[30 days drama challenge] days 13/14 : « Je t’aime » et baisers favoris

Voilà encore des questions réunies pour en garder l’intensité.

Les déclarations d’amour à la télévision font encore rêver des millions de téléspectatrices (et j’ose espérer, téléspectateurs romantiques comme moi). On peut aimer une télévision plus adulte ou cynique et en même temps apprécier de jolies envolées passionnées. En tout cas je suis prêt à militer pour cette diversité.

Donc voilà des scènes qui m’ont fait chavirer le cœur, m’ont ému ou m’ont transporté de joie. Le bonheur devant le petit écran, c’est possible.

J’ai regroupé cette thématique avec la question des baisers favoris, parce qu’il me semblait évident que l’un va fréquemment avec l’autre et que je voulais éviter toute redondance. Enfin, je me voyais mal faire un article centré sur les baisers passionnés sans me faire taper sur les doigts par mon épouse parce qu’ils y vont un peu trop goulument, dira-t-on. Vous l’aurez compris, on va essayer de rester romantique. Un peu de tenue, messieurs !

Attention spoilers dans tout l’article, évidemment. D’aussi belles scènes doivent être découvertes par vous-mêmes !

Coffee Prince est inégalable sur ces plans là. Il y a quelque chose de viscéral dans ces scènes, on sent tout le poids des sentiments, et c’est magnifiquement bien joué.

Une scène -clé contient un baiser (joliment rendu par Yoon Eun Hye) et une magnifique déclaration d’amour : « Just once. I’ll say this just once so listen up. I like you. Whether you’re a man … or an alien. I don’t care anymore. I tried getting ried of my feelings but i couldn’t. So let’s go, as far as we can go. Let’s give it a try. »

Autre scène qui cette fois-ci allie humour et émotion : quand Choi Han Kyul (Gong Yoo) la « force » à avouer ses sentiments, lui demandant si elle n’aimait que lui.

Tell me the truth, you like me and Han Sung hyung both, right ?

No, really, it’s not like i can take out my heart and show it to you. Han Sung ahjussi is just a nice ahjussi and you…i don’t know why but… (A l’autre bout du fil, entendant ça il exulte silencieusement…) i like you.

Il la taquine : I still can’t get over it.

I did wrong i’m sorry but…

Il ment : – After falling asleep, i just get up and get angry all of a sudden.

Elle craque : I love you.

Il est obligé de s’asseoir dans le canapé, estomaqué. Elle continue : I love you. I love you. I really love you. I love you.

Il répond en jouant la comédie : Hey. Tell the truth. You’re a player, right ? I say i ‘m still mad and you say you love me. Where did you learn to change your subject ? I didn’t know you were like that. You jerk, why did you give me such a hard time, huh ? When we could have said « i love you to each other » and dated as much as we wanted ? Bad Go Eun Chan. you jerk. And take note of this… I love you more. How dare you… Bye.

Lui sourit béatement sur son canapé. Elle saute de joie : He loves me ! He loves me ! He loves me !

Et puis, je ne pouvais pas passer sous silence la scène où les deux tourtereaux décident de franchir le cap. Elle, en mettant les pieds chez lui, alors qu’il l’avertit qu’à cette heure-ci il ne la laissera plus partir. Il la soulève, la plaque contre la porte, l’embrasse passionnément et ça se finit sur le lit, avec la lumière qui s’éteint. Une scène courte mais osée pour un drama coréen !

Autres jolies scènes de baisers, marquantes : celles de Coffee House, que ce soient lorsque Park Si Yeon se jette sur Kang Ji Hwan qui avait trouvé refuge dans une cabine téléphonique, ou lorsque celui-ci lui rend la pareille en allant l’embrasser fougueusement sur le quai d’une gare. Et puis, même si ce n’était pas un baiser mais une mise en scène, lorsque Kang Ji Hwan plaque sa partenaire sur la table, en lui tenant la jambe, ce fut … très chaud !

Mais question intensité, celle de Lie to Me n’a rien à envier à ces ténors, au contraire. Yoon Eun Hye et Kang Ji Hwan (aka best korean kissers) mettent de la passion dans le geste, et ça se ressent à l’écran. Les deux se chamaillent en s’aspergeant mutuellement de cola, et pour finir il la prend contre lui en lui serrant les mains dans le dos pour éviter qu’elle ne puisse l’asperger. Mais ce geste a des conséquences et ils finissent par s’embrasser mutuellement (c’est devenu le fameux « cola kiss »). A noter, que comme dans Coffee Prince, Yoon Eun Hye reprend l’initiative pour embrasser son partenaire une seconde fois.

Évidemment, trouver des baisers aussi forts, (voir des baisers tout court) à la télévision japonaise, c’est beaucoup plus difficile. Rares sont les « baisers », il n’y a très souvent que des plaquages de lèvres. Un exemple ? Le baiser pur et innocent entre le héros de Densha Otoko et Hermes, peut-être ? Lorsqu’il feint ne rien voir parce qu’il n’a plus ses lentilles de contact, Hermès se rapproche de lui au plus près, et lui demande : « c’est à toi maintenant« . Il l’embrasse alors doucement sur la joue. Elle lui dit : « pas là, ici« , en mettant son doigt sur sa bouche. Et il finit par plaquer lentement ses lèvres contre les siennes. En voix off, il raconte : « Ne serait-ce que quelques secondes ? Je ne pensais pas qu’une chose aussi douce puisse exister en ce monde« .

En matière de déclaration d’amour, là aussi, la tâche est ardue. J’en ai choisi une originale, pour un couple : Minami/Sena (Long Vacation). Originale, parce que ces deux là ne se disent pas je t’aime au moment crucial, mais se crient sans cesse leur prénoms « Minami ! » « Sena! » en se regardant et regardant le monde. Dans leurs regards, tout est dit. Sena lui demande ensuite de la suivre, sinon il sera obligé de l’embrasser. Elle le regarde, fait mine de zipper sa bouche, et ils s’embrassent… passionnément et à plusieurs reprises (yes !). (Oui j’ai opté pour cette scène de baiser plutôt que leur premier échange).

Enfin, pour terminer ce double défi, il me reste à choisir du côté américain.

Pour le coup, je vais opter pour une scène dramatique, qui je pense a du bouleverser beaucoup d’adolescents à l’époque, moi y compris : la fameuse scène de la fin de seconde saison de Buffy (Acathla), où celle-ci se retrouve brusquement en face d’Angel (Angelus ayant disparu), mais il est trop tard. Pour sauver le monde, elle doit le tuer. Elle luit dit de ne pas avoir peur alors que celui-ci reprend ses esprits. Ils s’embrassent en se disant « Je t’aime« , et Buffy prend son arme et… AAAH. N’en jetez plus, avec Sarah Mc Lachlan en fond sonore quand elle prend le bus après ça. C’est trop triste. Même maintenant, en revisionnant la scène, je trouve qu’elle a encore une belle intensité.

[30 days drama challenge] Day 3 : Héroïne de drama favorite

Il va être difficile de parler d’héroïne de fictions télévisuelles sans parler féminisme ou girl power. Un sujet maintes fois évoqué sur Internet, et qui est un peu l’arbre qui cache la forêt. Car au-delà du statut de la femme à la télévision, de l’évolution de la société (chose éminemment passionnante, surtout quand on parle de séries asiatiques), ce qui va finalement départager mes choix, c’est l’attachement que j’ai eu à travers les aventures de cette femme, l’émotion qu’elle aura su me transmettre. Et là, évidemment, on pourra me taxer de machiste, de réac’ ou que sais-je, mais j’aime la dualité femme forte/femme sensible. Les filles, il faut que vous compreniez qu’on a envie/besoin de vous protéger. Et nous, il nous faut comprendre que vous êtes désormais assez fortes pour pouvoir le faire vous-même. Hmm, pas facile tout ça.

Au pays du matin calme, la femme doit faire le grand écart entre une tradition confucianiste (à domination masculine) et  des avancées sociétales fulgurantes. Ainsi, le mariage arrangé est chose courante … et les divorces aussi ! Les femmes ont désormais une quasi-égalité en terme d’accession aux études supérieures et elles commencent à acquérir une certaine autonomie financière mais après le mariage, elles peinent à retrouver un emploi. On peut situer l’arrivée de personnages féminins modernes à… 2005 avec My Name is Kim Sam Soon. Eh, oui, c’est très récent ! Pour plus d’informations, je vous encourage à lire l’excellent article de Dramabeans. De même, être divorcée n’est plus une tare, et la femme peut envisager de reconstruire sa vie (Manny).

Alors pour quelle héroïne vais-je me décider ? Je ne vais choisir ni une femme modèle ni une femme victime, mais juste… une femme coréenne d’aujourd’hui, qui doit se reconstruire après son divorce, et trouver un nouveau sens à sa vie. C’est bien de Yoo Eun Ho (interprétée par Son Ye Jin) dans Alone in Love que je veux vous parler. Parce que finalement, la vie est déjà assez dure au quotidien, et que je voulais lever mon chapeau à toutes ces femmes qui survivent, se cassent la figure, se relèvent, assument jusqu’au bout leur désir d’autonomie et d’amour. C’est peut-être megalo, sirupeux ou condescendant de dire ça, mais une héroïne c’est ça aussi.

Au Japon, la tâche n’est pas aisée non plus. Mais dans ce registre de femme moderne professionnelle, qui « se relâche » à la maison, l’héroïne de Hotaru no Hikari, Amemya Hotaru (interprétée par Ayase Haruka), est fantastique. Elle n’est pas non plus un modèle de femme parfaite et c’est ça qui la rend attachante. Ca me rappelle qu’il faut faire le ménage de temps en temps, tiens…

Enfin pour terminer cette sélection, allons faire un tour du côté des Etats-Unis, où, pour le coup, je suis nostalgique du girl power. Buffy m’a évidemment marqué, même si son évolution en fin de série est critiquable. Je pourrai également citer la récente et déjà regrettée Teresa Colvin (The Chicago Code) qui préfère sacrifier sa vie personnelle pour sauver son éthique professionnelle. Mais j’en reviens toujours à l’attachement, à l’émotion. Comment ne pas craquer pour ces jeunes femmes qui jettent un regard désabusé sur leur monde et s’en sortent par des réflexions cinglantes (les héroïnes de Dead Like Me, Wonderfalls, voire Veronica Mars) ? Oui, vous l’aurez compris, j’ai choisi cette dernière. Veronica, tu as laissé un vide à la télévision.

Du vieillissement des acteurs de série

Le mot est lâché. Alors que mon univers télévisuel évolue, je me rends compte que mes idoles ont pris un coup de vieux. Oui, c’est triste de vieillir.

Et pourtant, il n’y a pas si longtemps encore, je ricanais devant Courteney Cox qui tire sur sa peau fripée/botoxée. Cougar Town ?  J’y voyais là une preuve de plus de l’égo surdimensionné des actrices. Se prouver qu’on est pas has been, qu’on existe encore, qu’on peut encore susciter le désir alors que les jeunes ne cessent d’affluer, pour moi ça a quelque chose de désespéré, dans le mauvais sens du terme. C’est la vie, la roue tourne, il est temps d’accepter des rôles convenant enfin à son âge (si seulement c’était possible dans les teen shows, d’ailleurs !). Et ne me sortez pas le couplet féministe sur le phénomène des cougars, please.

Non, ce que je voulais dire, c’est que je trouve normal que les rôles soient distribués selon l’âge des acteurs. Mais ça ne m’empêche pas d’avoir un choc quand je vois Scott Bakula (Quantum Leap) vieillissant dans Men of a certain age.  C’est là que je me dis que moi aussi j’ai vieilli. J’ai mesuré le temps qui passe en voyant ces acteurs se transformer.

Cette évolution on la sent au fil des saisons. Sarah Michelle Gellar avait 20 ans quand elle a commencé Buffy. 7 ans plus tard, (« aidée » par les régimes hollywoodiens), elle ne ressemble plus beaucoup à la jeune femme qu’elle était. Aujourd’hui, en 2010…

C’est encore plus frappant en voyant Kelsey Grammer, qui passe physiquement du jeune psychiatre dans Cheers à un vieil homme proche de la retraite dans ses dernières sitcoms avortées. Le temps a donc passé si vite ?

Et rien ne m’énerve plus que ces actrices défigurées avec du botox, qui se lancent dans une course perdue d’avance au lieu d’accepter la réalité.

Oui, c’est dur de vieillir.

Et moi je vais avoir 35 ans dans 15 jours. A quoi ressembleront mes idoles d’aujourd’hui quand j’aurai 20 ans de plus ? A quoi ressemblerai-je aussi ?

Wonderfalls

Ça faisait un petit moment que je voulais vous parler de Wonderfalls. Wonderfalls est une de mes séries préférés. A vrai dire, depuis que je sais que Caroline Dhavernas va reprendre du service sur ABC à la rentrée (Off The Map), je trépigne d’impatience.

Alors pour expliquer le pourquoi du comment, je me permets de reprendre une partie de mon article publié à l’époque où j’officiais sur EDUSA.

Retour en Mai 2004. Fin de l’expérience Wonderfalls sur la FOX. Déjà sous le charme de Dead Like Me, et pour certains d’entre nous sous celui de Joan of Arcadia, le coup de cœur était prévisible. Pensez donc, une série de Bryan Fuller, Todd Holland et Tim Minear en producteur avisé, avec dans le rôle principal une jeune femme sarcastique…. Tout cela renforce l’idée qu’un vent est en train de tourner…

Du Buffy-girl power pas encore épuisé naît l’idée de jeunes femmes qui non seulement s’affirment, mais qui portent aussi un regard désabusé sur la société actuelle. De l’héroine, on dérive vers une héroine qui ne supporte ni son statut ni sa vie. Alors, anti-héroine ? Depuis Dead Like Me, Wonderfalls, on voit apparaître des jeunes femmes en mal être. De ce que j’en ai vu, la toute récente Gravity s’en rapproche un peu, d’ailleurs.

Amusant de voir comment le concept de la série est né. Installés dans une cuisine, où trônent fièrement des objets en forme d’animaux,  Todd Holland et Bryan Fuller sont en plein brainstorming. Effectivement, ça serait marrant si ces objets se mettaient à parler… C’est d’autant plus marrant quand on pense à Jeanne d’Arc… et à un décor plus intéressant que la ville ou la plage (les chutes du Niagara, par exemple).
De là fusent les noms pour la série : the maid of the mist, animal cracker, the chachkey whisperer, normally insane, what ever happened to baby jane, voire même…. Joan of Niagara (Ca ne s’invente pas !). Et à force de se répéter que « something wonderfalls is happening », le titre est trouvé : ça sera Wonderfalls.

L’histoire ? Jaye Tyler, benjamine de la famille, 24 ans, vit dans un camping, et se retrouve vendeuse dans un magasin de souvenirs (Wonderfalls) situé au pied des chutes du Niagara. Bien que diplômée en philosophie, elle a pour supérieur hiérarchique « mouth-breather », lequel est bien plus jeune que lui, et surtout nettement moins diplomé. La vie serait-elle injuste avec elle ? Jaye n’a malheureusement pas d’ambitions.

She has really managed to create a stressless expectation free-zone for herself

Comme le soulignent ces phrases :

While their lives may appear aimless and desultory there’s nothing random about the choices the gen-Y non-winner makes. Everything they do is for a single purpose : to avoid engaging with the world around them. And subject is reluctant to make eye contact with children or the elderly.

What about friends ? You want to choose people who aren’t much more motivated than you are. But you don’t surround yourself with total narcissists. Otherwise things start to be about something other than you.

Jaye est le prototype de la fille intelligente qui sait ce qu’elle ne veut pas, et qui porte un regard différent de ses consoeurs. Son school-book le prouve : elle n’appartient à aucun club, ne fait aucun sport, et n’a reçu aucune récompense.

Mais le show n’est pas seulement articulé autour de Jaye. Elle a un frère plus âgé (Aaron) qui vit encore chez ses parents et qui étudie la religion, une grande sœur (Sharon) avocate dont elle découvrira l’homosexualité au cours de scènes désopilantes, un mère (Karen) imbue d’elle-même et un père médecin (Darrin) qui a du mal à communiquer.

i know where you’re careless, it’s not because you don ‘t care. Theses things happen with you.

Décidément, « Jaye » est bien le mouton noir de la famille, son prénom sonne d’ailleurs bien différemment de Darrin, Aaron, Sharon, Karen…
Tout bascule lorsqu’un lion en cire se met à lui parler, la tête déformée par la machine mold-a-rama. Dès lors, si elle suit les ordres des animaux en plastique, peluche, cire,… elle va transformer le destin des autres … et le sien. Car toute la série est centrée sur le destin. (Et moi j’adore les histoires de destin. Si vous me lisez depuis un petit moment, je pense que vous l’avez déjà compris !).

Dès l’introduction, où l’on nous conte l’une des 50 (fausses) légendes des chutes du Niagara. Les touristes apprennent ainsi que les indiens ont sacrifié la fille du chef afin de clamer la colère de leur dieu . En se jetant dans les chutes du Niagara, elle aurait donc prononcé ces mots :

I surrender to destiny .

Famous words. Dès lors, Jaye ne pourra qu’obéir aux ordres :

I’m done fighting. From now on, i’m fate’s bitch .

Enfin…Jaye n’est pas du genre à suivre aveuglément des ordres qui pourraient avoir des conséquences dramatiques. Le message qui lui est adressé est suffisamment énigmatique pour lui donner différentes interprétations : « give it back to her » , « mend what is broken », « let him go », et j’en passe…

La série va donc suivre cette « destiny puppet » dans une ambiance cynico-comique irrésistible.
Bien entendu, différents arcs se rajoutent à chaque épisode, comme par exemple la meilleure amie de Jaye (Mahandra), la quête de spiritualité de son frère, le lien fraternel et l’homosexualité de sa sœur Sharon, l’amour de ses parents, et… une histoire d’amour avec le tenancier du bar. Une histoire compliquée par son ex-femme, Heidi, interprétée par Jewel Staite (Firefly).

L’univers développé par la série a une cohésion d’ensemble, ce qui est fort appréciable. Le faux-flic qui s’occupe de la sécurité des magasins, le psychiatre qui vidéotape ses sessions, le livreur et son ex-femme, tous ces personnages semblent avoir leur vie dans leur série, et ne sont pas juste des faire-valoir d’un épisode.

Ceci sans parler des innombrables animaux parlants qui font partie du quotidien de Jaye : lions, oiseaux, porc, lapins, serpents, âne, flamants roses, pingouins, ours, buffles, … De quoi devenir cinglé quand ceux-ci se mettent à vous réveiller la nuit en chantant ! La série va d’ailleurs réfléchir sur le comportement de Jaye, au point que l’on peut se demander si « elle n’utilise pas les animaux pour éviter le risque d’interagir avec les humains » (Episode Safety Canary).

La série ne révèlera jamais « qui » parle à Jaye, ou « pourquoi » on lui parle. Des pistes sont lancées, une réponse -non satisfaisante mais pourtant très drôle- est donnée, et au final c’est bien mieux ainsi. Parce que la série n’est pas portée sur le mystère, mais sur ses personnages, terriblement attachants.

Et quel cast ! Peu de séries marchent instantanément, avec l’impression que tout est à sa place, et que le miracle est là. Cette série est un bijou de casting, et leur entente fait plaisir à entendre, notamment quand ils se mettent à chanter le générique (commentaires du dernier épisode de la série, sur DVD zone 1).

I wonder wonder wonder why the wonderfalls…


Caroline Dhavernas d’abord, dont le charme est irrésistible sur le petit écran que ce soit dans les scènes comiques ou les scènes shipper émouvantes. Mais aussi Katie Finneran, Tyron Leitso, Lee Pace, William Sadler, Diana Scarwid et Tracie Thoms (qualifiée de black Sandra Bullock par les créateurs de la série).

Lee Pace, vous l’avez revu dans l’autre série du génial Brian Fuller : Pushing Daisies. Une série aussi colorée, joyeusement décalée, bref, encore un autre OVNI télévisuel qui me manque beaucoup. Même si je l’avoue, j’ai une préférence pour Wonderfalls, dont les dialogues et le comique sont nettement plus travaillés.

Dans un épisode jubilatoire, on trouve même Sara Drew (future régulière dans la prochaine saison de Grey’s Anatomy), en clone de Jaye. Coincidence, Caroline va rejoindre le prochain show de Shonda Rhimes. Aurait-elle vu Wonderfalls récemment ?

Mais si Pushing Daisies a pu durer 2 saisons (22 épisodes au total), Wonderfalls n’aura pas bénéficié de ces mêmes faveurs (13 épisodes au total, mais seulement 4 diffusées !). Oui, je sais tout est relatif.

Wonderfalls est morte beaucoup trop tôt. On pourrait même parler d’assassinat. 4 diffusions dans le « slot-time de la mort » et la série s’arrête. Caroline Dhavernas ne viendra même pas au Late Late Show de Craig Kilborn, écœurée par l’annonce…
A quoi bon une promo pour une série que l’on vient d’enterrer ? La Fox aura tué dans l’œuf un potentiel hors du commun. Non, je ne rappellerai pas l’ignoble abandon de Firefly. Je ne vais pas transformer cet article en brûlot anti-FOX même si les doigts me démangent.
Vous me direz, 4 épisodes c’est vraiment chaud pour juger de la qualité d’une série. Sauf que 13 épisodes existent…et que la qualité est non seulement très bonne, mais en plus constante. On ne sait jamais comment va se terminer l’épisode. Les idées loufoques se succèdent, le rire et l’émotion est là, et on sort de la série avec une « pêche d’enfer » comme dirait le voisin.

On se console tant qu’on peut en sachant que les 13 épisodes forment un tout cohérent, et qu’aucun arc n’est réellement en suspend à la fin. A la différence de l’insoutenable dernier épisode d’Angela, 15 ans, par exemple.
Enfin, concernant la suite des aventures de Jaye, des pistes avaient été avancées : internement psychiatrique, grossesse non désirée, plein de choses auraient du arriver…

Car plus encore que les images, le talent des acteurs et la réalisation (qui permet à des scènes géniales de rester dans les mémoires), ce sont les dialogues qui font mouche et s’inscrivent d’ors et déjà dans le patrimoine des plus grands scripts tv.
Pour moi qui suis passionné de citations de séries tv, je ne résiste pas à l’envie d’en mettre quelques unes (Je vous préviens je suis gourmand). Après ça, nul besoin d’expliquer en quoi les dialogues sont cultes. Ca et le fait de savoir que supercalifragilisticexpialidocious compte 34 lettres…

Sweetie, when was the last time you had an orgasm ?


I’ve change religions, for god’sake ! I’m not going to heaven now !


Screw the chicken ! I’m gonna save that’s bitch marriage !


No. It’s not an issue. It’s a full subscription.


Jesus was nice to prostitutes.


You didn’t redecorate my room with zoo-theme wallpaper did you ?


I didn’t do anything wrong. I shouldn’t have to go to church.


– Stupid cow
– Selfish bitch


Meaninglessness in a universe that had no meaning, that I get. But meaninglessness in an universe that has meaning… What does it mean ?
– It doesn’t mean anything


And i’d rather be a nobody that’s a somebody than a somebody that’s nobody or something. Point is, you suck !


I’m trying to save him by avoiding him so I could be with him. But I can’t go near him or I’ll destroy him. So if I could just manage to stay away from him then maybe we could be together. Please don’t repeat that back to me.


I don’t wanna be chosen. For this instance, I’m anti-choice.


– Many of the great spiritual leaders didn’t even realize they had gift. Until they were called on to use them. St Paul was just a punk until he was blinded by the lights and Gandhi was just drunkin’ and whorin’ it up with his friends until he heard the cry of his people….
– And Neo was just a big geek until he swallowed that little red pill.

Avec des dialogues pareils, un cast parfait, un réalisation rythmée et une musique réussie, des scenarii vraiment originaux et un sens du comique qui frôle le génie, la série restera pour moi une des plus belles créations télévisuelles. Elle dispose en outre d’une sortie en DVD zone 1 (avec sous-titres anglais), je sais je l’ai déjà dit, mais ce serait un crime de passer à côté de ce chef d’œuvre. (D’ailleurs si des éditeurs français pouvaient se décider à la mettre en vente avec des sous-titres français histoire d’en faire profiter tout le monde, ça serait très sympa).
Hmmm… Culte ? Vous avez dit culte ?