House, c’était tout ça, et c’était bien plus…

Voilà, c’est fini. House MD aura été pour moi l’une des plus grandes séries américaines. 8 saisons. 1 saison et demi de trop, peut-être. Il n’empêche, je reste aujourd’hui encore admiratif. Le show va terriblement me manquer.

House, pour moi, c’était…

Hugh Laurie. Sans lui, ce show n’aurait tout simplement pas pu exister. Hugh Laurie n’a jamais gagné d’Emmy (une injustice alors qu’il a été nominé presque chaque année) mais il a obtenu deux Golden Globe pour son rôle. Hugh a su trouver la juste mesure entre l’impassibilité et l’indifférence, entre le génie d’un médecin et son immaturité sociale, entre le cynisme et la moquerie, entre la douleur ressentie et celle qu’on ne montre pas. Il a su exceller dans tous les registres, du drame à la comédie, passant de l’un à l’autre avec brio. Grâce à lui, House est devenu l’un des personnages phares de la télévision américaine, une icône des séries télévisées. Acteur britannique talentueux, il s’en est allé chanter (et il s’en sort vraiment bien), en attendant un éventuel retour à la télévision. On croise les doigts.

House c’était… des énigmes médicales de haut niveau. La série a pris en référence Sherlock Holmes, et multiplie les clins d’œil pour les initiés : son appartement (221 Baker Street, Apartment B), son ami (Watson/Wilson), son accointance avec la drogue (la cocaïne/Vicodine), son détachement par rapport à celui qu’il aide, et bien sûr son sens de la déduction et son intuition. Utiliser le diagnostic clinique comme une enquête était une idée en or, et pour ceux qui maitrisent un peu les bases de la médecine, il y avait là un raisonnement cohérent et intellectuellement satisfaisant, même si, fiction oblige, les évènements étaient précipités (les maladies ne se déclenchent pas aussi rapidement), et les outils de diagnostic se confondent rarement avec les traitements (House teste souvent une réaction à un médicament ou à un acte médical pour en faire le diagnostic). La solution viendra souvent lorsque le patient cessera de cacher une portion intime de sa vie. Cela vient bien au delà de la simple anamnèse. Pour découvrir la vérité, House doit être intrusif, enquêter sur les lieux de vie de son patient, bousculer ses idées, le pousser à bout, l’obliger à faire des choix, quitte à détruire une partie de sa vie. Des enquêtes brillantes, House en a eu. J’ai un faible pour les épisodes où House est obligé de faire le diagnostic à distance ou lorsqu’il est confiné dans un environnement sans aucun outil de diagnostic moderne. Et puis, même si le Lupus est un diagnostic souvent évoqué (mais rarement vérifié), la vérité va parfois chercher très loin, comme l’épisode avec Mira Sorvino, où la station allongée/debout explique la variation des résultats (idée que j’ai trouvé ébouriffante).

House c’était… des épisodes à la qualité d’écriture inégalée. Tout le monde citera bien sûr Three Stories (1.21), premier grand choc de la série, le duo euphoria (2.21-22) pour une contamination de l’équipe et un verdict improbable, One Day One Room (3.12) où le cas bien banal en apparence d’une jeune femme ayant une MST va finir en discussion éthique et théologique, Airborne (3.18) avec House dans un avion, ou des moments parodiques comme l’hommage à Survivor au début de la saison 4 pour sélectionner la prochaine équipe, ou d’autres épisodes comme Frozen (4.11) pour une conversation avec le pôle sud, le duo House’s head / Wilson’s heart (4.15-4.16) après le crash d’un bus, Last Resort (5.09) pour une prise d’otage intense, Locked in (5.19) pour le point de vue d’un patient enfermé dans son corps, Under my skin où House hallucine (5.23) et sa solution en (5.24), le début de la sixième saison où House est en asile psychiatrique (6.01-6.02), le point de vue de Cuddy et le financement des hôpitaux dans 5 to 9 (6.14), Help me (6.22) où House se bat pour sauver une personne d’une catastrophe, Two Stories (7.13) où House raconte une histoire en classe, …

House c’était… des dialogues jouissifs . Les répliques de House sont un pur bohneur pour les amateurs de citations comme moi, alors juste pour le plaisir, en voici quelques unes :

House: I saved his life. That means I get credit for every life he saves from here on out.

House: When guys have brain/crotch problems, it’s usually the result of using one too much and the other too little.

Stacy: You have been hiding things and lying to me all day.
House: I didn’t lie to you about anything…except the things I admitted to you I was lying about.

House: These procedures would be so much easier if you could do them on healthy people

Robert: I’m not buying into no racist drug, okay?
House: It’s racist because it helps black people more than white people? Well, on behalf of my peeps, let me say, thanks for dying on principle for us

House: Don’t try to talk. You’ve got a big medical thing in your mouth.

Mandi: Is there something else you can give me (for my cat)?
House: Well, you live by the river – I’ve got a bag

House: You probably shouldn’t have sex for a while.
Hailey: For how long?
House: On an evolutionary basis, I’d recommend…forever

House: In actuality, all your little girl is doing…is saying « Yoo hoo to the who-who. »
Claire: She’s what?
House: « Marching the penguin. » (Claire ne comprend pas) « Ya-yaing the Sisterhood. » « Finding Nemo. » (Grace giggles) Liked that one.
Claire: Are you saying that my daughter (elle couvre les oreilles de son enfant) is masturbating?
House: I was trying to be discreet–there’s a child in the room!

House (à une fille): I don’t think that your mother is suffering from PMS. I think she’s more likely suffering from SAC.
Asian Girl: What’s that stand for?
House: Stupid American Child. If you need birth control pills, go to one of those free clinics.

Hannah: I’ve got the plague?
House: Don’t worry, it’s treatable. Being a bitch, though…nothing we can do about that.

Dr. Foreman: House! You can’t do this!
House: If I had a nickel for every time someone said that.

Dr. Foreman: It’s the perfect marriage – there’s nothing to fight about if you never talk about anything

Dr. Cuddy: Teenage supermodel. Presented with double vision, sudden aggressive behavior, cataplexy…
House: You had me at “teenage supermodel”

House: Get me out of this and I’ll tell you who started the rumor about you being a transsexual.
Dr. Cuddy: There is no such rumor.
House: There will be…unless you get me out of this dinner
(l’actrice qui interprète Cuddy a joué une transsexuelle dans Ally Mc Beal)

Dr. Cuddy: (à House) I can’t even imagine the backward logic you used to rationalize shooting a corpse.
House: Well if I shot a live person there’s a lot more paperwork

House: Is it still illegal to perform an autopsy on a living person?
Dr. Cuddy: Are you high?
House: If it’s Tuesday, I’m wasted.
Dr. Cuddy: It’s Wednesday.

(parlant à un journaliste au téléphone)
House: In my opinion, Dr. Sebastian Charles is an idiot. Yeah, you can quote me. C-U-D-D-Y

Dr. Chase: Melinda’s dying.
House: We’re all dying. How fast?

House: Everything sucks. Might as well find something to smile about.

Dr. Wilson: He cures thousands of people every year, you cure, what? Thirty?
House: McDonald’s makes a better hamburger than your mother because they make more?
Dr. Wilson: Oh, I see! So you hate him because the lives he saves aren’t as good as the lives you save.
House: Yup, that’s the reason. Nobel invented dynamite. I won’t accept his blood money.

House: Tonight – ”L” Word marathon.
Dr. Wilson: You watch The “L” Word?
House: On mute

Dr. Wilson: Being miserable doesn’t make you better than anyone else, House. It just makes you miserable

House : I’m a jerk to everyone. Best way to protect yourself from lawsuits

House (après avoir découvert que son patient dissimulait un lecteur mp3 dans le derrière) : « Okay. It’s 3 o’clock, I’m off. Could you tell Dr. Cuddy there’s a patient in exam room 2 that needs her attention? And the RIAA wants her to check for illegal downloads.

House c’était… avant tout des thématiques encore trop oubliées par les autres séries médicales, comme la relation patient/médecin, où le patient n’est plus en position de victime mais de coupable, un renversement idéologique à contre-courant de la pensée dominante et qui fait un bien fou en rétablissant quelques vérités. Il n’y a pas que le célèbre « Everybody Lies », mais la question du rapport de force, la question de l’objectivité d’un médecin quand il connaît trop un patient, son efficience, son implication, et pour finir son éthique. C’est en quelque sorte un contour on ne peut plus sévère mais juste de la diversité de la profession médicale, de sa déontologie à son savoir-faire, de la mise en avant de son art à sa personnalité. On est loin des cas de conscience des autres séries, où l’arbitrage est faussé par les évènements. Loin aussi de l’idéalisme d’Urgences ou du discours creux des créations de Shonda Rhimes. House travaille sur le raisonnement, sur la logique, sur les faits. L’émotion vient du conflit de ces valeurs, de la valeur d’une vie, de ses croyances, de son comportement – à risque ou non. House est athé, parce que pour lui la science est une énigme, pas la foi. C’est un discours combatif sur la moralité qui ne doit jamais se personnifier. Ce qui doit compter, au final, c’est le résultat, pas l’attitude du personnage. La leçon de l’histoire : Mieux vaudrait un médecin compétent mais sans empathie qu’un gentil médecin qui verse dans le compassionnel mais ne donnera pas toutes ses chances à son patient. Mais dans la réalité, qui en voudrait ? La douleur, l’angoisse demandent aussi à être soulagées. Si vous allez chez le médecin c’est parfois même uniquement dans ce but. On cherche la solution la plus courte, la plus rapide, pour oublier notre mortalité, oublier notre corps, son équilibre précaire et l’injustice dans nos gênes. On ne veut pas de leçon sur notre façon de vivre, et ce médecin pose le doigt sur nos contradictions.

House c’était… un formula show avec ses défauts et ses qualités. Il n’était pas facile de se tenir à cette formule, rythmée par les symptômes qui s’enchaînent et les choix médicaux difficiles. Mais la série a su maintenir son exceptionnel niveau d’écriture pendant 6 saisons, avant de pêcher par manque d’originalité. Le choix qui restait à faire – celui d’emprunter la voie du soap pour prolonger la série – n’était pas le bon, rétrospectivement. Mais c’était aussi parce qu’il cassait l’équilibre jusqu’alors harmonieux entre notre héros, la manager, et son ami. Je n’ai jamais été pro-Cuddy, et j’en veux toujours aux scénaristes d’avoir lâchement abandonné Cameron au profit de sous-intrigues pour Thirteen, parce que son interprète bénéficiait d’une meilleure image à l’époque. Cameron apportait une contradiction morale au show, avec un sens de l’empathie dont l’origine se puisait dans le remords et la culpabilité, ce qui à mon sens était bien plus profond (mais certes moins vendeur) qu’une malade de Huntington bisexuelle, qui n’apportait que compassion ou voyeurisme. On regrettera donc certains départs, comme Amber (Anne Dudek) personnage brillant et charismatique, opposant une certaine résistance à House, ou Masters, interprété par Amber Tamblyn, et son interprétation figée de l’éthique. Pour la fin de la série, il ne restait donc plus qu’à recentrer l’histoire sur Wilson, ce qui fut fait de manière convaincante, à défaut d’être brillante.

Oui, House va me manquer. Et à chaque fois qu’une grande série quitte le paysage audiovisuel (comme Lost), j’ai peur de ne jamais retrouver de fiction à la hauteur. En tous cas, pour remplacer House dans mon cœur de sériephile, ça sera impossible.

La crème des répliques de l’année 2010 (première partie)

Avant de célébrer la venue de l’année téléphagique 2011, il faut d’abord jeter un coup d’œil sur l’année passée. Je sais que les bilans sont légions chez les amateurs, et j’espère ne pas vous ennuyer quand viendra le mien un de ces jours.

Mais en attendant j’avais envie de vous faire partager les meilleures répliques de l’année passée. Vous ne l’avez peut-être pas encore remarqué, mais je suis un peu – beaucoup – obsédé par les répliques des séries. Une réplique bien sentie, bien amenée, montre un grand travail d’écriture. Ça explique d’ailleurs pourquoi j’apprécie les séries qui balancent beaucoup de vannes. Les ténors du genre ont malheureusement peu à peu disparu du petit écran, que ce soient des sitcoms ou des dramas. (Je ne vais pas faire de liste rassurez-vous).

Heureusement, cette année, quelques séries ont encore su tirer leur épingle du jeu. Et je me suis dit que le meilleur moyen de se rappeler de l’année en cours (en sus d’un bilan) c’était de faire un petit récapitulatif des répliques marquantes.

D’avance je m’excuse pour les allergiques du genre, mais j’ai du mal à limiter mon choix à quelques répliques. Vous aurez donc droit à quelques (longs)  articles de ce style d’ici le 31 Décembre. J’espère que vous prendrez le temps de les lire et que vous pourrez les savourer comme moi j’ai pris plaisir à les sélectionner. Notez bien que pour des raisons de longueur, j’ai préféré les garder en v.o. (et puis je suppose que vous êtes tous des anglophiles désormais).

On commence tout d’abord avec les meilleures répliques de House :

7.07

Masters: Julie doesn’t have smallpox.
House: Did I just dream the part where I finally agreed it was smallpox? Well, if what I thought was reality was actually a dream, then the reverse… oh, my God, I had a threesome with Beyonce and Lady Gaga

7.06

Masters: It’s my favorite constant.
House: She’s like the Internet with breasts. Oh, no, wait–the Internet has breasts

7.05

Dr. Cuddy: You’ll figure something out. The two of you have a combined IQ north of 300
House: That’s also true of five morons.

7.04

House: The principle is she’s being irrational. If I give in on this, it sets the stage for the whole relationship.
Dr. Wilson: Putting up with irrationality is the foundation of every relationship

Dr. Cuddy: Let’s stay at my place tonight, okay?
House: Will you get cable?
Dr. Cuddy: No.
House: Then we’ll have to have more sex.
Dr. Cuddy: Okay

6.16

Nash: You’re Dr. House, aren’t you?
House: Oh, God, don’t tell me we used to date.

(reading House’s confidential files)
Taub: Look at this one. Patient lost four liters of blood from a botched… penisectomy.
Dr. Foreman: On a patient named Lisa Cuddy? Damn it. They’re all named Lisa Cuddy.
Taub: He’s not even here and he’s screwing with us.

6.13

Dr. Cuddy: They should be pressuring other hospitals to be more like us, not trying to make us more like them. It’s stupid.
House: Putting your job on the line in an effort to stamp out stupidity isn’t?
Dr. Cuddy: You would.
House: Probably. But then I also wanted to try and cure cancer by infecting a guy with malaria to win a $50 bet. You really want to be like me?

6.12

House: Hey, I don’t care where an idea comes from, as long as it makes sense and embarrasses someone

6.11

Taub: If I ask why we’re in Wilson’s office, is there any chance I’ll get a straight answer?
House: Try it! Try it!

House: In the great game of chess that is our relationship, Wilson sees only one move ahead. I see dozens. That is why he will never mate me. (everyone stares) That’s a chess term.

6.10

House: I heard that you think Wilson and I like to polish each other’s swords. And by swords, I mean… pistols.

Même si les répliques de House ont un peu perdu de leur impact au fil des saisons, je trouve que la série conserve tout de même sa dose de piquant.

On continue avec les meilleures répliques de Raising Hope, la vraie bonne surprise de cette nouvelle saison. Encore peu d’épisodes mais déjà quelques répliques bien senties.

1.10

Burt: Babies are cool… until you’ve done everything there’s to do with them, then you get bored. That’s why TV shows about babies never last more than a year.

1.09

Virginia: (to Jimmy) I’m allowed to criticize you. I made you. You’re my mistake

1.07

Burt: Slow down there Jimmy. Do you even know what the hell you are doing?
Virginia: Of course he knows what he’s doing Burt. It’s a computer, not a condom.

1.04

Sabrina: Your house has a lot of cool stuff in it. Who plays the piano?
Jimmy: Pretty much anybody who is trying to get on somebody’s nerves.

1.02

Jimmy: Hey, I thought I talked to you about this. You can’t smoke around the baby.
Virginia: Jimmy, smoke rises. She’s not gonna be tall enough to breath it for a long time.

Alors, lesquelles sont vos préférées parmi cette sélection ?

Les affiches promotionnelles de House

Vous le savez sans doute, je suis un très grand fan de la série. Alors que j’attends avec impatience le premier épisode de la nouvelle saison de House, j’avais juste envie de faire un petit panorama des meilleures images promotionnelles de la série.

Il y a celles qui sont centrées sur la médecine :

Le logo déformé :

Mais il y a aussi celles sur les organes :

D’autres sont centrées sur l’addiction à la vicodine de ce cher Gregory :

D’autres sur son humour et son caractère sarcastique :

Son côté démonstratif aussi :

Mais pour pas mal d’entre elles ce sont désormais les états d’âme de ce médecin :

Ils ont même essayé des affiches délirantes, mais je suis moins fan (on dirait que c’est la tendance, faire des promos de groupe hors de leur contexte, comme par exemple big bang theory) :

ou alors un côté friends :

Si jamais vous n’étiez pas convaincus, House rocks !

Séries en DVD : coup de gueule

Il était temps que je parle un peu d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur : les coffrets DVD de séries. J’en possède moi-même de quoi tapisser plusieurs murs, donc à force…

Le prix :

J’ai le souvenir des premières éditions de séries en DVD. A l’époque, le DVD c’était pour le 7ème art, qui voudrait payer pour ce qu’il peut voir chez lui ? Après les premiers coffrets de série en cassette vidéo (les premières saisons d’X-Files, superbes, mais encombrantes) sont sorties les premières séries en DVD. Ô joie, pour tous les sériephiles du monde entier : l’heure de la VOST avait enfin sonné. Bien sûr le phénomène débuta aux USA, et bien avant la sortie en France, par exemple, paraissait là-bas un coffret DVD réunissant quelques épisodes d’Ally Mc Beal. La compression vidéo n’était pas terrible, mais c’était déjà ça. C’était cher, très cher. Quand le phénomène a débarqué en France, les sériephiles étaient des vaches à lait (parfois pas loin de 90 euros une saison). Il aura fallu un temps fou avant que les coffrets ne deviennent abordables, grâce à la popularisation des séries. Pour s’en sortir, il y a des éditions belges, ou des éditions zone 1 ou zone 2. Mais de nos jours, le média pourtant largement rentabilisé, reste tout de même un peu cher. Faut-il attendre des coffrets intégrales (qui ne sont pas sûres de paraître un jour) ?

La qualité visuelle :

Lorsque la première saison de Buffy the Vampire Slayer est sortie, l’image était pour le moins granuleuse. C’était assez compréhensible : c’était la faute aux masters. Depuis, les éditions DVD nous ont gratifié de superbes images, au point que la lecture de revues comme Les Années Laser ne servaient plus à grand chose. Mais de nos jours, il y a encore des séries récentes qui sortent avec une image scandaleusement granuleuse. Chuck, par exemple, est difficilement regardable. Pire encore que l’emploi de masters douteux, pour des histoires de marge, on compresse de plus en plus d’épisodes sur un DVD.

Les sous-titres :

Du temps de la pénurie d’éditions zone 2, les zone 1 regorgeaient de sous-titres VF (voire de VF, parfois québecoises). Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il devient même de plus en plus difficile de savoir si une édition comprend des sous-titres (VO ou VF), vu qu’il y a un grand décalage entre ce qui est annoncé officiellement et ce que l’on a finalement. C’est parfois à notre avantage : par exemple, Once and again en zone 1 a des sous-titres anglais alors qu’ils n’en font pas mention. Très souvent, les bonus ne sont pas sous-titrés. Et ne comptez pas sur les éditions zone 2 UK pour trouver vos séries inédites : elles ont tout simplement banni les sous-titres VF, voire même VO.

Pire, les éditions zone 2 diminuent dans le choix des sous-titres. Les amateurs de VOSTA peuvent ronger leurs ongles, c’est bien souvent VOSTF ou rien.

Tout le bénéfice des dvds est en train de partir peu à peu. Où est l’intérêt du DVD par rapport à une cassette vidéo ? Mais je vais y revenir.

Le packaging :

Alors là, ils ont fait très fort. Tout sériphile a probablement commencé la collection d’une série, saison par saison. Mais non malheureux, qu’as tu donc fait ! Avant d’atteindre le dernier coffret, le packaging aura changé 1 à 2 fois de taille (de gros-normal-mince, merci Alias), 1 fois de logo (Merci 24), quand c’est pas tout simplement des éditions de saisons complètes puis de moitié de saisons puis de saisons complètes (merci Ally Mc Beal).Ah les moitiés de saison, un grand classique. Tout est bon pour nous faire payer plus cher.Et à la fin bien sûr, le marketing vous proposera des intégrales que l’on rééditera chaque année dans des éditions de plus en plus moches (boîte à chaussure). Exemples types : l’édition limitée de Buffy devenue introuvable remplacée par un carton noir hideux, ou les éditions intégrale de Friends d’abord classe en noir, puis en vert (yeurk !).

Les sorties qu’on attend toujours :

Mais le plus rageant, au fond, c’est de ne pas avoir accès à ce qu’on nous a promis.

C’est plus rare du côté américain, mais ça existe.

J’attends toujours la saison 3 d’Once and Again (la dernière). Tout était prévu : le packaging, 5 dvds, des commentaires de Sela Ward ont été enregistrés, même un bétisier. Et rien, malgré les pétitions des fans. Ca devait sortir en 2005. Entre temps même la série Thirtysomething est sortie. Vous imaginez même pas la frustration alors que c’est ma série préférée of all time. Il suffit de lire un commentaire sur amazon pour comprendre :

For ‘Once and Again‘, the third and final season is the pinnacle. If a single season of a single television series ever deserved immortality on DVD, it is this one. I’ve been dreaming of it for six years.

Mais évidemment c’est du côté français que se situe les plus grandes lacunes erreurs commerciales. La France est le seul pays à avoir arrêté l’édition DVD de Frasier et de Cheers en saison 4.  Pas de sous-titres en zone 1 ni en zone 2 UK, donc impossibilité pour les français d’avoir accès à la suite de 2 des meilleures sitcoms au monde.

J’ai failli faire un plaidoyer pour Code Quantum, qui est sorti en intégralité aux USA il y a de cela plusieurs années. Mais il s’avère qu’une saison 3 va enfin sortir chez nous fin juin (la saison 1 était sorti chez nous en 2006, ils sont vraiment pas pressés). Pas de bol, j’attends la 5è dernière saison en zone 2 fr, seul moyen d’avoir des sous-titres puisque cette saison n’en dispose pas en zone 1. Il est probable que je l’aurai en 2014 à ce train là, s’ils sortent encore des dvds d’ici là.

On continue ? J’attends toujours la suite de The Practice, et la deuxième saison de Pushing daisies. Ca serait aussi sympa de nous proposer l’intégrale de Firefly (même si heureusement le zone 1 a des sous-titres).

Des bonus qui disparaissent :

Depuis quelques mois les éditions DVD deviennent de plus en plus pauvres en bonus. Une restriction imposée pour faire vendre du bluray, qui obtient ainsi un avantage substantiel par rapport au DVD. Et une autre manière aussi d’augmenter les marges.

Des exclusivités anti-concurrentielles :

Ca avait commencé avec des éditions spéciales contenant des bonus particuliers et un packaging amélioré (Heroes édition FNAC). Ca continue de nos jours avec the big bang theory disponible uniquement à la FNAC pour un prix scandaleux (merci la zone 1 vostf, ouf !)

Le zonage :

Cette limitation culturelle, à l’heure d’internet, a toujours été pour moi injustifiable. La mondialisation ne concernerait pas les biens culturels ? Pourquoi donc ?

Qui peut décider du partage culturel du monde ? Pourquoi le zonage bluray nous met dans la même zone culturelle que l’Afrique (le zonage DVD nous mettait avec le Japon). ? Pourquoi sommes nous à ce point considérés commes un tiers monde culturel par les majors ? Au delà, bien sûr, c’est aussi la question des droits dans les différents pays : a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? Internet a permis un accès culturel multi-ethnique sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Restreindre cet accès culturel, dans un but purement mercantile, c’est restreindre notre capacité à comprendre l’Autre.

Il est quand même fou que le dézonage soit de plus en plus difficile (merci les bluray !), et que nous fermions les yeux aussi facilement.

Et les séries asiatiques alors ?

Les DVDs asiatiques, en France, sont encore une niche. L’édition cinématographique a lancé de belles vagues, mais depuis plus d’un an, il n’y a plus grand chose d’intéressant. J’ai pourtant cru à un moment donné à autre chose que des films d’art et d’essai et des films d’action, mais l’espoir est mort désormais. De plus, il serait temps qu’on arrête de cantonner les fictions asiatiques dans les animes. Quand on connaît la richesse télévisuelle du Japon et de la Corée du Sud, ça fait mal de se dire que pour l’instant une seule série a été éditée chez nous (Damo). On parlait de zonage culturel, tout à l’heure  il me semble ?

A quand Coffee prince, Alone in love, Flowers for my life ou Story of a man ? A quand Summer Snow, Last Friends, Nodame Cantabile ou Densha Otoko ?

Et les bluray maintenant ?

Alors que vous venez de vous constituer une jolie dvdthèque, voilà qu’on essaye de vous refourguer un nouveau support. Que l’on ne me parle pas de qualité, le but est de revendre une énième fois les mêmes catalogues des majors. Tant qu’on empêche pas un dvd de sortir avec le même contenu, ça ne me pose pas de problèmes, mais ces derniers temps ce n’est plus le cas, comme je l’expliquais plus haut. Le bluray n’apporte rien de plus que le dvd, à part une meilleure image. Pire, il restreint encore plus notre liberté culturelle (cf dézonage). C’est vraiment scandaleux de forcer les gens à changer de support, simplement par appât du gain.

La dématérialisation du support

Et alors qu’on essaye d’imposer le bluray dans les foyers, voilà qu’une autre arme de consommation massive arrive à nos portes : le contenu dématérialisé, qui disparait après visionnage. Le fast-food chez soi. Sauf que les tarifs pratiqués ont de quoi refroidir : aussi cher qu’un coffret DVD, qui lui au moins reste chez vous, et est visionnable autant de fois que l’on veut et à tout moment. Aussitôt vu, aussitôt oublié, aussitôt prêt à redépenser ?