Fins de séries au cinéma ou comment ne pas faire son deuil

On le sait tous, à cause du système américain, beaucoup de séries n’ont pas connu de fins décentes.

Il peut s’agir d’histoire non bouclées, comme de la sensation étrange de potentiel gâché.

Business is business, je ne vais pas revenir dessus. C’est le système américain qui oblige les séries à s’adapter, a contrario du système asiatique où on quand on s’engage dans une série on est sûr d’avoir une fin.

Et si le couperet télévisuel est tombé, cela n’empêche pas les fans de croire désespérement que leur série fétiche peut renaître de ses cendres.

Mais là aussi, parfois, même si ça fait mal, il faut voir les choses en face. C’est bien joli de nous faire croire que peut-être un jour, on sait jamais, si le vent est favorable, les conditions réunies, le casting est partant, les finances donnent leur feu vert, on pourrait voir renaître une série au cinéma, pardon, continuer une franchise lucrative.

Ce matin ce sont les tweets de Kristin Bell (#veronicamarsmovie) qui m’ont un peu agacé. Vous y croyez, vous au film Veronica Mars ? Bien sûr, sans la mobilisation de fans, rien ne pourra se faire. Mais quand même, on sait que les chances du film sont proches du néant. Des enquêtes d’audience ont été faites, ça ne rapporterait pas assez d’argent. C’est ça la dure loi de l’univers de la production cinématographique.

Alors voilà, si bien sûr je serai très content de voir Veronica Mars dans de nouvelles aventures, j’aime pas quand on retourne le couteau dans la plaie. Une série morte trop tôt, ça nécessite de faire son deuil. Pitié, j’en ai marre de souffrir. Laissez la reposer en paix. Et arrêtez de vous moquer de nous.

On nous a tellement bassiné avec des suites de séries qui ne se sont jamais faites. Je me rappelle encore de Code Quantum. Il y en a d’ailleurs qui se battent encore. Mais si la série renaîtra un jour, faut pas se leurrer, ça sera dans le cadre d’un immonde remake. (Les mystères de l’ouest, l’agence tous risques,…).Le mot culte n’est finalement entendu par les producteurs que plus de 20 ans plus tard.

Moi aussi tous les jours je rêve de films Wonderfalls ou Pushing Daisies. Ou d’une suite à Carnivàle. Ou d’un film Arrested Development (Vous savez où en est là ? Non ? Et bien finalement tant mieux, je préfère ne pas trop entendre les péripéties d’une aventure bien trop longue et épuisante pour les nerfs. Annoncez moi le projet quand le film va commencer le tournage. Pas avant.)

Mais vous allez vite me crier : Et Firefly alors ? Tout le monde n’est pas Joss Whedon. Firefly était l’exception qui confirme la règle. Une série américaine de qualité et de faibles audiences, c’est destiné à mourir dans notre coeur en causant d’atroces souffrances. Alors pitié, cette année, à moins d’audiences poussant à l’optimisme évidemment, (ce que je souhaite ardemment), pitié, pitié, pitié, que Chuck clôture bien ses histoires, et ne nous laisse pas dans l’expectative d’une 5è saison. Qu’on ne nous laisse pas croire ensuite pendant des années, via des rassemblements de fans que si, si, un film « Chuck » pourrait se faire.

C’était le post pessimiste du jour.Pour le versant optimiste du même sujet, veuillez attendre qu’un miracle comme Firefly se reproduise.

Réussir l’introduction d’une série

C’est en visionnant le pilote de Covert Affairs, ultra-classique (pour ne pas dire réchauffé), que je me suis demandé comment réussir à garder le téléspectateur à la zapette facile. Je ne suis pas scénariste, donc ma réflexion sera minime (en plus il fait chaud), mais pour moi le b. a. ba, c’est d’arriver à :

Surprendre. Quand je liste les pilotes de ces dernières saisons, peu s’en sortent finalement. J’ai toujours en tête l’excellente introduction de Buffy the Vampire Slayer, qui renverse les codes (le vampire est la petite fille apeurée par les bruits). Je pourrai aussi citer Chuck, qui multiplie les rebondissements sur ses personnages (qui est « gentil ? »).  Surprendre, ça veut aussi dire ne pas savoir où l’histoire veut aller et comment elle va être traitée : j’apprécie particulièrement les changements de ton. De l’humour bien placé peut par exemple complètement renverser l’appréciation sur la série.

Rendre les personnages intéressants. Ca ne veut pas pour autant dire avoir des personnages profonds. Par exemple, il existe de très bonnes séries qui commencent par des méchants d’abord unidimensionnels, mais il faut que le traitement leur assure du charisme, une prestance. Encore une fois, présenter les personnages n’est pas chose aisée, surtout quand le nombre de personnages dans une série tend à augmenter (Pour moi Firefly ou Parenthood ont eu des débuts difficiles à cause de ça, un second visionnage s’est avéré nécessaire).

– Concomittamment, c’est rendre les personnages attachants (sans doute la partie la plus difficile car on parle de série, pas de film). En effet, il est très rare d’avoir des « coups de foudre » en matière de personnages de série. C’est son évolution qui est importante. Par exemple, un des défauts récurrents à la télévision américaine, je trouve, c’est de présenter des personnages de façon très basique, et les faire évoluer très rapidement. Certes,avec du rythme c’est bien plus facile de captiver le téléspectateur , mais je trouve qu’on perd énormément au niveau des personnages, et donc sur le bilan final du pilote. Quoi de pire qu’un pilote à 200 à l’heure où on finit par se désintéresser du sort des personnages ? On a pas le temps de s’attacher à eux, que déjà ils disparaissent. En d’autres termes, j’aime quand on passe du temps à caractériser les personnages, à les rendre humains. C’est quand ils sont humains qu’ils sont attachants (ne vous étonnez donc pas de mon addiction pour les dramas asiatiques). Il faut aussi qu’on arrive à s’identifier, qu’elle renvoie globalement à notre existence ou à ce qui fait de nous des êtres de chair et de sang. Une série n’est pas un film, il y a un rapport beaucoup plus étroit avec le petit écran qu’avec le cinéma.

Appâter le client en lui donnant envie de voir la suite. Bon la technique de base c’est évidemment le cliffhanger, ou la révélation. Mais là se pose un gros problème, quand la révélation est prévisible depuis les premières minutes, c’est pour moi une énorme déception. Et je préfère encore un pilote sans révélation, qu’un pilote avec une fausse révélation (« parce qu’il en faut une »). Donner envie de voir la suite, ça ne se joue pas forcément dans les dernières minutes. Si l’univers présenté est attrayant, c’est déjà bien suffisant, pas besoin de le ruiner avec une dernière scène grotesque.

C’est pour ça qu’il y a des séries qui se vendent dès leur pilote, et d’autres qui mettent du temps, trop de temps. Pour autant, la recette magique, je crois, n’existe pas, et si je suis de moins en moins convaincu par les pilotes, c’est aussi à cause d’un formatage proprement hollywoodien qui a envahi les networks. On dirait qu’il n’y a plus que le rythme qui compte. Peu importe la pertinence des rebondissements, ou le moment de placer la bonne note (d’humour ou de tristesse), on dirait qu’il faut séquencer le pilote comme un film hollywoodien avec ses rebondissements de blockbuster toutes les 7 minutes.

Sans lancer de polémique, car je ne sais pas au final ce qui se passe dans ces boîtes noires de networks, cette tendance aux productions formatées  est pour moi ce qui fait le plus mal à la télé actuellement. L’exemple parfait est sous nos yeux : alors que je citais Joss Whedon au début de mon article, que penser de ses pilotes suivants qui ont été ré-écrits sous la « pression » (Firefly, Dollhouse) ?

Vous allez bien sûr me dire qu’il faut arrêter de regarder les networks, et passer sur HBO et consorts. D’accord, mais on peut pas nier non plus que les séries du câble se vendent sur des critères bien définis également (Sexe, drogue, insultes et familles dysfonctionnelles). Personnellement c’est pas parce qu’un pilote d’HBO remplit bien ces critères que je vais me mettre à l’apprécier. Et pour le coup, il y a là aussi de sérieux manques de rythme. Je peux le dire ici sans ombrage, j’ai détesté le pilote de True Blood. Alan Ball avait fait bien mieux avec celui de Six Feet Under.

Formatage, vous avez dit formatage ? Trop de formatage tue le pilote. Ce qui encore une fois ne veut pas dire que la série entière suivra ce chemin, mais c’est parfois pas un bon signe…

Wonderfalls

Ça faisait un petit moment que je voulais vous parler de Wonderfalls. Wonderfalls est une de mes séries préférés. A vrai dire, depuis que je sais que Caroline Dhavernas va reprendre du service sur ABC à la rentrée (Off The Map), je trépigne d’impatience.

Alors pour expliquer le pourquoi du comment, je me permets de reprendre une partie de mon article publié à l’époque où j’officiais sur EDUSA.

Retour en Mai 2004. Fin de l’expérience Wonderfalls sur la FOX. Déjà sous le charme de Dead Like Me, et pour certains d’entre nous sous celui de Joan of Arcadia, le coup de cœur était prévisible. Pensez donc, une série de Bryan Fuller, Todd Holland et Tim Minear en producteur avisé, avec dans le rôle principal une jeune femme sarcastique…. Tout cela renforce l’idée qu’un vent est en train de tourner…

Du Buffy-girl power pas encore épuisé naît l’idée de jeunes femmes qui non seulement s’affirment, mais qui portent aussi un regard désabusé sur la société actuelle. De l’héroine, on dérive vers une héroine qui ne supporte ni son statut ni sa vie. Alors, anti-héroine ? Depuis Dead Like Me, Wonderfalls, on voit apparaître des jeunes femmes en mal être. De ce que j’en ai vu, la toute récente Gravity s’en rapproche un peu, d’ailleurs.

Amusant de voir comment le concept de la série est né. Installés dans une cuisine, où trônent fièrement des objets en forme d’animaux,  Todd Holland et Bryan Fuller sont en plein brainstorming. Effectivement, ça serait marrant si ces objets se mettaient à parler… C’est d’autant plus marrant quand on pense à Jeanne d’Arc… et à un décor plus intéressant que la ville ou la plage (les chutes du Niagara, par exemple).
De là fusent les noms pour la série : the maid of the mist, animal cracker, the chachkey whisperer, normally insane, what ever happened to baby jane, voire même…. Joan of Niagara (Ca ne s’invente pas !). Et à force de se répéter que « something wonderfalls is happening », le titre est trouvé : ça sera Wonderfalls.

L’histoire ? Jaye Tyler, benjamine de la famille, 24 ans, vit dans un camping, et se retrouve vendeuse dans un magasin de souvenirs (Wonderfalls) situé au pied des chutes du Niagara. Bien que diplômée en philosophie, elle a pour supérieur hiérarchique « mouth-breather », lequel est bien plus jeune que lui, et surtout nettement moins diplomé. La vie serait-elle injuste avec elle ? Jaye n’a malheureusement pas d’ambitions.

She has really managed to create a stressless expectation free-zone for herself

Comme le soulignent ces phrases :

While their lives may appear aimless and desultory there’s nothing random about the choices the gen-Y non-winner makes. Everything they do is for a single purpose : to avoid engaging with the world around them. And subject is reluctant to make eye contact with children or the elderly.

What about friends ? You want to choose people who aren’t much more motivated than you are. But you don’t surround yourself with total narcissists. Otherwise things start to be about something other than you.

Jaye est le prototype de la fille intelligente qui sait ce qu’elle ne veut pas, et qui porte un regard différent de ses consoeurs. Son school-book le prouve : elle n’appartient à aucun club, ne fait aucun sport, et n’a reçu aucune récompense.

Mais le show n’est pas seulement articulé autour de Jaye. Elle a un frère plus âgé (Aaron) qui vit encore chez ses parents et qui étudie la religion, une grande sœur (Sharon) avocate dont elle découvrira l’homosexualité au cours de scènes désopilantes, un mère (Karen) imbue d’elle-même et un père médecin (Darrin) qui a du mal à communiquer.

i know where you’re careless, it’s not because you don ‘t care. Theses things happen with you.

Décidément, « Jaye » est bien le mouton noir de la famille, son prénom sonne d’ailleurs bien différemment de Darrin, Aaron, Sharon, Karen…
Tout bascule lorsqu’un lion en cire se met à lui parler, la tête déformée par la machine mold-a-rama. Dès lors, si elle suit les ordres des animaux en plastique, peluche, cire,… elle va transformer le destin des autres … et le sien. Car toute la série est centrée sur le destin. (Et moi j’adore les histoires de destin. Si vous me lisez depuis un petit moment, je pense que vous l’avez déjà compris !).

Dès l’introduction, où l’on nous conte l’une des 50 (fausses) légendes des chutes du Niagara. Les touristes apprennent ainsi que les indiens ont sacrifié la fille du chef afin de clamer la colère de leur dieu . En se jetant dans les chutes du Niagara, elle aurait donc prononcé ces mots :

I surrender to destiny .

Famous words. Dès lors, Jaye ne pourra qu’obéir aux ordres :

I’m done fighting. From now on, i’m fate’s bitch .

Enfin…Jaye n’est pas du genre à suivre aveuglément des ordres qui pourraient avoir des conséquences dramatiques. Le message qui lui est adressé est suffisamment énigmatique pour lui donner différentes interprétations : « give it back to her » , « mend what is broken », « let him go », et j’en passe…

La série va donc suivre cette « destiny puppet » dans une ambiance cynico-comique irrésistible.
Bien entendu, différents arcs se rajoutent à chaque épisode, comme par exemple la meilleure amie de Jaye (Mahandra), la quête de spiritualité de son frère, le lien fraternel et l’homosexualité de sa sœur Sharon, l’amour de ses parents, et… une histoire d’amour avec le tenancier du bar. Une histoire compliquée par son ex-femme, Heidi, interprétée par Jewel Staite (Firefly).

L’univers développé par la série a une cohésion d’ensemble, ce qui est fort appréciable. Le faux-flic qui s’occupe de la sécurité des magasins, le psychiatre qui vidéotape ses sessions, le livreur et son ex-femme, tous ces personnages semblent avoir leur vie dans leur série, et ne sont pas juste des faire-valoir d’un épisode.

Ceci sans parler des innombrables animaux parlants qui font partie du quotidien de Jaye : lions, oiseaux, porc, lapins, serpents, âne, flamants roses, pingouins, ours, buffles, … De quoi devenir cinglé quand ceux-ci se mettent à vous réveiller la nuit en chantant ! La série va d’ailleurs réfléchir sur le comportement de Jaye, au point que l’on peut se demander si « elle n’utilise pas les animaux pour éviter le risque d’interagir avec les humains » (Episode Safety Canary).

La série ne révèlera jamais « qui » parle à Jaye, ou « pourquoi » on lui parle. Des pistes sont lancées, une réponse -non satisfaisante mais pourtant très drôle- est donnée, et au final c’est bien mieux ainsi. Parce que la série n’est pas portée sur le mystère, mais sur ses personnages, terriblement attachants.

Et quel cast ! Peu de séries marchent instantanément, avec l’impression que tout est à sa place, et que le miracle est là. Cette série est un bijou de casting, et leur entente fait plaisir à entendre, notamment quand ils se mettent à chanter le générique (commentaires du dernier épisode de la série, sur DVD zone 1).

I wonder wonder wonder why the wonderfalls…


Caroline Dhavernas d’abord, dont le charme est irrésistible sur le petit écran que ce soit dans les scènes comiques ou les scènes shipper émouvantes. Mais aussi Katie Finneran, Tyron Leitso, Lee Pace, William Sadler, Diana Scarwid et Tracie Thoms (qualifiée de black Sandra Bullock par les créateurs de la série).

Lee Pace, vous l’avez revu dans l’autre série du génial Brian Fuller : Pushing Daisies. Une série aussi colorée, joyeusement décalée, bref, encore un autre OVNI télévisuel qui me manque beaucoup. Même si je l’avoue, j’ai une préférence pour Wonderfalls, dont les dialogues et le comique sont nettement plus travaillés.

Dans un épisode jubilatoire, on trouve même Sara Drew (future régulière dans la prochaine saison de Grey’s Anatomy), en clone de Jaye. Coincidence, Caroline va rejoindre le prochain show de Shonda Rhimes. Aurait-elle vu Wonderfalls récemment ?

Mais si Pushing Daisies a pu durer 2 saisons (22 épisodes au total), Wonderfalls n’aura pas bénéficié de ces mêmes faveurs (13 épisodes au total, mais seulement 4 diffusées !). Oui, je sais tout est relatif.

Wonderfalls est morte beaucoup trop tôt. On pourrait même parler d’assassinat. 4 diffusions dans le « slot-time de la mort » et la série s’arrête. Caroline Dhavernas ne viendra même pas au Late Late Show de Craig Kilborn, écœurée par l’annonce…
A quoi bon une promo pour une série que l’on vient d’enterrer ? La Fox aura tué dans l’œuf un potentiel hors du commun. Non, je ne rappellerai pas l’ignoble abandon de Firefly. Je ne vais pas transformer cet article en brûlot anti-FOX même si les doigts me démangent.
Vous me direz, 4 épisodes c’est vraiment chaud pour juger de la qualité d’une série. Sauf que 13 épisodes existent…et que la qualité est non seulement très bonne, mais en plus constante. On ne sait jamais comment va se terminer l’épisode. Les idées loufoques se succèdent, le rire et l’émotion est là, et on sort de la série avec une « pêche d’enfer » comme dirait le voisin.

On se console tant qu’on peut en sachant que les 13 épisodes forment un tout cohérent, et qu’aucun arc n’est réellement en suspend à la fin. A la différence de l’insoutenable dernier épisode d’Angela, 15 ans, par exemple.
Enfin, concernant la suite des aventures de Jaye, des pistes avaient été avancées : internement psychiatrique, grossesse non désirée, plein de choses auraient du arriver…

Car plus encore que les images, le talent des acteurs et la réalisation (qui permet à des scènes géniales de rester dans les mémoires), ce sont les dialogues qui font mouche et s’inscrivent d’ors et déjà dans le patrimoine des plus grands scripts tv.
Pour moi qui suis passionné de citations de séries tv, je ne résiste pas à l’envie d’en mettre quelques unes (Je vous préviens je suis gourmand). Après ça, nul besoin d’expliquer en quoi les dialogues sont cultes. Ca et le fait de savoir que supercalifragilisticexpialidocious compte 34 lettres…

Sweetie, when was the last time you had an orgasm ?


I’ve change religions, for god’sake ! I’m not going to heaven now !


Screw the chicken ! I’m gonna save that’s bitch marriage !


No. It’s not an issue. It’s a full subscription.


Jesus was nice to prostitutes.


You didn’t redecorate my room with zoo-theme wallpaper did you ?


I didn’t do anything wrong. I shouldn’t have to go to church.


– Stupid cow
– Selfish bitch


Meaninglessness in a universe that had no meaning, that I get. But meaninglessness in an universe that has meaning… What does it mean ?
– It doesn’t mean anything


And i’d rather be a nobody that’s a somebody than a somebody that’s nobody or something. Point is, you suck !


I’m trying to save him by avoiding him so I could be with him. But I can’t go near him or I’ll destroy him. So if I could just manage to stay away from him then maybe we could be together. Please don’t repeat that back to me.


I don’t wanna be chosen. For this instance, I’m anti-choice.


– Many of the great spiritual leaders didn’t even realize they had gift. Until they were called on to use them. St Paul was just a punk until he was blinded by the lights and Gandhi was just drunkin’ and whorin’ it up with his friends until he heard the cry of his people….
– And Neo was just a big geek until he swallowed that little red pill.

Avec des dialogues pareils, un cast parfait, un réalisation rythmée et une musique réussie, des scenarii vraiment originaux et un sens du comique qui frôle le génie, la série restera pour moi une des plus belles créations télévisuelles. Elle dispose en outre d’une sortie en DVD zone 1 (avec sous-titres anglais), je sais je l’ai déjà dit, mais ce serait un crime de passer à côté de ce chef d’œuvre. (D’ailleurs si des éditeurs français pouvaient se décider à la mettre en vente avec des sous-titres français histoire d’en faire profiter tout le monde, ça serait très sympa).
Hmmm… Culte ? Vous avez dit culte ?

Séries en DVD : coup de gueule

Il était temps que je parle un peu d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur : les coffrets DVD de séries. J’en possède moi-même de quoi tapisser plusieurs murs, donc à force…

Le prix :

J’ai le souvenir des premières éditions de séries en DVD. A l’époque, le DVD c’était pour le 7ème art, qui voudrait payer pour ce qu’il peut voir chez lui ? Après les premiers coffrets de série en cassette vidéo (les premières saisons d’X-Files, superbes, mais encombrantes) sont sorties les premières séries en DVD. Ô joie, pour tous les sériephiles du monde entier : l’heure de la VOST avait enfin sonné. Bien sûr le phénomène débuta aux USA, et bien avant la sortie en France, par exemple, paraissait là-bas un coffret DVD réunissant quelques épisodes d’Ally Mc Beal. La compression vidéo n’était pas terrible, mais c’était déjà ça. C’était cher, très cher. Quand le phénomène a débarqué en France, les sériephiles étaient des vaches à lait (parfois pas loin de 90 euros une saison). Il aura fallu un temps fou avant que les coffrets ne deviennent abordables, grâce à la popularisation des séries. Pour s’en sortir, il y a des éditions belges, ou des éditions zone 1 ou zone 2. Mais de nos jours, le média pourtant largement rentabilisé, reste tout de même un peu cher. Faut-il attendre des coffrets intégrales (qui ne sont pas sûres de paraître un jour) ?

La qualité visuelle :

Lorsque la première saison de Buffy the Vampire Slayer est sortie, l’image était pour le moins granuleuse. C’était assez compréhensible : c’était la faute aux masters. Depuis, les éditions DVD nous ont gratifié de superbes images, au point que la lecture de revues comme Les Années Laser ne servaient plus à grand chose. Mais de nos jours, il y a encore des séries récentes qui sortent avec une image scandaleusement granuleuse. Chuck, par exemple, est difficilement regardable. Pire encore que l’emploi de masters douteux, pour des histoires de marge, on compresse de plus en plus d’épisodes sur un DVD.

Les sous-titres :

Du temps de la pénurie d’éditions zone 2, les zone 1 regorgeaient de sous-titres VF (voire de VF, parfois québecoises). Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il devient même de plus en plus difficile de savoir si une édition comprend des sous-titres (VO ou VF), vu qu’il y a un grand décalage entre ce qui est annoncé officiellement et ce que l’on a finalement. C’est parfois à notre avantage : par exemple, Once and again en zone 1 a des sous-titres anglais alors qu’ils n’en font pas mention. Très souvent, les bonus ne sont pas sous-titrés. Et ne comptez pas sur les éditions zone 2 UK pour trouver vos séries inédites : elles ont tout simplement banni les sous-titres VF, voire même VO.

Pire, les éditions zone 2 diminuent dans le choix des sous-titres. Les amateurs de VOSTA peuvent ronger leurs ongles, c’est bien souvent VOSTF ou rien.

Tout le bénéfice des dvds est en train de partir peu à peu. Où est l’intérêt du DVD par rapport à une cassette vidéo ? Mais je vais y revenir.

Le packaging :

Alors là, ils ont fait très fort. Tout sériphile a probablement commencé la collection d’une série, saison par saison. Mais non malheureux, qu’as tu donc fait ! Avant d’atteindre le dernier coffret, le packaging aura changé 1 à 2 fois de taille (de gros-normal-mince, merci Alias), 1 fois de logo (Merci 24), quand c’est pas tout simplement des éditions de saisons complètes puis de moitié de saisons puis de saisons complètes (merci Ally Mc Beal).Ah les moitiés de saison, un grand classique. Tout est bon pour nous faire payer plus cher.Et à la fin bien sûr, le marketing vous proposera des intégrales que l’on rééditera chaque année dans des éditions de plus en plus moches (boîte à chaussure). Exemples types : l’édition limitée de Buffy devenue introuvable remplacée par un carton noir hideux, ou les éditions intégrale de Friends d’abord classe en noir, puis en vert (yeurk !).

Les sorties qu’on attend toujours :

Mais le plus rageant, au fond, c’est de ne pas avoir accès à ce qu’on nous a promis.

C’est plus rare du côté américain, mais ça existe.

J’attends toujours la saison 3 d’Once and Again (la dernière). Tout était prévu : le packaging, 5 dvds, des commentaires de Sela Ward ont été enregistrés, même un bétisier. Et rien, malgré les pétitions des fans. Ca devait sortir en 2005. Entre temps même la série Thirtysomething est sortie. Vous imaginez même pas la frustration alors que c’est ma série préférée of all time. Il suffit de lire un commentaire sur amazon pour comprendre :

For ‘Once and Again‘, the third and final season is the pinnacle. If a single season of a single television series ever deserved immortality on DVD, it is this one. I’ve been dreaming of it for six years.

Mais évidemment c’est du côté français que se situe les plus grandes lacunes erreurs commerciales. La France est le seul pays à avoir arrêté l’édition DVD de Frasier et de Cheers en saison 4.  Pas de sous-titres en zone 1 ni en zone 2 UK, donc impossibilité pour les français d’avoir accès à la suite de 2 des meilleures sitcoms au monde.

J’ai failli faire un plaidoyer pour Code Quantum, qui est sorti en intégralité aux USA il y a de cela plusieurs années. Mais il s’avère qu’une saison 3 va enfin sortir chez nous fin juin (la saison 1 était sorti chez nous en 2006, ils sont vraiment pas pressés). Pas de bol, j’attends la 5è dernière saison en zone 2 fr, seul moyen d’avoir des sous-titres puisque cette saison n’en dispose pas en zone 1. Il est probable que je l’aurai en 2014 à ce train là, s’ils sortent encore des dvds d’ici là.

On continue ? J’attends toujours la suite de The Practice, et la deuxième saison de Pushing daisies. Ca serait aussi sympa de nous proposer l’intégrale de Firefly (même si heureusement le zone 1 a des sous-titres).

Des bonus qui disparaissent :

Depuis quelques mois les éditions DVD deviennent de plus en plus pauvres en bonus. Une restriction imposée pour faire vendre du bluray, qui obtient ainsi un avantage substantiel par rapport au DVD. Et une autre manière aussi d’augmenter les marges.

Des exclusivités anti-concurrentielles :

Ca avait commencé avec des éditions spéciales contenant des bonus particuliers et un packaging amélioré (Heroes édition FNAC). Ca continue de nos jours avec the big bang theory disponible uniquement à la FNAC pour un prix scandaleux (merci la zone 1 vostf, ouf !)

Le zonage :

Cette limitation culturelle, à l’heure d’internet, a toujours été pour moi injustifiable. La mondialisation ne concernerait pas les biens culturels ? Pourquoi donc ?

Qui peut décider du partage culturel du monde ? Pourquoi le zonage bluray nous met dans la même zone culturelle que l’Afrique (le zonage DVD nous mettait avec le Japon). ? Pourquoi sommes nous à ce point considérés commes un tiers monde culturel par les majors ? Au delà, bien sûr, c’est aussi la question des droits dans les différents pays : a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? Internet a permis un accès culturel multi-ethnique sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Restreindre cet accès culturel, dans un but purement mercantile, c’est restreindre notre capacité à comprendre l’Autre.

Il est quand même fou que le dézonage soit de plus en plus difficile (merci les bluray !), et que nous fermions les yeux aussi facilement.

Et les séries asiatiques alors ?

Les DVDs asiatiques, en France, sont encore une niche. L’édition cinématographique a lancé de belles vagues, mais depuis plus d’un an, il n’y a plus grand chose d’intéressant. J’ai pourtant cru à un moment donné à autre chose que des films d’art et d’essai et des films d’action, mais l’espoir est mort désormais. De plus, il serait temps qu’on arrête de cantonner les fictions asiatiques dans les animes. Quand on connaît la richesse télévisuelle du Japon et de la Corée du Sud, ça fait mal de se dire que pour l’instant une seule série a été éditée chez nous (Damo). On parlait de zonage culturel, tout à l’heure  il me semble ?

A quand Coffee prince, Alone in love, Flowers for my life ou Story of a man ? A quand Summer Snow, Last Friends, Nodame Cantabile ou Densha Otoko ?

Et les bluray maintenant ?

Alors que vous venez de vous constituer une jolie dvdthèque, voilà qu’on essaye de vous refourguer un nouveau support. Que l’on ne me parle pas de qualité, le but est de revendre une énième fois les mêmes catalogues des majors. Tant qu’on empêche pas un dvd de sortir avec le même contenu, ça ne me pose pas de problèmes, mais ces derniers temps ce n’est plus le cas, comme je l’expliquais plus haut. Le bluray n’apporte rien de plus que le dvd, à part une meilleure image. Pire, il restreint encore plus notre liberté culturelle (cf dézonage). C’est vraiment scandaleux de forcer les gens à changer de support, simplement par appât du gain.

La dématérialisation du support

Et alors qu’on essaye d’imposer le bluray dans les foyers, voilà qu’une autre arme de consommation massive arrive à nos portes : le contenu dématérialisé, qui disparait après visionnage. Le fast-food chez soi. Sauf que les tarifs pratiqués ont de quoi refroidir : aussi cher qu’un coffret DVD, qui lui au moins reste chez vous, et est visionnable autant de fois que l’on veut et à tout moment. Aussitôt vu, aussitôt oublié, aussitôt prêt à redépenser ?