[Pilote US] Hawaii 5-0

Les previews étaient de bonnes surprises, je voulais voir si je ne m’étais pas trompé. Mais d’abord, une petite mise en garde : oubliez la série originelle, préparez vous à aborder une série policière punchy, sinon vous serez déçus.

Le rythme de l’épisode est réjouissant, et surtout, tout coule de source. Il n’y a pas vraiment d’incohérence majeure, de facilité scénaristique pour se faire rencontrer les différents protagonistes et monter cette fameuse équipe qui lutte contre le crime qui ravage Hawaii. J’ai vraiment apprécié, parce que c’était pas évident d’écrire un pilote qui raconte cette construction tout en présentant les différents personnages.

Mieux encore, j’apprécie vraiment le duo O’ Loughlin-Caan. J’ai jamais aimé le jeu d’O’ Loughlin, mais avec Caan le duo fonctionne très bien, empruntant à la formule de flics aux méthodes antagonistes. Et s’il y a bien quelque chose à retenir de ce pilote c’est bien la prestation de Scott Caan. Pour tout dire, c’est lui qui m’a vendu la série.

J’avoue, le fait que Daniel Dae Kim et Grace Park jouent dans cette série a beaucoup aidé aussi. Non pas que la prestation de ces deux là soient remarquables. Pour l’instant on n’en sait pas beaucoup sur eux, mais ça m’a fait très plaisir de les revoir. On aurait pu se passer de la scène de déshabillage de Grace Park, un rien gratuite, mais bon. Je leur laisse le bénéfice du doute.

Parce que j’ai vraiment aimé ce pilote. C’est certes conventionnel, mais c’est bien rythmé, les scènes d’actions sont correctement réalisées, on est typiquement dans un show policier à ses racines, bourré de testostérone, de casse-cou et d »égos surdimensionnés. On verra si les personnages sauront se montrer plus attachants mais j’ai envie de voir la suite. Si Scott Caan continue ainsi et que Daniel Dae Kim et Grace Park ont des rôles un peu mieux développés, ça pourrait tout à fait devenir un rendez-vous régulier. Le plaisir est parfois dans des choses simples.

[Classement de mes attentes pour la rentrée américaine] 12 – Hawaii 5-0 (CBS)

Bon c’est un peu rageant de devoir écrire hawaii au lieu de hawaï, mais il va falloir s’y faire.

J’avoue que lorsque le remake a été annoncé, avec Loughlin dans le casting, je ne pensais même pas regarder le pilote. Et puis j’ai vu que le casting s’étoffait avait Daniel Dae Kim (Lost) et Grace Park (Battlestar Galactica)… Déjà deux bonnes raisons de regarder le début. Et puis je suis tombé sur le trailer, qui m’a fait bonne impression (Merci Scott Caan !). Je n’en espérais pas tant.

Bon, bien sûr, il faut complètement oublier la série originelle, les personnages n’ont plus rien à voir. Hawaii 5-0 est devenue une série d’action policière tout ce qu’il y a de basique. Mais pourquoi pas ?

Upfronts 2010 : ma sélection

Il est toujours hasardeux de faire des pronostics sur la base de trailers, de pitchs, de casting ou de réalisateurs. Mais quand on est fan de séries, ça fait partie du plaisir, de se dire que peut-être cette série-ci ou cette série-là sera une de mes grandes joies télévisuelles la saison prochaine.

Je ne vais donc pas vous parler des upfronts en totalité, mais juste de ce qui est susceptible de m’intéresser. Je suis prêt à me renier la saison prochaine, ne vous inquiétez pas.

On commence avec la CW, qui nous offrira un remake de Nikita, avec Maggie Q. Pour ceux qui ont vu Naked Weapon, je pense qu’il y a là de quoi fantasmer un peu sur une série d’action sexy. Et puis il y a aussi Shane West (Once and Again), un acteur que j’aime beaucoup, et Melinda Clarke (The OC), Xander Berkeley (24). Évidemment il faut relativiser, on est sur la CW, comme le prouve ce trailer mal monté. Mais peut-être aura-t-on une belle surprise ?

On continue avec ABC, qui nous offre une comédie avec Matthew Perry, qui incarne le manager quadragénaire d’une arène sportive. Ça s’appelle Mr Sunshine, et on y trouve également la talentueuse Allison Janney (The West Wing) et la jolie Andrea Anders (Better Off Ted). Le trailer donne un aperçu du potentiel comique, mais comme toujours difficile de juger. A tester, donc.

Sur ABC toujours : Happy endings semble être une comédie plus conventionnelle sur un groupe d’amis de longue date qui a vécu dernièrement la séparation d’un de leur couple. Les gags ont l’air vus et revus, mais je trouve que ça reste sympathique. On y retrouve notamment Elisha Cuthbert (24) et Eliza Coupe (Scrubs).

Du côté drama, chez ABC, je retiens 2 nouveautés. La première ne surprendra personne, No ordinary Family semble être la série qui fait le plus de buzz actuellement. Mais je tempère cet enthousiasme, parce que si le cast est plus qu’alléchant (Michael Chiklis (The Shield), Julie Benz (Buffy,Angel, Dexter), Autumn Reeser (The OC)), je trouve malheureux qu’on nous raconte encore une histoire de super-héros qui découvrent des pouvoirs, qui vont devoir se cacher et qui vont lutter contre le crime. Tout ça dans l’objectif de nous montrer avant tout des effets spéciaux (d’après la bande-annonce en tous cas). (Peut-être que The Cape, une autre série de super-héros sur NBC, sera meilleure, mais la bande annonce ne donne pas du tout envie, malgré la présence de Summer Glau)

Enfin, je retiens aussi Off The Map. Soyons clairs, j’ai pas adhéré à Private Practice. Alors quand Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy) nous a proposé encore une nouvelle série médicale, j’étais un peu circonspect. Mais la présence de l’excellente Caroline Dhavernas (Wonderfalls) a suffi à me redonner de l’intérêt. Et le reste du cast n’est pas mal non plus : Jason George (what about Brian), Enrique Murciano (Without a trace). Reste à voir si transporter de jeunes médecins dans la jungle au milieu de nulle part a un véritable intérêt scénaristique.

Du côté de NBC, je retiens également la série comique Friends with Benefits. Oui, je sais encore une série sur des amis qui ont couché, couchent, ou coucheront ensemble. Il n’empêche, la série a du potentiel : l’extraordinaire Ryan Hansen (Veronica Mars, Party Down), Danneel Harris (One Tree Hill), et aussi Fran Kranz qui retrouve un joli rôle après sa révélation dans Dollhouse. Et quand on sait qu’il y a derrière tout cela les personnes à l’origine d’Arrested Development et du film 500 Days of Summer, il y a de quoi être curieux.

Toujours au rayon des séries comiques, Outsourced nous promet une fois encore le décalage entre une société occidentale et orientale. Ca a l’air assez drôle, et rafraichissant. A voir sur la longueur, évidemment, en espérant qu’on ne tombe pas dans une déferlante de clichés. Mais le pitch de base est vraiment intéressant : un américain est obligé d’aller en Inde pour diriger une équipe dans un Call-Center. Il est juste dommage que l’acteur principal soit un peu transparent, mais ça n’est qu’une première impression, bien sûr. En tous cas j’ai hâte de voir le résultat. La série bénéficie d’un bon buzz pour l’instant.

Du côté drama, la série que j’attends le plus cette saison est The Event. Jason Ritter au coeur d’un complot gouvernemental, ça me botte bien. Bien sûr rien de bien original sur le fond, mais j’adore Jason Ritter, génial dans tous ses rôles (Joan of Arcadia, The Class, Parenthood). Et puis les séries feuilletonnantes se font de plus en plus rares. La bande-annonce est particulièrement soignée et efficace. Vous rajoutez à cela Laura Innes (ER), un Scott Patterson méconnaissable (Gilmore Girls), Zeljko Ivanek (Heroes)… Je suis impatient de voir ça.

Enfin, alors que les rumeurs d’un remake d’Alias non feuilletonnant font grand bruit, JJ Abrams propose sur NBC Undercovers un cocktail à la Mr & Mrs Smith. Une série d’action-espionnage autour d’un couple d’espions qui assument vouloir le grand frisson. Des inconnus en tête du casting, des explosions, en bref, du savoir-faire. J’espère que Chuck n’a pas du souci à se faire.

Passons maintenant à la Fox, qui pour le coup, n’a que des séries comiques qui m’intéressent.

Vous y avez cru ? Mais non ! Bien sûr, Ride Along le nouveau drama de Shawn Ryan (The Shield) figure en tête de liste de mes priorités. Avec un tel savoir-faire aux commandes, on se dit qu’on ne peut pas être déçu, même si la bande-annonce n’en montre pas trop. Et puis Jennifer Beals (Flashdance) à la tête de la police, voilà de quoi être curieux.

J’en arrive maintenant aux comédies de la FOX :

Raising Hope est en quelque sorte la résurrection de My Name is Earl. Normal, avec Greg Garcia aux commandes. On y retrouve le même humour un rien redneck et trash, le même genre de caractères, dans une histoire sur un père qui doit s’occuper de son bébé tout seul… et à l’aide de sa famille pas très coopérative. Ca me fait très plaisir de voir Garrett Dillahunt dans un rôle à contre-emploi (il m’avait épaté dans Terminator : the sarah connor chronicles), et de revoir Shannon Woodward (the Riches). La bande-annonce parle d’elle-même :  c’est vraiment très drôle, mais ils risquent de mettre les services sociaux et les associations familiales en colère.

Enfin, dernière série à avoir attiré mon attention sur la FOX : Running Wilde. Forcément, c’est écrit Arrested Development en gros, je ne pouvais passer à côté. L’excellent Will Arnett incarne un riche playboy qui tombe amoureux d’une alter-mondialiste , jouée par Keri Russell (Felicity). Si sur le papier ça semble très bon, je trouve que le trailer qui a été diffusé ne montre pas beaucoup d’alchimie entre les deux protagonistes. Difficile d’intégrer Will Arnett tant son jeu est « à part ». Mais nous verrons bien, ça peut être une des surprises de la saison.

Pour terminer, un petit tour du côté de CBS :

Même si Bleep my dad says bénéficie de beaucoup de buzz avec cette histoire inspirée d’un compte Twitter, j’ai trouvé ça trop plat pour me donner envie de regarder, William Shatner ou non. Enfin, alors que Chuck Lorre est aux commandes, je m’attendais à un meilleur « Mike and Molly » dont la preview n’est pas du tout drôle.

Du coup, la seule nouveauté un tant soit peu attirante est le remake d’Hawai police d’Etat : Hawaii Five O. Je sais, remake + Alex O’ Loughlin, ça donne de quoi avoir peur. Mais la bande annonce est particulièrement efficace. Si, si, vous n’avez pas l’air d’y croire, j’étais moi-même circonspect, mais ça l’air d’être de bonne tenue : Et puis j’aime beaucoup Daniel Dae Kim (Lost) et Grace Park, (Battlestar Galactica) donc je ne pense pas les louper.

Au final, mes 5 plus grandes attentes seraient donc The Event, Off The Map, No ordinary family, Undercovers, Ride Along. Mais si ça se trouve, j’ai écarté dans cette sélection une série qui va me faire chavirer. Suspense !

Lost : plaidoyer pour la fin d’une série comme nous n’en aurons plus

Je ne pouvais pas passer sous silence la fin d’une série qui aura marqué de son empreinte les années 2000. Vous pourrez lire des tonnes d’articles à son sujet, discuter sans fin sur les forums, et je ne prétends donc à aucune exhaustivité sur la série.

Lost, c’était l’histoire de personnes qui prennent l’avion, se crashent sur une île et attendent des secours qui ne viendront pas. Le pilote était extrêmement efficace, rythmé, mystérieux, mais on ne savait pas encore en quoi consistait la série.  Alors qu’on pensait que la série nous raconterait une histoire au présent sur la survie dans une île peuplée de monstres, elle a osé briser de nombreux tabous en matière d’ écriture télévisuelle, dont les fameux flashbacks et plus tard des flashforwards, des voyages dans le temps, des ellipses temporelles…

Bref, manipuler la chronologie d’une histoire, ça a toujours été un procédé redouté par les scénaristes, parce qu’il demande au téléspectateur d’être vigilant, constant, régulier dans son visionnage, bien plus encore qu’un récit feuilletonnant. Fort heureusement, les scénaristes de Lost ont la chance de vivre au 21è siècle, à l’heure d’Internet. Ce spectacle télévisuel complexe sur la forme a donc été assisté par un vrai lieu d’échange d’informations, de rappels. Une communauté s’est prise de passion pour le projet. Le phénomène Lost est né. Au contraire de 24, qui était un récit chronologique, Lost a pu repousser les limites d’écriture d’un scénario. Jack Bauer était contraint d’agir au présent, partout à la fois, ce qui l’a complètement décrédibilisé : comme il a été conçu comme un héros solitaire, il a donc résisté à l’improbable, seule manière de faire réagir le téléspectateur (attaque nucléaire, virale, actes de tortures, arrêts du coeur, et des dizaines de balles perforantes).

Mais ce qui constitue la force de Lost, constitue aussi sa plus grande faiblesse. En créant un show complexe à suivre, et en favorisant le développement d’une communauté – disons « hardcore » à défaut de dire geekophile, les scénaristes ont créé leur propre Némesis : le fan de Lost. Celui qui note tout, enregistre tout. Celui qui demande une réponse à tout, celui qui veut une explication rationnelle sur des mystères fantastiques. Et sa liste, sa demande, son attachement à tout cela est, avec le temps, devenue impressionnante.

Lost : de l’imaginaire à la vérité

Sur la question des mystères fantastiques, Lost a mis le paquet. Vous allez me dire, c’est la faute des scénaristes, ils ont mis la barre trop haute,  avec trop de choses scientifiques à expliquer. Mais la question est plutôt : doivent-ils montrer, expliquer, détailler la résolution de ces mystères ? Comment résoudre un mystère fantastique à la télévision ? La plupart des téléfilms / histoires qui essayent de déssosser les mythes finissent par une explication qui n’est pas scientifiquement valide. Tout simplement parce que le fantasme, l’imaginaire (biblique, extra-terrestre ou que sais-je encore) ne pourra jamais être à la hauteur de la représentation d’une vérité. A un moment donné, il faut faire acte de foi.

Et c’est là le drame de la série : comment porter le récit sur un acte de foi alors qu’on a construit une communauté de fans avide d’explications scientifiques ? La réponse est simple : on ne peut pas. Pourtant à y réfléchir, les scénaristes, dès la saison 2, avaient déjà soulevé le lièvre. Les fans auraient du s’y attendre. Et avec du recul, comment ne pas se dire que ce qui a été la force de la série, c’est l’imagination qu’elle a suscité.

Asséner une vérité, ça a un impact moindre que l’imaginer. Et c’est pour ça qu’aujourd’hui encore j’adore la série. Car elle a été suffisamment intelligente pour ne pas tout montrer, suffisamment intelligente pour résister à la pression de ses fans. La dernière saison aura essayé de les combler, mais la plupart des réponses apportées ont été vécues comme maladroites. « Tout ça pour ça ? ». « On nous l’annonce comme ça ? ». Bien que je n’occulte pas le fait que scénaristiquement parlant, dans l’histoire il y avait peut-être moyen de faire mieux, de mieux préparer l’ambiance pour les révélations, la déception que j’ai pu lire un peu partout ne provient-elle pas, au fond, toujours de ce décalage entre le fantasme et la cruelle vérité ?

Lost : De la temporalité aux personnages

Et puis, il y a la question de l’utilisation des récits dans le temps. Car si j’ai critiqué les contraintes inhérentes à la temporalité des histoires de Jack Bauer tout à l’heure, comment ne pas critiquer  dans Lost le « superflu » des scenes qui ne se situent pas dans le présent ? Là tout dépend de ce qu’on attend d’une série. Pour ma part j’ai toujours recherché de l’émotion, de l’attachement aux personnages. Apporter des histoires (passées, futures ou autre) à l’histoire présente du personnage, c’est lui donner encore plus d’impact. Donc, théoriquement, ça aurait du être bénéfique pour la série. Mais restons honnête, les scénaristes de Lost n’ont pas réussi à donner une profondeur émouvante à tous leurs personnages (Kate, en tête, évidemment).  Et il n’a pas été évident de suivre les pérégrinations de personnages qui changent d’avis trop fréquemment.  En revanche, la série m’a particulièrement ému pour le couple coréen Sun/Jin. Lorsque mon intérêt pour la série a faibli en saison 2 (pour des raisons que j’énoncerai juste après), ce couple a été la raison pour laquelle je suis resté. Oui, il me fallait de la romance, du drame passionnel, il me fallait de l’émotion. J’ai également été comblé par le couple Desmond/Penny, et dans une moindre mesure par le couple Sawyer/Juliet, voire Claire/Charlie mais pour ces deux derniers couples leurs histoires ont démarré sur l’île, ce qui ne donnait pas autant d’impact à leurs retrouvailles/séparations. Et fort heureusement, la série a su développer l’un des thèmes majeurs de toute romance : le destin. C’est ce souffle là, cette épopée qui m’a captivé durant 6 saisons. Et je suis content que le final de la série, à cet égard, soit aussi émouvant.

Mais Lost c’est aussi des personnages forts, hauts en couleur, charismatiques (et bien interprétés). On se souviendra longtemps de Benjamin Linus, de Charles Widmore, de Desmond, de Locke. Mais on se souviendra aussi de ces personnages attachants comme Hurley, Juliet ou Sun. J’en profite d’ailleurs pour dire qu’il serait sympa de ne pas politiser Lost via une vision purement féministe de la série. Ca a le don de m’agacer, ce détournement perpétuel de gens qui affirment qu’ une série fantastique doit respecter une certaine vision de la société. M’enfin ça mériterait un article à part entière : les séries ne sont-elles que le miroir de nos sociétés ? La vision sociologique de l’art a ses limites, il serait temps qu’on s’en aperçoive d’ailleurs.

Lost : Des personnages à la mise en scène

Mais revenons à nos personnages. Ils bénéficiaient d’une aura d’autant plus grande qu’ils étaient censées connaître la vérité. Ils ont constitué un jeu de poupées russes, fortement décrié par ailleurs : « je croyais que c’était lui qui détenait la clé, mais en fait c’est pas lui ». Ce jeu s’est combiné avec des effets de mises en scène destinées à camoufler la vérité (mort brutale, révélations hors champ, mais aussi beaucoup de récits parlés, racontés par des gens dont on ne sait pas s’ils disent la vérité). Toute cette mécanique a parfaitement fonctionné, rendant la série addictive. Jusqu’au jour où, il fallait boucler la série, et une fois encore trouver un artifice pour ne pas montrer la vérité et laisser la place à l’imaginaire. Ce message a été bien trop frustrant pour la plupart, mais de mon côté j’ai bien apprécié cette mise en scène qui place les origines des mystères dans une histoire hors champ. Car elle permet un recul formidable sur les grandes thématiques de la série : l’histoire de l’humanité, du mythe du bon sauvage, de la foi et de la science, du destin et du libre-arbitre. Nous n’avons pas connu le Big Bang, nous ne le verrons jamais.

Lost : de la mise en scène à la cohérence

Les théories divergent selon laquelle Lost a été écrite comme un tout, au fur et à mesure, ou si seuls le début et la fin de la série ont été imaginés. Qu’importe, finalement, si on y trouve de la cohérence. Au regard des innombrables storylines développées, bien sûr le pari est réussi. D’innombrables détails fourmillent dans les épisodes, et font évidemment penser à un plan pré-établi. C’est l’une des autres forces de la série. Et à bien y considérer, avec un tant soit peu d’imagination, comme je l’expliquais tout à l’heure, tout se tient, ou presque. Bien sûr, cela n’empêche pas de regretter de vrais erreurs de parcours : parlons de grenouille, de tatouage, ou de morts absurdes parce que les personnages ne débouchaient sur rien ! Parlons de bouche-trous dans les flash-backs ! Oui, la série n’est pas parfaite. Comme toutes les séries, elle a du faire avec les impératifs : ses acteurs, les contrats de saison, les budgets, l’audience, la promotion…

Lost : du plaisir à l’émotion

Mais finalement ce que je retiendrai de Lost, c’est l’immense plaisir que j’ai eu à sursauter, vibrer, pleurer, rire au rythme des aventures de ces personnages. J’en retiendrai le message sur notre destin, notre existence, notre humanité. Non, contrairement à ce que j’ai pu lire, Lost n’a pas fait perdre le temps de ses spectateurs. Lost a été une de mes meilleures expériences télévisuelles des années 2000, un de ces voyages où je suis monté sciemment, sans connaître la destination, alors qu’en fait, elle était en moi. Pourquoi me renierai-je ?

Inutile de dire qu’il sera très dur de l’égaler. Encore moins de la remplacer. Et si la page doit se tourner, je ne pourrai m’empêcher, dans les prochaines années de chercher le graal. Et je crois qu’il ressemble, de très loin, un peu à Lost. Mais ça doit être mon imagination. N’en déplaise à ceux qui ne comprennent pas que sans frustration (soulagée ou non), il n’y a pas de plaisir.