L’Hallyu, ou vague culturelle coréenne

La vague culturelle que nous connaissons aujourd’hui n’est pas née par hasard.

Elle est l’une des conséquences involontaires de la pression américaine à la fin des années 1980 pour pénétrer le marché culturel coréen et distribuer directement les films américains, sans passer par une compagnie coréenne importatrice. Cette libéralisation massive a eu pour conséquence de fermer nombre de cinémas « importateurs », certes, mais ça a surtout eu pour conséquence d’affaiblir la production cinématographique locale. Dans le même temps, l’offre télévisuelle américaine connaissait un grand essor via le satellite.

Ce n’est qu’à la suite de la grande crise financière de 1997 que la Corée du Sud comprit l’intérêt de ne pas laisser mourir peu à peu sa culture. Sopyonje, dernier film d’Im Kwon Taek, cinéaste vétéran prolifique, franchit pour la première fois la barre du million de spectateurs à Séoul. Ce succès phénoménal pour l’époque interrogea le pouvoir en place, qui se mit à étudier sérieusement l’impact de la production culturelle sur l’économie du pays. Une autre stratégie allait voir le jour.

La censure s’arrête ainsi en 1988. Aidé par de talentueux nouveaux réalisateurs qui ont vécu jusqu’alors l’oppression, (comme Park Chan-Wook, marqué extrême-gauche) le cinéma coréen va s’épanouir. En 1999, Shiri marque une nouvelle étape : le film d’action et de suspense de Kang Je-Gyu, qui s’inspire des blockbusters hollywoodiens mais ajoute la dose mélodramatique propre à la culture coréenne, domine largement les films américains. Et chaque nouveau blockbuster fera encore plus fort, écrasant Titanic, Harry Potter, Matrix, Star Wars ou Le seigneur des Anneaux, : JSA (Joint Security Area) , Friend, Silmido, Taegukgi (frères de sang)… pour atteindre 11 millions d’entrées, soit presque la quart de la population de la Corée du Sud. A ce jour, le record est tenu par The Host (13 millions). En 10 ans, plus d’une trentaine de films feront plus de 5 millions de spectateurs. Et les films deviendront des succès internationaux, comme My Sassy Girl qui fut numéro un dans toute l’Asie du Sud-Est, éclipsant toutes les autres productions. La reconnaissance vint assez rapidement à Cannes, Berlin, Venise, Deauville, Gerardmer : Old Boy, Poetry, Locataires, 2 sœurs

Outre le cinéma, la vague culturelle coréenne va s’étendre grâce à un autre média : la télévision. Les dramas coréens trouvent leur public non seulement dans leur pays d’origine, mais s’exportent facilement. On citera bien entendu Winter Sonata, véritable phénomène en Corée et au Japon, et source de revenus plus que juteux pour les tour-opérateurs qui effectuent des circuits autour des lieux de rencontre des héros de cette fiction. Un an après la diffusion de la série au Japon, le tourisme japonais en Corée du Sud avait augmenté de 40 %. Mieux encore, beaucoup de fictions coréennes rencontrent le succès ailleurs que dans leur pays d’origine, comme Tamra the Island, plébiscitée là aussi au Japon. La plupart des pays du Sud-Est asiatique diffusent d’ailleurs régulièrement les dramas coréens, qui sont les fictions étrangères les plus populaires en Chine, au Vietnam, en Thailande, à Hong Kong, aux Philippines, au Japon… La popularité de ces dramas va même bien au delà de l’Asie du Sud-Est, pour atteindre les USA via des DVD sous-titrés, ou des services VOD comme Netflix, ou encore du streaming gratuit et légal via DramaFever (un site de VOD qui collabore avec Withs2, une équipe amateur de sous-titrage). Enfin, signalons la popularité grandissante des dramas coréens au Moyen-Orient, ainsi que le début d’une percée en Europe (diffusion dans les pays de l’Est, et depuis peu en France).

Le phénomène prend tellement d’ampleur qu’il réveille des réflexes nationalistes. En Août dernier, 300 puis 6000 japonais ont protesté devant le siège de FujiTV, parce que la chaine japonaise diffuse, selon eux, trop de dramas coréens. « No more Korean Wave », ont-ils brandit.

Comment expliquer le succès de ces dramas ?

Kim Youna, Professeur à l’Université américaine de Paris, essaye de l’expliquer. Tout d’abord les dramas ont une puissance émotionnelle incomparable, capables de capturer une large palette de nuances en adoptant différentes techniques. Ensuite, ils présentent une vie urbaine moderne qui fait rêver les jeunes asiatiques, tout en montrant que cette modernisation s’accompagne du respect des traditions et de la culture : respect de la vie familiale, respect des aînés, et amour fraternel. Enfin, il y a la dimension politique et historique de la Corée, son passé tragique, sa propension à l’émotion et la nature non agressive de ses habitants.

Il ne faudrait cependant pas oublier que si la Corée s’exporte, c’est parce qu’elle a dans ses gênes le culte de l’apparence. Paraître est toujours mieux vu que savoir parler. Suivre la mode en Corée du Sud est une quasi-obligation quelle que soient les moyens financiers d’une famille. Il faut savoir se vendre. Le corollaire étant évidemment la chirurgie esthétique… et l’industrialisation des stars. Si les dramas ont du succès, c’est parce qu’ils sont portés par des stars. Toute l’émotion – et donc en grande partie ce qui fera  le succès de la fiction – repose sur ces acteurs et leur alchimie. C’est pourquoi le casting d’une série est toujours plus mis en avant que son scénario.

La popularité des stars coréennes est absolument énorme en Asie du Sud-Est. On citera évidemment Bae Yong Joon, l’acteur de Winter Sonata, renommé Yon-sama au Japon (« sama » étant un titre honorifique équivalent à la royauté). Mais il serait réducteur d’assimiler les fans de stars coréennes à des femmes japonaises d’âge moyen (comme a pu le laisser sous-entendre un reportage télévisé). Bien au contraire, les dramas rassemblent plusieurs générations. En témoignent par exemple la popularité de jeunes acteurs comme Jang Geun Suk, Lee Min-ho, Kim Bum, Hyun Bin, ou Park Shin Ye. On ne compte plus les fan-clubs d’acteurs et de chanteurs, fan-clubs des Philippines, de Malaisie, d’Indonésie, des USA, de Singapour, de Turquie, d’Arabie Saoudite, de Brunei, d’Égypte…

Et au delà du phénomène des dramas, c’est bien la K-Pop qui est le nouveau fer de lance de l’Hallyu. Ces chansons coréennes s’exportent très bien, et auraient un poids économique de bientôt 3 milliards d’euros. Les groupes et chanteurs de Super Junior, SHINee, Girls Generation, 2PM, Big Bang sont les dignes représentants de l’Hallyu, version K-Pop. En 3 ans, la croissance de la K-pop dans les pays d’Asie, et d’Amérique du Nord varie entre 30 et 60 %. Le groupe TVXQ a rapporté plus de 80 millions d’euros au Japon, Kara et Girls Generation près de 20 millions.

Comment la K-Pop a-t-elle pu pénétrer aussi massivement le marché japonais ?

Les artistes coréens ne se contentent pas de faire des visites ponctuelles, ils restent invités pendant des semaines dans les émissions télévisées japonaises, et adaptent leur répertoire : Girls Generation chante en japonais ses plus grands succès. Et leurs titres s’inspirent résolument de la musique occidentale (electro house européenne, R&B américaine), ce qui apporte un vent de fraicheur au Japon. Quant à l’image véhiculée, les chanteuses agissent davantage comme des jeunes femmes adultes et sexy, montrant davantage d’anatomie, contrairement aux mignonnes adolescentes japonaises. Enfin, l’outil internet est parfaitement exploité, entre teasers, introductions, clips vidéos diffusés largement sur Youtube, tandis que la censure japonaise rode (Lady Gaga en a fait les frais récemment).

Et depuis Juin 2010, la K-Pop étend son influence en Europe. Le SM Town, concert parisien  réunissant les plus grandes stars de la maison de disque SM Entertainement, démontre que le public est là aussi présent : 1,3 million d’euros rapportés. Après une tentative l’an passé de mettre de la K-pop au menu de la radio NRJ, voilà que les maisons de disque françaises comprennent cet engouement. Le dernier album du groupe Girls Generation sera vendu par Polydor, filiale d’Universal Music. C’est une avancée historique. et les fans de Jpop sont un peu amers, car ils n’ont jamais obtenu ce que la K-pop est en train d’obtenir en à peine quelques années.

L’ Hallyu est largement soutenue et reprise par l’État et les médias coréens, véhiculant des valeurs positives et dynamiques. Et la population sud-coréenne elle-même y puise une très grande fierté. Pourtant, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un business lucratif, aux dépends des intéressés. Par exemple, dans la K-Pop, les rythmes d’entrainement sont épuisants, et les interprètes, qui se lancent à cœur perdu dans leurs rêves, ne gagnent que très peu d’argent. Tandis que le rythme de tournage de nombreux dramas (quasi-live) occasionne de plus en plus souvent accidents et épuisements.

Secret Garden

Après avoir fait la critique des deux premiers épisodes, il était temps de vous donner mes impressions sur la série entière.

Et cela ne va pas être facile. Afin d’être le plus objectif possible, je dois vous avertir que mes conditions de visionnage n’ont pas été optimales. En effet, j’ai interrompu le drama pendant une assez longue période, ce qui m’a forcé à reprendre plusieurs épisodes en arrière au moment où la série accusait une sérieuse baisse de régime. Évidemment revoir de mauvais épisodes ça laisse des marques et ça pèse beaucoup dans le jugement final.

Mais présentons plutôt à nouveau la série qui a été l’un des évènements phares de la fin d’année 2010.

A la lecture de son synopsis, son classicisme saute aux yeux : un riche héritier, imbu de lui même, arrogant, rencontre une pauvre cascadeuse. Mais ne jugez pas trop vite, ce sont dans les caractéristiques des personnages que se trouve le salut de la série.

D’abord, Kim Joo Won et Gil Ra Im ne sont pas des jeunes qui sortent péniblement de l’adolescence. Ne vous attendez donc pas à de nombreuses scènes mignonnes et immatures. Ce sont des trentenaires qui ont un parcours, un passé, des cicatrices qui expliquent ce qu’ils sont aujourd’hui.

Ainsi Kim Joo Won est un riche héritier issu d’une famille où l’argent corrompt les valeurs de solidarité, et où l’ambition, la trahison prend le pas sur sur l’amour parental. Kim Joo Won a conscience de sa place dans la société, et sait que sa partenaire dans la vie doit remplir une longue liste  de critères. Selon lui il n’y a pas d’amour dans un mariage, seulement des intérêts communs en économie, en culture… Kim Jong woon est donc un homme qui sait ce qu’il veut, et qui use de son arrogance pour imposer ses idées. Cela lui sert au niveau professionnel puisqu’il est à la tête (d’une partie) d’un immense empire commercial.

Bon, les héros arrogants, on connait, et Hyun Bin excelle dans ce rôle depuis My name is Kim Sam Soon, mais ce faisant, le drama court le risque de ne pas parvenir à rendre son personnage principal attachant. C’est là que les scénaristes vont avoir deux bonnes idées.

La première, c’est de fragiliser autant que possible Kim Joo Won. Non seulement en lui infligeant une maladie liée à un traumatisme, mais aussi en le ridiculisant. Kim Joo Won adore les survêtements de luxe « italiens, cousus main », mais sans avoir conscience que son goût vestimentaire est ridicule. Ce sera l’objet de nombreux gags. Ensuite, il va falloir le sortir de son univers pour lui faire perdre son assurance. Et quoi de mieux que d’intenses séances sportives, où sa verve ne lui sera d’aucune utilité.

La deuxième bonne idée pour rendre ce personnage attachant, c’est de le rendre amoureux au point de lui faire perdre tous ses repères, de le rendre fou. Lorsque Kim Joo Won rencontre la cascadeuse Gil Ra Im, il ne va penser qu’à elle et imagine sans cesse sa présence auprès de lui, dans des endroits parfois insolites. Alors que dans bon nombre de dramas l’attirance se fait progressivement, ce coup-ci le héros est carrément obsédé, possédé, et ne pourra pas lutter longtemps contre ses sentiments.

Gil Ra Im est pourtant l’opposé de tout ce qu’il cherche chez une femme. C’est une femme au caractère bien trempé, qui vit dans un univers masculin. Elle est fière et passionnée par son métier, a le goût du risque, mais sait bien que son métier de doubleuse ne lui donnera pas la gloire. L’argent ne l’intéresse pas, et Kim Joo Won ne pourra la conquérir en l’achetant. Contrairement à toutes les femmes qu’il a rencontré, Gil Ra Im lui résiste. Elle est d’un autre monde. Et sa pauvreté ne la gêne pas, elle vit selon les préceptes de son père, un pompier mort en service.

Le succès du drama tient certainement en ce personnage féminin fort, indépendant, adulte, fier, qui n’a pas honte de sa condition sociale. On savait déjà qu’Ha Ji won était une excellente comédienne pour les scènes d’action et les scènes dramatiques (cf Damo). Ce qu’on ignorait, en revanche, c’est qu’elle était capable de jouer plus finement… une fan trentenaire d’un chanteur à la renommée internationale. Encore une fois, les scénaristes ont fait le choix d’avoir un personnage solide sur bien des aspects, mais fragile dès qu’on parle à son cœur.

Les relations sont donc compliquées entre Kim Joo Won et Gil Ra Im, du fait de leurs différences sociales. C’est ce qui rend le drama intéressant : les scénaristes ont eu l’intelligence de montrer que cette incompréhension était mutuelle. Si Kim Joo Won ne comprend pas pourquoi elle résiste aux sirènes de l’argent, Gil Ra Im ne perçoit pas non plus les contraintes imposées par son statut.

Heureusement, le carré amoureux est simplement effleuré. C’est à mon sens une excellente chose de ne pas en faire des tonnes sur la jalousie de chacun. Et ça permet surtout d’approfondir les personnages secondaires. En effet, outre le duo principal, le récit évoque le cousin de Kim Joo Won, Choi Woo Young, de son nom de scène Oska. Oska est un chanteur à la renommée internationale, un personnage au sang chaud, qui va connaître une jolie évolution au fil de la série. D’abord insupportable, par ses attitudes colériques et égoïstes, il va devoir faire un long travail sur lui-même pour trouver (et savoir reconnaître) le bonheur. C’est un peu le même problème avec sa partenaire féminine, puisqu’elle frôle plus d’une fois le personnage machiavélique, la femme blessée vengeresse. Mais ils ont su se reprendre juste à temps.

Juste à temps, c’est exactement ce qui caractérise l’évolution du drama. Car j’ai quand même failli décrocher du drama (aidé il est vrai par l’interruption temporaire de mon visionnage).

Tout d’abord, Kim Joo Won aura beau être fragilisé, son arrogance et son entêtement sont parfois tels qu’ils m’ont empêché d’adhérer complètement au personnage, du moins pendant la première partie du drama. Une chose qui n’aurait pas été grave si la série n’avait pas eu un moment de flottement à mi-récit. Car lorsque le récit perd son rythme, ses rebondissements, il ne repose que sur ses personnages.

Ce n’est que lorsque s’installe définitivement la romance que j’ai pu vraiment basculer complètement, et me réjouir du récit. Cela devient plus intense, plus magique, plus rythmé. Je n’attendais pas forcément des scènes mignonnes et attachantes en première partie du drama, mais au moins une meilleure évocation de cette romance.

Ensuite, je n’ai pas pu m’empêcher de tiquer devant la nécessité de faire de la famille de Kim Joo Won un obstacle insurmontable. C’est évidemment un artifice courant en Corée, mais quand il est utilisé à ce point, ça me ramène au début des années 2000, et je n’ai plus la même patience qu’à l’époque où je découvrais ces fictions. Sans spoiler, disons qu’au moins les scénaristes sont allés au bout de leurs idées, et ne se sont pas trahis en chemin, c’est déjà ça.

Au milieu de ces critiques, je tiens tout de même à applaudir toute la partie fantastique de la série. Je ne veux pas parler des références constantes à des contes de fée, qui ne m’ont pas particulièrement touché, mais à l’intrusion du fantastique dans le réel. Disons simplement pour ne pas révéler ce qui fait l’originalité du drama, que ces twists ont su générer beaucoup d’humour (en première partie) et d’émotion (en seconde partie). Sans ces rebondissements, le récit aurait également beaucoup perdu en rythme. oui, j’ai beaucoup ri, et j’ai même failli écraser ma larme. Je tiens d’ailleurs à saluer la mise en scène alternant les points de vue, façon Quantum Leap. Ça me permet de couvrir d’éloges Hyun Bin et Ha Ji Won, tant ils sont épatant.  Et si je devais garder quelques scènes de la série, beaucoup d’entre elles seraient liées à l’utilisation de ces évènements fantastiques. Autant dire qu’elles justifient le visionnage de la série.

L’humour est tout de même présent ailleurs. Je pense notamment à des personnages éloignés comme l’assistant personnel de Kim Joo Won, pleutre, pleurnichard, et jaloux, qui ne sait jamais sur quel pied danser tant son patron est imprévisible. Il est tout simplement irrésistible.

Enfin, une remarque sur l’OST de la série, très déconcertante. J’ai – vraiment – adoré les phases instrumentales (qui me rappellent étrangement Flowers for my life), et quelques chansons titres, mais le reste n’est malheureusement pas du même niveau. Si évidemment à la fin de la série, j’ai fini  par m’en contenter, j’ai quand même eu un peu de mal.

Au final, la série a frôlé le podium. Ne vous méprenez pas, j’ai adoré des pans entiers de la série. Mais si certains éléments fonctionnent à merveille (la musique orchestrale, les acteurs, un personnage féminin fort et intéressant, l’aspect fantastique, l’humour, l’évolution des personnages et la romance quand elle s’installe), d’autres caractéristiques semblent plus à la traine (le cliché de certaines intrigues, les personnages à la limite du supportable, le manque d’émotion et de rythme en fin de première partie). Que cela ne vous empêche surtout pas de profiter de ce très bon drama et de persévérer si vous en avez l’occasion, car il fait désormais partie des incontournables. Du reste, vous n’êtes pas prêts de revoir Hyun Bin, puisqu’il vient de partir faire son service militaire pour 2 ans (vu sa récente maigreur doit-on s’inquiéter ?). Pour la petite histoire il en a profité pour officialiser sa rupture avec Song Hye Kyo. (Non, Cinedramas ne va pas devenir un site people !).

[Pilote – Corée] Secret Garden

On peut facilement critiquer les dramas coréens parce qu’ils appliquent des recettes toutes faites, mais il faut aussi parfois accepter que si ces recettes fonctionnent, il n’y a pas de raison pour bouder son plaisir. Secret Garden ne déroge pas à la règle.

Quand le drama commence on nous présente donc encore un fils richissime un peu imbu de lui-même, Kim Joo Woon (Hyun Bin), qui n’agit que par intérêt financier, et qui n’accepte de se marier qu’avec une jeune femme digne de son rang, avec une bonne éducation et une famille aisée. Lui qui ne veut surtout pas un mariage d’amour parce que l’amour ne peut rien remplacer, va à la suite d’un malentendu, rencontrer Gil Ra Im (Ha Ji Won)  une jeune cascadeuse, sportive, à la fois combattante impressionnante, sûre d’elle-même et fragile. Cette rencontre va l’obséder, au point qu’il finisse par la voir partout.

Le premier intérêt de la série est bien sûr l’alchimie réussie entre les deux acteurs principaux (Hyun Bin et Ha Ji Won). Hyun Bin récupère ainsi un rôle proche de celui qui l’avait rendu célèbre dans My Name Is Kim Sam Soon. A noter d’ailleurs que la série ne se prive pas de clins d’œils envers le fan de drama, en racontant que le personnage de Ha Ji Won a été la doublure de Kim Sun Ah (l’actrice qui a joué avec Hyun Bin dans My Name is Kim Sam Soon). Pour autant, le personnage de Hyun Bin dans Secret Garden est quand même moins méchant et moins arrogant. C’est une bonne chose, finalement. Car s’il y a un cliché qu’il faut utiliser avec prudence dans les dramas coréens, c’est bien celui du garçon qui se dispute avec la fille parce qu’il l’aime en réalité.  J’apprécie le fait de rendre Kim Joo Woon complètement dingue de Gil Ra Im, au point qu’il s’inquiète de sa transformation. Dès le départ il est conscient qu’il s’éloigne de ses préjugés sur l’amour. C’est cette partie du récit qui donne à Hyun Bin une certaine profondeur. On est ainsi pas loin du mécanisme de Coffee Prince quand le personnage interprété par Goong Yoo lutte contre ses sentiments envers le personne de Yoon Eun Hye. Le personnage masculin n’est plus cet homme viril et sûr de lui : il doute,  il est profondément chamboulé, et cela donne souvent de très bons gags qui ridiculisent la prestance du héros. Le fait qu’il ne soit pas sportif, peureux, et qu’il prétend avoir un bon goût en matière vestimentaire, par exemple. Je rends hommage à Hyun Bin qui a évidemment un rôle taillé sur mesure.

Ha Ji Won incarne également un personnage peu éloigné de ses plus grands rôles. Sa stature de femme d’action lui donne une parfaite crédibilité. Et je reconnais aisément la fille de Damo qui cache ses sentiments et sa fragilité parce qu’elle évolue dans un monde d’hommes. Evidemment, sans Ha Ji Won au casting, je n’aurai peut-être pas suivi la série.

La gente féminine sera aussi ravie de voir la présence de Lee Philip, qui décidément enchaine les bonnes séries (The Legend, Story of a Man). Son rôle a l’air de se limiter à un carré amoureux, mais je suis sûr que ce sera suffisant pour en faire venir quelques unes devant l’écran.

Les deux premiers épisodes de la série prennent leur temps pour présenter les personnages et leurs interactions respectives. Il y a tout de même un nombre important de personnages, ce qui fait qu’il n’est pas toujours très facile de comprendre au début, le pilote aimant bien cacher les intentions et les liens de chacun. Il n’y a pas de problème de rythme, l’ensemble est vraiment intéressant.

Mais la série semble avoir été créée pour délivrer d’autres dynamiques, grâce notamment à un twist fantastique majeur d’ici quelques épisodes. Or nous ne sommes pas dans une série américaine comme no ordinary family qui plonge directement dans son aspect fantastique, en oubliant de caractériser ses personnages et de leur donner des enjeux. Secret Garden veut vraiment exploiter ses personnages principaux avant qu’il ne leur arrive quelque chose. J’adhère complètement à ce choix. Sans vouloir révéler ce twist, on sent évidemment que les défauts de chacun des protagonistes vont se révéler encore plus hilarants.

Vous l’aurez compris la série se suit avec grand plaisir. Le contexte, un peu plus adulte, façon Kim Sam Soon, évite les scènes comiques trop légères si souvent présentes dans les séries typées adolescents. Comme toujours il est dur de savoir ce que ça va donner au bout de 2 épisodes seulement, d’autant que le twist majeur qui fonde le synopsis de la série n’est pas encore arrivé. Mais pour l’instant je reste optimiste. Une série qui commence par une musique orchestrale et de beaux paysages ça suffit pour que j’ai la foi. (ou alors c’est ma nostalgie de Flowers for my life, peut-être). J’ai hâte de voir la suite.

NOTE MODIFIEE EN MARS 2011 : Vous trouverez mon bilan de la série complète ici

Acteurs et actrices coréennes : Song Hye Kyo

Je vous avais déjà parlé de cette actrice lorsque j’avais évoqué le drama Full House et le phénomène d’Hallyu. Mais son talent et son charisme méritait un article à part entière, elle n’est pas pour rien l’une des actrices les plus suivies en Corée du Sud et dans le reste du continent asiatique.

Song Hye Kyo (Song Hye Gyo) de constitution fragile, a failli ne jamais survivre à sa naissance. Mais les fées se sont penchées sur son berceau. Après avoir gagné un concours de mannequin, elle débute en 1996, dès 15 ans, dans les séries télé.

A peine 4 ans plus tard, lorsqu’elle atteint la gloire avec le premier volet d’Endless Love : Autumn in my heart, (voir l’article sur Winter Sonata), elle est déjà apparue dans une dizaine de shows télévisés. Dans cette série, elle incarne Eun-Suh à l’âge adulte (l’enfance étant jouée par Moon Geun Young). Le drama raconte l’histoire de filles échangées par erreur à la naissance, puis la rectification de cette erreur, avant qu’un amour impossible ne se dessine et qu’une tragédie ne clôture la série. Le drama réunit d’ailleurs à peu près toutes les ficelles scénaristiques possibles et est donc vivement conseillé à tous ceux qui veulent savoir ce qu’est un vrai mélodrame coréen « à l’ancienne ».

Devenue très populaire, elle continue d’enchaîner les rôles à la télévision. Après Guardian Angel, elle joue dans Hotelier en 2001, rejoignant ainsi Bae Yong Jun. (Le drama Hotelier fera l’objet d’un remake japonais dans lequel Bae Yong Jun, devenu Yon-sama superstar asiatique, jouera en caméo dans le premier épisode).

Elle joue ensuite dans la série All In, en compagnie de Lee Byung Hun. Alchimie ou pas dans la vraie vie, ces deux là vont d’ailleurs sortir ensemble temporairement.

Mais c’est surtout en jouant auprès de Bi/Rain, dans Full House (cf l’article sur la série), que sa popularité va atteindre des sommets. Désormais symbole de l’Hallyu, Song Hye Kyo peut rêver d’une carrière internationale, notamment au cinéma.

Elle jouera ainsi au côté de Cha Tae Hyun dans le film My girl and I, (cf mon article sur l’acteur), un joli succès pour un remake. Mais malgré une promo remaquable, son film suivant Hwang Jin Yi ne connaîtra pas le même destin.

Son retour à la télé, très attendu n’a pas non plus été très récompensé, The World that they live in, qui narre les coulisses de production d’un drama, n’a été qu’un succès mitigé. Mais sa rencontre avec Hyun Bin, son partenaire à l’écran, sonnera le début d’une réelle histoire d’amour.

Après un film indépendant américain, et une coproduction Corée-Thailande-Japon, elle tourne actuellement en Chine avec Wong Kar Wai The Grand Master (l’histoire d’Ip Man).

Song Hye Kyo est adulée où elle va, et les rumeurs sur son compte vont bon train. Sa fraicheur et sa bonne humeur sont en tous cas très communicatifs.

L’anecdote amusante, c’est qu’elle a été prise pour modèle, et reproduite à la quasi perfection en 3D. Bluffant, non ?