Bilan détaillé de la saison américaine 2013-2014

Après les statistiques la semaine dernière, voici donc un bilan moins axé sur les chiffres, pour détailler mes impressions sur la saison américaine écoulée. Et comme la saison passée, je vais donc vous parler des nouveautés marquantes, des séries que j’ai du lâcher, et des nouvelles saisons de séries déjà installées dans le paysage.

Je ne vais pas vous parler des séries aux pilotes décourageants, mais plutôt me focaliser sur celles entamées ou terminées. Avec un petit mot sur la fin d’ How i met your mother et les quelques épisodes de Mentalist vus cette saison. A noter : vu le planning de diffusion et la date arrêtée de ce bilan, Devious Maids, 24 et Crisis ne sont pas jugées sur leur saison complète.

I/ Les nouvelles séries :

Kirstie, Getting on, Betrayal, Lucky 7, Sleepy Hollow, Marvel’s Agents of SHIELD, Mom, The Blacklist, Masters of Sex, Once upon a time in wonderland, Ground Floor, Helix, True Detective,Rake, Black Sails, Growing Up Fisher, Mixology, From Dusk Till Dawn, Resurrection, Crisis, Silicon Valley, Fargo, Review, Orange is the new Black

 

à l’honneur :

getting on

Getting On (♥♥♥♥♥) Il y a de quoi être scotché par l’acuité du regard sur la prise en charge des personnes âgées. De la maltraitance ordinaire aux problèmes de mixité (et le choc culturel pour des personnes âgées racistes ou homophobes), en passant par la mise en place de charte éthique destinées à donner bonne conscience au personnel, la protocolisation excessive, le burn-out, les conflits d’égo… toute l’hypocrisie du système est dénoncée avec force (et surtout le politiquement correct !) tout en poussant le téléspectateur à rire jaune. La série dérive un peu vers le mockumentary avec ses personnages qui nient leur propre comportement, et assume ses gags féroces. Elle reste sans doute possible la fiction la plus intéressante de l’année, avec un propos qui oblige à ouvrir les yeux sur la façon dont nous traitons nos aînés. Dérangeant et jubilatoire.

rake

Rake (♥♥♥♥) Greg Kinnear incarne à merveille cet avocat qui ne défend que des criminels, véritable séducteur narcissique, qui s’en prend plein la figure pendant 12 épisodes (en fait 13, mais la série a été remaniée par la FOX). Il n’est pas un homme brillant comme l’était House, il se rattrape aux branches comme il peut. Mais réduire la série à son personnage principal serait commettre une grave erreur. Rake a un univers extrêmement bien écrit, cohérent, avec de multiples personnages dont les vies s’entrecroisent. Je n’avais pas vu une telle maestria dans le rythme et les rebondissements depuis fort longtemps. De quoi pardonner des intrigues judiciaires un peu simplistes. C’est drôle, bourré d’excellentes répliques, réellement feuilletonnant, et Rake résume assez bien ce que je demande à une série de network. Je ne comprends toujours pas pourquoi le public l’a boudé. Et je suis forcément très déçu par son annulation. Il ne me reste plus qu’à me tourner vers la série australienne originelle, mais je pense que Peter Tolan apportait un réel plus dans la version américaine. Comme j’aime à dire : millimétrée, mais pas formatée.

fargo

Fargo (♥♥♥♥) Adaptation télévisuelle de l’univers du film éponyme, Fargo est un petit bijou d’humour décalé fait de tueries sanglantes, de monologues étonnants et de personnages irrésistibles. La prestation des acteurs est sensationnelle, le casting grandiose (y compris des guests triple A), et la mise en scène se fait clairement plaisir pour appuyer soit l’action soit l’humour en arrière plan. C’est bien simple, de ce point de vue, mis à part True Detective, j’ai pas vu mieux cette saison.  La série arrive à être émouvante tout en offrant une leçon de vie au spectateur. Même la fin est délicieusement ironique. Mes seuls regrets iront à l’encontre de quelques rares épisodes un peu longuets qui se contentent de délayer le développement, mais Fargo est une telle réussite qu’on ne peut s’empêcher de demander une suite.

orange is the new black

Orange is the New Black (♥♥♥♥) Cette comédie dans l’univers carcéral féminin réussit à être touchante, en évoquant les trahisons, vengeances, bouderies, histoires d’amour ou de désir de ses personnages charismatiques. C’est surtout très bien dosé, ne versant jamais dans le manichéisme. Les épisodes sont parfaitement rythmés et on prend plaisir à découvrir et à voir évoluer non seulement les prisonnières mais aussi les gardiens (sacré Pornstache !). De l’humour, de l’émotion, que demander de plus ? Et si la seconde saison n’est pas aussi bonne que la première (un peu redondante, et manquant de nouveaux personnages), elle réussit à être aussi captivante.

 

les coups de cœur :

masters of sex

Masters of Sex (♥♥♥) Détaillant les recherches expérimentales sur le sexe dans les années 60, Masters of Sex avait un sujet en or et bon nombre d’obstacles à éviter. C’est un quasi sans-faute. En cherchant à séparer le sexe de l’amour, nos brillants scientifiques vont s’apercevoir… de leur formidable intrication. Même si d’un point de vue sociologique la série est en avance sur la période décrite, on ne peut que saluer cet hymne à la libération des mœurs. Le récit n’est jamais détaché, il va au fond des problématiques de ses personnages, et se révèle extrêmement touchant. J’ai juste un peu d’appréhension pour la suite, car à force d’écrire des rôles pionniers, on court le risque d’une caricature, d’un chevalier blanc du progrès, et Virginia s’en approche dangereusement.

review comedy central

Review (with Forrest Mc Neil) (♥♥♥) Tout simplement la meilleure comédie single-camera de l’année. Dans cette adaptation d’une série australienne, un animateur de télévision décide de faire la critique de la vie elle-même. Que ressent-on lorsque l’on vole les autres, quand on part dans l’espace, quand on sort avec une célébrité, quand on mange trop,… ? Si l’absurdité des questions et le dévouement de l’animateur font sourire, la série va pourtant prendre des accents de plus en plus féroces, détournant les codes de la real-tv pour en montrer les limites : notre animateur va ainsi progressivement perdre sa femme, sa famille, son job…On pourrait croire à une suite de sketchs, mais chaque review a ses conséquences, qui se voient sur la suivante. C’est diaboliquement malin, et très bien écrit. Mais c’est surtout très drôle, alors que je suis pourtant hostile aux mockumentarys. Peut-être parce qu’au delà de l’humiliation et de la sympathie envers le personnage principal (qui sont les piliers du genre), j’ai trouvé ma dose de délire, avec de vrais gags créatifs. Immanquable.

True Detective

True Detective (♥♥♥) On s’étonnera peut-être du fait que la série ne soit pas davantage à l’honneur dans mes colonnes. True detective fut réellement passionnante lorsqu’elle opposait les deux visions de nos policiers, avec notamment un discours nihiliste déstabilisant. De quoi être un poil déçu lorsque la fin opte pour une simple lutte du bien contre le mal. Et si la réalisation, le jeu d’acteurs fut de haute volée (comment ne pas oublier le magnifique plan-séquence), j’ai encore en mémoire de gros passages à vide dans la narration et je déplore la faiblesse de son intrigue policière. Mais True Detective restera une œuvre majeure de la télévision, un sujet de réflexion fascinant, avec de vrais moments de grâce, vus nulle part ailleurs.

from dusk till dawn

From Dusk Till Dawn (♥♥♥) L’adaptation du film éponyme ne sera certes pas pour tout le monde, mais les amateurs de films d’action des années 90, de série B décalée, voire de série Z seront aux anges. Rarement d’ailleurs je n’aurai vu une série glisser ainsi de ton en ton : du sérieux grandiloquent au second degré assumé. Avec ses références en pop-culture à tous les étages, parvenue à son milieu de saison, la série enchaîne les clins d’œil et se fait plaisir. Jusqu’au moment où le mauvais goût des effets spéciaux, l’incohérence des personnages achève le tout dans une bouillie indigeste. Tellement nul que ça en devient jouissif. Peu d’œuvres m’auront autant marqué cette année.

kirstie

Kirstie (♥♥♥) En grand amateur de sitcoms traditionnelles, j’ai eu l’immense bonheur de retrouver non seulement les gloires du passé, mais cet esprit théâtral, ses répliques juteuses, sa rythmique si singulière. Je n’y croyais plus. La série enchaîne les épisodes moyens avec d’autres carrément prodigieux, et la cohorte de guests et de clins d’œil donne un aspect nostalgique réjouissant. Évidemment nous ne retrouverons jamais un Frasier à l’antenne, mais ça fait plaisir de voir que ces mécaniques fonctionnent encore, contrairement à ce que beaucoup de critiques essayent de nous faire croire.

lucky 7

Lucky 7 (♥♥♥) Je n’ai pas eu le temps de voir si la série aurait pu maintenir son niveau (la chaîne n’ayant diffusé que 2 malheureux épisodes), mais je tenais à mettre en avant l’originalité de son concept. A l’heure où les thrillers, séries fantastiques et policières raflent la mise, j’ai particulièrement apprécié ce ton plus posé. Des individus voient leur vie bouleversée après un gain à la loterie. En mélangeant secrets, drames personnels, intimes, nous sommes davantage dans l’esprit des séries des décennies passées avec des considérations soit plus terre-à-terre (retrouver l’amour de son mari) soit beaucoup moins ambitieuses (un hold-up minimaliste), mais qui ont des vraies conséquences pour nos personnages. Et surtout la série n’a pas son lot de mannequins, ne tombe pas dans la caricature de son sujet, et reste profondément humaine : l’argent rend-il lâche ?

 

de passable à médiocre :

Mixology

Mixology (♥♥) Je serai passé à peu près par tous les sentiments avec cette comédie romantique qui raconte une soirée unique dans un bar où des célibataires se draguent. D’abord, la curiosité : ça pourrait donner quelque chose de délicieusement délirant, avec ces couples qui se font et se défont à la minute. Ensuite, l’agacement : on aurait peut-être pu éviter les lourdingues de service qui se prennent râteau sur râteau, non ? Et puis, l’étonnement : quelques bons gags disséminés parmi quelques calamités, et un casting qui devient de plus en plus sympathique. Enfin, la joie : le show arrive à donner une bonne alchimie à certains couples, et la fin est prodigieusement bien plus fine que certaines séquences initiales. Au final, malgré des premiers épisodes en roue libre, la série aura su marquer son empreinte cette année, arrivant à surclasser (de peu, mais quand même) la série de Chuck Lorre. Malheureusement, l’expérience ne sera pas renouvelée la saison prochaine. Merci ABC !

blacksails

Black Sails (♥♥) Une série sur les pirates, vous signez de suite ? Moi aussi ! Malheureusement si les séquences en mer sont remarquables, les auteurs ont choisi de nous faire passer beaucoup trop de temps sur la terre ferme, avec des enjeux et des personnages inégaux. En clair, ça bavasse, ça bavasse, et l’humour du pilote a presque disparu. Heureusement, au bout de longs moments d’attente, ça bouge un peu et la plupart des twists sont à la hauteur. Mais on ne m’ôtera pas l’idée que nous sommes passés à côté de quelque chose d’épique.

mom

Mom (♥♥) Faire une sitcom sur l’addiction n’est pas chose aisée. Mais avec son casting fabuleux (Allison Janney en tête) la comédie arrive à être tout à la fois : légère, simple, émouvante. Alors bien sûr, ça manque encore de finition sur les réparties, et sur la finesse des gags, mais on éprouve très vite de la sympathie pour tout ce petit monde. Ça n’a certes pas le même potentiel que Big Bang Theory, mais avec de meilleurs auteurs, la série pourrait vraiment aller plus loin. Tout est là, maintenant, au boulot !

marvels agents of shield

Marvel’s Agents of SHIELD (♥♥) Cette nouvelle adaptation de l’univers Marvel aura fait couler beaucoup d’encre. Au départ elle est plutôt générique, avec ses répliques beaucoup trop formatées pour être efficaces, avec ses scénarii basiques montrant deux pauvres effets spéciaux en duel, en l’absence de personnages charismatiques et – pire encore – d’enjeux intéressants. J’ai bien failli lâcher l’affaire, car faire des clins d’œil à l’univers ne me suffisait pas : je voulais une histoire, l’évolution de personnages, quelques mystères, et le sentiment que tout pouvait arriver sur mon petit écran. Il aura fallu attendre le derniers tiers de la saison (et un énorme twist) pour assister à la renaissance de la série. En un instant, les dialogues ne sont plus minimalistes, on commence à s’attacher aux personnages jusque là trop simplistes, la série trouve son humour, son rythme… Miraculeux. Always trust the Whedon. Always.

RESURRECTION

Resurrection (♥♥) Résurrection, c’est un peu l’inverse du parcours d »Agents of SHIELD. J’ai d’abord été charmé par son rythme lent et l’envie de laisser parler l’émotion de nos personnages qui retrouvent leurs défunts « vivants ». Mais si des questions sont laissées en suspense autour de cet évènement, il n’y a rien d’autre pour faire monter durablement la sauce et on a alors progressivement la désagréable sensation de ne pas savoir où on va. Pire, la fin ne répond à rien, et se contente d’ajouter quelques interrogations supplémentaires. Bref, l’émotion était parfois là, mais le fil de l’intrigue laisse clairement à désirer. Il va falloir revoir tout ça en seconde saison.

silicon valley

Silicon Valley (♥♥) Avec son univers de nerds, sa critique du marketing informatique, son discours inspiré sur la futilité de l’innovation technologique, et l’asociabilité de nos héros, la série aurait pu finir plus haut sur le podium. Hélas, il faut se taper une bonne douzaine de blagues gerbantes situées en dessous de la ceinture, et sur la fin elle se retrouve extrêmement prévisible et « facile ». Je lui demandais juste de trouver un moyen original et crédible pour que la firme surmonte ses obstacles, et on me sort du chapeau un code écrit seul la nuit, alors que ça fait des mois que toute une équipe planche dessus… Mais l’annonce des prochains obstacles (saison 2) donne bien envie. Et je regrette profondément la mort de l’acteur qui incarnait Gavin. Sa prestation était impressionnante.

once upon a time in wonderland

Once Upon a time in Wonderland (♥♥) Le spin-off d’Once Upon a time partait sur une bonne idée : explorer Wonderland, le monde d’Alice, envahi par Jafar. Malheureusement Alice et son amoureux sont unidimensionnels et manquent de charisme. Il faudra tester sa patience avant que les personnages secondaires, nettement plus intéressants, ne se réveillent. La série peut alors prendre des accents plus émouvants, plus drôles, et se révéler imprévisible. Mais les ignobles effets spéciaux viennent encore trop souvent gâcher la fête. Et puis, surtout, la fin à rallonge montre que la série n’avait plus grand chose à dire.

sleepy hollow

Sleepy Hollow (♥♥) La série fantastique des responsables de Fringe a eu bien du mal à s’imposer chez moi. Non pas sur le concept des cavaliers de l’Apocalypse, ou de cet officier en mission pour Georges Washington qui se retrouve projeté dans notre monde contemporain.  Non, non. Tout simplement parce que le monster of the week m’a usé, en même temps que la mythologie de la série n’arrivait pas à donner du suspense ou des twists originaux. Il faut bien le dire, derrière ses effets spéciaux, le show est basique, et a provoqué plus d’un baillement. Les petites touches d’humour sur le décalage du héros avec le progrès moderne peinent à me combler, et il faudra attendre la fin de saison pour que la dramaturgie décolle. De bonnes idées, mais trop plat.

betrayal

Betrayal (♥♥) Hannah Ware fait une jolie prestation dans ce thriller mélangeant romance, adultère, et lutte contre le crime organisé. Quand la série déchiffre les sentiments, évoque la passion, le déchirement d’une rupture, l’angoisse des conséquences d’une liaison, elle le fait avec émotion. Mais elle se perd aussi dans des intrigues criminelles fainéantes et prévisibles. Pire : avec son sujet adultérin, les auteurs n’ont voulu froisser personne, et le final donne un goût bizarre…

THE BLACKLIST

the Blacklist () Ce thriller avait commencé en fanfare, avec une agent du FBI chapeautée par l’un des plus grands criminels de la planète. Mais très vite, le show pose des évidences sur leur lien, tourne en rond, et se satisfait de ses loners fades et prévisibles. Il faudra attendre la seconde partie de saison pour que la vie de notre héroïne bascule enfin. On se prend alors à rêver d’un réveil des scénaristes, avec un vrai plan d’action. Hélas, notre héroïne se victimise de plus en plus, et ne pousse pas très loin la réflexion. On a surtout l’impression que les auteurs cherchent la montre et le final n’est pas du tout rassurant à cet égard. Ça sera sans moi la saison prochaine.

helix

Helix () On partait sur un huis-clos en arctique, avec des monstres et une paranoïa grandissante. On finit par des enjeux complètement démontés, sans émotion, avec une fuite en avant vertigineuse, accumulant les concepts les plus incohérents. Si encore le show assumait son côté série B, avec un regard humoristique ! Mais Helix se plante complètement en voulant manger à tous les râteliers.

ground floor

Ground Floor () Voilà une comédie de Bill Lawrence qui bénéficie d’un casting très sympathique, de personnages haut en couleur (le personnel de maintenance qui côtoie les financiers). Mais le show frôle les bons gags, sans jamais arriver à atteindre une certaine finesse. C’est plat, désespérément plat, horriblement prévisible et peut-être le show le plus frustrant de la saison. Ground Floor, ou le show que j’aurai voulu aimer.

growing up fisher

Growing Up Fisher () La comédie familiale avait tout pour me plaire : un sujet sur le handicap (visuel), un casting très sympathique, mais la comédie se répète très vite, sans arriver à trouver quelques rires et se noie dans les bons sentiments jusqu’à l’écœurement (et pourtant je suis plutôt bon public de ce côté là). Le résultat est donc décevant, et je ne la regretterai pas…

Crisis

Crisis () Je dois malheureusement faire un bilan avant les derniers épisodes, mais je ne pense pas que cela changera grand chose au résultat final. Du pilote sympathique à l’arrière goût Die Hard nous sommes passés à un terroriste au plan biscornu qui prend en otage des lycéens, enfants d’hommes et de femmes influents. On traine des heures avec des jeunes têtes à claques, des hommes du FBI complètement dépassés, tandis qu’il suffit d’un simple laptop pour déclencher la troisième guerre mondiale. Je ne ferai pas la liste des délires des scénaristes, mais la série souffre du syndrome des rebondissements à la 24, en les rendant encore moins crédibles (si, c’est possible !).

II/ Les séries arrêtées :

brooklyn nine nine

Brooklyn Nine-Nine Il y a un autre show qui m’aura fait de l’œil cette saison, c’est Brooklyn Nine-Nine. Le concept était rafraichissant (faire une comédie dans l’univers d’un commissariat), il y avait de bons acteurs et je ne demandais qu’une chose : me retrouver avec des intrigues intégrant le casting tout entier. Hélas, on a surtout droit à des séquences séparées, avec un Andy Samberg à l’immaturité insupportable, et toujours beaucoup trop mis en avant. (S’il y a bien un prototype de rôle masculin que je déteste, c’est bien celui de l’homme aux blagues potaches. Et il se retrouve dans beaucoup trop de séries). J’aurai quand même tenu 11 épisodes, en me disant qu’ils allaient forcément développer le restant du cast un jour ou l’autre. Hélas, non.

The Michael J Fox Show

the Michael J.Fox Show J’étais parti avec la meilleure intention en regardant cette nouvelle comédie où Michael J. Fox se moque de sa maladie et nous présente sa merveilleuse famille. L’idée était bonne : ne pas chercher la pitié, mais s’amuser des conséquences involontaires d’un Parkinson. Malheureusement, très vite on se retrouve avec un Modern Family édulcoré (si si c’est possible, la preuve), où les personnages s’adressent à la caméra sans que cela ne provoque le moindre rire. La fille monopolise la comédie sans parvenir à être drôle ou touchante. Le show manque d’audace, de mordant, et les bons sentiments finissent par vous étouffer. J’ai tenu 6 épisodes.

the millers

the Millers Greg Garcia est-il fait pour les sitcoms traditionnelles ? C’était la question que l’on se posait à l’annonce du projet, et je restais confiant vu son casting exceptionnel (Margo Martindale, Will Arnett, Beau Bridges,..). Mais la transposition de son style n’a pas du tout fonctionné : les répliques sont désastreuses, le père gaffeur à répétition irrite plus qu’il ne fait sourire, et on ne le sent pas du tout à l’aise dans cet environnement « trop normal » (par rapport aux délires habituels de Garcia). C’est triste de voir des acteurs talentueux patauger dans des dialogues insipides… J’ai tenu 4 épisodes.

Enlisted

Enlisted Cette année la comédie est aussi allée s’engager du côté des militaires. Et si j’avais été séduit par le côté Police Academy du pilote, j’ai vite déchanté : la thématique est mise de côté, le rythme des gags baisse dangereusement, et on se retrouve avec une histoire de « bros » et de beuveries. Bref, pas mon truc. J’ai tenu 3 épisodes.

girls

Girls Cette année fut aussi l’arrêt de mon visionnage de Girls. A force de chercher l’épisode « perle rare » de la saison (parce qu’il y en a eu), on en finit par oublier que les trois quarts du temps soit on s’endort ferme, soit on a envie de donner des claques à tout le casting. Des histoires d’amitiés égoïstes ? De filles qui passent leur temps à se droguer, s’alcooliser et à se plaindre ? Pauvre, pauvre Hanna qui ne peut pas coucher le soir de son anniversaire à cause de ses fréquentations !! J’ai arrêté au 3è épisode de cette troisième saison.

Hannibal

Hannibal Je suis tenace. Enfin je le pensais. Après avoir été très déçu par la première saison, j’ai tenté la seconde avec l’espoir fou de ne plus m’endormir devant cet cette musique lancinante, ses effets morbides et ses longs – trop longs – dialogues. Et j’ai compris : la série agit réellement comme un somnifère pour moi. Sérieusement. J’ai trouvé quelque chose qui ne coûte rien à la sécu. Mais malheureusement, ça m’empêche de profiter des critiques dithyrambiques sur la série. Je reste complètement hermétique au visuel. Si j’ai cru avec la formidable séquence du premier épisode en un univers enfin bouleversé, j’ai vite abandonné devant la routine des images de corps entremêlés puis dégustés, et je continue d’être agacé par l’escamotage de intrigue policière. 4 épisodes et au lit !

about a boy

About a boy Je vous ai déjà dit que je détestais les personnages d’homme immature ? Pas de bol, c’est la tendance du moment. Mais il y a pire : donner au show une morale dégoulinante où un garçon entreprend son ascension sociale grâce au conseil de son voisin horripilant.. En chantant du One Direction, ou en plongeant dans la piscine. Même sur Disney Channel ils ont parfois du mal à nous vendre ça. J’ai tenu 2 épisodes.

Vikings

Vikings J’avais terminé la première saison avec mes doutes. Certes, le show avait ses moments de bravoure, et des personnages charismatiques (y compris féminins). Il lui manquait juste un peu d’équilibre, et de rythme. J’ai lancé le season premiere et ça m’a découragé de continuer : des morts qui se relèvent, des maitresses qui réapparaissent… On finit par ne plus parler pillages mais de la vie conjugale du héros, et je ne suis pas venu pour ça. J’ai arrêté là.

believe

Believe Du pitch initial religieux le show est passé dès le second épisode à la petite fille aux capacités extraordinaires mais utilisables que lorsque les scénaristes le décident. Ma patience était déjà mise à rude épreuve, et l’avalanche de clichés m’a convaincu d’arrêter rapidement.

Friends with Better Lives

Friends with Better Lives Après un pilote sympathique, dynamique mais pas vraiment ambitieux, je m’étais résolu à m’en contenter. C’était avant de voir le calamiteux second épisode, où les réparties sont encore plus faibles, et où on nous fait le coup de l’orgasme au burger. En quelques minutes le degré zéro de la comédie était atteint. Freinage d’urgence et quelques épisodes de Cheers pour oublier cet affreux cauchemar.

turn

Turn Les prémisses de l’espionnage pendant la guerre d’Indépendance ? J’étais plutôt pour, à condition d’avoir suffisamment d’action et de rebondissements. Hélas, plus on avance dans la série, plus le rythme ralentit et les enjeux s’affadissent. Un peu comme si on avait réussi à aggraver tous les défauts de The Americans. Avec des décors qui peinent à convaincre, des disputes autour des pierres tombales qui tournent au ridicule, j’ai pas eu le courage d’entamer le cinquième épisode.

III/ Le retour des anciennes séries :

Arrow, Homeland, Devious Maids, Dexter, Elementary, Grey’s Anatomy, Nashville, Parenthood, The Big Bang Theory, 2 Broke Girls, Once Upon a Time, the Good Wife, the Walking Dead, Raising Hope, Nikita, The Americans, Bates Motel, Game of Thrones,24

game of thrones season 4

Game of Thrones s4 (♥♥♥♥) De loin la meilleure saison de la série. Après avoir définitivement démontré que tout était possible dans la série, et que la moralité n’avait que peu de place devant l’instinct de survie, les évènements d’importance se succèdent les uns après les autres. Non seulement le sang coule à flot comme jamais cette saison, mais j’ai réussi à me captiver pour presque chaque intrigue, ce qui était loin d’être le cas l’année précédente, où les scènes surabondantes de débauche et la propension à des dialogues inutiles ralentissaient le déroulement des intrigues. A part Danaerys, tout bouge très fortement dans cette 4ème saison. J’ose le parallèle avec la 4è saison de Lost ? On en est au point où on se sent récompensé pour notre fidélité. Tout simplement. Et c’est bien la première fois que j’ai envie de lire la suite de ces aventures sans attendre l’année prochaine. Mais je vais résister, hein.

the good wife 5e18

The Good wife s5 (♥♥♥) Après une saison plutôt déséquilibrée, The Good Wife arrive enfin à montrer une constance dans la qualité des intrigues. C’est sans doute parce que la série ose enfin bouleverser tous ses équilibres : du combat entre les deux firmes aux coups de théâtre dramatiques, de la lutte à mort à une certaine forme de réconciliation, de l’ambition professionnelle au destin politique, d’une vie familiale à une vie solitaire. Et si les seconds rôles (Eli Gold et Kalinda) sont moins employés, au moins ils n’ont pas d’intrigues qui les ridiculisent ou plombent le rythme de la série. Du côté des intrigues judiciaires, les twists prévisibles sont masqués par une virtuosité encore plus accrue dans les dialogues et l’enchaînement des séquences. Les auteurs prouvent ainsi leur maîtrise absolue de la forme, et ne se privent pas non plus d’égratigner les tendances de notre modernisme. Ça ne fonctionne pas toujours (comme avec la NSA), mais la série se permet aussi d’égratigner les séries contemporaines et leur moyen de distribution. Une grande, très grande saison.

nikita 4e01

Nikita s4 (♥♥♥) 6 épisodes pour clore la saga. C’était sans doute pas suffisant vu l’accélération un peu trop importante des derniers épisodes. Mais si l’évolution finale des personnages était rapide (et un peu facile), les enjeux étaient à la hauteur. La série nous a délivré encore quelques bons twists avant de tirer sa révérence. Et elle me manquera terriblement.

arrow 2e01

Arrow s2 (♥♥♥) Sans doute la saison de la révélation. Arrow n’avait pas su développer son intrigue pendant sa première saison, disséminant de ci de là quelques twists et perdant son temps dans des flashbacks redondants. Cette fois-ci, à peu près tous ces défauts ont été retravaillés : les arcs sont bien échelonnés, les enjeux rappelés, et les rebondissements très fréquents. Mieux encore, le final donne une vraie impression de cohérence dans l’univers, en donnant à tous les personnages rencontrés dans la série l’occasion de montrer leur importance. Il y a aussi un rééquilibrage entre la romance et l’action, enfin au profit de cette dernière, qui donne encore plus de rythme au récit. Résultat: une saison surprenante, palpitante, et de très jolies scènes. Qui l’eût cru ? Arrow est vite arrivé à maturité.

the big bang theory 7e06

the big Bang theory s7 (♥♥♥) Si la fin de saison n’est pas aussi tonitruante qu’espérée, le défi était bien de parvenir à maintenir l’intérêt pour cette bande de geeks. Espérons que les auteurs soient vraiment décidés à aller au bout de leurs idées pour le couple Penny/Leonard, parce qu’ils auront quand même plombé un peu quelques épisodes avec leur instabilité amoureuse. Cette saison fut moins bonne que les précédentes, la faute peut-être à une faiblesse dans l’intégration des éléments de pop-culture. On attendait tous davantage de Star Wars, mais les répliques et les situations n’étaient pas à la hauteur des guests. On se consolera avec une évolution régulière du couple Amy/Sheldon qui finit par poser la question apocalyptique (l’intimité et les premiers baisers !), le running gag de Stuart qui prend de plus en plus d’importance, une épisode « alternatif », et quelques bonnes idées (Amy manipulant Sheldon, le « couple » Amy/Raj’, une déclaration drôle et mignonne d’Howard qui scelle un peu plus l’amitié de la bande, et une chasse au trésor bourrée de surprises). Globalement on sent quand même un certain essoufflement à partir de la seconde moitié de saison, avec des répliques en perte de vitesse. Je croise les doigts pour que la série nous revienne en forme !

parenthood 5e17

Parenthood s5 (♥♥♥) Je suis évidemment soulagé car la série obtient sur le fil une dernière saison raccourcie. Il est juste dommage que cette année la famille Braverman a mis une bonne moitié de saison avant de rendre ses enjeux intéressants. Il aurait peut-être fallu rééquilibrer certaines intrigues, car avec Kristina on avait un peu l’impression de perdre notre temps. Je retiens surtout l’idée d’affecter le couple Julia/Joel. Pour arriver à leurs fins, les auteurs ont perdu leur finesse et leur mesure. Alors oui, ça donne de belles scènes, mais on a parfois eu l’impression de ne pas reconnaître nos personnages. Autre constat d’échec : la nouvelle petite amie de Drew, aux antipodes de son caractère. Le résultat montre une alchimie douteuse, et des scenariis répétitifs. Heureusement, sur la fin de saison les scénaristes ont mis de l’eau dans leur vin et redonné beaucoup d’émotion à leur show. De quoi avoir confiance pour la fin de la série.

the walking dead 4e08

The Walking Dead s4 (♥♥) Quelle drôle de saison. On savait déjà que le concept de la série était limité et répétitif, alors pourquoi nous imposer en seconde partie de saison des histoires de fouilles de maisons pour chaque personnage ? Si parfois le résultat est émouvant, la grande majorité du temps on s’endort car l’épisode ne développe qu’une seule idée basique, avec des flashbacks inutiles. Heureusement la première moitié de saison est beaucoup plus intéressante, avec la reconstruction du Gouverneur, et le danger qui rode à l’intérieur et à l’extérieur de la prison. Avec en prime, deux épisodes qui arrivent à faire renaître la tension.

nashville 2e22

Nashville s2 (♥♥) La série apprend-elle de ses erreurs ? Avec un recadrage exclusivement musical, Nashville fait le bon choix. Mais au lieu de développer ses personnages, elle préfère miser sur des rebondissements spectaculaires et de grosses ficelles qui contredisent leurs psychologies (les couples se font et se défont à grande vitesse). Heureusement, de temps à autre, les auteurs reprennent la direction de leur histoire, imposent quelques dialogues émouvants en accord avec leur background, et évitent l’ambivalence. La bonne nouvelle c’est que Juliette confirme son statut de locomotive de la série, avec un personnage complexe et bourré de défauts. La mauvaise c’est que le show met moins en valeur ses morceaux musicaux, poussant un peu plus Scarlett vers la sortie.

Once Upon a Time in Wonderland 1e11

Once Upon a time s3 (♥♥) Avec une saison divisée par deux, laissant la place à deux méchants successifs, on évite la dilution de l’année dernière. Tant mieux. Si j’ai réussi à faire mon deuil du côté puzzle de la série, cette saison m’aura au moins prouvé que le show avait encore des choses à dire, avec une solide réécriture de personnages pour les inscrire dans la mythologie, et de beaux moments d’émotion. Hélas, ça n’efface pas la stupidité de leurs comportements, et cette impression récurrente de flottement.  Enfin, on peut blâmer l’inutilité de certains personnages (Robin des Bois, vraiment ?).

the americans 2e13

The Americans s2 (♥♥) Le manque de tension et d’enjeux dans cette saison n’est pas rassurant. Les auteurs savent-ils vraiment où ils vont ? Si je pouvais pardonner une première saison maladroitement écrite, je peux difficilement fermer les yeux sur ces innombrables séquences finales ressassant encore et toujours la même idée. Pire encore, j’ai essayé de croire à un vrai développement de Paige, avant de comprendre qu’il ne s’agissant encore et toujours qu’un moyen de remplir les meubles. Le season finale a beau essayer de changer ce statu quo, ma confiance en l’avenir est limitée.

bates motel 2e10

Bates Motel  s2 (♥♥) Que de temps perdu en début de saison ! On a oublié ce qui faisait l’essence de la série, le couple Norman/Norma et toute la dangerosité de notre héros au profit d’intrigues soap dignes d’ABC Family. Heureusement, progressivement, la vraie nature des personnages ressort, et avec elle renait une certaine tension. La saison se paye même le luxe de l’explication de la psyché de Norman Bates, avec des séquences magnifiques. Ouf !

elementary 2e12

Elementary (♥♥) Quelle déception ! Dès la seconde saison, le show s’essouffle considérablement, avec des intrigues policières directives, laissant beaucoup moins de place au raisonnement. Il en résulte un show beaucoup moins « brillant », et presque paresseux par moments. De ci de là, d’excellentes enquêtes réveillent encore le téléspectateur, mais cette saison cumule les maladresses, avec des arcs tout simplement soporifiques et prévisibles. On se consolera avec l’importance que prend Watson dans la série, mais il est urgent de redresser la barre, sinon la série deviendra rapidement un show policier « banal ».

raising hope 4e16

Raising Hope (♥♥) Cette dernière saison en compagnie de la famille Chance aura été nettement moins drôle que les précédentes, la faute à une créativité en berne (Et Greg Garcia parti sur The Millers ?). Il faudra attendre les deux-tiers de la saison pour retrouver un peu de mordant et de folie. Et malheureusement la fin de saison n’a pas été aussi bonne qu’espérée, avec des mécanismes usés. Néanmoins, la série garde une place très importante dans mon cœur de sériephile, et figure sans doute possible dans mon top 10 des meilleurs comédies américaines.

devious maids s2

Devious Maids () Plus drôle que Desperate Housewives, la série m’avait agréablement surpris l’année dernière. Cette seconde saison est certes mieux écrite sur le plan des rebondissements, mais elle accorde une part de plus en plus importante à des mystères qui sont loin de me passionner. Je soupçonne aussi la série de déséquilibrer les rôles masculins, ce qui rend le visionnage plus fastidieux. Bref, ce qu’on gagne en rythme, on le perd en humour. C’est dommage mais heureusement la série reste un bon petit plaisir estival. Il ne lui manque que quelques coups d’éclats pour qu’elle puisse passer à la postérité. Chaque épisode, c’est pareil : sympathique, mais jamais marquant. D’où sa notation ici.

2 broke girls s3

2 Broke Girls () La rupture. Je peux fermer les yeux sur des moments de fatigue, où les répliques se font moins trash et plus plates, mais la constante médiocrité des échanges m’aura agacé. Et puis surtout, la série s’adjoint un guest insupportable, qui plombe définitivement toute envie de lancer un épisode. J’aurai tenu jusqu’à la fin de saison, mais je n’irai pas au delà.

24

24 () (Critique au 8è épisode) Le retour de la série était loin d’être indispensable, et j’ai vite retrouvé tous les mauvais mécanismes de la série. Le seul vrai bonus de la saison ? Yvonne Strahovsky, crédible dans l’action. Pour le moment. Car je crains le pire. Au bout de 8 épisodes, le bilan reste catastrophique, avec une Chloé encore plus insupportable (merci le maquillage !) et un Jack Bauer qui se fait terriblement vieux. Mais au moins, grâce aux drones, on a des séquences jeu vidéos plus rigolotes que le piratage de centrales nucléaires ou un énième virus tuant la moitié de la planète sauf notre héros. Vivement les drones moustiques pour la 10è saison.

greys anatomy s10

Grey’s Anatomy () Ça fait longtemps que je n’espère plus rien de la série, et cette saison fut douloureuse pour moi. A son terme, je perds l’unique personnage qui me donnait encore envie de revenir. Parce que ça fait bien longtemps que le reste du cast m’est devenu impossible à tolérer, que la partie comédie s’essouffle et que les intrigues médicales n’ont plus grand chose d’intéressant à dire. J’ai pendant un temps jeté mes espoirs sur l’innovation et la recherche, un beau sujet qui finit piétiné par les ambitions personnelles, après avoir passé du temps à nous faire croire en un progrès scientifique qui améliorerait le sort des malades. Comme si les simples considérations éthiques de la recherche ne valaient pas le coup d’être développées…. Quant aux histoires d’amour dans le service, elles n’ont plus grand chose de passionnel. Boring !

dexter

Dexter (0) Après un final qui loupe le coche sur à peu près tous les plans possibles, difficile d’avoir envie de faire le bilan sur cette saison. La série n’avait plus rien à dire, et se contentait de mise en scène violentes et d’une voix off pour ranimer le téléspectateur. La psyché du héros était bancale depuis la première saison, mais il y avait encore moyen de sauver les meubles.. Une bonne grosse gifle à tous les sériephiles assidus et fidèles.

Homeland s3

Homeland (0) Pouvait-on faire pire ? Hélas oui. Les derniers épisodes montrent le visage d’une série qui s’est embarrassée pendant 3 saisons avec des intrigues inutiles (de la famille entière de Brody qui n’a pas de conclusion, à l’histoire d’amour avec Carrie qui ne donne aucune émotion). Homeland ne doit sa survie que grâce à ses acteurs et quelques rares moments d’action imprévisibles. Surestimée, comme 24, dites-vous ?

 

Quelques mots sur…

how i met your mother

la fin d’How i met your mother : J’ai la chance d’avoir abandonné la série vers la 7è saison, découragé par le fait que les auteurs tiraient sur la corde, avec des allers-retours incessants sur le couple Ted/Robyn. J’ai détesté l’évolution de Barney (qui perdait tout son intérêt dès lors qu’il n’était plus un dragueur). Sa fausse évolution n’était là que pour faire tenir la série plus longtemps. Alors quand le final revient exactement sur la base de la série, et ses premières années, pour ma part, je suis heureux. En ce sens mon visionnage interrompu m’a permis de retrouver ce qui m’avait plu. Et même ce twist final était plutôt rigolo. Montrer que l’obsession de Ted n’était pas d’expliquer qui était la mère, c’était plutôt malin et je ne l’ai pas du tout ressenti comme une gifle. Bref, plutôt agréablement surpris par ce final émouvant. En gros, Il faut regarder les 4 premières saisons de la série et le final. Ça me va.

mentalist

la fausse dernière saison de Mentalist : J’ai regardé quelques épisodes par intermittence, pour avoir le dernier mot sur Red John. Mais si la mise en scène essaye de faire monter la tension sur sa révélation, la série souffre toujours de ses énormes tics qui auront rendu progressivement son visionnage insupportable. Au final, quand la page se tourne, on est plutôt soulagé, avec l’envie de voir comment les auteurs vont pouvoir rebondir. Hélas, le changement de décor n’affecte en rien le comportement du héros, et les dialogues en viennent même à le surligner (6.11). Ben oui, Patrick Jane, pourquoi tu n’en fais qu’à ta tête au lieu de partager ton unique plan ? Quant au (faux) final, il laisse un sentiment mitigé . Sur le fond, l’épisode divisera les shippers mais l’émotion était tout de même là, malgré quelques impressions de malaise. Le show a-t-il encore quelque chose à dire ? J’en doute.

Publicités

Bilan détaillé de la saison USA 2012-2013

Après les statistiques la semaine dernière, je vous propose donc mes impressions sur cette saison américaine qui s’avéra plus riche que prévue.

J’ai une fois encore volontairement écarté les pilotes de séries. Il y aurait beaucoup à dire sur la médiocrité rampante des nouveautés (d’où mon appréhension qui augmente à chaque rentrée, malheureusement entretenue par des trailers désastreux). Mais il y aurait encore plus à dire sur la simplification des intrigues, hélas.

Je vais donc vous parler ici des 38 séries qui m’auront accroché au delà du pilote (seulement 6 ont été arrêtées en cours de route) : Arrow, Boss s2, The Walking Dead s3, Don’t trust the B in apartment 23 s2, Go on, Parenthood s4, Underemployed, Touch s2, Girls s2, Grey’s Anatomy s9, The Big Bang Theory s6, 2 Broke Girls s2, Dexter s7, Elementary, Homeland s2, Last Resort, Once upon a time s2, Raising Hope s3, The Good Wife s4, the Mentalist s5, the Mindy Project, 666 Park Avenue, Nashville, Nikita, Bunheads, Smash s2, White Collar s4, The Americans, House of Cards, Zero Hour, Cult, Red Widow, Bates Motel, Game of Thrones s3, Hannibal, Rectify, The Goodwin Games, Arrested Development s4

nouvelles séries

1/ Les nouvelles séries

honneur

A l’honneur :

Rectify

Rectify La série a réussi à rendre touchant son personnage principal sortant du couloir de la mort, sans que l’on ne sache vraiment s’il était innocent ou coupable. Car l’intérêt était ailleurs, dans la découverte d’un monde qui ne l’a pas attendu, et qui a déjà un jugement sur lui. C’est superbement réalisé pour exprimer toute la palette d’émotions d’un personnage pourtant énigmatique, et je n’en ai pas perdu une miette. Vivement la suite. (♥♥♥♥)

bunheads

Bunheads Si on m’avait dit qu’un jour j’adorerai une série sur la danse, je ne l’aurai pas cru. Mais la patte de Sherman-Palladino me manquait trop. Voilà peut-être la seule nouvelle série d’une fraîcheur et d’une bonne humeur à toute épreuve. Voilà la seule série avec une écrasante majorité de personnages féminins qui nous démontre que ce qui compte, c’est pas la parité, c’est le script. Voilà une des rares séries à l’antenne qui exploite encore le meilleur sujet qui soit : le quotidien. Non seulement la série est très drôle, ultra-référencée comme il se doit, mais en plus elle aborde tout en décalage et en modernité des problématiques plus actuelles. Les séquences de danse sont à la fois créatives et magnifiques. Malgré quelques épisodes en deçà au milieu d’une saison déjà découpée, la série est très attachante et développe de façon surprenante tout ce petit monde. Et si ABC Family ne la renouvelle pas, je leur jette un sort jusqu’à la 33è génération. (♥♥♥♥)

Les bonnes séries :

elementary

Elementary J’avais peur d’un Sherlock Holmes revisité, affublé d’une (et non pas d’un) Watson, tellement Hollywood nous a habitué aux one-shot marketing. Et pourtant, la série a su développer son duo, et surtout s’appuyer sur de solides énigmes, aux twists retords et surprenants. Pouvoir à nouveau réfléchir, établir des hypothèses devant un show policier américain, quel bonheur ! Mieux encore, la prestation des acteurs est au top (et pourtant si différente de son double anglo-saxon), et la fin de saison prend des virages plutôt osés, prouvant que la série peut aussi imposer un ton, une ambiance particulière. Une démonstration éblouissante. (♥♥♥)

nashville

Nashville Un soap dans l’univers de la country ? Là encore j’étais sceptique. Plus je plonge avec délice dans les séries coréennes, plus je suis en décalage complet avec ce que tentent de m’apporter les soaps américains. Mais Nashville a su prendre son temps pour faire évoluer ses personnages, et surtout nous donner une porte pour les comprendre, pour justifier leur comportements. D’où les bonnes surprises, du personnage affirmé d’Hayden Panettiere aux moments musicaux décrivant le ressenti de chacun. Ouf, l’émotion est là. Malgré l’avalanche de twists médiocres et une partie politique plombant l’ambiance, on arrive à s’intéresser au sort de nos personnages. Et si le final est overzetop, il donne tout de même très envie de voir la suite. (♥♥♥)

the americans

The Americans Traiter de la guerre froide au milieu des années 80, c’était une bonne idée, surtout en se positionnant du point de vue russe. Mais j’ai eu un peu de mal à m’y mettre. La faute à un couple qui a mis du temps à me convaincre (le positionnement psychologique de départ étant au mieux incompréhensible), mais également à une tension quasi inexistante dans les premiers épisodes. Fort heureusement, la série relève la tête par la suite, en forçant chacun à faire des choix devant un engrenage infernal. Mieux encore, le final ouvre enfin la perspective de parler d’une vie familiale sous un angle bien plus intéressant, et la romance entre les deux protagonistes passe enfin très bien à l’écran. (♥♥♥)

bates motel

Bates Motel La réadaptation de Psycho subit le modèle inverse. On retiendra ses débuts magnifiques, avec la relation dérangeante entre Norman Bates et sa mère, son développement psychologique qui exploite avec brio une certaine ambivalence, ou sa multitude détails qui montre que l’œuvre originale a été bien assimilée. On ira même jusqu’à apprécier ses nombreux twists, pour la plupart redoutables… Jusqu’au très laborieux reboot de la mi-saison, et le départ en vacances des scénaristes. Le final essaye de surprendre le téléspectateur avec ce que tout le monde attendait depuis l’annonce de la série, et ça, ça laisse dubitatif. J’espère vraiment retrouver ce qui m’avait plu au départ. (♥♥)

De passable à médiocre :

arrow

Arrow Arrow joue la carte d’un vengeur masqué qui n’hésite pas à tuer pour sauver sa ville. L’acteur, plutôt performant, sauve souvent la mise. Mais les scénaristes jouent la montre depuis le début, incapables de construire une mythologie correcte, nous plongeant dans des flashbacks insulaires aux intrigues copiés-collés, et essayant de nous imposer une romance bien peu convaincante. Bref, la série marche régulièrement au dessus du vide, et n’exploitera ses enjeux qu’à des moments clés de la diffusion. Vraiment dommage parce que la série a du potentiel. Espérons de nouveaux scénaristes pour la seconde saison.()

RADHA MITCHELL

Red Widow Le remake de la série hollandaise Penoza n’a elle aussi pas réussi à développer ses intrigues en milieu de saison. Heureusement cette femme obligée de bosser pour la mafia est aussi capable d’émouvoir son téléspectateur. La série n’est donc pas une simple mise en danger de l’héroïne avec des rebondissements prévisibles, et je me suis plutôt bien attachée à ce petit monde en même temps que j’y vérifiais mes hypothèses. Efficace, mais pas renversante. ()

hannibal

Hannibal Elles sont rares les séries où je suis en grand désaccord avec la communauté sériephile, mais Hannibal fait partie de celles-ci. Et pourtant j’adore Bryan Fuller (Dead Like Me, Pushing Daisies).  Je porte beaucoup plus d’importance au fond qu’à la forme, et les hallucinations répétitive de notre héros m’ont passablement irrité. Oui, la série a un sous-texte, mais elle oublie l’essentiel : raconter une intrigue policière. Et sur ce plan là, c’est un massacre, même la 5è saison de Mentalist fait mieux question raccourcis et invraisemblances. Si la série voulait évoquer le rapprochement psychologique entre le tueur en série et son « ami », elle pouvait le faire sans essayer de nous raconter en une minute comment coincer le coupable d’un crime tellement sordide que les mises en scènes de Dexter passent pour du barbouillage. Je n’aime pas les séries qui se décrédibilisent, qui frustrent parce qu’on a pas eu l’intelligence d’appliquer la moindre once de raisonnement aux intrigues annexes. Je n’aime pas les séries qui répètent ad nauseam la même chose sur une dizaine d’épisodes (on aura compris qu’Hannibal aime faire goûter de curieuses choses à ses convives). Et surtout, j’ai eu beaucoup de mal avec ces échanges soporifiques. Je savais déjà que Bryan Fuller avait besoin de bons dialoguistes pour relever ses œuvres, j’en ai eu une fois de plus la preuve. Je me suis ennuyé, je me suis endormi un nombre incalculable de fois devant la série. Et si j’en perçois ses qualités graphiques, je suis incapable de l’apprécier globalement. La mise en scène des meurtres ne me fait plus rien, étant donné que l’on a que rarement pris la peine d’évoquer les victimes comme des êtres humains (cf ma critique de The Fall, bien plus réussie sur ce point). Hannibal est totalement dénuée d’émotion, et c’est un obstacle insurmontable pour moi. ()

the mindy project

The Mindy Project J’aurai adoré tomber sous le charme de Mindy Kaling et de son amour des comédies romantiques. Hélas, la série est beaucoup trop centrée sur son héroïne plus agaçante que touchante. Pire, elle a pour acolyte Morgan dont les frasques délirantes déséquilibrent le show. Par moment, le show redresse la barre, insufflant enfin un peu d’émotion, montrant qu’elle a compris les codes qui l’inspirent, mais restant incapable de les utiliser à bon escient. Fort heureusement pour elle, certains dialogues font mouche, et le personnage de Danny Castellano est suffisamment bien écrit pour être attachant. Mais le final raté ne laisse que peu d’espoir. ()

go on

Go On Autre show égo-centré (cette fois sur Matthew Perry), Go On aurait du être une comédie intelligente sur ces groupes de parole, sur l’espoir d’une vie meilleure. Elle n’aura été qu’une galerie de personnages dont le développement n’a jamais été envisagé. Tout tourne autour de notre héros, qui en fait des tonnes. Pire, les gags sont d’un niveau lamentable, donnant ainsi l’impression que le script a parfois été écrit en deux minutes chrono. La bonne ambiance générale ne suffit visiblement pas. Voilà une annulation que je ne regretterai pas. (0)

Last Resort Après l’excellent pilote, quelle déception ! Au lieu de faire monter la pression sur ces militaires trahissant les Etats Unis, la série n’arrive pas à nous attacher aux sorts des personnages, aux comportements aléatoires et incohérents. Tout ou presque est écrit avec les pieds. Chaque « révélation » n’en finit plus de tomber à plat, les épisodes sont prévisibles, très mal rythmés, et on peine à savoir quel était le propos de la série. La définition d’une daube. (0)

underemployed

Underemployed Sympathique série sur des jeunes adultes qui peinent à trouver le chemin du travail. L’esprit est positif, humoristique, et les personnages attachants. Mais c’est pas toujours très bien joué, et cette naïveté, cette foi inébranlable en l’avenir a fini par m’agacer. D’autant que le scénario force la chance de nos héros, et chacun se montre bien trop compréhensif. Enfin, il faut croire que la jeunesse n’a qu’un seul mot à la bouche : party. C’est peut-être mon côté ronchon, mais j’ai frisé l’overdose de fêtes. ()

zerohour_zps3bdcc70d

Zero Hour Mélanger la science et la religion, le paranormal et les nazis, c’était s’assurer un concept à la Indiana Jones, et j’avoue avoir été plutôt agréablement surpris par les twists tout au long de l’aventure, avec une découverte progressive des enjeux qui faisait plaisir à voir tant ils étaient osés. Les puzzles étaient également très sympathiques, mais le manque de cohérence dans le développement des personnages, et le peu de moyens alloués ne permettent pas une seule seconde de rendre ce spectacle crédible. Masochiste, je suis resté au bout pour savoir comment ils allaient conclure, et j’ai reçu une gigantesque gifle, à vous faire passer l’envie de vous investir dans n’importe quelle série un tant soit peu mythologique. Complètement incohérente, elle ne répond à rien, n’explique rien. On sombre dans le n’importe quoi, avant d’être effaré par l’ultime séquence, qui donnerait envie à Gandhi de frapper à mort les scénaristes de la série. (0)

666 park avenue

666 Park Avenue Là aussi, cette série fantastique peine à susciter l’effroi ou l’horreur, avec ses effets spéciaux médiocres. Ses personnages se baladent dans cet hôtel diabolique, mais aucune idée n’est réellement exploitée. On passe du coq à l’âne, avec de intrigues qui donnent davantage envie de rire que de se réfugier derrière son canapé. La série ose le n’importe quoi, sans tenir son fil conducteur. Impossible de s’émouvoir sur quoi que ce soit, le final en déconcertera plus d’un. Un gâchis impardonnable. (0)

séries arrêtées

2/ Les séries arrêtées :

dont trust the b

Dont’ trust the bitch in apartment 23 s2 La série avait su me faire revenir avec ses gags absurdes et ses personnages délicieusement égoïstes, mais après une entrée en matière satisfaisante, cette seconde saison s’est avérée être un massacre sur tous les plans ou presque. En se concentrant sur les thématiques de mensonge et d’honnêteté, le show tourne en boucle, révélant froidement au téléspectateur qu’il n’a plus rien à dire. Le trash et la provocation sont tellement mal utilisés que 2 Broke Girls parait comme un chef d’œuvre à côté. Sans compter que l’irritant Dawson n’en finit plus de prendre de la place au mépris du concept initial. C’est devenu rapidement lourdingue. Et j’ai abandonné au sixième épisode, à l’aube de son annulation.

touch s2

Touch s2, c’est l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire. Le show avait réussi à faire oublier Jack Bauer en se concentrant sur des thématiques et un puzzle humaniste, certes naïf, mais sympathique. Il avait fini par prendre le chemin d’une mythologie bancale, et cette seconde saison bifurque vers le sauvetage d’enfants dans une paranoia très mal développée. On retrouve non pas un journaliste père de famille mais un Jack Bauer qui part flinguer à tout va. Le propos humaniste disparait, et on roupille ferme. J’ai tenu 4 épisodes avant son annulation.

white collar 04e10

White Collar s4 J’arrivais toujours à revenir auprès de cette série sympathique, grâce à la complicité des deux personnages principaux. Et puis, peu à peu, les intrigues se sont simplifiées et on ressent cruellement l’essoufflement créatif de la série. Les épisodes n’ont plus aucun twist, aucune tension, et l’arc principal concernant la famille de notre escroc s’avère extrêmement prévisible. Au 11ème épisode, j’ai fini par lâcher prise. Il n’y avait plus rien à en tirer.

Cult

Cult Il ne suffit pas d’avoir un bon concept pour faire une bonne série. Mêler la fiction, le fan-universe, et une conspiration, c’était peut-être s’assurer d’un buzz médiatique, mais il faut encore suivre. C’est terriblement mal joué, les dialogues ont 3 minutes de retard pour nous expliquer ce qu’on avait déjà compris, et le show veut tellement se prendre au sérieux que le décalage n’en est que plus ridicule. Affligeant. Et j’ai tenu 4 épisodes !

The Goodwin Games

The Goodwin Games Après un excellent pilote plein de rythme, d’humour, et twists sympathiques, j’avais décidé de donner une chance à cette comédie boudée par la chaine. J’ai fini par comprendre la raison de sa diffusion. Les épisodes suivants sont lamentables, tournent à vide, en voulant en faire des tonnes sur des gags creux et insipides, sans compter la quasi totalité des répliques balancées par des acteurs qui n’y croient plus. Ouch ! 4 épisodes et ça sera tout pour moi, merci.

House of Cards

House of Cards Si l’ambition du projet était impressionnante pour Netflix, elle était en décalage avec le résultat perçu à l’écran. Certes, avec son casting de luxe et son univers décortiquant les requins de la politique, la série ne manque pas d’atouts. Seulement voilà, Boss est passé par là, et le rythme lancinant des épisodes a fini par me faire prendre de plus en plus de distance avec une série qui aurait pourtant du m’inciter au binge-watching (vu que Netflix a mis tous les épisodes disponibles sans délai). Du coup après 6 épisodes, j’ai pas eu envie de reprendre.

anciennes séries

3/ Le retour des anciennes séries :

honneur

A l’honneur :

arrested development 405

Arrested Development s4 J’avoue être perplexe devant la frilosité des critiques, car cette saison fut pour moi un coup de maître, réussissant une nouvelle forme d’écriture parfaitement adaptée à son nouveau support (Netflix). J’en ai déjà parlé dans ma critique complète : comprendre un gag d’un épisode précédent a quelque chose de jouissif, et se surajoute au plaisir de dénicher tous ces gags d’arrière plan, que ce soient des clins d’œil à l’univers de la série ou des créations originales. A l’exception de deux épisodes un peu en dessous, j’ai adoré retrouver tout l’humour de la série, et j’ai bien plus rigolé devant elle que devant une bonne dizaine de nouveauté comiques réunies. Et vu les pourparlers j’espère qu’une cinquième saison verra le jour. (♥♥♥♥)

boss 202

Boss s2 Moins centrée sur la symbolique, davantage concentrée sur le jeu des alliances, cette seconde saison est tout aussi magistrale que la première. Les retournements de situation sont imprévisibles, et surtout parfaitement orchestrés. Avec ses acteurs, ses intrigues sur le mal qui rampe dans la ville, et ses multiples niveaux de lecture, la série enfonce le clou et s’impose définitivement comme un des plus beaux joyaux télévisuels de ces dernières années. En annulant ce petit miracle, Starz s’est suicidée. (♥♥♥♥)

game of thrones 03e04

Game of Thrones s3 Autant la seconde saison se perdait en évoquant les multiples nouveaux personnages, autant cette troisième saison récolte enfin les fruits. J’accroche beaucoup moins aux romances développées au delà du Mur. Peut-être au fond parce que je n’attends que de voir le sang couler. Et sur ce plan là j’ai été servi. Cette gigantesque histoire  a su trouver les images pour redevenir épique (mention spéciale à Khaleesi), passionnante (les intrigues à King’s Landing), et émouvante (Arya). C’est aussi dans cette saison que l’on perçoit enfin les ambitions de Margaery Tyrell. Dommage que du côté de Théon il ne s’y passe pas grand chose d’intéressant. Mais globalement j’ai trouvé que cette saison avait beaucoup plus d’ampleur que la précédente. Et j’ai vraiment hâte de voir la suite. (♥♥♥)

nikita 311

Nikita s3 J’étais parti pour détester le virage pris par la série, avec ses missions de justiciers, et l’intrusion du fantastique qui annihilait tout changement radical. Et puis, petit à petit, l’antagonisme autour d’Amanda s’est reconstruit, les rebondissements ont pris de l’ampleur, et si le show a perdu de sa vivacité, il s’est largement rattrapé en seconde partie. J’espère juste que les 6 derniers épisodes de la série (la saison 4) clôtureront le tout de manière efficace. (♥♥♥)

raising hope 314

Raising Hope s3 Plus encore que la saison précédente, la série a fait preuve d’une créativité débordante. Elle a poussé un peu plus loin le curseur sur le trash, aussi, tout en exploitant ses thématiques (cf le double épisode spécial Alzheimer). Les références pullulent : du Parrain à Retour vers le Futur, en passant par Modern Family … Bref, la série est encore plus drôle et je veux voir Garrett Dillahunt nominé un jour aux Emmys. (Oui je sais je peux toujours rêver). (♥♥♥)

big bang theory 06e20

The Big Bang Theory s6 La saison confirme l’orientation des saisons précédentes : les personnages féminins sont désormais parfaitement intégrés, permettant de sortir un peu du schéma habituel. Ça a développé l’imagination des scénaristes qui se sont surpassés, au point de prêter à Sheldon une romance… forcément particulière. Amy recherche une intimité, Raj se trouve une copine digne d’intérêt, Sheldon n’en finit plus de mettre les pieds dans le plat avec les femmes. La série ouvre des portes, mais sans mettre en danger son cast. Et surtout, les dialogues ont encore progressé. Pour un amateur de citations comme moi, c’était Noel à chaque épisode ou presque. (♥♥♥)

walking dead 301

The Walking Dead s3 La série a toujours du mal à développer ses intrigues en dehors des début et fins de périodes (merci les hallucinations de Rick), mais on sent que le remaniement opéré a eu du bon. Les personnages n’agissent plus systématiquement de façon incohérente, sans réfléchir au danger. L’approche est méthodique, raisonnée. Les personnages inutiles sont éliminés, et la saison se paye même le luxe de revenir nous parler du passé, afin de mieux nous montrer l’évolution morale de nos héros. Une renaissance. (♥♥)

good wife 322

The Good Wife s4 Après un début de saison catastrophique (l’intrigue de Kalinda jouée en boucle, les affaires traitées au tribunal manquant sérieusement d’imagination), la série a peu à peu repris du poil de la bête pour finir – enfin – par changer les règles du jeu. Il était temps. L’écriture progresse de manière impressionnante au fil de la saison, donnant suffisamment de rebondissement à des intrigues enchevêtrées, et permettant de nous faire oublier la mécanique trop huilée et donc trop prévisible de ses joutes oratoires. Cette surabondance d’excellentes intrigues va de pair avec les enjeux, et la série démontre une fois de plus sa maîtrise dans l’écriture. Du coup j’ai vraiment hâte de voir cette cinquième saison. (♥♥)

parenthood 401

Parenthood s4 Bizarrement, alors que c’est la saison de la reconnaissance pour tous ceux qui l’avaient injustement boudée, cette saison de Parenthood n’a pas réussi à me convaincre autant que l’an dernier. Certes, Monica Potter est exceptionnelle et l’arrivée d’un tel drame a permis à la série d’atteindre des sommets dans l’émotion, mais je ne peux pas oublier non plus ma frustration quant à la relation de Sarah. Si j’en crois certains recrutements pour l’année prochaine, on risque même d’abîmer sérieusement l’image d’un personnage masculin. La série court ainsi le risque de s’éloigner de la description du quotidien pour des intrigues soap plus vendeurs, et un peu de promo musicale en supplément. Et c’est franchement dommage. Heureusement, le casting reste parfait, et toutes les orientations prises n’étaient pas dénuées d’intérêt cette saison. Je reste profondément attaché à ces personnages, à leurs psychologies, à leurs différences de raisonnement, et à leurs ambitions. (♥♥)

Pas mal :

dexter 703

Dexter s7 Après une sixième saison qui avait touché le fond, Dexter a retravaillé ses intrigues. Plus question de le mettre en danger. Il s’agit d’exploiter sa relation avec Deb’, et Jennifer Carpenter fait un très bon boulot. Cerise sur le gâteau, l’arrivée d’Yvonne Strahovski a apporté à la série une réflexion salutaire, tandis que l’intrigue policière prenait un tournant particulièrement émouvant. Bref, de quoi donner envie de voir la dernière saison de ce serial killer. ()

2 broke girls 208

2 Broke Girls s2 On sentait bien le potentiel de la série l’année dernière, et sans arriver à se métamorphoser, cette saison a su délivrer quelques épisodes très bien écrits. Les défauts sont toujours là, mais les dialogues arrivent de mieux en mieux à exploiter le côté trash, ce qui rend le visionnage beaucoup plus drôle. Sur le plan des arcs, par contre, on peut légitimement se demander si les scénaristes savent où ils vont. Bref, la série s’améliore, et c’est plutôt rassurant de voir qu’elle ne s’appuie plus uniquement sur son duo très sympathique. ()

smash 02e12

Smash s2 Mais quelle mouche les a piqué ? Au lieu de développer les intrigues originelles, les scénaristes ont choisi de multiplier les protagonistes et les environnements musicaux, éloignant chaque personnage, enlevant ainsi tout l’intérêt de la série, à savoir l’opposition entre Karen et Ivy. La nouvelle comédie musicale peine à assurer, en raison d’un univers visant davantage MTV que les planches de Broadway. Et en plus le nouveau venu est proprement insupportable. Le côté flamboyant s’est perdu en route, et le final est une vraie gifle aux fans de la série. Pourtant, de temps en temps la magie opère, au détour d’une phrase ou d’un numéro musical plus travaillé. Malgré tous ses innombrables défauts, je sens que je vais regretter la série. (0)

once upon a time 02e21

Once upon a time s2 Voilà peut-être ma déception de l’année, la plus cinglante car inattendue. La première saison a été un vrai bonheur pour moi, entre la découverte du puzzle, du passé des personnages, les contes revisités… Et patatras, les auteurs n’ont pas su étendre l’univers sans briser la magie. Finis les puzzles, bonjour les intrigues soporifiques, les comportement incohérents mettant même en péril l’équilibre des personnages. Tout est simplifié à l’extrême, on veut faire du spectaculaire et de l’action avec des monstres, sans en avoir les moyens (la démonstration était pourtant limpide avec le dragon l’année dernière !), bref, on s’éloigne complètement de ce qui faisait la force de la série. Reste heureusement quelques bonnes idées, et de maigres épisodes pour redresser la barre en fin de saison, mais l’envie n’est plus là. Quel gâchis. (0)

On coule :

greys anatomy 913

Grey’s Anatomy s9 Année après année, je ne sais plus quoi dire sur cette série que je regarde plus par habitude que par envie. Après un léger mieux la saison passée, je me suis de nouveau profondément ennuyé devant ces intrigues prévisibles et des histoires médicales vues et revues. Le démarrage a été laborieux avant que l’humour ne revienne. Mais ce qui a définitivement plombé la série pour moi, ce ne sont même pas les personnages, c’est ce qu’on leur permet de faire. Mention spéciale au nouveau boulot d’Avery en fin de saison. De plus en plus incohérent. De moins en moins émouvant. (0)

girls 202

Girls s2 J’avais beaucoup de critiques à adresser aux girls l’an passé, mais je les attribuais à une erreur de jeunesse. Hélas, la série tourne déjà en rond, et il faut un certain masochisme pour avoir envie de regarder ces filles stupides, irresponsables démontrer leurs immaturités. Heureusement, de temps en temps, un épisode fait réagir, provoque une certaine réflexion. Mais l’inconstance demeure. Lena Dunham a déjà pris le melon. (0)

mentalist 508

The Mentalist s5 A part deux épisodes un peu plus travaillés que les autres, ce fut clairement la saison de trop pour Simon Baker. Les intrigues policières sont tellement simplistes et l’humour tellement dissimulé qu’on s’endort très rapidement. Pire, aucun membre de l’équipe n’arrive à développer une intrigue personnelle intéressante. Quant à Red John, vous voulez vraiment que j’en parle ? Les baffes se perdent. (0)

homeland

Homeland s2 Une fille insupportable, des artifices scénaristiques répétés, une histoire d’amour inexplicable… Plus le temps avance plus 24 renaît. Entre les épisodes bouche-trou et les incohérences, Homeland  s’est totalement perdu. On pourra cependant lui reconnaître une seule qualité : la volonté d’aller de l’avant, et de multiplier les rebondissements. Mais ses avancées ne sont pas du tout maîtrisées. (0)

Bilan détaillé de la saison USA 2011-2012 (33 séries)

Voici donc venu le moment de faire le bilan de la saison passée, avec toujours l’éternelle question qui trotte dans ma tête : était-ce une bonne saison ? Les nouveautés ont-elles su remplacer les séries arrêtées l’an dernier ?

Vous retrouverez donc dans ce bilan mes impressions sur les 33 séries suivies cette saison. Les nouvelles : Once upon a time, Boss, Homeland, Touch, Smash, Girls, Don’t trust the bitch in apartment 23, Veep, 2 Broke girls, Ringer, Awake, Best Friends forever, Free Agents, Suburgatory, Pan Am, Person of interest, The River, Prime Suspect. Et les anciennes : Chuck s5, House s8, How i met your mother s7, Modern Family s3, Nikita s2, Raising Hope s2, The Big Bang Theory s5, Parenthood s3, The Mentalist s4, Game of Thrones s2, Grey’s Anatomy s8, Fairly Legal s2, The Walking Dead s2, Dexter s6 … J’ai préféré exclure de ce bilan la quarantaine de pilotes visionnés, mais vous pourrez retrouver leurs critiques en bas de la page une fois la mise à jour effectuée.

De façon surprenante, en relisant mes notes, je me rends compte qu’il y avait cette saison suffisamment de nouveautés intéressantes, aux approches variées. C’est d’ailleurs un peu confirmé par mes statistiques. Alors pour commencer ce bilan, j’ai décidé de rendre honneur à deux nouvelles séries : Once upon a Time et Boss.

Once upon a time (ABC) était l’une des séries que j’attendais le plus, et elle ne m’a pas déçu. L’ambiance, d’abord. C’était pourtant risqué de raconter une série sur les contes de notre enfance. Le premier écueil était d’ordre budgétaire, car les effets spéciaux doivent être à la hauteur, et cela n’a malheureusement pas toujours été le cas, brisant un peu l’immersion dans cet univers. Le deuxième écueil était d’arriver à trouver le ton juste pour émouvoir, car le symbolisme et la naïveté des récits ne se prête guère au petit écran adulte. Et ça marche très bien. La série n’est pas exempte de défauts : elle a quelques longueurs, des scènes prévisibles, un petit Henry à la limite du supportable (mais qui prend heureusement de moins en moins de place), une rivalité Regina-Emma qui devient un peu redondante, et surtout un milieu de saison mollasson occupé par une pseudo-enquête policière sans surprise (sauf son issue). Mais le reste est passionnant, avec notamment un puzzle sur l’identité des protagonistes plutôt efficace et de (très) bonnes surprises à la clé. Le lien entre les différents univers fait plaisir à voir, de la belle et la bête à Alice au pays des merveilles en passant par le petit chaperon rouge, nous avons droit à de multiples détails et clins d’œil. Le succès de la série repose sur ses très nombreux personnages emblématiques, reconstituant un univers à la fois familier et mystérieux. Ils ne seront pas traités de façon identique, et il y a quelques ratés, mais le plaisir de la découverte l’emporte toujours. Le manichéisme des contes a été remplacé par les motivations mystérieuses des personnages. L’émotion est fébrile mais elle est là, avec quelques jolies mises en scène notamment des scènes shipper entre le prince charmant et sa belle ou d’autres personnages dont je tairais le nom pour cause de spoiler. Dans l’ensemble c’est aussi bien joué, du côté du casting principal (Jennifer Morrison, Ginnifer Goodwin, Lana Parilla, Robert Carlisle) comme du côté des nombreuses guests comme Emilie de Ravin ou David Anders. On nous promet une seconde saison changeant les règles de la série (vu le final) et Emilie de Ravin en régulière, je suis donc très impatient de voir la suite de ce succès d’audience mérité. (♥♥♥♥)

Boss (Starz) fut une gigantesque claque. Je n’avais guère de doutes sur les capacités d’acteur de Kelsey Grammer (Frasier), mais il est proprement terrifiant et magistral dans son rôle de maire corrompu. La série aurait pu se contenter de nous raconter les traquenards, les fourberies, les traitrises de ce milieu politique (en soi déjà passionnant), mais elle a préféré se focaliser sur la dimension humaine du personnage principal. Le maire veut tout contrôler, et lorsque survient sa maladie et sa fin inéluctable, il se bat pour conserver son image, laisser une trace et il n’arrive pas à retrouver la rédemption auprès de ses proches. La maladie est ce qui pouvait lui arriver de pire, car on ne se souviendra de lui qu’à cause d’elle. Il y a donc un questionnement philosophique sur l’existence, sur la mort, et le réalisateur s’attarde souvent sur l’œil de son personnage : vif ou égaré, signe de son désir ardent de vivre ou de son déclin prochain, signe de sa méchanceté ou de son humanité. Pour autant la série n’est pas contemplative, malgré ses plans superbes, l’intrigue avance bien, possède de nombreux rebondissements et on se demande vraiment comment notre maire va s’en sortir. J’ai eu néanmoins quelques soucis avec le positionnement trop idéaliste du journaliste, comme si la presse était le seul recours à la corruption. En dehors de cela, cette saison fut une démonstration de savoir-faire : elle manipule nos émotions, nous fait comprendre à demi-mots ce que l’on avait compris de travers, nous transporte dans un univers cruel, et pourtant terriblement humain. Émouvante, subtile, avec une mise en scène grandiose, Boss est tout simplement incontournable. Vivement cet été pour la suite.(♥♥♥♥)

Once upon a time et Boss n’étaient pas les deux seules séries renouvelées et dignes d’intérêt cette saison.

Homeland (Showtime) est adaptée de la série israélienne Hatufim, et nous raconte l’histoire d’un soldat américain emprisonné par des terroristes islamistes qui retrouve brusquement la liberté et sa famille. Mais un doute subsiste pour les renseignements américains, et l’une de ses agents en particulier. Est-il devenu un terroriste et s’est-il rallié à cette cause ? La série a le mérite de ne pas avoir trop tiré sur la ficelle et nous donnera la réponse. Avec une interprétation impeccable de Claire Danes et Damian Lewis, on explore donc les menaces sur le sol américain en même temps que l’on essaye de comprendre la psychologie de nos personnages. Si le thriller est meilleur qu’un 24, il succombe malheureusement à des astuces scénaristiques frustrantes, où la chance n’est jamais du « bon » côté. Le puzzle et le mystère est bien mieux traité, d’autant que Carrie, le personnage de Claire Danes, a des problèmes psychologiques importants. Cela rajoute une dimension paranoïaque et des élucubrations intéressantes. J’ai tout de même eu du mal à accepter l’évolution sentimentale de son personnage, qui contredisait son background. Enfin, du côté de notre soldat, j’avais peur que la famille (et les enfants) ne plombent le sujet, mais c’était tout de même intéressant, notamment pour sa relation avec sa femme (la sublime Morena Baccarin). Homeland a finalement pioché de bonnes idées (et de bons acteurs) pour rendre son sujet passionnant mais la frustration fut tout de même au rendez-vous pour quelques épisodes. Il n’empêche, j’ai hâte de voir la suite, là encore.(♥♥♥)

Touch (FOX) fut une bonne surprise car je ne l’attendais pas du tout. Certes, la série a bénéficié de son interprète principal (Kiefer Sutherland), mais qui aurait misé sur une série de Tim Kring (Heroes) ? Et pourtant j’ai été touché en plein cœur par cette histoire d’un enfant autiste qui essaye de réparer le monde en parlant à son père avec des chiffres. Ce qui m’a plu ? L’aspect puzzle, là encore, qui permet de relier des personnages de tous continents. On critiquera bien sûr les clichés véhiculés, mais on sent réellement une approche humaniste, sincère, non nationaliste qui fait du bien à la télé américaine. C’est dit : dans un univers de plus en plus cynique sur mon petit écran occidental, j’ai aimé voir des histoires d’amour (même filial ou familial), des rencontres, et surtout j’ai adoré voir reconstruire l’idée romantique de destin (abandonnée depuis bien trop longtemps). Tous les épisodes ne se valent pas, loin s’en faut, mais dans l’ensemble j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir. J’ai quelques regrets cependant : les épisodes deviennent prévisibles de plus en plus tôt, et l’arc mythologique de la série ne m’a pas entièrement convaincu. J’aurai préféré voir la série essayer de relier ses différentes intrigues pour un schéma général plutôt que de se focaliser sur cet enfant autiste décidément bien trop doué. A quoi bon vouloir expliquer les choses, et ajouter une couche d’élucubrations qui nuisent non seulement  à la crédibilité mais aussi à la sincérité de l’œuvre ? A quoi bon en faire un objet de convoitise ? Petit à petit la saison n’a pas su prendre les bons virages, ce qui devrait m’inquiéter, mais peut-être que la mythologie de la série se révèlera plus passionnante en seconde saison, avec Maria Bello.(♥♥)

Enfin voyons les séries renouvelées qui ne m’ont jamais entièrement convaincu, mais qui ont eu leurs moments.

Smash (NBC), tout d’abord. La série, à ses débuts, avait de nombreux atouts qu’elle n’a pas su exploiter. Je ne suis pas fan de comédies musicales, mais j’étais intéressé par le processus de création. Un peu échaudé par des numéros bien trop fignolés pour être crédibles mais convaincu par le talent aperçu, j’ai continué mon visionnage. La rivalité Ivy/Karen était intéressante, donnant 2 points de vue complémentaires, mais cela a fini en une intrigue soap lamentable. Montrer la difficulté d’écrire lorsqu’on a une famille à la maison était une perspective qui me plaisait mais au lieu de cela je n’ai eu que tromperie, jalousie et ado insupportable. J’en profite au passage pour critiquer l’image déplorable donnée aux maris/petits copains et à la gente masculine en général. Ce qui a sauvé la saison : quelques bons numéros et quelques conflits de création /production disséminés tout le long de l’aventure. Mais il faudra en faire plus pour me convaincre la saison prochaine. Les premiers échos vont dans le bon sens. (♥)

Girls (HBO). Cette série générationnelle ou non (en tous cas pas la mienne vu mon âge avancé), a su m’interpeller plus d’une fois et c’est la raison principale de mon visionnage. Au fur et à mesure, je suis passé d’une attitude tendre et paternaliste envers ces filles égoïstes et immatures à un rejet global de leurs comportements. Car ces filles là ne font rien pour s’en sortir. Dans leurs bulles, elles se posent en victime sans essayer de comprendre le monde qui les entoure. Le mélange de ton ne m’a pas aidé non plus : on est passé d’un regard corrosif sur la jeunesse à de la comédie puis à des situations délirantes et repoussantes (qui accepterait de se faire uriner dessus, sérieusement ?). Pourtant il y a de bonnes scènes pour expliquer les choses, comme une scène de dispute absolument jouissive, tellement elle est directe, ou quelques plans plus symboliques pour démontrer l’égoïsme ou l’immaturité des personnages. Mais dénoncer ne suffit pas, il faut arriver à faire évoluer les choses car nous sommes dans une fiction, et de ce point de vue, contrairement à d’autres téléspectateurs, je n’ai pas été convaincu. Reste le cas d’Adam qui passe de freak-à-fuir à gentil freak, mais cela ne change guère le bilan : bien que soulevant des questions intéressantes, cela manque de cohérence et de maturité, quelles que soient les louanges adressées bien trop rapidement à Lena Dunham. [Au passage je n’ai pas compris la polémique sur le manque de personnages noirs dans la fiction, et cette crise du politiquement correct à la télévision américaine m’insupporte de plus en plus. Bientôt il faudra des calculatrices pour regarder des séries télé. Je ne nie pas le problème de représentativité mais ça doit donner un débat bien plus large (quels sont les discriminants à retenir : les professions, les classes sociales, le sexe, la santé, l’obésité, le handicap, l’orientation sexuelle, la couleur de la peau, les positions politiques, les religions ?) . Je déplore donc cette focalisation outrancière bien trop hypocrite. ](♥)

Don’t trust the bitch in apartment 23 (ABC) Il y a plein de bonnes choses dans cette comédie rafraichissante : des personnages délirants délicieusement égoïstes, du rythme, de bons gags qui tendent vers l’absurde, mais à peine les 7 épisodes écoulés on se rend compte que la série n’arrive pas à faire évoluer son schéma et ça risque de tourner en rond rapidement, avec la colocataire systématiquement victime du comportement de l’héroïne et un Dawson unidimensionnel et distant. Je ne voudrais pas déséquilibrer la série en réclamant du soap (Suburgatory s’y est pris les pieds), mais je voudrais un peu plus de lien entre les personnages pour ne pas répéter les mêmes schémas et m’attacher un peu plus. Et puis donnez un peu plus de place à Liza Lapira, please !(♥)

Veep (HBO) Je suis surpris par les bonnes critiques de ce mockumentary basé sur une vice-présidente dépassée. Certes je n’affectionne pas le genre, mais je suis loin de rire à tout bout de champ comme je l’ai lu. Il y a énormément de flottement, de dialogues qui font remplissage, et une fois qu’on a compris le schéma d’un épisode (une bourde – un rattrapage), il n’y a guère que les mimiques de Julia Louis-Dreyfus pour me dérider. J’ai surtout le sentiment que les gags sont tronqués, comme si l’auteur ne voulait jamais aller au bout de son idée. Il y a une amorce, et ça fait pschit. Les thématiques politiques ne sont pas utilisées, il s’agit juste d’une guerre d’image, où la veep se ridiculise. C’est mon problème avec le genre, ridiculiser un personnage ça va pour quelques épisodes mais après il faut passer à autre chose car je m’ennuie profondément , et ce d’autant plus s’il n’y a pas de construction vers un moment clé (qui est propre aux sitcoms comme Frasier par exemple). Bref, je me suis lassé de ces soit-disant gags et je ne me suis pas attaché aux personnages. Je suis cependant allé au bout, et je ne verrai pas la seconde saison. Il y a une paresse flagrante dans l’écriture.(♥)

2 Broke Girls (CBS) Cette sitcom traditionnelle emploie tous les clichés possibles sur les minorités et balance des vannes sexuelles toutes les 30 secondes, mais j’ai réussi à m’attacher au concept de la série : une paris hilton fauchée qui survit en tant que serveuse dans un minable resto et qui espère s’en sortir grâce à la vente de cupcakes de son amie, laquelle a la répartie crue et facile. Le couple a une alchimie immédiate, et leurs effusions amicales bien que redondantes sont touchantes. Ce n’est pas le cas pour le reste du casting même si de nouvelles dynamiques sont apparues avec l’arrivée d’un autre personnage haut en couleur. On ne s’ennuie pas, on rit (avec honte) de quelques gags, et c’est à peu près tout. J’en ai paradoxalement une meilleure image que ce que disent mes statistiques (deux bons épisodes seulement). Et je ne pense pas continuer, sauf déficit majeur en séries comiques la saison prochaine.(♥)

On aborde maintenant les nouvelles séries qui ont été annulées (précocement ou non)

Je ne reviens pas trop longtemps sur Ringer (CW) dont j’ai déjà fait un bilan détaillé. Si j’ai apprécié les multiples rebondissements de ce thriller au rythme réussi et au puzzle suffisamment complexe pour multiplier les fausses pistes, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Avec le recul, je devrais me dire que ce n’est qu’un guilty pleasure pas très cohérent, mais j’ai réussi à être captivé tout le long et ce n’est pas une mince qualité.(♥♥)

Awake (NBC) n’a pas toujours su bien exploiter son concept des deux mondes alternatifs, donnant quelques épisodes policiers de facture basique, et ne parvenant pas passionner davantage. L’émotion était pourtant souvent là quand on évoquait sa famille, ce qui m’a permis de tenir jusqu’au développement de la mythologie, sur le fond assez décevante (même si j’ai aimé la conclusion), et sur la forme, très sympathique. Occasionnellement, le show a brillé, vraiment, avec un questionnement intelligent, de bons rebondissements et de l’émotion. Mais tous les épisodes n’étaient pas de ce niveau.(♥♥)

Best Friends Forever (NBC) Un concept tout simple, un casting sympathique, complice, un rien hystérique et attachant pour des gags certes un peu trop visuels (comme un personnage dénudé devant du monde), mais faits avec une approche sincère et authentique. Une sitcom, ça fonctionne aussi comme ça, sur une alchimie avec le téléspectateur, pas besoin de délire ou de créativité exacerbé, juste une tranche de bonne humeur pour passer le temps. Rien d’exceptionnel donc, mais je n’ai pas boudé mon plaisir.(♥♥)

Free Agents (NBC) avait un regard pertinent, incisif et drôle sur la drague et le monde de la communication, tout en donnant à son duo principal dépressif une rare alchimie et une certaine émotion. Avec des dialogues ciselés, cette série parvenait à donner aux échanges ce que j’attendais d’une comédie humaine. Je me souviendrais longtemps de la masculinité des parapluies. La série n’a pas marché pour un problème de cibles et un deuxième épisode bien trop faiblard, je pense. Un grand regret.(♥♥)

Si j’ai été frustré de l’annulation de certaines séries, je n’ai en revanche pas hésité à interrompre le visionnage de plusieurs autres.

Suburgatory (FOX) a été une histoire d’amour mouvementée qui s’est très mal terminée. J’étais plutôt circonspect devant cette comédie qui parodiait les suburbs et je l’avais finalement adopté grâce à son délire et grâce au duo père-fille très attachant et un rien Gilmoresque. J’étais même content de voir la galerie de personnages s’étoffer. Et puis le ton de la série s’est voulu beaucoup moins mordant, au point de transformer notre héroïne sarcastique en jeune fille apprivoisée, égoïste et particulièrement pénible. Les gags se raréfiant au profit d’intrigues soapesques, me voilà pris à mon propre piège. Je voulais me rapprocher des personnages, et je m’en suis au contraire bien éloigné. J’ai donc abandonné le navire au 17 ème épisode, juste avant d’apprendre qu’Alicia Silverstone allait retrouver son partenaire de Clueless à l’écran (Je vous ai déjà dit que je regardais Miss Match il fut un temps ?). Mais il était trop tard, j’étais revenu sur la terre ferme.(♥♥)

Pan Am (ABC) fut une expérience rafraichissante, qui n’était pas sans me rappeler la Croisière s’amuse, avec nos hôtesses de l’air tombant amoureuses des pilotes. Les romances, malheureusement, n’étaient pas suffisamment émouvantes pour que je réussisse à m’y attacher (la faute à un casting masculin insipide et à des intrigues pas assez travaillées). Ce sont donc plutôt les personnages féminins qui ont fait le show, mais leurs péripéties n’étaient pas brillantes non plus, exceptées pour l’espionne de service et une rare scène de Karine Vanasse nous replongeant enfin dans le contexte historique international. Les auteurs ont fait le mauvais choix de privilégier des romances sans alchimie, et les personnages sans le moindre potentiel. Du coup j’ai abandonné au 10ème épisode, sans regret.(♥)

Modern Family  (ABC, saison 3). J’ai toujours pensé que la série ne valait le coup que lorsque la famille se réunissait et que ses intrigues se chevauchaient. Hélas, elle s’est enfermée dans ses stéréotypes, rendant quasiment chaque gag prévisible dès l’ouverture de l’épisode. Cette saison fut de trop, moulinant ad vitam eternam les mêmes réponses, les mêmes comportements devant des situations maintes fois revues. Les personnages ont beau inspirer ma sympathie, je n’en pouvais plus. J’ai cru comprendre qu’enfin une certaine évolution était apportée en fin de saison, mais je n’ai pas tenu jusque là, je me suis arrêté au 11ème épisode.(♥)

Person of Interest (CBS) avait pourtant bien commencé son entrée, avec des acteurs charismatiques, un mystère sur le concept même de la prévision des actes criminels et une action tonitruante. Et puis malgré quelques astuces scénaristiques et contrairement à ce que je pensais, il fallait bien me rendre à l’évidence, je voulais une vraie mythologie et je me suis très vite lassé des épisodes où notre ange gardien intervenait. Les premiers éléments sur le passé de Reese n’était ni originaux ni émouvants, Enrico Colantoni manquait  d’épaisseur, bref, ça peinait à démarrer et j’en étais déjà au 10ème épisode, la série était devenue fade malgré une certaine recherche dans les rebondissements. J’avais la sensation que le concept était déjà usé et que tout cela manquait singulièrement d’ambition. J’ai donc arrêté à la pause de Noël. Et je me suis aperçu qu’un seul épisode m’avait convaincu jusque là : le pilote. Cela s’améliore par la suite, d’après mes lectures, mais je n’ai tout simplement pas l’envie de m’infliger des épisodes aussi ennuyeux jusque là.(♥♥)

Prime Suspect (NBC) Maria Bello avait fait un travail remarquable pour ce remake d’une série policière britannique. Mais deux points m’ont fait décrocher. D’une part le personnage principal a perdu de sa superbe en s’acclimatant avec ses confrères. Exit le chapeau, les propos sexistes et les confrontations : tout devient conformiste et sans personnalité. D’autre part les intrigues policières ne sont pas des enquêtes et ne permettent jamais au téléspectateur de jouer au whodunnit. On se contente de suivre les évènements, car c’est le hasard et non les capacités de déduction de notre policière qui permettent de trouver la solution. Un comble !  J’ai arrêté au 6ème épisode.(♥)

How i met your mother (CBS, saison 7) La série n’avait réussi à rester dans mes plannings que par la force de l’habitude. Lassé des gifles à répétition, sur les fausses promesses d’évolution des dynamiques, des gags qui ne fonctionnent que par le montage et où tous les personnages sont devenus des caricatures d’eux-mêmes, je me suis résigné à la mi-saison. Pourquoi maintenant ? Parce que je me suis aperçu que je ne me suis enthousiasmé sur aucun épisode jusque là. C’est devenu tellement évident que les scènes font du remplissage et que les acteurs moulinent dans le vide. Je n’ai jamais été fan de la série, malgré les clins d’œil, les gags récurrents, et les rollercoaster émotionnels. Ça fait bien longtemps qu’elle aurait du s’arrêter. Et si les auteurs ne veulent pas débrancher la prise, cette fois-ci je m’en occupe.(0)

The River (ABC) Nanar jouissif ou sombre daube, j’ai longtemps hésité. Comment ne pas résister aux protagonistes qui lorsqu’ils fuient, prennent la pose devant des caméras, ou sur ces angles de vue improbables pour un documentaire ? Comment ne pas s’esclaffer devant les démons amazones qui comprennent l’anglais,  sur l’équipage qui est une encyclopédie vivante sur les légendes du coin, sur la fille du mécano qui ne sait que prononcer des noms en espagnol pour faire peur, sur les innombrables cassettes qui détiennent la vérité et que l’on découvre toujours au bon moment ? Et puis, au 5ème épisode, j’ai compris : je me suis endormi.(0)

Passons maintenant aux séries « anciennes », et plus particulièrement les séries qui se sont achevées au bout de longues années d’exercice.

Cette année fut particulièrement douloureuse pour moi puisqu’il a fallu dire adieu à Chuck, et House, deux séries qui figurent dans le haut du panier et laisseront une trace indélébile dans l’histoire des séries américaines. La différence entre les deux ? L’une s’en est magnifiquement sorti, l’autre n’a assuré que le service minimum.

Chuck (NBC, saison 5) n’a pas eu droit à un article pour saluer son départ et je le regrette, mais comment résumer ce joyeux fourre-tout, ce cocktail d’action/romance/humour qui m’a comblé de joie pendant 5 années ? Cette dernière saison fut du fan-service intelligent et émouvant. Comme lors de la 4ème saison le début fut délicat pour retrouver le ton humoristique de la série, mais les auteurs ont rapidement su redresser la barre pour se concentrer sur l’essentiel : les personnages, qui vont opérer leurs dernières transformations. Et là, il n’y a que des bonnes idées, d’excellentes surprises, jouant habilement avec les premières saisons pour nous donner un final magnifique, sans doute le meilleur de cette saison 2011-2012. Je reprends mes mots : Chuck était la dernière série pour fans, celle qui a toujours su les respecter. C’était aussi la dernière série feuilletonnante qui pouvait à la fois être émouvante et ne pas se prendre au sérieux, à la fois la plus sincère et la plus enthousiasmante. C’est aussi selon moi la dernière survivante d’une certaine conception du divertissement, qui a su revenir année après année malgré l’audimat. Ses interprètes me manquent terriblement, j’espère les revoir bientôt et durablement (Zachary Levi n’a pas eu de chance avec sa nouvelle série Let it Go qui n’a pas été choisie, et Yvonne Strahovski aura un rôle dans l’avant-dernière saison de Dexter).(♥♥♥♥)

House (FOX, saison 8). J’ai déjà rendu hommage à la série, qui a malheureusement bien décliné cette dernière saison. On sentait déjà l’usure depuis quelques saisons, mais il y avait toujours une qualité d’écriture qui permettait de conjuguer à la fois le caractère de House et les cas médicaux. Ce ne fut plus le cas cette année, où son personnage est devenu plus incohérent et par moment plus caricatural encore. L’évolution psychologique du personnage principal a été remplacée par ses pitreries et on devine aisément que les auteurs ne savaient plus quoi raconter. Je me suis réveillé avec quelques épisodes sur Chase, sur la femme de House, ou quelques rares cas médicaux intéressants. Mais il ne restait qu’à tourner la page en se focalisant sur le lien Wilson-House, ce qui fut fait de manière honnête, sans rapport avec le statut de la série. Je ne cache donc pas ma déception.(♥)

Il nous reste à parler des séries « anciennes » qui continuent encore la saison prochaine.

Nikita (CW, saison 2) a encore eu une grande saison. Alors que la première montait graduellement en puissance, la seconde a attaqué d’emblée, multipliant les protagonistes et les blocs (Division, Oversight, Gogol, Zetrov), complexifiant et faisant bouger les enjeux et les alliances en continu, renouvelant l’intérêt sans perdre en cohérence (ce qui est un défi de taille). Mieux encore, elle a développé certains personnages pour les rendre plus sympathiques encore, comme Birkhoff, devenu geek culte. Seul problème : quelques ficelles un peu trop grosses dans le dernier tiers de la saison, avec une simplification des intrigues et des enjeux ainsi qu’un manque de coups tordus qui m’ont laissé sur la faim. J’ai aussi eu une légère inquiétude sur l’aspect sérieux de la série qui a tendance à s’atténuer. Heureusement le final est éblouissant, bourré de rebondissements, tendu, et osé. Le jeu d’échec est totalement modifié, et je suis très impatient de voir la suite.(♥♥♥♥)

Raising Hope (FOX, saison 2) continue de m’impressionner. Cette comédie est toujours inventive, efficace, et régulière. Sabrina prend enfin plus de place, la romance Sabrina-Jimmy prend un tournant très émouvant (pour peu que vous soyez romantiques comme moi). On a droit à des épisodes de plus en plus créatifs (mais avec du sens, hein n’est-ce pas Community). Léger bémol sur les gags pas aussi hilarants qu’en première saison mais on se rattrape avec l’attachement aux personnages, délicieusement idiots mais dont on ne peut jamais se moquer cruellement (les mockumentary devraient en prendre de la graine). Je suis également circonspect vis-à-vis de la fin de saison qui ouvre un peu trop le nombre de personnages gravitant dans l’univers de la série. Quant au final, bien que résumant joliment les « intrigues » de la saison, il sort trop du ton qu’avait su garder la série jusque là. Bref, j’espère que les auteurs ne vont pas s’égarer, même si je pense que ces « essais » sont là pour éviter que la série ne tombe dans la routine.(♥♥♥)

The Big Bang Theory (CBS, saison 5) Malgré quelques ratés au début avec une sur-utilisation de Sheldon et une Bernadette un peu en deçà, la saison fut emblématique des progrès réalisés. Oui, les personnages féminins ont quelque chose à dire sans que l’on ne perde les références geek (ce qui était la peur de nombreux fans masculins), et surtout leur alchimie est désormais optimale. Bien sûr, Amy en est le joyau central, tout bonnement irremplaçable, tant dans son obsession envers Penny que dans ses efforts pour « conquérir » Sheldon. Penny, qui pour équilibrer les temps d’antenne, prend temporairement un peu moins de place. Augmenter le nombre de personnages récurrents permet aussi une rotation des intrigues, donc d’éviter toute usure. Ainsi, la relation Penny/Leonard est toujours évoquée et le 100è épisode de la série est un classique. La série s’auto-référence de plus en plus, apprenant par exemple à Leonard que Sheldon a vu Penny toute nue. Enfin, le final est délicieusement geek et romantique, et on ressort de cette saison avec un grand sourire aux lèvres. La série est toujours en pleine forme, qui l’eut-cru ?(♥♥♥)

Game of Thrones (HBO, saison 2) Le début de saison fut un peu compliqué pour moi, je ne suis pas familier des romans, et l’augmentation du nombre de personnages fut difficile à assimiler. J’ai ainsi eu quelques soucis avec le récit qui s’éparpillait, non pas à cause de sa structure, mais à cause des liens familiaux, hierarchiques, historiques à potasser. J’ai toujours trouvé l’ensemble vraiment passionnant et à la moitié de saison, lorsque le récit s’est concentré sur des personnages plus familiers, j’étais ravi. Évidemment le budget n’est pas en reste, et malgré une réalisation un peu trop sombre, les premières grandes scènes de bataille de la série m’ont bluffé. Joffrey est plus sadique et lâche que jamais, Arya montre sa débrouillardise et a des échanges tout en finesse avec Tywin, Tyrion surclasse ses maîtres manipulateurs, et la pauvre Daenerys voit ses dragons convoités. Enfin, l’hiver est arrivé. La plupart des intrigues semblent inachevées et même si je déplore quelques facilités scénaristiques dans le final, ça va être dur d’attendre la suite.(♥♥♥)

The Good Wife (CBS, saison 3) a eu un démarrage difficile. Exit les intrigues politiques, place au soap, et vu que je n’étais guère emballé par le couple qu’on essaye de nous vendre depuis le début, j’ai donc abordé la série avec méfiance. L’inquiétude est venue ensuite : les enjeux ont disparu, les rebondissements et l’enquête juridique faisaient pâle figure, mais pourquoi diable la stratégie de CBS est venue à ce point déteindre sur la série ? Autre problème, la sensation que le concept n’arrive pas à évoluer : Will est forcément un séducteur, et les femmes travaillant chez le procureur sont nécessairement déterminées et opiniâtres. Il faudra attendre le 9ème épisode pour que les intrigues soient plus travaillées et que les enjeux se précisent. Et puis les bonnes idées refont à nouveau leur apparition : donner à Eli Gold un adversaire à sa taille (David Lee), reparler de Wendy, des amourettes de Diane, et de la famille Florrick. La venue de Matthew Perry ne m’a pas fait grand effet, malheureusement, et il faudra bien du remue-ménage chez Kalinda pour finir agréablement la saison (mais attention aux clichés sur son personnage qui se parodie ou se répète). Dans l’ensemble, donc, une saison inférieure à la précédente, mais heureusement toujours d’un bon niveau.(♥♥)

Parenthood (NBC, saison 3) Beaucoup d’améliorations dans cette saison, qui voit Drew prendre enfin un peu plus de place, Max à nouveau supportable, sans compter le retour de Jason Ritter et une jolie histoire pour Julia en manque d’enfant. Malheureusement, tout n’est pas parfait, puisque les auteurs ne vont pas choisir de bonnes intrigues pour Amber (j’espérais vraiment mieux vu son personnage à la fois fragile et déterminé) ou pour la relation Crosby/Adam. Haddie, une autre de mes chouchous, va peu à peu être délaissée. Mais sur la forme, l’équipe a toujours ce don pour traiter de façon sincère, émouvante tout ce qui arrive aux Braverman. Et c’est grâce à cela que le show fonctionne. On regrettera tout de même un final précipité, maladroit et pas aussi émouvant que prévu, même si je suis content de voir la famille s’élargir (mais chut !). NBC aurait du annoncer le renouvellement plus tôt.(♥♥)

The Mentalist (CBS, saison 4) D’énormes facilités scénaristiques et une gigantesque baffe aux téléspectateurs m’auront mis vraiment de mauvaise humeur pendant une partie de la saison. Au menu donc, un nouveau boss qui paraît plutôt intéressant à ses débuts, mais qui ne sert au final pas à grand chose. Il faudra attendre 6 épisodes pour que le show redémarre, mais pour de courte durée : exceptés quelques rares épisodes plutôt malins, les intrigues sont bien trop conventionnelles pour être passionnantes (et certaines à la limite de l’escroquerie : il suffirait de montrer un objet pris sur le lieu du crime pour que le coupable se révèle). Il faut donc se rabattre sur la vie privée des personnages, abordée de façon plus frontale, y compris pour Cho (!) ou pour Rigsby qui doit assumer une vie qu’il ne désire pas. Quelques guests de qualité égayent la série : Samaire Armstrong ou Morena Baccarin (je suis moins fan de Malcolm Mc Dowell) reviennent jouer pour mon plus grand plaisir. Enfin, la série tente de raconter plusieurs intrigues par épisode afin d’ajouter du rythme. Ça fonctionne mais ça ne change rien aux mécanismes bien trop usés. Et puis surtout, avec les évènements du début de saison, je n’y crois plus, et le final n’est ni surprenant, ni excitant. J’ignore encore si je vais continuer ou non la série.(♥)

Grey’s Anatomy (ABC, saison 8) La série rebondit de manière agréable, même si mes espoirs étaient minces. La fin de saison déterminant l’avenir de la petite troupe est particulièrement intéressante, même si je déplore l’éternelle tragédie sanglante pour rameuter le téléspectateur. Si le show retrouve le bon chemin, c’est surtout parce que l’humour est de retour, et que des personnages emblématiques reviennent dans leurs cadres de départ (Christina et Bailey notamment). Et puis, après l’avoir tant désiré, ça y est, April Kepner prend enfin de l’importance. Si Jackson ne me passionne pas, il faut avouer que sa mère est hilarante, et elle apporte beaucoup. Meredith et Derek restent insipides, en revanche et je suis déçu de ce qui arrive au couple Owen/Christina. Si leurs échanges étaient intenses et intéressants, ils avaient tendance à s’allonger et à se répéter. En un mot, c’est devenu lourd alors que j’aimais beaucoup leurs regards croisés et la manière dont ils s’étaient parlé jusque là. D’une manière générale, les intrigues médicales sont plus fades mais plus authentiques à l’esprit originel de la série. Je n’ai pas retrouvé la flamme, car la série partait de très loin, mais au moins j’ai eu quelques bons épisodes sous la dent.(♥)

Fairly Legal (USANetwork, saison 2) J’ai mis du temps à accepter l’évolution de la série. Si je suis content que l’assistant geek prenne moins de place, j’ai eu du mal avec le triangle amoureux imposé. Et puis la série a arrondi quelques angles, utilisé le jeu de regards de Sarah Shahi et la sauce a pris. Mais ce nouvel équilibre s’est fait aux dépends de Lauren, qui n’a désormais plus beaucoup d’intrigues intéressantes, exceptée une meilleure complicité avec Kate, qui fait plaisir à voir. Les intrigues judiciaires sont malheureusement pas très passionnantes, et une fois encore le pétillant de l’actrice sauve la mise. De justesse.(♥)

The Walking Dead (AMC, saison 2)La saison fut ennuyeuse à souhait. Entre les dialogues inutiles, les remplissages, les zombies qui ne font plus peur, je n’ai pas eu grand chose pour tenir. Ah si, Glenn et son amourette. Quant au trio infernal, il était temps qu’il s’arrête… d’une manière ou d’une autre. Situations ridicules, comportements incohérents poussant à la mise en danger d’autrui, psychologie de bazar, le show ne réussit que ses scènes chocs où la mort arrive enfin. Mais cela ne suffit pas à donner l’impression d’un show post-apocalyptique. La fin de saison est cependant bien plus rythmée, et on nous promet de belles choses pour la saison 3, j’aimerai tant les croire…(0)

Dexter (Showtime, saison 6) Malgré le twist de la saison, je n’ai pas réussi à apprécier le grand méchant de la saison, qui se perd dans des dialogues et des mises en scènes ridicules. J’insiste sur ce mot : ridicule, car c’est bien ce qui résume cet assemblage de fausse religiosité et de boites de farces-et-attrapes lorsque le tueur s’exécute. Du côté de Miami Metro c’est pas la joie non plus, puisque Josh Cooke n’apporte pas ce que j’attendais de lui, Quinn se conduit comme un petit chien, et Debra commence à avoir de drôles de rêves sur son frère. Tout le discours sur la religion et les tueries de Dexter n’a aucune cohérence (et avec le recul on se demande vraiment quel a été l’intérêt de s’attarder sur Brother Sam). Quant à Dexter, il continue de laisser plein de traces sanguinolentes derrière lui sans souci, jusqu’à ce que les auteurs se rappellent qu’on arrive à la fin de la saison et qu’il faut faire revenir les téléspectateurs. Et là ils utilisent leur dernière carte maîtresse de la façon la plus risible qui soit. Encore deux saisons. Et ils ont intérêt à donner un rôle intéressant à Yvonne !(0)

Alors, une belle saison ? Plus diversifiée que prévue, mais moins régulière aussi (j’ai eu des semaines sans aucun épisode marquant), avec un net sentiment d’usure pour bon nombre de séries, cette saison ne fut pas des plus convaincantes mais je n’ai pas envie d’être alarmiste, pour une fois. La création télévisuelle est telle que l’on peut retrouver des projets intéressants sur n’importe quelle chaîne (et c’est pas Bunheads sur ABC Family, par exemple, qui me dira le contraire). De toutes manières, ça fait belle lurette que les fictions américaines ne suffisent plus à remplir mon estomac !

Bilan de mon année télé 2011

Je tiens encore à m’excuser pour le manque de mise à jour ces derniers temps, et je vous remercie pour votre fidélité, le fait est que j’ai un peu de mal à me remotiver pour la suite, ma vie personnelle étant ce qu’elle est. Je me suis aperçu, en plus, que je n’avais même pas fêté le deuxième anniversaire du blog début décembre (!).

Mais je tenais quand même à évoquer – rapidement – cette année télé.

Commençons si vous le voulez bien, par les dramas asiatiques. L’année dernière j’avais formulé le souhait d’en regarder davantage, étant de plus en plus frustré par l’actualité et par certaines reviews élogieuses. Autant le dire tout de suite, ce ne fut pas le cas. Une fois de plus, je n’ai pas pu abandonner certaines séries américaines en cours, et je n’ai donc pas pu libérer plus de place sur mon agenda.

Pour autant, j’ai trouvé cette année dramas en demi-teinte.

Du côté japonais, j’ai définitivement abandonné toute tentative de regarder une ou deux séries de saison. Curieusement, cette année 2011 je n’ai pas vu beaucoup de dramas japonais en entier. Je n’avais pourtant pas pour habitude d’abandonner des dramas aussi facilement, mais avec les problèmes techniques (la généralisation d’un format que je ne peux lire dans des conditions de visionnage confortables), et un investissement moindre pour les personnages, je n’ai pas eu de véritable coup de cœur cette année, Jin saison 2 exceptée. J’ai même du mal à terminer la deuxième saison d’Hotaru no Hikari, moi qui avait pourtant adoré la première. La réalité, c’est que j’aurai du réserver plus de place à la découverte, ou laisser plus de chance à une série pour s’installer (comme Love Shuffle). C’est toujours frustrant de se dire qu’on passe à côté de plein de choses par manque de temps, et il va vraiment falloir que je ré-équilibre tout ça.

Du côté coréen, là aussi, j’ai été surpris par mon manque d’investissement à moyen terme. Le problème, c’est que je n’ai même pas le temps de commencer un drama que les prochains me font encore plus saliver. (C’est fou comme je suis devenu accroc aux annonces de casting, aux teasers, aux posters). Et puis, à force de lire des reviews, vient le doute. Aurais-je du continuer The Musical, Flower Boy Ramyun Shop, 49 days, Dream High, My Princess… (Pour Flower boy je crois qu’il va falloir me forcer, vu les critiques dithyrambiques) ? Aurais-je du tenter de visionner des dramas plus « girly » comme I need romance ? C’est souvent une question de cible, et cette année j’ai trouvé moins de dramas capables de me toucher, en tant qu’homme. Entre les k-pop idols et les flower boys, j’ai eu du mal à m’y retrouver. Après un hiver passé à me réjouir de certaines scènes de Secret Garden, j’attendais avec impatience le retour des comédies romantiques, lesquelles se sont révélées sympathiques (Baby-faced beautyThe Greatest Love) mais ne réussissant jamais à réunir l’intégralité des ingrédients requis. L’exemple parfait étant Lie to me. Avec un tel casting, une telle alchimie, j’ai pu vivre de belles scènes, mais l’ensemble manquait de liant pendant les 90 % du temps. Je peux d’ailleurs pleurer amèrement sur le retour de comédiennes que j’aime beaucoup : Yoon Eun Hye bien que convaincante, n’a pas choisi le meilleur drama avec Lie to Me. Quant à Kang Hye Jung, que j’attendais tellement depuis Flowers for my life, elle n’a quasiment aucun rôle dans Miss Ripley. Reste à m’investir, peut-être, sur la reine Kim Sun Ah et Scent of a woman. Mais ce que j’ai pu en lire laisse à penser que le drama n’a pas su aller au bout de son concept.

Heureusement, il y eut le drama City Hunter, qui malgré son nombre affolants de faux cliffhangers, a su rester passionnant. Et puis d’autres productions se sont révélées de très bonnes surprises, comme White Christmas et son ambiance, mais aussi Killer K dont l’action survitaminée, la tension ont permis de contrebalancer un scénario en tous points risible. Et puis, j’ai pu rattraper quelques dramas comme  l’épique The Legend, le déjanté Coffee House, le mystérieux Harvest Villa voire même quelques KBS Drama Special. De quoi oublier mon temps perdu devant Manny. Allez, l’année prochaine, je vais essayer de m’investir davantage dans un genre auquel j’ai toujours été réticent (les dramas historiques), et tenter par exemple Princess Man…Mais au final, c’est plutôt l’approche du drama coréen en tant que tel qui m’a plu cette année (collaborer à Critictoo pour essayer de trouver une liste de séries pouvant donner envie aux curieux, faire des dossiers sur la culture coréenne dans les séries (le korea special event va reprendre ne vous inquiétez pas), m’amuser avec les produits dérivés ou essayer de saliver devant la liste de dramas à venir…)

Enfin, venons-en aux séries américaines. La fin de saison précédente a déjà fait l’objet d’un billet, et comme je n’ai pas fait de réel bilan de la rentrée mis à part un article regroupant les critiques des pilotes, voici donc mes impressions. La saison précédente j’ai du dire adieu à Life Unexpected, V, Traffic Light, Chicago Code, Better with you, et Men of a certain age. Quelles séries allaient pouvoir combler ce vide ? Contre toute attente, et malgré le niveau plutôt moyen de la rentrée, je me suis surpris à accrocher à de nouvelles séries.

Parmi elles, Once upon a time signe le retour du fantastique à la télévision, et malgré des effets spéciaux au budget limité, et un enfant casse-pied, le récit est suffisamment bien tricoté avec notamment des flashbacks intéressants pour à la fois nous faire réfléchir via quelques puzzles et pour nous émouvoir sans niaiserie (ce qui n’est pas facile vu le sujet du conte de fée). Le casting est impeccable, et vu mes réactions aux premiers rebondissements, je suis attaché aux personnages. Bref, en 7 épisodes, à part un épisode en deçà, j’ai vraiment été conquis.

Je n’ai pas eu le temps de faire un bilan de la première saison, passée à la vitesse de la lumière, mais déjà je peux dire que j’ai adoré Boss. La petite Starz jouait gros, mais a réussi à diffuser une petite pépite. Bien sûr tout le monde ne va vous parler que de Kelsey Grammer, que j’adore (on ne dira jamais assez à quel point Frasier était une sitcom exceptionnelle), mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est le sens de la mise en scène. Ces détails qui cherchent à rendre grandiloquent la moindre prise de vue. Il y a là une approche qui permet à la fois une lecture réflexive et surtout, émotionnelle. Comment éprouver de la compassion pour un être abject mais malade, qui s’accroche désespérément à ce qui lui reste : le pouvoir, alors qu’il a tout perdu par sa faute. Il y aurait tant à dire sur l’irruption de la maladie, présente dans chaque processus de décision, mais niée autant que possible. Tant de choses à dire sur les nombreux rebondissements dans cette lutte de pouvoir, ces coups bas, cette distorsion de la réalité, cette chasse à l’homme médiatique et la corruption généralisée. La série de cette fin d’année, assurément. (La première partie étant réservée à Game of Thrones).

Je nuance mon appréciation sur Homeland, qui fait déjà les gros titres un peu partout. Si la série a d’indéniables qualités : d’excellents interprètes, du suspense, un joli puzzle à déchiffrer, certains rebondissements m’ont fait tiquer. Un peu comme 24, la série n’arrive pas à prolonger son thriller sans décrédibiliser l’intelligence des personnages et certaines facilités. De fait, beaucoup d’évènements sont prévisibles et, il faut bien le dire, rageants. Mais je n’ai pas boudé mon plaisir, ça faisait longtemps qu’on avait pas eu une série aussi passionnante.

Hormis ce trio de tête, deux autres séries dramatiques ont su m’accrocher : Pan Am et Ringer. Deux séries dont l’ambition démesurée se frotte aux dures réalités : la reconstitution politique pour l’une, le puzzle d’un thriller pour l’autre. Au final, on se retrouve avec deux séries superficielles, au charme limité.Une amère déception surtout pour Pan Am, qui à défaut, aurait pu être davantage passionnante si au moins les histoires de cœur n’étaient pas aussi ridicules.

Et puis il y a les séries dont on se lasse très vite. L’année dernière ce fut Hawaï 5-0, qui n’arrivait pas à donner un background intéressant à ses personnages. Cette année, c’est notamment le cas de Person of Interest. Oui,c’est un formula show, mais le concept aurait pu donner d’intéressants rebondissements. Une fois les personnages dessinés de manière minimaliste, il ne reste plus qu’à bailler. Si quelques épisodes se sont révélés plaisants, on tourne vite en rond. Autre show policier abandonné, Prime Suspect. La prestation de Maria Bello n’est pas en cause, mais l’évolution de la série laisse pantois. Sur un concept on ne peut plus basique, voilà que les scénaristes ont choisi d’affadir le personnage principal et ses relations difficiles dans un univers policier macho. Et comme les enquêtes policières n’en sont pas (aucun raisonnement, aucune astuce, juste la chance ou le hasard pour découvrir le coupable), j’ai jeté l’éponge.

Je passe volontairement sur les séries qui m’ont fait fuir, comme Terra Nova. Reportez-vous au billet concernant les pilotes si besoin.

Heureusement, cette rentrée est aussi le retour des séries comiques. Après avoir échappé à l’horripilante New Girl, à la soporifique Whitney ou aux improbables mâles en perte de repères (Last Man Standing, Man Up, How to be a gentleman), j’ai trouvé deux jolis couples : le premier, fauché, qui baigne dans les blagues sexuelles et les réparties agressives (2 Broke Girls), le deuxième, entre un père et une fille qui essayent de s’accommoder à leur nouvelle vie déjantée dans les suburbs (Suburgatory). Malgré tout, les épisodes sont assez inconstants, mais j’espère toujours une amélioration.

Et heureusement que les nouveautés sont là, car au niveau des reprises, c’est la catastrophe. Dexter (saison 6) réussit l’exploit de détruire à peu près tout ce qui restait de la série (la relation « familiale ») tout en sombrant dans la mise en scène ridicule. The Walking Dead (saison 2) m’a fait autant d’effet qu’une boîte de somnifères excepté la jolie scène finale. House (saison 8) n’a pas su rebondir après sa calamiteuse fin de saison dernière, proposant des épisodes sans aucune perspective intéressantes pour les personnages malgré un cast plaisant et des cas médicaux guère passionnants. How i met your mother (saison 7) n’a réussi à retrouver l’humour que le temps d’un épisode, juste avant de tout détruire à nouveau. Modern Family (saison 3) n’arrive pas à faire évoluer ses personnages, et ses gags sont archi-prévisibles. Grey’s Anatomy (saison 8) a certes donné de meilleurs épisodes que la saison passée avec un peu plus d’humour, mais on est encore loin du niveau acceptable pour me faire à nouveau apprécier les personnages.

Quelques séries réussissent peu à peu à se sortir de leur bourbier : The Good Wife (saison 3), d’abord (qui a développé une relation auquel je n’accroche pas au lieu de montrer un fil rouge et des enjeux intéressants), et The Mentalist (saison 4) qui après l’énorme gifle du season premiere a donné quelques épisodes plus sympathiques pour se faire pardonner. Enfin, le retour de Chuck (saison 5) fut très décevant, avec un manque flagrant d’imagination et d’intrigues efficaces. Les derniers épisodes ont heureusement su redresser la barre : il fallait retourner à la spécificité de la série.

Alors que reste-t-il comme moments forts dans cette semaine ? Nikita (saison 2) tout d’abord, qui a su densifier son univers sans perdre en cohérence ni en enjeux. Parenthood (saison 3), ensuite, malgré quelques maladresses de personnages et une émotion en dessous de la saison passée. Enfin, pour les séries comiques : deux constantes : The Big Bang Theory (saison 5), qui a développé avec délice le personnage d’Amy, et Raising Hope (saison 2) qui fait toujours preuve de créativité.