Fated to love you [Pilote – Corée]

Fated To Love You

C’est l’été, et après l’overdose de dramas tous plus sombres les uns que les autres, Fated to love you tombe à pic. Oui, c’est toujours dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe. Et si le récit ne brille pas par son originalité (c’est même le remake du drama taïwanais du même nom), il est arrivé à me faire chavirer en deux heures.

fated to love you jang na ra

C’était mal parti. Mais vraiment mal parti. Une héroïne qui n’ose pas dire non, qui s’amourache d’un type qui n’en vaut pas la peine, et qui se fait mener en bateau, c’est typiquement le genre de scenario qu’on aimerait voir sérieusement revisité au pays du matin calme. Mais la fiction dispose d’un atout de taille, avec Miss Cendrillon, je veux dire Jang Na Ra. Elle était épatante dans Babyfaced Beauty, et son charme relève de beaucoup le niveau. Et surtout, le show a l’air de bien insister sur la confiance qu’il lui reste à acquérir, ce qui présage d’une belle évolution. Surnommée « Post-it » par ses collègues de travail, parce qu’on lui demande tout et n’importe quoi sans jamais la remercier, elle va devoir résister à sa gentillesse naturelle, et se faire violence.

fated to love you jang hyuk

Hélas, le gros point noir du drama (et celui-là j’étais prêt à en noircir des pages !), c’est son partenaire à l’écran. Vous savez, le type imbuvable, égocentrique, fiston richissime qui doit se marier ? Il est là, et en plus il a un rire forcé insupportable. (Sérieusement, c’est quoi cette mode ?). Jang Hyuk (Windstruck) – que j’apprécie pourtant – surjoue à mort, et il a failli plus d’une fois me faire lâcher ma télécommande. Y compris au moment du gros plan – pardon, des interminables scènes montrant ses pectoraux. (Heureusement le show s’amusera un peu plus de ses – hum -atouts physiques par la suite).

fated to love you scene

On retrouve donc l’habituelle scène de rencontre, insistant lourdement sur leurs premiers contacts accidentels, à coups de ralentis, de visages étirés grimaçants dans le vide, et on se dit qu’il n’y a plus rien à en attendre. Il faudra bien un chien et son susucre pour finir par se prendre au jeu. Après tout, un peu trop de légèreté, c’est pardonnable si au final nos zygomatiques se détendent.

fated to love you bed scene

C’est au second épisode que j’ai vraiment adhéré à la série. Lors d’un séjour à Macao, rien ne se passe comme prévu. Notre héros devait faire sa demande à sa jolie danseuse, et notre héroïne devait profiter de ces vacances avec son prétendant. Allons au plus court : ces deux là vont se retrouver au lit, drogués, victimes d’aphrodisiaques puissants. Une amusante séquence de cuisine du riz plus tard, et la nuit est consommée. On devine très vite qu’on va nous parler bébé (on nous a déjà fait le coup, hein), mais pour l’instant les choses doivent se tasser. Et si nous avons droit aux récriminations habituelles d’un couple dont chacun des membres se croit abusé par l’autre, on nous met de côté l’arrogance du personnage masculin et là, messieurs et mesdames, le show va se révéler.

fated to love you reconciliation

Enfin.

Plutôt que de persister dans les défauts du bonhomme, le voilà qui devient chevalier servant. Ému par la fragilité de notre demoiselle, ce dernier va défendre son honneur. C’est résolument classique, mais ça arrive dès le second épisode. Eh oui. On nous fait vibrer notre fibre romantique avec tout l’arsenal disponible : la transformation de Cendrillon, la vengeance, la discussion qui met en évidence les points communs, l’appel à la gentillesse, les conseils amicaux, le souvenir d’une nuit agitée, …

Vendu ! Bon j’ai du fermer les yeux sur un énième ricanement, mais il faut me rendre à l’évidence. Si la comédie n’est pas vraiment réussie et le script plutôt pâlichon, le charme du casting et la romance font le boulot. Je me suis même fait aux tics de réalisation, comme un split screen totalement dispensable. Et la bande sonore plutôt discrète et harmonieuse m’a convaincu que ce drama allait réchauffer doucement mon petit cœur d’artichaut.

fated to love you jang na ra fashion

J’ai vraiment envie d’y croire, à cette comédie romantique légère. Pitié, ne me décevez pas. On sait déjà qu’il y a une histoire d’adoption, de frère à la recherche de sa sœur, et j’espère que cela restera mesuré et émouvant.

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[Pilote – Corée] Baby-faced Beauty

C’est le mois des comédies romantiques en Corée, et la première à se lancer dans cette aventure est Baby-faced beauty. Réussir une rom-com n’est pas chose aisée, car la plupart des astuces scénaristiques sont devenues bien trop conventionnelles. Pourtant, il serait bien mal venu de ne penser qu’au scénario pour évaluer son intérêt. Car s’il y a une chose qu’on sait bien faire en Corée, c’est créer des personnages attachants. Et ça, ça l’emporte toujours sur le reste. Baby-faced beauty en est une bonne illustration.

Baby-faced beauty comme son nom l’indique, parle d’un problème encore rarement abordé à la télévision : l’apparence juvénile est malheureusement un énorme frein à l’épanouissement personnel et professionnel. Paraître jeune n’est pas – contrairement à ce qu’on pourrait penser – une bénédiction, mais un cauchemar, car personne ne vous prend au sérieux, même si vous avez tous les diplômes requis. On vous infantilise, on vous sape toute autorité, et vous êtes fréquemment humilié dans des scènes de la vie courante. Ne cherchez même pas l’âme sœur, à l’adolescence vous êtes un enfant, et à l’âge adulte il devient très difficile de trouver la perle rare, surtout quand on est conscient que si le temps semble ne pas avoir de prise sur votre visage, votre chronomètre biologique, lui, continue de tourner. Ce que vit donc l’héroïne me touche beaucoup, puisque, pour tout dire, je suis maudit comme elle, et je peux remplir un blog à ce sujet, car ça va bien plus loin que tout ce que vous pouvez imaginer.

Pour autant, même si notre héroïne manque parfois de confiance en elle dans ces moments là, elle ne se laisse pas abattre, et à vrai dire c’est ce qui sauve la série. Lee So Young (dont le nom évidemment n’est pas du au hasard) est en effet virée au début de la série, après 14 ans de travail dans une entreprise de mode, et malgré un talent indéniable. Malheureusement, c’est elle qui fait tenir la famille en proie depuis toujours à de lourdes difficultés financières. Lee So Young a une petite sœur qui parait bien plus âgée qu’elle:  Lee So Jin véritable peste, un concentré d’égoïsme et de lâcheté, qui ne fait que lui jouer des tours. Lee So Young ne peut même pas profiter de son apparence juvénile pour espérer un peu de compassion de la part de sa mère, qui prend systématiquement parti pour sa petite sœur. Bref, ce n’est pas auprès de sa famille que Lee So Young peut espérer de la reconnaissance ou du soutien. Et pourtant, elle est bien obligée d’assumer sa place. Notre héroïne doit désormais trouver du travail, chose impossible car personne ne la prend au sérieux malgré son CV.

Elle se retrouve obligée de faire un petit boulot dans un magasin de retouches alors qu’elle est passée maître dans le design de vêtements. Sa sœur, quant à elle, promet de se mettre à travailler. Elle déniche un boulot bien payé : être modèle une journée dans une entreprise de vêtements. Mais le jour J elle fuit, et Lee So Young voyant là une opportunité de gagner un peu d’argent, décide de se faire passer pour sa petite soeur. On ne lui donne que 25 ans alors qu’elle en a 34, alors pour une fois, peut-être que ça va l’aider…

Malheureusement elle déchante très vite : le boulot est en fait très mal payé puisque la paye promise est pour la semaine et non pour la journée. En plus, elle sert vraiment de larbin stagiaire qui doit courir pour amener repas, café, ou fournitures tout en étant prise de haut par une salariée débutante bien plus inexpérimentée qu’elle mais qui fait son âge. Ce qu’il faut préciser également, c’est que les codes de conduite sont particulièrement importants en Corée du Sud : le respect et les relations envers les personnes est fonction de l’âge. Lee So Young étant prise pour quelqu’un de jeune, doit se courber, accepter de parler avec déférence, accepter de traiter quelqu’un d' »Oppa » (Grand frère) alors qu’elle a en réalité 7 ans de plus que celui-ci.

Tout cela est déjà bien difficile à supporter pour elle, et si la série aurait pu faire des ces éléments des intrigues tragiques, larmoyantes, elle est au contraire particulièrement drôle à regarder. Oui, on a droit aux habituelles catastrophes qui amènent l’héroïne à rencontrer le héros, qui va comme il se doit, la détester. Et si ce n’est pas foncièrement original, ça fonctionne quand même car il y a des efforts de mise en scène qui donnent beaucoup de dynamisme et de légèreté aux scènes. Gros plans, contre plongée, le réalisateur s’amuse et les traits de nos personnages ne nous sont pas épargnés. C’est suffisamment rare pour être signalé.

Mais pour qu’une rom-com fonctionne, disais-je, il faut un couple attachant. Si Lee So Young m’a rapidement conquis par son caractère (elle ne se laisse pas marcher sur les pieds), il lui fallait une opposition corsée. Choi Jin Wook a tout pour me plaire : pleutre, égoïste, fourbe, profiteur, il est cependant très sympathique car ses méfaits se retournent contre lui. En un mot : c’est un gaffeur. Mieux encore, pour une fois ce n’est pas un riche patron imbu de lui-même. Choi Jin Wook n’est qu’un simple cadre dans l’entreprise, obligé lui aussi de subir les foudres de ses supérieurs et d’éviter les moqueries de ses collègues.

Pourtant la recette est toujours là. Méfiance. Le riche patron imbu de lui-même est toujours un possible love-interest. La garce ou méchante de service se profile déjà. Mais j’ai bon espoir. Le patron est en fait divorcé avec un enfant, ce qui rend sa situation un peu plus contemporaine et moins caricaturale. Décidément on voit de plus en plus de couples divorcés, puisque Manny est toujours en cours de diffusion. C’est une bonne chose puisque rappelons-le, il y autant de divorces en Corée du Sud que dans les pays occidentaux (Les USA restent évidemment champions du monde).

Les deux premiers épisodes se concentrent sur le couple principal, et c’est tant mieux. Car leur alchimie est là, ils sont très sympathiques, et si parfois les gags sont un peu trop « standardisés », la mise en scène permet de rattraper le tout. On sort du visionnage le sourire aux lèvres, et c’est déjà beaucoup.

Mon principal regret est en fait l’OST puisqu’elle passe complètement inaperçue. C’est dommage que les efforts visuels soient amoindris par une bande sonore plate, voire carrément médiocre par moments.

Saluons la prestation des acteurs principaux. Jang Na Ra, dont c’est le grand retour sur les petits écrans coréens, est tout simplement parfaite dans le rôle féminin principal (aidée il est vrai par son physique : elle a réellement 30 ans), et Daniel Choi est un gaffeur né. Les autres rôles étant plutôt limités, difficile de les évaluer pour le moment.

Bref, ce n’est pas très original mais quand on a des personnages aussi attachants c’est difficile de dire non. C’est drôle, rythmé, et je me sens proche des préoccupations de l’héroïne. Damned. Moi qui comptait faire l’impasse, me voilà bien embêté par cette série simple mais efficace.