Séries et romans policiers

En vacances, on a souvent envie de se plonger dans un bon roman. Si Musso ou Levy font un carton, sur les plages, le roman policier ou à suspense fait bonne figure. On voit de moins en moins des Agatha Christie ,des Exbrayat, des Mary Higgins Clark, ou des Patricia Cornwell, et de plus en plus des Maxime Chattam, Michael Connelly, Jean-Christophe Grangé, Harlan Coben, Douglas Kennedy

Mais quand on est seriephile, ça se remarque. On m’a gentiment offert le roman policier écrit par Hugh Laurie (Tout est sous contrôle), enfin paru au format poche. Bon, c’est sûr l’argument « House » écrit un peu partout est purement marketing, mais j’avoue être intrigué par les talents de Hugh Laurie. Je ne demande qu’à être impressionné, après tout !

C’est une évidence, les liens entre le roman policier et les séries télévisées sont forts. D’ailleurs nombre de séries télévisées ont pour héros des romanciers. Je pense bien sûr à Murder she wrote (Arabesque) ou plus récemment Bored to death ou Castle. La vie de romancier y est sensiblement différente de la réalité. A croire que les livres s’écrivent en une nuit, sans ré-écritures, ni multiples lectures. Les frustrations sont quasi absentes. Tout juste nous signale-t-on parfois la présence d’un agent littéraire, d’un éditeur qui met la pression. Ecrivain de roman policier, à la télé, ça a l’air sympa en fait. En plus on dirait qu’ils n’ont aucun souci d’argent.

Mais il y a également des romans policiers qui deviennent des séries ou des mini-séries : Millenium, la série adaptée de l’oeuvre de Stieg Larsson, ou Romanzo Criminale. Pour le coup l’adaptation, comme toute adaptation livres=>audiovisuel, perd de son charme. Mais le format particulier du roman policier n’est pas facilement adaptable au format série. Surtout avec les exigences américaines en terme de rythme et de rebondissement. Une histoire policière réussie est souvent une question d’ambiance, où le mystère, l’angoisse ou le morbide prennent corps et happent le lecteur. Si ces notions sont primordiales en matière de roman, elles passent souvent au second plan lorsqu’on parle de séries télé. Pourtant, quand l’ambiance est restituée, la série peut atteindre des sommets artistiques.

Il serait pourtant temps que l’ambiance soit davantage travaillée dans les séries policières, a fortiori quand on réclame l’héritage du roman policier. En attendant, mon petit doigt me dit qu’on va encore avoir des tonnes d’écrivains-détectives à la télévision…

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The Mentalist – saison 2

A ses débuts j’avais aimé CSI parce qu’elle apportait ce côté scientifique irréfutable, parce qu’elle permettait de reconstituer peu à peu le puzzle. Mais au bout de 3-4 saisons, la lassitude m’a gagné : il me manquait cet aspect malin, le fait que l’enquêteur puisse à son tour agir, et ne pas attendre que la preuve lui tombe devant le nez. Et puis surtout, il me manquait des personnages un tant soit peu attachants. Grissom ne me suffisait pas.

J’avais donc particulièrement apprécié The Mentalist la saison passée, retrouvant un peu espoir dans les séries policières alors que nous sommes toujours en pleine déferlante de séries médico-légales. Enfin un héros intelligent, au charisme indéniable, entouré d’une équipe avec du potentiel. Car The Mentalist c’est un peu un retour aux sources du genre policier.

Vous savez, le type qui déduit assez rapidement l’assassin, et conserve sa longueur d’avance pour le piéger en fin d’épisode. Simon Baker incarne parfaitement Patrick Jane, ce brillant manipulateur qui prend du plaisir à agir dans le dos de sa chef, Teresa Lisbon (Robin Tunney). Il est également impertinent, se soucie peu de ménager la susceptibilité de l’entourage de la victime, et aime prendre l’avantage dans ce qu’il considère comme un jeu. C’est ce jeu là qui rend le match passionnant. Un peu comme Columbo dont on est sûr qu’il parviendra à démasquer le coupable. D’ailleurs le clin d’œil est évident quand on s’aperçoit que sa voiture est une vieille Citroen.  Je suis en revanche moins intéressé par le côté noir du personnage. La famille de Patrick Jane a été massacrée par un serial killer (Red John),  et Patrick Jane n’a qu’un objectif : se venger (et non pas l’arrêter). Bon le serial killer non identifiable et insaisissable, on a vu ce que ça a donné quand il se prénomme Jack of all trades (Profiler). Et j’avoue ne pas être très passionné par ce fil rouge.

La saison 2 a été la confirmation de tout ce que je pensais sur la série.

Red John, c’est toujours pas pour moi, et le dernier épisode même s’il semble donner des indices est trop flou pour me happer complètement.

En revanche, j’applaudis les autres arcs de la saison : l’arrivée  de Sam Bosco (Terry Kinney, Oz) est probablement ma préférée. Elle a permis d’explorer efficacement les personnages de Teresa Lisbon et Patrick Jane. Et puis j’ai toujours eu un faible pour Robin Tunney qui a enfin trouvé un rôle plus intéressant que celui de Prison Break, tout en continuant de recevoir quelques prix cinématographiques.

Donner plus de profondeur aux personnages, c’était l’objectif de la saison, et le pari a été gagné. Même pour Kimball Cho, mon petit chouchou, terre-à-terre, doté d’un sens de l’humour très froid, le genre Casey (Chuck) en moins grognant. (j’en aurai voulu plus, mais ça sera pour la saison 3 certainement). Même pour la romance entre la méthodique Grace Van Pelt et le naïf Wayne Rigsby.

Les épisodes ont été assez inventifs en début de saison, avec des rebondissements intéressants (voire même palpitant), même si je déplore quelques épisodes assez conventionnels en seconde partie de saison. Mon épisode préféré restera la résolution de l’arc Bosco. J’en ai eu le souffle coupé.

Globalement j’ai donc adoré la saison, avant qu’elle ne vienne chercher une sorte d’alter ego à Jane, la medium Krystina Frye (Leslie Hope, 24). L’idée était intéressante sur le papier. Patrick Jane aime faire croire qu’il est médium, pour lui l’occulte est une escroquerie, alors quand il rencontre quelqu’un qui est capable d’arriver au même résultat que lui, il est bluffé…et charmé. Problème : j’aurai aimé avoir un match, ou découvrir le truc. Mais peut-être que tout cela était à dessein (vu le dernier épisode) et nous en saurons vraisemblablement plus la saison prochaine. En l’état, j’ai trouvé l’intrigue et son intérêt tronqués.

Au final, The Mentalist – saison 2 – a parfaitement rempli son office de série policière. Parfois brillante, souvent conventionnelle, mais toujours efficace, et très charmante. Avec White Collar, qui ne se consacre qu’aux escroqueries, elle constitue une parfaite alternative aux séries policières médico-légales qui monopolisent le spectacle audiovisuel (excepté peut-être Castle que j’ai peut-être arrêté trop vite, mais qui n’opérait pas sur moi le même charme que The Mentalist, malgré la présence de Nathan Fillion).

Je serai là pour la saison 3, évidemment, mais avec tout de même la peur que la lassitude ne s’installe, car le fil rouge sur Red John pourrait ne pas réveiller mon intérêt.