Bilan de la saison 2010-2011 (USA)

Avec beaucoup de retard, voici donc mon bilan de la saison télévisuelle américaine passée. Un bilan qui m’a posé beaucoup de problèmes. D’une part, parce que ça fait maintenant plusieurs mois que les séries des networks ont achevé leur diffusion. Je pensais écrire ce bilan bien plus tôt, mais ma vie personnelle a pris le dessus. Du coup, j’ai du faire avec mes souvenirs et mes notes.

D’autre part, parce que, comme le soulignaient beaucoup de mes confrères, la saison n’a pas été très enthousiasmante. Verre à moitié vide ou à moitié plein ?

Enfin, j’avais l’impression de vous avoir déjà dit l’essentiel de mes impressions pendant la saison écoulée. Et pour une fois, j’ai écrit beaucoup moins de bilans pour les différentes séries (n’hésitez pas à cliquer sur les liens des séries ci-dessous, ils vous amèneront vers ma critique). Je vais donc tâcher de vous dire mes impressions.

  • Pas convaincu par le pilote :

Hellcats, shit my dad says,Mike and molly, no ordinary family, my generation, detroit 1-8-7, undercovers, the cape, perfect couples, harry’s law, mad love.

Dans la liste de mes attentes la saison passée, aucune de ces série n’était dans le top 20. No ordinary family avait un pilote tellement désastreux (et heureusement vu en avance) qu’il est sorti du classement, celui-ci à peine terminé. Je ne vais pas revenir sur les raisons de leurs échecs à mes yeux, il suffit de lire les critiques correspondantes. Ce ne fut pas l’année des super-héros, en tout cas.

  • Je suis allé plus loin mais j’ai abandonné :

Outsourced, Lone Star, Episodes, Mr Sunshine, Happy Endings.

J’ai essayé de donner leurs chances à quelques séries comiques, mais j’ai constaté là aussi un manque flagrant d’écriture. Mr sunshine en est le parfait exemple, il ne s’y passe rien de drôle. Happy Endings a choisi la voie du délire entre amis, ce qui aurait pu être rigolo si j’étais encore en âge d’errer sur les campus américains (centrer un épisode sur le paintball je veux bien, mais Community a prouvé qu’on pouvait utiliser cette « arme » pour en faire des parodies). Enfin j’ai désespérément tenté de m’accrocher à Outsourced mais rien à faire, le choc multiculturel n’était pas aussi drôle que prévu, se moquer de la cuisine indienne et des gadgets débiles américains, bof, bof…  Lone Star est un cas à part puisque j’ai vraiment aimé, mais vu son annulation précoce, j’ai décidé de ne pas poursuivre l’expérience. Le syndrôme du cœur brisé, non merci. Enfin Episodes n’a pas su décoller, avec de gros problèmes de rythme et de contenu.

  • Une moitié de saison :

The Event, Hawaï 5-0, Running Wilde, The Boardwalk empire, Community s2.

Commençons par le cas de Community. Suite à un rattrapage, et convaincu finalement par certains excellents épisodes parodiques, j’avais décidé de donner une seconde chance à la série, en espérant que la deuxième saison soit mieux écrite au niveau des personnages, et surtout plus drôle. Il n’en a rien été. Community excelle parfois dans les parodies, mais le reste est à jeter : le développement des personnages vire au n’importe quoi, la créativité masque difficilement un mauvais scénario, bref, le délire créatif a ses limites, et Community le démontre trop souvent. Du coup je ne suis revenu que pour le paintball (en deux épisodes), très sympathique cela dit.

The Event était l’une de mes séries les plus attendues en début de saison. J’étais très enthousiaste, même, au vu du pilote. Et puis le scénario a préféré se focaliser sur les rebondissements improbables façon 24 plutôt que de construire une mythologie efficace. Du coup on se désintéresse progressivement du sort des personnages qui agissent sans raison valable (la palme revenant à Thomas), et je ne suis pas revenu après la coupure en début d’année.

Hawaii 5-0 m’a beaucoup plu… au début. J’ai adoré revoir un duo à l’ancienne, qui cabotine, s’engueule, s’envoie des piques en permanence, l’action était au rendez-vous, et le cast sympathique. Malheureusement tout s’effondre quand le show cherche à développer ses personnages en leur inventant un passé inintéressant au possible. Le cabotinage parti lui aussi, il ne restait plus que des enquêtes policières menées tambour battant, et la promesse d’un Némésis charismatique. Je n’ai pas eu le courage de continuer après la pause hivernale.

Running Wilde, malgré toute la sympathie que j’avais pour le cast et la prod’, n’a pas fonctionné. L’alchimie était bancale, les gags et le schéma de l’épisode répétitif, et quand tout devient prévisible, le rythme apparait bien trop lent. Un beau gâchis.

Enfin, Boardwalk Empire. Si j’ai été charmé par la reconstitution, le casting, je me suis aussi assoupi plus d’une fois devant les épisodes. Un manque d’action et de rebondissements assez flagrant, un manque d’attachement aux personnages aussi, ce qui fait que les enjeux de pouvoir me sont passés par dessus la tête. Je comptais reprendre, mais finalement j’ai eu d’autres priorités.

  • Une saison décevante :

The Walking Dead, Dexter s5, Off The Map, Grey’s Anatomy s7.

J’ai déjà dit beaucoup de choses sur Walking dead : cast bancal et peu attachant (développement des personnages nullissime), ambiance apocalyptique et pessimiste qui n’apparait que rarement, inconstance du ton de la série héritée d’une réalisation cinématographique, et discours scientifique réduisant à néant toute possibilité de questionnement métaphysique. Je regarderai tout de même le début de la deuxième saison, pour voir si les derniers changements opérés à la réalisation et au budget vont faire des miracles (car, parfois des coupes budgétaires peuvent forcer des huis-clos angoissants).

La saison 5 de Dexter a été un beau ratage. La fin de saison 4 aurait du être un vrai bouleversement pour la série. Il n’en a rien été. Pire, les scénaristes se sont embourbés en jouant la surenchère : mettre Dexter dans des situations les plus dangereuses possibles pour qu’il s’en sorte in extremis, au mépris des lois de la physique, et de l’intelligence de ses collègues. Dexter n’est plus méticuleux mais juste horriblement chanceux. Et encore ce ne sont pas des miracles qui lui permettent de sauver sa peau, mais des entorses à la réalité des personnages, qu’ils soient tueurs ou flics. La seule bonne nouvelle aura été l’apparition de Lumen, mais l’idée n’aura pas été exploitée correctement, et comme toujours il a fallu faire un reset à la fin de la saison. De quoi jeter sa télécommande…

J’ai voulu croire en la nouvelle série Off the Map, je l’admets. Seuls certains personnages avaient du potentiel, et encore, ils ont mis du temps à nous le faire deviner. Mais pire encore que le développement des personnages, je crois que ce qui a coulé la série c’est la surenchère, ce besoin de faire du spectacle au milieu de la jungle au lieu de profiter de son thème : soigner avec les moyens du bords, replonger dans les débuts de la médecine, ça ça m’aurait plu !

La saison 7 de Grey’s anatomy a été une grande désillusion. Après un final aussi percutant en saison 6, j’attendais des conséquences. Au lieu de cela, les personnages choqués ont tous un déclic salutaire et improbable qui leur permet de retourner à leur vie sans dommages. Tous, sauf Christina, et son long, très long rétablissement (inexplicable encore à ce jour) me fut insupportable. Christina la compétitrice, c’est l’âme du show, la seule vraie raison de revenir chaque semaine. Christina absente, il a fallu se focaliser sur les autres intrigues, et les scénaristes ont réussi en peu de temps à me faire détester le couple Arizona/Callie, dont les rebondissements sont dignes des plus mauvais soaps (et l’épisode musical est une véritable aberration). Et, ce qui est bien pire finalement, c’est que j’ai eu l’impression cette saison d’avoir perdu tous les personnages de la série : Grey qui était intelligente agit n’importe comment, Christina ne sait pas ce qu’elle veut, et évidemment on nous invente de nouvelles romances coucheries… Ma seule maigre consolation : voir April prendre peu à peu un peu de place dans la série, mais pour quelles minables intrigues !! Autant dire que je n’attends plus rien de la série désormais.

  • En dents de scie :

How i met your mother s6. J’ai été surpris d’apprécier quelques épisodes de la série cette saison. Certains sont vraiment drôles, (eh oui, j’ai eu peine à y croire). Mais ma plus grande déception vient de l’histoire entre Ted et Zoey. On nous présente cette dernière comme idéale (et possible réelle « mother »), l’alchimie vient enfin malgré un scénario centré sur un combat entre la démolition et la conservation d’un taudis, et … patatras, on nous dit que non, mais que si, et puis finalement on nous montre la rupture. Tout ça pour ça ? Une fois de plus le show tire sur la corde. Seule évolution des personnages : celles de Lily et Marshall pour une histoire de procréation bien prévisible, et un décès bien peu émouvant. Quant à Barney, si on l’a partiellement récupéré cette saison, les dernières images font assez peur…

  • Pas mal :

Modern Family s2, The mentalist s3, V saison 2, Fairly legal s1.

La deuxième saison de Modern Family a été sur la même lignée que la précédente : lorsque les intrigues font croiser les différentes familles pour une catastrophe imminente, le show est jubilatoire, sinon, il faut se contenter de tranches de vie pas toujours très drôles, mais l’ensemble est suffisamment sympathique pour qu’on s’attache aux personnages. Excepté Claire qui cette saison, une fois encore, m’a passablement énervé.

The Mentalist a eu une assez bonne saison, remplie à la fois par un arc passionnant et quelques épisodes plutôt bien trouvés. Malheureusement la résolution des intrigues est de plus en plus figée : Simon fait toujours peur au coupable pour qu’il soit obligé de se démasquer. Restent les personnages, et j’ai été plutôt content : la romance Rigsby/Grace est toujours d’actualité, Lisbon a également des scènes inattendues,… Bref, ce fut plaisant, jusqu’au coup de théatre final. Et là, je dois dire que je suis épaté par les scénaristes, non pas sur la manière bien trop facile et prévisible de résoudre l’affaire, mais sur le geste final de Patrick Jane. J’ai vraiment envie de voir comment la série va continuer.

Dois-je revenir la deuxième et dernière saison de V ? Raccourcie, rythmée, avec de nombreux rebondissements, la série a su redevenir intéressante malgré ses personnages girouettes. On demandait un peu plus de noirceur, on en a eu. Mieux que ça, le final est tout simplement jouissif, les scénaristes se sont lâchés, et la je me souviendrai longtemps de certaines scènes. La série ne volait pas haut c’est sûr, mais j’aurai bien voulu avoir une troisième saison juste pour voir où ils auraient pu aller. Dommage.

Fairly Legal fut une agréable surprise. Alors que les séries judiciaires ne nous montrent que des affaires pénales, la série se focalise sur la médiation. Mais au lieu d’être plus humaniste, le divertissement se cantonne au registre de la légèreté. Les affaires se règlent au dernier moment, sans parvenir à être émouvants. En fait l’essentiel du charme de la série, c’est Sarah Shahi, qui pétille et emporte tout sur son passage. On regrettera le manque d’approfondissement de l’arc principal sur son père, ainsi que le manque d’épisodes évoquant le statut de sa belle-mère, personnage pourtant très intéressant. On verra si cette série rafraichissante pourra mieux développer ses atouts la saison prochaine.

  • Une saison qui va crescendo :

Chuck s4, Parenthood s2.

Chuck a commencé sa saison en changeant de ton, ce qui m’a fortement destabilisé. Je ne retrouvais plus l’efficacité du cocktail action/romance/humour de la série. L’humour était devenu lourd, comme l’hommage à Freddy Krueger. Et puis, peu à peu, l’esprit de la série est revenu, en même temps que les arcs de la saison prenaient place. Et quels arcs ! Je dois dire que j’ai particulièrement apprécié ces histoires autour de la maman de Chuck et de Volkoff. L’occasion d’avoir les deux meilleures guest de la série (mis à part Scott Bakula bien sûr) : Linda Hamilton et Timothy Dalton. Ce dernier a su cabotiner pour mon plus grand plaisir. Et sans parvenir au niveau des premières romances de la série, le couple Sarah/Chuck a su rester lui-même. Moins d’émotions, plus de rebondissements, certes, mais dans l’ensemble j’ai été ravi de l’arc sentimental de la saison. Enfin, les autres personnages ne sont pas oubliés, et j’ai beaucoup aimé le trio Morgan/Casey/Alex. Et pour la seconde partie de la saison, j’ai été entendu : Jeffster, devenu pénible, a été moins présent. Enfin, je suis très heureux du sort réservé à tous ces personnages en fin de saison (y compris pour Morgan, je trouve que c’est une riche idée), et j’ai vraiment hâte de les retrouver.

La saison 2 de Parenthood a également mis un peu de temps pour démarrer. Il n’était pas évident de retrouver des histoires intéressantes pour la famille Braverman. Mais peu à peu, une fois encore, la justesse du ton l’a emporté. Et j’ai été conquis par la sincérité dégagée lors des difficultés de Julia, par exemple. Rien d’innovant, évidemment, mais le travail des acteurs et leur approche font de cette série un véritable petit moment de bonheur à partager le soir. J’ai été touché par Haddie qui essaye d’avoir une vie adulte, par Amber qui échoue lamentablement, et même Crosby a su emporter mon adhésion. Ce n’était pas gagné, vu son comportement, mais la série a vu juste : il n’y a pas qu’un seul fautif. Enfin, sa quête pour reconquérir sa belle fut à la fois émouvante et agaçante. Et si Jabbar et Max sont énervants, au moins Max a le mérite d’amener de vraies questions au sein du couple parental. Bref, cette saison, comme la précédente, a su devenir indispensable dans la grille hebdomadaire.

  • Une saison qui va decrescendo :

House s7.

La septième saison de House fut très bonne…globalement. J’étais plutôt dubitatif quand Cuddy a fini par ravir le coeur de House, mais les intrigues ont été à la hauteur. Les cas étaient passionnants, et Thirteen aux abonnées absents, j’étais ravi. Dès l’arrivée d’Amber Tamblyn, j’ai espéré qu’elle reste. Sa hantise du mensonge était un parfait contrepoids à House. Parce que du côté des autres collègues, c’est pas folichon : Foreman ne sert plus à rien, et Taub s’embourbe dans des histoires extraconjugales. Pour ce dernier cependant, malgré le rabachage de ses « problèmes », il fut tout de même touchant par moment (quant à l’issue de son histoire, j’en ai pleuré… de rire !). Le tournant qualitatif a eu lieu lorsque les scénaristes ont décidé de revenir en arrière et d’enfoncer le personnage de House, devenu de plus en plus inquiétant et pathétique. Tout d’abord, cela apporta de bons épisodes, ce qui me fit penser que les scénaristes, au fond, avaient raison. Mais la fin de saison fut calamiteuse quant à la gestion des intrigues. Un énorme coup de fatigue ou de lassitude ? Revoir plonger House m’a un peu énervé. Au fil des saisons, on a tout tenté pour qu’il s’améliore : opération, médicaments, thérapie, même l’amour s’en est mêlé, le voilà au bout du rouleau. Que va-t-on trouver désormais ? D’autant que la scène finale est effrayante et présage de moments encore plus durs pour le personnage. Je ne parlerai pas du départ de Lisa Edelstein, des rumeurs de départ d’une partie du cast, qui montrent une certaine fébrilité. Cette huitième saison va-t-elle être la dernière ? Même si j’adore la série, je le souhaite désormais.

  • Une bonne saison :

The good wife s2, The big bang theory s4.

Mis à part quelques épisodes, la deuxième saison de The Good wife a su donner des orientations intéressantes. Non, je ne parle pas du fil rouge Will/Alicia, je n’ai jamais vraiment été shipper de leur couple. La campagne pour faire élire Peter Florrick,  ou les stratagèmes politiques dans la firme ont été autant de ressorts très bien utilisés pour accroître la tension et le suspense. Déjà que les affaires (traitées ou non au tribunal) sont, comme toujours, passionnantes, surprenantes, et amenées avec originalité, vous imaginez le bonheur lors de mon visionnage. Et puis, les derniers épisodes apportent leur lot de révélations, ce fut l’occasion de voir enfin autre chose que le visage froid et imperturbable de Julianna Margulies. Vivement la troisième saison !

Pour The Big Bang Theory, la quatrième saison fut l’heure de la prise de risques, en introduisant de façon régulière de nouveaux personnages féminins. Et ça a parfaitement fonctionné. Même si la plupart des grands épisodes sont réussis grâce à Sheldon, une nouvelle dynamique s’est mise en place, et finalement chaque personnage a son utilité. La série est toujours drôle, très drôle même, et elle fut de l’un de mes rendez-vous préférés. Pourvu que ça continue ainsi !

  • Des nouveautés réussies … non renouvelées :

Huge, Rubicon, Better with you, The Chicago code, Traffic Light.

L’été dernier fut l’occasion de voir deux séries aux thèmes et à l’approche radicalement différentes, mais réussies toutes les deux. Huge, par son approche humaniste et sensible du problèmes des ados obèses. Rubicon, pour son ambiance et son puzzle paranoiaque. Je ne reviens pas dessus, il suffit de lire leurs fiches.

Du côté des séries comiques, deux nouveautés m’ont fait forte impression. Better with you, parce qu’elle a su rendre sympathique une sitcom traditionnelle, à base de répliques, de gags visuels et de rebondissements. Mieux elle a su rendre ses personnages extrêmement attachants, grâce à un casting fabuleux. Traffic Light a su également toucher la corde sensible en dépeignant la vie de couple, avec intelligence, sincérité et humour. Ne la manquez surtout pas.

Enfin, Chicago Code aura été une belle série policière, portée par un duo d’épatants incorruptibles et un némésis charismatique. Si seulement l’intrigue principale avait avancé plus rapidement, avec davantage de rebondissements, peut-être que la fiction aurait eu de meilleures chances…

  • Je la regretterai quand même :

Life Unexpected.

Oui, Life unexpected a perdu une grande partie de son charme en deuxième saison en versant davantage dans le soap que dans les problématiques d’adoption, mais je regretterai quand même son annulation, parce qu’elle était un divertissement sympathique, qui savait allier douceur et amertume. Le casting était parfait, avec notamment d’anciennes gloires de la WB, et j’en garde un bon souvenir.

  • Les bonnes surprises… renouvelées :

Raising Hope, Nikita.

Voilà finalement les deux séries qui auront su tirer leur épingle du jeu cette saison, en donnant à la fois un spectacle de qualité, et la satisfaction du renouvellement. Je vous encourage, là aussi à lire les fiches correspondantes.

Du côté de Raising Hope, j’ai tout de même peur que cette série comique tourne en rond avec ses personnages et son univers. On verra si les scénaristes sauront apporter un peu de fraicheur, en faisant évoluer les personnages. En tous cas, Raising hope est la preuve qu’on peut être créatif, drôle et avoir un regard sur la société.

Enfin, Nikita a été mon coup de cœur de la saison. Je ne le redirai sans doute jamais assez, et l’étiquette CW aura certainement fait tourner les talons à bon nombre d’entre vous, mais oui, Nikita c’est un peu un bain de jouvence, le retour du feuilletonnant. Avec ses multiples rebondissements, son sens du suspense et du spectacle, la série a su peu à peu me conquérir. Elle n’est évidemment pas dénuée de défauts mais avec le peu de moyens dont elle dispose, elle m’a assurée d’excellents moments cette saison. Oui, on peut encore faire du divertissement de qualité, ni élitiste ni cheap. Oui, oui, oui, je dis oui à une seconde saison que j’attends avec une très grande impatience !

Je n’ai pas parlé dans ce bilan de Men of a certain age, dont la dernière saison a été découpée (pour la simple raison que je dois la terminer), ni même de White Collar (dont la saison 3 me fait de l’oeil). Je prévois également un rattrapage de Game Of Thrones d’ici la rentrée. Mais je ne peux reculer la publication de cet article plus longtemps.

Reste à répondre à cette fameuse question… Alors, une bonne saison ? Oui, dans l’ensemble grâce à des shows vieillissants, même si j’ai connu mieux évidemment. J’espère que la saison prochaine apportera son lot de vraies nouveautés. On en reparlera bientôt.

[30 days drama challenge] days 27-28 drama populaire détesté / drama impopulaire adoré

Avec une telle profusion de séries, faire son choix et s’orienter n’est pas chose facile. D’autant que la popularité de certaines séries ne veut pas forcément dire que vous l’apprécierez vous aussi. Et inversement, il arrive que l’on puisse avoir un vrai coup de cœur pour une série boudée sur internet.

Le problème de ce genre de questions c’est qu’il est rare que je m’accroche pour un drama que je n’apprécie pas, qu’il soit populaire ou non… Mais dans ce cas, suis-je vraiment pertinent ? Pour juger une œuvre, il faudrait déjà l’avoir vu en entier (ou tout du moins une bonne partie), non ?

  • Corée :

détesté :

Je n’ai pas eu le courage de continuer Dream High. Je ne suis pas allergique à la K-pop (je me soigne et mes cures sont de plus en plus rapprochées), mais j’ai eu l’impression que le drama devait davantage son engouement à la popularité de ses stars qu’à ses intrigues et à son jeu d’acteur. J’ai eu tout de même quelques commentaires positifs m’encourageant à poursuivre l’expérience, mais peut-être aussi suis-je un peu vieux pour m’immerger dans une telle atmosphère. Et puis surtout les premières prestations scéniques étaient lamentables. Autant je suis admiratif de certains danseurs/danseuses du monde de la k-pop, autant la série n’avait pas l’air d’être à la hauteur de ses ambitions.

adoré :

Lie to me a vite eu son lot de détracteurs, et sans dire que j’ai adoré, j’ai pourtant apprécié la plupart des épisodes. Je m’en expliquerai prochainement, mais j’ai été happé par le duo principal, au point que le reste n’avait finalement plus beaucoup d’importance. Que voulez-vous, il suffit que je vois un couple heureux pour que je me mette à sourire bêtement. Et puis, on ne reverra pas avant longtemps une aussi belle alchimie, d’aussi belles scènes de baisers, voire même une héroïne qui ne se contente pas de vouloir épouser le prince charmant (et riche). Oubliés, les incohérences, les personnages inutiles, les intrigues ultra-classiques, la musique mal utilisée (du moins au début), à partir du 10è épisode (et au changement de PD : Producer-Director), la série se recentre sur l’essentiel et nous en met plein la vue. Pas étonnant que les fans se mettent à imaginer que Yoon Eun Hye et Kang Ji Hwan forment un vrai couple en dehors de l’écran, tant ces deux là font plaisir à voir.

  • Japon :

détesté : Hana yori dango. Ce drama bénéficie d’une telle popularité que malgré mes réticences je m’y suis plongé. Ce fut laborieux, mais j’ai persisté jusqu’au bout. Mis à part l’héroïne principale, bien mimi, les personnages sont de véritables caricatures et il m’a été très difficile de m’attacher à eux. Et pour moi le couple central ne fonctionne pas. On aura beau mettre un soleil couchant et les musiques adéquates, ça ne colle pas avec le développement psychologique du bad boy au cœur tendre. Rappelons-le, c’est un ignare friqué, irrespectueux, hautain, violent, sadique, qui subitement tombe amoureux de la victime qu’il … torture ! Oui j’insiste sur le « subitement ». Je peux comprendre que le garçon qui sort les poings soit le fantasme de la pré-adolescente (et encore), m’enfin, un peu de cohérence ! Surtout que ses premières scènes sont particulièrement violentes et qu’il est très dur d’apprécier un personnage qui se conduit ainsi (et j’ai fait une coupure de visionnage de 2 mois !). L’autre garçon, c’est le cœur tendre mystérieux, romantique, qui fait la pose « parogencyl blancheur système » en faisant « hé, hé » au lieu de s’expliquer. Les deux autres garçons n’ont pas le même temps d’antenne, ce sont les faire-valoir, mais ils réussissent quand même à s’envoyer des pains de façon complètement invraisemblable, parce que les deux autres en ont décidé aussi. C’est vous dire le niveau ! J’ai conscience d’être dur, mais j’avoue qu’aujourd’hui je n’ai toujours pas compris l’engouement pour cette série, mis à part qu’elle a été la première pour bon nombres de dramaphiles.

adoré : Manhattan love story. Voilà une série qui mériterait un bond de popularité, tant elle est originale et tarabiscotée. Et pourtant, tout comme Koi Ga shitai (qui a néanmoins quelques articles élogieux), cette série passe inaperçue sur le net. Ça ne vous intéresse pas, un puzzle amoureux délirant ?

  • USA :

détesté : J’ai essayé True Blood, mais il n’y a rien à faire, désolé, c’est pas pour moi. Et j’avoue que j’en cherche encore l’intérêt , je continue à lire de ci de là les impressions sur différents épisodes… Mais bon je vois fleurir sur la toile davantage de captures d’écran de scènes dénudées que des textes saluant la qualité des intrigues, alors je me console (peut-être à tort) en me disant que je ne loupe pas grand chose, malgré la puissance du marketing.

Et puis il y a aussi des séries auxquelles je voudrais accorder une seconde chance, comme Doctor Who. Parce que j’ai jamais pu avoir le courage de lancer la suite, après des débuts aussi laborieux. Pourtant le kitsch ne me pose pas de problème (Buffy l’était bien lors de ses premiers épisodes), mais non, je suis passé à autre chose, et je continue de me dire, jour après jour, que j’aurai du persister, vu l’engouement…

adoré : Huge. La série est malheureusement passée inaperçue l’été dernier, et j’encourage autant que possible son visionnage. Voilà une série qui était originale et montrait pour une fois les ados obèses sous un autre jour. Fini l’obèse rigolo, le faire-valoir au héros, dans cette série tout le monde a des problèmes de poids. Huge est en réalité une très fine description de leur bagage émotionnel. Et j’avoue que je préfère m’intéresser à des ados qui ont un manque de confiance en eux que des ados friqués qui se droguent ou s’envoient en l’air à la moindre opportunité.

Mon année 2010

Tout le monde y va de son petit bilan en cette fin d’année, alors j’avais envie de parler de ce qui m’avait marqué cette année, moi aussi. Je vais tâcher d’être concis, car malheureusement ça fait un peu redite (et puis je vous avoue que mon état de santé ne me permet pas d’en faire plus). Pour le bilan américain de mi-saison, il viendra plus tard. Notez également que j’ai préféré ne pas parler de cinéma asiatique ici.

Mon année fut beaucoup moins consommatrice de séries (et de cinéma) que les années précédentes. Je n’ai pas eu de véritable période boulimique. La faute à un rythme de vie qui a beaucoup changé (et qui changera encore). Et puis il faut bien le dire, l’engouement de la découverte culturelle s’est un peu estompé. Je ne suis plus surpris par les codes narratifs coréens et japonais. Dit comme ça, ça pourrait être triste. En revanche, je sais désormais ce que je recherche. J’espère à l’avenir moins m’éparpiller, mais je me connais : j’aime toujours lire des avis passionnés sur des séries, et je finis toujours par craquer.

L’envie est donc toujours là. Mais le choix devient de plus en plus frustrant. J’en reparlerai, mais jamais je n’ai été autant frustré que cette année. Trop de choses à voir, pas assez de temps.

-2010 : une petite année de découvertes et de rattrapages

J’aurai évidemment voulu voir davantage de choses cette année. Mais je retiendrai parmi mes rattrapages : the good wife, someday, mousou shimai, gaiji keisatsu, quelques kbs drama special. The good wife fut rattrapé en quelques jours, j’ai vite été happé par la série qui m’a redonné goût aux séries judiciaires. A vrai dire, j’étais curieux de savoir si ses éloges étaient mérités. Ils l’étaient. Someday c’est un peu mon arlésienne. Ça fait des années que je voulais regarder cette série coréenne « immanquable », j’avais même réussi à regarder le début dans des conditions très peu confortables. Mais cette année fut la bonne. Du côté japonais, grâce à des téléphages avertis, j’ai eu le bonheur de me plonger dans deux séries d’exception. Et puis quelques épisodes de drama special m’ont parfois replongé avec délice dans la base du mélodrame coréen.

-2010 : peu de nouveautés américaines marquantes

Men of a certain age et white collar étant apparues fin 2009, il ne reste donc dans ma besace que life unexpected, huge, rubicon, et raising hope. Eh oui dans cette liste, seule une série aura réussi à survivre. C’est chaque année pareil, les séries que j’aime sont de plus en plus écourtées. Je crois que je ne m’y habituerai jamais.

Si ma capacité à m’enthousiasmer pour des nouveautés avant leur diffusion reste intacte, cette année j’ai été plus déçu que d’autres: boardwalk empire, the walking dead, treme, autant de séries « travaillées » qui n’ont pas réussi à me captiver par leur rythme de narration.

-2010 : des séries américaines qui laissent un vide

Cette année fut surtout la fin de Lost. A l’époque sa fin fut tellement décriée, mais aujourd’hui, que nous reste-t-il comme série réellement captivante à la télévision ? (ne me parlez pas de The Event, il est loin le pilote prometteur).

Ce fut également la fin de 24, série aux innombrables défauts mais qui avait au moins le mérite d’avoir un peu de suspense. Quelle série d’action pour la remplacer ?

Enfin, beaucoup de monde l’a déjà oubliée, et pourtant Dollhouse s’en est allée fin janvier. La montée en puissance de la série m’a rappelé à quel point Joss Whedon savait raconter ses histoires.

Depuis la fin de ces 3 séries, la paysage télévisuel américain a bien changé.

-2010 : pas encore assez de place pour le visionnages de séries asiatiques

C’est ma grande frustration de l’année. Chaque année je loupe des séries que je voulais absolument voir, mais je me promets à chaque fois d’y remédier l’année suivante. Cette année fut encore plus terrible. Puisque, désormais, j’ai cédé à la tentation de regarder des pilotes, et que je n’ai pas pris le temps de terminer ce que j’ai entamé. Mes grands regrets sont notamment secret garden et my girlfriend is a gumiho. En revanche, j’ai pris grand plaisir à visionner personal taste, qui est mon coup de cœur de l’année. Bon ok, mon admiration pour Son Ye Jin n’est peut-être pas étranger à ma fascination pour ce drama, mais tout de même, ce fut drôle, émouvant, bien rythmé. Et j’en garde un excellent souvenir.

– 2010 : les moments marquants

Il est assez difficile de se souvenir des meilleurs moments d’une année téléphagique quand on a une mémoire de poisson rouge comme moi, mais voilà à quoi je pense quand je ferme les yeux… La mort, l’amour, la renaissance, le rire, le souvenir…

– la fin tragique de personnages dans Lost 6.14.

– la scène shipper tant attendue par les fans dans Chuck 3.13

– House, brisé, trouve son salut dans House 6.22

-L’explication de l’ascenseur dans The Big Bang Theory 3.22

-Un souvenir enfoui resurgit et révèle le mystère de Sanggojae dans Personal Taste épisode 12.

Au final cette année 2010 fut une petite année en terme de contenu, mais suffisamment riche en émotions. Et puis, surtout, ce fut une année d’échanges d’expériences télévisuelles. Ma plus grande joie ? Voir Alone in love critiqué ailleurs qu’ici, suscitant enfin l’envie irrépressible de visionnage (Livia et Ageha je compte sur vous pour propager la bonne parole ^^). Espérons que l’année 2011 fera mieux !

Huge

Basée sur le roman du même nom de Sasha Paley, Huge raconte la vie d’un camp d’été pour adolescents obèses. En soi c’est déjà un pari que d’aborder frontalement le problème de l’obésité dans les séries américaines. Non, ici, le jeune obèse n’est pas le sidekick qui fait rire. Il est le personnage central de la série. Rien que ça, c’est un choc culturel. Et si j’en crois l’audience, l’explication de son échec. C’est un fait, on préfère voir dans notre petit écran des acteurs et des actrices au physique de rêve. C’est vendeur. L’obésité a beau toucher plus du tiers des jeunes américains, elle n’est montrée qu’à travers des rôles caricaturaux à la télé. (Je vous laisse la question du positionnement de la série Roseanne, ou plus récemment de Mike and Molly).

Bref, j’attendais vraiment cette série, non seulement le pitch était alléchant, mais en plus c’était le grand retour créatif de Winnie Holzman (My So-Called Life, Once and Again). Bien sûr, comme on est sur ABC Family, il ne faut pas s’attendre à monts et merveilles. Mais le résultat vaut quand même le détour. Tout simplement parce qu’on reconnait bien vite la façon si particulière de dépeindre les troubles de l’adolescence. Ici, pas de fausses problématiques de gosses de riches à la moralité douteuse. On est dans de la psychologie appliquée, et donc sensiblement éloigné des teen-dramas habituels.

Et finalement le choix de Winnie Holzman était judicieux. En effet, l’adolescent obèse est victime plus que quiconque des troubles liés à son âge.

L’adolescence, c’est l’âge de l’affirmation de soi. Or comment s’affirmer quand on est obèse ? L’ado subit les railleries du monde extérieur, les pressions de ses parents pour maigrir, alors que dans le même temps peut-être que ce sont eux qui entretiennent son mal être, et donc sa propension à se réfugier dans la nourriture. C’est l’âge où on doit se détacher de ses parents mais où on subit encore leurs lois parfois absurdes :  le parent n’est plus cette personne responsable, l’adolescent s’aperçoit qu’il commet des erreurs lui aussi. Et puis surtout, l’adolescent, en cherchant à s’affirmer, a honte du comportement de ses parents, qui deviennent des « boulets ».

Tout cela est très bien développé dans les intrigues de la série, tout comme le développement psychologique des différents personnages.

Mais l’intérêt de la série, c’est aussi de voir comment la vie sentimentale d’un adolescent obèse se construit lorsqu’il est entouré d’autres personnes comme lui. C’est un fait tragique, mais les jeunes obèses de 18 ans ont  statistiquement 50 % de chances en moins d’être marié à 30 ou 40 ans. Il y a donc là une détresse affective supplémentaire. Dans ce « fat camp », les jeunes ados ont donc l’opportunité de s’épanouir plus facilement, comme c’est dit au tout début de la série  : à l’extérieur ils n’auraient aucune chance, mais ici, c’est différent. Tout le monde a les mêmes problèmes d’apparence (même si certains savent mieux en jouer que d’autres).

Ça explique aussi en partie pourquoi ces jeunes sont plus fragiles, ils ont gardé une certaine innocence qui confère à leurs émois amoureux une émotion réelle au téléspectateur. Certes vous me direz on est sur ABC, donc on nage un peu plus dans les bons sentiments, c’est dans le cahier des charges. Mais tout de même, j’ai vraiment apprécié de voir se développer ces histoires d’amours adolescentes. On touche le vrai, comme à l’époque de My So-Called life. On croit au premier baiser, à ces flirts, à ces jalousies, à ces coups de cœur.

C’est d’autant mieux fait que Winnie Holzman n’a pas oublié que l’adolescence c’est aussi l’âge des secrets. Révéler qui on est, à quoi on pense, ce n’est pas si facile. Choisir à qui se confier, savoir ce qu’est une vraie amitié, encore moins.

Bien sûr, on s’attache très vite à ces personnages très bien écrits. Et évidemment, on aura droit à un joli carré amoureux. C’est d’ailleurs pas évident de construire un carré amoureux « réaliste », mais là encore, chacun est aveugle, noyé par ses sentiments, ou tout simplement refuse de laisser parler son cœur. Le final de la saison clôture très bien ce carré amoureux, car dans un jeu amoureux il y a toujours des perdants.

Si je ne taris pas d’éloges sur le travail avancé en psychologie, je suis néanmoins déçu par l’occasion manquée en matière d’éducation. Ça s’est cependant amélioré selon les épisodes. Mais c’était vraiment le moment pour parler plus en profondeur, car ces ados là sont vite devenus des « modèles ». En effet, j’ai trouvé le contenu assez pauvre, se bornant à expliquer le comportement (problèmes parentaux essentiellement), mais on est rarement sorti d’une victimisation du statut d’obèse et finalement le travail psychologique et le rapport à la nourriture ont été insuffisamment abordés à mon goût (à part l’évidence du réconfort). D’ailleurs le final de la saison le dit clairement : A quoi cela a-t-il servi ? Le but du « fat camp » n’est pas de perdre des kilos mais de moins se détester. C’est joli et vrai mais fortement simplifié face à la complexité de la maladie. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à le penser.

Je le comprends ainsi : la première saison pose la première étape du travail sur soi, il était sans doute trop tôt pour aborder le changement de regard, la diététique, ou le mode de vie des américains. Pour autant j’ai apprécié comment les ados se moquent de l’image du corps à la télévision (la real tv mettant en scène des célibataires à la recherche de l’amour, le business du fitness).

En ce qui concerne l’interprétation de ces acteurs, je les ai trouvé très convaincants. C’est aussi pour eux une manière de se découvrir. Evidemment Nikki Blonsky incarne parfaitement la forte tête, mais elle n’est pas la seule à mériter quelques éloges. La fille de David Hasselhoff, Hayley, ou Harvey Gullisten qui joue le rôle d’Alistair se sont révélés très émouvants. J’espère qu’ils trouveront d’autre rôles à la télévision. Enfin, j’ai été agréablement surpris par Gina Torres (Firefly, Angel), je n’étais pas habitué à la voir dans des rôles sensibles et elle se débrouille plutôt bien dans un rôle difficile, entre la directrice du fat camp qui a des problèmes avec son père, qui doit garder une certaine autorité tout en sachant rester proche et conseiller les ados alors qu’elle-même a du mal à garder sa ligne, acquise de haute lutte, il y avait pourtant là de quoi trébucher.

J’aime beaucoup les propos tenus sur cet article ainsi que les commentaires, révélateurs d’une certaine prise de conscience grâce au show. La preuve de plus que cette série n’est pas une série ordinaire et qu’elle mérite bien mieux que l’indifférence actuelle. Je me demande même si cette indifférence ne cacherait pas l’inconfort ressenti en regardant le show, comme je le disais au début de cet article : voir autant d’obèses à la télé, ça change les repères. Et c’est très bien comme ça. Un teen-show émouvant, réaliste ? Ne cherchez plus.

Alors, même si les audiences ne sont pas bonnes, ou justement parce qu’elles ne sont pas bonnes, Huge mérite d’avoir sa deuxième saison. J’espère vous avoir convaincu sur ses qualités qui n’apparaissent pas forcément à première vue.  Huge décrit parfaitement le bagage émotionnel des ados obèses. Huge, c’est une chance unique de toucher une population sans cesse délaissée, bafouée, ridiculisée. C’est une série humaine, et c’est le plus beaux qualificatif qu’on puisse faire à une fiction.