Une tension sexuelle entre deux protagonistes qui finit au bout de plusieurs saisons par donner une relation (Je ne citerai pas la série médicale en question, pour ne pas spoiler). C’est parfois aussi des changements de caractères ou de comportements (Barney dans How i met your mother). Autant d’éléments fortement déstabilisants…

Joss Whedon disait à ce propos qu’il faut toujours donner aux fans ce qu’ils ne veulent pas. En la matière, c’est la frustration qui pousse à regarder. Et il a raison. Quoi de plus ennuyeux qu’un couple amoureux et heureux ? Souvent la réalisation de ce couple fait perdre énormément au charisme et à la verve de chacun des protagonistes impliqués (on se souviendra de Niles/Daphne dans Frasier).

C’est également cette frustration qui pour moi est aussi à l’origine du succès de Lost. La série étant l’exemple même de la frustration poussé à son paroxysme lorsqu’elle s’est terminée cette année.

Pour autant, on a tous notre propre attachement à une série. Et on regarde tous une série pour des raisons différentes. Je prend un exemple, celui du classement des séries du blogtvnews, où figure House (saison 6) en 26/40è position. Les raisons de ce désamour pour une série toujours aussi bien écrite, et à la mécanique parfaitement huilée ? L’évolution de la série (en matière amoureuse) et la non-évolution de la série (en matière d’intrigues médicales). Le tout en reprochant au personnage de House de devenir trop gentil. Pour contenter les critiques, il aurait donc fallu que House ne devienne pas « gentil » (ce qui pour moi est une aberration, je n’ai pas regardé House pour me délecter de ses remarquess acerbes mais bien parce qu’il incarnait une certaine intelligence du diagnostic a contre-courant de l’éthique bien-pensante – ce qu’il est toujours), et puis il faudrait virer tout l’aspect médical (qui est la raison pour laquelle je regarde la série). En d’autres termes, ça serait supprimer tout ce qui fait la pensée, la réflexion, le background de la série. Il y en a qui n’ont pas vu le déplorable Lie to Me ou quoi ?

Tout ça pour dire que le sentiment de lassitude qui s’installe au fil des années est à analyser, puisqu’il dépend des raisons pour lesquelles vous regardez une série. Une série comique qui ne fait plus rire, ça pose problème (Je citerai pas de série, mais je pense que vous avez tous une idée). Mais ça sous-entend aussi que c’est la qualité d’écriture elle-même qui est en cause. Si j’ai pris l’exemple d’une série comique, c’est bien à cause de l’importance de ses dialogues. Il est très rare que le même pool de scénaristes arrive à maintenir une richesse créative pendant plus de 3 ans. Des idées neuves en matière de situations et de répliques sont nécessaires, et ça passe généralement par un renouvellement de ce pool. C’est ainsi que des séries comme Cheers ont pu rester à l’antenne pendant 11 ans.

Il arrive aussi que le téléspectateur se sente floué parce que le temps d’antenne de son héros n’est plus le même. C’est un fait largement répandu, pour arriver à raconter de nouvelles histoires, on développe le background des personnages gravitant autour du héros. Développer, c’est bien, mais recentrer complètement la série sur ces personnages, c’est souvent ressenti comme une trahison. De mon côté, j’ai pas de règles établies, ça dépend de la richesse originelle du cast mais ça dépend aussi du traitement. Terminator the sarah connor chronicles a, à cet égard, montré le pire (souvent) comme le meilleur (rarement).

Parfois un personnage supplémentaire absolument détestable est rajouté au cast d’une série, et pour mieux l’incorporer, on déforme un des personnages pré-existants (Logan, le dernier copain de Rory dans Gilmore Girls).

Je n’apprécie pas non plus quand le propos de la série se déforme au profit du spectaculaire. L’exemple-type étant ER. A ses débuts, elle montrait les difficultés réelles d’un service des urgences. Puis elle a migré vers du soap et du spectaculaire (on se souviendra longtemps des histoires d’hélicoptères et même de tank aux urgences (eh oui !)).Des histoires à rapprocher de ce fameux « jump the shark« , l’histoire ridicule de Fonzie (Happy Days) sautant en ski nautique par dessus un requin, le signe que la série vire au n’importe quoi et s’ essoufle sérieusement.

Pour ma part, l’usure se ressent surtout dans des séries non feuilletonnantes. J’ai lâché CSI au bout de 4 saisons, Without a Trace à la 3ème, Monk vers la 6ème je crois, etc… (on verra ce qu’il adviendra de The Mentalist). Pour arriver à se maintenir, plutôt que d’essayer de développer le background de personnages en une ligne de dialogue disséminée durant l’enquête, il aurait plutôt fallu développer le propos. Par exemple, c’est à mon sens ce que permet encore House : conduire une réflexion sur l’éthique ou sur un thème particulier.

Pour autant, si je critique l’usure des séries américaines, je suis quelqu’un qui persévère très fréquemment dans le visionnage d’une série qui ne suscite plus le même intérêt. J’ai cette obstination, et puis il faut dire que je n’aime pas trop lâcher les séries en cours de route. Mais mon temps de visionnage se réduisant, je suis amené à faire des choix, et ça dépend en grande partie de la qualité des nouvelles séries. A la prochaine saison, Fringe et How i met your mother sont sur un siège éjectable.

Réussir l’introduction d’une série

C’est en visionnant le pilote de Covert Affairs, ultra-classique (pour ne pas dire réchauffé), que je me suis demandé comment réussir à garder le téléspectateur à la zapette facile. Je ne suis pas scénariste, donc ma réflexion sera minime (en plus il fait chaud), mais pour moi le b. a. ba, c’est d’arriver à :

Surprendre. Quand je liste les pilotes de ces dernières saisons, peu s’en sortent finalement. J’ai toujours en tête l’excellente introduction de Buffy the Vampire Slayer, qui renverse les codes (le vampire est la petite fille apeurée par les bruits). Je pourrai aussi citer Chuck, qui multiplie les rebondissements sur ses personnages (qui est « gentil ? »).  Surprendre, ça veut aussi dire ne pas savoir où l’histoire veut aller et comment elle va être traitée : j’apprécie particulièrement les changements de ton. De l’humour bien placé peut par exemple complètement renverser l’appréciation sur la série.

Rendre les personnages intéressants. Ca ne veut pas pour autant dire avoir des personnages profonds. Par exemple, il existe de très bonnes séries qui commencent par des méchants d’abord unidimensionnels, mais il faut que le traitement leur assure du charisme, une prestance. Encore une fois, présenter les personnages n’est pas chose aisée, surtout quand le nombre de personnages dans une série tend à augmenter (Pour moi Firefly ou Parenthood ont eu des débuts difficiles à cause de ça, un second visionnage s’est avéré nécessaire).

– Concomittamment, c’est rendre les personnages attachants (sans doute la partie la plus difficile car on parle de série, pas de film). En effet, il est très rare d’avoir des « coups de foudre » en matière de personnages de série. C’est son évolution qui est importante. Par exemple, un des défauts récurrents à la télévision américaine, je trouve, c’est de présenter des personnages de façon très basique, et les faire évoluer très rapidement. Certes,avec du rythme c’est bien plus facile de captiver le téléspectateur , mais je trouve qu’on perd énormément au niveau des personnages, et donc sur le bilan final du pilote. Quoi de pire qu’un pilote à 200 à l’heure où on finit par se désintéresser du sort des personnages ? On a pas le temps de s’attacher à eux, que déjà ils disparaissent. En d’autres termes, j’aime quand on passe du temps à caractériser les personnages, à les rendre humains. C’est quand ils sont humains qu’ils sont attachants (ne vous étonnez donc pas de mon addiction pour les dramas asiatiques). Il faut aussi qu’on arrive à s’identifier, qu’elle renvoie globalement à notre existence ou à ce qui fait de nous des êtres de chair et de sang. Une série n’est pas un film, il y a un rapport beaucoup plus étroit avec le petit écran qu’avec le cinéma.

Appâter le client en lui donnant envie de voir la suite. Bon la technique de base c’est évidemment le cliffhanger, ou la révélation. Mais là se pose un gros problème, quand la révélation est prévisible depuis les premières minutes, c’est pour moi une énorme déception. Et je préfère encore un pilote sans révélation, qu’un pilote avec une fausse révélation (« parce qu’il en faut une »). Donner envie de voir la suite, ça ne se joue pas forcément dans les dernières minutes. Si l’univers présenté est attrayant, c’est déjà bien suffisant, pas besoin de le ruiner avec une dernière scène grotesque.

C’est pour ça qu’il y a des séries qui se vendent dès leur pilote, et d’autres qui mettent du temps, trop de temps. Pour autant, la recette magique, je crois, n’existe pas, et si je suis de moins en moins convaincu par les pilotes, c’est aussi à cause d’un formatage proprement hollywoodien qui a envahi les networks. On dirait qu’il n’y a plus que le rythme qui compte. Peu importe la pertinence des rebondissements, ou le moment de placer la bonne note (d’humour ou de tristesse), on dirait qu’il faut séquencer le pilote comme un film hollywoodien avec ses rebondissements de blockbuster toutes les 7 minutes.

Sans lancer de polémique, car je ne sais pas au final ce qui se passe dans ces boîtes noires de networks, cette tendance aux productions formatées  est pour moi ce qui fait le plus mal à la télé actuellement. L’exemple parfait est sous nos yeux : alors que je citais Joss Whedon au début de mon article, que penser de ses pilotes suivants qui ont été ré-écrits sous la « pression » (Firefly, Dollhouse) ?

Vous allez bien sûr me dire qu’il faut arrêter de regarder les networks, et passer sur HBO et consorts. D’accord, mais on peut pas nier non plus que les séries du câble se vendent sur des critères bien définis également (Sexe, drogue, insultes et familles dysfonctionnelles). Personnellement c’est pas parce qu’un pilote d’HBO remplit bien ces critères que je vais me mettre à l’apprécier. Et pour le coup, il y a là aussi de sérieux manques de rythme. Je peux le dire ici sans ombrage, j’ai détesté le pilote de True Blood. Alan Ball avait fait bien mieux avec celui de Six Feet Under.

Formatage, vous avez dit formatage ? Trop de formatage tue le pilote. Ce qui encore une fois ne veut pas dire que la série entière suivra ce chemin, mais c’est parfois pas un bon signe…

Bilan de la saison 2009-2010 (US)

La saison télévisuelle américaine s’est désormais achevée, et il est temps de faire un petit bilan personnel. Une saison qui s’est finalement avérée un peu mieux que la catastrophe prévue. Vous trouverez en liens des critiques plus détaillées sur certaines séries (Monk, Lost, 24, Parenthood, Life Unexpected, White Collar, V, Men of a certain age, Modern Family, The Mentalist, Chuck, The Big Bang Theory, et House)

J’aurai pourtant essayé beaucoup de séries cette saison, j’en avais déjà parlé lors de mon bilan mi-saison :

Le domaine médical n’a visiblement pas bien réussi cette saison : Trauma, Three Rivers mettent l’accent sur le spectaculaire, tandis que Mercy revisite la profession d’infirmière (qui comme chacun le sait a son diplôme de médecine en poche). Bref, c’est à se demander si quelqu’un sait encore parler de problèmes de santé en dehors de House, depuis la fin d’ER.

Du côté juridique, vous me direz, on a bien tenté un croisement avec Grey’s anatomy, ça s’appellait The Deep End. Mais l’audience médiocre n’aura pas permis d’en voir beaucoup plus. De mon côté j’ai lâché l’affaire dès la fin du pilote, les personnages n’étant pas du tout attachants. Le monde des avocats est-il trop froid pour en faire quelque chose de plus léger ? Non, puisque Ally Mc Beal était drôle et attachant. La copie est donc à revoir. Et vu les upfronts – j’en reparlerai – on est davantage dans une période plus acerbe et sarcastique (J’adore House mais il faudrait voir à ne pas en mettre partout).

De toute manière, cette saison c’était aussi la tentative de reprendre les vieilles recettes. Avec la fin de Lost, Flashforward aurait du logiquement prendre sa succession. Mais quand on a un cast aussi peu charismatique, et des flashbacks réutilisés toutes les 10 minutes, on ne peut que zapper.

J’avais misé beaucoup d’espoir sur des séries de mi-saison. Pourtant entre les promesses sur le papier et le résultat à l’écran, le décalage fut énorme. Par exemple, Human Target devait être une série d’action avec McG aux commandes. Mais le héros est vraiment trop sûr de lui, indestructible, pour que je ressente le moindre intérêt au show. Autre exemple : Happy Town. Des mystères de disparitions et de meurtres dans une petite ville, avec un joli cast (des acteurs d’October Road, Amy Acker, Sam Neil), a priori ça devrait donner quelque chose de palpitant. Mais au final ça m’a fait penser à un sous Harper’s Island (qui lui-même était déjà très caricatural). Pauvre Amy !

Au rayon sitcom, j’ai essayé Community mais je n’ai jamais accroché aux délires de la série. On aura beau me dire que la série fait des références à la pop-culture, fait de l’auto-dérision, ça reste de l’humour ras les pâquerettes. Mais dois-je préciser que j’adore Arrested Development ? Peut-être lui redonnerai-je une chance un jour.

J’avais aussi tenté le retour de Kelsey Grammer (fan de Frasier oblige), mais Hank n’avait rien de percutant. Pour rire, il aurait fallu des dialogues davantage ciselés et surtout des acteurs talentueux pour lui donner la réplique. Dès les premières minutes, c’était une série sous-budgétisée. Dommage !

Enfin, j’ai également tenté Gravity, agréablement séduit par le thème et les acteurs (forcément, j’ai beaucoup aimé Yvan Serguei dans Les Repentis). Faire une série sur le suicide et le mal de vivre fallait oser. Malheureusement, j’ai trouvé ça très creux, et très inégal. Alors que certaines scènes sont bien trouvées, d’autres ne dégagent aucune émotion. Je suis vraiment embêté, parce qu’il arrive parfois qu’on a très envie d’aimer une série, mais qu’on y arrive pas.

Commençons par la fin

Cette saison, une page se tourne. Lost et 24 tirent leur révérence. L’une en ayant une dernière saison controversée, mais que j’ai pourtant adoré (il suffit de lire ma critique pour comprendre), l’autre en étant toujours aussi décevante.

Deux manières originales différentes de concevoir une série en utilisant le facteur temps pour détourner les contraintes habituelles (et en créer d’autres). Deux séries qui auront marqué la décennie 2000, et qui ne seront pas si facilement remplaçables.

Cette saison fut aussi l’occasion de dire adieu à Monk. Je passe sur la résolution du fil rouge de la série, vraiment décevante sur le motif, ce qui a minimisé l’impact émotionnel. Il est vraiment dommage d’avoir prolongé cette série indéfiniment, au point que son arrêt soit passé inaperçu.

Une autre série prolongée artificiellement, parce qu’elle n’avait plus rien à raconter, fut Heroes. Cette dernière saison n’aura rien changé, même si j’ai apprécié l’arrivée de Robert Knepper (T.Bagwell dans Prison Break). Je ne vais pas enfoncer le clou, tant cette série fut une déception après une si belle  entrée en matière. Aucune psychologie des héros, juste de la mise en scène pour montrer les pouvoirs des différents protagonistes, et des rebondissements capillotractés. Difficile de s’attacher à cette série que j’ai suivi pour avoir une fin. Une fin à l’image de la série, qui n’apporte rien. Mais il parait qu’un téléfilm est en prévision. Espérons que ce ne soit pas comme celui de Prison Break.

Une saison aura suffi à développer une petite sitcom sympathique, Accidentally on purpose. « Drôlement » bien ajustée, elle doit évidemment beaucoup à Jenna Elfman. Je ne pense pas vraiment la regretter puisque les auteurs ont eu le bon goût de clôturer l’histoire. L’ensemble forme un tout très cohérent, et même si c’est finalement très conventionnel, j’ai beaucoup ri.

Enfin, ce fut aussi l’arrêt de Dollhouse, qui n’en finissait plus de développer son potentiel, avec une saison 2 brillante, tout simplement. Joss Whedon avait encore raison.  J’attends les DVD avec impatience. Et quoi que vous puissiez en penser, Eliza Dushku me manque déjà.

Du neuf avec du vieux

Cette année encore, on a utilisé de vieilles recettes. Et pour certaines séries ça a plutôt bien marché, puisque j’ai eu quelques coups de cœur.

Parenthood, d’abord, qui aura su rendre à la série familiale toute ses lettres de noblesse. En plus d’avoir un cast parfait, une vraie alchimie, elle sait être émouvante et drôle. Attention tout de même à ne pas tomber dans l’excès d’optimisme, mais que ça fait du bien d’avoir une série qui donne un peu d’espoir. Si vous n’êtes toujours pas convaincus, allez voir ma critique.

Autre coup de cœur cette saison, Life Unexpected. Si vous avez la nostalgie des séries de la WB, cette série est peut-être celle qui s’en rapproche le plus. Emouvante bien que parfois prévisible, attachante, psychologiquement cohérente, elle développe des histoires romancées sur l’éducation et la responsabilisation sans ostracisme. Finalement, elle sait bien s’adapter à son temps. En ajoutant une pincée de romance et de bonne humeur, il n’en fallait pas plus pour que je tombe sous son charme.

Dans un autre registre, White Collar aura également su me charmer. Il était temps que je trouve une série réussie sur les escrocs, avec une aussi belle alchimie entre les acteurs. Je n’oublie cependant pas quelques épisodes moins réussis que d’autres, et un final peu satisfaisant, mais dans l’ensemble je n’ai pas boudé mon plaisir.

Comment dresser un portrait attachant de quadragénaires masculins ? Tel fut le défi relevé avec brio par Men of a certain age sur TNT. Cette magnifique série m’aura enchanté de bout en bout, notamment par son cast fabuleux (Scott Bakula, Andre Braugher, sans oublier Ray Romano qui fut une vraie bonne surprise). Dotée d’un ton sensible sans tourner au ridicule ses personnages (ce n’est pas un mockumentary, ouf !), la série pose son rythme, et renvoie intelligemment à notre propre existence. Une vraie pépite.

Enfin, la dernière surprise fut le remake de V. Je m’attendais à quelque chose de catastrophique, alors peut-être que ça m’a rendu plus clément. Mais même si la série accumule les défauts (cast dans l’ensemble peu charismatique, rythme élevé oubliant de donner de la profondeur aux thèmes et aux personnages, effets spéciaux peu crédibles), elle n’en reste pas moins plutôt agréable à suivre. (Merci Morena Baccarin, d’ailleurs, pour sa très bonne prestation !). Et maintenant je me demande bien comment ils vont se détacher de l’histoire originale.

Une petite forme

Au rayon des déceptions, cette année, figure en premier lieu Fringe. Oui, je sais, vous allez me dire que la saison s’est bien rattrapée sur la fin. Mais c’était trop tard. En fait, je me rends compte avec le recul que je n’ai jamais eu une saison à la hauteur de la précédente. Je voulais des loners réussis. Manque de bol, la quasi-totalité des loners de cette saison sont complètement ratés. 

Fringe a réussi le tour de force de m’endormir plusieurs fois cette saison. Quant au fil rouge, je cherche encore les raisons pour lesquelles je n’ai vraiment pas été fan. Est-ce parce qu’il s’agit d’un mélange entre des thèmes vus et revus ? Est-ce parce que le final est beaucoup trop prévisible, et cliché ? Quelque chose s’est cassé dans la mécanique de première saison, peut-être est-ce du au fait que Joshua Jackson est devenu subitement agent sur le terrain et monsieur réponse-à-tout ? Qu’on a tenté de nous vendre une romance qui n’avait rien à faire là ? En tous cas je sais que ce qui m’a manqué cette saison, c’est un vrai développement des intrigues. Et alors que sur le fond l’univers de Fringe est cohérent, sur la forme, il y aurait beaucoup de choses à revoir : du rythme, un peu plus d’humour (la série est nettement plus triste cette saison), des scènes qui exprimeraient un peu plus le ressenti des personnages (parce qu’ Olivia Dunham reste froide, quelque soit son habillement, tout comme Peter). Même John Noble m’a déçu cette année, lui qui était pourtant ma raison principale de regarder la série. Pourquoi avoir mis en retrait son humour et avoir assombri son personnage ? Le résultat est que je ne sais pas si je vais continuer de regarder la série l’année prochaine. Si je continue, ça sera probablement par défaut (absence de fantastique à la télé, et/ou pas de nouvelles séries intéressantes).

Une autre série constamment en sursis, c’est How i met your mother, que je continue de regarder par habitude plus que par plaisir. Que dire sinon que cette saison supplémentaire aura été médiocre, avec des gags lourdingues (et qu’on nous répète pendant tout un épisode, en plus), et des personnages qui sont tous devenus irritants. Dois-je mentionner aussi que la série continue de nous escroquer avec une « mother » qui n’est même plus évoquée ? Seuls subsistent quelques rares moments sympathiques, distillés ça et là. Je n’ai qu’une hâte : que la série se termine, avec au moins un épisode qui nous montrera la fin de cette histoire qui n’en est pas une.  Et qu’on cesse de nous rabacher qu’elle est le nouveau Friends, par pitié !

Je ne reviens pas sur Dexter, je n’ai finalement pas grand chose de plus à ajouter à mon bilan d’automne. Je suis curieux de voir comment la saison 5 va repartir.

Des compagnons inconstants

Grey’s anatomy aura vécu une saison chaotique. Rafraichissante en début de saison, elle aura repositionné ses personnages, apporté de nouvelles dynamiques. Hunt et Robbins deviennent intéressants, de nouvelles têtes arrivent. Et puis les histoires doivent être réécrites suite au départ soudain de Katherine Heigl. La seconde moitié de saison aura de longs moments de flottements, mais une fois encore la fin de saison est réussie. Tandis que l’épisode final marquera les mémoires, tant c’est une rupture de ton. Un épisode bourré de suspense et d’hémoglobine (peut être trop!), qui me rappelle un peu le fameux épisode d’ER en sixième saison (Be Still my heart, avec Kellie Martin).

The Mentalist, aura su faire une bonne saison 2, malgré une deuxième partie de saison moins intéressante que la première. Je n’oublie, pas, en effet, un arc bien amené, au final captivant, qui compense l’arrivée d’un personnage maladroitement exploité. Mais cette part de mystère aura peut-être sa signification en troisième saison. De toutes façons, j’ai encore une fois pris un grand plaisir à suivre les enquêtes d’un grand manipulateur.

Modern Family, nouvelle série comique encensée par les critiques, a su ne pas trop appuyer son mockumentary pour rester une série qui peut rire avec ses personnages. Les épisodes ne sont pas tous réussis, mais Ty Burrell mérite le détour.

Les valeurs sûres

Chuck c’est toujours le cocktail réussi de romance, d’action, d’humour. S’il y avait bien une inquiétude à ce sujet à la fin de la saison 2, c’est que les scénaristes n’arrivent pas à se dépêtrer du guépier dans lequel ils venaient de mettre leur héros. Il n’en est rien, la saison 3 aura permis de me procurer des moments de plaisir intenses en bouleversant les relations entre les personnages. Cette tactique est évidemment à double tranchant, puisqu’elle risque de réduire le nombre de rebondissements possibles. Mais je ne vais pas pour autant regretter cette orientation : les personnages sont au top de leur forme (excepté au BuyMore), mon côté shipper a été repu, et le rythme est toujours là. Bien sûr je pourrai regretter 2 guest stars, mais si ça a permis d’en arriver là, pourquoi pas. Au final, j’appréhende la saison 4. Mais j’espère qu’une fois encore, j’aurai eu peur pour rien.

Quant à House, me direz-vous ? Cela fait maintenant chaque saison qu’on nous dit que la série décline. Il n’en est rien. Cette saison aura davantage développé les personnages environnant House, en apportant des histoires plus intéressantes. Je regretterai tout de même le départ d’un des personnages clés de la série (n’en déplaise à ses détracteurs), mais je me dis qu’un retour n’est pas impossible. Une équipe recentrée, un House « modifié », de quoi se concentrer sur l’écriture de chaque épisode. Et cette saison en aura apporté d’excellents, que ce soit en début ou en fin de saison, et je n’oublie pas quelques cas médicaux bien tordus comme je les aime. J’ai d’ailleurs particulièrement apprécié un épisode particulier qui donnait un éclairage tout à fait différent sur la série, en donnant de multiples niveaux de lecture (épisode 6.13 – 9 to 5). Sans révéler la fin de saison, on pourra regretter le fait que House se soaperise un peu, mais le fait est que ça aura permis de donner à Hugh Laurie une prestation magistrale, qui fait voler en éclats son personnage à la toute fin de saison. Reste l’avenir, et d’après ce que j’en ai lu, les scénaristes vont persister dans cette nouvelle voie, et je suis vraiment optimiste. Parce que House n’a pas encore fini sa mutation, et qu’il sera intéressant de le voir se confronter à de nouvelles réalités, loin de ses habitudes. Donc, oui, je suis toujours aussi fan, et j’ai très hâte de voir cette saison 7.

La saison 3 de Big Bang Theory aura beau avoir été inconstante, je n’oublie pas les nombreux fous rires que la série m’aura encore apporté cette année. Oui, la geekerie est une excellente ressource comique même si cette saison elle fut un peu plus en retrait. Mais la série a su faire évoluer ses personnages, sans les casser, et ça n’était pas facile. Cette saison, s’il y a bien une sitcom que j’attendais impatiemment chaque semaine, c’était Big Bang Theory. Sans le moindre doute. J’en profite pour crier mon mécontentement envers le sort réservé à la série en France: entre la VF absolument effroyable et les coffrets DVD disponibles uniquement dans une seule enseigne, à un prix prohibitif, il y a de quoi pleurer amèrement.

Toujours en cours

Je finis ce tour d’horizon de la saison en parlant des autres séries que je regarde en ce moment, et qui ne sont pas terminées. J’y reviendrai sans doute dans des billets détaillés à la fin de leur saison. Je reviendrai aussi probablement sur The Pacific, la mini-série d’HBO sur la guerre du Pacifique. (Je ne l’ai pas encore terminée).

Tout le monde entend parler de Treme, par les créateurs de The Wire. Treme se passe à la Nouvelle-Orléans, après l’ouragan Katrina, et la série sait nous plonger lentement et délicatement dans ce monde musical. J’ai à vrai dire, eu un peu de mal à me mouiller, bien que j’aime beaucoup le jazz New Orleans (j’ai baigné dedans en étant petit). Il me fallait un peu de temps pour m’accorder à la température, la série voulant réaliste, mais surtout très peu rythmée. Et c’est quand j’ai enfin aimé certains personnages (Davis le passionné et Annie l’amoureuse), que je me suis aperçu que j’avais un problème avec le regard politique de la série. A en croire les personnages, tout ce qui leur arrive est la faute des autres : les politiciens -locaux et nationaux, la police, les touristes qui n’y connaissent rien. Pire, il ne fait que très peu mention de la criminalité effroyable qui règne dans la ville. Voir des touristes se balader dans les quartiers chauds et en revenir tout guillerets parce qu’ils ont vécu une expérience sensationnelle, ça m’a un peu chatouillé. A force de dépeindre la Nouvelle Orléans comme une cité martyre où il y fait pourtant bon vivre, je me suis dit qu’on était plus dans le réalisme, mais dans la propagande. Je peux comprendre la passion, j’adore lire, regarder ce qui a été fait par des passionnés, mais je n’aime pas quand on nous présente qu’une seule version. Mais peut-être que la série va revenir sur cet état d’esprit. Je l’espère en tous cas. J’en suis au 7è épisode, et juste parce que j’ai envie de parler frivolités après la politique, Lucia Micarelli, moitié coréenne, moitié italienne, est plutôt jolie en plus d’être très bonne violoniste.

Je reviens aussi sur la saison 2 de Party Down, la série comique déjantée de Starz. Je suis ravi de revoir les personnages pour l’instant, même si je n’adhère pas au remplacement de Jane Lynch par Megan Mullaly, et que j’aime moins la mise en retrait de Lizzy Caplan. Ca reste drôle, même si je trouve que la série a un peu perdu de son éclat. A voir pour la suite.

En conclusion, cette saison télévisuelle aura eu des moments extrêmement forts. J’en conserverai : la fin de Lost et de Dollhouse, les arrivées de White Collar, Life Unexpected, Men of a certain age et Parenthood, le final de la saison 6 de Greys’ anatomy, la très bonne saison de House avec les deux premiers épisodes, le départ d’un personnage, l’épisode centré sur Cuddy et le final bouleversant, les moments Penny/Sheldon dans Big Bang Theory, l’arc Sam Bosco de The Mentalist, les moments shipper de Chuck et les révélations…

Et vous ?