La rentrée américaine 2016

Comme prévu, voici donc un rapide tour d’horizon des nouveautés de cette rentrée.

Je reprends mon système : feu rouge (on arrête là les dégâts), feu orange (on continue éventuellement si planning de visionnage pas trop chargé), feu vert (vivement le prochain !) ;

Autant vous le (re)dire tout de suite, cette année il n’y a pas de gros coup de cœur pour l’instant…

Cet article est régulièrement mis à jour avec les nouveautés (dernière mise à jour 18 Octobre 2016)

Du côté des chaines câblées ou de streaming :

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mini feu rouge 2Quarry (Cinemax) Située dans les années 70, la série raconte sans grande surprise comment un vétéran du Vietnam devient un mercenaire. C’est bien filmé, mais qu’est ce qu’on s’ennuie ! Il manque un angle d’attaque pour rendre la chose plus intéressante.

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mini feu rouge 2Graves (Epix) Le postulat de cette comédie était sympathique : un ancien président républicain, devenu vieux, se rend compte qu’il a été le plus mauvais dirigeant de l’histoire. Malheureusement sa quête de rédemption se contente d’un discours creux, où – vous allez rire – le président fugue et fume des joints. Il ne reste donc plus rien, à part la performance d’acteur de Nick Nolte et la présence sympathique de Sela Ward.

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mini feu rouge 2Easy (Netflix) Il s’agit d’une anthologie de Swanberg (qui semble découvrir ainsi les attraits du monde des séries par rapport au cinéma indépendant). Elle tente de décrypter les rouages de la sexualité et de l’amour. Il y a de l’idée dans la première histoire, qui tente de rappeler comment notre psyché joue avec l’attribution des rôles donnés aux femmes et aux hommes. Mais le propos reste largement superficiel, noyé sous une tonne de scènes rendant l’acte sexuel encore plus banal et déprimant. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’enrobage est prétentieux, quoique…

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mini feu rouge 2Falling Water (USA Network) Si comme moi vous détestez les scènes de rêve dans les séries, fuyez ! Falling Water essaye de monter une mythologie autour de la mise en commun de rêves de personnages. C’est absurde, prétentieux, ennuyeux au possible, et on se contrefiche complètement des personnages. Oui, même l’héroïne, là, qui ne sait pas si elle a eu un bébé.

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mini feu rouge 2High Maintenance (HBO) Une comédie sur un dealer de cannabis qui rencontre ses clients ? Pourquoi pas, mais alors il faut me démontrer qu’il y a quelque chose derrière. On s’ennuie ferme devant le pilote. Lorsque notre dealer attend impatiemment qu’on le paye pour partir, on est avec lui : vivement que ce théâtre improvisé se finisse, qu’on puisse lancer, je sais pas moi, une série plus passionnante !

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mini feu rouge 2Better Things (FX) La comédienne de (Lucky) Louie tente de nous toucher avec son quotidien de mère. Malheureusement, ça parle un peu dans le vide, et ça tourne vite à l’introspection sexuelle. Pas facile d’aborder ce qui s’est fait un million de fois à la télévision.

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mini feu vert 2Berlin Station (Epix) Lorsqu’un écrivain spécialisé dans l’espionnage se lance dans la création d’une série d’espionnage, ça donne forcément un récit bien construit, et bien rythmé. Le point fort c’est surtout la grande sobriété de la mise en image. Ni emphase, ni paranoïa. Pas de récit qui s’embourbe dans les clichés sur la drogue ou l’alcool. Pas de voyeurisme sur la sexualité. Juste des hommes et des femmes faisant leur boulot au sein de la CIA, et qui essayent d’avoir une vie à côté. Les acteurs sont tous excellents. Je n’ai pas résisté au deuxième épisode, qui montre bien les dérives du système de la CIA, qui broie les hommes, les utilise, les jette. Bien sûr l’intrigue centrale a son lot de rebondissements, rien de foncièrement novateur, mais il y a clairement une prime à l’efficacité.

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mini feu rouge 2Aftermath (SyFy) L’apocalypse est un des thèmes favoris chez nos amis américains. Rien de neuf sous le soleil dans cette série, on assiste à une succession de meurtres et d’ explosions. L’épisode est ainsi rythmé régulièrement par les cris d’horreur des filles. On tente maladroitement de nous lier ça à une mythologie, mais le cœur de la série c’est l’action et les effets spéciaux. Exit le mystère et l’ambiance. Bonjour les dialogues mal écrits, et les personnages incohérents, qui hurlent puis reprennent leur discussion comme si de rien n’était.

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mini feu orange 2Westworld (HBO) Voilà donc le messie ? Certes, le pilote fait étalage de son beau casting, de ses superbes décors, de ses bons effets spéciaux. Mais on a vu plus incisif pour traiter de l’intelligence artificielle, et surtout beaucoup plus attachant et émouvant (Äkta Människor). Le problème c’est qu’on est tellement détaché des réalités, que l’on se fiche du sort des androïdes. Tout, absolument tout est une fable. Il n’y aucun regard sur la façon dont l’homme gère l’IA. Juste du spectacle, qui n’évite pas non plus la répétition (jamais j’ai autant détesté les mouches dans une série). On a beau ne pas encore comprendre la « bigger picture », il n’y a rien pour nous donner envie de la connaître. Il est clair que sans les moyens alloués, le show n’aurait jamais obtenu un feu orange, et encore, de justesse, pour moi. Une grosse douche froide.

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mini feu rouge 2Crisis in Six Scenes (Amazon) Je n’ai pas de problème avec des séries verbeuses, aux dialogues finement écrits, trop théatralisés au point d’être irréalistes. Mais j’ai un gros problème avec les pilotes qui n’arrivent pas à raconter une histoire. Tout le long du premier épisode, j’ai regardé ma montre. Va au but, Woody Allen ! A part souligner l’hypocrisie et l’égoïsme du monde, que se passe-t-il donc d’intéressant pour tes personnages ? Pas étonnant que l’ensemble de la presse conclut au naufrage…

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mini feu rouge 2Divorce (HBO) Je ne sais pas ce qui est le plus perturbant, au fond. Le fait que certaines critiques trouvent que le personnage de Sarah Jessica Parker soit « cool »  (une femme mariée qui trompe son mari mais qui veut rester avec lui lorsque son amant prend ses distances, et parce que c’est plus confortable). Ou le fait que l’écriture ne cherche jamais à donner le pendant masculin du divorce, cherchant par tous les moyens à ridiculiser les réactions du type… Bref, voilà encore un show peuplé d’égocentriques, riches au demeurant. Sur la forme, en revanche, rien à dire : il y a du rythme, ce n’est pas trop verbeux, et le jeu est à la hauteur. Mais il m’est impossible de m’impliquer émotionnellement dans un show sans finesse.

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mini feu orange 2Insecure (HBO) Une comédie sur une énième célibattante ? Oui, mais celle-ci a du charme, grâce à son interprète principale, qui vit à sa manière les désillusions amoureuses d’une jeune femme black. Les réparties sont à la hauteur, l’humour n’est jamais méchant et l’héroïne devient très vite sympathique. Il m’aurait fallu peut-être davantage de twists narratifs pour m’imposer définitivement un feu vert. Mais quand une série a du cœur, on a vraiment envie de lui donner une seconde chance.

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mini feu rouge 2Haters Back Off (Netflix) Une jeune femme décérébrée veut devenir célèbre en commençant par une video sur Youtube, laquelle démontre son manque de talent. On aurait pu croire à une satire du monde moderne dans lequel chacun veut avoir sa minute de gloire. Hélas, les gags sont dignes d’une série de sketchs d’étudiants, poussant au maximum leur concept vers la crétinerie, et rendant leurs personnages horripilants. Rendez moi mes 30 minutes.

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mini feu rouge 2Eyewitness (USANetwork) Difficile de sortir du visionnage sans avoir l’impression d’avoir perdu son temps devant une histoire policière générique, ou les témoins mineurs d’un meurtre sont pourchassés par un tueur. Côté psychologie des personnages, rien de vraiment poignant, y compris dans le portrait de ces jeunes qui découvrent leur homosexualité. Vu et revu.

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mini feu rouge 2Goliath (Amazon) Là aussi difficile d’accrocher à un énième récit d’un avocat talentueux qui sombre dans l’alcool, et finit par trouver une affaire d’une grande portée. Le portrait est convaincant, et la réalisation honnête, mais il manque vraiment un ingrédient supplémentaire pour donner envie d’y retourner.

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mini feu rouge 2Channel Zero (SyFy) La série tente d’imprimer une certaine ambiance mystérieuse – à défaut d’horrifique – autour de l’enquête d’un homme qui a perdu son frère jumeau dans une série de meurtres non élucidés. Malheureusement le récit vire vers la chasse au monstre et aux effets spéciaux, alors que tout était en place pour donner une vraie profondeur psychologique… Encore raté.

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mini feu rouge 2Travelers (Netflix / Showcase) Un énième show sur des personnes du futur qui viennent sauver l’humanité. Celui-ci est particulièrement mal écrit, redondant, et sans finesse. Des gimmicks visuels aux dialogues, en passant par l’incongruité des situations, et un très mauvais jeu d’acteur. Rien à sauver de ce naufrage…

Du côté du network traditionnel :

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mini feu rouge 2Bull (CBS) Attanasio tente de nous remixer House avec Weatherly en génie prédisant les réactions d’un jury. Mais au final il nous livre un essai raté sur les rouages du système judiciaire américain, se focalisant sur des twists et des ficelles vues et revues. Non merci.

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mini feu orange 2Designated survivor (ABC) A l’occasion du discours du président aux deux assemblées réunies, notre héros joué par Kiefer Sutherland est mis à l’écart comme la procédure l’exige. Il devient alors le nouveau président des USA quand une énorme bombe extermine en une fois tous les élus. La série semble avoir deux lignes intéressantes, celle d’un candide qui va assumer le pouvoir, et celle de la conspiration intérieure (avec Maggie Q à l’enquête) . C’est efficace, mais on espère que la série va tenir sur le long terme.

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mini feu orange 2Lethal Weapon (FOX) De façon étonnante, le remake télévisuel des films d’action débouche sur quelque chose de bien calibré. Certes, les acteurs sont bons (même si Damon Wayans est en deça) mais le script respecte surtout bien l’univers, lui donnant la dimension humaine tant espérée. J’ai là aussi des doutes sur le long terme, mais pourquoi pas….

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mini feu rouge 2Pitch (FOX) Contrairement à beaucoup de critiques, je n’ai pas du tout aimé ce pilote. La raison est simple : sous son habillage féministe se cache une histoire cousue de fil blanc dans l’univers du baseball. Aucun twist à prévoir. On y retrouve évidemment le cliché du sportif qui n’arrive pas à réussir ses lancers mais qui finit par réussir au dernier moment. Même le tout dernier twist censé apporter une motivation humaine plutôt que sportive se voyait à des kilomètres. Après, je comprends qu’on puisse s’enthousiasmer sur le contexte progressiste de la série (la première femme à jouer la major league), mais d’un point de vue narratif, je me suis ennuyé ferme. Une icône c’est bien, un personnage plongé dans une histoire c’est mieux.

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mini feu rouge 2Notorious (ABC) Piper Perabo manipule à sa guise l’information, avec son ami avocat. Rythmée, la série lorgne du côté de Shonda Rhimes. Mais le malaise vient assez vite à cause du traitement réservé aux personnages : on veut nous les rendre « cools », « intelligents », alors qu’ils sont au fond tout simplement méprisables. N’y cherchez pas un regard sarcastique ou même de l’humour, tout ce petit monde se prend au sérieux. On manipule sans complaisance et tout le monde couche avec tout le monde. Ah, même la dirigeante de la chaîne d’information n’a qu’une envie, celle de s’envoyer en l’air et traite littéralement les hommes comme de la viande.

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mini feu orange 2The Exorcist (FOX) De tous les projets de remakes de la FOX, celui-ci est de façon inespérée le plus étonnant. Il ne joue ni la surenchère, ni le gore, ni la complexification du mystère, il se contente de poser de façon impeccable son ambiance, délivrant de ci de là un message sur la foi, sur le doute. Le problème, c’est que le show risque vite de lasser s’il n’arrive pas à amener quelques twists.

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mini feu rouge 2Mac Gyver (CBS) Affreux, affreux, affreux. Dans ce remake McGyver devient un super jeune espion qui détourne de façon irréaliste la plupart de son environnement. Des twists en passant par l’humour, tout a été rabaissé, prémâché. Même le générique a été digéré, coupant au bout de quelques secondes la mélodie originale pour la transformer en gloubi-boulga. Une honte, du début à la fin.

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mini feu orange 2This is Us (NBC) J’en ai eu les larmes aux yeux. Un des personnages joue dans une sitcom et s’en prend à son public parce que ce dernier a soif d’exhibition sexuelle au lieu de sentiments et d’émotion. J’ai failli applaudir devant ce discours qui montre bien la dérive actuelle des séries américaines. Hélas, les problématiques abordées par les personnages sont peu intéressantes car très peu approfondies : un acteur en crise, une personne en surpoids, un homme qui retrouve son père biologique. On aurait aimé de meilleurs dialogues, de meilleures situations. Mais le pilote se rattrape largement avec son très joli twist final, qui montre comment nos personnages sont liés les uns aux autres. L’émotion est là, donnez moi juste un tout petit plus sous la dent, on a pas encore atteint Parenthood, hélas. Mais comme on nous promet encore des twists façon Lost, j’avoue que ma curiosité est suffisamment piquée…

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mini feu rouge 2Kevin can wait (CBS) Comme chaque année j’attends désespérément une sitcom traditionnelle qui me fasse rire. Kevin can wait s’empêtre dans un rire qui sans être gras manque tout de même de finesse. Peu de réparties réellement intelligentes ici : on doit se contenter des pitreries visuelles de l’acteur, et faire avec les immaturités masculines qui remplissent désormais toutes les comédies américaines (snif !). On passe sans regret.

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mini feu rouge 2Son of Zorn (FOX) Voilà l’exemple type d’un show qui repose sur son seul concept, celui de donner vie à un personnage d’animation dans une comédie. Malheureusement on a vite fait le tour du sujet, tant le héros « animé » est stéréotypé, renforçant une fois de plus l’imagerie populaire du mâle alpha incapable de comprendre son fils. La société a changé, on a compris. A quoi bon enfoncer des portes ouvertes ? Et qui a cru que c’était drôle d’avoir un barbare décapiter un volatile géant devant une famille ?

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mini feu orange 2Speechless (ABC) On peut saluer la volonté de donner une autre image de l’infirmité motrice cérébrale,  avec l’histoire de ce garçon qui doit se coltiner l’hypocrisie, la condescendance – quand ce n’est pas la pitié – à l’école. Changer les regards, c’est bien. Parler de handicap à la télévision est suffisamment rare. Il est pourtant partout autour de nous (parlons de représentativité, tiens !). Mais pour autant, il manque à la sitcom des gags mieux écrits. On sourit, certes mais on est loin de s’esclaffer. A travailler ! Un feu orange obtenu d’extrême justesse.

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mini feu rouge 2The good place (NBC) Je suis là aussi en grand désaccord avec la plupart des critiques. Je veux bien qu’on accorde le bénéfice du doute au responsable de Parks and Recreation, mais quand même ! Passé son pitch (une jeune femme se retrouve au « paradis » au lieu de l’enfer) et ses couleurs chatoyantes (une pensée pour Pushing Daisies ?), le show est d’une platitude : l’humour repose sur les effets spéciaux, lesquels rappellent constamment que ce monde n’a aucune importance. A-t-on peur que ce paradis disparaisse à vause des mauvaises actions de l’héroïne ? Non. A-t-on des personnages attachants, incisifs, drôles, intelligents ? Non. Le show repose sur son décalage, et oublie de donner de l’épaisseur. J’ai tenté 4 épisodes. Bien mal m’en a pris. Pauvre Kristen Bell.

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mini feu orange 2Timeless (NBC) Voilà un pilote plutôt sympathique, direct, rythmé, qui n’oublie pas de rester humain malgré la thématique de voyage dans le temps. Il a tout de même deux gros problèmes : rien n’est foncièrement original, et ses raccourcis scénaristiques ont tendance à rendre le propos encore plus léger qu’il ne l’est. Ça m’a presque donné envie de revoir Quantum Leap. Mais pourquoi pas… On a frôlé le feu vert.

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mini feu rouge 2Conviction (ABC) Il faut vraiment qu’ABC arrête avec la caractérisation outrancière de ses héroïnes qui n’ont pas froid aux yeux. J’en ai eu de la peine pour l’actrice, obligée de se déshabiller devant les autres, de faire croire qu’elle s’enfile une ligne de coke, tout ça pour nous vendre la plus mauvaise représentation possible de la « femme forte », qui couche avec qui elle veut. A quand un personnage féminin réellement humain, c’est à dire émouvant ? Le reste du show est à l’image du stéréotype : musique tapageuse sans lien avec ce qui se passe à l’écran,  décalage constant entre la gravité du sujet et la nullité de la recherche sur la culpabilité de l’auteur. Bref, j’ai éprouvé un vrai malaise pour de très nombreuses scènes… Yeurk !

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mini feu vert 2Frequency (CW) Forcément, après avoir suivi avec passion Signal, le drama coréen inspiré par le film dont est issu la série américaine, j’avais quelques craintes. Mais je suis rassuré. Le show réussit à donner de l’émotion à un pitch suffisamment ingénieux (à condition de ne pas y regarder de trop près évidemment). La musique est un peu trop présente aussi, mais on est sur la CW donc… Mais le pilote est rondement mené, sans temps mort, émouvant, attachant, mystérieux. Hop, voilà enfin le premier show du network traditionnel à vraiment me faire de l’œil ! J’espère juste que l’aspect procedural ne sera pas trop présent…

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No Tomorrow (CW) Décidément, La CW est sur la bonne voie au rayon des comédies. Après Jane the virgin, Crazy Ex-girlfriend, No Tomorrow est une comédie romantique pleine de surprises : d’abord le duo a un charme fou, et nous est immédiatement sympathique. Ensuite, le ton de la série est délicieusement dingue (la fin du monde est proche). Tous les personnages ont d’ailleurs aussi leur propre grain de folie, ce qui donne au show son ton décalé et léger. Une bien jolie surprise !

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mini feu rouge 2American Housewife (ABC) A vouloir en faire trop, on loupe le coche. Notre héroïne se veut « cool », optimiste, tolérante, … La liste s’allonge en même temps qu’on découvre les excentricités de chaque membre de la famille (un père en retrait, un fiston avare, une fille bourrée de Tocs, une ado qui ne pense qu’à l’apparence). Bref, chaque ingrédient de la comédie est là, mais en surdosage. Il en résulte un côté brouillon manquant de personnalité. Et les gags qui en résultent sont plutôt plats, vus, et revus, quand ils ne sont pas répétés ad nauseum pendant le pilote. On a vu bien pire, mais même en bouche-trou, j’aurai du mal à conseiller cette comédie.

En bonus  :

mini feu rouge 2Crunch Time (web-serie) : l’histoire d’un type qui se fait larguer par sa copine. Pour la forcer à changer d’avis, il l’hypnotise et utilise ses copains scientifiques pour explorer son subconscient. Gags potaches, concept initial carrément écœurant… Buzz immérité.

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mini feu vert 2Kim’s Convenience (CBC, Canada) : Une comédie portée par un casting d’ acteurs asiatiques, qui explore à son niveau l’adaptation coréenne – société conservatrice et patriarcale – aux mœurs d’Amérique du Nord. La série réussit un petit miracle, celui de rendre sympathique des personnages peu acclimatés, par exemple, aux questions tournant autour d’autres sexualités. C’est très bien écrit par moment, et on se met vite à prier pour que la suite soit à la hauteur. Oui, oui, oui !

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Analyse des dramas coréens (2ème partie) : le couple, le statut de la femme et de l’homme

Quand on débute dans les dramas coréens, on est immergé par une foule de thématiques et d’aspects propres à la culture de ce pays. Cette deuxième partie d’analyse des dramas coréens vous propose humblement d’en décoder et d’en approcher quelques uns, à commencer par le couple et le statut de la femme et de l’homme.

Les relations sociales en Corée : un pays machiste ? Du confucianisme au pragmatisme…

La Corée, comme aiment le rappeler ses habitants, a 5000 ans d’histoire de non-aggression de ses voisins. Elle n’a jamais été pionnière, et a toujours fonctionné comme une éponge. (On pourrait disserter longuement sur ce mélange de fierté victimaire et cette volonté actuelle d’expansionnisme culturel). La Corée est le résultat d’un syncrétisme, un mélange culturel et religieux qui, contrairement aux apparences, n’est pas figé.

Le confucianisme (500 ans avant JC) puis le néo-confucianisme (14è siècle) sont nés en Chine, pourtant ce courant philosophique a particulièrement brillé en Corée du Sud, et figure encore aujourd’hui de modèle dans les relations sociales. C’est un héritage davantage transmis à travers les comportements au fil des générations qu’à travers des lectures de texte. Et la société coréenne est en double mouvement par rapport à ce néo-confucianisme dont elle n’a pas toujours conscience : d’une part elle est fière de certaines valeurs qu’elle transporte, d’autre part la place de plus en plus prenante des femmes dans la société est en train de faire sauter un à un ces verrous, par pragmatisme plutôt que par de longs débats.

Rappelons que le confucianisme institue la piété filiale, le modèle de la famille patriarcale, avec le dévouement et le respect des jeunes vis à vis des anciens. Vous avez sans doute remarqué dans les dramas que  les parents ont souvent une figure redoutable, et que rares sont les fictions qui permettent aux tourtereaux de finir heureux sans obtenir l’accord des parents (comme Secret Garden). Autre scènes récurrentes, les enfants qui fuient ou évitent leurs parents parce qu’ils veulent vivre leur vie, ou qui à l’inverse prennent soin de leurs parents irresponsables (Marry me Mary). Vous aurez aussi remarqué l’importance du respect dû à l’âge qui s’insinue dans toutes les relations entre les personnages : quoi qu’il se passe, un jeune doit respecter son aîné, même si celui-ci a tort. Les dramas peuvent s’en amuser (Baby-faced beauty) ou en faire de véritables obstacles à franchir.

Cette différenciation des relations liées à l’âge (cf glossaire) se retrouve également au sein du couple. La société coréenne voyait d’un meilleur œil les relations entre un homme âgé et une femme jeune, mais cela est en train d’évoluer rapidement. Les dramas eux-mêmes reflètent cette évolution, aidés il est vrai par l’audience des femmes plus âgées qui rêvent d’être en couple avec des hommes plus jeunes qu’eux. On ne compte plus les dramas qui accentuent cette tendance commencée il y a quelques années (What’s up Fox, Cinderella sister, Personal taste, …) et initiée par le drama My name is Kim Sam Soon.

Ce modèle patriarcal fait bondir nombre de féministes. Nous, occidentaux, avons l’image de la femme asiatique soumise. La réalité diffère quelque peu. Pour expliquer ceci, je vais me permettre de résumer la réflexion de Martine Prost, maitre de conférences à l’Université Paris-Diderot, dans son merveilleux livre (« Scènes de vie en Corée », aux éditions l’Asiathèque, livre que je recommande plus que chaudement car il analyse les comportements coréens. Un vrai régal quand on regarde des dramas coréens, tant on ne peut s’empêcher de faire des allers et venues entre la fiction et la réalité décrite. Faites vous plaisir pour Noël, vous ne le regretterez pas)

Si dans la sphère publique la femme a un devoir de réserve (elle ne contredira jamais quelqu’un et n’imposera pas non plus ses idées), il s’agit surtout d’un jeu dans lequel personne n’est dupe. Une femme volubile n’attire pas sur elle les regards des hommes, lesquels considèrent la discrétion comme une forme d’intelligence. Tout est une question d’apparence : les hommes cherchent à maintenir leur statut en conservant la main mise sur la sphère publique, et en compensation donnent tous les pouvoirs à leur femme dans la sphère intime. Au foyer, la femme gère tout, et l’homme donne la totalité de son salaire à son épouse qui gère comme elle veut cet argent. C’est encore elle qui choisira le logement, les vacances, l’école pour les enfants, le montant de l’épargne, sans en référer à son mari. Les apparences sont trompeuses, y compris au moment des repas familiaux : si la femme sert son mari, c’est aussi une façon d’imposer son choix. C’est elle qui va décider ce que son mari va manger ou boire. Il ne s’agit pas non plus d’une forme d’autoritarisme, mais plutôt de connaissance approfondie des goûts de l’autre. Le mari ne discutera jamais les choix de son épouse. Les femmes prennent le pouvoir par petites touches, et demandent désormais à leurs compagnons de s’investir à la cuisine, et d’être plus expressifs, plus tendres.

La femme coréenne jouit en réalité d’une liberté immense si elle répond correctement à ses deux devoirs : ne pas tromper son mari, et s’occuper de l’éducation des enfants. Elle n’a pas à justifier son emploi du temps, son mari ne le lui demandera jamais en dehors de formules floues et polies n’appelant aucune réponse précise. La femme coréenne peut donc passer tout son temps avec ses amies, des bains chauds aux activités sportives, faire du farniente ou du shopping, ou déjeuner dans des restaurants chics si le budget le lui permet (cf. l’amie de Yoon Eun Hye dans Lie to me, par exemple). Cette situation change, évidemment, si la femme travaille. Dans ce cas sa liberté d’action sera plus réduite du fait du temps restant.

En Corée, il n’y a pas d’individualisme mais le sentiment d’appartenance à une communauté. Cette communauté passe avant. Et si la femme travaille quotidiennement avec des hommes, souvent elle préfère sortir entre femmes à la fin de la journée. Car là, elles ne sont plus obligées d’être aussi attentives à leurs gestes. Cette liberté n’est pourtant pas acquise avec la famille. Même les féministes coréennes qui revendiquent leur indépendance ont du mal à l’assumer pleinement, du fait du poids de la famille, de l’interventionnisme de la belle-mère ou de leur mère poule. Être indépendante signifie sortir de la communauté et se retrouver isolée. Pour être libre, au fond, la femme coréenne doit ménager ses espaces et contourner le système avec intelligence.

Quelques faits peuvent accompagner cette réflexion. Il n’est guère étonnant, au fond, de voir les divorces augmenter de manière spectaculaire, car les mentalités des hommes n’arrivent pas à évoluer aussi vite que les jeunes femmes. Plus de la moitié des femmes de 20 à 40 ans estiment que le divorce est nécessaire si elles ne sont pas heureuses. Pour une femme sur 5 c’est même une option viable tant qu’elles n’ont pas d’enfants. Ces taux sont largement supérieurs aux réponses des hommes. Les causes de divorce sont majoritairement les conflits entre époux (plus de la moitié des cas), suivis de problèmes économiques, de l’infidélité du partenaire et enfin des conflits familiaux. A noter que selon une récente étude sur l’infidélité, autre tabou en Corée, 68 % des hommes et 12 % des femmes auraient des relations sexuelles hors mariage.

De tabou, le divorce est devenu un phénomène en moins de 10 ans. La pression familiale est encore forte, obligeant les enfants à se marier avant leurs 30 ans. Les rencontres sont organisées par les parents, et les mariages précipités, parfois à peine 3 mois après la rencontre. Si les fictions coréennes décrivent très bien cette pression familiale et les rendez-vous arrangés (Coffee Prince), en revanche, le happy ending, comme dit précédemment dans mon premier article, est toujours de rigueur. Les jeunes couples ne vivent que très rarement ensemble avant de se marier. Et les taux de divorce explosent 2-3 ans après le mariage. Le divorce des jeunes commence de plus en plus à être accepté, et fait même des émules auprès des ménagères de plus de 65 ans. Plus que jamais les femmes prennent le leadership dans leur couple, s’imposent face à leur maris et décident du divorce. Et les remariages commencent à prendre de l’ampleur. A noter également, l’augmentation du nombre d’unions mixtes, entre asiatiques du sud-est, mais également entre occidentaux et coréens, unions qui se terminent de plus en plus fréquemment par des séparations difficiles. Ces statistiques ne sont pas sans inquiéter les dirigeants, qui voient s’effondrer la natalité du pays (à peine un enfant par femme, ce qui menace la démographie du pays), alors que dans les années 70 le discours était de réduire la natalité pour « réduire la misère ».

La thématique du divorce (et encore moins celle de l’adultère) n’est pas très courante dans les dramas récents, où mariage et enfants font toujours figure d’aboutissement. Dans ce contexte difficile, ne vous étonnez donc pas si par exemple The Vineyard Man montre le couple avoir de nombreux enfants. Pourtant, ces thématiques plus « modernes » reviennent après avoir été délaissées (elles figuraient notamment dans les daily dramas au début des années 2000). Peu de couples mariés occupent une place prépondérante, ou alors leur séparation n’est que ponctuelle (Lie to me, City Hall). On citera Alone in love, bien sûr, ou plus récemment Can’t Lose pour ce qui est des conflits entre couples mariés. Mais généralement on évoque le divorcé comme quelqu’un qui cherche à se remarier, comme dans Love Mariage. First Wives Club ou Dal Ja Spring évoqueront quant à elles l’infidélité, lorsque pour cette dernière série l’héroïne se rend compte qu’un de ses prétendants est marié. La thématique de l’infidélité est encore moins évidente à la télévision coréenne, puisqu’il s’agit encore d’un délit condamné par la loi, qui veut « protéger la moralité dans la société ». Hypocrisie latente, évidemment, puisqu’une femme infidèle a été condamnée à 6 mois avec sursis alors que son mari couchait avec des prostituées depuis 10 ans. Dans les faits, heureusement, l’infidélité est rarement condamnée par les tribunaux, mais cela arrive encore et suscite une certaine indignation. Mais c’est ainsi que la société coréenne se réforme, en faisant sauter ces verrous, et en passant à autre chose dès qu’un phénomène de société prend de l’ampleur et que l’on ne peut plus le cacher (nous y reviendrons en parlant de l’homosexualité lors d’un prochain article).

Qu’en est-il alors de la femme ?

Nous avons vu précédemment comment la jeune femme moderne était présentée dans les fictions : combative, courageuse, et … innocente.

Cette candeur, naïveté dans les relations qui nous paraît parfois si exagérée, s’explique avec quelques faits troublants. Tout d’abord, le fait que la sexualisation de la femme n’existe qu’en surface. On se moque souvent des héroïnes effrayées à l’idée de franchir le cap alors qu’elles ont 30 ans révolues (la peur du baiser, les « réveils » aux côté d’un homme, sont de grands classiques dans les fictions, comme dans My name is kim sam soon, alors que l’héroïne est pourtant trentenaire). Et pourtant, il n’est pas rare de voir les femmes n’avoir aucune idée de la chose. On comprend mieux quand on lit que les publicités pour les contraceptifs ont eu du mal à être diffusées. L’éducation sexuelle des femmes est en retard, et jusqu’à il y a peu il était difficile d obtenir une information à destination des femmes sur l’usage du préservatif en dehors de la protection envers le HIV. Les hommes, en revanche, sont au fait des choses et ce sont eux qui parlent ou choisissent la contraception.

Les mœurs évoluent : plus d’un homme sur 4 a eu des relations sexuelles avant ses 18 ans (8 % pour les femmes). (Comparativement, un français sur 4 a des relations sexuelles avant 16 ans). Mais la société coréenne met toujours l’accent sur l’initiation sexuelle de la femme … par son mari.

Il ne faudrait cependant pas généraliser aussi facilement. Si les fictions coréennes restent dans l’ensemble très prudes, la question de la sexualité féminine fait peu à peu son chemin dans les médias. J’ai évidemment plaisir à citer le film My Wife got Married, où Son Ye Jin incarne une femme mariée qui veut avoir… un deuxième homme en plus dans sa vie. Un ménage à trois pas forcément facile à accepter pour le premier mari, complètement dépassé par cette requête, où tous ses repères sociaux s’écroulent.

Je n’aborderai pas ici la sexualisation de la femme dans la K-pop, mais il est assez frappant de constater le décalage entre l’image d’un clip et l’image d’un drama.

Pour terminer, une petite statistique sur la violence sexuelle faites aux femmes : une coréenne sur 4 aurait été victime d’agression sexuelle ou d’attouchements dans les transports en commun. Parfois, un simple chiffre en dit long.

L’homme dans les dramas

Nous avions vu précédemment les caractères stéréotypés, l’arrogance du héros, souvent… riche et séducteur. Notez bien que là aussi l’arrogance a une base « culturelle ». Beaucoup de femmes coréennes interrogées sur leur perception des hommes coréens déclarent ainsi que dans la vie les hommes leur semblent égoïstes et immatures. Bien que dépendant de leurs mères et de leurs femmes (comme nous l’avons vu précédemment), ils ne veulent cependant pas le montrer, par fierté. Et ainsi, ils tenteraient, selon l’analyse féminine, de masquer cette dépendance en contrôlant les femmes.

L’ apparence masculine a elle aussi beaucoup bougé ces dernières années. Alors qu’il y a peu c’était la femme qui se travestissait en homme (Coffee Prince, Sungkyunkwan scandal, Painter of the Wind), c’est désormais la métrosexualisation de l’homme qui fait fureur. Si le baume à lèvres violet porté par Bae Yong joon dans Winter Sonata était assez surprenant à l’époque, ce n’est rien quand on regarde l’apparence des Flower boys (Boys over Flowers, Flower boys ramyun shop…)

Ah, Flower boys. Certains sociologues avancent la thèse selon laquelle la métrosexualisation des héros est en fait une réponse des femmes vis à vis de la société patriarcale. Ne pouvant critiquer ouvertement l’emprise de l’homme, la femme coréenne s’est mise à attaquer le modèle de l’homme « traditionnel », toujours présenté comme solide jusqu’alors. Ainsi le héros masculin a ses tares : que ce soit celui de Secret Garden, ou celui de You’re Beautiful, par exemple ils cachent tous les deux une faiblesse. (On peut d’ailleurs rapprocher cette tendance avec celle décrite plus haut, de former un couple entre un homme jeune et une femme plus âgée, comme dans The Manny où le héros prend soin de lui, fait du sport, fait craquer sa patronne plus âgée en plus d’être un excellent babysitter !).

Le terme Flower boys dérive bien sûr de certains types de mangas. Mais cela traduit surtout une nette différenciation entre la culture asiatique et la culture occidentale. Chez nous, la représentation du mâle viril est celui d’un type musclé, bronzé, brun, si possible poilu/mal rasé. La métrosexualisation se traduit essentiellement par l’apparition d’hommes prenant soin de leurs visages, de leurs corps, ou faisant particulièrement attention à la mode (on citera David Beckham en exemple). En Asie, les traits masculins recherchés ne sont pas les mêmes : d’une part parce que la pilosité naturelle n’est pas comparable, mais aussi parce que la pâleur fait partie des critères de beauté. On évite le soleil pour ne pas être un paysan, on se protège avec n’importe quoi, un journal, un portefeuille.. Exit donc les séances de bronzage. La Corée, qui a été une nation de paysans, ne veut plus voir ces visages burinés par le soleil, elle veut montrer qu’elle est une société moderne, avec des visages clairs, purs, des peaux lisses frottées avec entrain sous l’eau. On ne craint que les UV (et les lunettes de soleil sont davantage des accessoires de mode que des objets utiles car les pupilles des coréens sont moins réactives au soleil). La chaleur, au contraire, on la recherche brûlante.

De la même façon qu’il y a des critères de beauté pour les femmes (la S-Line pour le profil du corps et la V-line pour la forme du visage de face – un critère qui nous paraît ridicule à nous occidentaux), il y a des critères de beauté pour l’homme, qui se doit non seulement de faire attention à son corps via de multiples soins et pommades mais aussi d’avoir une taille minimale. Un homme fort, c’est un homme grand. Et les japonais sont méprisés pour leur petite taille. Le flower boy est donc typiquement un jeune de grande taille (donc fort), riche (ce qui lui permet de prendre soin de son corps), avec une peau de porcelaine, des yeux ronds, et un sourire éclatant…

Le culte de l’apparence en Corée a donc permis l’éclosion de nouveaux fantasmes pour les jeunes femmes. Suivre la mode est un impératif si on veut faire partie de la société. La mode coréenne n’est pas l’affirmation de soi, (il n’y a pas d’individualisme en Corée), c’est l’affirmation d’appartenir à un groupe. Il faut donc ressembler à tout le monde. Et comme les riches suivent au plus près les tendances, il faut suivre en dépensant tout son argent. Car être beau permet d’exister, d’être reconnu, bien plus que de savoir parler. Dans cette société confucianiste, l’apparence est primordiale, et on engagera sans aucun remord un homme beau plutôt qu’un homme moins beau mais plus qualifié. Ainsi depuis les années 2000, la chirurgie esthétique ne s’attaque plus seulement à la création de doubles paupières, mais à la réfection totale du visage et de la silhouette féminine. Ce qui suscite des remous pour les stars qui en font usage. Non pas parce qu’elles l’ont fait, mais parce qu’elles ne l’avouent pas toujours. Eh oui, faire croire que l’on est naturellement parfait, ça fait rêver. Dans le film 200 Pounds Beauty, l’héroïne est une chanteuse obèse qui n’arrive pas à percer. Elle perd ses kilos, recourt à la chirurgie esthétique, rencontre le succès sous une nouvelle identité et lorsque le public apprend la vérité sur son opération, cela ne lui pose aucun problème. Et le phénomène touche également les stars masculines, qui se font refaire le nez (comme l’un des chanteurs de Super Junior). 15 % des hommes sont passés par le bistouri, tout comme 50 à 70 % des jeunes femmes. Des chiffres époustouflants.

Dans une troisième partie, nous parlerons des thèmes que je n’ai pas encore pu aborder, comme la place faite aux étrangers et  à l’homosexualité dans les dramas, et certains autres aspects culturels déjà aperçus dans de nombreuses fictions (comme la religion). Merci pour tous vos commentaires, ce fut un travail particulièrement intense et fatigant vu mon état de santé, mais ce fut une fois encore très intéressant de mettre en lumière ce qui se laissait déjà deviner au fil des dramas. J’espère vous écrire la suite la semaine prochaine si tout va bien.