Bilan détaillé de la saison USA 2011-2012 (33 séries)

Voici donc venu le moment de faire le bilan de la saison passée, avec toujours l’éternelle question qui trotte dans ma tête : était-ce une bonne saison ? Les nouveautés ont-elles su remplacer les séries arrêtées l’an dernier ?

Vous retrouverez donc dans ce bilan mes impressions sur les 33 séries suivies cette saison. Les nouvelles : Once upon a time, Boss, Homeland, Touch, Smash, Girls, Don’t trust the bitch in apartment 23, Veep, 2 Broke girls, Ringer, Awake, Best Friends forever, Free Agents, Suburgatory, Pan Am, Person of interest, The River, Prime Suspect. Et les anciennes : Chuck s5, House s8, How i met your mother s7, Modern Family s3, Nikita s2, Raising Hope s2, The Big Bang Theory s5, Parenthood s3, The Mentalist s4, Game of Thrones s2, Grey’s Anatomy s8, Fairly Legal s2, The Walking Dead s2, Dexter s6 … J’ai préféré exclure de ce bilan la quarantaine de pilotes visionnés, mais vous pourrez retrouver leurs critiques en bas de la page une fois la mise à jour effectuée.

De façon surprenante, en relisant mes notes, je me rends compte qu’il y avait cette saison suffisamment de nouveautés intéressantes, aux approches variées. C’est d’ailleurs un peu confirmé par mes statistiques. Alors pour commencer ce bilan, j’ai décidé de rendre honneur à deux nouvelles séries : Once upon a Time et Boss.

Once upon a time (ABC) était l’une des séries que j’attendais le plus, et elle ne m’a pas déçu. L’ambiance, d’abord. C’était pourtant risqué de raconter une série sur les contes de notre enfance. Le premier écueil était d’ordre budgétaire, car les effets spéciaux doivent être à la hauteur, et cela n’a malheureusement pas toujours été le cas, brisant un peu l’immersion dans cet univers. Le deuxième écueil était d’arriver à trouver le ton juste pour émouvoir, car le symbolisme et la naïveté des récits ne se prête guère au petit écran adulte. Et ça marche très bien. La série n’est pas exempte de défauts : elle a quelques longueurs, des scènes prévisibles, un petit Henry à la limite du supportable (mais qui prend heureusement de moins en moins de place), une rivalité Regina-Emma qui devient un peu redondante, et surtout un milieu de saison mollasson occupé par une pseudo-enquête policière sans surprise (sauf son issue). Mais le reste est passionnant, avec notamment un puzzle sur l’identité des protagonistes plutôt efficace et de (très) bonnes surprises à la clé. Le lien entre les différents univers fait plaisir à voir, de la belle et la bête à Alice au pays des merveilles en passant par le petit chaperon rouge, nous avons droit à de multiples détails et clins d’œil. Le succès de la série repose sur ses très nombreux personnages emblématiques, reconstituant un univers à la fois familier et mystérieux. Ils ne seront pas traités de façon identique, et il y a quelques ratés, mais le plaisir de la découverte l’emporte toujours. Le manichéisme des contes a été remplacé par les motivations mystérieuses des personnages. L’émotion est fébrile mais elle est là, avec quelques jolies mises en scène notamment des scènes shipper entre le prince charmant et sa belle ou d’autres personnages dont je tairais le nom pour cause de spoiler. Dans l’ensemble c’est aussi bien joué, du côté du casting principal (Jennifer Morrison, Ginnifer Goodwin, Lana Parilla, Robert Carlisle) comme du côté des nombreuses guests comme Emilie de Ravin ou David Anders. On nous promet une seconde saison changeant les règles de la série (vu le final) et Emilie de Ravin en régulière, je suis donc très impatient de voir la suite de ce succès d’audience mérité. (♥♥♥♥)

Boss (Starz) fut une gigantesque claque. Je n’avais guère de doutes sur les capacités d’acteur de Kelsey Grammer (Frasier), mais il est proprement terrifiant et magistral dans son rôle de maire corrompu. La série aurait pu se contenter de nous raconter les traquenards, les fourberies, les traitrises de ce milieu politique (en soi déjà passionnant), mais elle a préféré se focaliser sur la dimension humaine du personnage principal. Le maire veut tout contrôler, et lorsque survient sa maladie et sa fin inéluctable, il se bat pour conserver son image, laisser une trace et il n’arrive pas à retrouver la rédemption auprès de ses proches. La maladie est ce qui pouvait lui arriver de pire, car on ne se souviendra de lui qu’à cause d’elle. Il y a donc un questionnement philosophique sur l’existence, sur la mort, et le réalisateur s’attarde souvent sur l’œil de son personnage : vif ou égaré, signe de son désir ardent de vivre ou de son déclin prochain, signe de sa méchanceté ou de son humanité. Pour autant la série n’est pas contemplative, malgré ses plans superbes, l’intrigue avance bien, possède de nombreux rebondissements et on se demande vraiment comment notre maire va s’en sortir. J’ai eu néanmoins quelques soucis avec le positionnement trop idéaliste du journaliste, comme si la presse était le seul recours à la corruption. En dehors de cela, cette saison fut une démonstration de savoir-faire : elle manipule nos émotions, nous fait comprendre à demi-mots ce que l’on avait compris de travers, nous transporte dans un univers cruel, et pourtant terriblement humain. Émouvante, subtile, avec une mise en scène grandiose, Boss est tout simplement incontournable. Vivement cet été pour la suite.(♥♥♥♥)

Once upon a time et Boss n’étaient pas les deux seules séries renouvelées et dignes d’intérêt cette saison.

Homeland (Showtime) est adaptée de la série israélienne Hatufim, et nous raconte l’histoire d’un soldat américain emprisonné par des terroristes islamistes qui retrouve brusquement la liberté et sa famille. Mais un doute subsiste pour les renseignements américains, et l’une de ses agents en particulier. Est-il devenu un terroriste et s’est-il rallié à cette cause ? La série a le mérite de ne pas avoir trop tiré sur la ficelle et nous donnera la réponse. Avec une interprétation impeccable de Claire Danes et Damian Lewis, on explore donc les menaces sur le sol américain en même temps que l’on essaye de comprendre la psychologie de nos personnages. Si le thriller est meilleur qu’un 24, il succombe malheureusement à des astuces scénaristiques frustrantes, où la chance n’est jamais du « bon » côté. Le puzzle et le mystère est bien mieux traité, d’autant que Carrie, le personnage de Claire Danes, a des problèmes psychologiques importants. Cela rajoute une dimension paranoïaque et des élucubrations intéressantes. J’ai tout de même eu du mal à accepter l’évolution sentimentale de son personnage, qui contredisait son background. Enfin, du côté de notre soldat, j’avais peur que la famille (et les enfants) ne plombent le sujet, mais c’était tout de même intéressant, notamment pour sa relation avec sa femme (la sublime Morena Baccarin). Homeland a finalement pioché de bonnes idées (et de bons acteurs) pour rendre son sujet passionnant mais la frustration fut tout de même au rendez-vous pour quelques épisodes. Il n’empêche, j’ai hâte de voir la suite, là encore.(♥♥♥)

Touch (FOX) fut une bonne surprise car je ne l’attendais pas du tout. Certes, la série a bénéficié de son interprète principal (Kiefer Sutherland), mais qui aurait misé sur une série de Tim Kring (Heroes) ? Et pourtant j’ai été touché en plein cœur par cette histoire d’un enfant autiste qui essaye de réparer le monde en parlant à son père avec des chiffres. Ce qui m’a plu ? L’aspect puzzle, là encore, qui permet de relier des personnages de tous continents. On critiquera bien sûr les clichés véhiculés, mais on sent réellement une approche humaniste, sincère, non nationaliste qui fait du bien à la télé américaine. C’est dit : dans un univers de plus en plus cynique sur mon petit écran occidental, j’ai aimé voir des histoires d’amour (même filial ou familial), des rencontres, et surtout j’ai adoré voir reconstruire l’idée romantique de destin (abandonnée depuis bien trop longtemps). Tous les épisodes ne se valent pas, loin s’en faut, mais dans l’ensemble j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir. J’ai quelques regrets cependant : les épisodes deviennent prévisibles de plus en plus tôt, et l’arc mythologique de la série ne m’a pas entièrement convaincu. J’aurai préféré voir la série essayer de relier ses différentes intrigues pour un schéma général plutôt que de se focaliser sur cet enfant autiste décidément bien trop doué. A quoi bon vouloir expliquer les choses, et ajouter une couche d’élucubrations qui nuisent non seulement  à la crédibilité mais aussi à la sincérité de l’œuvre ? A quoi bon en faire un objet de convoitise ? Petit à petit la saison n’a pas su prendre les bons virages, ce qui devrait m’inquiéter, mais peut-être que la mythologie de la série se révèlera plus passionnante en seconde saison, avec Maria Bello.(♥♥)

Enfin voyons les séries renouvelées qui ne m’ont jamais entièrement convaincu, mais qui ont eu leurs moments.

Smash (NBC), tout d’abord. La série, à ses débuts, avait de nombreux atouts qu’elle n’a pas su exploiter. Je ne suis pas fan de comédies musicales, mais j’étais intéressé par le processus de création. Un peu échaudé par des numéros bien trop fignolés pour être crédibles mais convaincu par le talent aperçu, j’ai continué mon visionnage. La rivalité Ivy/Karen était intéressante, donnant 2 points de vue complémentaires, mais cela a fini en une intrigue soap lamentable. Montrer la difficulté d’écrire lorsqu’on a une famille à la maison était une perspective qui me plaisait mais au lieu de cela je n’ai eu que tromperie, jalousie et ado insupportable. J’en profite au passage pour critiquer l’image déplorable donnée aux maris/petits copains et à la gente masculine en général. Ce qui a sauvé la saison : quelques bons numéros et quelques conflits de création /production disséminés tout le long de l’aventure. Mais il faudra en faire plus pour me convaincre la saison prochaine. Les premiers échos vont dans le bon sens. (♥)

Girls (HBO). Cette série générationnelle ou non (en tous cas pas la mienne vu mon âge avancé), a su m’interpeller plus d’une fois et c’est la raison principale de mon visionnage. Au fur et à mesure, je suis passé d’une attitude tendre et paternaliste envers ces filles égoïstes et immatures à un rejet global de leurs comportements. Car ces filles là ne font rien pour s’en sortir. Dans leurs bulles, elles se posent en victime sans essayer de comprendre le monde qui les entoure. Le mélange de ton ne m’a pas aidé non plus : on est passé d’un regard corrosif sur la jeunesse à de la comédie puis à des situations délirantes et repoussantes (qui accepterait de se faire uriner dessus, sérieusement ?). Pourtant il y a de bonnes scènes pour expliquer les choses, comme une scène de dispute absolument jouissive, tellement elle est directe, ou quelques plans plus symboliques pour démontrer l’égoïsme ou l’immaturité des personnages. Mais dénoncer ne suffit pas, il faut arriver à faire évoluer les choses car nous sommes dans une fiction, et de ce point de vue, contrairement à d’autres téléspectateurs, je n’ai pas été convaincu. Reste le cas d’Adam qui passe de freak-à-fuir à gentil freak, mais cela ne change guère le bilan : bien que soulevant des questions intéressantes, cela manque de cohérence et de maturité, quelles que soient les louanges adressées bien trop rapidement à Lena Dunham. [Au passage je n’ai pas compris la polémique sur le manque de personnages noirs dans la fiction, et cette crise du politiquement correct à la télévision américaine m’insupporte de plus en plus. Bientôt il faudra des calculatrices pour regarder des séries télé. Je ne nie pas le problème de représentativité mais ça doit donner un débat bien plus large (quels sont les discriminants à retenir : les professions, les classes sociales, le sexe, la santé, l’obésité, le handicap, l’orientation sexuelle, la couleur de la peau, les positions politiques, les religions ?) . Je déplore donc cette focalisation outrancière bien trop hypocrite. ](♥)

Don’t trust the bitch in apartment 23 (ABC) Il y a plein de bonnes choses dans cette comédie rafraichissante : des personnages délirants délicieusement égoïstes, du rythme, de bons gags qui tendent vers l’absurde, mais à peine les 7 épisodes écoulés on se rend compte que la série n’arrive pas à faire évoluer son schéma et ça risque de tourner en rond rapidement, avec la colocataire systématiquement victime du comportement de l’héroïne et un Dawson unidimensionnel et distant. Je ne voudrais pas déséquilibrer la série en réclamant du soap (Suburgatory s’y est pris les pieds), mais je voudrais un peu plus de lien entre les personnages pour ne pas répéter les mêmes schémas et m’attacher un peu plus. Et puis donnez un peu plus de place à Liza Lapira, please !(♥)

Veep (HBO) Je suis surpris par les bonnes critiques de ce mockumentary basé sur une vice-présidente dépassée. Certes je n’affectionne pas le genre, mais je suis loin de rire à tout bout de champ comme je l’ai lu. Il y a énormément de flottement, de dialogues qui font remplissage, et une fois qu’on a compris le schéma d’un épisode (une bourde – un rattrapage), il n’y a guère que les mimiques de Julia Louis-Dreyfus pour me dérider. J’ai surtout le sentiment que les gags sont tronqués, comme si l’auteur ne voulait jamais aller au bout de son idée. Il y a une amorce, et ça fait pschit. Les thématiques politiques ne sont pas utilisées, il s’agit juste d’une guerre d’image, où la veep se ridiculise. C’est mon problème avec le genre, ridiculiser un personnage ça va pour quelques épisodes mais après il faut passer à autre chose car je m’ennuie profondément , et ce d’autant plus s’il n’y a pas de construction vers un moment clé (qui est propre aux sitcoms comme Frasier par exemple). Bref, je me suis lassé de ces soit-disant gags et je ne me suis pas attaché aux personnages. Je suis cependant allé au bout, et je ne verrai pas la seconde saison. Il y a une paresse flagrante dans l’écriture.(♥)

2 Broke Girls (CBS) Cette sitcom traditionnelle emploie tous les clichés possibles sur les minorités et balance des vannes sexuelles toutes les 30 secondes, mais j’ai réussi à m’attacher au concept de la série : une paris hilton fauchée qui survit en tant que serveuse dans un minable resto et qui espère s’en sortir grâce à la vente de cupcakes de son amie, laquelle a la répartie crue et facile. Le couple a une alchimie immédiate, et leurs effusions amicales bien que redondantes sont touchantes. Ce n’est pas le cas pour le reste du casting même si de nouvelles dynamiques sont apparues avec l’arrivée d’un autre personnage haut en couleur. On ne s’ennuie pas, on rit (avec honte) de quelques gags, et c’est à peu près tout. J’en ai paradoxalement une meilleure image que ce que disent mes statistiques (deux bons épisodes seulement). Et je ne pense pas continuer, sauf déficit majeur en séries comiques la saison prochaine.(♥)

On aborde maintenant les nouvelles séries qui ont été annulées (précocement ou non)

Je ne reviens pas trop longtemps sur Ringer (CW) dont j’ai déjà fait un bilan détaillé. Si j’ai apprécié les multiples rebondissements de ce thriller au rythme réussi et au puzzle suffisamment complexe pour multiplier les fausses pistes, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Avec le recul, je devrais me dire que ce n’est qu’un guilty pleasure pas très cohérent, mais j’ai réussi à être captivé tout le long et ce n’est pas une mince qualité.(♥♥)

Awake (NBC) n’a pas toujours su bien exploiter son concept des deux mondes alternatifs, donnant quelques épisodes policiers de facture basique, et ne parvenant pas passionner davantage. L’émotion était pourtant souvent là quand on évoquait sa famille, ce qui m’a permis de tenir jusqu’au développement de la mythologie, sur le fond assez décevante (même si j’ai aimé la conclusion), et sur la forme, très sympathique. Occasionnellement, le show a brillé, vraiment, avec un questionnement intelligent, de bons rebondissements et de l’émotion. Mais tous les épisodes n’étaient pas de ce niveau.(♥♥)

Best Friends Forever (NBC) Un concept tout simple, un casting sympathique, complice, un rien hystérique et attachant pour des gags certes un peu trop visuels (comme un personnage dénudé devant du monde), mais faits avec une approche sincère et authentique. Une sitcom, ça fonctionne aussi comme ça, sur une alchimie avec le téléspectateur, pas besoin de délire ou de créativité exacerbé, juste une tranche de bonne humeur pour passer le temps. Rien d’exceptionnel donc, mais je n’ai pas boudé mon plaisir.(♥♥)

Free Agents (NBC) avait un regard pertinent, incisif et drôle sur la drague et le monde de la communication, tout en donnant à son duo principal dépressif une rare alchimie et une certaine émotion. Avec des dialogues ciselés, cette série parvenait à donner aux échanges ce que j’attendais d’une comédie humaine. Je me souviendrais longtemps de la masculinité des parapluies. La série n’a pas marché pour un problème de cibles et un deuxième épisode bien trop faiblard, je pense. Un grand regret.(♥♥)

Si j’ai été frustré de l’annulation de certaines séries, je n’ai en revanche pas hésité à interrompre le visionnage de plusieurs autres.

Suburgatory (FOX) a été une histoire d’amour mouvementée qui s’est très mal terminée. J’étais plutôt circonspect devant cette comédie qui parodiait les suburbs et je l’avais finalement adopté grâce à son délire et grâce au duo père-fille très attachant et un rien Gilmoresque. J’étais même content de voir la galerie de personnages s’étoffer. Et puis le ton de la série s’est voulu beaucoup moins mordant, au point de transformer notre héroïne sarcastique en jeune fille apprivoisée, égoïste et particulièrement pénible. Les gags se raréfiant au profit d’intrigues soapesques, me voilà pris à mon propre piège. Je voulais me rapprocher des personnages, et je m’en suis au contraire bien éloigné. J’ai donc abandonné le navire au 17 ème épisode, juste avant d’apprendre qu’Alicia Silverstone allait retrouver son partenaire de Clueless à l’écran (Je vous ai déjà dit que je regardais Miss Match il fut un temps ?). Mais il était trop tard, j’étais revenu sur la terre ferme.(♥♥)

Pan Am (ABC) fut une expérience rafraichissante, qui n’était pas sans me rappeler la Croisière s’amuse, avec nos hôtesses de l’air tombant amoureuses des pilotes. Les romances, malheureusement, n’étaient pas suffisamment émouvantes pour que je réussisse à m’y attacher (la faute à un casting masculin insipide et à des intrigues pas assez travaillées). Ce sont donc plutôt les personnages féminins qui ont fait le show, mais leurs péripéties n’étaient pas brillantes non plus, exceptées pour l’espionne de service et une rare scène de Karine Vanasse nous replongeant enfin dans le contexte historique international. Les auteurs ont fait le mauvais choix de privilégier des romances sans alchimie, et les personnages sans le moindre potentiel. Du coup j’ai abandonné au 10ème épisode, sans regret.(♥)

Modern Family  (ABC, saison 3). J’ai toujours pensé que la série ne valait le coup que lorsque la famille se réunissait et que ses intrigues se chevauchaient. Hélas, elle s’est enfermée dans ses stéréotypes, rendant quasiment chaque gag prévisible dès l’ouverture de l’épisode. Cette saison fut de trop, moulinant ad vitam eternam les mêmes réponses, les mêmes comportements devant des situations maintes fois revues. Les personnages ont beau inspirer ma sympathie, je n’en pouvais plus. J’ai cru comprendre qu’enfin une certaine évolution était apportée en fin de saison, mais je n’ai pas tenu jusque là, je me suis arrêté au 11ème épisode.(♥)

Person of Interest (CBS) avait pourtant bien commencé son entrée, avec des acteurs charismatiques, un mystère sur le concept même de la prévision des actes criminels et une action tonitruante. Et puis malgré quelques astuces scénaristiques et contrairement à ce que je pensais, il fallait bien me rendre à l’évidence, je voulais une vraie mythologie et je me suis très vite lassé des épisodes où notre ange gardien intervenait. Les premiers éléments sur le passé de Reese n’était ni originaux ni émouvants, Enrico Colantoni manquait  d’épaisseur, bref, ça peinait à démarrer et j’en étais déjà au 10ème épisode, la série était devenue fade malgré une certaine recherche dans les rebondissements. J’avais la sensation que le concept était déjà usé et que tout cela manquait singulièrement d’ambition. J’ai donc arrêté à la pause de Noël. Et je me suis aperçu qu’un seul épisode m’avait convaincu jusque là : le pilote. Cela s’améliore par la suite, d’après mes lectures, mais je n’ai tout simplement pas l’envie de m’infliger des épisodes aussi ennuyeux jusque là.(♥♥)

Prime Suspect (NBC) Maria Bello avait fait un travail remarquable pour ce remake d’une série policière britannique. Mais deux points m’ont fait décrocher. D’une part le personnage principal a perdu de sa superbe en s’acclimatant avec ses confrères. Exit le chapeau, les propos sexistes et les confrontations : tout devient conformiste et sans personnalité. D’autre part les intrigues policières ne sont pas des enquêtes et ne permettent jamais au téléspectateur de jouer au whodunnit. On se contente de suivre les évènements, car c’est le hasard et non les capacités de déduction de notre policière qui permettent de trouver la solution. Un comble !  J’ai arrêté au 6ème épisode.(♥)

How i met your mother (CBS, saison 7) La série n’avait réussi à rester dans mes plannings que par la force de l’habitude. Lassé des gifles à répétition, sur les fausses promesses d’évolution des dynamiques, des gags qui ne fonctionnent que par le montage et où tous les personnages sont devenus des caricatures d’eux-mêmes, je me suis résigné à la mi-saison. Pourquoi maintenant ? Parce que je me suis aperçu que je ne me suis enthousiasmé sur aucun épisode jusque là. C’est devenu tellement évident que les scènes font du remplissage et que les acteurs moulinent dans le vide. Je n’ai jamais été fan de la série, malgré les clins d’œil, les gags récurrents, et les rollercoaster émotionnels. Ça fait bien longtemps qu’elle aurait du s’arrêter. Et si les auteurs ne veulent pas débrancher la prise, cette fois-ci je m’en occupe.(0)

The River (ABC) Nanar jouissif ou sombre daube, j’ai longtemps hésité. Comment ne pas résister aux protagonistes qui lorsqu’ils fuient, prennent la pose devant des caméras, ou sur ces angles de vue improbables pour un documentaire ? Comment ne pas s’esclaffer devant les démons amazones qui comprennent l’anglais,  sur l’équipage qui est une encyclopédie vivante sur les légendes du coin, sur la fille du mécano qui ne sait que prononcer des noms en espagnol pour faire peur, sur les innombrables cassettes qui détiennent la vérité et que l’on découvre toujours au bon moment ? Et puis, au 5ème épisode, j’ai compris : je me suis endormi.(0)

Passons maintenant aux séries « anciennes », et plus particulièrement les séries qui se sont achevées au bout de longues années d’exercice.

Cette année fut particulièrement douloureuse pour moi puisqu’il a fallu dire adieu à Chuck, et House, deux séries qui figurent dans le haut du panier et laisseront une trace indélébile dans l’histoire des séries américaines. La différence entre les deux ? L’une s’en est magnifiquement sorti, l’autre n’a assuré que le service minimum.

Chuck (NBC, saison 5) n’a pas eu droit à un article pour saluer son départ et je le regrette, mais comment résumer ce joyeux fourre-tout, ce cocktail d’action/romance/humour qui m’a comblé de joie pendant 5 années ? Cette dernière saison fut du fan-service intelligent et émouvant. Comme lors de la 4ème saison le début fut délicat pour retrouver le ton humoristique de la série, mais les auteurs ont rapidement su redresser la barre pour se concentrer sur l’essentiel : les personnages, qui vont opérer leurs dernières transformations. Et là, il n’y a que des bonnes idées, d’excellentes surprises, jouant habilement avec les premières saisons pour nous donner un final magnifique, sans doute le meilleur de cette saison 2011-2012. Je reprends mes mots : Chuck était la dernière série pour fans, celle qui a toujours su les respecter. C’était aussi la dernière série feuilletonnante qui pouvait à la fois être émouvante et ne pas se prendre au sérieux, à la fois la plus sincère et la plus enthousiasmante. C’est aussi selon moi la dernière survivante d’une certaine conception du divertissement, qui a su revenir année après année malgré l’audimat. Ses interprètes me manquent terriblement, j’espère les revoir bientôt et durablement (Zachary Levi n’a pas eu de chance avec sa nouvelle série Let it Go qui n’a pas été choisie, et Yvonne Strahovski aura un rôle dans l’avant-dernière saison de Dexter).(♥♥♥♥)

House (FOX, saison 8). J’ai déjà rendu hommage à la série, qui a malheureusement bien décliné cette dernière saison. On sentait déjà l’usure depuis quelques saisons, mais il y avait toujours une qualité d’écriture qui permettait de conjuguer à la fois le caractère de House et les cas médicaux. Ce ne fut plus le cas cette année, où son personnage est devenu plus incohérent et par moment plus caricatural encore. L’évolution psychologique du personnage principal a été remplacée par ses pitreries et on devine aisément que les auteurs ne savaient plus quoi raconter. Je me suis réveillé avec quelques épisodes sur Chase, sur la femme de House, ou quelques rares cas médicaux intéressants. Mais il ne restait qu’à tourner la page en se focalisant sur le lien Wilson-House, ce qui fut fait de manière honnête, sans rapport avec le statut de la série. Je ne cache donc pas ma déception.(♥)

Il nous reste à parler des séries « anciennes » qui continuent encore la saison prochaine.

Nikita (CW, saison 2) a encore eu une grande saison. Alors que la première montait graduellement en puissance, la seconde a attaqué d’emblée, multipliant les protagonistes et les blocs (Division, Oversight, Gogol, Zetrov), complexifiant et faisant bouger les enjeux et les alliances en continu, renouvelant l’intérêt sans perdre en cohérence (ce qui est un défi de taille). Mieux encore, elle a développé certains personnages pour les rendre plus sympathiques encore, comme Birkhoff, devenu geek culte. Seul problème : quelques ficelles un peu trop grosses dans le dernier tiers de la saison, avec une simplification des intrigues et des enjeux ainsi qu’un manque de coups tordus qui m’ont laissé sur la faim. J’ai aussi eu une légère inquiétude sur l’aspect sérieux de la série qui a tendance à s’atténuer. Heureusement le final est éblouissant, bourré de rebondissements, tendu, et osé. Le jeu d’échec est totalement modifié, et je suis très impatient de voir la suite.(♥♥♥♥)

Raising Hope (FOX, saison 2) continue de m’impressionner. Cette comédie est toujours inventive, efficace, et régulière. Sabrina prend enfin plus de place, la romance Sabrina-Jimmy prend un tournant très émouvant (pour peu que vous soyez romantiques comme moi). On a droit à des épisodes de plus en plus créatifs (mais avec du sens, hein n’est-ce pas Community). Léger bémol sur les gags pas aussi hilarants qu’en première saison mais on se rattrape avec l’attachement aux personnages, délicieusement idiots mais dont on ne peut jamais se moquer cruellement (les mockumentary devraient en prendre de la graine). Je suis également circonspect vis-à-vis de la fin de saison qui ouvre un peu trop le nombre de personnages gravitant dans l’univers de la série. Quant au final, bien que résumant joliment les « intrigues » de la saison, il sort trop du ton qu’avait su garder la série jusque là. Bref, j’espère que les auteurs ne vont pas s’égarer, même si je pense que ces « essais » sont là pour éviter que la série ne tombe dans la routine.(♥♥♥)

The Big Bang Theory (CBS, saison 5) Malgré quelques ratés au début avec une sur-utilisation de Sheldon et une Bernadette un peu en deçà, la saison fut emblématique des progrès réalisés. Oui, les personnages féminins ont quelque chose à dire sans que l’on ne perde les références geek (ce qui était la peur de nombreux fans masculins), et surtout leur alchimie est désormais optimale. Bien sûr, Amy en est le joyau central, tout bonnement irremplaçable, tant dans son obsession envers Penny que dans ses efforts pour « conquérir » Sheldon. Penny, qui pour équilibrer les temps d’antenne, prend temporairement un peu moins de place. Augmenter le nombre de personnages récurrents permet aussi une rotation des intrigues, donc d’éviter toute usure. Ainsi, la relation Penny/Leonard est toujours évoquée et le 100è épisode de la série est un classique. La série s’auto-référence de plus en plus, apprenant par exemple à Leonard que Sheldon a vu Penny toute nue. Enfin, le final est délicieusement geek et romantique, et on ressort de cette saison avec un grand sourire aux lèvres. La série est toujours en pleine forme, qui l’eut-cru ?(♥♥♥)

Game of Thrones (HBO, saison 2) Le début de saison fut un peu compliqué pour moi, je ne suis pas familier des romans, et l’augmentation du nombre de personnages fut difficile à assimiler. J’ai ainsi eu quelques soucis avec le récit qui s’éparpillait, non pas à cause de sa structure, mais à cause des liens familiaux, hierarchiques, historiques à potasser. J’ai toujours trouvé l’ensemble vraiment passionnant et à la moitié de saison, lorsque le récit s’est concentré sur des personnages plus familiers, j’étais ravi. Évidemment le budget n’est pas en reste, et malgré une réalisation un peu trop sombre, les premières grandes scènes de bataille de la série m’ont bluffé. Joffrey est plus sadique et lâche que jamais, Arya montre sa débrouillardise et a des échanges tout en finesse avec Tywin, Tyrion surclasse ses maîtres manipulateurs, et la pauvre Daenerys voit ses dragons convoités. Enfin, l’hiver est arrivé. La plupart des intrigues semblent inachevées et même si je déplore quelques facilités scénaristiques dans le final, ça va être dur d’attendre la suite.(♥♥♥)

The Good Wife (CBS, saison 3) a eu un démarrage difficile. Exit les intrigues politiques, place au soap, et vu que je n’étais guère emballé par le couple qu’on essaye de nous vendre depuis le début, j’ai donc abordé la série avec méfiance. L’inquiétude est venue ensuite : les enjeux ont disparu, les rebondissements et l’enquête juridique faisaient pâle figure, mais pourquoi diable la stratégie de CBS est venue à ce point déteindre sur la série ? Autre problème, la sensation que le concept n’arrive pas à évoluer : Will est forcément un séducteur, et les femmes travaillant chez le procureur sont nécessairement déterminées et opiniâtres. Il faudra attendre le 9ème épisode pour que les intrigues soient plus travaillées et que les enjeux se précisent. Et puis les bonnes idées refont à nouveau leur apparition : donner à Eli Gold un adversaire à sa taille (David Lee), reparler de Wendy, des amourettes de Diane, et de la famille Florrick. La venue de Matthew Perry ne m’a pas fait grand effet, malheureusement, et il faudra bien du remue-ménage chez Kalinda pour finir agréablement la saison (mais attention aux clichés sur son personnage qui se parodie ou se répète). Dans l’ensemble, donc, une saison inférieure à la précédente, mais heureusement toujours d’un bon niveau.(♥♥)

Parenthood (NBC, saison 3) Beaucoup d’améliorations dans cette saison, qui voit Drew prendre enfin un peu plus de place, Max à nouveau supportable, sans compter le retour de Jason Ritter et une jolie histoire pour Julia en manque d’enfant. Malheureusement, tout n’est pas parfait, puisque les auteurs ne vont pas choisir de bonnes intrigues pour Amber (j’espérais vraiment mieux vu son personnage à la fois fragile et déterminé) ou pour la relation Crosby/Adam. Haddie, une autre de mes chouchous, va peu à peu être délaissée. Mais sur la forme, l’équipe a toujours ce don pour traiter de façon sincère, émouvante tout ce qui arrive aux Braverman. Et c’est grâce à cela que le show fonctionne. On regrettera tout de même un final précipité, maladroit et pas aussi émouvant que prévu, même si je suis content de voir la famille s’élargir (mais chut !). NBC aurait du annoncer le renouvellement plus tôt.(♥♥)

The Mentalist (CBS, saison 4) D’énormes facilités scénaristiques et une gigantesque baffe aux téléspectateurs m’auront mis vraiment de mauvaise humeur pendant une partie de la saison. Au menu donc, un nouveau boss qui paraît plutôt intéressant à ses débuts, mais qui ne sert au final pas à grand chose. Il faudra attendre 6 épisodes pour que le show redémarre, mais pour de courte durée : exceptés quelques rares épisodes plutôt malins, les intrigues sont bien trop conventionnelles pour être passionnantes (et certaines à la limite de l’escroquerie : il suffirait de montrer un objet pris sur le lieu du crime pour que le coupable se révèle). Il faut donc se rabattre sur la vie privée des personnages, abordée de façon plus frontale, y compris pour Cho (!) ou pour Rigsby qui doit assumer une vie qu’il ne désire pas. Quelques guests de qualité égayent la série : Samaire Armstrong ou Morena Baccarin (je suis moins fan de Malcolm Mc Dowell) reviennent jouer pour mon plus grand plaisir. Enfin, la série tente de raconter plusieurs intrigues par épisode afin d’ajouter du rythme. Ça fonctionne mais ça ne change rien aux mécanismes bien trop usés. Et puis surtout, avec les évènements du début de saison, je n’y crois plus, et le final n’est ni surprenant, ni excitant. J’ignore encore si je vais continuer ou non la série.(♥)

Grey’s Anatomy (ABC, saison 8) La série rebondit de manière agréable, même si mes espoirs étaient minces. La fin de saison déterminant l’avenir de la petite troupe est particulièrement intéressante, même si je déplore l’éternelle tragédie sanglante pour rameuter le téléspectateur. Si le show retrouve le bon chemin, c’est surtout parce que l’humour est de retour, et que des personnages emblématiques reviennent dans leurs cadres de départ (Christina et Bailey notamment). Et puis, après l’avoir tant désiré, ça y est, April Kepner prend enfin de l’importance. Si Jackson ne me passionne pas, il faut avouer que sa mère est hilarante, et elle apporte beaucoup. Meredith et Derek restent insipides, en revanche et je suis déçu de ce qui arrive au couple Owen/Christina. Si leurs échanges étaient intenses et intéressants, ils avaient tendance à s’allonger et à se répéter. En un mot, c’est devenu lourd alors que j’aimais beaucoup leurs regards croisés et la manière dont ils s’étaient parlé jusque là. D’une manière générale, les intrigues médicales sont plus fades mais plus authentiques à l’esprit originel de la série. Je n’ai pas retrouvé la flamme, car la série partait de très loin, mais au moins j’ai eu quelques bons épisodes sous la dent.(♥)

Fairly Legal (USANetwork, saison 2) J’ai mis du temps à accepter l’évolution de la série. Si je suis content que l’assistant geek prenne moins de place, j’ai eu du mal avec le triangle amoureux imposé. Et puis la série a arrondi quelques angles, utilisé le jeu de regards de Sarah Shahi et la sauce a pris. Mais ce nouvel équilibre s’est fait aux dépends de Lauren, qui n’a désormais plus beaucoup d’intrigues intéressantes, exceptée une meilleure complicité avec Kate, qui fait plaisir à voir. Les intrigues judiciaires sont malheureusement pas très passionnantes, et une fois encore le pétillant de l’actrice sauve la mise. De justesse.(♥)

The Walking Dead (AMC, saison 2)La saison fut ennuyeuse à souhait. Entre les dialogues inutiles, les remplissages, les zombies qui ne font plus peur, je n’ai pas eu grand chose pour tenir. Ah si, Glenn et son amourette. Quant au trio infernal, il était temps qu’il s’arrête… d’une manière ou d’une autre. Situations ridicules, comportements incohérents poussant à la mise en danger d’autrui, psychologie de bazar, le show ne réussit que ses scènes chocs où la mort arrive enfin. Mais cela ne suffit pas à donner l’impression d’un show post-apocalyptique. La fin de saison est cependant bien plus rythmée, et on nous promet de belles choses pour la saison 3, j’aimerai tant les croire…(0)

Dexter (Showtime, saison 6) Malgré le twist de la saison, je n’ai pas réussi à apprécier le grand méchant de la saison, qui se perd dans des dialogues et des mises en scènes ridicules. J’insiste sur ce mot : ridicule, car c’est bien ce qui résume cet assemblage de fausse religiosité et de boites de farces-et-attrapes lorsque le tueur s’exécute. Du côté de Miami Metro c’est pas la joie non plus, puisque Josh Cooke n’apporte pas ce que j’attendais de lui, Quinn se conduit comme un petit chien, et Debra commence à avoir de drôles de rêves sur son frère. Tout le discours sur la religion et les tueries de Dexter n’a aucune cohérence (et avec le recul on se demande vraiment quel a été l’intérêt de s’attarder sur Brother Sam). Quant à Dexter, il continue de laisser plein de traces sanguinolentes derrière lui sans souci, jusqu’à ce que les auteurs se rappellent qu’on arrive à la fin de la saison et qu’il faut faire revenir les téléspectateurs. Et là ils utilisent leur dernière carte maîtresse de la façon la plus risible qui soit. Encore deux saisons. Et ils ont intérêt à donner un rôle intéressant à Yvonne !(0)

Alors, une belle saison ? Plus diversifiée que prévue, mais moins régulière aussi (j’ai eu des semaines sans aucun épisode marquant), avec un net sentiment d’usure pour bon nombre de séries, cette saison ne fut pas des plus convaincantes mais je n’ai pas envie d’être alarmiste, pour une fois. La création télévisuelle est telle que l’on peut retrouver des projets intéressants sur n’importe quelle chaîne (et c’est pas Bunheads sur ABC Family, par exemple, qui me dira le contraire). De toutes manières, ça fait belle lurette que les fictions américaines ne suffisent plus à remplir mon estomac !

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[Pilote] Awake

Sans aucun doute la série que j’attendais le plus pour cette deuxième moitié de saison, Awake voit son pilote diffusé en avant première par NBC. Alors qu’en est-il de ce concept fantastico-policier plus qu’alléchant ?

Awake nous raconte l’histoire d’un policier, Michael Britten (Jason Isaacs) qui, suite à une accident de voiture avec sa femme et son fils, n’arrive plus à dissocier la réalité du rêve.

Lorsqu’il se réveille dans un monde avec un élastique vert au poignet, il peut dire bonjour à son fils, et doit accepter la mort de sa femme. Son fils continue de vivre, il a quitté le football pour suivre les traces de sa mère et jouer au tennis, où il a un certain talent. Au travail, Michael est avec son coéquipier de toujours, « Bird », incarné par Steve Harris.

Lorsqu’il se réveille dans un monde avec un élastique rouge au poignet, il vit avec sa femme et doit gérer la mort de son fils. Sa femme qui a fait son travail de deuil et essaye de se créer un nouveau départ, en redécorant la maison et en essayant de le convaincre d’avoir un autre enfant. Au travail, Michael n’est plus avec son coéquipier, muté, il a un jeunot avec lui, le détective Vega.

Pour notre héros, il est tout simplement impossible de savoir si cet univers est un rêve, ou la réalité. C’est d’autant plus perturbant pour lui qu’il a des sessions avec un psychothérapeute différent dans chaque univers. Les arguments avancés par chaque psychologue, qui clame évidemment qu’il est réel, bousculent un peu plus le spectateur avec différentes théories intéressantes : faire vivre ses deux univers n’est pas sain pour lui, il faut qu’il fasse un choix. Par exemple, s’il est capable de lire un texte de la constitution, c’est qu’il ne rêve pas. Autre fait curieux : le soir du drame, son analyse toxicologique montre la présence d’alcool dans son sang, alors qu’il prétend n’avoir rien bu. La création de cet univers alternatif ne serait-elle pas une réponse psychologique à sa culpabilité, à son remords ? Evidemment, c’est avec ce genre de questions que la série prend son envol, même si l’on sera déçu par la scène finale, qui ne fait que nous redire ce qu’on avait déjà compris. Mais je dois dire que ces différentes argumentations font leur effet, au point d’oublier le reste de l’épisode, bien moins intéressant.

Car pour plaire à son audience qui aura du mal à assimiler de telles réflexions, la partie policière n’est pas du même niveau. En une déduction, notre héros localise le coupable : un meurtrier fou qui tue des chauffeurs de taxi, ou un meurtrier kidnappeur de petite filles, selon l’univers. Plus troublant, ces « enquêtes » ont des points communs : un numéro d’adresse dans un univers devient un numéro de parking dans l’autre, et le coupable est à chaque fois un individu roux. Ce genre de détails accentue le concept de départ, mais je ne vois pas trop ce que cela peut apporter sur le long terme, à part un enquêteur qui a des pouvoirs spéciaux (et le genre policier en pullule).

Si je semble plus réservé sur l’aspect policer, je suis vous l’aurez compris, conquis par l’aspect drama fantastique, qui oblige le spectateur à réfléchir, à théoriser. J’aurai certes voulu que l’aspect émotionnel soit plus renforcé, car après tout on parle de tragédies, de perte d’un être cher, et notre héros ne semble pas extérioriser sa douleur, il se contente d’en parler, ou plutôt d’écouter ce que les autres en pensent. C’est d’autant plus dommage que pour des nécessités de compréhension l’épisode bascule d’un univers à l’autre en employant des filtres de couleurs, tantôt gris bleuté, tantôt jaune. Cela donne un aspect froid et un peu technique à l’ensemble, et je n’ai jamais réussi à compatir vraiment avec le personnage principal, malgré son pétage de plomb.

Au final, pourtant le mélange prend bien : le pilote est dense, et plus que prometteur en matière de réflexion. J’espère juste que cet aspect sera suffisamment développé par la suite, y compris au niveau de l’émotion, au lieu de transformer le show en énième série policière.

Classement de mes attentes pour la rentrée américaine 2011 : #2 : Awake (NBC)

Voilà LA nouveauté que j’attends le plus cette saison. La série n’apparaîtra sur le petit écran qu’à la mi-saison (voire en décembre), mais déjà le peu que l’on peut en lire excite l’imagination. On pourrait se méfier de certains éloges trop beaux pour être vrais (« Awake may be the best-looking pilot in several years »), il n’empêche, rien que la lecture du pitch montre que la créativité n’est pas morte.

Awake, c’est l’histoire d’un détective qui vit 2 vies en parallèles, l’une quand il dort, l’autre quand il est réveillé, sans savoir distinguer laquelle est réelle. Bien sûr, on nous promet des enquêtes sans mythologie, mais la porte est grande ouverte pour inventer un grand nombre d’histoires.

Si la série apparaît cérébrale, l’aspect émotionnel est bien là, puisque les deux vies se distinguent par la présence, soit de son fils, soit de sa femme. Comment choisir ?

Portée par un casting et une réalisation alléchante, Awake suscite beaucoup d’espoirs qu’il ne faudra pas décevoir. L’attente va être longue… Awake, par le créateur de Lone star, connaîtra, je l’espère, un meilleur destin.

Et voilà le trailer, magnifique.

Upfronts 2011 : ma sélection

Alors que la saison télévisuelle s’achève aux USA (les bilans arriveront prochainement), les nouvelles séries pour la saison 2011-2012 viennent d’être présentées cette semaine. Il serait facile pour moi de crier à la constante dégradation de la créativité des networks traditionnels (ABC, CBS, NBC, FOX, CW). Car oui, chaque saison qui passe je ne peux m’empêcher de regarder le passé avec nostalgie. Mais à quoi bon ? Je sais bien qu’à la rentrée, je serai encore tout excité, espérant découvrir une nouvelle pépite qui remplira de bonheur mes soirées. C’est sans doute ça être sériephile.

Voilà donc les 40 nouveautés… assorties d’un petit jugement provisoire ( 0 à 4 cœurs). Il est toujours très dangereux de se prononcer sur des séries sans avoir vu de pilote, mais bon le but de l’exercice est ailleurs.

Les différents networks ont appliqué différentes recettes mais une chose saute aux yeux : ABC a (mal) féminisé ses productions. Il suffit de voir le nombre de séries où les femmes prennent le pouvoir et démasculinisent à tout va. Et je vous passe les caricatures qui tendent à transformer le ragot ou l’apparence en discipline artistique. Je veux bien qu’on passe le stade du girl power, mais si c’est pour en arriver au triomphe de la superficialité sur l’émotion, c’était pas la peine.

Les séries fantastiques

9 séries sur 40 utilisent le thème du fantastique, ce qui en soi est plutôt une bonne nouvelle. Reste à voir ce que ça cache…

Terra Nova (FOX) nous propose de plonger des scientifiques dans un passé préhistorique. Ambiance Jurassic Park assurée, normal avec Steven Spielberg aux commandes. Mais bon, a-t-on vraiment envie de se plonger dans cette atmosphère où les effets spéciaux priment sur les acteurs ? (♥)

Alcatraz (FOX), nouvelle série du prolifique JJ Abrams, imagine que des criminels refont surface après s’être échappés de la célèbre prison du même nom. Problèmes : ils auraient du être morts il y a des dizaines d’années, et surtout… ils n’ont pas vieilli. Un mystère qui a l’air de faire partie d’une vaste conspiration. 302 hommes disparus il y a longtemps, qui réapparaissent et qu’il faut retrouver. Je ne sais pas pourquoi ça me rappelle The 4400… Du côté des bonnes nouvelles, on saluera un casting sympathique : Sam Neill (Jurassic Park), Jorge Garcia (Lost), Parminder Nagra (ER). (♥♥)

The Finder (FOX), un procedural drama avec une once de fantastique. On comprend qu’on puisse ne pas être emballé par la perspective de suivre les aventures d’un homme qui à la suite d’un coma, développe un don particulier pour retrouver les choses. Décidément le monde policier pullule de gens qui ont des capacités extraordinaires. Les plus curieux devront attendre la mi-saison. (0)

Touch (FOX), nous parle du don particulier d’un jeune autiste de 11 ans, qui à l’aide de nombres et de son père qui doit les déchiffrer, parvient à changer la vie des gens. J’ignore encore comment ce « don » sera traité, donc j’ai préféré le classer au niveau du fantastique. La série nous vient de l’esprit de Tim Kring (Heroes), et aura pour héros Kiefer Sutherland. (Il incarnera le père, pas le jeune autiste évidemment !). En l’absence de trailer, le tout parait pour l’instant encore trop mystérieux pour se prononcer. De toute façon c’est une série pour la mi-saison, on a encore le temps. (♥)

Grimm (NBC) est un malentendu. Avec un tel titre, je m’attendais à l’irruption des fameux contes dans la vie réelle. Au lieu de ça, le show n’a l’air d’être qu’une chasse aux monstres maquillée en série policière, avec dans le rôle du héros un homme qui apprend soudainement sa destinée. Pourtant avec David Greenwalt aux commandes et la sympathique Bitsie Tulloch (Quarterlife) je continue d’espérer. Ça ne peut pas être que ça, dites ? (♥♥)

Awake (NBC) est probablement un des dramas qui m’intéressent le plus. L’histoire d’un homme qui à la suite d’un accident de voiture perd sa femme et sauve son fils. Problème : au réveil, il tombe dans une autre réalité, où sa femme est toujours vivante mais où il a perdu son fils. Quelle est la vraie réalité ? Émouvant, intriguant, le trailer montre la qualité de la mise en scène et donne vraiment envie d’en savoir plus. Le créateur de Lone Star va-t-il enfin trouver son public ? Peut-être que la couche policière le lui permettra (le héros est un détective qui va enquêter sur des affaires dans les deux réalités). En tous cas j’espère que ce sera feuilletonnant. (♥♥♥♥)

Once Upon a Time (ABC) m’intéresse fortement. Avec un tel passif Lostien, j’avoue avoir très envie de suivre les aventures de cette femme qui découvre que les personnages de contes de fée sont une réalité. Au programme : de nombreux mystères, la lutte ancestrale entre le bien et le mal, une histoire de destins, … Et puis, avec Jennifer Morrison, Robert Carlisle, Lana Parilla, Ginnifer Goodwin… il y a du beau monde. (♥♥♥♥)

The River (ABC) nous propose d’embarquer pour la mi-saison télévisuelle dans une aventure au cœur des mystères de l’Amazone, avec toute une famille qui filme la recherche de leur père. Évidemment, les frissons, l’horreur sont au détour de leur chemin, et leur caméra va capturer tout cela. Sur le principe je ne suis pas contre une histoire mystérieuse avec des monstres à tous bout de champ, mais je ne supporte pas la mise en scène façon paranormal activity. Dommage pour Leslie Hope et Bruce Greenwood. (♥♥)

The Secret Circle (CW) va nous faire suivre de jeunes sorcières, avec l’héroïne jouée par Brittany Robertson qui découvre ses pouvoirs. Oui ça fait penser à The Craft, mais en fait c’est l’adaptation d’un best-seller de la responsable de Vampire Diaries. Le projet ne m’attire pas des masses mais comme j’ai beaucoup aimé Life Unexpected j’y jèterai un œil. (♥)

Les soap :

Décidément, je crois de moins en moins au renouveau du soap outre-atlantique.

Good Christian Belles (ABC) est le retour de Darren Star aux manettes d’un soap. Comptez pas sur moi pour regarder l’histoire d’une femme (Leslie Bibb) qui revient sur les lieux de son adolescence pour découvrir que ses anciennes « copines » en sont toujours restées à l’âge du ragot, de la médisance, de la jalousie. Il y a des hommes qui s’intéressent à ce genre de programme ? Même pour Kristin Chenoweth, no way ! (0)

Revenge (ABC), c’est également la promesse de voir tout le machiavélisme féminin à l’œuvre dans une sombre histoire de vengeance. Pourquoi, comment ? Voilà le mystère à résoudre. Oui, revoir Emily Van Camp ça a un prix. Mais celui-ci reste trop élevé pour moi. Et puis honnêtement, le trailer a l’air assez caricatural.  (0)

Hart of Dixie (CW) est dans un registre nettement plus léger, avec Rachel Bilson qui vient s’installer à la campagne. Avec son grand ami Josh Schwartz aux commandes, la série sera sûrement regardée de plus près. Mais le trailer en dit bien trop peu (20 secondes quand même, vive les arrêts sur image). (0)

Les cop-shows, toujours là :

Ne pas se fier aux apparences (un nombre réduit cette année, vraiment ?) : derrière d’autres thématiques se cachent souvent des enquêtes policières.

Prime Suspect (NBC), remake de la série britannique du même nom avec Maria Bello dans le rôle de la policière endurcie qui s’impose dans un univers macho. Oui, là on peut pester contre le manque d’originalité… Mais au moins Maria Bello est convaincante dans le trailer. (♥)

Charlie’s Angels (ABC), encore un remake. La transformation est radicale : de femmes flics à qui l’on ne confiait pas un travail intéressant, les « anges » sont devenues des délinquantes repenties, cascadeuses maitrisant les arts martiaux et capables de neutraliser des dizaines d’hommes en quelques secondes. Et ne parlons pas de Bosley. Bref, trop, c’est trop. Mais au moins le casting est un ravissement pour les yeux, avec notamment Minka Kelly (Parenthood) et Rachael Taylor (Grey’s Anatomy). (♥)

Unforgettable (ABC) est à la limite du fantastique avec Poppy Montgomery qui est l’une des rares personnes atteint de capacités mémorielles extraordinaires. Pour dire les choses clairement, elle est capable de se se souvenir de tout. Et forcément, ça va l’aider à résoudre des enquêtes policières. Décidément que feraient les policiers sans les dons de certaines personnes ! Avec un tel pitch, difficile d’être enthousiaste. (0)

The 2-2 (CBS) suit de jeunes policiers à Manhattan. Avec Leelee Sobieski et Adam Goldberg. Prévue pour la mi-saison, il est encore trop tôt pour se prononcer. Mais depuis The Unusuals, je rêve de revoir Adam Goldberg en flic. Mon rêve va-t-il se réaliser ? Vivement le trailer. (♥)

Un thriller peut-être ?

5 thrillers au compteur, 5 raisons d’espérer être scotché devant son écran.

The Firm (NBC) est la suite du film et de l’adaptation du best-seller de Grisham. 10 ans après avoir détruit la firme d’avocats de Memphis, Mc Deere quitte le programme de protection des témoins et veut reconstruire une vie de famille. Mais le pourra-t-il ? Le cast reste encore à confirmer. Honnêtement je doute de l’intérêt de reprendre une telle histoire. Mais qui sait, avec un bon cast, ça peut donner quelque chose. (♥)

Missing (ABC) est encore à ses balbutiements (la série est prévue pour la mi-saison). C’est l’histoire d’une femme (Ashley Judd), ex-agent de la CIA, qui part à la recherche de son fils kidnappé en Europe. Je ne doute pas une seconde de la capacité de l’actrice à remplir ce rôle, mais j’espère que les images seront un peu plus rassurantes quant à l’intérêt du projet. (♥)

Person of interest (CBS) est l’histoire d’un milliardaire (Michael Emerson) qui engage un ex-agent des services secrets (Jim Caviezel) pour nettoyer les rues des criminels. Avec en plus de tels créateurs aux manettes (JJ Abrams, Jonathan Nolan), on ne peut que saliver. (♥♥♥)

A Gifted Man (CBS) n’est pas vraiment un thriller psychologique au sens propre du terme, mais plutôt une histoire d’amour paranormale, où l’amour transcende la mort. C’est ainsi qu’un médecin voit apparaître son ex-femme décédée deux semaines plus tôt. Le pitch est intéressant, le trailer laisse passer de l’émotion, le problème c’est que je ne vois pas trop de quoi il va s’agir une fois l’effet découverte passé. (♥♥)

Ringer (CW) est le grand retour de Sarah Michelle Gellar. Rien que ça, ça suffit à capter mon attention. J’espère juste que les problèmes budgétaires ne vont pas trop se ressentir dans ce thriller où l’actrice incarne deux jumelles recherchées par la mafia. Les premières image laissent passer de l’émotion, au lieu de l’action, et c’est plutôt bon signe. (♥♥♥)

Les dramas historiques :

La reconstitution historique n’est pas l’apanage des séries du câble. C’est ce que se sont dit ABC et NBC cette année. Mais peut-on réussir de telles séries, et surtout leur trouver une audience ?

The Playboy Club (NBC) semble avoir de l’ambition. Recréer l’atmosphère du début des années 60, où la politique, la mafia, le show business se côtoient dans des salons pour adultes. Avec un tel titre, évidemment, pas besoin de vous faire un dessin sur les protagonistes féminines. Certains crient déjà à la copie de Mad Men, attendons de voir. Le trailer montre des efforts de réalisation mais les personnages me paraissent bien trop froids pour être attachants. (♥)

Pan Am (ABC) explore également les années 60 mais dans l’univers de la compagnie aérienne. Évidemment le glamour, le rêve, l’évasion et les histoires d’amour des hôtesses de l’air sont le cœur du programme. Pas sûr que ça suffise passé la découverte. Mais l’atout de la série est peut-être la présence de Christina Ricci. (♥)

Surfer sur le succès de Glee ?

NBC cherche son succès, quitte à être opportuniste cette saison.

Smash (NBC) veut nous retracer le combat de deux artistes pour parvenir au sommet, et obtenir le rôle titre dans la comédie musicale hommage à Marilyn Monroe. L’une a le talent, l’autre l’expérience. Qui gagnera ? C’est donc parti pour des successions de numéros musicaux et de reprises de chansons. Ça sent le préfabriqué et l’absence totale d’émotion. Hmm. Non, merci, vraiment. (0)

Encore Shonda Rhimes ?

Ne fuyez pas si vite.

Scandal (ABC) va nous montrer une agence spécialisée dans es contre-enquêtes et dans la manipulation de vérités. On peut saluer le changement de direction de Shonda, mais moi je reste avec Kalinda sur CBS dans The Good Wife. (0)

Après avoir détaillé les dramas, passons aux séries comiques qui sont cette année encore très nombreuses (15, quand même !). Il est toujours aussi difficile de les réussir.

Les sitcoms multi-caméras

Le genre a ses adeptes (dont je fais partie), mais il souffre surtout du fait qu’une telle sitcom n’a pas le droit à l’erreur. Impossible de masquer son manque de dialogues ou de créativité par des effets de montage. Tout repose sur l’écriture et les comédiens. Mais quand ça fonctionne, l’effet théâtral est décuplé (les rires sont généralement enregistrés devant un public ).

I hate my teenage daughter (FOX) va nous parler d’éducation. Après avoir pourri gâté leur progéniture, deux mères vont devoir redresser la barre rapidement. En effet, leurs enfants leur rappellent étrangement les filles qui les avaient torturées pendant leur propre adolescence. Le concept de base peut plaire, d’autant que le cast est sympathique : c’est le retour de Jaime Pressly après My name is Earl, et de Katie Finneran (Wonderfalls). Malheureusement, pour une sitcom « à l’ancienne », avec rires enregistrés et de multiples caméras, le trailer ne laisse pas beaucoup d’espoir : surjoué, pas vraiment drôle, ça manque d’inspiration et d’ambition. (0)

Whitney (NBC) est l’histoire d’un couple qui n’est pas marié mais qui vit ensemble depuis 5 ans. Au bord de l’ennui, Whitney essaye d’épicer un peu les soirées. La série repose complètement sur l’actrice principale, qui en fait des tonnes. Bien que ce ne soit pas très drôle, le côté étrange et décalé pourrait éventuellement fonctionner. (♥)

Last Man Standing (ABC), c’est le retour de Tim Allen à la télé, dans le rôle d’un homme – devinez quoi – dépassé par les femmes. Ça manque malheureusement de punch dans l »écriture des dialogues. Pourtant le créateur Jack Burditt n’est pas un nouveau venu (Mad About you, Frasier, 30 Rock), son passif devrait rassurer. Mais je ne vois pas trop Tim Allen dans cette dynamique. (0)

Two Broke Girls (CBS) veut nous faire rire avec l’histoire de deux jeunes femmes qui deviennent colocataires et collègues. Deux femmes dont le point commun est d’être fauchées. Pour l’une d’entre elles, d’ailleurs, habituée au luxe, ça ne va pas être facile de survivre. L’idée n’est pas révolutionnaire. Ce n’est malheureusement pas très drôle non plus, et les personnages sont plus tête à claques qu’attachants. Décidément… (0)

How to be a Gentleman (CBS) essaye-t-il de faire revivre les personnages de Frasier ? J’avais bon espoir jusqu’à ce que ce je comprenne que l’opposition entre un gentleman et un beauf allait se situer au ras des pâquerettes et être plutôt mal exploitée. L’humour a du mal à passer car c’est bien trop basique, et encore une fois, j’espère un sursaut au niveau de l’écriture. Car il y aurait pas mal de chose à faire avec ce duo pas banal opposant la finesse à la vulgarité. On s’éloigne des geeks un peu trop présents à la télévision, tant mieux. Le beauf par contre, est toujours là. Snif. Rendez moi Niles. (0)

Les séries comiques single-camera :

New Girl (FOX) fait beaucoup parler d’elle. D’abord parce qu’elle a reçu une bonne réception lors des premiers tests, ensuite parce que la jolie Zooey Deschanel incarne l’héroïne qui arrive dans la vie de non pas un, ni deux, mais trois colocataires. Le show repose bien sûr sur le caractère particulier de son personnage décalé, maladroit, et ayant un sens spécifique du timing. Le trailer a l’air de confirmer ce que j’en attendais : une belle fable sur l’amitié et l’amour, dans un registre comique décalé mais attendrissant. (♥♥♥)

Up All Night (NBC) est la rencontre deux stars du rire : Will Arnett et Christina Applegate. Ils incarnent un couple en plein désarroi depuis l’arrivée de leur progéniture. Problème : le regard porté n’est ni touchant, ni drôle. J’espère mieux. (♥)

Free Agents (NBC) m’intéresse fortement, bien qu’il s’agisse d’un remake d’une série britannique. C’est une comédie romantique tendre, touchante, sur deux collègues qui ont le cœur brisé tous les deux (pour l’un, un divorce, pour l’autre, un décès). Tout change lorsqu’ils couchent ensemble lors d’une soirée trop arrosée. C’est le début d’une relation maladroite et pas facile à assumer. Avec Hank Azaria (Huff!), je m’attendais à de belles performances, j’ai été conquis dès les premières scènes du trailer. On ne cherche pas à nous faire rire à tout prix, pour mieux se concentrer sur le désarroi des personnages, et ça, ça touche ma corde sensible. J’ai hâte. (♥♥♥)

Are you there vodka ? It’s me Chelsea (NBC) est l’adaptation d’un best-seller. Cela me laisse dubitatif. Laura Prepon et Natalie Morales ne suffisent pas à mon bonheur. On a vu plus attirant qu’une barmaid au ton un peu trop « direct ». Mais quelques bonnes répliques fusent dans le trailer. Pourquoi pas… (♥)

Best Friends forever (NBC) veut explorer la profondeur de l’amitié entre deux femmes désormais adultes. L’une, en plein divorce, rejoint l’autre… qui vient de commencer sa vie de couple. Les extraits laissent présager quelque chose de plus sensible que prévu. Jasmine St Clair et Lennon Parham (Accidentally on purpose) sont crédibles, mais c’est sans doute trop calibré pour un public féminin. On ne cesse de nous répéter d’ailleurs que les hommes ne peuvent pas comprendre, et en effet l’homme apparait véritablement comme un boulet dans le trailer. C’est toujours sympathique de se faire exclure. (0)

Bent (NBC), c’est le retour d’Amanda Peet à la télévision, dans le rôle d’une avocate divorcée qui élève seule sa fille et qui fait appel aux services d’un playboy invétéré (David Walton, Quarterlife) pour reconstruire sa cuisine. Ces deux là se détestent cordialement mais il y a de l’amour dans l’air. On ne peut faire plus cliché pour créer une série. A vrai dire, étant friand de comédie romantique, je fermerai volontiers les yeux sur les gags vus et revus, pourvu qu’une alchimie s’en dégage. Et là j’avoue que ça ne se voit pas à l’écran. (0)

Apartment 23 (ABC) nous propose encore un personnage féminin un rien détestable (Krysten Ritter), qui finit par accepter en colocation une jeune collègue en détresse…pour mieux s’en moquer lors de ses conversations téléphoniques avec James Van Der Beek lui-même. Pourquoi pas ? Même si le concept de la biatch est sur-utilisé chez ABC cette saison, Krysten Ritter a l’air parfaite dans ce rôle. (♥)

Man Up (ABC) nous montre encore des hommes dépassés par leurs femmes, mais qui cette fois-ci ont pour tare un comportement immature. Ce n’est certes pas aussi subtil que Traffic Light, mais j’avoue, le trailer a réussi à me faire rire. C’est déjà ça. Et puis je suis content de revoir Amanda Detmer (What about Brian). (♥)

Suburgatory (ABC) nous propose encore – devinez quoi – de nous plonger dans un univers de superficialité, de ragots, de chirurgie esthétique à l’école. Alors oui c’est mordant, et le trailer contient quelques bons gags mais pitié… vous n’auriez pas un autre thème cette année ? (♥)

Work It (ABC) n’apparaîtra qu’à la mi-saison. Ouf. Parce que depuis Mrs Doubtfire, on a vite compris que le travestissement ce n’était pas drôle sur le long terme. Alors quand en plus c’est porté par de mauvais acteurs (Amaury Nolasco)… C’est bourrin, lourd, pitoyable. Yeurk. (0)

En résumé, mes plus fortes attentes (3 à 4 cœurs) sont : Awake (NBC), Once upon a time (ABC), Person of interest, (CBS) Ringer (CW), New Girl (FOX), Free Agents (NBC).