Off The Map saison 1

J’étais parti avec beaucoup d’espoirs en regardant la nouvelle série de Shonda Rhimes : un casting sympathique (Caroline Dhavernas en tête), l’idée de faire de la médecine avec les moyens du bord et donc la nécessité de revenir aux fondamentaux de la discipline, et enfin l’écriture « soap » copié-collé de Grey’s Anatomy (série que je suis toujours même si la flamme n’est plus là).

Quelle désillusion au bout de quelques épisodes !

Il faut bien le dire, placer quelques docteurs au milieu de la jungle d’Amérique du Sud n’était au fond qu’un subterfuge pour nous amener à contempler de beaux paysages hawaïens, et apporter son lot d’accidents en tous genres. Non, la série n’allait pas parler de médecine traditionnelle, mais de catastrophes et de sauvetages spectaculaires. A croire que le diplôme de médecin vous forme aussi à devenir cascadeur/secouriste/bricoleur tout terrain. C’est là que le bat blesse. En une saison nous avons eu droit au serpent qui étouffe, au crocodile qui broie les membres, à l’hélicoptère qui se crashe, au camion qui écrase ses occupants, à la noyade dans une rivière, aux accidents des parcours d’accrobranches, au feu, aux balles qui sifflent, aux prisonniers qui s’évadent, au fond des océans, au fond des mines, et comme si le visuel ne suffisait pas :  aux maladies mentales, au trafic d’organe, à la culture de la cocaïne, aux épidémies, aux maladies cardiaques…

Ce surdosage du spectaculaire et du n’importe quoi finit par être risible et l’émotion disparait peu à peu. On ne se préoccupe plus des patients, malgré l’enrobage compassionnel habituel. Pire, on réduit les médecins à un corps de sauveteurs aguerris le jour et des alcooliques ou drogués notoires la nuit. Au lieu de parler des fondamentaux de la médecine, de prévention, de gestes minimaux, du bon usage des antibiotiques limités dans cette région, bref de multitude de sujets passionnants et encore trop rares à la télévision, on nous donne une pharmacopée providentielle, avec un shaman dont le savoir dépasse la médecine occidentale !

Si encore les personnages se révélaient intéressants ! Après avoir attendu pendant de longs épisodes des développements, on finit par comprendre que nous n’aurons droit à rien d’original : la drogue, la maladie, les coucheries entre amis, le bad boy irrésistible, … Tous ces secrets sur leur passé ou leur présent n’arrivent jamais à émouvoir, parce qu’on ne nous a jamais présenté ces personnages comme étant multidimensionnels. Il ne suffit pas d’avoir un lourd passé, encore faut-il l’exploiter.

Dans ce lot de personnages fades, un seul sortira du lot : le Dr Mina Minard. Compétitive, asociale, et fébrile par moments, elle arrive à faire sourire, ce qui n’est pas si mal. Mamie Gummer s’en sort avec les honneurs, ce qui n’est pas le cas du reste du cast, et j’éviterai de vous parler du cas de Caroline Dhavernas tant ma déception est immense. A croire qu’elle ne servait qu’à se doucher sous une cascade !

Les éléments soap qui font le sel de la série-mère (Grey’s Anatomy) ne fonctionnent donc pas du tout ici. A cause du manque d’humour, de relations sincères entre les personnages, de conflits intéressants ou de situations émouvantes, on n’arrive pas à s’impliquer.

Dur de s’accrocher jusqu’au bout, et de trouver en de maigres occasions de nouvelles motivations. Arrivé à la fin, on se fiche du sort de ce petit monde, et on a qu’une envie : souffler un grand coup. Il n’y aura vraisemblablement pas de deuxième saison. Tant mieux.