That winter the wind blows [Pilote – Corée]

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Le voilà enfin, ce premier coup de cœur de l’année pour un drama coréen. Il a donc fallu attendre la nouvelle production des responsables de l’excellent Padam Padam pour que je m’enthousiasme à nouveau devant des personnages avec une personnalité tourmentée et de l’émotion à revendre.

Pour rappel, cette critique concerne les deux premiers épisodes de la série. (SBS en a curieusement diffusé 3 cette semaine !).

That winter the wind blows puise son histoire à partir du drama japonais Ai Nante Irane Yo, Natsu, lequel a également servi pour le film Love Me Not sorti en 2006, avec Moon Geun Young.

jo in sung jung eun ji that winter the wind blows

Oh Soo (Jo In Sung) est un escroc de haut vol, playboy, qui a été abandonné à sa naissance sous un arbre. Après un accident dans des circonstances encore confuses, accident qui a coûté la vie à la sœur d’une « amie » (Jung Eun Ji, Answer Me 1997), il vit au jour le jour, multipliant les conquêtes. Il finira par tomber sur une femme dangereusement éprise de lui. Cette dernière la piège et l’envoie en prison pendant un an afin d’être sûr qu’il ne la trompera pas pendant son absence (!). Ce faisant, Oh Soo a une dette très importante à régler lorsqu’il sort enfin de prison. S’il ne règle pas cette somme d’argent dans les 100 jours, il risque d’être tué.

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Oh Soo n’est pas seul, il a pour ami Jin Sung (Kim Bum, Padam Padam)  et un autre ami du même nom, qui profite temporairement de sa boîte aux lettres. Tout est mis en place pour permettre une certaine confusion (nous sommes bien dans un drama coréen).

Ainsi Oh Soo (l’ami) a également un passé secret. Il est le fils d’un riche chaebol, qui a été élevé par sa mère uniquement lors du divorce de ses parents. Séparé très jeune de sa sœur Oh Young (Song Hye Kyo) qui est restée auprès de son père, il décide alors de faire son enquête pour clamer sa part d’héritage le moment venu. Problème : le courrier qu’il envoie à sa sœur est régulièrement intercepté par la nouvelle femme de son père. Ce dernier meurt d’ailleurs précipitamment (de par l’inaction de sa nouvelle épouse), pendant que Oh Young réussit enfin à trouver une adresse pour contacter son frère. Trop tard ! Ce dernier meurt également dans un accident au même moment, sans que Oh Young ne s’en aperçoive.

Il y a en effet une information majeure que j’ai volontairement omis jusque là, et qui fait toute la portée de ce drama : Oh Young est devenue aveugle. Elle ne peut donc reconnaître son frère.

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Oh Soo, poignardé, battu à mort, trouve alors une nouvelle opportunité lorsque l’avocat de la famille d’Oh Young vient le trouver, pensant par erreur avoir affaire à Oh Soo, son ami, dont le décès est resté caché. Il va devoir se faire passer pour le frère d’Oh Young, et trouver un moyen de détourner de l’argent.

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La mission paraît simple : sa « sœur » est aveugle, ils ont été séparés pendant 21 ans, et Oh Soo peut également puiser dans les affaires de son ami décédé pour trouver objets et informations complémentaires. Du reste, il est plutôt brillant comme escroc, même si évidemment l’entourage malveillant d’Oh Young a ses suspicions.

Seulement voilà, conquérir sa sœur est une autre paire de manches… Elle en veut à son frère de ne pas être venu à l’enterrement de son père, de ne pas être venu la rencontrer lorsqu’elle avait essayé de le faire, et elle pense qu’il n’est là que pour son héritage. Or son père lui a tout légué : à moins que Oh Young ne disparaisse, Oh Soo ne touchera pas un centime… Un projet qui semble déjà avoir germé dans la tête du truand à qui Oh Soo doit de l’argent !

J’aime particulièrement la manière dont on nous a présenté les personnages. Notre héros n’est définitivement pas sans cœur et assez loin du tête-à-claques redouté. Il a grandit difficilement dans un orphelinat et il est plutôt forcé d’escroquer Oh Young pour s’en sortir. Notre héroïne est également forte de caractère, intelligente, pas prête à se laisser berner facilement, on sent juste que son handicap l’affecte énormément. Elle doit faire confiance à des personnes qu’elle n’apprécie pas, ou au contraire elle sent sur elle les regards de pitié, et s’enferme, refusant toute aide. Le portrait est particulièrement touchant, et certaines scènes font mouche.

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Song Hye Kyo (Full House), je ne vous le cache pas, est l’une des raisons (mais de loin pas la seule, heureusement) de regarder la série. Son statut de star de l’hallyu a beau être décrié, elle conserve tout son charme (et j’ai hâte de la voir dans le film de Wong Kar-Wai : The Grandmaster). Le script puisant ses idées dans les classiques, je n’ai cessé de penser à Autumn in my heart, et j’ai donc forcément ma petite idée sur l’origine d’Oh Soo. Song Hye Kyo qui écoute Memories de Streisand, Kim Bum lançant un Allelluiah, autant de clin d’œils qui font plaisir à voir. Du reste, la preview laisse imaginer suffisamment de rebondissements et donne envie de revivre tous les twists du genre. Taper sur la nostalgie, parfois ça paye.

Jo In Sung (What Happened in Bali), quant à lui, s’avère tout à fait convaincant, même si je trouve qu’il a un peu tendance à surjouer la douleur et les coups qu’il prend. Mais il n’apparaît jamais froid, et c’est bien l’essentiel.

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Mais le premier argument du drama, bien sûr, c’est sa réalisation. Sans atteindre celle de Padam Padam (on est pas sur le câble), la colorimétrie, le cadrage, la mise en place des situations et certains paysages magnifiques, tout cela relève le niveau plutôt moyen entraperçu cette année au pays du matin calme. Et pour un mélo qui doit capter l’émotion de nos personnages, c’est tout simplement essentiel. L’efficacité des scènes dramatiques en est multipliée, d’autant plus que la bande son est parfaitement à sa place. Pas de ruptures de tons, pas de distance avec le téléspectateur, juste le plaisir d’un bon drama au rythme suffisamment soutenu (impossible de s’endormir devant). Avec un peu plus de travail sur certains dialogues, le drama peut vraiment aller loin. La preuve ultime ? Affichée comme un mélo, on y passe pas son temps à pleurer, mais plutôt à s’enthousiasmer devant le rouage inexorable des évènements.

Enfin !

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