The Secret Circle [Pilote]

Souvenez-vous. 1996 : The Craft sort au cinéma. L’histoire ? Des jeunes filles (dont Robin Tunney) qui explorent leurs nouveaux pouvoirs de sorcières, et évidemment ça tourne mal. 1998 : Surfant sur la vague, Aaron Spelling produit pour le petit écran Charmed, où l’histoire de jeunes sorcières qui découvrent leurs pouvoirs …. et évidemment ça tourne mal !

La sorcellerie a toujours été à la télévision américaine. Bewitched (en français, ma sorcière bien aimée), c’était aussi l’histoire d’une sorcière qui utilise ses pouvoirs… et évidemment ça tourne mal ! (merci la belle-mère !)

Alors pour cette saison 2011, CW a décidé d’actualiser la thématique. The Secret Circle, c’est l’histoire de jeunes sorcières qui découvrent leurs pouvoirs… et… bon vous avez compris.

Je n’avais rien contre la thématique, mais j’espérais quelque chose d’un peu plus ambitieux, étant donné que cette série est l’adaptation de romans.

Pour se plonger dans l’atmosphère, la réalisation est en tous cas efficace : des sorts chantonnés, une maison en ruine, du feu, de l’eau, un orage, toute la panoplie est là.  Malheureusement, tout cela ressemble bien à un cahier des charges : ce qui prime n’est pas de raconter une histoire originale, c’est de caser tous les éléments qui devraient en faire un succès auprès des ados. Un casting avec de jeunes acteurs (dont Britanny Robertson de Life Unexpected), un triangle amoureux qui ne fait pas dans la finesse (puisqu’on vous dit que leur coup de foudre c’est à cause du destin, ne cherchez pas plus loin voyons), des habits à la mode et des coiffures impeccables et bien sûr l’éternel antagonisme entre la blonde et la brune. Tout est si simple finalement, à cet âge, pourquoi créer quelque chose avec, je ne sais pas, disons, des dialogues intelligents, des rebondissements qui ne soient pas prévisibles…

Je vais faire mon petit couplet rétrograde, mais quelle image, au fond, on donne à l’ado d’aujourd’hui. Celui de l’amour au premier regard, des méchants que l’on reconnait aussi instantanément, sans parler des fringues, ce culte de l’apparence… Tout doit être fait pour que l’ado émette son jugement de suite. Pauvre génération…

Et finalement c’est ça qui agace : ce millimétrage permanent, tout est mâché, pré-digéré. Rien n’est laissé au hasard, ce qui compte c’est l’image, et rien que l’image. Des gouttes d’eau qui volent, une victime qui se noie par terre, des trombes d’eau, des incendies…. Oui mais encore ? J’en reviens au même reproche que je faisais à l’époque d’Heroes (ou de no ordinary family), qui ne plaçait que des démonstrations de pouvoirs (« hein, vous avez vu comme c’est cool ! ». Les effets spéciaux ne doivent jamais remplacer l’histoire. Je n’ose imaginer la suite.

D’ailleurs, vous avez remarqué, je n’ai pas encore parlé de l’histoire de ce pilote. Il faut dire que c’est une telle accumulation de clichés que je défie quiconque d’être surpris par le moindre élément. Notre héroïne est orpheline, elle arrive dans une ville où tout le monde l’attend, car elle est supposée débloquer les pouvoirs des autres jeunes de son âge. Et surprise, ses parents et leurs parents sont/ont été aussi de grands sorciers !

Finalement la sorcellerie, c’est simple. T’en es ou t’en es pas…

Hmm, moi j’en suis pas.

Publicités