Analyse des dramas coréens (1ère partie) : présentation, historique et structure

Il n’est pas facile de rédiger un tel article, mais j’espère que cette analyse synthétique servira aux débutants et aux amateurs de dramas coréens. Encore une fois n’hésitez pas à me corriger, compléter…

  • Courte présentation

Les dramas coréens se répartissent en plusieurs genres : espionnage, action, thrillers, dramas historiques (sageuk), histoires d’amour ou récits de guerre …

Par exemple, il existe toute une palette de nuances dans les histoires d’amour : les comédies romantiques, les mélodrames, les romances « positives », les romances plus réalistes… Toutes montrent l’amour selon un ou plusieurs angles. En effet, les croisements entre différentes thématiques (et sous-thématiques) sont légion.

Autre genre prédominant, le drama historique (sageuk) peut très bien raconter le passé du pays, mais il a su se moderniser tout en modifiant des réalités historiques (mais nous allons y revenir), comme la place de la femme. Ainsi on peut très bien avoir des sageuk à destination d’un public jeune, des drama fusion sageuk romance ou fusion sageuk fantasy, etc… Les sageuk ont généralement des personnages plus ambivalents, plus fouillés que dans les comédies romantiques ou les mélos.

Cette variété des genres ne masque cependant pas certains traits communs à de multiples dramas. Ceux-ci sont en effet conçus selon certaines recettes, qui de prime abord peuvent sembler rédhibitoires, mais dont l’efficacité n’est plus à prouver.

  • Les comédies romantiques, les mélos, une formule usée ?

Il y a encore 5 ans, il était facile de généraliser sur les ficelles de ces séries, d’en faire une liste et de s’en moquer. Cette moquerie, souvent reprise par de nombreux blogs de fans de dramas coréens doit être comprise : le public n’est jamais dupe. Mais nous allons y revenir. Par exemple :

– à la fin de la série, l’héroïne meurt d’un cancer en phase terminale ou tout est bien qui finit bien.

– le riche héros gagne le cœur de la pauvre héroïne

– le personnage secondaire masculin, riche, lui aussi, est le prototype de l’amoureux silencieux qui finira meilleur ami.

– un triangle amoureux est créé entre le héros, l’héroïne et un personnage féminin malfaisant.

– de nombreux flashbacks montrent les héros rentrer saouls, à califourchon, ou sur la plage.

– une partie conséquente de la série se déroule dans un hôpital, suite à des accidents ou maladies.

Derrière cette formule, pourtant, il y a un but : faire rêver. Les dramas s’adressent aux masses laborieuses, et leur montrent des portraits de réussite : des travailleurs acharnés qui parviennent à leurs fins en surmontant des obstacles. Ils montrent également un prototype de luxe, (généralement la maison, les costumes du riche héritier) pour donner un but à atteindre. Pour ne pas rendre l’héroïne ennuyeuse dans sa quête, on la dote souvent dans les comédies romantiques de traits de caractères ambivalents : elle est rebelle/combative mais innocente. C’est d’ailleurs cette dualité qui fait le charme du personnage pour le téléspectateur masculin. Et sans être délibérément aegyo, l’héroïne dévoile peu à peu ses charmes et sa complexité. Nous reviendrons sur quelques uns des clichés utilisés dans la formule ci-dessus pour évoquer l’aspect culturel (notamment la consommation de boissons alcoolisées).

  • L’origine des dramas coréens : la danse dramatique ?

Certains auteurs aiment penser que les dramas sont la suite logique du goût pour la dramaturgie, développé par les danses Ch’oyong, nées au Royaume de Silla (pendant l’époque des 3 royaumes, une centaine d’années avant JC). Ces danses racontaient déjà des histoires dramatiques, même si l’emphase portait sur la gestuelle. Les danses Cho’yong étaient étaient des danses lentes destinées à la cour.

Lors de la dynastie Goryeo (918-1392), les danses sont faites pour des hommes portant des masques. Un véritable script est utilisé, avec des chants, et quelques paroles. Le mélange prend la forme d’un sandae.

Ce sandae devient un des rouages essentiels du fonctionnement de la cour pendant la dynastie Joseon (1392-1910), avant de devenir un divertissement pour le peuple paysan, avec des histoires drôles, satiriques, qui tournaient en ridicule les classes supérieures, des prêtres bouddhistes aux aristocrates yangban.

D’autres divertissements voient le jour, des spectacles de marionnette, d’acrobatie, voire des dérivés de rituels shamaniques. Mais en 1900, l’influence du monde occidental les fera disparaître.

  • Les premiers dramas (1960-1970)

Le tout premier sageuk fut diffusé en 1964, intitulé A Far Away Country. Ce fut une romance tragique qui s’inspirait davantage de légendes que de réalités historiques, les légendes étant bien plus dramatiques (et l’histoire écrite bien plus difficile à consulter et à traduire) . Cette fiction était une sorte de Roméo et Juliet où le  prince Hodong du Goguryeo tombait amoureux d’une femme ennemie.

Jusque dans les années 70, les réalisateurs étaient confinés dans des studios, ce qui limitait d’autant leur capacité à reconstituer des batailles ou des évènements d’envergure.

  • Les dramas dans les années 1980

Ces dramas mettaient l’accent sur l’aspect historique, comme l’ensemble de séries 500 years of Joseon Dynasty, soit 11 séries diffusées de 1983 à 1990. Les acteurs étaient pour la plupart âgés et l’objectif était de montrer de longs dramas familiaux.  Les années 80 sont d’ailleurs souvent considérés comme l’âge d’or des sageuks.

  • Les dramas dans les années 1990

Dans les années 1990, la popularité des sageuks va nettement s’amoindrir pour laisser place à des dramas modernes, qui ciblent leur casting, pour plaire à un public plus jeune. Ainsi arrivèrent Jealousy en 1992, Feelings en 1994. On remarquera d’ailleurs que les titres de ces séries donnent le ton : Ambition, Challenge, Lover, Star, Crush, Memories,… On retiendra par exemple Happy Together (1999), qui réunit un casting impressionnant de stars alors débutantes : Lee Byung Hun, Kim Ha Neul, Cha Tae Hyun, Jun Ji Hyun, Han Go Eun, Song Seung Hun,… Toutes ces stars sont encore là.  Autre drama emblématique de l’époque : Sandglass (1995), qui relate l’histoire de la Corée des années 70 aux années 80, et permit notamment aux coréens qui sortaient à peine de la censure de découvrir la vérité sur le massacre de Gwangju (qualifié à l’époque de révolte communiste par les dirigeants alors qu’il s’agissait d’une révolte démocratique).

  • Les dramas coréens de 2000 à 2010 : une transition vers le happy ending

Les années 2000 permettent au genre sageuk de ressusciter… sous une forme plus contemporaine : les fusion sageuks, qui mélangent ainsi  l’histoire et le mélodrame moderne, sont de très grands succès d’audience, comme Damo (2003), Dae Jang Geum (2003) ou plus récemment Queen Seon Deok (2009). Les réalités historiques sont de moins en moins respectées au profit de l’aspect mélodramatique (exemple : une jumelle inventée dans Queen Seon Deok). Et à l’inverse certaines légendes se voient transformées pour paraître plus réalistes, comme dans Jumong.

Les premiers dramas modernes du second millénaire étaient quant à eux pour la plupart des mélodrames larmoyants, avec en figures de proue Autumn Tale (Autumn in my heart) et Winter Sonata. Ce sont ces dramas immensément populaires en Corée et en Asie qui ont usé et abusé de techniques redoutables : les flashbacks, d’une part, et des éléments scénaristiques d’autre part.

Les flashbacks, il faut le dire, ont été une plaie pour de nombreux dramas. Longs, répétitifs (au point parfois d’avoir des flashbacks utilisant les mêmes scènes dans un même épisode) ils avaient cependant plusieurs atouts. Le premier, c’est de rallonger la durée d’un épisode sans augmenter la durée du tournage. Rappelons quand même que les moyens financiers mis en œuvre ne sont pas du même niveau que les américains. Le deuxième atout, concernait le public visé : les ménagères, les ajummas. Le récit, parfois complexe dans ses révélations, avait besoin d’être entendu par des personnes qui n’avaient pas forcément le temps d’être attentives. Et les séquences d’émotions répétées en boucle insufflaient parfaitement le message.

Les thématiques employées n’avaient qu’un but : faire pleurer. Échanges de bébés à leurs naissances, histoire d’amour impossibles à cause de relations incestueuses, secrets de famille, pertes de mémoire, accidents, leucémies foudroyantes, la liste est longue. Les évènements se suivaient les uns à la suite des autres pour prolonger la tristesse. Les mélodrames coréens, sachez-le, ne font pas de cadeaux. Mais comme tout mélo, c’est dans la tristesse que l’on trouve le plaisir.

Il faut donc bien distinguer les mélos des comédies romantiques. Les mélos restent l’apanage des daily dramas, pour un public de ménagères. Mais on en trouve encore parfois en soirée. Car le mélo est un genre dont les coréens sont très friands. La structure même a évolué également. Il est loin le temps des histoires de Winter Sonata ou Autumn in my heart. Les mélos sont moins lourds, moins larmoyants. Souvent, des indices nous sont donnés au fur et à mesure pour comprendre les liens entre les personnages (secrets de naissance bien souvent). Et certaines thématiques disparaissent comme la perte de mémoire, l’inceste…

Avec la popularité grandissante des dramas, il fallait donner de nouvelles histoires et élargir le public. Parmi ces dramas, le plus emblématique fut certainement Full House.  La tragédie allait peu à peu prendre une place un peu moins importante à la télévision coréenne. Après tant de drames, tant de larmes versées, le happy ending devenait (enfin) de rigueur.

Ce happy ending n’était pas évident pour les producteurs, les réalisateurs et les scénaristes, pour qui la tragédie était une forme d’art majeure. Mais cette tragédie s’adressait à un public. Un public qui versait des torrents de larmes à chaque épisode, qui soutenaient autant que possible leurs héros au travers de leurs épreuves. Ce public là réclamait sa récompense et le fit savoir. La pression fut trop grande. Le public avait gagné. Et pour des questions d’alignement avec les réactions du public, les dramas allaient de plus en plus être tournés dans des conditions « Live » (script parfois donné quelques minutes avant le tournage, lui-même à quelques jours de la diffusion).

Ainsi, la fin de certains mélodrames allait être modifiée (pour des raisons de spoiler, je ne nommerai pas ces séries).

Les techniques utilisées, cependant, n’allaient pas changer aussi vite. Full House est rempli de longueurs, de flashbacks, au point que le visionnage de la dernière partie de la série peut s’effectuer sans remords, en accélérant la vitesse. Mais le genre de la comédie romantique avait trouvé son premier succès international.

Cela explique d’ailleurs pourquoi la série fut maintes fois copiée dans les années à venir, au point de susciter beaucoup d’interrogations, à l’époque, sur l’avenir des dramas coréens. Ne vous étonnez pas si dans les scenarii de dramas, vous trouvez des histoires de cohabitation d’une femme et d’un homme sous un même toit, régi par un contrat. C’est l’effet Full House qui perdure.

En 5 ans, de 2005 à 2010, les choses vont donc évoluer…Les dramas deviennent plus légers en soirée pour plaire aux jeunes, alors que les drames restent très prisés par les ménagères.

Le rythme des évènements s’accroit, les schémas se diversifient….et le câble commence à prendre de l’ampleur. Fin 2011 de nombreuses chaînes câblées vont voir le jour, et les thématiques, les réalisations, les ambitions commencent à se diversifier. Les moyens financiers augmentent également, permettant de nombreux effets spéciaux dans des dramas historiques ou des thrillers d’action (Iris). Les triangles amoureux ne sont plus systématiques depuis 2007 et les flashbacks disparaissent peu à peu. Nous reparlerons des aspects culturels contemporains dans un prochain article.

  • Comment regarder les dramas ?

La bonne façon finalement d’aborder les dramas est de s’imprégner de son atmosphère, mais de ne pas rester dupe. Les amateurs de k-dramas raffolent des listes de clichés, comme nous l’avons vu précédemment. Même si celles-ci collent de moins en moins aux récents dramas, ils sont parfaitement conscients de ce qu’ils regardent et s’en amusent. On ne regarde pas un drama coréen pour être surpris, mais pour être « réconforté ». Peu importe si l’histoire est familière et peu originale, ce qui compte c’est le charme qu’on a su donner à l’ensemble. A travers l’expression d’une grande palette d’émotions, les personnages deviennent très attachants. Le réalisme a moins de prise, c’est l’émotion qui prime. On veut donc suivre ces personnages familiers jusqu’au bout de leur aventure, les voir heureux, épanouis.

Il en résulte une véritable addiction pour le public, et même s’il y a encore 5 ans les séries américaines commençaient à percer via Internet, c’est moins le cas aujourd’hui. Car la série coréenne fait encore et toujours partie du décor quotidien. En Corée on suit la mode, on suit les acteurs avec frénésie.

Cette addiction est également due à la réalisation, qui essaye autant que possible de montrer ce que les personnages pensent ou ressentent. Parfois, c’est très lourd, avec l’abus de monologues explicatifs. Parfois ce sont de longs moments de cadrage. Mais à cause de ces techniques de réalisation, on ressent souvent une très forte implication envers les personnages.

La musique aide aussi beaucoup. Les OST de dramas contiennent de nombreuses chansons, répétées au fil des scènes, dont chacun a son utilité pour exprimer toute une palette d’émotion : l’amour, la gaieté, la tristesse… Une OST réussie contribue indéniablement à impliquer le téléspectateur et par là-même contribue au succès de la série. L’OST coréenne est bien plus indispensable à une série qu’un « simple » générique américain.

Enfin, les dramas coréens sont nettement plus orientés star-system. Ce qui fait la réussite d’un drama, c’est l’alchimie entre les protagonistes. Cela ne dépend pas seulement de la popularité des stars (comme dans Lie to me, qui réunit Kang Ji Hwan et Yoon Eun Hye), mais bien du couple qu’ils arrivent à former.

Dans une deuxième partie j’espère aborder des aspects culturels comme le féminisme et le néo-confucianisme, le statut de la belle fille et la place des aînés, l’évolution récente vers des histoires d’amour entre une femme plus âgée et un homme plus jeune, la place des étrangers dans les dramas, et bien d’autres choses… Mais afin de mieux préparer cet article sans cesse réécrit, je vais prendre quelques jours de pause dans ce Korea Special bien chargé.

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[30 days drama challenge] Days 25-26 : premier et dernier drama visionné

Voilà des questions qui permettent d’entrevoir le parcours seriephile d’une personne. J’ai malheureusement déjà répondu en partie à ces deux questions lors de mon tag drama. Vous m’excuserez donc pour le copié-collé. Je n’avais pas vraiment envie de redire les choses d’une autre manière.

Et je vous avoue que ce drama challenge me prend beaucoup plus de temps que prévu…au point de m’empêcher de regarder la suite de mes séries ! (Je comprends mieux pourquoi Minalapinou a lâchement abandonné).

Mes premières séries et premiers dramas suivis de façon assidue :

Début 2005 fut un tournant dans ma sériephilie. Alors que ça faisait des années que j’explorais avec passion les séries américaines (je pense qu’on peut parler de véritable addiction à partir de Quantum Leap, diffusée en France en 1993, ce qui fait environ 18 ans de dépendance). En fait on peut dire que j’ai entamé ma révolution asiatique du petit écran (car c’en est une !) par un choc… cinématographique (My Sassy Girl). Le genre de film qui vous montre à quel point vous aviez un vide sans le savoir. Si vous me lisez régulièrement, vous savez que je peste souvent contre le manque d’émotion et le manque de développement psychologique des « nouvelles » comédies romantiques américaines. La rencontre avec la sensibilité coréenne fut donc une révélation. Après une telle incursion, et tout en enchaînant les classiques coréens du même genre en très peu de temps, j’ai fini par tomber sur des listes de fictions coréennes qui comportaient également des dramas. Full House était le carton du moment et n’en finissait pas d’avoir des éloges. Ce fut donc mon premier. Une expérience convaincante, même si j’ai du faire usage de l’avance rapide par moments. Mais j’étais charmé, ensorcelé (et quand on découvre un univers on est beaucoup plus patient). Il y avait là quelque chose d’unique, qui apaise les cœurs, rend joyeux ou triste. C’était trop tard. Il fallait que j’en vois d’autres.

Et très vite je me suis également penché sur les dramas japonais (si ma mémoire est bonne ça doit être Ichi Rittoru No Namida – One litre of tears).

Donc oui, on peut dire que le cinéma a été un tremplin, mais de très courte durée. Et contrairement à une écrasante majorité sur le web, je ne suis pas du tout passé par les mangas ou les animes, que je connais toujours très peu. On va dire que c’est dû à mon âge !

Dernier drama vu en entier :

J’ai entamé beaucoup de dramas coréens ces derniers temps. Mon tout dernier drama terminé doit être The Greatest Love. La critique est déjà écrite, elle sera postée prochainement, probablement à la fin du challenge drama. Sinon j’ai quasiment terminé Babyfaced beautyLie to me, et City Hunter et je suis à peu près à mi-chemin sur City Hall. Et les dramas qui me font de l’œil pour la suite sont malheureusement trop nombreux, j’envisage de terminer Miss Ripley et Mae Ri Dae Gu, de commencer Romance Town (à cause des éloges de minalapinou), Scent of a woman (à cause de Kim sun ah et de sa photographie), White Christmas (vu sa réputation), et le très long drama Life is beautiful. Je me tâte encore pour essayer I need romance (le côté sex and the city me fait un peu peur je crois), ou Spy myung wol. N’hésitez pas à me dire vos préférences.

Du côté japonais, ça fait un petit moment que je n’ai pas replongé. Le printemps a été exclusivement coréen, je n’arrive pas à le croire. Il faut retourner à Janvier (!) pour Seigi no Mikata. Pourtant je ne suis pas en manque de dramas japonais alléchants. J’envisage de regarder Unubore deka, ashita no kita yoshio, atami no sousakan, la saison 2 d’hotaru no hikari (mais vu que je veux la regarder avec mon épouse j’attends la fin du sous-titrage français), sunao ni narenakute, love shuffle, trouble man…. Mais je crois que mon prochain drama japonais sera en fait la saison 2 de Jin. Je n’en peux plus d’attendre !

Enfin, du côté américain, depuis la fin de saison des networks, je n’ai pas repris. Mon bilan arrivera lui aussi prochainement, il est toujours en cours de rédaction (il n’est jamais trop tard). C’est mon premier été sans nouvelle fiction américaine. Aucune nouveauté ne m’a donné envie. Dire que la saison passée il y avait Huge, Rubicon… Je ne sais pas si je vais regarder la suite de White Collar avant la rentrée, mais je compte bien regarder la fin de Men of a certain age. Je pensais également avoir le temps de reprendre et finir The Wire, mais ça ne sera pas pour cette fois-ci. La rentrée approche… Je vous ai déjà annoncé les prochaines nouveautés que j’attends impatiemment. Mais d’ici là peut-être aurais-je le temps de vous concocter un petit classement de mes attentes (nouveautés et reprises).

Dans l’ensemble mon temps de visionnage a sérieusement diminué ces derniers mois (à cause de mon mariage), et seuls les dramas coréens ont réussi à se caser… Ça devrait changer pour la rentrée !

Tag d’un drama-addict

C’est le printemps, brisons la glace. Suite au tag de minalapinou, je relève le défi et j’essaye de répondre à quelques questions concernant ma passion pour les dramas.

Notez que plusieurs articles sur ces thèmes sont en préparation (une liste de mes dramas préférés, et un petit guide pour inciter des sériephiles à se mettre aux dramas coréens – guide qui prend du temps, beaucoup de temps, n’espérez pas avant au moins quinze jours).

1/Depuis quand regardes-tu des dramas ? Quel a été ton 1er drama ? Comment as-tu découvert les dramas ?

Début 2005 fut un tournant dans ma sériephilie. Alors que ça faisait des années que j’explorais avec passion les séries américaines (je pense qu’on peut parler de véritable addiction à partir de Quantum Leap, diffusée en France en 1993, ce qui fait environ 18 ans de dépendance). En fait on peut dire que j’ai entamé ma révolution asiatique du petit écran (car c’en est une !) par un choc… cinématographique (My Sassy Girl). Le genre de film qui vous montre à quel point vous aviez un vide sans le savoir. Si vous me lisez régulièrement, vous savez que je peste souvent contre le manque d’émotion et le manque de développement psychologique des « nouvelles » comédies romantiques américaines. La rencontre avec la sensibilité coréenne fut donc une révélation. Après une telle incursion, et tout en enchaînant les classiques coréens du même genre en très peu de temps, j’ai fini par tomber sur des listes de fictions coréennes qui comportaient également des dramas. Full House était le carton du moment et n’en finissait pas d’avoir des éloges. Ce fut donc mon premier. Une expérience convaincante, même si j’ai du faire usage de l’avance rapide par moments. Mais j’étais charmé, ensorcelé (et quand on découvre un univers on est beaucoup plus patient). Il y avait là quelque chose d’unique, qui apaise les cœurs, rend joyeux ou triste. C’était trop tard. Il fallait que j’en vois d’autres.

Et très vite je me suis également penché sur les dramas japonais (si ma mémoire est bonne ça doit être Ichi Rittoru No Namida – One litre of tears).

Donc oui, on peut dire que le cinéma a été un tremplin, mais de très courte durée. Et contrairement à une écrasante majorité sur le web, je ne suis pas du tout passé par les mangas ou les animes, que je connais toujours très peu. On va dire que c’est dû à mon âge !

2/ Si tu ne devais garder qu’un drama, lequel ce serait et pourquoi ?

Bon, ça fait un moment que le suspense est dévoilé. J’en parle partout autour de moi et ma plus grande joie a été de voir cette série adoptée (par exemple, chez Tite Souris). Alone In Love est le drama qui m’est le plus précieux. Je sais que dans le domaine des séries on abuse des superlatifs, mais croyez-moi, ce drama est un chef d’œuvre. Parfaitement équilibrée, elle fait naître l’émotion sans basculer dans la mièvrerie ou dans le pathos. Ce qu’on voit à l’écran ce ne sont pas des hommes ou des femmes, mais des cœurs blessés, à nu, qui se cherchent, se trompent ou se mentent. Il y a là une démarche sincère, honnête, pure qui ne peut que convaincre le téléspectateur. C’est un récit à la fois léger et profond qui permet un vrai recul sur la vie, le sens donné à l’amour. Le tout sublimé par une réalisation efficace mettant en avant le talent des acteurs (Son Ye Jin et Lee Ha Na m’ont bouleversé, tout simplement).

3/ Si tu devais nommer un drama à éviter absolument, lequel ce serait et pourquoi ?

J’ai tendance à oublier les mauvais souvenirs, avec tout ce que je regarde, mais je dirai Snow White. Parce que ça a été ma première déception. A l’époque, je découvrais les dramas « classiques » et j’étais tellement convaincu par ce nouvel univers que je me suis lancé dans le premier drama disponible, sans regarder les critiques. C’est là que j’ai compris que les dramas sont surtout histoire d’équilibrage. Snow White a été extrêmement pénible à regarder, même en avance rapide : un carré amoureux qui joue sur la jalousie au point de répéter les mêmes scènes en chaque fin d’épisode, peu d’humour, mal joué, bref, la catastrophe. Mais j’ai appris ma leçon, et désormais je lis un peu plus les critiques avant de me lancer tête baissée.

4/Quel est le drama que tu n’as pas encore vu et qui te tente énormément et pourquoi ?

J’ai toujours une tonne de dramas à voir, et malheureusement mes envies varient constamment en fonction de ce que je lis. Là j’ai lu tellement de bonnes choses sur Life is Beautiful que j’ai extrêmement envie de le voir. Problème : le drama fait … 63 épisodes. Ce qui représente l’équivalent temps plein de 3 dramas minimum… Du coup j’hésite beaucoup. (D’autant que j’avais également envie de regarder un autre drama de 50 épisodes : Gloria, Bae Doo Na oblige, même si le drama serait apparemment nettement en dessous de mes attentes).

J’ai envie de regarder la série car non seulement plusieurs critiques aguerris la considèrent comme un joyau, mais en plus elle permettrait de naviguer entre émotion et réflexion personnelle. En d’autres termes, elle ne se contenterait pas de faire de l’émotion bon marché, elle serait profonde, humaniste… Bref, tout ce que j’aime. En plus j’ai cru comprendre qu’elle parlait également d’homosexualité, ce qui au pays du matin calme est encore trop rare.

5/ Quel est le drama qui ne te tente absolument pas et pourquoi ?

J’ai déjà bien du mal à retenir ceux qui m’intéressent, alors un drama qui ne me tente pas… 😉 On va dire Road Number One ? La déception était proportionnelle à l’attente (dire que j’en avais fait la vignette d’un récapitulatif de mes attentes !). Et vu que tous les avis sont unanimes (ce qui n’est pas fréquent), pas de regret. Je regarderai à nouveau Kim Ha Neul dans un autre rôle…

J’en profite pour dire à quel point je me fais avoir régulièrement en attendant un drama à cause de son casting. Mais bon, je suis irrécupérable, j’ai toujours envie d’y croire…

6/ Tes acteurs et actrices préférées ?

Vous avez déjà pu avoir des indices en regardant ma présentation succincte de quelques acteurs et actrices de Corée du Sud. Mais je vais compléter un peu. Ça me fait d’ailleurs penser qu’il faudrait que je mette à jour ces fiches, faites l’été dernier. Ça bouge beaucoup au pays du matin calme ! Et puis tant qu’à faire, rajouter quelques fiches supplémentaires, aussi !

Et oui je sais que l’illustration vient d’un film (April Snow – dont la critique tarde toujours mais elle n’est pas oubliée pour autant rassurez-vous). Cette photo permet de réunir deux talents au charisme inégalé : la sublime Son Ye Jin et le mythique Bae Yong Jun.

  • Actrices coréennes (ça va être facile) :

Son Ye Jin, Bae Doo Na, Yoon Eun Hye, Moon Geun Young, Ha Ji Won, Jun Ji Hyun, Song Hye Kyo, Park Si Yeon, Lee Ha Na, Park Shin Ye, Kang Hye Jung.

  • Actrices japonaises (ça va être plus court) :

Ueno Juri, Ayase Haruka, Kichise Michiko, Ito Misaki, Toda Erika, Shida Mirai et … Ueto Aya (Oui, je sais honte à moi, il y en a là dedans qui ne savent pas bien jouer mais j’ai aussi mes faiblesses)

  • Acteurs coréens (ça va être long) :

Bae Yong Jun, Bi, Cha Tae Hyun, Lee Byung Hun, Jung Woo Sung, Gong Yoo, Hyun Bin, Hwang Jung Min, Lee Min Ho, Jang Geun Suk, Jang Hyuk, Lee Sun Gyun, Park Ki Woong, Kam Woo Sung, Kang Ji Hwan, Shin Ha Kyun, Kim Kang Woo…

  • Acteurs japonais :

Abe Hiroshi, Watabe Atsuro, Domoto Tsuyoshi, Tamaki Hiroshi, Nagase Tomoya, Matsuoka Masahiro, Kimura Takuya

7/ Ton meilleur souvenir drama ?

Quand j’ai revu Coffee Prince avec ma fiancée qui devenait accroc. Quand je l’ai vu pleurer dans Summer Snow. Ces deux dramas ont été bouclés en un temps record.

Je pense que les meilleurs souvenirs sont quand on les partage. Tout simplement.

8/ Qu’est ce que tu dirais à une personne qui ne regarde pas de dramas pour la convaincre d’en regarder ?

Disons que c’est un processus lent, il faut y aller par petites doses : susciter la curiosité en regardant un drama quand elle est là (« c’est quoi ce que tu regardes ? »), faire entrer progressivement la personne dans cet univers (le cinéma est un très bon moyen), et seulement après commencer à proposer quelques dramas.

Maintenant, pour ce qui est de convaincre à plus grande échelle : il faut expliquer, encore expliquer, et donner envie en étant enthousiaste mais réaliste (rien n’est pire que de décevoir, et en cela le choix du premier drama est crucial). Ça fera l’objet d’un article à part entière (oui je fais du teasing).

Sans une certaine ouverture d’esprit, l’échec est prévisible. Mais ça ne me démotive pas : je milite toujours pour une meilleure diffusion des dramas (et notamment coréens).

Voilà, merci pour ce tag (et merci de m’avoir lu !)

A moi de demander à Livia, Tite Souris et Lady d’y répondre, si elles veulent bien.

Acteurs et actrices coréennes : Song Hye Kyo

Je vous avais déjà parlé de cette actrice lorsque j’avais évoqué le drama Full House et le phénomène d’Hallyu. Mais son talent et son charisme méritait un article à part entière, elle n’est pas pour rien l’une des actrices les plus suivies en Corée du Sud et dans le reste du continent asiatique.

Song Hye Kyo (Song Hye Gyo) de constitution fragile, a failli ne jamais survivre à sa naissance. Mais les fées se sont penchées sur son berceau. Après avoir gagné un concours de mannequin, elle débute en 1996, dès 15 ans, dans les séries télé.

A peine 4 ans plus tard, lorsqu’elle atteint la gloire avec le premier volet d’Endless Love : Autumn in my heart, (voir l’article sur Winter Sonata), elle est déjà apparue dans une dizaine de shows télévisés. Dans cette série, elle incarne Eun-Suh à l’âge adulte (l’enfance étant jouée par Moon Geun Young). Le drama raconte l’histoire de filles échangées par erreur à la naissance, puis la rectification de cette erreur, avant qu’un amour impossible ne se dessine et qu’une tragédie ne clôture la série. Le drama réunit d’ailleurs à peu près toutes les ficelles scénaristiques possibles et est donc vivement conseillé à tous ceux qui veulent savoir ce qu’est un vrai mélodrame coréen « à l’ancienne ».

Devenue très populaire, elle continue d’enchaîner les rôles à la télévision. Après Guardian Angel, elle joue dans Hotelier en 2001, rejoignant ainsi Bae Yong Jun. (Le drama Hotelier fera l’objet d’un remake japonais dans lequel Bae Yong Jun, devenu Yon-sama superstar asiatique, jouera en caméo dans le premier épisode).

Elle joue ensuite dans la série All In, en compagnie de Lee Byung Hun. Alchimie ou pas dans la vraie vie, ces deux là vont d’ailleurs sortir ensemble temporairement.

Mais c’est surtout en jouant auprès de Bi/Rain, dans Full House (cf l’article sur la série), que sa popularité va atteindre des sommets. Désormais symbole de l’Hallyu, Song Hye Kyo peut rêver d’une carrière internationale, notamment au cinéma.

Elle jouera ainsi au côté de Cha Tae Hyun dans le film My girl and I, (cf mon article sur l’acteur), un joli succès pour un remake. Mais malgré une promo remaquable, son film suivant Hwang Jin Yi ne connaîtra pas le même destin.

Son retour à la télé, très attendu n’a pas non plus été très récompensé, The World that they live in, qui narre les coulisses de production d’un drama, n’a été qu’un succès mitigé. Mais sa rencontre avec Hyun Bin, son partenaire à l’écran, sonnera le début d’une réelle histoire d’amour.

Après un film indépendant américain, et une coproduction Corée-Thailande-Japon, elle tourne actuellement en Chine avec Wong Kar Wai The Grand Master (l’histoire d’Ip Man).

Song Hye Kyo est adulée où elle va, et les rumeurs sur son compte vont bon train. Sa fraicheur et sa bonne humeur sont en tous cas très communicatifs.

L’anecdote amusante, c’est qu’elle a été prise pour modèle, et reproduite à la quasi perfection en 3D. Bluffant, non ?