Wonderfalls

Ça faisait un petit moment que je voulais vous parler de Wonderfalls. Wonderfalls est une de mes séries préférés. A vrai dire, depuis que je sais que Caroline Dhavernas va reprendre du service sur ABC à la rentrée (Off The Map), je trépigne d’impatience.

Alors pour expliquer le pourquoi du comment, je me permets de reprendre une partie de mon article publié à l’époque où j’officiais sur EDUSA.

Retour en Mai 2004. Fin de l’expérience Wonderfalls sur la FOX. Déjà sous le charme de Dead Like Me, et pour certains d’entre nous sous celui de Joan of Arcadia, le coup de cœur était prévisible. Pensez donc, une série de Bryan Fuller, Todd Holland et Tim Minear en producteur avisé, avec dans le rôle principal une jeune femme sarcastique…. Tout cela renforce l’idée qu’un vent est en train de tourner…

Du Buffy-girl power pas encore épuisé naît l’idée de jeunes femmes qui non seulement s’affirment, mais qui portent aussi un regard désabusé sur la société actuelle. De l’héroine, on dérive vers une héroine qui ne supporte ni son statut ni sa vie. Alors, anti-héroine ? Depuis Dead Like Me, Wonderfalls, on voit apparaître des jeunes femmes en mal être. De ce que j’en ai vu, la toute récente Gravity s’en rapproche un peu, d’ailleurs.

Amusant de voir comment le concept de la série est né. Installés dans une cuisine, où trônent fièrement des objets en forme d’animaux,  Todd Holland et Bryan Fuller sont en plein brainstorming. Effectivement, ça serait marrant si ces objets se mettaient à parler… C’est d’autant plus marrant quand on pense à Jeanne d’Arc… et à un décor plus intéressant que la ville ou la plage (les chutes du Niagara, par exemple).
De là fusent les noms pour la série : the maid of the mist, animal cracker, the chachkey whisperer, normally insane, what ever happened to baby jane, voire même…. Joan of Niagara (Ca ne s’invente pas !). Et à force de se répéter que « something wonderfalls is happening », le titre est trouvé : ça sera Wonderfalls.

L’histoire ? Jaye Tyler, benjamine de la famille, 24 ans, vit dans un camping, et se retrouve vendeuse dans un magasin de souvenirs (Wonderfalls) situé au pied des chutes du Niagara. Bien que diplômée en philosophie, elle a pour supérieur hiérarchique « mouth-breather », lequel est bien plus jeune que lui, et surtout nettement moins diplomé. La vie serait-elle injuste avec elle ? Jaye n’a malheureusement pas d’ambitions.

She has really managed to create a stressless expectation free-zone for herself

Comme le soulignent ces phrases :

While their lives may appear aimless and desultory there’s nothing random about the choices the gen-Y non-winner makes. Everything they do is for a single purpose : to avoid engaging with the world around them. And subject is reluctant to make eye contact with children or the elderly.

What about friends ? You want to choose people who aren’t much more motivated than you are. But you don’t surround yourself with total narcissists. Otherwise things start to be about something other than you.

Jaye est le prototype de la fille intelligente qui sait ce qu’elle ne veut pas, et qui porte un regard différent de ses consoeurs. Son school-book le prouve : elle n’appartient à aucun club, ne fait aucun sport, et n’a reçu aucune récompense.

Mais le show n’est pas seulement articulé autour de Jaye. Elle a un frère plus âgé (Aaron) qui vit encore chez ses parents et qui étudie la religion, une grande sœur (Sharon) avocate dont elle découvrira l’homosexualité au cours de scènes désopilantes, un mère (Karen) imbue d’elle-même et un père médecin (Darrin) qui a du mal à communiquer.

i know where you’re careless, it’s not because you don ‘t care. Theses things happen with you.

Décidément, « Jaye » est bien le mouton noir de la famille, son prénom sonne d’ailleurs bien différemment de Darrin, Aaron, Sharon, Karen…
Tout bascule lorsqu’un lion en cire se met à lui parler, la tête déformée par la machine mold-a-rama. Dès lors, si elle suit les ordres des animaux en plastique, peluche, cire,… elle va transformer le destin des autres … et le sien. Car toute la série est centrée sur le destin. (Et moi j’adore les histoires de destin. Si vous me lisez depuis un petit moment, je pense que vous l’avez déjà compris !).

Dès l’introduction, où l’on nous conte l’une des 50 (fausses) légendes des chutes du Niagara. Les touristes apprennent ainsi que les indiens ont sacrifié la fille du chef afin de clamer la colère de leur dieu . En se jetant dans les chutes du Niagara, elle aurait donc prononcé ces mots :

I surrender to destiny .

Famous words. Dès lors, Jaye ne pourra qu’obéir aux ordres :

I’m done fighting. From now on, i’m fate’s bitch .

Enfin…Jaye n’est pas du genre à suivre aveuglément des ordres qui pourraient avoir des conséquences dramatiques. Le message qui lui est adressé est suffisamment énigmatique pour lui donner différentes interprétations : « give it back to her » , « mend what is broken », « let him go », et j’en passe…

La série va donc suivre cette « destiny puppet » dans une ambiance cynico-comique irrésistible.
Bien entendu, différents arcs se rajoutent à chaque épisode, comme par exemple la meilleure amie de Jaye (Mahandra), la quête de spiritualité de son frère, le lien fraternel et l’homosexualité de sa sœur Sharon, l’amour de ses parents, et… une histoire d’amour avec le tenancier du bar. Une histoire compliquée par son ex-femme, Heidi, interprétée par Jewel Staite (Firefly).

L’univers développé par la série a une cohésion d’ensemble, ce qui est fort appréciable. Le faux-flic qui s’occupe de la sécurité des magasins, le psychiatre qui vidéotape ses sessions, le livreur et son ex-femme, tous ces personnages semblent avoir leur vie dans leur série, et ne sont pas juste des faire-valoir d’un épisode.

Ceci sans parler des innombrables animaux parlants qui font partie du quotidien de Jaye : lions, oiseaux, porc, lapins, serpents, âne, flamants roses, pingouins, ours, buffles, … De quoi devenir cinglé quand ceux-ci se mettent à vous réveiller la nuit en chantant ! La série va d’ailleurs réfléchir sur le comportement de Jaye, au point que l’on peut se demander si « elle n’utilise pas les animaux pour éviter le risque d’interagir avec les humains » (Episode Safety Canary).

La série ne révèlera jamais « qui » parle à Jaye, ou « pourquoi » on lui parle. Des pistes sont lancées, une réponse -non satisfaisante mais pourtant très drôle- est donnée, et au final c’est bien mieux ainsi. Parce que la série n’est pas portée sur le mystère, mais sur ses personnages, terriblement attachants.

Et quel cast ! Peu de séries marchent instantanément, avec l’impression que tout est à sa place, et que le miracle est là. Cette série est un bijou de casting, et leur entente fait plaisir à entendre, notamment quand ils se mettent à chanter le générique (commentaires du dernier épisode de la série, sur DVD zone 1).

I wonder wonder wonder why the wonderfalls…


Caroline Dhavernas d’abord, dont le charme est irrésistible sur le petit écran que ce soit dans les scènes comiques ou les scènes shipper émouvantes. Mais aussi Katie Finneran, Tyron Leitso, Lee Pace, William Sadler, Diana Scarwid et Tracie Thoms (qualifiée de black Sandra Bullock par les créateurs de la série).

Lee Pace, vous l’avez revu dans l’autre série du génial Brian Fuller : Pushing Daisies. Une série aussi colorée, joyeusement décalée, bref, encore un autre OVNI télévisuel qui me manque beaucoup. Même si je l’avoue, j’ai une préférence pour Wonderfalls, dont les dialogues et le comique sont nettement plus travaillés.

Dans un épisode jubilatoire, on trouve même Sara Drew (future régulière dans la prochaine saison de Grey’s Anatomy), en clone de Jaye. Coincidence, Caroline va rejoindre le prochain show de Shonda Rhimes. Aurait-elle vu Wonderfalls récemment ?

Mais si Pushing Daisies a pu durer 2 saisons (22 épisodes au total), Wonderfalls n’aura pas bénéficié de ces mêmes faveurs (13 épisodes au total, mais seulement 4 diffusées !). Oui, je sais tout est relatif.

Wonderfalls est morte beaucoup trop tôt. On pourrait même parler d’assassinat. 4 diffusions dans le « slot-time de la mort » et la série s’arrête. Caroline Dhavernas ne viendra même pas au Late Late Show de Craig Kilborn, écœurée par l’annonce…
A quoi bon une promo pour une série que l’on vient d’enterrer ? La Fox aura tué dans l’œuf un potentiel hors du commun. Non, je ne rappellerai pas l’ignoble abandon de Firefly. Je ne vais pas transformer cet article en brûlot anti-FOX même si les doigts me démangent.
Vous me direz, 4 épisodes c’est vraiment chaud pour juger de la qualité d’une série. Sauf que 13 épisodes existent…et que la qualité est non seulement très bonne, mais en plus constante. On ne sait jamais comment va se terminer l’épisode. Les idées loufoques se succèdent, le rire et l’émotion est là, et on sort de la série avec une « pêche d’enfer » comme dirait le voisin.

On se console tant qu’on peut en sachant que les 13 épisodes forment un tout cohérent, et qu’aucun arc n’est réellement en suspend à la fin. A la différence de l’insoutenable dernier épisode d’Angela, 15 ans, par exemple.
Enfin, concernant la suite des aventures de Jaye, des pistes avaient été avancées : internement psychiatrique, grossesse non désirée, plein de choses auraient du arriver…

Car plus encore que les images, le talent des acteurs et la réalisation (qui permet à des scènes géniales de rester dans les mémoires), ce sont les dialogues qui font mouche et s’inscrivent d’ors et déjà dans le patrimoine des plus grands scripts tv.
Pour moi qui suis passionné de citations de séries tv, je ne résiste pas à l’envie d’en mettre quelques unes (Je vous préviens je suis gourmand). Après ça, nul besoin d’expliquer en quoi les dialogues sont cultes. Ca et le fait de savoir que supercalifragilisticexpialidocious compte 34 lettres…

Sweetie, when was the last time you had an orgasm ?


I’ve change religions, for god’sake ! I’m not going to heaven now !


Screw the chicken ! I’m gonna save that’s bitch marriage !


No. It’s not an issue. It’s a full subscription.


Jesus was nice to prostitutes.


You didn’t redecorate my room with zoo-theme wallpaper did you ?


I didn’t do anything wrong. I shouldn’t have to go to church.


– Stupid cow
– Selfish bitch


Meaninglessness in a universe that had no meaning, that I get. But meaninglessness in an universe that has meaning… What does it mean ?
– It doesn’t mean anything


And i’d rather be a nobody that’s a somebody than a somebody that’s nobody or something. Point is, you suck !


I’m trying to save him by avoiding him so I could be with him. But I can’t go near him or I’ll destroy him. So if I could just manage to stay away from him then maybe we could be together. Please don’t repeat that back to me.


I don’t wanna be chosen. For this instance, I’m anti-choice.


– Many of the great spiritual leaders didn’t even realize they had gift. Until they were called on to use them. St Paul was just a punk until he was blinded by the lights and Gandhi was just drunkin’ and whorin’ it up with his friends until he heard the cry of his people….
– And Neo was just a big geek until he swallowed that little red pill.

Avec des dialogues pareils, un cast parfait, un réalisation rythmée et une musique réussie, des scenarii vraiment originaux et un sens du comique qui frôle le génie, la série restera pour moi une des plus belles créations télévisuelles. Elle dispose en outre d’une sortie en DVD zone 1 (avec sous-titres anglais), je sais je l’ai déjà dit, mais ce serait un crime de passer à côté de ce chef d’œuvre. (D’ailleurs si des éditeurs français pouvaient se décider à la mettre en vente avec des sous-titres français histoire d’en faire profiter tout le monde, ça serait très sympa).
Hmmm… Culte ? Vous avez dit culte ?

Publicités

Flowers for my life

Diffusé de Mai à Juillet 2007 sur KBS, Flowers for my life est une autre pépite coréenne, malheureusement assez peu connue.

L’ histoire commence ainsi : Na Ha Na est une fille… spéciale. Déjà, elle adore s’occuper des morts (son papa tient un funérarium), mais en plus elle adore l’argent. Selon sa logique, il lui faut donc trouve un riche héritier, mourant.
Un jour, elle croise la route de Yoon Ho Sang, un garçon qui a des problèmes financiers. Par la suite de circonstances, Celui-ci se fait passer pour riche. Et pour échapper à ses poursuivants, il fait même croire qu’il est mourant. Il n’en fallait pas plus pour que Na Ha Na s’accroche obstinément à lui.

Déjà une série parlant de la mort de façon non larmoyante, en Corée, pays du mélo, c’est déjà un exploit. Mais surtout, elle se permet, à l’instar de ses consœurs américaines comme Six Feet under ou Dead Like Me de s’interroger sur les rites funéraires, sur la personne décédée, sur la vie tout simplement. Bien plus profonde qu’il n’y parait, cette série développe une vraie approche sur ces questions (à la manière coréenne bien sûr).

J’avais déjà dit auparavant qu’il existait des séries qui pouvaient vous changer la vie. En disant cela, tout le monde vous regarde bizarrement, vous prend de haut, ou alors vous prend pour un simple d’esprit. Et pourtant, ça fait du bien de lire ce genre de commentaires sur la série (commentaires traduits de l’anglais) :

J’ai toujours eu peur de mourir, mais maintenant je sens qu’il n’y a pas à en avoir peur, parce que quelque soit notre peur, la mort viendra quand même. Je vais essayer de faire de mon mieux pour vivre ma vie, rire autant que je peux, travailler autant que je peux, et bien sûr aimer autant que possible. C’est pour moi absolument extraordinaire quand un drama peut vous faire regarder un aspect de la vie totalement différemment. Cette histoire m’inspire, me réconforte, et plus que tout, me réchauffe le cœur. J’ai aimé (..) que l’on montre que la mort n’est pas la fin de tout, mais que en fait cela permet d’amener de nouvelles choses. Tant que vous vivez dans les souvenirs et les cœurs des gens que vous aimez et qui vous aiment, la mort ne vous a pas complètement prise.

Vous l’aurez compris, l’impact de la série est extrêmement fort. Mais il ne faudrait surtout pas croire que la série est triste. En fait, elle est extrêmement drôle, merci à Cha Tae Hyun, acteur que j’aime beaucoup (et qui a joué dans My Sassy Girl). Ses talents comiques font une fois merveille, et il y a une vraie alchimie entretenue avec l’actrice principale (mignonne, et très bonne actrice, en plus : vous la connaissez peut-être elle s’appelle Kang Hye Jung, elle a joué entre autres films dans Old Boy et Welcome to Dongmakgol).

Il n’y a pas non plus de temps mort, l’histoire avance vite. On évite même la possibilité de créer des clashs amoureux pour se concentrer sur le couple principal, et c’est tant mieux. Car il est vrai que beaucoup trop de séries coréennes reposent sur ces rebondissements. Non, ici, on va au cœur du sujet.

De plus, j’aime beaucoup les thèmes musicaux, parfaitement adaptés : mélodiques, joyeux, reposants…

Que dire sinon, vous l’aurez compris, que la fin de la série est exceptionnelle. Mais je n’en dirai pas plus.
C »est drôle, attachant, profond, émouvant. Et c’est vraiment une autre série coréenne que je recommande vivement.

Les séries de la décennie (2000-2009)

L’année 2009 vient de s’achever, et avant de parler de ce qui nous attend en 2010, je tenais à parler des différents classements de série qui sont apparus sur le net à cette occasion.

Par exemple, le Hollywood Reporter cite son top 10 : 10. Modern Family ,9. Lost ,8. 24 ,7. 30 Rock ,6. Mad Men , 5. Damages ,4. The Shield , 3. Curb Your Enthousiasm ,2. The West Wing ,1. The Sopranos

Inutile de dire que je ne me retrouve pas dans ce classement… pour le moins bizarre, qui cite des multi-récompensés aux Emmys (Mad Men, 30 Rock squattent la cérémonie depuis bien trop longtemps) et une nouveauté de cette saison. A croire qu’il ne s’est rien passé avant ?

Mais continuons notre petit tour du web, anglophone d’abord puis francophone :

Entertainment Weekly mixe les genres, pour y mettre des « shows » au sens large. On y trouve ainsi Les sopranos, Lost, l’émission satyrique The Daily Show, The Wire, The Comeback, la real tv American Idol, Arrested development, The Shield, et… Gilmore Girls (une jolie surprise).

20 minute.fr a établi son classement ainsi  (de la 10è à la 1è place) : The Shield, Desperate Housewives, Sex and the City, How i met your mother, Dexter, Mad Men, The Wire, Lost, Six Feet Under, Les Sopranos

D’autres, comme le blog de Roxy, sont plus minimalistes et citent les séries plébiscitées par le Figaro et TVMag : House, The Wire, The Shield, How i met your mother, et rajoutent True Blood, Battlestar Galactica.

Critictoo a fait le choix de citer les saisons en question. Mais une série, selon moi, est un tout. Ca n’a dès lors plus le même impact de comparer des saisons de séries différentes. Sont nommées : la série britannique Spooks, Arrested development, Friday Night Lights, 30 Rock, Rome, Farscape, Rescue Me, The Shield, The sopranos. (Rassurez-vous, pour Rescue Me, il s’agit bien de la saison 2 et non de la suite – catastrophique – de la série).

Du côté d’Excessif, les différents rédacteurs ont choisi de se limiter aux séries nées après 2000, pour laisser la chance à d’autres, sur un ton certainement plus passsionné. On y trouve ainsi des séries moins souvent citées comme Avatar, Wonderfalls, Six Sexy,  Charlie Jade, Docteur Who, Supernatural, Weeds, The It Crowd, Dollhouse, Jeremiah, Firefly, Dead Like Me, Veronica Mars, Alias, Chuck, Life on Mars, The L Word, … De quoi à la fois s’interroger sur la qualité de certaines séries citées (Euh, Weeds, vraiment ?? A part la promo ?) mais aussi se souvenir que les séries, c’est aussi affaire de passion.

Pour vérifier la popularité de ces séries chez les internautes, des sondages ont été réalisés sur TvChronik à partir d’une liste pré-établie (malheureusement, mais comment faire autrement ?). Le résultat donne deux podiums pour les dramas et les comédies. Ainsi, nous retrouvons :  Lost, Six Feet Under et Dexter d’une part, et How i Met your mother, Desperate Housewives et Malcolm d’autre part. Surprenant.

La difficulté d’un tel classement (outre sa subjectivité), est aussi de s’entendre sur la décennie. S’agit-il de séries qui ont débuté après l’an 2000 ou de séries qui ont été à l’antenne pendant quelques unes de ces années ? Doit-on parler que de séries terminées ou des séries encore à l’affiche, quitte à se tromper (les séries baissent majoritairement en qualité au fur et à mesure de leurs saisons) ? Pour ma part je ne veux pas oublier les séries qui se sont achevées cette décennie, car ce sont elles qui m’ont procuré le plus de plaisir, et ce sont elles qui me rendent nostalgique.

En mettant de côté toute promo ou toute récompense réçue par la série, pour n’écouter que mon coeur, j’ai donc réalisé une sélection d’une trentaine de séries :

Buffy (1997-2003) . Comment pourrait-il en être autrement ?
Once and again (1999-2003) . L’excellence de l’écriture et de la réalisation pour dépeindre le quotidien.
Gilmore Girls (2000-2007) . La verve, l’humour décalé, la romance, un bonbon acidulé qui manque cruellement à la télé aujourd’hui.
Veronica Mars (2004-2007) . Un petit bout de femme au caractère bien trempé, pour des enquêtes palpitantes et pleines d’humour. Vous connaissez des fictions pour ados aussi intelligentes ?
Alias (2001-2006). On a beau dire, Alias, avant que cela ne finisse un peu tristement, ça avait de la classe, du rythme, du charme, des intrigues, de l’action survitaminée.
Ally Mc Beal (1997-2002) . Non, je n’oublierai jamais Ally, et sa quête de romance dans un univers judiciaire délicieusement loufoque.
Angel (1999-2004) . Surpasser Buffy, un beau challenge, presque accompli. Merci Joss !
Chuck (2007-?) . Quand je vous disais qu’Alias me manquait. Chuck, c’est l’action, l’humour, le charme, un cocktail explosif !
ER (1994-2009). Même si la série a beaucoup souffert avant de se rattraper en dernière saison, elle n’en reste pas moins LA série médicale de référence.
Frasier (1993-2004) . Un casting détonnant, des répliques qui font mouche à tous les coups. Du travail de haute précision,pour constituer l’une des références en matière de sitcom.
Friends (1994-2004) . Ai-je vraiment besoin d’en dire quelque chose ? Friends c’est la série générationnelle, tout simplement.
Arrested Development (2003-2006). Du rythme, de l’humour loufoque, le maître étalon des nouvelles comédies. Comment peut-on citer The Office après avoir vu cette série ?
Firefly (2002) . Il faut toujours faire confiance à Joss.
Wonderfalls (2004) . Un univers délicieusement décalé, une héroine attachante qui essaye d’interpréter des voix singulières. Trop court, trop bon ! Comme la regrettée Pushing Daisies, si colorée et si vivace que tout m’ apparaît terne aujourd’hui.
House, MD (2004-?) . Multi-référentielle, la série ma satisfait sous tous ses aspects : l’intrigue médicale tortueuse à souhait, la peinture de la relation médecin-patient, et bien sûr la mysanthropie, l’acidité mêlée à la pertinence de réflexion d’une intelligence supérieure. Tout cela ne serait rien sans la qualité d’écriture de la série qui condense le meilleur en 42 minutes.
The Simpsons (1989-?) . Même si la série n’est plus ce qu’elle était, elle est le porte-étendard de la créativité et des private joke.
X-Files (1993-2002) . Ok, X-Files m’a bien lassé dans les dernières saisons. Mais comment oublier ces années de bonheur où Mulder et Scully investigaient le paranormal ? Certainement pas en regardant Fringe…
24 (2001-?) . J’ai longtemps hésité avant de la nommer. 24, c’est devenu un blockbuster de l’entertainment, une vision politisée de l’amérique (et pas toujours la bonne malheureusement), et un héros qui n’en finit plus de sauver le Monde. Enfin, les USA. Après tant d’espoir mis dans l’originalité et le traitement de son concept, il me fallait me rendre à l’évidence : 24 est devenu un pur guilty pleasure.
Prison Break (2005-2009). En parlant de rebondissements improbables et d’accidents temporels, je ne pouvais passer à côté de cette série. Oui, la série ne mérite plus ses éloges de première saison, mais quand même, j’ai bien apprécié l’aventure.
The Shield (2002-2008). Dure, violente, cette plongée dans la police corrompue est captivante. Servie par ses acteurs d’abord, mais par l’intelligence de son script qui lie les différentes saisons, la série est brillante, tout simplement.
Six Feet Under (2001-2005) . Parler de la mort en parlant de la vie d’une famille de croque-morts, il falait oser. Si les disfonctionnements familiaux sont parfois de trop, et que l’émotion n’est pas toujours là, la série reste envoûtante.
Lost (2004-?). Lost a soufflé le chaud et le froid pendant longtemps avant de nous livrer des saisons trépidantes, mystérieuses. Le puzzle gigantesque qui se forme peu à peu est en soi l’atout de la série. Pour l’instant j’ai été plus que charmé, ensorcelé, j’ai été comblé.
Dexter (2006-?) . Malgré ses défauts concernant la psychologie du personnage principal, la série a su trouver un ton propre, l’histoire d’une proie ou d’un chasseur à l’humanité défaillante.
Thief (2006). Tout le monde a oublié ce thriller ? Andre Braugher est magistral dans cet univers froid, sombre.
The Wire (2002-2008) . En cours de visionnage, je reste happé.
Farscape (1999-2004). Le summum de la créativité dans l’espace.
Battlestar Galactica (2003-2009) . De la SF intelligente, pertinente, avant qu’elle ne sombre dans des intrigues mollassonnes, qu’elle ne détruise ses personnages et même la cohérence de l’ensemble. Mais pour les excellents moments procurés à ses débuts, la série devait figurer ici.
Dead Like Me (2003-2004) . Un regard cynique, désabusé sur la vie et pourtant même la mort peut-être drôle. Un casting impeccable, une réalisation qui ne l’est pas moins. Un divertissement de très haute qualité.
Grey’s anatomy (2005-?) . Le renouveau du soap ? Ici le spectaculaire sert à l’humour ou au drame, et les personnages sont attachants, avant d’être détestés, puis attachants… Un produit millimétré, et donc qui fonctionne !
The Big Bang Theory (2007-?) . Si j’avais su que les geeks pouvaient être drôles sans être méprisés ! A voir pour ses répliques assassines et un Sheldon extra-ordinaire. Au delà de la norme, quoi.
Dollhouse (2009-2010) . Trust the Whedon. Always. J’ai été ravi de ce voyage dans la science fiction. Ses multiples intrications ont donné du corps à l’oeuvre.

Oui, j’ai fait abstraction de séries qui ne m’inspirent aucune passion 😉

C’est justement en faisant ce classement que l’ont ressent cette baisse de créativité actuelle. How i met your mother ne sera jamais qu’un sous-Friends, Modern Family un sous-Office, lui-même déjà bien terne après Arrested Development. Et comment ne pas voir que 30 Rock attire la complaisance par ses guests ?

Comment ne pas voir aussi, que les séries pour ados sont mortes aux USA, remplacées par des productions pour mannequins métrosexuels anorexiques, blafards et maquillés à outrance ? Que les séries fantastiques meurent les unes après les autres dans l’indifférence générale (excepté Lost) ? Comment ne pas voir la surexposition de familles dysfonctionnelles dans la quasi-totalité des productions du cable ?

Espérons que l’an 2010 sera le début d’un renouveau créatif qui s’appuiera sur des audiences limitées mais fidèles.  Espérons un vrai travail de finition dans les dialogues, le choix des comédiens, et une écriture non pas osée mais aboutie, qui dépeint la psychologie de personnages de façon réaliste et émouvante. Espérons.