Dating Agency Cyrano [Pilote – Corée]

cyrano dating agency

Adaptée du film Cyrano Agency (avec Park Shin Ye et Choi Daniel), la série de la chaîne câblée tvN possède un concept suffisamment rafraichissant pour qu’on s’intéresse à elle.

Dans l’univers très formaté et rigide des blind-date coréens, il n’y a finalement que peu de chances pour qu’un couple puisse réellement se connaître et s’apprécier. Les agences matrimoniales ne fonctionnent qu’en cochant des cases, afin de bien séparer les couches sociales, par exemple. La pression pour se marier et pour trouver le partenaire idéal est de plus en plus importante, et notre héroïne qui travaille dans une telle agence rêve de créer des couples parce qu’elle croit réellement en l’amour.

cyrano dating agency choi sooyoung

Quand un homme sincère et émouvant vient lui demander de l’aider à conquérir sa belle qui l’ignore complètement, Gong Min Young (Choi Sooyoung) décide d’outrepasser les ordres de sa chef. Qu’importe les statistiques, les requis, ce qui compte c’est l’amour. Elle essaye alors d’instiller une ambiance romantique pour son client, mais dans un  ultime twist, toute son approche est sabotée.

cyrano dating agency lee jong hyuk

Elle ne va pas tarder à découvrir le pot-aux-roses : c’est de la faute de l’agence Cyrano, qui avait un tout autre projet. Ses employés sont des hommes qu’elle compare à des robots, qui travaillent pour l’argent, et non par envie de rendre les gens heureux. Leurs méthodes sont particulièrement efficaces : ils élaborent de vrais scenarii pour faire tomber les gens amoureux (d’où l’inspiration Cyrano de Bergerac). Il y a là définitivement quelque chose qui peut plaire aux amateurs de séries d’espionnage : de l’enquête aux rebondissements pendant une mission, tout est là pour donner du rythme à l’intrigue romanesque.

Et notre héroïne va finalement décider de travailler pour eux. Elle sera évidemment en conflit avec le patron de l’agence Cyrano, qu’elle considère comme sans cœur, et sera surveillée de près par le patron du restaurant voisin, qui cache bien des secrets.

Étant le 4ème « volet » des flower boys de tvN, la fiction aurait pu me refroidir, mais fort heureusement la fiction ne fait pas tant cas de l’apparence masculine, et on plonge assez vite dans les scenarii romanesques. Hélas, passé l’effet découverte, on s’aperçoit aussi assez vite que le show manque d’ingrédients pour rendre les personnages attachants. Même si on nous démontre l’antagonisme « éthique » entre les deux personnages principaux, on peine à les apprécier. Tout au plus devinera-t-on une brisure dans le passé du héros.

cyrano dating agency lee jong hyuk choi sooyoung

Ça va vite. Trop, peut-être. Autant j’apprécie les épisodes de 45 minutes, autant le réalisateur, à force de vouloir aborder tous les sujets, oublie de parler de ses personnages. Le rapprochement avec l’écriture américaine, sans sauter aux yeux, est présent, et indigeste. A un moment, il faut choisir. Le cliffhanger de la fin du second épisode vient un peu comme un cheveu dans la soupe. Conquis par les rebondissements de la mission, je voulais qu’on mette l’accent sur les évènements à venir, et pas sur les deux personnages qui se disputent. Et ça, pour un drama coréen, c’est problématique.

Le propos sur l’amour en lui-même est assez confus. Je m’attendais à quelque chose bien plus touchant. Le show évite une réflexion sur ce qu’est l’amour. Quand on travaille dans ce secteur là, on s’attend à des réflexions un peu plus abouties. C’est dommage parce que le sujet est en or.

Alors bien sûr il est un peu tôt pour préjuger de la suite, et j’espère vraiment que le show va devenir émouvant. Mais j’ai beaucoup de mal avec l’alchimie du couple. Convenez que pour une histoire qui se focalise justement sur ces aspects là, il y a de quoi être frustré.

cyrano dating agency cast

Heureusement, ce qu’il perd en profondeur, le drama le gagne en légèreté. Sans être drôle, le show, rythmé, est vraiment rafraichissant. Les rebondissements sont bienvenus, jamais forcés, et laisse au téléspectateur le bénéfice de la surprise. Bref, on s’amuse. Vraiment. Même si je mets trop en avant les défauts des deux premiers épisodes de la série, j’ai passé un bon moment. La réalisation n’est pas en reste, aidée par la musique qui soutient de manière efficace les montées d’adrénaline. A part deux ou trois séquences qui abusaient des mêmes effets sonores, difficile de décoller du canapé.

Signalons aussi que le jeu d’acteur de Sooyoung (du groupe Girl’s Generation) a eu quelques ratés (quand elle a trop bu notamment). Plutôt dommage puisque le reste de sa performance était d’un bon niveau. Quant à Lee Jong Hyuk (a gentleman’s dignity) il manquait un peu de piquant pour réellement arriver à s’investir dans son personnage. Enfin, il faudra dire au réalisateur que Lee Chun-hee (Gloria) a tout sauf un air mystérieux avec ses gigantesques et affreuses lunettes.

Au moment du verdict, me voilà bien embêté. Autant c’est très agréable à suivre, autant le show se révèle très frustrant à survoler ses personnages. J’aurai adoré avoir un coup de cœur, mais autant me rendre à l’évidence, il n’est pas venu. Mais il y a de fortes chances que la série fasse l’objet d’un rattrapage cette année.

feu_clignotant1

Publicités

[Pilote – Corée] Love Rain

La curiosité l’a emporté. Je n’étais pas très emballé à l’idée de voir les débuts de Love Rain, car je considère avoir eu ma dose de mélos des années 2000 (Winter Sonata, Autumn in my Heart,…). Et puis finalement, je me suis dit que ça serait une expérience intéressante, qui raviverait peut-être une sensibilité désormais plus cachée dans les productions actuelles. Et c’est le cas.

Love Rain est un petit évènement en soi, puisqu’il s’agit du grand retour de Yoon suk Ho et Oh Soo Yun, responsables de Winter sonata et Autumn in my heart. Faut-il le rappeler, ce sont ces dramas qui sont en partie responsables de l’Hallyu. Ces deux dramas prenaient leur temps pour faire avancer leurs intrigues et surtout n’hésitaient pas à recourir aux artifices les plus larmoyants possibles.

De telles recettes existent encore, mais de nos jours le rythme des épisodes est tout de même plus élevé, et surtout l’attente n’est plus la même. Love Rain fait donc un bide actuellement dans son pays, alors que ses droits ont déjà été achetés dans de multiples pays d’Asie.

Love Rain raconte d’abord l’histoire d’un couple maudit dans les années 70. In Ha est un étudiant en art, qui aperçoit  le visage de Yoon Hee. En 3 secondes, il tombe amoureux. Lorsqu’il la croise à nouveau, il récupère son journal intime qu’elle venait de faire tomber. Il rentre alors dans les pensées de la jeune fille. Cette orpheline ne comprend pas la phrase : « l’amour ne s’excuse jamais », tirade du film Love Story qu’adoraient ses parents. Pour In Ha, qui en parle avec son ami Dong Wook dénué de sensibilité, c’est parce que l’amour vient du cœur, deux cœurs qui se comprennent. Et c’est justement avec cet argument que Dong Wook va se rapprocher de Yoon Hee, sans savoir que In Ha est déjà amoureux de la même fille…

La série nous présente donc 6 amis, 3 filles et 3 garçons qui évidemment ont chacun un coup de cœur non réciproque, excepté In Ha/Yoon Hee. Le contexte des années 70 permet de mieux accepter la lourdeur, la lenteur et la naïveté des protagonistes. Véritable bouffée nostalgique comme le furent bien des films, on plonge sans problème dans cette époque de censure, de salut au drapeau coréen, où la jeunesse ne peut porter des jupes au-dessus des genoux, où elle porte des pattes d’éléphant et des habits aux couleurs vives tout en écoutant des chansons d’amour. Cette époque pourtant trouble revient en force dans les productions coréennes (on citera par exemple le drama Lights and Shadow ou d’un point de vue musical Roly Poly de T-Ara).

Le contexte, cependant, n’excuse pas tout. Pour quiconque a vu quelques romances coréennes, le pilote nous propose ni plus ni moins qu’un résumé du genre, où la météo finit par réunir les deux tourtereaux sous un parapluie, où le jeune homme se précipite pour sauver la jeune fille d’un accident, etc.. (D’ailleurs je n’ai pas pu m’empêcher de comparer aux scènes de pluie du très beau film The Classic). Ce n’est pas rédhibitoire pour moi, puisque ça fait partie du charme, mais ça manquait un peu d’émotion et de fragilité sincère. Ce qui est plus gênant, au fond, est l’absence d’expressivité de nos personnages, bien trop doux et rêveurs, au manque de caractère flagrant. Romantique ne veut pas dire mou, mais sensible. Et tout cela est encore exacerbé par le rythme de l’histoire particulièrement lent.

Pour autant, si on se prend le temps de souffler, de rentrer dans l’histoire, on peut profiter aussi de sa mise en scène, particulièrement travaillée au niveau des paysages ou au niveau de la colorimétrie. Et puis la musique au piano n’est pas en reste (il n’y a rien de tel qu’une bonne ost au piano pour m’accrocher).

Il y aussi l’argument du casting. Car Love Rain est aussi la réunion à l’écran de deux figures de proue de l’Hallyu « moderne » : Yoona du groupe SNSD/Girls Generation, et Jang Geun Suk superstar depuis You’re Beautiful. Leurs jeux effacés m’ont un peu déçu, car si effectivement il fallait de la retenue pour décrire les émois de ces jeunes gens, il fallait aussi montrer comment leurs cœurs s’ouvrent. Jang Geun Suk, sans surprise, se montre meilleur que Yoona, dont les moues répétées finissent par lasser. Mais dans l’ensemble, pour les deux acteurs, ça manque de conviction.

Pour finir, on nous promet de changer la donne au bout du 5è épisode, comme Winter Sonata en son temps, en projetant le couple au temps présent, sauf que cette fois il s’agira des enfants de chacun des protagonistes. La question est donc de savoir si cet amour impossible pourra se réaliser avec les enfants. D’autant que ceux-ci ont davantage de tempérament… Vu la passivité des deux premiers épisodes, on en saliverait presque !

Au final, je suis à moitié convaincu. Il est évidemment difficile d’émettre un jugement sur une première partie de l’histoire, mais je n’ai pas aimé la façon dont l’auteur abuse des clichés des romances. Je ne demandais pas quelque chose d’original, juste quelque chose d’un peu plus subtil, moins « automatique » et plus sincère, à défaut d’être plus émouvant. J’ai sans doute trop de références en tête. Le ton reste néanmoins très calme, très doux, et je reste attaché à cette façon de peindre qui m’avait tant séduit à l’époque. Mais les temps ont changé, et je ne sais pas si je supporterais longtemps cette lenteur assortie de mécanismes trop évidents, car d’autres dramas sont là…

Dramas coréens à venir (édition Novembre 2011)

Après un long break dans mes présentations, voici donc les dramas coréens à venir (et ceux qui viennent tout juste de commencer). Il faut évidemment prendre tout ceci avec précaution, puisque ça bouge toujours… Les « general service channels », avec l’explosion du câble, sont en train de changer la donne, notamment parce que les plus grandes stars sont appelées en renfort. On peut les comprendre puisqu’ils y bénéficient de meilleures conditions de travail pour la plupart.

Me too, Flower (MBC), le drama fait déjà parler de lui de la plus mauvaise manière : remplacement à la dernière minute de l’acteur principal pour cause de blessures, et planning extrêmement serré pour arriver à filmer la série à temps pour la diffusion. L’histoire est celle d’une jeune policière qui tombe amoureuse de son patron, lequel cache bien des choses. On retiendra dans le cast la présence de Lee Ji Ah (The Legend), et celle de Seo Hyo Rim (Scent of a woman). Mais tout cela n’augure rien de bon. (diffusion commencée le 9 novembre).

Ce drama sera suivi en Janvier sur la même chaîne par The Moon embracing the Sun, un fusion sageuk romance, inspiré du roman écrit par celui qui a donné Sungkyunkwan Scandal. Kim Soo Hyun (Dream High) y jouera un roi de la dynastie Joseon, amoureux d’une shaman, interprétée par Han Ga In (Bad Guy). Un projet à suivre si vous avez aimé Sungkyunkwan Scandal.

Lights and Shadow (MBC) fait circuler de charmantes photos rétro. Une histoire vraie qui va nous plonger pendant 50 ans dans les débuts du showbiz coréen, de la guerre du Vietnam en 1959 à nos jours (le coup d’état du 16 Mai 1961, l’assassinat de Park Chung Hee en 1979, etc..). Le drama va-t-il pouvoir reconstituer toutes ces années ? En tous cas le contexte est original, et je suis curieux de voir comment on va parler de l’extrême censure de l’époque. A noter qu’il va faire 50 épisodes, c’est un investissement… mais pour les passionnés d’histoire, peut-être que cela vaut le coup. , Le cast est assez intéressant : le vétéran Kim Min Jong, l’impeccable Lee Pil-Mo (du très beau film Dance with the wind) la jolie Nam Sang Mi (Time between Dog and wolf), et l’équipe est celle qui a donné le mythique Jumong (un très grand dramas qui a contribué à l’Hallyu, avec plus de 80 épisodes). Ça débute le 28 Novembre, préparez vos soirées…

Just Like Today ou Be like today (MBC) est un drama familial qui devrait raconter les aspirations et les déboires de la génération baby-boom. Nous y verrons leurs difficultés financières, leurs quêtes pour donner un sens à leur vie. C’est notamment le retour de la petite nouvelle Han Groo après le tonitruant Killer K (je suis admiratif  car elle a sacrifié son enfance pour son rêve – en enchainant les heures après sa journée scolaire, un exemple parmi d’autres de l’extrême pression que se mettent les élèves coréens) mais le reste du casting est essentiellement composé d’acteurs dans la cinquantaine. C’est un daily drama (donc au moins une centaine d’épisodes) et ça commence le 21 Novembre.

Strangers 6 (MBC), une collaboration entre le Japon, la Chine et la Corée pour une histoires d’experts protégeant les intérêts économiques de leurs pays. 22 épisodes diffusés en 2012 si tout va bien. Je suis curieux de voir le résultat même s’il n’y a pas de grands noms associées au projet. Ce n’est pas la première initiative de ce genre, mais c’est une démarche intéressante.

Pas de news  concernant Onjo Biryu, encore rien sur le mystérieux Triptaka (un recueil de textes bouddhistes sacrés pendant l’époque de Goguryeo). Après l’orgie de sageuks ces derniers mois, je ne vais pas m’en plaindre.

Absolutely Him (MBC), où la prochaine comédie romantique qui fait déjà du buzz malgré sa sortie programmée en 2012, en raison du casting réunissant TOP aka most wanted korean male, et Kim Ha Neul. C’est tiré du manga du même nom, c’est à dire qu’il s’agit d’une femme qui achète un robot pour devenir son parfait petit ami. Top, en robot… un rôle sur mesure.

Brain (KBS) est un médical drama prévu pour la mi-novembre. L’histoire d’une lutte pour le pouvoir au sein d’un service de neurochirurgiens, où notre héros deviendra peu à peu meilleur. Côté casting, je retiens surtout Shin Ha Kyun (je l’avais adoré dans Harvest Villa). On essaiera surtout d’oublier le remplacement entier du casting alors que les acteurs avaient déjà commencé leur promo !

Wild Romance (Agressive Romance) (KBS), prévu pour Janvier prochain est décidé à nous raconter comment un joueur de baseball et une garde du corps, championne de judo, tombent amoureux. Décidément la femme coréenne est bien représentée dans les disciplines d’arts martiaux. Lee Dong Wook et Yoon Eun Hye ne sont pas envisagées malgré la rumeur, mais on devrait retrouver Lee Si Young (Poseidon), une actrice qui a pratiqué de la boxe. Mais ce qu’il faut retenir surtout, c’est la grande nouvelle concernant la scénariste, puisqu’on retrouvera la talentueuse Park Yeon Seon (Alone in love, Evasive Inquiry Agency, White Christmas) à l’écriture, en collaboration avec le réalisateur de Women in the sun. J’ai hâte d’en savoir plus, c’est déjà le drama que j’attends le plus.

Dream High (KBS) aura une deuxième saison, prévue pour Janvier également. Même format, nouveau cast… Même histoire ? Les ados vont en raffoler.

Autre projet de KBS pour 2012, celui de porter devant le petit écran Doll Mask, l’histoire d’un combattant en arts martiaux luttant contre l’invasion japonaise dans les années 30. Le réalisateur devrait être celui de Story of a man.

Enfin, le projet qui fait le plus de buzz sur KBS pour l’année prochaine est Love Rain. Un évènement, puisqu’il s’agit du retour des personnes qui ont mis au monde Autumn my heart et Winter Sonata. Attendez-vous donc à du mélo larmoyant : l’histoire d’un couple qui n’a pas réussi à être ensemble dans les années 70, mais qui verra peut-être leurs propres enfants s’aimer dans notre temps. Le casting fait l’effet d’une bombe pour ados, avec Jang Geun Suk (You’re Beautiful) et Yoona des Girls Generation (dont les qualités d’actrice sont bien éloignées de ses qualités de chanteuse malheureusement).

Des fois en lisant le pitch d’une série on mesure le décalage avec nos pensées occidentales. Je cite celui d’If tomorrow comes‘ : une jeune fille au bon cœur pense que respecter ses parents contribue à son propre bonheur. Hmm. Je relis. Hmm. Ok, je savais que le respect des aînés prenait une part importante en Corée, mais là ils poussent le bouchon un peu loin… C’est sorti fin Octobre sur SBS, avec Seo Woo (Cinderella Sister).

Je passe sur le daily drama My Daughter the flower qui narre les aventures d’une fille et de sa mère qui n’est pas sa mère biologique.

Autre concept, Take Care of us captain, prévu pour fin décembre. Histoire de varier les approches, nous voilà à l’aéroport. Ça vous dit une histoire d’amour entre pilote, co-pilote et contrôleur aérien ? Gu Hye Sun (the greatest love, the musical), elle, a répondu présent. Pas sûr que j’en fasse autant, tant le reste du casting m’indiffère.

Prévu pour Janvier 2012, History of a salaryman (SBS) va nous raconter l’histoire d’un salarié moyen qui lutte contre la solitude. Les producteurs de Giant sont derrière, donc le projet est à suivre. Le casting est désormais bouclé, avec côté masculin Lee Bum So (Giant), Jung Gyu Woon (Romance Town) et côté féminin Jung Ryu Won (My name is Kim Sam Soon) et Hong Soo Hyun (l’amie jalouse dans Lie To Me).

Pour les projets situés bien plus loin, signalons le drama Beautiful life qui devrait être le retour de la star Moon Geun Young (The Painter of the wind, Cinderella Sister, Marry me Mary). Il s’agit d’une histoire d’amour entre une infirmière et un neurochirurgien. On a encore le temps d’en savoir plus, c’est prévu pour septembre 2012.

Hanbando ou Korean Peninsula (à ne pas confondre avec le film de 2006) devrait réunir l’excellent Hwang Jung Min et Kim Jung Eun (I am Legend) bien que l’on parlait de Ha Ji Won et Jang Dong Gun pendant un moment. C’est un drama politique ambitieux, véritable blockbuster traitant d’une Corée unifiée, où les ressources naturelles sont rares. On y voit un scientifique devenir président. Un drama post-apocalyptico-écologico-scientifique ? Le synopsis est en tous cas très alléchant. Décidément le câble apporte d’intéressantes idées. Il faudra attendre Janvier pour la voir sur la nouvelle chaîne CSTV/TV Joseon. J’ai hâte.

Et si Jang Dong Gun change son fusil d’épaule, peut-être va-t-il se rabattre sur A gentleman’s dignity, le nouveau drama du scénariste de Secret Garden. On sait peut de chose pour le moment si ce n’est qu’il s’agit d’une histoire d’amour entre trentenaires.

Pour les amateurs de séries policières la chaine câblée OCN nous promet Ten dans quelques jours (le 18 Novembre pour être précis). Le pitch n’a rien de passionnant : l’histoire d’une unité spéciale chargée de résoudre des affaires classées. Le héros devrait être la star de Giant, Joo Sang Wook.

Prévu pour la nouvelle chaîne JTBC, voilà un nouveau drama qui va faire du bruit : Padam padam the sound of his and her heartbeats. Le casting fait rêver : le talentueux Jung Woo Sung (Athena, A moment to remember), le charismatique Kim Bum (Boys Before Flowers), et la jolie Han Ji Min (Capital Scandal). Il s’agit d’une histoire d’amour entre un prisonnier et une femme, avec l’intervention d’un ange gardien.Ça devrait arriver début décembre.

Vous en voulez encore, des titres bizarres ? Voilà Fermentation Family. Est ce que ça sent bon ? On a quelques indices : la scénariste de Devil et Revenge, une histoire mystérieuse d’un gangster orphelin qui pour retrouver son passé, travaille dans un célèbre restaurant qui prépare le fameux kimchi (plat fermenté). On retrouvera notamment Park Jin Hee (The Woman who still wants to marry). Pourquoi pas… C’est pour mi-décembre, toujours sur la nouvelle chaine jTBC.

Pour les amateurs de sageuk (dramas historiques), qui sont nombreux, jTBC a également pensé à vous en vous proposant Queen In Soo. Situé dans la période Joseon, le drama vous racontera les habituelles intrigues politiques et les conflits entre les 3 femmes les plus influentes de cette période. Dans le rôle titre, Chae Si Ra, vétéran du genre. C’est prévu pour décembre.

Saving Madame Go Bong Shil (ou Go ! Mrs Go !) mise sur la popularité des korean idols. Au programme, les premiers débuts de Luna de F(x), et de Kim Kyu Jong (SS501), encadrés par des acteurs expérimentés comme Chun Ho Jin (City Hunter). Enfin, le réalisateur de The Legend et Bicheonmu devrait donner un peu de cachet à l’ensemble. Réservez vos soirées à partir de décembre sur CSTV pour une trentaine d’épisodes. L’histoire ? Une femme âgée d’une cinquantaine d’années s’installe à Séoul après la perte de son mari, et écrit des best seller.

A l’heure où j’écris ces lignes, le mini-drama Bang Ja Chronicles (The Servant) (CGV) devrait bientôt se terminer après 4 épisodes nous racontant une histoire d’amour inspirée du film The Servant. Ce film réécrivait avec audace le célèbre conte de la fidèle Chun-Hyang, qui préféra mourir plutôt que trahir son fiancé. Dans cette nouvelle version, c’est le serviteur qui séduit la belle à la place de son maître, et enchaine les leçons de séduction. On nous promet beaucoup de scènes dénudées, ce qui explique peut-être sa popularité dans les recherches sur internet. En tous cas le premier épisode a été un joli succès d’audience.

Grand nouvelle pour les fans de K-pop, What’s up devrait enfin arriver sur le petit écran le 3 décembre sur MBN. Pour rappel, cette série située dans le monde de la musique (et dont les premiers trailers faisaient penser à Fame), n’avait pas réussi à trouver sa place sur la grille. L’explosion récente des chaines de télé a changé la donne.

Diffusé également au début du mois de décembre sur MBN (le 5 décembre) , Vampire Idol a un pitch complètement délirant : un jeune vampire veut devenir une star de la pop. Il s’agit d’une sitcom qui devrait faire plus de 100 épisodes. Les amateurs de No Min Woo (My girlfriend is a gumiho) vont être ravis.

Et si l’univers des sitcoms coréennes vous plait, voici You’re here, you’re here, you’re really here (Come, Come, Absolutely Come), débutant au même moment sur la même chaine pour un nombre d’épisodes impressionnant (120). L’histoire est celle de trois personnes (un jeune homme et deux jeunes  femmes) qui décident de vivre sous le même toit. L’objectif avoué est de s’inspirer de la sitcom américaine Friends. Une tentative d’américanisation qui sera intéressante à visionner. Mais pourquoi je vous en parle ? Parce qu’il y a la sublime actrice de Soulmate, Lee Soo Kyung, bien sûr. Elle était parfaite dans cette « fausse » sitcom.

Enfin, si vous ne voulez pas vous engager dans une longue sitcom, MBN a également pensé à vous, avec Bolder by the day, l’histoire d’une famille de militaires. La série ne devrait compter qu’une cinquantaine d’épisodes.

Je passe sur Heaven’s garden, qui nous parle de réconciliation familiale à la campagne. Prévue sur Channel A pour le mois de décembre, la série n’a pour l’instant pas grand chose pour elle.

Channel A devrait également nous proposer une vraie success story, celle de Lee Young Suk qui a commencé à vendre des légumes dans un petit magasin et qui possède plus d’une trentaine de magasins dans le monde aujourd’hui. Ca s’appelle Bachelor’s vegetable store (ou Veggie Store) et c’est prévu pour fin décembre, avec le duo Wang Ji Hye (insupportable dans Personal Taste mais parait-il géniale dans Protect the boss) et Ji Chang Wook (Warrior Baek Dong Soo). Autant dire que le casting suscite de l’intérêt. Mais au final j’espère qu’on va suivre l’ascension du jeune homme, pour éviter le cliché du prétentieux riche et arrogant.

Au rayon des projets de la chaine pour décembre, le retour d’Eugene (Wonderful life, Baker King) avec le drama Color of woman est finalement compromis, l’actrice ayant préféré s’occuper de sa sœur victime d’un grave accident. Le héros sera interprété par Jae Hee (Three Dads, One Mom), qui revient de son service militaire obligatoire. Signalons surtout qu’il s’agit d’un drama qui aura la chance d’avoir une vraie équipe de scénaristes. Fini le scénariste qui travaille seul. On espère fortement que cela aura un impact positif dans l’écriture de cette romance.

On attend toujours des nouvelles de Jeon Woo Chi, le drama inspiré du film du même nom. Probablement abandonné, mais j’ai pas lu de confirmation.

Le projet de Choi Ji Woo, Medical College, ne semble pas avancer non plus.

Évidemment parmi les projets qui enflamment le net figure en bonne place Full House 2. Non, vous ne rêvez pas, le drama qui est à l’origine de la vague coréenne va avoir une suite. Enfin… on nous promet une nouvelle histoire, un casting différent, donc vous pouvez voir à quel point le produit est bien labellisé. Mais un tel nom fait encore vendre malgré sa qualité assez déplorable par rapport aux standards d’aujourd’hui (abus de flashbacks, longueurs, répétitions). Néanmoins c’est quand même le drama qui aura connu de multiples clones pendant des années. C’est prévu pour être diffusé en Mars au Japon, mais le casting n’arrête pas de bouger. Je suis plus que dubitatif, vous l’aurez compris.

Enfin, signalons le projet de drama Speed pour CSTV, situé dans l’univers des courses automobiles, et qui devrait réunir 3 chanteuses du groupe Girls Generation (Yoona, Yuri et Soo young). Le réalisateur d’Iris serait partant.

Au final, qu’en retenir ? Pour ma part ça sera probablement Hanbando, Padam Padam, Wild Romance, Lights and shadow.

L’Hallyu, ou vague culturelle coréenne

La vague culturelle que nous connaissons aujourd’hui n’est pas née par hasard.

Elle est l’une des conséquences involontaires de la pression américaine à la fin des années 1980 pour pénétrer le marché culturel coréen et distribuer directement les films américains, sans passer par une compagnie coréenne importatrice. Cette libéralisation massive a eu pour conséquence de fermer nombre de cinémas « importateurs », certes, mais ça a surtout eu pour conséquence d’affaiblir la production cinématographique locale. Dans le même temps, l’offre télévisuelle américaine connaissait un grand essor via le satellite.

Ce n’est qu’à la suite de la grande crise financière de 1997 que la Corée du Sud comprit l’intérêt de ne pas laisser mourir peu à peu sa culture. Sopyonje, dernier film d’Im Kwon Taek, cinéaste vétéran prolifique, franchit pour la première fois la barre du million de spectateurs à Séoul. Ce succès phénoménal pour l’époque interrogea le pouvoir en place, qui se mit à étudier sérieusement l’impact de la production culturelle sur l’économie du pays. Une autre stratégie allait voir le jour.

La censure s’arrête ainsi en 1988. Aidé par de talentueux nouveaux réalisateurs qui ont vécu jusqu’alors l’oppression, (comme Park Chan-Wook, marqué extrême-gauche) le cinéma coréen va s’épanouir. En 1999, Shiri marque une nouvelle étape : le film d’action et de suspense de Kang Je-Gyu, qui s’inspire des blockbusters hollywoodiens mais ajoute la dose mélodramatique propre à la culture coréenne, domine largement les films américains. Et chaque nouveau blockbuster fera encore plus fort, écrasant Titanic, Harry Potter, Matrix, Star Wars ou Le seigneur des Anneaux, : JSA (Joint Security Area) , Friend, Silmido, Taegukgi (frères de sang)… pour atteindre 11 millions d’entrées, soit presque la quart de la population de la Corée du Sud. A ce jour, le record est tenu par The Host (13 millions). En 10 ans, plus d’une trentaine de films feront plus de 5 millions de spectateurs. Et les films deviendront des succès internationaux, comme My Sassy Girl qui fut numéro un dans toute l’Asie du Sud-Est, éclipsant toutes les autres productions. La reconnaissance vint assez rapidement à Cannes, Berlin, Venise, Deauville, Gerardmer : Old Boy, Poetry, Locataires, 2 sœurs

Outre le cinéma, la vague culturelle coréenne va s’étendre grâce à un autre média : la télévision. Les dramas coréens trouvent leur public non seulement dans leur pays d’origine, mais s’exportent facilement. On citera bien entendu Winter Sonata, véritable phénomène en Corée et au Japon, et source de revenus plus que juteux pour les tour-opérateurs qui effectuent des circuits autour des lieux de rencontre des héros de cette fiction. Un an après la diffusion de la série au Japon, le tourisme japonais en Corée du Sud avait augmenté de 40 %. Mieux encore, beaucoup de fictions coréennes rencontrent le succès ailleurs que dans leur pays d’origine, comme Tamra the Island, plébiscitée là aussi au Japon. La plupart des pays du Sud-Est asiatique diffusent d’ailleurs régulièrement les dramas coréens, qui sont les fictions étrangères les plus populaires en Chine, au Vietnam, en Thailande, à Hong Kong, aux Philippines, au Japon… La popularité de ces dramas va même bien au delà de l’Asie du Sud-Est, pour atteindre les USA via des DVD sous-titrés, ou des services VOD comme Netflix, ou encore du streaming gratuit et légal via DramaFever (un site de VOD qui collabore avec Withs2, une équipe amateur de sous-titrage). Enfin, signalons la popularité grandissante des dramas coréens au Moyen-Orient, ainsi que le début d’une percée en Europe (diffusion dans les pays de l’Est, et depuis peu en France).

Le phénomène prend tellement d’ampleur qu’il réveille des réflexes nationalistes. En Août dernier, 300 puis 6000 japonais ont protesté devant le siège de FujiTV, parce que la chaine japonaise diffuse, selon eux, trop de dramas coréens. « No more Korean Wave », ont-ils brandit.

Comment expliquer le succès de ces dramas ?

Kim Youna, Professeur à l’Université américaine de Paris, essaye de l’expliquer. Tout d’abord les dramas ont une puissance émotionnelle incomparable, capables de capturer une large palette de nuances en adoptant différentes techniques. Ensuite, ils présentent une vie urbaine moderne qui fait rêver les jeunes asiatiques, tout en montrant que cette modernisation s’accompagne du respect des traditions et de la culture : respect de la vie familiale, respect des aînés, et amour fraternel. Enfin, il y a la dimension politique et historique de la Corée, son passé tragique, sa propension à l’émotion et la nature non agressive de ses habitants.

Il ne faudrait cependant pas oublier que si la Corée s’exporte, c’est parce qu’elle a dans ses gênes le culte de l’apparence. Paraître est toujours mieux vu que savoir parler. Suivre la mode en Corée du Sud est une quasi-obligation quelle que soient les moyens financiers d’une famille. Il faut savoir se vendre. Le corollaire étant évidemment la chirurgie esthétique… et l’industrialisation des stars. Si les dramas ont du succès, c’est parce qu’ils sont portés par des stars. Toute l’émotion – et donc en grande partie ce qui fera  le succès de la fiction – repose sur ces acteurs et leur alchimie. C’est pourquoi le casting d’une série est toujours plus mis en avant que son scénario.

La popularité des stars coréennes est absolument énorme en Asie du Sud-Est. On citera évidemment Bae Yong Joon, l’acteur de Winter Sonata, renommé Yon-sama au Japon (« sama » étant un titre honorifique équivalent à la royauté). Mais il serait réducteur d’assimiler les fans de stars coréennes à des femmes japonaises d’âge moyen (comme a pu le laisser sous-entendre un reportage télévisé). Bien au contraire, les dramas rassemblent plusieurs générations. En témoignent par exemple la popularité de jeunes acteurs comme Jang Geun Suk, Lee Min-ho, Kim Bum, Hyun Bin, ou Park Shin Ye. On ne compte plus les fan-clubs d’acteurs et de chanteurs, fan-clubs des Philippines, de Malaisie, d’Indonésie, des USA, de Singapour, de Turquie, d’Arabie Saoudite, de Brunei, d’Égypte…

Et au delà du phénomène des dramas, c’est bien la K-Pop qui est le nouveau fer de lance de l’Hallyu. Ces chansons coréennes s’exportent très bien, et auraient un poids économique de bientôt 3 milliards d’euros. Les groupes et chanteurs de Super Junior, SHINee, Girls Generation, 2PM, Big Bang sont les dignes représentants de l’Hallyu, version K-Pop. En 3 ans, la croissance de la K-pop dans les pays d’Asie, et d’Amérique du Nord varie entre 30 et 60 %. Le groupe TVXQ a rapporté plus de 80 millions d’euros au Japon, Kara et Girls Generation près de 20 millions.

Comment la K-Pop a-t-elle pu pénétrer aussi massivement le marché japonais ?

Les artistes coréens ne se contentent pas de faire des visites ponctuelles, ils restent invités pendant des semaines dans les émissions télévisées japonaises, et adaptent leur répertoire : Girls Generation chante en japonais ses plus grands succès. Et leurs titres s’inspirent résolument de la musique occidentale (electro house européenne, R&B américaine), ce qui apporte un vent de fraicheur au Japon. Quant à l’image véhiculée, les chanteuses agissent davantage comme des jeunes femmes adultes et sexy, montrant davantage d’anatomie, contrairement aux mignonnes adolescentes japonaises. Enfin, l’outil internet est parfaitement exploité, entre teasers, introductions, clips vidéos diffusés largement sur Youtube, tandis que la censure japonaise rode (Lady Gaga en a fait les frais récemment).

Et depuis Juin 2010, la K-Pop étend son influence en Europe. Le SM Town, concert parisien  réunissant les plus grandes stars de la maison de disque SM Entertainement, démontre que le public est là aussi présent : 1,3 million d’euros rapportés. Après une tentative l’an passé de mettre de la K-pop au menu de la radio NRJ, voilà que les maisons de disque françaises comprennent cet engouement. Le dernier album du groupe Girls Generation sera vendu par Polydor, filiale d’Universal Music. C’est une avancée historique. et les fans de Jpop sont un peu amers, car ils n’ont jamais obtenu ce que la K-pop est en train d’obtenir en à peine quelques années.

L’ Hallyu est largement soutenue et reprise par l’État et les médias coréens, véhiculant des valeurs positives et dynamiques. Et la population sud-coréenne elle-même y puise une très grande fierté. Pourtant, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un business lucratif, aux dépends des intéressés. Par exemple, dans la K-Pop, les rythmes d’entrainement sont épuisants, et les interprètes, qui se lancent à cœur perdu dans leurs rêves, ne gagnent que très peu d’argent. Tandis que le rythme de tournage de nombreux dramas (quasi-live) occasionne de plus en plus souvent accidents et épuisements.