Acteurs et actrices coréennes : Ha Ji Won

Ha Ji Won est une actrice prolifique qui aura su accumuler les succès populaires malgré – disons-le – quelques films très passables. Elle aura joué de multiples rôles dans autant de genres : histoire, action, horreur, romance, comédie, mélo, fantastique,…

Sa carrière mêle habilement séries et films. Elle commence par un petit rôle dans une longue série historique (Tears of the Dragon, 1996) avant d’enchainer séries et films.

En matières de séries, c’est principalement Damo qui l’a révélé en 2003.

Elle enchaine avec une romance What Happened in Bali en 2004 et à nouveau une fiction historique Hwang Jin Yi (laquelle fera l’objet d’un film avec Song Hye Kyo).

Hwang Jin Yi est une poète, musicienne et danseuse de l’ère Chosun, qui subira de plein fouet les différences de classes sociales. Ha Ji Won sera récompensée pour ce rôle.

Parmi sa longue filmographie on retiendra notamment son premier film Ditto (2000), un mix entre le film Frequency sorti la même année aux USA (l’histoire d’une radio qui fait le voyage dans le temps) et Il Mare sorti lui aussi en 2000 (pour l’histoire d’amour à travers le temps). Comme quoi les idées sortent toutes au même moment à travers les continents…

Puis Phone (2002), un film d’horreur comme en savent faire les coréens.

Sex is zero (2002) est la version coréenne d’American Pie (comprendre  sexy et trash). Le film fonctionne plutôt bien d’ailleurs, contrairement à ce qu’on aurait pu croire.

Viendront ensuite 3 comédies romantiques pas forcément indispensables : 100 days with mr arrogant (2004), love so divine (2004), daddy long legs (2005).

Le cas Duelist (2005) est plus intéressant. Un exceptionnel travail sur la forme (scènes d’action chorégraphiées), noyée dans une histoire langoureusement médiocre.

Miracle on 1st street (qui réunit le duo de Sex is Zero) est déjà plus sympa, pour une histoire autour de gens expulsés de leurs habitations (un thème assez fréquent dans les films coréens).

Après un petit caméo dans Sex is Zero 2, Ha Ji Won retrouve Cha Tae Hyun dans Ba:Bo (Miracle of a giving fool). Mais j’en ai déjà parlé lors de mon post sur l’acteur.

Ha Ji Won retrouve une place de premier choix avec Haeundae, un blockbuster racontant l’histoire d’un tsunami heurtant la plage de Haeundae, à la périphérie de la ville de Busan. Le film fait un record au box office mais objectivement souffre d’une trop grande emphase dans les effets spéciaux et les scènes dramatiques. Néanmoins il conserve quelques moments impressionnants qui justifient le détour.

La popularité de Ha Ji Won continuant de grimper, elle enchaine avec Closer to Heaven (My love by my side). L’histoire d’un homme atteint de la maladie de Charcot (c’est la maladie dont souffre le célèbre physicien  Stephen Hawking) C’est un mélodrame plus réaliste, c’est à dire que sa forme est plus proche des films de Hur Jin-Ho (April Snow, Christmas in August) ou Lee Chang Dok (my secret sunshine) que les les mélos populaires habituels en Corée).

Enfin elle vient de terminer le tournage d’un autre blockbuster, Sector 7, un film fantastique autour d’un monstre situé sur une plateforme pétrolière. Elle enchaîne désormais avec un retour à la télévision dans le drama de SBS Secret Garden (prévu pour septembre 2010).

C’est sûr, Ha Ji Won n’a pas joué dans les meilleurs films (ou séries) du pays du matin calme, mais sa diversité de jeu lui permet de conserver une excellente popularité.

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Damo

Il était temps que je parle du premier drama coréen sorti en DVD en France. 2 volumes, pour 14 épisodes en tout. Ce drama historique rempli de scènes d’action était finalement un choix logique quand on sait que pour le grand public, tout ce qui est asiatique est forcément bourré de scènes de kung-fu (J’exagère à peine). Mais c’est bien mal connaître et comprendre la sensibilité du pays du matin calme, qui ne met pour ainsi dire jamais de scènes d’action sans une vraie intensité dramatique.Et puis en plus, c’est pas du kung-fu !

L’histoire ?

1692, Royaume de l’ancienne Corée. Une jeune femme meurt dans de mystérieuses circonstances. Le commandant du bureau de la police Hwangbo Youn envoie la détective Jang Tchaeok enquêter sur les lieux du drame. Au cours de son investigation, la jeune Damo (détective de basse classe) découvre que la victime fut d’abord violée avant d’être assassinée… C’est le début de l’aventure. Le récit explore les relations que Jang Tchaeok entretient avec son chef, et un rebelle qu’elle rencontre au détour d’un combat. On s’aperçoit bien vite que derrière une enquête sur la fausse monnaire se cache une conspiration bien plus importante…

Jang Tchaeok est jouée par la magnifique Ha Ji Won, autre superstar en Corée (par des films comme Haeundae, Love so divine, Sex is Zero, ou Duelist – qui se rapproche un peu de Damo). Son personnage doit non seulement combattre le crime, mais aussi se battre contre le rapport de force homme/femme. La position de la femme dans la société est  évoquée mais fort heureusement pas eu point d’en faire des couches de machisme. Son chef est incarné par Lee Seo Jin (spécialisé dans les dramas horrifiques comme Freeze, Soul), et le rebelle est joué par Kim Min Joon (Someday).

La reconstitution historique est vraiment bien faite, on sent le poids de la culture, de la hiérarchie, de l’honneur. En revanche, au niveau de l’action, je suis malheureusement peut-être un peu trop exigeant, parce que même si la mise en scène se veut ébourrifante, on sent que le réalisateur n’a pas le même talent que Zhang Yimou. On a donc le droit parfois à de violents mouvements sur un zoom, façon « papa tremble avec son camescope ». On sent pourtant de l’ambition, malheureusement pas toujours placée au bon endroit (des accélérés dans des scènes de la vie courante, euh…).

Le récit démarre en présentant ses personnages au travers d’une enquête de police. Et là, on est loin de CSI. Heureusement d’ailleurs, car c’est vraiment intéressant de voir l’opposition entre une enquête scientifique de nos jours, qui montre tout, sans pudeur, et cette enquête dans l’ancienne Corée, obligée de respecter la morte. Dans le cas d’une suspicion de meurtre d’une femme, une autre femme la déshabille (ou plutôt la découvre légèrement), on ne parle pas de sperme mais de traces d’un homme, … Cela n’empêche d’ailleurs pas que l’enquête soit règlée avec inspection des narines, déduction et usage de psychologie.

Comme dans la plupart des dramas coréens assez anciens (ça date de 2003), une large part des épisodes est constitué de scènes développant les histoires de chacun, avec emploi de multiples flashbacks. Ca sert notamment pour mieux comprendre des personnages un peu « froids ». Il faut dire que j’ai eu un peu de mal à rentrer dans l’intimité de ces personnages, donc j’ai eu du mal à être « shipper ». Du coup, les scènes larmoyantes me paraissent trop accentuées.

En fait si le drama a un défaut, c’est celui du rythme, car les scènes sont très longues, et l’histoire n’avance pas vite, malgré quelques rebondissements. Il faut tout de même attendre 6 épisodes pour que cela s’améliore, tant au niveau des scènes d’action que de l’intensité dramatique. Le tout se finit par un excellent épisode même s’il était malheureusement prévisible, offrant une première demi-heure de folie niveau action, puis les enjeux sentimentaux reprennent le dessus pour finir en apothéose sanglante.C’est intense de bout en bout, et malgré quelques retournements de situation tarabiscotées pour accentuer la tragédie, l’épisode vaut son pesant de cacahouètes.

A noter que le making of bonus du coffret est très sympa, on sent que les acteurs se sont bien marrés, ça donne un éclairage extrêmement sympathique à la série, et pour tout dire, rehausse encore un peu plus l’avis que j’ai sur la série. 2 millions d’euros pour la série toute entière, avec des scènes d’action de cet ordre, alors que c’est à peu près le budget d’un épisode de série US, qui dit mieux?

Pour terminer sur la question  » alors à conseiller ou pas » ? je suis bien embêté. Car si la sauce a pris et que j’ai aimé la série, c’est en réussissant à faire abstraction de ses défauts (qui sont nombreux). A chacun de voir donc, s’il veut tenter l’expérience. Sachez cependant que Damo a eu un énorme impact en Corée, la beauté de certaines scènes n’y est certainement pas étrangère.

C’est tout de même dommage qu’une telle initiative (sortir un drama coréen en DVD), ne soit pas suivie. Le site Drama Passion assurera-t-il la relève ? J’en doute fortement. (Pour info le site Drama Passion vous permet de regarder gratuitement en streaming les deux premiers épisodes de dramas coréens, avant de passer à la caisse. Mais bon, payer pour du streaming ?)