Hostages [Pilote]

Hostages

Hostages faisait partie de ces projets que je surveillais du coin de l’œil, avec l’espoir d’avoir un thriller plein de rebondissements, capable d’apporter ma dose d’adrénaline hebdomadaire.

On nous promettait une prise d’otages d’une famille dysfonctionnelle afin de tuer le président des USA, et tout ce que le pilote a finalement délivré, c’est un amas de clichés, et des twists mille fois vus ailleurs.

hostages dylan mc dermott

Au moins mes illusions n’ont pas duré longtemps. Le pilote démarre très mal lorsque Dylan Mc Dermott, agent du FBI « bad ass », intervient sur une prise d’otage avec ses méthodes radicales. Non seulement la scène met mal à l’aise le téléspectateur (notre « héros » tue le preneur d’otage sans aucune justification légale), mais en plus l’acteur a beaucoup de mal à être convaincant dans ce rôle. Et ce n’est pas en le voyant au chevet de sa femme mourante que ça s’améliore.

hostages toni collette

Hélas, quand vient le moment de la prise d’otage de la famille du docteur Ellen Sanders (Toni Collette), on est guère surpris par l’enchaînement des évènements. Le pilote essaye de ménager un faux suspense sur les secrets des membres de la famille, et ce faisant étire encore plus un scénario déjà bien longuet. Entre le fiston qui deale, la fille qui tombe enceinte, ou le père qui trompe sa femme, on soupire très fort.

hostages pregnancy test

Mais surtout, à aucun moment le pilote n’arrive à apporter la tension nécessaire. La famille est vraiment en danger ? Mais non voyons, ces preneurs d’otages sont des êtres sensibles, et chaque tentative de nous faire croire le contraire est déjouée deux minutes après. A quoi bon ?

toni collette hostages

On s’endort donc très vite, d’autant que la mise en scène est problématique. La musique en fait des tonnes. A vouloir être trop sérieux alors qu’il n’est pas capable de supporter ses thématiques, le show agace. Ou rend hilare, pour les plus caustiques. On se contrefout du sort des otages, puisqu’il n’y a plus de tension. On ne se soucie guère des personnages, répondant à une liste sommaire de clichés. On se fiche du sort du Président (ça pourrait être n’importe qui, ça serait pareil) parce qu’on le voit à peine.

Bref, un résumé de tout ce qu’il ne faut pas faire.

Moi ça m’a plutôt fait déprimer. Ben oui, je voulais y croire, à ce show plein de têtes sympathiques : Toni Collette, Sandrine Holt, ou Tate Donovan. J’étais prêt à lui pardonner beaucoup de choses. Mais rien que la scène finale en dit long sur la paresse des scénaristes. Non seulement c’était long, prévisible et rempli de clichés, mais le téléspectateur n’est même pas récompensé au final pour son extrême patience. Ça sera sans moi.

feu-rouge4

Publicités

American Horror Story [Pilote]

La voilà donc la nouvelle série de Ryan Murphy (Glee, Nip/Tuck), parti chercher un peu de liberté artistique sur FX. Et comment dire ? Le résultat, comme toujours avec lui, est … déconcertant.

Une série d’horreur. C’est bien ce qu’il tente de nous vendre. Attendez vous plutôt à une série maltraitée par sa psychose et son mauvais goût. Vous allez me dire que c’est normal qu’une série d’horreur soit malsaine. Sauf qu’elle n’est pas malsaine, elle n’entretient aucun frisson, n’écœure pas le téléspectateur, elle est le plus souvent inerte et prévisible, avec au moins 90 % de scènes qui ne fonctionnent pas, la faute à une réalisation d’une laideur peu commune, un peu comme si ça avait été fait par un étudiant qui cherchait à placer tous les effets disponibles au lieu de donner à sa série une identité propre. Et encore, je suis gentil.

Mais le problème ne réside pas seulement dans la réalisation : American Horror Story est un véritable catalogue de tous les clichés disponibles sur la thématique : maison hantée, cave hantée, tableaux effrayants, bocaux de formol, visages brûlés, œil de verre, rouquins, trisomique, chuchotements, incendies, monstre, chien égorgé, apparition de fantômes, personnages ayant des apparences différentes, … Et après avoir vainement tenté de nous effrayer avec tout ça, Ryan Murphy rajoute sa touche personnelle sur les déviances sexuelles : costumes sado-maso au grenier, masturbations… Et croyez moi quand vous aurez vu Dylan Mc Dermott pleurer après avoir assouvi son plaisir, vous aurez compris le degré artistique et la profondeur psychologique de ce … truc.

Il reste au fond une seule chose qui peut sauver ce pilote : l’impression d’avoir un puzzle, un mystère qu’il nous faudra résoudre en luttant contre l’endormissement. Bon, c’est mal barré, puisque sur cette thématique Ryan Murphy peut s’en donner à cœur joie et pourra toujours prétendre nous faire le remake de Shining si on lui pointe ses délires. Mais Murphy n’est pas Kubrick, il ne sait pas raconter des histoires, et mettre en place une ambiance, il ne sait que mettre bout à bout des effets.