Les produits dérivés des dramas coréens

Le temps de quelques articles consacrés aux séries américaines, j’avais déjà abordé quelques objets collector fascinants. Mais il était temps de montrer un peu l’univers des produits dérivés des dramas coréens. (Un article tout trouvé à l’approche de la Saint Valentin)

On savait déjà que les dramas coréens étaient une source de revenus non négligeables pour les tour opérateurs (qui organisent des visites des lieux de tournage de dramas populaires, comme Winter Sonata). L’industrie musicale se porte bien elle aussi (cf les OST).

Et en ce qui concerne les produits dérivés proprement dits (cadeaux, collectors), il y a un secteur qui marche très bien, c’est la peluche. Il faut dire que les dramas coréens font de plus en plus de placement de produit.

On peut dire que tout a commencé avec My Name is Kim Sam Soon. L’apparition de la peluche en forme de cochon (« Sam Sook ») a suscité tellement de réactions positives après la diffusion de l’épisode que beaucoup de monde a cherché à l’acheter. Le cas de Kim Sam Soon est emblématique, puisque son personnage principal est une sorte de Bridget Jones, où son physique et son franc-parler n’attire pas vraiment la gente masculine. Cela a occasionné un fort processus d’identification des téléspectatrices, et la peluche en forme de cochon a fini par symboliser cet espoir d’une histoire d’amour.

La peluche se vend encore très bien aujourd’hui puisque le drama continue d’être diffusé dans le monde. Ce qui fait que le marché des produits dérivés de dramas reste florissant. La peluche de 45 cm de haut coûte 60 euros sur YESASIA).

Depuis, quelques dramas ont voulu récupérer ce phénomène. L’intérêt est évident : il s’agit de donner une identité forte au drama, et de rassembler les fans autour de ces symboles.

Ainsi, on pourra par exemple retenir la peluche cochon-lapin de You’re beautiful. On saluera l’ingéniosité du concept (sa création dans la série est hilarante et irrésistible), et le souci du détail, puisque le cochon-lapin va être affublé d’autres produits dérivés au cours de sa carrière.

Comptez dans les 36 euros pour une taille de 55 cm de haut sur YESASIA.

(Il existe d’autres boutiques sur le net, évidemment, mais dans un souci de comparaison, je reste autant que possible sur YESASIA).

A noter qu’il existe en version plus petite mais avec une fonction enregistreur, pratique pour dire des messages à l’élu de votre cœur. Ça vaut 33 euros pour 35 cm de hauteur (YESASIA).

Autre peluche qui envahit les chambres, la peluche en forme de chat (myoo noir ou blanc, dessiné par ARKA) dans Secret Garden ;

Le prix lui, monte en flèche dès qu’il s’agit d’un drama récent.

Ça vaut quand même 86 euros pour une taille de 60 cm et 24 euros pour une taille de 25 cm.

Et ça sort dans les jours à venir sur YESASIA.

Ou encore, plus surprenant, la peluche en forme de… cuisse de poulet ! (My girlfriend is a gumiho), puisque l’héroine dévore les cuisses de poulet dans le drama.

Mmhh une cuisse de poulet géante sur votre lit ?

Préparez vos sous si vous avez faim, parce que ça vaut quand même 80 euros pour un mètre de hauteur (YESASIA)

En tous cas, si vos amis n’apprécient pas, vous pouvez toujours demander à votre chien. Qui sait ?

Dernière peluche en date : la peluche Otto (Dream High).

Oui ça a l’air d’une poupée vaudou.

Mais là on fait dans l’écologique, n’espérez pas vous en tirer pour moins de 50 dollars.

A ce prix là, avec une bonne paire de chaussette et un peu de créativité, il devrait être possible de faire pareil, non ?

Outre les peluches, ce sont souvent les bijoux ou accessoires de mode qui sont privilégiés (le public féminin étant, comme vous l’aurez deviné, souvent le cœur de cible).

You’re beautiful aura fait fort, d’ailleurs, entre la pince à cheveux (24 euros sur tofebruary) et le pendentif étoilé (19 euros sur tofebruary).

Il est d’ailleurs recommandé de ne pas tenter de l’écraser pour le recoller, je doute qu’il soit possible de le reconstituer comme dans le drama.

Et puis évitez de la perdre dans les salles de spectacle, je ne pense pas qu’on vous autorisera à fouiller la salle après les heures de fermeture.

Mais parfois, la machine à placer des produits a ses ratés. Par exemple, Boys over flowers récupèrera le même pendentif que celui… de You are my destiny !

Oups… !

Je passe volontairement sous silence les innombrables boucles d’oreilles, porte-clés, posters, cartes postales, calendriers, stickers et pogs (oui on trouve même les stickers et les pogs mentionnés dans You’re Beautiful pour 20 euros) , stylos, tapis de souris, sacs plastiques à l’effigie de vos héros de dramas préférés. Sachez que plus la popularité du drama est importante, plus vous pourrez vous payer ces choses là… à prix d’or bien entendu. (11 euros le tapis souris, quand même !).

Plus rigolo, vous pouvez vous procurer les chaussettes de fans d’Oska (que porte Ha Ji Won dans Secret Garden). 7 euros la paire sur YESASIA. Ridicule assuré.

Ou alors Hyun Bin qui en fait des tonnes sur le mug Secret Garden (18 euros bien dépensés sur YESASIA).

Bref, le business des produits dérivés a encore de beaux jours devant lui.

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You’re Beautiful

Si vous vous intéressez un peu aux dramas coréens, vous avez certainement du entendre parler de You’re beautiful, véritable phénomène de l’année 2009. Ce drama orienté ado a en effet suscité un très fort engouement (sans que l’audience ne fasse des chiffres faramineux cependant). Un drama écrit par les sœurs Hong (My Girl, Hong Gil Dong, My Girlfriend is a gumiho), forcément, ça aiguise les appétits.

Cet engouement est-il justifié ?

Ce drama raconte l’histoire d’une orpheline et future nonne Go Mi Nyu, encore appelée Gemma, qui se déguise en homme pour rejoindre l’un des boys band les plus connus, A.N.J.E.L.L. La raison de ce travestissement est simple : son frère jumeau Go Mi Nam doit rejoindre le groupe mais en est empêché pour des raisons médicales, et Gemma espère que sa notoriété lui permettra d’apprendre qui est sa mère. Seul le manager Ma et la coordinatrice sont au courant de ce secret, secret qui va vite être éventé auprès de quelques membres du groupe.

Avant l’arrivée de Go Mi-Nam, ce groupe était constitué de 3 garçons aux passés mystérieux : Hwang Tae Kyung, le leader compositeur et chanteur, Kang Shin Woo à la guitare, et Jeremy à la batterie. Et lorsque le faux Go Mi Nam arrive, la dynamique du groupe va être perturbée.

Il m’a fallu un épisode pour accrocher  à la série. Je me suis vite habitué au surjeu de cette production orientée ado. On nous montre en effet une héroïne gaffeuse très nunuche, et le leader du groupe avec son look de méchant garçon (qui n’est pas sans rappeler Domyoji de Hana Yori Dango, lequel n’a jamais su se rendre sympathique à mes yeux). Ce leader qui cachait ses yeux noirs sous sa coiffure était tellement arrogant que j’ai cru que je ne ressentirai rien pour ce futur couple. Respirez, il n’en est rien.

D’abord parce que le coup du cross dressing (une fille qui s’habille en garçon), ça a toujours fonctionné chez moi. Ensuite, parce que Park Shin Hye a quelques ressemblances avec Yoon Eun Hye avec sa coupe garçonne dans Coffee Prince. Enfin, parce que pour faire exister une romance, il n’y a rien de mieux que la symbolique et les petits détails (chose que semble avoir oublié Hollywood). Rien de foncièrement original, My Name is kim sam soon avait déjà utilisé une peluche cochon pour symboliser la relation entre Kim Sun Ah et Hyun Bin. You’re Beautiful pousse la logique un peu plus loin avec sa peluche … cochon-lapin, animal mythique s’il en est. Sa phase de création est d’ailleurs très drôle. Enfin, le héros ne pouvant voir dans l’obscurité (il est nyctalope), les étoiles vont être un autre symbole de leur amour. Oh bien sûr je pourrais pester contre le manque d’originalité du couple, avec la fille pauvre, gaffeuse, sensible et naïve, qui tombe sous le charme du gars riche et arrogant. Mais l’alchimie entre ces deux là fonctionne suffisamment pour qu’on ferme les yeux sur ce défaut. C’est mignon, tendre, drôle, romantique, mais malheureusement ça va se gâter au delà des 12 premiers épisodes (sur les 16 que compte la série).

L’humeur versatile de Hwang Tae Kyung m’a un peu fait tiquer. Son orgueil, son immaturité, son manque de communication s’expliquent par ses blessures d’enfance, mais j’avoue avoir été fatigué par la sur-utilisation de ces arguments pour expliquer les multiples volte-face dans le dernier tiers de la série.

Ce léger « décrochage » m’a fait du tort, je me suis moins impliqué émotionnellement (et ce n’est jamais bon signe quand on se met à analyser avec une certaine distance les scènes d’un drama coréen). Comme un déclic, les obstacles au couple me sont apparus beaucoup trop « fabriqués ». Ce n’est pas tant le problème des obstacles eux-même qui sont les rouage de bien des dramas coréens, mais plutôt que jamais ils n’ont réussi à être crédibles, ou justifiés à mes yeux, la solution étant tellement évidente.

Du côté des personnages, pourtant j’ai bien apprécié Hwang Tae Kyung, sa moue caractéristique, ses élans soudains, mais c’est comme si le personnage ne pouvait expliciter ses émotions sans faire de longs monologues qui trahissent une certaine candeur voire bêtise (disons le carrément). C’est franchement irritant de le voir sans cesse réfléchir à voix haute pour essayer de donner du sens à ses actions. Ce n’est certes pas l’apanage des dramas coréens, là encore, mais c’est la sur-utilisation du procédé que je pointe du doigt. Heureusement, on a parfois droit à des scènes où le héros s’exprime.. d’une certaine manière !

A l’inverse, Kang Shin Woo m’a laissé de glace. Il ne dit rien, et avec son air de chien battu, il souffre en silence. Disons-le carrément : à part rendre jaloux l’espace d’une seconde Hwang Tae Kyung, son personnage n’avait pas le moindre intérêt.

Le cas de Jeremy est un peu plus intéressant. Sous son allure de gars extraverti se cache un jeune homme sensible qui se révèlera au cours d’une seule scène. Clairement un personnage sous-utilisé.

Bref, ces deux autres membres du groupe n’apportent pas grand chose, et ce n’est que dans la romance du couple principal que l’histoire se développe, ne laissant aucun arc secondaire comme on aurait pourtant pu s’y attendre. La fin de la série le démontre d’ailleurs clairement, je n’en dirai pas plus.

Faut-il pour autant espérer quelque chose de la part des deux méchantes de la série ? Pour la première, Yoo He Yi, difficile d’être satisfait. Son rôle se borne à jouer les trouble-fêtes et elle est plutôt crispante. Pour la deuxième, Mo Hwa Ran, et ses secrets, elle amène beaucoup d’émotion, et j’avoue avoir beaucoup apprécié ses scènes.

Autre attrait de la série, l’aspect comique et loufoque. Si on a droit aux habituelles gaffes, la série ne se prive pas non plus pour parodier quelques œuvres coréennes (Old Boy, par exemple). On a droit à quelques mimiques irrésistibles. C’est évidemment indescriptible, il faudra donc me croire sur parole, ou alors regarder les centaines de captures d’écran disponibles sur la blogosphère. Et puis j’ai adoré de nombreux gags récurrents, comme le fameux « point de pression », destiné à être un grand classique. Mais je ne le dévoilerai pas ici.

Je ne veux pas oublier de mentionner la très bonne OST de la série, non seulement du point de vue mélodique, mais du côté du sens donné à ses chansons. Certaines paroles reflètent parfaitement les émotions de différentes personnes (mention spéciale à la chanson « que puis-je y faire »). Sachez également que des concerts ont eu lieu avec le groupe fictif, et qu’il a tout de même attiré 2500 personnes, ce qui n’est pas rien.

Quant aux acteurs, je l’ai déjà partiellement dit. Park Shin Ye m’a agréablement surprise, elle a su être drôle et émouvante, malgré un jeu restreint par le script. Concernant Jang Geun Suk, je comprends parfaitement comment il a pu conquérir son public féminin. Quand il sourit, il se révèle charmant, enjoué. Et il a su parfaitement interpréter ce garçon maladroit au grand cœur. Je regrette juste que le script ne lui ai pas permis de s’exprimer davantage. A noter, les deux autres membres du groupe sont interprétés par de vrais chanteurs issus de la K-Pop (FT Island et C.N. Blue).

Au final, You’re beautiful est un drama qui m’a plu car ses défauts (son aspect un peu trop balisé en fin de parcours, et un peu trop « ado ») ont largement été contrebalancés par sa bonne humeur, ses fous rires, et ses jolis moments romantiques. Disons le carrément, les deux tiers de la série rendent accroc. Il ne lui manquait pas grand chose pour la hisser tout en haut du panier des dramas coréens. (Il faudrait peut-être que je fasse un classement, tiens).